25 avril 2024

Glucksmann, l’anti-Jaurès

 

 

Depuis deux ans, la gauche se divise sur l’attitude à adopter à l’égard du conflit opposant la Russie et l’Ukraine. Raphaël Glucksmann, tête de liste du PS aux élections européennes, s’illustre particulièrement, réclamant avec zèle toujours plus d’armes et d’argent pour l’Ukraine, jusqu’à vanter l’idée d’une “économie de guerre”.

Suite..

23 juin 2014

Podemos un parti leurre ?

27 mai 2014

L’échec du Front de gauche tient à lui-même



L’échec du Front de gauche tient à lui-même


27 mai 2014 | Par Pierre Khalfa

Avec 6,33 % des voix aux élections européennes, le Front de gauche (FdG) connaît un échec. Celui-ci apparaît d’autant plus grave si on le met en relation avec l’espoir un moment affiché que ces élections soient l’occasion de faire du FdG la première force à gauche, opérant ainsi un rééquilibrage porteur d’une future alternative gouvernementale. Comment expliquer, alors que le PS connaît une défiance profonde, que le FdG n’en tire pas les bénéfices, alors même qu’il porte une critique féroce d’une politique gouvernementale elle-même massivement rejetée ? (...)

 

25 mai 2014

Gitanes sans filtre


Femmes de ménage occupant le ministère des Finances. Athènes, le 23 mai (Greek crisis)


Par Panagiotis Grigoriou | Greek crisis | 24 mai 2014 | Voir en ligne

La campagne se termine. Dans les cafés, on discute parfois politique avec la même verve que jadis. Entre autres seulement. La ville d’Athènes est recouverte d’affiches, misère en papier cadeau. Les partis politiques ont encore organisé ces rassemblements ouverts à l’ancienne, mais le succès fut parfois mitigé. Vendredi 23 mai, le meeting d’Antonis Samaras et de sa Nouvelle démocratie place de la Constitution, a tourné au fiasco. Images trompeuses du pays trompé.

Et d’après une partie de la presse grecque (par exemple epikaira.gr), les banques internationales s’en mêlent désormais jusqu’au bout, en... administrant (indirectement) leurs consignes de vote, tel le Crédit Agricole lequel au moyen d’un courrier adressé à une partie de sa clientèle française, insiste sur “le risque de déstabilisation qu'impliquerait une large victoire de SYRIZA en Grèce” (aussi sur in.gr au 22 mai).

Les violons s’accordent alors, même lorsqu’il s’agit de la parodie démocratique des élections dites européennes. Les maîtres du jeu ou leurs exécutants, multiplient les déclarations “mettant en garde contre les populismes”, du ministre Schäuble, jusqu’à l’agence de notation... ou plutôt de connotation Fitch, laquelle vient de relever cette semaine la note de la Grèce de B- à B, il y a de quoi... ressusciter nos morts de la crise.

 Sur les affiches d’Alekos Alavanos et du parti de gauche du Plan-B, le message est clair: “Non à votre euro, non à notre chômage”, cependant, à travers la sociologie de la gauche grecque, les attitudes s’entredéchirent... sous le linceul de l’histoire. Takis par exemple, estime que “la participation aux élections européennes tient déjà du paradoxe, puisqu'elle légalise symboliquement une instance qui sert à maquiller le caractère dictatorial du pouvoir illégitime de la Commission européenne et de l'imposture démocratique de l'UE”.

Son amie Anna, Syriziste convaincue, estime au contraire que “même si en France ou en Allemagne on peut se permettre le luxe d'une telle attitude, en Grèce par contre, ce vote, comme celui aux élections locales, constituent une étape dans la bataille décisive. Personne ne doit manquer à l'appel”. Après tout, Alexis Tsipras a déclaré récemment que l’appartenance de la Grèce à l’euro et autant à l’OTAN ne seront pas mises en cause en cas de victoire de SYRIZA et cette phrase d’Alexis a aussitôt été utilisée dans un spot électoral du KKE (PC grec), pour faire comprendre aux électeurs de ce large éventail... de la petite gauche grecque... que le “choix authentique aux élections européennes c'est le KKE”.

Et tandis que l’étrange figure politique de l’inconnu Jean-Daniel Colombani, tente sa chance en se portant candidat au Conseiller municipal à Agia Paraskevi, dans les quartiers nord de l’agglomération d’Athènes, loi et plus précisément à Skouries (région de Chalkidiki), dans cette contrée symbole de la lutte contre les mines d’or, le KKE a présenté son propre candidat.

Pourtant, le contexte est limpide, voire tranchant, le candidat et maire sortant Christos Pachtas proche des exploitants de la mine (46,95% dimanche dernier) affrontait le candidat du mouvement local et forcement populaire, issu du collectif formé depuis presque deux ans, Yannis Michos (élu avec 51,79%). C’est ainsi que le candidat KKE Yannis Trikaliotis, s’est contenté d’un petit 1,92% et d’un si grand ridicule, “le KKE contre le Soviet local” ont alors ironisés certains.

 Partout en Grèce mais loin des... Soviets, on prépare en ce moment les caïques de la grande famille ancestrale de petits bateaux rustiques, ainsi que les autres bateaux, l’été est là. Les professionnels de la mer et du tourisme craignent toutefois... l’ampleur dévastateur des bas tarifs et des réductions qui se généralisent lorsque leurs frais ne baissent pas.

Et entre les plus nantis des quartiers Sud, on peut alors prendre son café à la marina, lire le cas échéant le vieux quotidien “Hestia” de la paléo-droite des Colonels, et s’intéresser donc, autant aux nouvelles, qu’aux investissement supposés prometteurs, par exemple la construction en Grèce de toute une pléiade de complexes hôteliers médicalisés, pour un “séjour spécialisé” de très longue durée, “une aubaine, les retraités aisés venus d'Allemagne ou d'Angleterre s’installeront chez nous, le business est prometteur Petros, écoute-moi”.

Le fiasco de Samaras place de la Constitution. Athènes, le 23 mai

 Loin je dirais des préoccupations des nantis, on ironise encore du fiasco du rassemblement d’Antonis Samaras du 23 mai, preuve à l’appui, entre les plans construit par la télévision et les photos... réellement existants. Sauf que tout notre univers, relève de la construction numérique et du lifestyle.

C’est ainsi que la “Rivière”, le nouveau parti extrémiste dans l’imposture démocratique du journaliste hyper-systémique et Merkelochrome Stavros Théodorakis, fait campagne au moyen de spots télévisés ouvertement sexistes, ou plus exactement, explicitant le désir sexuel suivant les codes de la pire pornographie publicitaire. Vasso Kindi et Périclès Vallianos, tous deux universitaires et candidats “riviériste”, ont exigé mais en vain, le retrait de ce spot “odieux, et d'ailleurs, la ‘Rivière’ devrait présenter toutes ses excuses à chaque femme, ainsi qu'a toute personne encore digne dans ce pays” (naftemporiki.gr du 20 mai).

Stavros Theodorakis a aussitôt répliqué que “de tels spots font la promotion de la joie de la vie”, tandis que Martin Schulz, de l’Allemagne, de l’Empire et de la social-démocratie des pires extrémismes avérés, a alors déclaré ceci: “Je suis heureux de voir la 'Rivière', cette nouvelle force politique sérieuse, progressiste et pro-européenne, prendre toute sa part dans cette bataille contre les forces des ténèbres et de la haine” (Quotidien “Kathimerini”). 

 Et parmi les... forces de la haine, ces femmes courageuses, licenciés du ministère des Finances il y a plus d’un an et dont récemment la justice a jugé le licenciement illégal ; elles occupent une partie de “leur” ministère depuis cette semaine, sans doute, le gouvernent... de l’illuminé Samaras attend le lundi (après les élections) pour... faire le ménage. 

 Le jeune Alexis Tsipras aurait un peu vieilli depuis les élections législatives de 2012, étant donné que notre âge politique devient alors un multiple de notre âge biologique par cette... historicité décidément accélérée. Ceux de la gauche auront remarqué dernièrement en distribuant des tracts à Athènes, combien les plus jeunes sont moins réceptifs, voire très hostiles aux arguments et symboles de la gauche, chez les 15-20 ans l’Aube dorée... c’est dès lors leur mythe.

Les grandes surfaces exhibent déjà le matériel de camping, été oblige, et d’une manière presque très ironique, le slogan sur un mur proche, incite les jeunes et les moins jeunes à “agir dans la rue”, dans l’indifférence... la plus totale chez les futurs campeurs. 

 Enfin Maria, originaire du centre du pays, prétend que dans sa région, prétend que “la Nouvelle démocratie de Samaras distribue de billets de 50 euros à nos concitoyens gitans en vue du vote de demain et que cette pratique n'est guère isolée”.

De la politique... sans filtre, images trompeuses du pays trompé. 

 

21 mai 2014

Voter pour dire non au Grand Marché Transatlantique



Agoravox

Européennes : les élections qui peuvent changer votre vie (Tout ce qu’il faut savoir sur le Grand Marché Transatlantique)

 Les élections européennes sont sans soute les plus importantes cette année et on ne vous le dit pas ! Les futurs eurodéputés diront oui ou non au Traité de Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement. Voter à ces élections est le seul moyen dont nous disposons, nous, citoyens d’Europe, pour faire en sorte que ce traité, qui remettrait en cause notre mode de vie, ne soit jamais signé.
Les élections européennes se déroulent le dimanche 25 mai 2014. Depuis des semaines, les médias ne nous parlent que, avec une gravité feinte, de l’abstention qu’ils annoncent massive et, avec une délectation à peine dissimulée, du score du FN qu’ils prédisent stratosphérique.

Du fond et des idées, on commence à peine à parler et les jours sont maintenant comptés avant le scrutin. Alors, il faut aller à l’essentiel.

Ces élections ne sont pas une péripétie de la vie « démocratique » nationale et européenne.

La raison est simple : les députés qui seront élus devront, dans quelques mois, se prononcer pour ou contre le traité de Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement.

Ce traité est aussi appelé TTIP pour « Transatlantic Trade and Investment Partnership », GMT pour « Grand Marché Transatlantique » ou encore TAFTA pour « Transatlantic Free Trade Area”.

Si vous fréquentez les arrière-cours du net, vous avez déjà entendu parler de ce traité et de ses dangers depuis des mois voire des années. Si vous vous contentez de la télé et de la radio, il est probable que vous avez découvert son existence il y a peu.


L’origine : l’échec des négociations de l’OMC au niveau mondial

A la suite de l’échec des négociations menées au niveau de l’OMC (cycle de Doha), les Etats-Unis ont décidé de mettre en place des accords régionaux ne risquant pas de rencontrer l’opposition des états émergeants. Deux traités sont donc négociés : Le Partenariat Trans-Pacifique (PTP) implique principalement, outre les USA, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Philippines, la Thaïlande … et le partenariat transatlantique qui implique les Etats de l’Union Européenne.

Les Etats-Unis font le pari que les règles les plus libérales de l’OMC, rendues applicables dans ces deux marchés, s’imposeront de fait au reste du monde et notamment aux BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).


Des négociations opaques et sous l’influence des multinationales  

Côté européen, c’est la Commission qui négocie l’accord avec les américains.

Pour cela, la Commission a reçu un mandat des Etats, mandat qu’elle a elle-même préparé et rédigé en collaboration étroite avec les représentants des milieux patronaux et financiers (93 % des 130 réunions préparatoires se sont tenues avec des multinationales).

Le mandat a été formellement adopté par les Etats au mois de juin 2013. Ont officiellement connaissance du contenu de ce mandat, les chefs d’Etats et la Commission. Ont officieusement connaissance du mandat, les lobbies qui ont participé à sa rédaction et qui assistent la Commission dans les négociations et les Etats-Unis puisqu’il est établi qu’ils espionnaient les institutions européennes et certains chefs d’Etat comme la Chancelière allemande. Sont officiellement tenus dans l’ignorance du contenu du mandat, les parlementaires européens et nationaux et bien évidement les citoyens européens …

Concrètement, c’est le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, qui négocie pour l’Europe. Karel De Gucht est un ultralibéral adepte du tout marché et de la dérégulation, soupçonné de fraude fiscal dans son pays …

Officiellement, le secret qui entoure ce mandat et ces négociations est justifié par la nécessité de ne pas dévoiler à l’autre partie les marges de manœuvre dont on dispose. On sait ce qu’il en est du secret du mandat vis-à-vis des grandes oreilles américaines…

La vraie raison de ce secret et de l’absence de débat public sur ce sujet est que si les citoyens étaient informés, ils s’opposeraient à ce projet de traité.

François Hollande l’a bien compris, lui qui a déclaré lors d’un voyage officiel à Washington : "Nous avons tout à gagner à aller vite. Sinon, nous savons bien qu'il y aura une accumulation de peurs, de menaces, de crispations".

Pourquoi donc devrions-nous avoir peur ?

Une remise en cause programmée de notre mode de vie

Ce traité, s’il entre un jour en vigueur, bouleversera nos vies et nos sociétés.

Le mandat donné à la Commission stipule :

« L’Accord prévoira la libéralisation réciproque du commerce des biens et services ainsi que des règles sur les questions en rapport avec le commerce, avec un haut niveau d’ambition d’aller au-delà des engagements actuels de l’OMC. »

Pour atteindre ces objectifs, il est prévu deux types de mesures.

Tout d’abord, la suppression des droits de douane. Cette mesure impactera essentiellement l’agriculture européenne l’exposant à des importations massives de produits agricoles américains bon marchés car produits selon des normes sociales, sanitaires et écologiques plus basses que celles en vigueur en Europe. Ceci contribuera, dans une course à la productivité, à une industrialisation maximum de l’agriculture impliquant un recours accru aux engrais et pesticides.

Le second type de mesures consiste à réduire « les barrières non tarifaires ». Concrètement, cela veut dire éliminer toutes les normes jugées inutiles pouvant gêner le commerce. On touche là au cœur du problème car ces barrières non tarifaires ne sont rien d’autre que nos normes sociales, sanitaires, alimentaires, environnementales, techniques …

L’objectif est d’arriver à une harmonisation des réglementations. La norme la moins contraignante deviendra dans la majorité des cas la règle commune. On imagine mal en effet, un traité ayant pour objectif de favoriser le commerce imposer à l’une des parties des règles plus contraignantes que celles jusque-là en vigueur.

Or, majoritairement, ces normes sont moins contraignantes aux Etats-Unis notamment en matières sociale, alimentaire ou environnementale. Les USA n’ont pas ratifié les conventions de l’organisation Internationale du Travail (OIT). Les USA n’ont pas ratifié le Protocole de Kyoto….

Concrètement, ce traité conduira immanquablement à une dérégulation, à une baisse des standards dans de nombreux domaines. Les victimes en seront les consommateurs, les salariés, l’environnement …

Il ne sera ainsi plus possible de refuser l’exploitation du gaz de schistes, l’importation de bovins élevés aux hormones, la culture d’OGM, l’importation de volailles lavées au chlore, la vente libre des armes … toutes restrictions qui seront qualifiées d’entraves inutiles au commerce !

Les partisans du traité argueront du fait que plusieurs fois le texte mentionne la protection des droits sociaux et environnementaux. Ils oublieront de vous préciser qu’il s’ agit toujours de vœux pieux non contraignants.

Ce traité, du fait de l’application maximum des principes de l’OMC, notamment celui du traitement national, conduira à un mouvement de privatisations dans les domaines de l’éduction, de la santé et de la sécurité sociale.


Une justice sur mesure pour les multinationales

Pour faire respecter ce traité est prévu un « mécanisme de règlement des différends entre Etats et investisseurs ».
Si une multinationale estime qu’un Etat viole le traité, par exemple en prenant une loi trop protectrice de l’environnement dont le respect engendre un surcoût pour elle, elle pourra porter le litige, non pas devant une juridiction étatique nationale mais devant des arbitres privés. C’est une déclinaison du système de l’arbitrage pratiqué dans le monde des affaires, le dossier Tapie ayant démontré les merveilles que peut produire ce mode de règlement des litiges …

Un Etat sera donc jugé par des arbitres privés dont la décision ne sera pas susceptible d’appel. Si l’Etat est reconnu coupable, il devra soit renoncer à sa loi, votée par les représentants du peuple, soit payer une amende de quelques millions voire milliards d’euros pour dédommager la multinationale privée du gain espéré.

Un tel mécanisme existe déjà dans le cadre de l’ALENA, l'accord de libre-échange liant les Etats-Unis, le Mexique et le Canada. En 20 ans de pratique, l’Etat canadien a été attaqué 30 fois par des multinationales. Le Canada a perdu 30 fois.

Ce système est taillé sur mesure pour les multinationales qui pourront imposer aux Etats ou toutes collectivités publiques de renoncer à des règles prises dans l’intérêt général.


Des avantages impossibles à démontrer


Comment justifie-t-on économiquement ce traité ? Car favoriser le commerce pour favoriser le commerce c’est un peu court.

La Commission a donc mandaté un organisme « indépendant », le Center for Economic Policy Research. Celui-ci a conclu qu’à l’horizon 2027, on pouvait attendre une augmentation de 0,5 % du PIB européen et la création de 400.000 emplois.

Vous avez bien lu ! Dans 13 ans, on peut espérer que le traité transatlantique aura généré un misérable gain de 0,5 % du PIB européen et créé 400.000 emplois alors que l’Europe compte aujourd’hui 26 millions de chômeurs !

On pourrait penser que c’est un adversaire du monde des affaires qui a réalisé cette étude mais non. Le directeur du CEPR, Guillermo de la Dehesa, est conseiller de la banque d’affaires américaine Goldman Sachs depuis 1988, membre du comité exécutif de la banque Santander, conseiller du laboratoire pharmaceutique Lily, président des Assurances Aviva depuis 2000. Il était aussi un des dirigeants de la branche Europe de Coca Cola de 2004 à 2006.

On peut en conclure que cette étude est très optimiste…

Ce traité n’aura donc pas ou peu d’impact sur le volume de notre économie.

Faisons le bilan de tout cela.

Qui va y gagner ? Réponse : les multinationales qui verront les contraintes sociales, sanitaires et environnementales fondre comme neige au soleil, leur permettant de produire à moindre coût.

Qui va y perdre ? Réponse : nous les citoyens qui verront les normes protectrices reculer, les services publics attaqués, notre souveraineté bafouée.

Ce sont 200 ans de progrès sociaux, les fondements de notre République qui sont remis en cause par un accord commercial !


Seuls les députés européens pourront s’opposer à la conclusion du traité.

Si les élections européennes sont si importantes, c’est qu’elles vont désigner les eurodéputés qui auront à se prononcer sur ce traité. Ils seront les seuls représentants élus à pouvoir stopper le processus. Les parlements nationaux ne seront pas consultés malgré les molles dénégations de Karel De Gucht. La qualification d’accord mixte nécessitant une ratification au niveau européen et au niveau national sera à terme écartée puisqu’elle placerait l’accord sous la menace d’un vote négatif d’un seul parlement national.

En allant voter dimanche, vous aurez donc l’occasion, et ce sera la seule, de dire non au Traité de grand marché transatlantique.


Qui est pour, qui est contre ?

Seuls deux grands mouvements politiques mènent, en France, une campagne pour dénoncer les menaces que fait peser ce traité sur notre mode de vie. Il s’agit d’Europe Ecologie Les Verts et du Front de Gauche. D’autres partis plus petits sont également engagés dans ce combat : Nouvelle Donne, Debout la République…

Sont favorables au traité, le PS, l’UMP, l’UDI et le FN. Ce dernier fait mine de s’insurger contre le projet d’accord mais lorsqu’il s’est agi de voter, au sein de collectivités locales, des motions ou résolutions contre ce projet, les élus du FN ont toujours voté contre celles-ci et donc pour le grand marché transatlantique.

Dimanche, allez voter, pour vous, pour vos enfants et pour la mémoire de tous ceux qui, au cours des siècles, se sont battus pour notre modèle de société où l’intérêt général prévaut sur les intérêts particuliers.


12 mai 2014

Un appel de la gauche Ukrainienne (Front de Résistance Populaire à l'Eurocolonialisme)



Histoire et Société | 12 mai 2014

Résolution lue et adoptée par acclamation au cours de la cérémonie du 9 mai à Kiev (traduite par Marianne)

http://front-fnse.org/novosti/glavnye-novosti/4991.html

Ici, dans la ville héroïque de Kiev, devant le Mémorial au Soldat inconnu et la Flamme éternelle, nous, représentants des partis et associations unis au sein du Front de Résistance Populaire à l’Eurocolonialisme, célébrons cette immense fête de toute l’humanité progressiste, le Jour de la Victoire sur l’agresseur germano-fasciste.

Il y a 70 ans, le grand peuple soviétique, unissant les efforts de l’Armée rouge, des partisans, des militants clandestins et des travailleurs de l’arrière, ont infligé une défaite totale aux hordes fascistes et à leurs comparses qui occupaient notre patrie et massacraient sauvagement notre peuple.
Il y a 70 ans, l’Ukraine a été libérée du joug germano-fasciste. La défaite des hitlériens, de leurs alliés et de leurs comparses sur le territoire de l’URSS a été une contribution décisive à la libération de l’Europe et de toute l’humanité de la peste brune.
La victoire du peuple soviétique a été déterminée par le fait que des gens de différentes nationalités et croyances formaient une famille harmonieuse. L’État et la patrie était également chers au cœur de chaque soviétique. Le pouvoir en URSS émanait du peuple et était au service du peuple ; la terre, les ressources naturelles, les usines et les fabriques, les banques, les hôpitaux, les écoles et les universités, tout appartenait à l’État, et par conséquent au peuple.
C’est pourquoi, quand l’ennemi a attaqué l’Union soviétique, il était clair pour tout le monde qu’il était venu pour tuer et asservir les gens, pour s’emparer du pouvoir et des biens. Et tous se sont soulevés contre l’ennemi.

Après la marche victorieuse des nazis allemands à travers l’Europe et la soumission des pays et peuples européens, en URSS les hitlériens ont été confrontés à une résistance inouïe, à l’héroïsme massif et sans précédent de nos pères et grand-pères. La forteresse de Brest, la bataille de Moscou, Stalingrad, le saillant de Koursk, Odessa, Kertch, Sébastopol, la libération de Kiev, sont des témoignages parmi d’autres d’un héroïsme que l’on n’avait jamais vu nulle part auparavant.
Malheureusement, sur le territoire de l’URSS se sont trouvés également des traîtres qui sont allés servir les hitlériens. Obéissant au plan des nazis allemands, avec leur argent, avec leurs armes, au sein des troupes de la Wehrmacht, de l’Abwehr, des SS, des bataillons punitifs, ces supplétifs hitlériens ont accompli des crimes abominables contre notre peuple.
En ce qui concerne l’Ukraine, il s’agit de l’OUN, de l’UPA et de leurs formations militaires. Leurs chefs Konovalets, Melnik, Choukhevitch, étaient des agents de l’Abwehr. Les nationalistes ukrainiens s’étaient mis au service de l’Allemagne hitlérienne. Cela est prouvé de manière irréfutable par les matériaux du tribunal militaire de Nuremberg. Le tribunal des peuples a condamné les collaborateurs et les a jugés coupables de tous les crimes commis en collaboration avec les nazis allemands.
Et ici, devant la flamme éternelle, nous déclarons : nous nous souvenons que 27 millions de
Soviétiques, dont 5,4 millions d’Ukrainiens, morts durant la guerre, ont été les victimes des crimes commis en commun par les nazis allemands et ukrainiens. Nous n’oublierons jamais ces crimes et nous ne les pardonnerons jamais !
En ce Jour de la Victoire, nous constatons avec tristesse que 69 ans après notre grande Victoire, les néonazis ukrainiens, suite à un coup d’état armé, se sont emparés du pouvoir en Ukraine. Il s’agit de la même cinquième colonne qui depuis les années 30 du siècle dernier s’était mise au service de l’Allemagne hitlérienne, et qui après sa défaite dans la deuxième guerre mondiale a repris du service au sein de la CIA américaine et du MI-6 de Grande-Bretagne.
Les continuateurs de Bandera, Choukhevitch et Konovalets qui ont pris le pouvoir à Kiev ne servent pas leur peuple, mais les impérialistes des USA et de l’UE. Ils ont déclenché une guerre contre notre peuple, et mené des opérations punitives au sud-est de l’Ukraine. C’est ainsi qu’ils metent en œuvre leur politique ouvertement nazie de « l’Ukraine pour les Ukrainiens », « Egorgeons les Moskals!», « Gloire à la Nation – mort aux ennemis ! ». Slaviansk, Kramatorsk, Marioupol, Donetsk, Lougansk, sont les cibles de leurs opérations punitives.
Les atrocités commises par les monstres nazis à Odessa ont révolté le monde entier !
Le président des USA B. Obama, la chancelière d’Allemagne A. Merkel, le président de la France F. Hollande se sont couverts de honte pour l’éternité par leur collusion avec les nazis ukrainiens et la justification de leurs crimes contre notre peuple.
Ici, devant la flamme éternelle, depuis la ville héroïque de Kiev, nous nous adressons à tous les Européens : quand vous élirez les députés au Parlement européen, ne votez pas pour les partis qui ont soutenu l’Euromaidan de Kiev, justifié le coup d’état accompli par les néonazis ukrainiens, et couvert leurs crimes. Nous vous prévenons : si vous n’écartez pas de la politique européenne ceux qui ont soutenu les néonazis ukrainiens, demain le malheur viendra dans vos pays et vous aurez vos Odessa, Slaviansk, Marioupol.
Nous croyons que l’humanité progressiste fera preuve de sagesse et trouvera en elle-même les forces pour débarrasser la communauté mondiale du nazisme, du fascisme et du racisme. Nous nous adressons à vous depuis Kiev, la capitale de l’Ukraine, prise dans le feu de la guerre civile : protégez la paix ! Honorez toujours le nom de la victoire ! Souvenez-vous des exploits de chaque soldat de la Seconde guerre qui s’est battu contre le fascisme !
Front de Résistance Populaire à l’Eurocolonialisme : Parti socialiste progressiste d’Ukraine, Parti « Russie kiévienne », Parti des travailleurs d’Ukraine (marxiste-léniniste), « Union des confréries orthodoxes d’Ukraine », ZUBR (pour l’union de l’Ukraine, la Biélorussie et la Russie).
Prises de parole : Vitrenko (PSPU), Bondartchouk (PTU-ml), Loukiannik (UCOU), Mazour (ZUBR), et Popov (capitaine de réserve)
Traduit par Marianne Dunlop (Note importante : le site du PSPU déclare « les partisans de Vitrienko ont sauvé l’honneur de Kiev »… il ne faudrait pas oublier que le PCU a également organisé une manifestation de masse le même jour au même endroit, mais pas à la même heure)

Voir en ligne: http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/05/12/un-appel-de-la-gauche-ukrainienne-front-de-resistance-populaire-a-leurocolonialisme/

 

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