5 novembre 2016

Philippe Vion-Dury : « Le vrai visage de la Silicon Valley, c’est celui du capitalisme prédateur »



Phillipe Vion-Dury est journaliste, spécialiste des questions de société, des nouveaux modèles économiques et des technologies. Il vient de sortir aux éditions Fyp son premier essai intitulé « La nouvelle servitude volontaire ». Il y analyse la nouvelle société numérique qui est en train d’être érigée par les startups de la Silicon Valley, en Californie.

Lire sur Le Comptoir


 

1 octobre 2016

Les libertés au défi du numérique : comprendre et agir


Surveillance:// le livre


Voir en ligne : Standblog

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Un peu d’histoire

J’ai commencé à publier ce livre le 18 janvier 2015 sur Standblog.org. Alors intitulé provisoirement Flicage Brouillon, j’ai publié au fil de l’eau plusieurs dizaines de chapitres, qui sont toujours lisibles sur le site. J’ai intégré petit à petit les remarques, commentaires et corrections de mes lecteurs. Ensuite, j’ai envisagé de le publier à compte d’auteur sur une plateforme américaine dont je tairais le nom ;-) mais une amie m’a recommandé un éditeur, C & F Éditions. Je connaissais de nom l’éditeur, Hervé Le Crosnier, qui a déjà publié d’excellents livres autour d’Internet, comme la traduction de danah boyd, C’est compliqué, le livre de Xavier de la Porte, La tête dans la toile (reprise des chroniques de France Inter) et la traduction du Fred Turner, Aux sources de l’utopie numérique. Avec de telles références, il m’était impossible de dire non ! Il s’est ensuivi un long travail d’amélioration du contenu (les hyperliens du blog ont été transformés en notes de bas de page, de nombreux points ont été clarifiés). Ensuite, plusieurs relectures pour limiter les fautes (il en reste sûrement, me dit-on !), la mise en page, l’écriture d’une préface par Adrienne Charmet, la validation d’une couverture, le choix d’une date de sortie, l’organisation d’une soirée de lancement…

Pourquoi ce livre ?

Je suis tombé dans informatique et les réseaux quand j’étais petit… J’ai grandi dans l’espoir que la technologie allait changer le monde, pour le meilleur. Dans une certaine mesure, cela a été le cas. Firefox, Wikipedia, Open Street Maps, GNU/Linux ont profondément impacté nos vies. J’avais l’impression de vivre une incroyable utopie. Et puis j’ai vu le coté sombre de l’informatique en réseau se développer… et mes contemporains adopter les technologies sans comprendre leurs limites et leurs dangers. Surveillance. Censure. Profilage. Influence des algorithmes. Longtemps, à travers mon travail chez Mozilla, j’ai œuvré pour une informatique qui libère, qui donne le pouvoir à l’individu. Mais fournir de bons outils, éthiques, respectueux de l’individu, ne suffit pas, car les utilisateurs n’ont pas été formés et ont adopté les technologies sur le tas. Il faut expliquer pourquoi la surveillance est un problème et répondre au trop fréquent “je n’ai rien à cacher”. Il faut expliquer comment cette surveillance se met en place, sans ennuyer. Il faut aussi voir comment on peu sortir du modèle dit de suveillance capitalism et penser les principes d’une informatique à venir qui serait respectueuse des utilisateurs, de leurs données, de leur autonomie. Il faut enfin lutter contre la résignation des utilisateurs, bien trop souvent persuadés “qu’il n’y a rien à faire, c’est comme ça”, en exposant les gestes simples qui permettent d’agir contre la surveillance. C’est ce que j’ai tenté de faire dans ce livre, avec un style aussi vivant que possible, sans tomber, je l’espère, dans l’outrance et la paranoïa.

Qu’il y a-t-il dans ce livre ?

Pour simplifier, le livre est composé de quatre parties qui suivent une préface d’Adrienne Charmet et un avant-propos :
  1. Souriez, vous êtes surveillés ! — Les dangers de la surveillance
  2. Au royaume d’internet, le code, c’est la loi — Les mécanismes de la surveillance
  3. Un autre réseau est possible — Inventer une approche de l’informatique en réseau limitant la surveillance[1]
  4. Un internaute averti en vaut 10 — Limiter la surveillance au quotidien
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Lire tout l'article : http://standblog.org/blog/pages/Surveillance

24 août 2012

JO et multinationales


1 mai 2012

Désormais, vous êtes tous des suspects


Le Grand Soir | 1er mai 2012


Désormais, vous êtes tous des suspects. Alors comment comptez-vous réagir ?

 

John PILGER
 
Vous êtes tous des terroristes potentiels. Peu importe que vous soyez en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis ou au Moyen orient. La citoyenneté a été abolie. Allumez votre ordinateur et le Centre National des Opérations du département US de Homeland Security peut surveiller non seulement si vous êtes en train de taper « al-qaeda », mais aussi « exercice », « entraînement », « vague », « initiative » et « organisation » : autant de mots sous surveillance. L’annonce faite par le gouvernement britannique de son intention de surveiller tous les courriers électroniques et conversations téléphoniques n’est que du réchauffé. Le système de surveillance par satellite appelé Echelon le fait depuis des années. Ce qui est nouveau, c’est que l’état de guerre permanente vient d’être déclarée par les Etats-Unis et un état policier est en train de gangrener les démocraties occidentales.

Alors comment comptez-vous réagir ?

En Grande-Bretagne, sur instructions de la CIA, des tribunaux secrets se chargeront des « terroristes présumés ». Le Habeas Corpus se meurt. La Cour Européenne des Droits de l’Homme a jugé que cinq hommes, dont trois citoyens britanniques, pouvaient être extradés vers les Etats-Unis bien qu’aucun d’entre eux, sauf un, n’ait été accusé d’un crime. Tous ont été emprisonnés pendant des années en vertu du Traité d’Extradition de 2003 entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis qui a été signé un mois après l’invasion criminelle de l’Irak. La Cour Européenne avait condamné le traité parce que ce dernier pouvait entraîner une « punition cruelle et inhabituelle ». Un des hommes, Babar Ahmad, a reçu une indemnisation de £63.000 pour 73 blessures constatées lors de sa détention par la Police Métropolitaine. L’abus sexuel, une signature du fascisme, n’était pas le moindre des maux subis. Un autre homme est un schizophrène qui a subi un effondrement psychologique total et se trouve dans l’hôpital prison de Broadmore ; un autre souffre de tendances suicidaires. Tous seront extradés vers le Pays de la Liberté – en compagnie du jeune Richard O’Dwyer qui risque 10 ans de prison, fers aux pieds et dans une tenue orange, sous l’accusation d’avoir violé les droits d’auteur US sur Internet.

Au fur et à mesure que la loi se politise et s’américanise, ces travestis de justice se banalisent. En confirmant la condamnation d’un étudiant d’université de Londres, Mohammed Gul, pour dissémination de « terrorisme » sur Internet, les juges de la Cour d’Appel ont jugé que « des actes... contre des forces armées de n’importe quel état dans le monde qui cherchent à influer sur un gouvernement et qui ont été accomplis pour des raisons politiques » sont désormais des crimes. Convoquez Thomas Paine, Aung San Suu Kyi, Nelson Mandela.

Alors comment comptez-vous réagir ?

Le diagnostic est désormais établi : la tumeur que Norman Mailer appelait le « pré-fascisme » s’est transformée en métastase. Le procureur US, Eric Holder, défend le « droit » de son gouvernement d’assassiner des citoyens américains. Israël, le protégé, est autorisé à pointer ses armes nucléaires vers l’Iran qui n’en possède pas. Dans ce monde fait d’illusions, le mensonge est partout. Le massacre de 17 civils afghans le 11 mars, dont au moins neuf enfants et quatre femmes, est attribué à un soldat américain « devenu fou ». L’ « authenticité » de la chose est certifiée par le Président Obama lui-même, qui a « regardé une vidéo » et la considère comme « une preuve irréfutable ». Une enquête indépendante du parlement afghan a présenté des témoins oculaires qui ont fourni des éléments détaillés qui impliquent pas moins de 20 soldats, appuyés par un hélicoptère, qui ont ravagé leurs villages et se sont livrés à des meurtres et des viols : le mode opératoire habituel, quoique légèrement plus meurtrier, des forces spéciales US dans leurs « raids nocturnes ».

Faites abstraction des assassinats via la technologie des jeux vidéos – une contribution des Etats-Unis à la modernité – et le comportement devient somme toute banal. Baignant dans une culture d’autosatisfaction de bandes-dessinées, formés brutalement et à la va-vite, souvent racistes, obèses et dirigés par une classe d’officiers corrompus, les forces américaines délocalisent leurs homicides à domicile vers des pays lointains, là où ils ne comprennent absolument rien à ces luttes menées avec les moyens du bord. Dans une nation fondée sur le génocide de la population indienne, les habitudes ont la vie dure.

Le Vietnam lui aussi était un « pays indien » et ses « chinetoques » et « niakoués » devaient être « explosés ». L’explosion de centaines d’habitants du village vietnamien de My Lai en 1968, principalement des femmes et des enfants, était aussi un incident « isolé » et, de manière profane, une « tragédie américaine » (titre de la couverture du magazine Newsweek). Un seul des 26 accusés fut condamné et il fut ensuite libéré par le Président Richard Nixon. My Lai se trouve dans la province de Quang Ngai où, comme je l’ai appris en tant que reporter, environ 50.000 personnes ont été tuées par les troupes américaines, la plupart dans ce qu’on appelait « des zones de tir ». C’était ça le modèle de la guerre moderne : le meurtre à l’échelle industrielle.

A l’instar de l’Irak et de la Libye, l’Afghanistan est un parc d’attraction pour les profiteurs de la nouvelle guerre permanent
Alors comment comptez-vous réagir ? e des Etats-Unis : l’OTAN, les sociétés d’armement et de hautes technologies, les médias et l’industrie de « sécurité » dont les activités lucratives ont contaminé la vie quotidienne. La conquête ou la « pacification » d’un territoire est sans importance. L’important, c’est votre pacification à vous, la culture de votre indifférence.

Alors comment comptez-vous réagir ?

La descente vers le totalitarisme se produit par étapes. D’un jour à l’autre, la Cour Suprême de Londres décidera si le responsable de Wikileaks, Julian Assange, sera extradé vers la Suède. Si ce dernier appel devait échouer, celui qui a permis que la vérité soit révélée à une échelle sans précédant, et qui n’a été accusé d’aucun crime, risque la prison en isolement et des interrogatoires sur des accusations farfelues d’abus sexuels. Grâce à un accord secret entre les Etats-Unis et la Suède, il pourra être « extradé » vers le goulag américain à tout moment. Dans son propre pays, l’Australie, le premier ministre Julia Gillard a conspiré de concert avec ceux à Washington qu’elle appelle ses « véritables potes » pour s’assurer qu’un concitoyen innocent se retrouve dans une combinaison orange si d’aventure il rentrait chez lui. Au mois de février, son gouvernement a rajouté un « amendement Wikileaks » au traité d’extradition entre l’Australie et les Etats-Unis, amendement grâce auquel ses « potes » pourront facilement lui mettre le grappin dessus. Elle leur a même accordé le pouvoir de décision au détriment de la loi sur la liberté d’accès à l’information – ainsi ils pourront continuer à mentir au monde entier, comme ils en ont l’habitude.

Alors comment comptez-vous réagir ?

John Pilger

http://johnpilger.com/articles/you-are-all-suspects-now-what...
 
Voir en ligne..

 

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