31 janvier 2013

"Confessions d'un assasin économique" vidéo



"Moi président.." la tirade d’Hollandréou retranscrite


Les Dessous de Bruxelles | 24 janvier 2013


« Moi président de la République » : la tirade d’Hollandréou

C’était en mai 2012. Le candidat à la présidence de la République F. Hollandréou se lançait, lors d’un débat télévisé, dans une longue tirade en forme d’anaphore qui restera gravée dans les mémoires. S’ensuivit une brutale chute de popularité qui couta la victoire au candidat socialiste - une victoire jusqu’alors pourtant quasiment acquise. Nous avons retranscrit ici la tirade du candidat malheureux :

Moi Président de la République, je signerai des deux mains le traité budgétaire européen, qui justifiera a posteriori le renoncement à toute politique de « changement ».

Moi Président de la République, je couperai dans les dépenses et services publics au nom de la rigueur budgétaire et j’exonérerai encore davantage les grandes entreprises de cotisations sociales au nom de la compétitivité.

Moi Président de la République, je taxerai les riches de manière symbolique - pour ne pas les « étrangler » - et j’augmenterai en contrepartie la TVA, parce que les pauvres sont certes pauvres, mais ils sont plus nombreux.

Moi Président de la République, je soutiendrai les propositions du MEDEF, au nom de la « compétitivité », pour faciliter les licenciements, et faire prévaloir les accords particuliers sur le droit du travail.

Moi Président de la République, je prendrai garde à ce que les groupes qui licencient en France puissent le faire en l’absence de toutes entraves, si ce n’est la signature d’accords qu’ils seront libres de ne pas tenir.

Moi Président de la République, je demanderai à mon ami Didier Migaud de la Cour des comptes, d’agiter le chiffon rouge des déficits de l’assurance chômage et des caisses de retraites pour préparer le terrain à la remise en cause de la protection sociale et la financiarisation des retraites.

Moi Président de la République, je persisterai et signerai dans la mise en œuvre des projets écologiquement, socialement et économiquement contestés de Notre-dame-des-Landes et de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin, au plus grand bénéfice du secteur privé.

Moi Président de la République, je préparerai de nouvelles loi de décentralisation et une réforme de la fiscalité locale pour défiscaliser encore davantage les entreprises au nom de la compétitivité territoriale, au risque d’asphyxier financièrement collectivités locales et services publics.

Moi Président de la République, je porterai le nombre d’expulsion de Roms à des niveaux records et n’organiserai pas de régularisation massive de sans-papiers, je ne contribuerai pas à l’égalité des droits en proposant le vote des étrangers aux élections locales.

Moi Président de la République, je placerai un proche à la tête du CSA, débaucherai des syndicalistes peu scrupuleux, et maintiendrai en poste un Ministre poursuivi pour fraude fiscale, malgré un conflit d’intérêt évident.

Moi Président de la République, je ne ferai rien pour empêcher l’évasion fiscale, quand bien même celle-ci représenterait de l’ordre de 80 millliards d’euros de recettes en moins dans le budget de l’Etat.

Moi Président de la République, je prendrai soin de ne jamais bousculer les intérêts des banques, de ne pas séparer strictement leurs activités de dépôt et de spéculation, de ne pas encadrer les stocks options, les bonus des traders, les activités des banques dans les paradis fiscaux, ni les pratiques spéculatives les plus dommageables à l’économie.

En résumé, moi Président de la République, je m’appliquerai à rassurer les marchés financiers en appliquant les mêmes recettes que la Troïka impose dans les pays d’Europe du sud, et conduirai à ce titre une politique économique et sociale de droite, dans la droite ligne de celle de mon prédécesseur.
 
Retranscrit par les Dessous de Bruxelles

30 janvier 2013

Imposteurs et sabordeurs par SuperNo



Ce billet est dédié à un certain TyranDo, thuriféraire du gourou de la secte des ouiouistes Quatremer, et qui sur le blog d’icelui avait écrit un soir de jouissance (c’était le 2 octobre 2009, quand les Irlandais vaincus par la propagande et leur propre bêtise, ont voté oui au TCE) cette épitaphe qui se voulait drôle :

“——- Avis de disparition ——-

La concurrence libre et non faussée, Piotr le plombier polonais et Anna la pute slovaque ont la joie de faire part du décès de la

Famille NONISTE

survenu le 2 octobre 2009.

L’inhumation aura lieu ce jour dans la fosse commune du cimetière des chiens à Asnières (4, pont de Clichy - 92600 Asnières). Ni fleurs ni couronnes. Une cérémonie pour que chacun puisse venir cracher sur la fosse sera organisée ultérieurement.

Le présent avis tient lieu de faire-part et de remerciements.

Que tous ceux qui ont connu l’un des membres de cette famille aient une injure et un bras d’honneur pour lui.

Tous les européens tiennent à remercier Jean Quatremer qui, depuis quatre ans au moins, a su transformer la misérable existence des défunts en un enfer quotidien.

Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. (Luc 23,33-34)”


Je pense sincèrement qu’en plus des crachats, des injures, des bras d’honneur et des prières, il y a surtout des coups de pieds au cul qui se perdent. J’espère simplement que cet individu a depuis lors pris conscience de l’étendue de sa bêtise (même si c’est probablement un exercice qui donne le vertige) et qu’il est désormais planqué sous son lit en attendant que la honte passe, ce qui devrait durer encore quelques siècles.

Bon, ça c’était juste l’introduction.

Pour Anna la pute slovaque, je me déclare incompétent, même s’il me semble avoir compris que ses congénères ont envahi les trottoirs européens, cassant les prix et compromettant le business des autochtones, pour le plus grand bonheur de Vladimir son maquereau. Si quelqu’un peut me le confirmer…

Par contre, pour Piotr le plombier polonais, et surtout Dragomir le routier roumain, il y a des trucs totalement hallucinants qui sont en train de se produire.

Reportage d’Envoyé Spécial sur France 2. Deux ouvriers du bâtiment, dont je ne sais pas si l’un d’eux s’appelle Piotr) s’apprêtent à prendre la route pour… Metz où ils ont été embauchés sur un chantier.
(...)

Lire la suite sur le Blog de SuperNo

Le CADTM condamne l'intervention française au Mali



29 janvier par CADTM

Communiqué de presse

 
Comme le dénonce un appel lancé par des femmes maliennes, la situation dramatique du Mali doit ouvrir les yeux sur une réalité terrible qui se vérifie dans d’autres pays en conflit : les violences faites aux femmes sont instrumentalisées pour justifier l’ingérence et les guerres de convoitise des richesses de leurs pays.


Nous condamnons sans réserve les violations des droits humains par les groupes armés qui contrôlent la partie Nord du Mali. Nous sommes aux côtés des femmes et de toutes les victimes d’abus. Nous dénonçons également l’intervention militaire que mène la France depuis le 10 janvier 2013. L’État Français mène une guerre au Nord du Mali, non pas pour défendre la démocratie et garantir le respect des droits humains comme on le prétend, mais bel et bien pour défendre ses propres intérêts coloniaux et ceux des multinationales françaises présentes en Afrique afin d’exploiter les ressources naturelles (uranium, or, diamants, pétrole, terre, eau…). La France, comme les États-Unis dans d’autres parties du monde, veut montrer sa capacité militaire à prendre la défense des intérêts stratégiques des grandes puissances occidentales et de leurs grandes entreprises.

Les bombardements français sur les régions très appauvries du Mali reflètent avant tout la détermination de l’impérialisme français à maintenir une domination néocoloniale sur les richesses des peuples de l’Afrique dans un contexte de crise mondiale du capitalisme. Il utilise les armes de pointe pour dissuader les convoitises de la Chine et les autres puissances. Par ailleurs, l’intervention occidentale a aussi comme but d’empêcher l’autoorganisation des Maliens afin d’éviter le réveil de leurs aspirations démocratiques, anti impérialistes et panafricanistes. La France et ses alliés veulent éviter la remise en cause des régimes relais de la Françafrique.

Le Mali est l’un des pays les plus appauvris et exploités du monde malgré ses importantes ressources naturelles minières et agricoles. Elles sont accaparées par les multinationales. Le peuple malien est terriblement affecté par les politiques néolibérales imposées par la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International, l’OMC, l’Union européenne et l’Etat français. Ces politiques n’ont été possibles qu’avec la complicité des régimes en place. Ces politiques ont empêché le Mali de se libérer du poids d’une dette extérieure qui sert d’instrument de pompage de ressources et de soumission du pays aux intérêts des institutions et des puissances créancières. L’initiative d’allègement de la dette du Mali, qui fait partie des pays pauvres très endettés (PPTE) a prolongé les effets dévastateurs du système d’endettement car les réductions de dette accordées au compte-gouttes ont été systématiquement conditionnées par l’application de mesure de privatisation et d’ouverture économico-commerciale. Ces mesures ont soumis les paysans/paysannes et les travailleurs/travailleuses des villes a une concurrence internationale à laquelle ils et elles ne pouvaient pas répondre. Les femmes maliennes qui portent un poids énorme dans la vie du pays sont victimes au quotidien de privation de tous ordres. Elles résistent au quotidien.

La dette et son remboursement continuent d’être les instruments d’une paupérisation des populations.

L’État français bombarde des villes, des villages et des infrastructures déjà rares du Mali dont la reconstruction demain sera probablement le prétexte pour endetter encore un peu plus le pays et augmenter sa soumission aux créanciers. Le FMI vient justement d’annoncer l’octroi au Mali d’un prêt de 18,4 millions de dollars. Cela ouvrira un nouveau cycle de malheurs pour le peuple malien s’il ne prend pas son sort en main.

Le gouvernement français devrait normalement réserver les millions d’euros que coûtera son déploiement militaire au Mali pour les besoins sociaux de sa population condamnée elle-même à l’austérité du fait de l’explosion de la dette publique.

La région connaît une propagation des groupes intégristes qui ont été appuyés et armés par les puissances occidentales, États-Unis en tête, directement ou par le biais du Qatar ou de l’Arabie Saoudite. Aujourd’hui les grandes puissances occidentales ne savent plus comment se dépêtrer d’un mouvement qui ne leur est plus utile, leur échappe et s’est retourné contre elles. La manière dont elles sont intervenues en Libye a aggravé la situation de la région entraînant notamment une prolifération des armes. Les interventions occidentales en Afghanistan et en Irak ont démontré que les arguments humanitaires cachent des intérêts économiques, politiques et militaires inavouables. L’intervention et l’occupation militaire occidentale n’apporte pas de solution réelle aux problèmes des droits humains. Elle tend même à les aggraver.

Pour le CADTM Afrique, c’est au peuple malien de régler les conflits internes et chasser tous les groupes qu’il considère anti démocratiques et obscurantistes qui veulent imposer leurs lois par les armes.

Le Réseau CADTM Afrique :

condamne l’intervention impérialiste de la France et de ses alliés au Mali, il appelle à l’arrêt immédiat des bombardements et au retrait des troupes françaises et africaines du Mali ;

exprime sa solidarité avec le peuple malien et son droit de décider librement de son devenir.

appelle à un renforcement de la solidarité des Peuples maliens et africains pour barrer la route aux forces de la restauration et de ré-colonisation du Mali et du Sahel;

considère que la CEDEAO, organisation sous régionale dirigée par un club de chefs d’États au service des hégémonies américaine et européenne, n’a aucune légitimité et aucun pouvoir légal pour contracter des prêts de guerre au nom du peuple souverain du Mali ;

invite le Peuple malien à invoquer l’absence de consentement comme fondement juridique d’une répudiation de toute dette héritée de l’intervention étrangère.

appelle les peuples d’Afrique du nord au sud, du Maghreb au Machrek à s’unir contre les guerres.

Pour le Réseau CADTM Afrique, le groupe de coordination, le 29 janvier 2013

29 janvier 2013

Cuba crée quatre vaccins contre le cancer





Le Grand Soir | 29 janvier 2013 | Par José Manzaneda

Cuba crée quatre vaccins contre le cancer : une leçon aux firmes pharmaceutiques.

 

Que Cuba ait déjà développé quatre vaccins contre différents types de cancer est sans doute une nouvelle importante pour l’Humanité (1), si nous tenons compte que, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, chaque année meurent dans le monde, par cette maladie, environ 8 millions de personnes (2). Toutefois, les grands moyens internationaux l’ont ignorée presque complètement.

En 2012 Cuba brevetait le premier vaccin thérapeutique contre le cancer du poumon au niveau mondial, la CIMAVAX-EGF (3). ET en janvier 2013 on annonçait secondement, le Racotumomab (4). Des essais cliniques dans 86 pays démontrent que ces vaccins, bien qu’ils ne traitent pas la maladie, obtiennent la réduction des tumeurs et permettent une étape stable de la maladie, en augmentant l’esperance et la qualité de vie.

Le Centre d’Immunologie Moléculaire de La Havane, appartenant à l’État cubain, est le créateur de tous ces vaccins. Déjà en 1985 a été développé le vaccin de la méningite B (5), unique dans le monde, et plus tard d’autres, comme celles qui combattent l’hépatite B ou la dengue (6). En outre, il fait des recherches depuis des années pour développer un vaccin contre le VIH-SIDA (7). Un autre centre étatique cubain, les laboratoires LABIOFAM, développe des médicaments homéopathiques aussi contre le cancer : c’est le cas du VIDATOX, élaboré à partir du venin du scorpion bleu (8).

Cuba exporte ces produits pharmaceutiques à 26 pays, et participe dans des sociétés mixtes en Chine, au Canada et l’Espagne (9). Tout ceci casse complètement un stéréotype très étendu, renforcé par le silence médiatique sur les avances du Cuba et d’autres pays du Sud : selon lequel la recherche médico-pharmaceutique d’avant-garde se produit seulement dans les pays appelés « développés ».

Indubitablement, l’État cubain obtient un rendement économique de la vente internationale de ces produits pharmaceutiques (10). Toutefois, sa philosophie de recherche et commercialisation est aux antipodes de la pratique patronale de la grande industrie pharmaceutique.

Le Prix Nobel de Médecine Richard J. Roberts dénonçait récemment que les fabriquants orientent leurs recherches non a la guérison des maladies, mais au développement de médicaments pour indispositions chroniques, beaucoup plus rentables économiquement (11). ET il indiquait que les maladies propres des pays les plus pauvres - par leur basse rentabilité- ne donnent simplement pas lieu à des recherches. Pour cette raison, 90% du budget pour recherche est destiné aux maladies de 10% de la population mondiale.

L’industrie publique médico-pharmaceutique du Cuba, étant une des principales sources de devises pour le pays, est régie par des principes radicalement opposés.

D’abord, ses recherches sont dirigées, en grande partie, à développer des vaccins qui évitent des maladies et, par conséquent, amoindrissent les frais en médicaments de la population. Dans un article de la revue prestigieuse Science, les chercheurs d’Université de Stanford (Californie) Paul Drain et Michele Barry assuraient que Cuba obtient de meilleurs indicateurs de santé que les USA en dépensant jusqu’à vingt fois moins (12). La raison : l’absence - dans le modèle cubain de pressions commerciales par les firmes pharmaceutiques, et une stratégie d’éducation de la population en prévention de santé.

En outre, les thérapies naturelles et traditionnelles - comme la médecine herboriste, l’acuponcture, l’hypnose et beaucoup d’autres, des pratiques peu rentables pour les fabricants de médicaments, sont intégrées depuis des années dans le système de santé publique gratuite de l’Île (13).

D’autre part, à Cuba les médicaments sont distribuées, d’abord, dans le réseau hospitalier public national, de manière gratuite ou hautement subventionnée - précisément grâce aux recettes en monnaie forte par leurs exportations (14).

L’industrie pharmaceutique cubaine, en outre,qui destine un présupposé budget publicitaire qui, dans le cas des multinationales, est supérieur à celui investi dans la recherche elle-même (15).

Finalement, Cuba propulse la production de médicaments génériques qu’il met à la disposition d’autres pays pauvres et de l’Organisation Mondiale de la Santé, à un prix très inférieur à celui de la grande industrie mondiale (16).

Mais ces accords, étrangers aux règles du marché, produisent des fortes pressions de l’industrie pharmaceutique. Récemment, le Gouvernement d’Équateur annonçait l’achat au Cuba d’un important nombre de médicaments, en « réciprocité » par les bourses à des étudiants équatoriens dans l’Île et par l’appui de spécialistes cubains dans le programme « Manuela Miroir » pour personnes handicapées (17). Les protestations de l’Association des Laboratoires Pharmaceutiques équatoriens se sont transformées immédiatement en campagne médiatique, en diffusant le message de la supposée mauvaise qualité des médicaments cubains (18).

D’autre part, de nombreux analystes voient derrière le coup d’état du Honduras, en 2009, la grande industrie pharmaceutique internationale, puisque le gouvernement abandonné Manuel Zelaya, dans le cadre de l’accord AUBE, prétendait remplacer l’importation de médicaments des multinationales par lesgénériques cubains (19).

Le blocus des USA à Cuba impose d’importants obstacles pour la commercialisation internationale des produits pharmaceutiques cubains, mais aussi nuit directement à la citoyenneté des USA. Par exemple, les 80.000 personnes diabétiques qui souffrent dans ce pays, chaque année, l’amputation des doigts de leurs pieds, ne peuvent pas accéder au vaccin cubain Heperprot P, qui précisément les évite (20).

Le Prix Nobel Chimique de Peter Agre affirmait récemment que « le Cuba est un exemple magnifique de comment on peut intégrer la connaissance et la recherche scientifique » (21). Irina Bokova, president-directeur général de l’UNESCO, disait se sentir « très impressionnée » avec les réalisations scientifiques du Cuba et montrait la volonté de cette organisation de Nations Unies en les promouvant dans le reste du monde (22). La question est inévitable : disposera-t-elle de la collaboration indispensable des grands médias internationaux pour les diffuser ?

José Manzaneda
coordinateur de Cubainformación.



http://www.cubainformacion.tv/index.php/lecciones-de-manipul...


(1) http://www.jornada.unam.mx/2011/11/08/ciencias/a02n1cie
(2) http://www.lapagina.com.sv/nacionales/61996/2012/02/04/Cada-...
(3) http://actualidad.rt.com/ciencias/view/32388-Cuba-lanza-prim...
(4) http://www.prensalibre.com/salud/Desarrollan-segunda-vacuna-...
(5) http://www.nnc.cubaweb.cu/clasificados/ciencia/ciencia1.htm
(6) http://ipsnoticias.net/nota.asp?idnews=96327
(7) http://www.telesurtv.net/articulos/2012/03/07/cientificos-cu...
(8) http://www.jornada.unam.mx/2012/07/12/index.php?section=cien...
(9) http://spanish.news.cn/salud/2011-11/05/c_131230334.htm
(10) http://www.guiacuba.info/noticias-de-cuba/turismo-segunda-fu...
(11) http://voselsoberano.com/index.php?option=com_content&vi...
(12) http://www.cubadebate.cu/especiales/2010/05/04/reportaje-rev...
(13) http://www.sld.cu/sitios/mednat/
(14) http://www.nuevatribuna.es/articulo/mundo/cuba-ya-utiliza-la...
(15) http://www.elmundo.es/elmundosalud/2002/07/19/medicina/10270...
(16) http://www.cubainformacion.tv/index.php/lecciones-de-manipul...
(17) http://www.diariovasco.com/agencias/20110813/mas-actualidad/...
(18) http://www.ciudadaniainformada.com/noticias-politica-ecuador...
(19) http://www.tercerainformacion.es/?Honduras-Intereses-Transna...
(20) http://actualidad.rt.com/economia/view/44707-Cuba-crear-f%C3...,-una-receta-contra-embargo
(21) http://www.opciones.cu/cuba/2012-03-09/reconocen-avances-de-...
(22) http://www.juventudrebelde.cu/cuba/2012-11-29/directora-gene...
Voir en ligne:

http://www.legrandsoir.info/cuba-cree-quatre-vaccins-contre-le-cancer-une-lecon-aux-firmes-pharmaceutiques.html

Métronomes


Lundi (28/01) et cette semaine... répétera la précédente, comme d’ailleurs toutes les autres. Depuis les élections de juin (2012) c’est désormais sous le signe de « l’ordre et de la loi », en plus de la stratégie du choc, que le gouvernement tripartite de la Troïka de l’intérieur mène les affaires… et se démène dans tous les sens pour étouffer la contestation sociale. Les rames du métro circulent de nouveau depuis vendredi, et on vient d’apprendre ce matin, que le Conseil d’Etat saisi d’un recours initié par les syndicats contre la réquisition des employés de la Régie vient de le rejeter. « Le gouvernement préparerait la réquisition des conducteurs des autobus d’Athènes » (en grève depuis vendredi), croit savoir la presse du jour. Après avoir… placé la Constitution entre parenthèses, après la quasi-abolition des conventions collectives, voilà que le « gouvernement » met fin au droit de grève, même si, les (seuls ?) grévistes encore potentiels, proviennent de ces branches jadis bien soignées par le clientélisme politique d’avant-hier, mais finalement peu importe. (...)
Lire la suite sur Greek crisis


Message de la planète Terre (4)




EUX ET NOUS IV


I.  - Les (dé)raisons d’en haut.
II - La Machine en presque deux feuillets.
III - Les Contremaîtres.
IV - Les douleurs d’en bas
V - La Sexta
- - - PS à la Sexta,
VI - Les regards, 1.
    - Les regards. 2 .
    - Les regards. 3 .
    - Les regards. 4.
    - Les regards. 5.
    - Les regards 6.
VII - Les plus petit•e•s
      - Les plus petit.e.s 1.
      - Les plus petit•e•s 2
      - Les plus petit•e•s 3
      - Les plus petit.e.s 4
      - Les plus petit.e.s 5
      - Les plus petit.e.s 6
      - Les plus petit.e.s 7 (dernier)



Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte  | dimanche 27 janvier 2013

IV- Les douleurs d’en bas

Par le Sous-Commandant Insurgé Marcos


Combien de fois une patrouille ne nous a-t-elle pas arrêté dans la rue pour le délit de « port de visage suspect » ou de crête, et après quelques coups et une extorsion, ils nous laissent partir ? « Répression et criminalisation », Croix Noire Anarchiste-Mexique. Janvier 2013.

Et les gens jeunes qui à l’instant même voient en toi un héros et l’exemple d’une personne qui a été injustement punie par un système répressif ?
Quel héros ? Mais non. Le héros, c’est chacun des jeunes qui sortent chaque jour dans la rue pour s’organiser et changer cette société injuste et ce système économique, politique. Et ils s’organisent, ils se défendent. Qu’ils n’aient crainte, la peur va changer de camp. Alfonso Fernández, en prison suite au 14 novembre 2012 dans l’État espagnol, interviewé par Shangay Lily sur « Kaos en la Red ». Janvier 2013.

Il faut un ennemi pour donner un espoir au peuple. (...). En fait, le sentiment de l’identité se fonde sur la haine envers ceux qui ne sont pas identiques. Il faut cultiver la haine comme passion civile. L’ennemi, c’est l’ami des peuples. On a besoin de quelqu’un à haïr pour se sentir justifié dans sa propre misère. La haine est la véritable passion primordiale. Umberto Eco. Le cimetière de Prague.

Où et quand commence la violence ?

Voyons un peu.

Face à un miroir, dans n’importe quel calendrier et n’importe quelle géographie...

Imaginez que vous êtes différent-e du commun des gens.

Imaginez que vous êtes quelque chose de tout à fait autre.

Imaginez que vous avez une certaine couleur de peau ou de cheveux.

Imaginez qu’on vous méprise et vous humilie, qu’on vous poursuit, qu’on vous emprisonne, qu’on vous tue pour cela, parce que vous êtes différent-e.

Imaginez que depuis que vous êtes né-e, tout le système vous dit et vous répète que vous êtes quelque chose de bizarre, d’anormal, de malade, que vous devez vous repentir de ce que vous êtes, et qu’après en avoir imputé la responsabilité au manque de pot et/ou à la justice divine, vous devez faire tout ce qui est en votre pouvoir pour modifier ce « défaut de fabrication ».

Mais oui, tenez, nous avons précisément un produit qui fait des m-e-r-v-e-i-l-l-e-s, tout simplement, avec les défauts congénitaux. Cette façon de penser vous soulage de la rébellion et de cette si gênante manie de se plaindre de tout. Cette crème vous change la couleur de la peau. Cette teinture pour les cheveux vous donne la tonalité à la mode. Ce cours « Comment se faire des ami-e-s et être populaire sur Internet » vous donne tout le nécessaire pour être une personne moderne. Ce traitement vous rendra la jeunesse. Ce DVD vous montrera comment se comporter à table, dans la rue, au travail, au lit, lors des hold-up illégaux (voleurs), lors des hold-up légaux (banques, gouvernants, élections, entreprises légalement établies), dans les réunions sociales... Pardon ? Oh, on ne vous invite pas dans les réunions sociales ? Ok, on vous indique aussi comment faire pour qu’on vous invite. Et puis, ic,i on vous dévoilera le secret de comment réussir dans la vie. Laissez loin derrière Lady Gaga et Justin Bieber en nombre de suiveurs sur tuiter. Vous pouvez inclure un masque de votre choix. On les a tous ! Même celui de Carlos Salinas... Ok, ok, ok, c’était un mauvais exemple, mais on en a pour tous les besoins. On ne vous regardera plus avec dégoût ! On ne vous traitera plus de voyou-te, d’indien-ne, de prolo, de nègre, de Région 4, de zombie, de philozapatiste !

Imaginez que, malgré tous vos efforts et bonnes actions, vous n’arrivez pas à cacher votre couleur de peau ou de cheveux.

Maintenant, imaginez qu’est lancée une campagne pour éliminer tou-te-s ceux et celles qui sont comme vous.

Sans qu’il y ait un événement pour son lancement, ou une loi pour l’établir, vous vous rendez compte que tout le système commence à marcher dirigé contre vous, et contre celles et ceux qui sont comme vous. Toute la société transformée en machine dont le but principal est de vous anéantir.

D’abord, il y a des regards de désapprobation, de dégoût, de mépris. Puis viennent les insultes, les agressions. Ensuite il y a des gens arrêtés, déportés, emprisonnés. Après, des morts ici et là, légalement et illégalement. Finalement, une campagne en bonne et due forme, la machine dans toute sa capacité, pour vous faire disparaître, vous et toutes celles et tous ceux qui vous ressemblent. L’identité de ceux qui forment la société s’affirme dans la haine à votre égard. Votre tort ? Être différent-e.

Vous ne le voyez pas encore ?

Alors imaginez que vous êtes... (mettez le masculin, le féminin, ou l’autre, suivant votre cas).

Un indigène dans un pays dominé par des étrangers. Une flopée d’hélicoptères militaires se dirige vers vos terres. La presse dira que l’occupation du parc éolien empêchait la réduction de la pollution ou que la forêt était en cours de destruction. « L’expulsion était nécessaire pour diminuer le réchauffement global de la planète », ministre de l’Intérieur.

Un noir dans une nation dominée par des blancs. Un juge WASP va dicter une sentence contre vous. Le jury vous a déclaré coupable. Parmi les preuves présentées par l’accusation se trouve une analyse de la pigmentation de votre peau.

Un juif dans l’Allemagne nazie. L’officier de la Gestapo vous regarde fixement. Demain, le rapport dira qu’on a purifié la race humaine.

Un Palestinien dans la Palestine actuelle. Le missile de l’armée israélienne vise l’école, l’hôpital, le quartier, la maison. Demain les médias diront qu’ont été atteints des objectifs militaires.

Un immigrant de l’autre côté de n’importe quelle frontière. Une voiture de patrouille de la police des frontières s’approche. Demain, il n’y aura rien dans les journaux.

Un curé, ou une bonne sœur, ou un laïc, qui a opté pour les pauvres, au milieu de l’opulence du Vatican. Le discours du Cardinal est dirigé contre ceux qui s’immiscent dans les affaires terrestres.

Un vendeur ambulant dans le centre commercial exclusif d’une zone résidentielle exclusive. Le car de « grenadiers » arrive et se gare. « Nous défendons le libre commerce », déclarera le délégué gouvernemental.

Une femme seule, le jour ou la nuit, dans un transport public plein d’hommes. Une petite variation dans le pourcentage de « violence de genre ». L’agent de police dira : « Faut dire, aussi, qu’elles provoquent ».

Un gay tout seul, le jour ou la nuit, dans un transport public plein de machos. Une minime variation dans le pourcentage de « violence homophobe ».

Une travailleuse sexuelle dans une voie inhabituelle, au coin de rue de quelqu’un-e d’autre... La voiture de police s’approche. « Le gouvernement combat efficacement la traite des blanches », dira la presse. 
Une punk, un rasta, une ska, un cholo, une métalleuse, dans la rue, la nuit... S’approche une autre voiture de police. « Nous sommes en train de décourager les conduites antisociales et le vandalisme », le chef du gouvernement. 
Un tagueur en train de taguer au World Trade Center... une troisième voiture de police s’approche. « Nous ferons tout le nécessaire pour avoir une ville belle et attractive pour le tourisme », n’importe quel fonctionnaire. 
Un communiste dans une réunion du parti fasciste de droite. « Nous sommes contre les totalitarismes qui ont fait tant de mal dans le monde », le président du parti. 
Un anarchiste dans une réunion du parti communiste. « Nous sommes contre les déviations petites-bourgeoises qui ont fait tant de mal à la révolution mondiale », le secrétaire général du parti. 
Un programme du bulletin « 31 minutes » sur la barre d’info de CNN. Tulio Triviño et Juan Carlos Bodoque se regardent déconcertés, ils ne disent rien. 
Un groupe alternatif de musique essayant de vendre son disque à un concert de Lady Gaga, Madonna, Justin Bieber, ou celle qui les suit. Le service d’ordre s’approche. Les fans crient à n’en plus pouvoir. Une artiste dansant à l’extérieur du grand centre culturel où est présentée la séance (oui-de-gala-seulement-sur-invitation-je-regrette-mademoiselle-vous-êtes-en-train-de-gêner) du ballet du Bolchoï. La sécurité procède à rétablir la tranquillité. 
Un vieillard dans une réunion présidée par le ministre japonais des Finances Taro Aso (il a étudié à Stanford, et il y a peu il a demandé aux personnes âgées de « se dépêcher de mourir » parce que ça revient rudement cher qu’elles restent en vie). On réduit encore davantage le budget social. 
Un Anonymus critiquant le « copyright » à une assemblée d’actionnaires de Microsoft-Apple. « Un dangereux hacker derrière les barreaux », signaleront les médias.
Un jeune Mapuche qui, au Chili, réclame le territoire de ses ancêtres, tandis qu’il voit arriver les chars et le vert offensant des carabiniers. La balle qui le blesse mortellement dans le dos restera impunie.
Un jeune et/ou étudiant, ou chômeur, à un barrage de l’armée-police-garde-civile-carabiniers. La dernière parole qu’il a entendue ? « Feu ! ». 
Un comunero nahua dans les bureaux d’une entreprise minière transnationale. Des gens en uniforme l’enlèvent. « Nous sommes en train d’enquêter », les gouvernements respectifs. 
Un dissident face aux murs de métal gris dressés, tandis que de l’autre côté la classe politique mexicaine avale la couleuvre d’une décision imposée de plus. Il reçoit le coup d’une balle en caoutchouc qui lui fait perdre un œil et lui brise le crâne. « On appelle à l’unité pour le bien du pays. C’est l’heure de laisser tomber les vieilles rancunes », titres des bulletins d’information. 
Un paysan face à une armée d’avocats et de policiers en train d’entendre que la terre qu’il travaille, où sont nés et ont grandi ses parents, ses grands-parents, ses arrière-grands-parents, et ainsi de suite jusqu’à ce que le temps se confonde, est maintenant propriété d’une entreprise immobilière, et rendez-vous compte que vous êtes en train de dépouiller ces pauvres entrepreneurs de quelque chose qui légalement leur appartient. La prison.
Un opposant à la fraude électorale voit comment sont exonérés les quarante voleurs et leurs lèche-semelles. La moquerie : « Il fait tourner la page et regarder vers l’avant ». Un homme ou une femme s’approche pour voir ce qui cause l’agitation, et soudain elle est « empaquetée » par les forces de l’ordre. Pendant que celles-ci la ou le poussent, la ou le frappent du poing et pied pour la ou le conduire à la voiture, vous avez le temps de remarquer que les caméras d’une célèbre chaîne de télévision sont dirigées vers l’autre côté.
Un indigène zapatiste dans la prison du mauvais gouvernement (PRI-PAN-PRD-PT-MC) depuis plusieurs années. Il lit dans le journal : « Pourquoi l’EZLN réapparaît-elle seulement maintenant que le PRI est revenu au pouvoir ? Très suspect. »


Vous nous suivez ? À présent... Vous ressentez la certitude de ne pas être à votre place ? Vous ressentez la peur d’être ignoré-e, insulté-e, frappé-e, moqué-e, humilié-e, violé-e, emprisonné-e, assassiné-e, rien que parce que vous êtes qui vous êtes ? Vous ressentez cette impuissance de ne rien pouvoir faire pour l’éviter, pour vous défendre, pour qu’on vous écoute ? Vous maudissez le moment où vous vous êtes fourré à cet endroit, le jour où vous êtes né-e, le moment où vous avez commencé à lire ce texte ?


Plusieurs des exemples ci-dessus mentionnés ont un nom, un calendrier, une géographie : Juan Francisco Kuykendall Leal. Le compa Kuy, de la Sexta, professeur, dramaturge, metteur en scène de théâtre. Crâne démoli le 1er décembre 2012 par un tir des « forces de l’ordre ». Il projetait de créer une pièce de théâtre sur Enrique Peña Nieto.
José Uriel Sandoval Díaz. Jeune étudiant de l’Université autonome de la Ville de Mexico (UACM), et membre du Conseil étudiant de lutte (CEL). Il a perdu un œil dans la répression du 1er décembre 2012, suite à l’attaque des « forces de l’ordre ». Il projetait de résister à l’imposition d’Enrique Peña Nieto.
Celedonio Prudencio Monroy. Indigène nahua. Enlevé le 23 octobre 2012 par les « forces de l’ordre ». Il projetait de résister à la spoliation des terres nahuas par les compagnies minières et les déboiseurs.
Adrián Javier González Villarreal. Jeune élève de la Faculté d’ingénierie mécanique et électrique de l’Université autonome du Nuevo León (Mexique), assassiné en janvier 2013 par les « forces de l’ordre ». Il projetait d’obtenir son diplôme et de réussir ensuite en tant que professionnel.
Cruz Morales Calderón et Juvencio Lascurain. Paysans faits prisonniers à Veracruz en 2010-2011 par les « forces de l’ordre ». Ils projetaient de résister à la spoliation de leurs terres de la part d’entreprises immobilières.
Matías Valentín Catrileo Quezada. Jeune indigène mapuche, assassiné le 3 janvier 2008 au Chili (Amérique Latine), par les « forces de l’ordre ». Il projetait de résister à la spoliation de la terre mapuche de la part du gouvernement, des grands propriétaires et des entreprises multinationales.
Francisco Sántiz López, indigène zapatiste, injustement emprisonné par les « forces de l’ordre » [1]. Il projetait de résister à la contre-insurrection gouvernementale de Juan Sabines Guerrero et Felipe Calderón Hinojosa.


À présent... ne désespérez pas, nous avons presque fini... À présent, imaginez que vous n’avez pas peur, ou que vous avez peur mais que vous la contrôlez. Imaginez que, face au miroir, non seulement vous n’occultez pas, ne maquillez pas votre différence, mais que vous la soulignez. Imaginez que vous faites de votre être différent un bouclier et une arme, que vous vous défendez, que vous en trouvez d’autres comme vous, que vous vous organisez, résistez, luttez, et presque sans vous en rendre compte, vous passez du « je suis différent » à « nous sommes différents ». Imaginez que vous ne cachez pas derrière la « maturité » et le « bon sens », derrière les « le moment n’est pas venu », « les conditions ne sont pas réunies », il faut attendre », « c’est inutile », « il n’y a rien à faire ». Imaginez que vous ne vous vendez pas, que vous ne tergiversez pas, que vous ne vous rendez pas. Vous avez réussi à l’imaginer ? Bon, eh bien même si ni nous ni vous ne le savons pour l’instant, nous faisons partie d’un « nous » plus grand et encore à construire.

(à suivre) Depuis n’importe où, dans n’importe lequel des mondes.

Sup Marcos
Planète Terre Janvier 2013.

Écoute et regarde la vidéo qui accompagne ce texte : « Born Free » interprété par M.I.A. (Mathangi « Maya » Arulpragasam). Vidéo. Metteur en scène : Romain Gavras (fils de Costa Gavras). Photographie : André Chemetoff. Production : Mourad Belkeddar. Production exécutive : Gaëtan Rousseau / Paradoxal. Cette vidéo a été censurée par YouTube à cause de son contenu. « Burnin’ an Lootin’ » de Bob Marley. Video début de « La Haine », écrit et dirigé par Mathieu Kassovitz, 1995. Sous-titres en espagnol.

[1] Il vient d’être libéré, le lendemain même de la publication de ce texte, NdT. 27-01-13

Traduit par el Viejo

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2013/01/24/ellos-y-nosotros-iv-los-dolores-de-abajo/ 

Adresse de cet article:  http://cspcl.ouvaton.org/article.php3?id_article=924

Suite, La Sexta

28 janvier 2013

Coût du travail ou coût du capital ?



POUR QUI TRAVAILLENT-ILS ?


Salim Lamrani questionne :

« Pourquoi les dividendes versés aux actionnaires – qui font intégralement partie des bénéfices – sont-ils d’abord déduits des bénéfices avant d’évaluer la rentabilité des entreprises françaises ?

La raison en est simple : leur coût exorbitant pour l’économie nationale. En effet, le problème de la France n’est pas le coût du travail mais le coût du capital, c’est-à-dire la part des bénéfices versée aux actionnaires, qui a augmenté bien plus vite que les salaires et qui a atteint des sommets inégalés depuis trente ans. »

Intéressant, non ?

Allons voir.

M.
 

Une classe réservée aux enfants Roms... dans un poste de police



Blog de Philippe Alain | 26 janvier 2013


Ils sont une vingtaine, ils ont entre 6 et 12 ans et se rendent au poste de police. C’est un policier en uniforme qui leur ouvre la porte. Il s'agit d'une convocation ? Non. Ils vont en classe. Ce sont tous des enfants Roms.

La ville de Saint-Fons s'est fait connaître pour le traitement policier qu’on inflige aux Roms qui jettent des cailloux: saccage des baraques, casse des voitures et gaz lacrymogène (1). Aujourd’hui, c’est au tour de la municipalité de se distinguer particulièrement pour le traitement qu’elle réserve aux enfants Roms.

Après avoir refusé catégoriquement de scolariser les enfants du bidonville sous prétexte de classes saturées, la sénatrice-maire socialiste, a trouvé une idée extraordinaire pour appliquer la politique d’exclusion prônée par Hollande et Valls: la classe réservée exclusivement aux Roms dans le bâtiment de la police municipale.

On peut difficilement imaginer mieux en termes de ségrégation et de discrimination. En tout cas en France. On a connu pire, c’est vrai, mais c’était en Afrique du Sud du temps de l’apartheid.

Les enfants sont privés de cantine scolaire, probablement pour leur faire comprendre, au cas où ils ne l’auraient pas déjà compris qu’ils ne sont pas vraiment des enfants comme les autres. La mairie leur accorde déjà l’immense faveur de les regrouper dans une salle avec une maîtresse, vous ne croyez pas qu’elle va les nourrir en plus ? Vous prenez les mairies socialistes pour quoi ? C’est pas écrit « Ecole » sur le fronton du bâtiment, c’est écrit « Police ». Non mais !

En fin de matinée, ils retournent donc dans leurs baraques et reviennent l’après-midi, souvent le ventre vide. Parfois ils sont encadrés par des bénévoles ou des parents. Parfois, ils sont lâchés dans la nature sans personne pour les encadrer. Chaque jour, les enfants doivent ainsi marcher environ 5 kilomètres dans une zone industrielle fréquentée par de nombreux camions pour se rendre au commissariat, pardon, à l’école de la République.

Quand ils arrivent à l’école, c’est un policier qui leur ouvre le bâtiment et qui le referme. Si un enfant arrive en retard, il trouvera porte close, il peut rentrer chez lui. La salle de classe se situe au deuxième étage du bâtiment où il n’y a ni eau, ni toilettes. La vingtaine d’enfants est encadrée par une seule maîtresse. Le plus jeune à 6 ans, le plus âgé 12 ans. Les niveaux scolaires sont donc très différents. Certains sont scolarisés depuis longtemps et parlent bien le français, d’autres viennent d’arriver et ne parlent pas un mot de français. On se demande bien ce que peut faire l’enseignante à part s’arracher les cheveux.

Cette classe a été ouverte avec l’accord du Préfet et de l’Education Nationale. En octobre 2012, le gouvernement a pourtant sorti 3 circulaires pour favoriser la scolarisation des enfants Roms, mais dans le Rhône, les circulaires ministérielles, le préfet s’assoit dessus. Comme celle du 26 août 2012, pourtant signée par 7 ministres. A Lyon et dans sa banlieue, pas un seul terrain n’a fait l’objet d’un diagnostic.

Il est très inquiétant de constater la stratégie du pouvoir actuel dans le traitement de la minorité Rom en France. Le cas de Saint-Fons n’est pas isolé. Il y a quelques jours, on apprenait que le maire, socialiste lui aussi, de Ris-Orangis parquait les élèves Roms … Dans un gymnase. (2)

L’école est pourtant un des plus puissants facteurs d’intégration qui puisse exister. Cette belle école à la française que le monde entier nous envie. Républicaine, oui, obligatoire, oui, pour les enfants Roms, non.

A Saint-Fons comme dans beaucoup d’autres villes, les socialistes ont aujourd’hui tous les pouvoirs. De la Présidence de la République aux mairies en passant par l’Assemblée Nationale et le Sénat. Il est clair, aujourd’hui, que chacun de ces échelons s’applique consciencieusement à appliquer la politique du gouvernement qui a été parfaitement définie par Manuel Valls :

« Les Roms ont vocation à rester en Roumanie ou a retourner en Roumanie ». (3)

Vous ne comprenez pas le français ? Et bien, vos enfants n’iront pas dans nos écoles pour l’apprendre. On ne veut pas de vous en France, un point c’est tout. DE-GA-GEZ.



(1) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/120113/la-police-gaze-des-enfants-et-saccage-un-camp-de-roms

(2) http://www.liberation.fr/societe/2013/01/25/un-maire-ps-relegue-les-eleves-roms-dans-un-gymnase_876499

(3) Canal Plus, 20 janvier 2013, émission Dimanche + de Anne-Sophie Lapix

adresse de cet article:   http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/260113/une-classe-reservee-aux-enfants-roms-dans-un-poste-de-police


Message de la planète Terre (3)

                                        Marcha en Ocosingo, Chiapas (décembre 2012)


EUX ET NOUS III

I.  - Les (dé)raisons d’en haut.
II - La Machine en presque deux feuillets.
III - Les Contremaîtres.
IV - Les douleurs d’en bas
V - La Sexta
- - - PS à la Sexta,
VI - Les regards, 1.
    - Les regards. 2 .
    - Les regards. 3 .
    - Les regards. 4.
    - Les regards. 5.
    - Les regards 6.
VII - Les plus petit•e•s
      - Les plus petit.e.s 1.
      - Les plus petit•e•s 2
      - Les plus petit•e•s 3
      - Les plus petit.e.s 4
      - Les plus petit.e.s 5
      - Les plus petit.e.s 6
      - Les plus petit.e.s 7 (dernier)



Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte  |vendredi 25 janvier 2013

III - Les Contremaîtres.

Par le Sous-Commandant Insurgé Marcos

En un certain lieu du Mexique...
Le monsieur frappe la table, furieux.
Anéantissez-les !

Monsieur, avec tout le respect, cela fait plus de 500 ans que nous essayons. Les plus grands empires successifs l’ont essayé avec toute la puissance militaire de chaque époque.

Et pourquoi sont-ils toujours là ?

Gasp... Nous sommes toujours en train d’essayer de comprendre - le laquais lance un regard de reproche à celui qui porte un uniforme militaire.

Le type concerné se lève, et, au garde-à-vous, allonge son bras droit en face, avec la main tendue, et crie avec enthousiasme :

Heil... ! Pardon, je voulais dire, je vous salue Monsieur. Après avoir lancé un regard menaçant qui fait taire les petits rires des autres commensaux, il continue :

Le problème, Monsieur, c’est que ces hérétiques ne nous affrontent pas là où nous sommes forts, ils nous contournent et nous attaquent sur nos points faibles. Si tout était affaire de feu et de plomb, eh bien, cela fait longtemps que ces terres, avec leurs forêts, leur eau, leurs minerais, leurs gens, auraient été conquises, et ainsi vous auriez pu les offrir en tribut au Grand Commandeur, Monsieur. Ces lâches, au lieu de nous affronter rien qu’avec leurs héroïques poitrines nues, ou avec des arcs, des flèches et des lances, et de passer à la postérité comme des héros (vaincus, d’accord, mais des héros), se préparent, s’organisent, se mettent d’accord, nous contournent, se cachent quand ils enlèvent leur masque. Mais nous ne serions pas dans cette situation si vous m’aviez écouté quand tout a commencé - et il regarde désapprobateur le commensal dont le carton sur la table dit : « Chupacabras version 8.8.1.3 » [1].

Le commensal visé a le sourire en disant :

Général, avec tout le respect possible, nous n’avions pas la bombe atomique. Et même si nous avions pu en obtenir une de nos alliés (le commensal qui a le carton d’ambassadeur remercie de la mention), nous aurions réussi à anéantir tous les aborigènes, mais nous aurions détruit aussi les forêts et l’eau, et en plus les travaux d’exploration et d’exploitation de minerais seraient impossibles pour, au moins, plusieurs siècles.

Un autre des laquais intervient :

Nous leur avons offert qu’à leur mort, il y ait des chansons et des poèmes louant leur sacrifice, des corridos, des films, des tables rondes, des essais, des livres, des pièces de théâtre, des statues, leur nom en lettres d’or. Nous leur avons dit que s’ils s’acharnaient à résister et à rester en vie, nous allions semer des rumeurs et des doutes : pourquoi n’ont-ils pas disparu ? Et que nous dirions qu’ils étaient une de nos créations, que nous allions mener une telle campagne de discrédit qu’elle aurait même le soutien de quelques intellectuels, artistes et journalistes progressistes - les commensaux cités ont une mimique d’approbation, même si plus d’un en a une de déplaisir devant tant d’ « istes ».

Le monsieur interrompt, impatient :
Et alors ?

Ils nous ont répondu avec un geste comme ça - le laquais montre une main fermée en poing, mais avec le doigt du milieu dressé.

Les commensaux s’agitent, indignés, et clament :

Prolos ! Voyous ! Grossiers personnages ! Plébéiens ! Banlieue !

Le laquais fait toujours le signe de la main, en regardant le monsieur dans les yeux. Celui-ci l’apostrophe :

Ça va, j’ai compris, vous pouvez baisser la main !

Le laquais baisse la main lentement, en faisant un clin d’œil aux autres commensaux. Ensuite, il continue :

Le problème, Monsieur, c’est que ces personnes ne rendent pas de culte à la mort, mais à la vie. Nous avons essayé d’éliminer leurs leaders visibles, de les acheter, de les séduire.

Et alors ?

Non seulement nous n’y sommes pas parvenus, mais nous nous sommes rendu compte que le problème principal, c’est les leaders invisibles.

Ok, trouvez-les.

Nous les avons trouvés, Monsieur.

Continuez.

Ils le sont tou-te-s, Monsieur.

Comment ça, tou-te-s ?

Eh bien toutes, tous. C’était l’un des messages de ce qu’ils ont fait le jour de la fin du monde. Nous avons obtenu que cela n’apparaisse pas dans les moyens de communication, mais je crois qu’ici nous pouvons le dire sans crainte que quelqu’un d’autre s’en rende compte. Ils ont utilisé un code pour que nous comprenions : celui qui se trouve sur l’estrade est le chef [2].

Quoi ? 40.000 chefs et cheftaines ?

Euuuuh... Excusez, Monsieur, mais ça, c’est ceux que nous avons vus, ils faudrait en ajouter beaucoup que nous n’avons pas vus.

Achetez-les, alors. J’imagine que nous avons assez d’argent - ajoute-t-il en se tournant vers le commensal avec le carton « caisse non automatique ».

Le dénommé « caisse » commence à balbutier :

Eh bien, Monsieur, il faudrait que nous vendions quelque chose de l’État, et il ne reste presque plus rien.

Le laquais interrompt :

Monsieur, nous avons essayé.

Et ?

Ils n’ont pas de prix.

Alors convainquez-les.

Ils ne comprennent pas ce que nous leur disons. Et à vrai dire, nous ne comprenons pas non plus ce qu’eux nous disent. Ils parlent de dignité, de liberté, de justice, de démocratie...

Eh bien dans ce cas, faisons comme s’ils n’existaient pas. Ainsi, ils mourront de faim, de maladies curables, avec un bon blocus informatif, personne ne s’en rendra compte jusqu’à ce qu’il soit trop tard. C’est ça, tuons-les d’oubli.

Le commensal assimilé curieusement à un chupacabras fait un signe d’approbation.

Le monsieur remercie le geste.

Oui, Monsieur, mais il y a un problème.

Lequel ?

Même si nous les ignorons, ils s’acharnent à rester en vie. Sans nos aumônes, pardon, je voulais dire sans notre aide, ils ont construit des écoles, ils ont fait produire la terre, ils ont bâti des cliniques et des hôpitaux, ils ont amélioré leurs logements et leur alimentation, ils ont fait baisser les indices de délinquance, ils ont liquidé l’alcoolisme. Et puis ils ont aussi interdit la production, la distribution et la consommation de narcotiques, et ils ont élevé leur espérance de vie qu’ils ont rendue presque égale à celle des grandes villes.

Ah, c’est-à-dire qu’elle est toujours plus élevée dans les villes - le monsieur sourit, content.

Non, Monsieur, quand j’ai dit « presque », c’est que la leur est supérieure.

L’espérance de vie dans les villes s’est réduite grâce à la stratégie de votre prédécesseur, Monsieur.

Tous se retournent pour regarder d’un air moqueur et réprobateur le personnage à la cravate bleue.

Tu veux dire que ces rebelles vivent mieux que ceux qui se vendent à nous ?

Totalement, Monsieur. Mais ce n’est pas la peine de s’en faire pour ça, nous avons monté une campagne médiatique ad hoc pour le masquer.

Résultat ?

Le problème, c’est que ni eux, ni les nôtres ne voient la télévision, ils ne lisent pas notre presse, ils n’ont pas de touiteur, ni de fessebouc, même pas de signal pour le portable. Eux savent qu’ils sont mieux et les nôtres savent qu’ils sont pires.

La commensale avec le carton « gauche moderne » se lève :

Monsieur, si vous me permettez, avec le nouveau programme de Solid... pardon, je voulais dire avec la Croisade Nationale contre la Faim...

Le laquais l’interrompt, impatient :

Ça va, Chayo, ne commence pas avec les discours pour les médias. Nous sommes tous d’accord sur le fait que l’ennemi principal c’est ces maudits Indiens et pas l’autre innommable. Celui-là, nous le tenons, bien infiltré, bien délimité par des représentants du Monsieur ici présent.

Celui au carton « chupacabras » acquiesce, l’air satisfait, et reçoit reconnaissant les petites tapes que lui donnent ses voisins.

Le laquais continue :
Mais toi et moi, et nous tous qui sommes ici, nous savons que ce truc de programmes sociaux est un mensonge, que peu importe combien d’argent on investit parce que, à la fin de l’entonnoir, il ne reste rien. Parce que chacun y va de son coup de dents. Après Monsieur, avec tout le respect, toi, tu en attrapes une bonne part, tous ceux ici présents aussi, et ensuite messieurs les gouverneurs, les chefs des zones militaires et navales, les députés locaux, les présidents municipaux, les commissaires, les leaders, les responsables, les caissiers, bref, pour en bas, il en reste très peu, ou rien du tout.

Le monsieur intervient :
Eh bien il faut faire quelque chose tout de suite, parce que sans ça, le Grand Commandeur va chercher d’autres contremaîtres, et vous savez bien, Mesdames et Messieurs, ce que ça signifie pour vous : le chômage, la dérision, peut-être la prison ou l’exil.

Le personnage étiqueté « chupacabras » frissonne et fait un geste affirmatif.

Et c’est urgent, parce que si ces Indiens manque-de-bol... (la fille du monsieur fait une mine de dégoût, se sent subitement indisposée et prend une couleur verte à te faire oublier les enseignes de pharmacie. La dame se retire, tirant argument d’une histoire de grossesse).

Le monsieur continue :
Si ces foutus Indiens s’unissent entre eux, nous allons avoir de graves problèmes parce que...

Euheum, euheum, Monsieur - interrompt le laquais.

Oui ?

J’ai bien peur qu’il y ait un problème plus important, c’est-à-dire pire, Monsieur.

Plus important ? Pire ? Qu’est-ce qui peut être pire que toute la racaille indienne insurgée ?

Eh bien, qu’ils se mettent d’accord avec les autres, Monsieur.

Les autres ? C’est qui ?

Mmh... attendez voir... eh bien des paysans, des ouvriers, des chômeurs, des jeunes, des étudiants, des profs, des employés, des femmes, des hommes, des vieux, des techniciens supérieurs, des pédés et des gouines, des punks, des rastas, des skas, des rapeurs, des hip-hopeurs, des rockeurs, des métalleurs, des chauffeurs, des banlieusards, des ONG’s, des vendeurs ambulants, des bandes, des races, des voyous, des plébéiens...

Ça suffit ! J’ai compris... enfin, je crois.

Les laquais se regardent entre eux avec un sourire complice.

Où sont les dirigeants que nous avons achetés ? Où sont ceux que nous avons convaincus que la solution à tout, c’est de devenir comme nous ?

On les croit de moins en moins, Monsieur. Ils contrôlent de moins en moins leurs troupes.

Eh bien, cherchez qui acheter ! Offrez-leur de l’argent, des voyages, des émissions de télévision, des enregistrements, des députations, des places de sénateurs, de gouverneurs ! Mais surtout de l’argent, beaucoup d’argent !

C’est ce que nous faisons, Monsieur, mais...
Le laquais hésite.

Oui ?
- la presse le monsieur.
Nous en trouvons de plus en plus...

Magnifique ! Il y a besoin de plus d’argent, alors ?

Monsieur, je voulais dire que nous en trouvons de plus en plus qui ne se laissent pas acheter.

Vous avez essayé la terreur ?

Monsieur, ils sont de plus en plus à ne pas avoir peur de nous, ou s’ils ont peur, ils la contrôlent.

La tromperie ?

Monsieur, ils sont de plus en plus à penser par eux-mêmes.

Alors il faut tous les liquider !

Monsieur, si nous les faisons tous disparaître, nous disparaissons nous aussi. Qui sèmera la terre, qui fera marcher les machines, qui travaillera dans les grands médias, qui s’occupera de nous, qui combattra dans nos guerres, qui chantera nos louanges ?

Alors il faut les convaincre que nous sommes aussi nécessaires qu’eux.

Monsieur, non seulement il y a de plus en plus de gens qui se rendent compte que nous ne servons à rien, mais il semble que le Grand Commandeur lui-même doute de notre utilité, et par ce « notre », je me réfère à nous tous.

Les invités à la table du monsieur se tortillent sur leurs sièges, mal à l’aise.

Et alors ?

Monsieur, le temps que nous trouvions une autre solution, parce que celle du « Pacte » n’a servi à rien, et voyant qu’il faut éviter la honte de vous réfugier une nouvelle fois dans les toilettes [3], nous avons acquis quelque chose de plus convenable : une « chambre de panique » !

Les commensaux se lèvent pour applaudir. Tous tourbillonnent autour de la machine. Le monsieur entre et se met debout face aux contrôles.

Le laquais, nerveux, avertit :
La seule chose, Monsieur, c’est de bien faire attention à ne pas appuyer sur le bouton « eject ».

Celui-ci ?

Nooooooooooooooooooon !

Les maquilleuses et les marionnettistes accourent donner les premiers secours.

Le laquais s’adresse à l’un des cameramen qui a tout filmé :
Tu effaces cette partie, compris ? Et dit au Grand Commandeur qu’il prépare un mannequin de rechange. Celui-ci, il faut lui faire reset toutes les trois minutes.

Les commensaux s’arrangent la cravate, la jupe, se recoiffent, toussent cherchent à attirer l’attention. Les clicks des appareils photo et la lumière des flashes voilent tout...
(à suivre)

Depuis n’importe où, dans n’importe lequel des mondes.
Sup Marcos
Planète Terre
Janvier 2013.

Données tirées du Rapport #69 du Service de Renseignement Autonome (SIA suivant son sigle en espagnol) sur ce qui a été écouté et regardé lors d’une réunion ultra-archi-méga-hyper secrète, réalisée à Mexico, DF, arrière-cour des États-Unis, latitude 19° 24’ N, longitude 99° 9’ W. Date : il y a quelques heures. Classification : seulement pour vos yeux. Recommandation : ne pas rendre publique cette information, parce qu’ils vont nous cafarder. Note : envoyez encore du pozol, parce qu’Elías a tout sifflé au cri de « mettez-vous en plein le buffet ! », et il est en train de danser du ska sur le titre de Tijuana No, « Transgresores de la ley », dans la version de Nana Pancha. Oui, l’est super, le titre, mais c’est galère d’entrer dans le slam parce qu’Elías porte des chaussures de mineur à bout d’acier.
Écoute et regarde la vidéo qui accompagne ce texte :
-  « Luna Negra ». Vers d’Arcadi Hidalgo. Musique et interprétation de Los Cojolites. Ça, c’est l’autre son jarocho ! Tapez du pied sur le fandango classe !
-  « Sur cette terre qui m’a vu naître », avec MC LOKOTER. Salut à l’Autre Zumpango. Production et photographie : Joana López. Direction et édition : Ricardo Santillán. Production : BLASJOY DESIGNER. Année 2012.
Note : un MC, c’est quelque chose comme un didjei aux nobles sentiments et à la parole fleurie, mais en rime de hip-hop. Et rapeeeeeeeeeeeeeez !
-  « Transgresores de la ley » de Tijuana No, dans la version du groupe musical Nana Pancha, de leur disque « Flores para los Muertos ». À chaque fois que les Tijuana No jouaient ce titre, ils le dédiaient à l’euzèdèlène, même quand les zapatos étaient pas à la mode. Salut, et une grosse bise à ceux qui ne nous ont jamais oubliés. Skaaaaaaaaaaaaa ! Au trampoline, ma bande !

[1] Le chupacabras (littéralement : suceur de chèvres) est la dernière-née des créatures maléfiques genre vampires, apparue au début des années 90 du siècle dernier dans les Caraïbes, puis en Amérique dite latine, NdT.

[2] Rappelons que lors des manifestations silencieuses zapatistes du 21 décembre 2012, à l’arrivée, tou-te-s les manifestant-e-s montaient sur l’estrade d’un côté et redescendaient de l’autre, NdT.

[3] Allusion à un incident de la dernière campagne électorale : à l’Université Ibéro-américaine, Enrique Peña Nieto s’était réfugié dans les toilettes devant l’attitude - pourtant fort civilisée - des étudiants de cette prestigieuse université privée, NdT.
25-01-13
Traduit par el Viejo

27 janvier 2013

Ce qui se dit et ce qui se voit si peu (de Finlande)


Le Grand Soir | 23 janvier 2013 | Par Eva Wissenz


Ça caille ! Dans un paradis situé en Finlande, Adam aurait délaissé une Eve en doudoune et moon-boots.

Ce qui se dit et ce qui se voit si peu (de Finlande)

J’ai lu récemment des choses pénibles sur la Finlande, notamment depuis que les Vrais Finlandais ont fait leur apparition officielle sur la scène politique.


Les épisodes racistes qu’on peut compter en Finlande, les réticences, les difficultés d’intégration (dues notamment à la grande complexité de la langue), tout cela existe et c’est évidemment plus que déplorable. Mais c’est tout de même par ailleurs un pays qui finance les arrivants étrangers pour les aider, justement, à s’intégrer.

Il faut savoir que la Finlande n’a jamais colonisé personne, ce n’est pas un empire, pas de tradition aristocratique, petit pays, récemment urbanisé, forestier, méritant, travailleur, tenace, à l’esprit pratique et terriblement efficace sur bien des points, faisant des erreurs (notamment sur son évaluation du nazisme pendant quelques mois) et capable de repousser l’armée rouge à lui tout seul, quand même. Aussi, aux dernières élections présidentielles de 2012, se trouvait face au vainqueur de droite (l’actuel président Sauli Ninistö), Pekka Haavisto, écolo et ouvertement gay. Serait-ce seulement possible en France ? Bref, ce n’est pas le Paradis la Finlande, mais ça se situe sur une ligne historico-sociale rudement intéressante.

Pas le Paradis, parce que ça caille et que si le jardin d’Eden s’était situé dans le Grand Nord, Adam n’aurait probablement été que peu tenté par une Eve en doudoune et moon-boots.

Pas le Paradis parce qu’ici aussi il y a des catastrophes écologiques majeures dont on ne vous aura pas beaucoup parlé en France ni ailleurs.

La fuite s’est produite l’hiver dernier dans la région centre-est, à Sotkamo, dans la mine de nickel de Talvivaara. Il semble que des milliers de mètres cubes d’eau contaminée de nickel et d’uranium soient pollués, et passés dans les rivières avoisinantes, et donc les sols, les cultures, etc.

En Finlande comme ailleurs, on supprime bien des choses utiles, comme les comités régionaux indépendants de l’environnement chargés il y a encore peu de surveiller les infrastructures potentiellement polluantes. Dont les mines font partie. Celle de Talvivaara est ancienne, un incident avait déjà eu lieu quelques semaines avant (source). On peut lire un rapide compte-rendu ici et un historique des actions de la compagnie Talvivaara - associée à des grosses et juteuses exploitations, notamment avec Cameco au Canada (ici).

C’est un peu comme à Bhopal - toutes proportions gardées : les équipements vieillissent, les lois ne sont pas respectées, les alertes pas écoutées et l’incident est là même si la corruption relativement faible du pays incite à espérer que cet accident soit traité au mieux pour les populations. Où et quand le prochain en Europe ?

Donc voilà, de la Finlande on vous parle quasiment exclusivement du super niveau d’éducation et de "la montée" du racisme, mais Talvivaara, nada.

Et le racisme ? Et le fascisme ? Qu’en dit-on ?

Samedi dernier, il y a eu à Tampere (2e ville du pays) une manifestation de protestation contre ces deux fléaux. Tampere a été avec Londres, Dublin et Derry (Irlande), Barcelone et Ossona (Catalunya), Lyon, Chicago et New York, l’une des villes à dire non.
A ne pas faire semblant de ne pas voir.
Parce que racisme et fascisme ne montent pas : ils sont là.
Et ils sont d’autant plus là que la crise financière n’en finit pas de s’intensifier, alimentant toutes les peurs et les haines, l’humain étant on le sait assez fort peu enclin à l’altruisme quand il a la trouille et qu’on lui flatte la testostérone.

Jusqu’à il y a quelques jours, je pensais aussi que le fascisme "montait" en Grèce, jusqu’à ce petit montage coup de poing, "Hélas pour nous". Le fascisme qu’on voit là, c’est son visage le plus nu, le racisme de crise assoiffé de boucs émissaires, triste corollaire du fascisme global porté par toutes les mécaniques mortifères actuellement à l’œuvre dans le monde. De IG Farben, à Bayer à Monsanto. On ne pourra vraiment pas dire qu’on ne savait pas.

Alors même si se dire anti-fasciste ne rime à rien sans bosser d’arrache-pied à tout ce qui peut changer l’infernale logique qui nous maintient dans ce manichéisme depuis des décennies, même si je le sais très bien, pour une fois, micro-grain de sable, j’étais contente d’en être samedi dernier avec les 200 ou 300 personnes qui avançaient péniblement dans le froid de Tampere en solidarité avec les Grecs, contre racisme et fascisme, dans cette micro-foule où se mélangeaient jeunes socialistes venus d’Helsinki, écolos, communistes, hippies, libertaires, black bloc en puissante et parents à poussette.

Eva Wissenz

 

blogger templates