Notre époque est décidément marquée par le règne de la
confusion, du faux et de l’inversion. Depuis trois jours, l’intégralité
des médias et de la classe politique nous impose un récit unilatéral qui
s’avère plus mensonger à chaque heure qui passe.
Quentin Deranque, décédé à Lyon,
est présenté comme un «jeune choriste et philosophe chrétien», qualifié
de «non-violent», qui aurait été «lynché» voire «poignardé par les
antifas». Il serait même tombé dans un «guet-apens» selon le récit
imaginaire de France Info, le Nouvel Obs et CNews. Non seulement cette
version est largement mise à mal – il semble s’agir d’une bagarre
opposant une vingtaine d’activistes d’extrême droite à une vingtaine
d’antifascistes qui aurait très mal tournée – mais le profil de Quentin
se précise.
Un atelier sur les médias réalisé avec les gilets Jaunes du collectif Sous l'Hangar!!
« Qui fabrique des fausses infos ? Ou comment discréditer ceux qui nous discréditent dans les médias. »
Depuis plusieurs années, les médias mainstream ont créé des structures qui prétendent « débunker » l'information : en clair, traquer les fausses nouvelles et les théories supposées « complotistes ».
L'atelier partira de vos exemples concrets (notamment autour de l'histoire des Gilets jaunes) pour montrer que ceux qui se prétendent ainsi les gardiens de la « bonne information » colportent eux-mêmes ce qu'ils appellent des fake news…
On constatait ici même il y a un an que Fabien Roussel était le
communiste préféré de la droite. Un an plus tard, c'est toujours vrai,
et il a même gagné quelques galons. Au mois de septembre dernier, la
députée insoumise Sophia Chikirou, a déclaré qu'il y avait "du Doriot
dans Roussel". Elle comparait donc le secrétaire national du Parti
communiste français, qui est l'une des composantes de la nouvelle union
populaire écologique et sociale construite autour des Insoumis, à l'une
des plus épouvantables figures de la collaboration avec l'Allemagne
nazie, ex-communiste devenu fasciste, qui avait finalement endossé
l'uniforme allemand.
Le moins qu'il se puisse dire est que cette comparaison n'était pas très heureuse.
Roussel l'avait parfaitement compris.
Journaliste : Sébastien Fontenelle
Montage : Guillaume Cage
Son : Baptiste Veilhan
Graphisme : Morgane Sabouret
Directeur des programmes : Mathias Enthoven
Rédaction en chef : Soumaya Benaïssa
Directeur de la rédaction : Denis Robert
Depuis le début de la guerre en Ukraine, le président Volodymyr Zelensky est adulé en Occident, jusqu’à récolter des standing ovations dans tous les parlements où il intervient. Certes, Zelensky dirige un pays confronté à une invasion militaire. De là à en faire le héros d’un combat du Bien contre le Mal… Docteur en philosophie à l’université du Colorado, Olga Baysha, originaire de Kharkov, nous dévoile la face cachée du président ukrainien. Un entretien passionnant sur l’ascension du comédien devenu président de la République, un entretien qui nous en apprend beaucoup également sur la société ukrainienne et les origines du conflit. (IGA)
Acteur humoriste ayant accédé à la plus haute fonction du pays en 2019, Volodymyr Zelensky était pratiquement inconnu de l'Étasunien moyen – sauf peut-être en tant que figurant dans le spectacle de la destitution de Trump. Mais lorsque la Russie a attaqué l’Ukraine le 24 février 2022, Zelensky s’est soudainement transformé en une célébrité de premier plan dans les médias EU. Les consommateurs d’informations étasuniens ont été bombardés par les images d’un homme qui semblait dépassé par les événements tragiques, peut-être dépassé par la situation, mais qui finalement paraissait sympathique. Il n’a pas fallu longtemps pour que cette image évolue vers celle d’un héros infatigable, vêtu de kaki, gouvernant une petite démocratie et repoussant à lui seul les barbares autocrates de l’Est. Mais au-delà de cette image soigneusement élaborée par les médias occidentaux, il y a quelque chose de beaucoup plus complexe et de moins flatteur. Zelensky a été élu par 73 % des votants en promettant la paix, le reste de son programme (...)
Les agressions et les violences d’extrême-droite explosent dans le pays. L’extrême-droite s’entraîne à tirer sur des caricatures de juifs, de noirs, de musulmans. L’extrême-droite menace de mort un candidat à la présidentielle, une députée, des journalistes, des syndicalistes. L'extrême-droite dessine une cible sur la tête d’Anne Frank. L'extrême-droite fournit des tutos expliquant comment se procurer des armes. Et l'extrême-droite passe à l'action : agression de la manifestation Nous Toutes à Paris à coup de ceintures et de poteaux métalliques, passage à tabac ultra violent des militants pacifiques de SOS Racisme au meeting d'Éric Zemmour ce dimanche 5 décembre 2021, etc.
En partenariat avec l’Observatoire de l’extrême-droite, l'insoumission a fait une carte listant ces agressions en France depuis le début de l’année. Constat : les groupuscules d’extrême-droites sont en roue libre dans le pays.
L'insoumission a donc reçu Thomas Portes, président de l'Observatoire de l'extrême-droite, dans un entretien filmé de 58 minutes pour prendre le temps de préciser cette menace d’extrême-droite : parler de ses différents groupuscules, la sociologie de ses militants, décortiquer son idéologie, le « grand remplacement », la « re-migration », le virilisme, son anti-Républicanisme, son histoire, caractériser la menace terroriste, la menace envers les journalistes, comment on vit quand on est menacé, pour caractériser la zemmourisation médiatique, politique, les liens de l'extrême droite avec le champ médiatique et la bourgeoisie, mais aussi penser la bataille culturelle et la riposte antifasciste. Entretien réalisé par Pierre Joigneaux.
Dès que les résultats du 1er tour ont été connus : Macron, 27,6%, le Pen, 23,4%, et Mélenchon 22%, la tactique imaginée à l'avance pour discréditer Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qui en plus sont arrivés bien plus haut que les sondages ne l’avaient prédit et bien plus haut que Macron et ses sbires ne l’auraient souhaité, s’est mise en place sur tous des plateaux de télévision d’où toute voix dissidente a été complètement bannie pendant le quinquennat de Macron.
Il s’agit de rabattre au plus vite le caquet des deux challengers de Macron, et surtout des membres de la France Insoumise/Parlement d’union populaire qui risquent d’être un peu trop fiers de leur formidable performance et d’autant plus offensifs...
Reporterre s’est vu refuser l’entrée à l’unique meeting de campagne
d’Emmanuel Macron. Une décision arbitraire contre la liberté de la
presse et le droit du public à être informé sur la politique de
l’écologie
On voulait raconter à quoi ressemblait le meeting « spectaculaire »
promis par l’équipe d’Emmanuel Macron. On espérait faire le récit du
seul et unique rassemblement accordé par le président-candidat, samedi
2 avril. On avait prévu de décrire ce moment « inspiré du Super Bowl »,
d’écouter le programme du chef de l’État, d’interroger les militants
enthousiasmés par son projet. Cela nous semblait important de vous
informer, en mots et en photos, de cet épisode de la campagne
présidentielle. Hélas, cela n’a pas été possible...
Avec l’inconscience qui caractérisent les médias français et européens,
emboîtant le pas du gouvernement français et de nombreux politiciens,
personnalités publiques etc., la russophobie et le racisme qui va avec,
atteignent des niveaux records en France, encore jamais observés. Il est
à craindre des drames sanglants dans l’avenir et nous pensons qu’il est
de notre devoir d’alerter nos concitoyens. Depuis quelques jours nous
recevons en effet, soit par le biais du site Donbass Insider, soit
directement, soit via nos réseaux d’amis et de connaissances, des
témoignages effarants du niveau de racisme contre la Russie et les
Russes. Nous sommes tout près de violences physiques et nous craignons
le pire au vu des témoignages que nous récoltons. Toutes les soupapes de
sécurité ont sauté, ainsi que les verrous naturels de la conscience
humaine. Ce triste constat dresse un tableau terrifiant de la France,
une véritable hystérie collective s’est emparée de la grande majorité
des Français. Pour les autres et les personnes d’origines russes ou même
russes, c’est un véritable siège, qui s’accompagnent d’humiliations,
d’insultes, de pressions, d’injustices et de négation totale des
principes de la République Française, de ses idéaux et de son histoire. (...)
On ne défend jamais la liberté en attaquant les journalistes
Quelques jours après le début de l'offensive russe contre l'Ukraine, de nombreux travailleurs des médias sont aujourd'hui pris pour cibles par plusieurs puissances politiques ou militaires.
Les premiers visés sont évidemment nos consœurs et confrères présents en Ukraine qui tentent courageusement, sous les bombes, d'accomplir au mieux leur mission d'information.
Ce sont aussi nos consœurs et confrères en Russie qui font face à la censure et aux menaces à grande échelle d'un régime liberticide.
Le SNJ leur apporte son plein soutien confraternel.
L'Union Européenne et les Etats membres ont adopté plusieurs mesures de sanctions à l'encontre de la Russie, notamment sur le plan économique et financier.
Ils s'apprêtent également à interdire plusieurs chaînes et sites internet financés par la Russie, désignant notamment ceux de Russia Today (RT), qualifiés "de machines médiatiques" pratiquant "une désinformation toxique".
La rédaction de RT France, composée très majoritairement de journalistes professionnels français passés par différents médias, est clairement montrée du doigt.
Cette équipe d'une centaine de journalistes est déjà la cible d'insultes intolérables sur les réseaux sociaux ("collabos", "ennemis de l'intérieur", etc...), mais également de menaces physiques.(..)
L’image est familière : en haut, des gens responsables se soucient du rationnel, du possible, du raisonnable, tandis que ceux d’en bas, constamment ingrats, imputent à leurs dirigeants une série de malveillances. Mais l’obsession du complot ne relève-t-elle pas plutôt des strates les plus élevées de la société ? Les journalistes reprenant les idées du pouvoir privilégient eux aussi cette hantise.
On a besoin de vous pour nous aider à être plus fort et à révéler les turpitudes et les corruptions de ces pouvoirs que plus grand monde ne dérange. Même si la loi Avia nous inquiète beaucoup, on ne va rien lâcher. Nous œuvrons parce que l’information est un bien public, grâce à vous. Merci. (..)
Treizième épisode de notre module d’actu bi-hebdomadaire, diffusé aussi les vendredis, et on va parler de ce paradoxe.
Au sommaire :
-La rue, qui est parvenue à lever de fait l’interdiction des rassemblements publics de plus de dix personnes, en imposant au pouvoir les manifestations antiracistes qui se sont déployées massivement ce week-end dans les grandes villes de France, en écho à un mouvement mondial.
-La multiplication des signaux rendant impossible la réfutation des violences policières en France, notamment avec la sortie du rapport annuel du Défenseur des droits, Jacques Toubon, et de celui de l’IGPN qui évoque une augmentation importante (+41%) des saisines pour violences volontaires entre 2018 et 2019 ;
-La sortie du silence d’Emmanuel Macron, obligé de communiquer sur les faits récurrents qui éclaboussent sa police ;
-Les polémiques qui déchirent une partie de l’opinion sur les réseaux sociaux, quant au regard à porter sur le mouvement “Black lives matter” et ses expressions en France. Mascarade au service “de l’agenda de guerre raciale du milliardaire et spéculateur américain d’origine hongroise, George Soros” ? Opportunité historique d’articuler des combats - la lutte contre le racisme et contre les inégalités
- qui, bien posés, sont forcément complémentaires ? Et si les Français, qui ont beaucoup de choses à se dire, se parlaient franchement pour avancer ensemble ?
Huitième épisode de notre tour de l’actualité bi-hebdomadaire, enregistré et diffusé ce vendredi 22 mai 2020. Une émission habituellement diffusée les lundis et les vendredis.
Au sommaire :
- Le déconfinement des colères est enfin là en France, et de la solidarité envers les soignants se manifeste dans les rues. Les manifestations se multiplient devant les hôpitaux.
- Les solutions ou des non-solutions d’Emmanuel Macron face au malaise de l’hôpital public. Le grand plan d'investissement se fait attendre.
- Le fichage de salariés à la RATP, et ce qu’il nous dit sur l’atmosphère détestable qui règne dans les entreprises publiques de transports en commun.
- Enfin faut-il laisser mourir la presse française qui est dans le coma après le confinement et ses conséquences ? Altice, le groupe de Patrick Drahi se sépare de Libération et Nextradio annonce un plan de départs volontaires.
Une déclaration d’Acrimed qui invite les économistes à gages, les
chroniqueurs et les éditocrates qui depuis trente ans chantent les
louanges du libéralisme, à se taire au nom du pluralisme comme de la
décence la plus élémentaire.
Voilà trente ans que les libéraux occupent tout l’espace médiatique,
chantent les louanges de la mondialisation heureuse, de l’Europe des
marchés, et de la baisse des déficits publics. Trente années que ces zélateurs zélés du capitalisme nous abreuvent
de doctrines libérales qui causent les crises, détruisent les emplois et
bouleversent le climat. Trente années qu’ils braillent contre les dépenses de l’État..
Le 6 février, Günter Wallraff (journaliste
d'investigation), Sigmar Gabriel (ancien ministre fédéral des Affaires
étrangères), Gerhart Baum (ancien ministre fédéral de l'Intérieur) et
Sevim Dagdelen (membre du Parlement fédéral) ont présenté l'appel « Il
faut remettre Julian Assange en liberté » lors d’une conférence de
presse fédérale à Berlin, qui a été signé par plus de 100 personnalités
de la politique, des sciences, de la culture et des médias.15 500
personnes ont signé l'appel depuis lors.
Nous sommes profondément préoccupés pour la vie
du journaliste et fondateur de Wikileaks, Julian Assange, qui est détenu
depuis plus de six mois dans la prison britannique de haute sécurité de
Belmarsh, dans un état de santé critique, dans l’attente d’une
extradition vers les USA. Nous soutenons l'appel du rapporteur spécial
des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, à la libération immédiate
de Julian Assange pour des raisons médicales et pour des raisons d'État
de droit.
De 2012 à 2019, Julian Assange a obtenu l'asile politique à
l'ambassade équatorienne avant d'être menacé d'extradition vers les USA,
mais il a été là aussi rapidement surveillé, isolé et harcelé de
manière systématique. Le rapporteur spécial des Nations unies avait
rendu visite au fondateur de WikiLeaks emprisonné à Belmarsh le 9 mai
2019 avec une équipe de médecins et avait par la suite rapporté qu'il
présentait « tous les symptômes typiques des victimes de torture
psychologique prolongée ».
Six mois plus tard, M. Melzer a averti que le gouvernement
britannique avait ignoré son appel et n'avait au contraire « rien montré
d'autre que du mépris pour les droits et l'intégrité de M. Assange ».
Il a continué à être isolé et surveillé dans des conditions inutilement
stressantes, qui ne sont pas justifiées pour une simple détention en vue
d'une extradition et qui pourraient même mettre sa vie en danger.
Julian Assange, par exemple, devait passer 22 à 23 heures par jour seul
dans sa cellule sans aucune raison valable. Tout contact humain normal
avec d'autres prisonniers est strictement interdit et sa préparation au
procès est systématiquement compromise. Dans une lettre ouverte, plus de
60 médecins ont demandé qu'Assange soit transféré au CHU, son état de
santé étant désormais considéré comme une menace pour sa vie.
Julian Assange est actuellement emprisonné uniquement dans le but
d'empêcher son évasion dans le cadre de la procédure d'extradition en
cours vers les USA, où il est accusé d' « espionnage » pour avoir révélé
des crimes de guerre et est menacé de 175 ans de détention en
isolement.
Il est clair que dans les conditions actuelles de détention, Julian
Assange ne pourra pas se rétablir ni préparer sa procédure
d'extradition, qui doit commencer le 24 février 2020. Tous deux
constituent de graves violations des droits de l'homme fondamentaux et
des principes de l'État de droit, rendent impossible un procès équitable
et exposent Julian Assange à des souffrances et des risques sanitaires
considérables.
Nous rappelons aux médias allemands qu'Assange est l'un des leurs et
que la défense de la liberté de la presse est une question fondamentale
de la démocratie.
Nonobstant les allégations faites contre Assange, pour les raisons
médicales et de droits humains exposées ci-dessus, nous demandons
instamment à la Grande-Bretagne de libérer immédiatement Julian Assange
afin qu'il puisse se rétablir sous surveillance médicale spécialisée et
exercer ses droits fondamentaux sans entrave.
Nous demandons également au gouvernement allemand de faire des démarches auprès du gouvernement britannique à cet effet.
"Je comprends qu’Emmanuel Macron ait peur. Il avait mille fois la
possibilité d’arrêter de durcir ce rapport de force. Il semblerait que
ce soit trop tard. Il semblerait, à la veille de cette journée de lutte
et de convergence du 5 décembre, que nous soyons à un moment de bascule.
Entre soulèvement et asservissement."
Là-bas si j’y suis, le 28 octobre 2019 Mardi 22 octobre, notre reporter Gaylord Van Wymeersch a lu Le Parisien, aguiché par sa « une » : « pourquoi notre monde est en ébullition ». Liban, Espagne, Chili, Angleterre, le quotidien fait la liste des soulèvements qui se multiplient dans le monde entier. Mais tiens, Le Parisien a oublié un pays… Lequel ? Notre employé de la semaine, Gaylord Van Wymeersch, a la réponse :
Jamais la police n’a été autant protégée par le pouvoir politique et judiciaire. Jamais la justice et la Chancellerie n’ont été autant inféodées à l’Elysée. Jamais les médias n’ont été autant liés dans leur globalité à des puissances financières supportrice d’Emmanuel Macron. Nous ne sommes dupes de rien. Nous sommes moins cons, dociles et paisibles que nous en avons l’air.
« Ne vous suicidez pas ! Rejoignez-nous ! » : ce slogan adressé
aux policiers, entendu lors des manifestations des 13 et 20 avril,
était sans doute incompatible avec le prêt-à-condamner dominant… C’est
pourquoi les commentateurs professionnels ont préféré l’oublier pour se
mobiliser exclusivement contre le pire – « Suicidez-vous ! » –
scandé par quelques dizaines de personnes en fin de manifestation sur la
place de la République. Indignation générale et escalade verbale.