31 mai 2012

Citoyens grecs et irlandais, refusez l'austérité

Blogs de Mediapart | 30 mai 2012


« En votant “non” au Pacte budgétaire lors du référendum prévu le 31 mai ou en élisant le 17 juin une majorité de gauche hostile au "mémorandum", (...) les peuples irlandais et grec rendraient un immense service à toute l’Europe. » Par Thomas Coutrot, David Flacher, Pierre Khalfa, Catherine Lebrun, Damien Millet et Michel Rousseau, membres du Collectif national d'audit citoyen de la dette publique.



Si vous refusez l’austérité, nous vous excluerons de l’euro. Tel est le message que les dirigeants européens, de José Manuel Barroso («si un pays ne respecte pas les règles, mieux vaut qu'il parte») à Angela Merkel en passant par Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne et –dans quels termes méprisants!– Christine Lagarde, directrice du FMI, adressent ouvertement depuis quelques jours aux peuples irlandais et grecs qui vont voter respectivement le 31 mai et le 17 juin prochains. Plus surprenant, le tout nouveau ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, déclarait récemment lui aussi à destination de «nos amis grecs» qu’«on ne peut pas à la fois vouloir rester dans l'euro et ne faire aucun effort».

Peut-on sérieusement reprocher aux Grecs et aux Irlandais de ne vouloir faire «aucun effort» alors qu’on sait les ravages provoqués par la crise financière puis les politiques d’austérité dans ces pays? S’ils refusaient ces politiques en votant «non» au Pacte budgétaire lors du référendum prévu le 31 mai ou en élisant le 17 juin une majorité de gauche hostile au «mémorandum», les peuples irlandais et grec ne diraient aucunement non à l’euro. Leur vote affirmerait, tout au contraire et avec une grande lucidité, que ce sont ces fameuses «règles» de la zone euro qui ont mené à l’impasse actuelle et qu’il faut changer de toute urgence. En exigeant une refonte de l’euro, les peuples irlandais et grecs rendraient un immense service à toute l’Europe, engluée dans l’obstination suicidaire de ses dirigeants.

Car quelles sont donc ces fameuses «règles» qu’il importerait de respecter à tout prix pour rester dans l’euro? La liberté totale de circulation des capitaux et la concurrence fiscale entre États européens, qui ont asséché les recettes des États et gonflé les dettes publiques, alors même que les dépenses publiques étaient contenues? La dérégulation des marchés financiers, qui a abouti à la crise de 2007-2008 et à l’explosion des déficits? L’interdiction de financer les déficits publics des États par la Banque centrale européenne et donc l’obligation d’emprunter aux banques privées à des taux parfois prohibitifs? Le plafonnement du budget européen à 1 % du PIB, qui empêche des politiques fortes de solidarité et de convergence vers le haut? L’obligation de réduire sans cesse les dépenses et les protections sociales, notamment en termes de santé et de retraite, de flexibiliser les marchés du travail, de précariser l’emploi, de mener ces fameuses «réformes structurelles» censées rassurer les marchés? Le respect d’un pacte budgétaire absurde qui obligerait à une politique d’austérité permanente pour atteindre un équilibre budgétaire qui enlèverait toute marge de manœuvre aux politiques publiques?

Un audit des dettes publiques européennes, tel ceux initiés au plan national par des groupes de la société civile en Irlande, en Grèce et en France, montrerait la véritable origine de ces dettes. Ainsi l'Irlande n’a connu aucun déficit budgétaire avant la crise. Ses déficits actuels viennent du choix, imposé par l’Union européenne et accepté par la classe politique irlandaise, de faire payer par les contribuables les pertes colossales des banques privées, emportées dans la tourmente financière de 2008 du fait de leurs politiques spéculatives hasardeuses. Quant à la Grèce, désignée comme le bouc émissaire de la crise européenne, elle a pour principal tort d’être l’économie la plus fragile de la zone euro, la moins susceptible de résister à la politique agressive d’hypercompétitivité déployée par l’Allemagne depuis le début des années 2000. Celle-ci, qui bénéficiait traditionnellement d’un avantage concurrentiel grâce à la qualité de ses productions, a gravement déséquilibré toute la zone euro en y rajoutant une politique de déflation salariale et en utilisant sans retenue la main d’œuvre peu chère des anciens pays de l’Est. Les déficits budgétaires grecs, mais aussi portugais, italiens, espagnols et français, résultent largement des déséquilibres provoqués par les énormes excédents commerciaux de l’Allemagne.

C’est pourquoi, même si les élites grecques –mais aussi irlandaises– ont leur part spécifique de responsabilité dans la crise actuelle, l’exclusion de la Grèce –ou de l’Irlande– de la zone euro ne ferait qu’enclencher une dynamique irréversible de désagrégation. Les dirigeants européens, obstinés, responsables de l'impasse actuelle, devraient s’abstenir de tout chantage à l’encontre des électeurs grecs et irlandais dont le vote pourrait ouvrir des perspectives nouvelles. Les citoyens européens soucieux de démocratie, des droits sociaux et d'une construction européenne refondée, sont nombreux à proclamer: «Allez la Grèce, allez l’Irlande, faites-le pour nous tous: dites non à l’austérité, oui à la souveraineté démocratique!».

Thomas Coutrot (Attac), David Flacher (Utopia), Pierre Khalfa (Fondation Copernic), Catherine Lebrun (Solidaires), Damien Millet (CADTM), Michel Rousseau (Marches européennes contre le chômage), membres du Collectif national d'audit citoyen de la dette publique (audit-citoyen.org)

Après Debtocratie voici Catastroïka

 Catastroïka.com

Les créateurs du Debtocracy, le documentaire vu par plus de 2 millions de spectateurs, reviennent avec une nouvelle production. CATASTROIKA cherche les conséquences de la liquidation totale de la Grèce.

Révisant des exemples de privatisations dans des pays développées, CATASTROIKA essaie de prévoir ce qui va se passer si le même modèle s΄applique à un pays sous surveillance économique. Plus de détails…

Un documentaire avec permission de libre distribution et retransmission, auquel tu peux participer. Deviens co-producteur.



CATASTROIKA - Multilingual par infowar

URL de cet article : http://www.catastroika.com/indexfr.php

29 mai 2012

Libye, Afrique et Africom : une catastrophe en cours (Counterpunch)

Le Grand Soir |Par Dan GLAZEBROOK | 28 mai 2012


 La destruction du pouvoir régional indépendant qu’était la Libye a pavé la route pour la reconquête militaire de l’Afrique.




 
 
L’étendue de la tragédie que l’OTAN et ses alliés ont engendrée en Libye devient de plus en plus tristement évidente avec chaque jour qui passe. Les estimation sur le nombre des victimes varient, mais il semble qu’il y en ait eu au moins 50 000 ; à vrai dire, le ministère de la Défense britannique se vantait déjà en mai dernier que la massacre avait fait 35 000 morts. Mais ce chiffre ne cesse d’augmenter. La destruction des forces de l’état par le blitzkrieg Anglais, Français et Etasunien a laissé le pays dans un état de totale anarchie - au pire sens du terme.

Les anciens "rebelles", qui n’avaient rien d’autre pour les unir que la volonté temporaire de servir de soldats au sol à l’OTAN, se retournent les uns contre les autres. 147 ont été tués au cours d’un conflit interne dans le sud de la Libye plus tôt dans l’année, et ces dernières semaines des bâtiments gouvernementaux - dont les quartiers du premier ministre - ont été attaqués par des "rebelles" qui réclamaient leurs salaires. 1,4 milliards de dollars leur ont déjà été versés - ce qui prouve une fois de plus que c’étaient les forces coloniales de l’OTAN, et non Kadhafi, qui employaient des "mercenaires" - mais les règlements ont été suspendus le mois dernier à cause du népotisme généralisé. La corruption devient générale - 2,5 milliards de revenus du pétrole qui devaient être remis au trésor public se sont évanouis. Les ressources libyennes sont maintenant pillées à la fois par les multinationales pétrolières et par une poignée de familles issues des nouvelles élites du pays ; un schéma néocolonial classique. L’utilisation des ressources pour de grands projets d’infrastructure comme la Grande Rivière Artificielle (1) ainsi que la hausse massive du niveau de vie des habitants pendant les quatre dernières décennies (l’espérance de vie des Libyens est passée de 51 à 77 ans depuis l’arrivée au pouvoir de Kadhafi en 1969) ne sont apparemment déjà plus que des souvenirs, hélas.

Mais malheur à celui qui oserait le dire aujourd’hui. Il a été décidé il y a longtemps qu’aucun partisan de Kadhafi ne serait autorisé à participer aux élections à venir mais des décisions encore plus drastiques viennent d’être prises. La loi 38, que le nouveau gouvernement imposé par l’OTAN a votée le mois dernier, a créé un nouveau crime : la "glorification" de l’ancien gouvernement ou de son leader est punie d’une peine qui peut aller jusqu’à l’emprisonnement à vie. Un commentaire aussi vague que de dire que les choses allaient mieux sous Kadhafi tombe-t-il sous le coup de la loi ? La loi est volontairement assez vague pour permettre toutes les interprétations. C’est la porte ouverte à la persécution étatique institutionnalisée.

La loi 38 est encore plus révélatrice du mépris du gouvernement pour l’état de droit - un gouvernement, souvenez-vous, qui n’a toujours pas le moindre mandat populaire et dont le seul pouvoir repose sur les forces armées coloniales. Cette loi accorde l’immunité à tous ceux qui ont commis des crimes dans le but "de promouvoir ou de protéger la révolution". Les responsables du nettoyage ethnique de Tawergha - telle que "la brigade pour purger le pays des noirs" comme elle s’est elle-même nommée - peuvent tranquillement continuer leur chasse aux réfugiés de la ville sachant qu’ils ont la loi de leur côté. Les responsables des massacres de Syrte et d’ailleurs n’ont rien à craindre. Ceux qui ont participé à la torture généralisée des prisonniers peuvent continuer à le faire en toute impunité -tant que cela "protège la révolution" - autrement dit tant que cela maintient la dictature de l’OTAN et du Conseil National de Transition (CNT).

Voilà la Libye d’aujourd’hui : la guerre civile y fait rage, les ressources sont pillées, la société s’effondre et le fait d’exprimer le regret du temps où la Libye était prospère et en paix est puni comme un crime tandis que le lynchage et la torture ne sont pas seulement permis mais encouragés.

De plus le désastre a dépassé les frontières. La déstabilisation de la Libye s’est propagée au Mali où elle a engendré un coup d’état et la fuite d’innombrables réfugiés - notamment parmi les noirs immigrés en Libye - vers les pays voisins ; ces réfugiés en essayant d’échapper à la fois aux attaques aériennes et au lynchage ont ajouté aux difficultés économiques d’autres pays. De nombreux combattants libyens qui ont fini leur travail en Libye sont maintenant transférés en Syrie par leurs maîtres impérialistes pour y répandre aussi leur violence sectaire.

Et chose plus inquiétante encore pour le continent africain, AFRICOM - le commandement militaire étasunien - progresse dans le sillage de l’agression contre la Libye. Ce n’est pas par hasard que seulement un mois après la chute de Tripoli - et au cours du mois où Kadhafi a été assassiné (octobre 2011) - les Etats-Unis ont annoncé qu’ils envoyaient des troupes dans pas moins de quatre pays africains -la République Centre Africaine, l’Ouganda, le Sud-Soudan et la République Démocratique du Congo. Et AFRICOM vient d’annoncer 14 importantes manoeuvres militaires conjointes dans les pays africains en 2012, ce qui ne s’était jamais vu. La reconquête militaire de l’Afrique est en bonne voie.

Rien de tout cela n’aurait été possible avec Kadhafi au pouvoir. En tant que fondateur, principal donateur et ancien président élu de l’Union Africaine, il exerçait une grande influence sur le continent. C’est en partie grâce à lui que les Etats-Unis ont été forcés d’installer le quartier général d’AFRICOM à Stuttgart en Allemagne quand l’organisme a été créé plutôt qu’en Afrique ; ils avaient offert de l’argent et des investissements à des gouvernements africains mais ces derniers ont refusé d’accueillir leurs bases. On estime que la Libye du temps de Kadhafi avait investi à hauteur de 150 milliards de dollars en Afrique et la proposition libyenne, avec un apport de 30 milliards de dollars à la clé, de mettre en place une Banque de développement de l’Union Africaine aurait sérieusement diminué la dépendance financière de l’Afrique à l’Occident. Bref, la Libye de Kadhafi était le seul obstacle notable à la pénétration d’AFRICOM en Afrique.

Maintenant qu’il n’est plus, AFRICOM met les bouchées doubles. L’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan ont montré les guerres qui faisaient des victimes occidentales n’étaient pas populaires en Occident ; AFRICOM est conçu pour que, dans les guerres coloniales qui seront lancées contre l’Afrique, ce soient les Africains eux-mêmes qui se battent et meurent et non des Occidentaux. Les forces de l’Union Africaine doivent être intégrées à AFRICOM sous commandement étasunien. Kadhafi ne l’aurait jamais accepté ; c’est pourquoi il devait être éliminé.

Et pour avoir une idée de ce que sera l’Afrique sous la tutelle d’AFRICOM, il suffit de regarder la Libye, le modèle africain de l’OTAN : un état condamné à des décennies de violence et de traumatisme et complètement incapable de nourrir sa population et de contribuer à l’indépendance de la région ou du continent.

Il faut absolument mettre un terme immédiat au nouveau colonialisme militaire en Afrique.

DAN GLAZEBROOK

Pour consulter l’original: http://www.counterpunch.org/2012/05/25/libya-africa-and-afri...

Notes : 1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Rivi%C3%A8re_Artificiell...

Traduction : Dominique Muselet pour LGS
URL de cet article :
http://www.legrandsoir.info/libye-afrique-et-africom-une-catastrophe-en-cours-counterpunch.html

WikiLeaks lance son réseau social

Rénald Boulestin | presse-citron.net | via Truks en vrak | Mercredi 23 mai 2012




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WikiLeaks lance son réseau social avec FoWL



L’organisation à but non lucratif WikiLeaks se lance dans le réseautage social avec FoWL (Friends of WikiLeaks). Ici, pas de partage de lolcats ou autres memes, mais celui d’informations.

FoWL Friends of WikiLeaks Presse Citron WikiLeaks lance son réseau social avec FoWLC’est via plusieurs tweets que l’organisation de Julian Assange a annoncé son lancement en version bêta. Car, pour l’heure, il s’agit purement et simplement de s’inscrire et rien d’autre. Le réseau doit effectivement atteindre une taille critique avant de se mettre véritablement en branle. Les inscriptions sont ouvertes et concernent le monde entier.

Chaque membre devra alors ajouter des informations sur le site. A ce sujet, WL ne garantit pas la confidentialité, d’une part parce qu’elles seront partagées à vos amis et d’autre part parce que l’organisation s’avoue impuissante si d’aventure vous étiez la cible de services de renseignements. Les données sont toutefois conservées sur des serveurs sécurisés et le partage sur le réseau dilue peut-être les responsabilités et il devient probablement plus difficile de trouver la véritable source.

Plus que le partage de données, l’organisation prône le soutien actif entre les membres du réseau. Il s’agit de regrouper « des personnes du monde entier qui défendent WikiLeaks, ses personnes, ses sources et sa mission. » Et FoWL permettra d’apporter du soutien (soit matériel, sous forme de publicité ou sous n’importe quelle autre forme de solidarité) « à n’importe quelle personne, organisation ou agence qui se trouverait en péril pour avoir fourni des informations au public [pas forcément via WikiLeaks donc] avec pour but de rendre la société plus juste. »

La finalité et les pourtours ne sont donc pas encore parfaitement limpides. Mais il semble clair qu’on entre dans FoWL comme on entre en religion. WikiLeaks parle d’alliés plutôt que d’amis sur son réseau et de « combat pour une cause commune. » FoWL a donc tout du prétendant au statut de cinquième colonne 2.0, tout comme les Anonymous dans un autre genre.

Si vous désirez vous inscrire à FoWL, c’est ici.

(source)

Copé comme cochon, ou la part du gâteau de Jean-François.

Pierre Deruelle | son blog




Mon cher Jeff,

Tu permettras tout d’abord, parce que je suis ton dévoué, que je te rende un Copé comme cochon, ou la part du gâteau de Jean-François.hommage appuyé, à toi qui aime tant parler d’identité nationale et critiquer les étrangers, en t’appelant « mon cher Jeff ». J’avais bien pensé à « mon cher Copelovici » ainsi que s’appelait ton grand-père Marcu Hirs Copelovici, avant de devenir Marcel Copé, mais c’est un patronyme que l’on pourrait confondre avec Capelovici, comme le célèbre Jacques dit Maître Capello. Or il semble qu’à bien y regarder, toi tu ne te payes point uniquement de mots.


Donc, mon cher Jeff, tu déclarais il y a peu, avec le miel d’un Michel Drucker de la pensée libérale, par un beau matin du 1er mai 2012 à propos du discours du soir du futur ex-président aujourd’hui finalement exilé en Quad au Maroc: « Ce sera le discours d’un homme d’état, responsable, qui va s’adresser à l’ensemble des français pour leur dire qu’il n’est pas de grande nation qui puisse avancer si elle n’est organisée autour de la valorisation du travail, par opposition à l’esprit d’assistanat, qui, il faut bien le dire, anime beaucoup la philosophie socialiste, mais plutôt celle de solidarité qui est la notre. »

Bien que ta phrase, mon cher Jeff, soit grammaticalement claire comme de l’eau de Roche®, j’ai tout de même cherché à savoir ce que c’était ce machin qui revient aussi souvent dans ta bouche que les homosexuels dans celle de Christian Vanneste : « l’assistanat ». Pour le vrai travail, tu avais déjà expliqué, ainsi que le rapportent Sophie Coignard et Romain Gubert dans le livre “l’oligarchie des incapables” : “ Tu comprends, si on n’a ici que des gens qui se contentent de 5 000 euros par mois, on n’aura que des minables ». Et donc un vrai travail, ça j’avais pigé le truc, c’est quand tu gagnes plus de 5000€ par mois, que t’es membre du top 10 % des revenus français. Du coup je me suis retrouvé très emmerdé, ne sachant plus qui je devais classer dans la catégorie des minables ou dans celle des assistés, ou bien même dans celle des deux à la fois.

Bien sur toi, mon cher Jeff, tu n’as pas ce problème : Député de Seine-et-Marne, Maire de Meaux, Président de la Communauté d’Agglomération, patron de l’UMP et un avocat à temps partiel, tu crèves un peu le plafond des indemnités à 9 730 euros brut par mois. Mais heureusement, vu que tu gagnes quand même moins qu’un footballeur et qu’il faut bien sucrer les fraises, ton contrat d’avocat te rapporte la bagatelle d’environ 200 000 euros d’honoraires fixes par an, pour faire la médiation entre des sociétés françaises et des états étrangers. Le rayonnement à l’international, c’est là que j’ai commencé à comprendre, mon cher Copelovici, pardon, mon cher Jeff, ce que c’est qu’un vrai travail, à la différence de l’assistanat.

De ces cons qui se lèvent pour aller bosser à l’usine pour 1000€ par mois, lequel est capable de diriger une mairie le matin, une Communauté d’Agglomération le midi, une charge de député au café, l’UMP l’après-midi, un cabinet d’avocat à l’apéro, pour finalement être à l’heure pour diner le soir à l’hôtel particulier de 600m2 à 12 millions d’euros au 40 de l’avenue Georges-Mandel de ce cher Ziad Takieddine ? Une vraie course contre la Rolex, pardon contre la montre ! Et le tout sans te départir de ton sens aigu de l’esthétique, toi qui ne taris pas d’éloges – même si ça sent encore un peu le sang chaud des ivoiriens – entre les tapisseries de cette ancienne demeure de Félix Houphouët-Boigny, où tu aimes tant guincher de temps en temps avec quelques charmants exilés fiscaux du premier cercle.

Là où j’ai constaté que tu étais vraiment un type brillant, c’est quand j’ai regardé les chiffres de l’assistanat : Le RSA coute environ 3,8 milliards d’euros par an, tandis que les journalistes évaluent le montant du patrimoine des français évadé fiscalement à 600 milliards d’euros, enfin ceux qui ont enquêté sur le sujet. Et là, ça m’a sauté au visage comme une aiguille de Botox à celui de Carlita : ces 3,8 milliards de perdus dilapidés au profit des minables seraient quand même bien mieux au chaud en Suisse dans des comptes à Zurich avec leurs milliards de petits copains.

Je me suis souvenu, mon cher Jeff, de ta déclaration pendant le débat sur cette saloperie de RSA: « Il y a des gens dont on sait qu’ils sont dans une situation de précarité extrême et de désespérance, qui ont des problèmes de santé, des troubles psychologiques. Ceux-là ont besoin d’un accompagnement et de solidarité. » Du Zola, ou presque, écrit avec des moufles, mais il faut dire qu’il fait froid, à Gstaad, en cette saison.

Je pense que tu devais parler de Ziad Takieddine qui semble effectivement avoir bien besoin d’accompagnement et d’assistance psychologique, lui qui crachait sur des journalistes de Canal+ il y a quelques semaines en leur ordonnant de se mettre à genoux pendant le tournage de l’émission Spécial Investigation. Heureusement, si son patrimoine est évalué par les avocats de son ex-épouse à plus de 100 millions d’euros, quand tu étais ministre du budget de novembre 2004 à mai 2007, il ne déclarait que 250 000€ de revenus par an et 0€ d’impôts. Je reconnais bien là ton sens de l’accompagnement et de la solidarité, qui ferait passer Serge Dassault pour un vulgaire trotskiste de la CGT de Corbeil-Essonnes.

Alors ça il y en a du monde qui a gloussé de t’avoir vu en photo dans la piscine de la villa à 18 millions d’euros du Cap d’Antibes de Takieddine. Mais quel ministre du Budget, mon cher Jeff, aurait la cuistrerie de s’interroger sur l’origine du patrimoine d’un ami intermédiaire en ventes d’armes, quand il t’offre des vacances tous frais payés dans son château à 3 millions d’euros au Liban ? Il faudrait être con comme un gauchiste. Ces gens là n’ont décidément pas comme nous la rigueur morale d’une caisse enregistreuse, et ne savent rien du plaisir de se baigner en slip dans l’évasion fiscale et de bronzer au frais – certes paradoxaux – du blanchiment d’argent.

Mon cher Jeff, tout ça c’est la faute des journalistes, comme tu l’as si bien dit avant la présidentielle : « Nous avons assisté à un véritable déni de démocratie, j’ai vu de mes yeux des reportages à la télé, des commentaires de journalistes qui étaient systématiquement dans le même sens. » Il n’aura échappé à personne que les quatre industriels français, Bouygues, Dassault, Bolloré et Lagardère qui détiennent peu ou prou 90% de la presse française sont de vilains crypto-marxistes à la solde de l’assistanat, toujours prêts à signer des chèques à ces pousse-minables des Restos du Coeur au lieu de les envoyer bosser dans les mines d’uranium d’Areva au Niger.

Comme tu l’as si bien rappelé il y a quelques années : « La sanction c’est la meilleure des préventions. » Et quand il a fallu se prononcer sur la rigueur pour tous ces assistés, heureusement que tu as mis les choses au clair, dans un élan qui ferait passer Malraux pour un éditocrate néo-stalinien de Secret Story : «D’accord, ce n’est pas ça la rigueur… Appelons ça cueillette des olives en Basse-Provence!». Je propose qu’on se garde les olives pour trinquer avec Brice à l’apéro, mon cher Jeff, et qu’on leur refile les noyaux à replanter, ce qui leur fera toujours un truc à bouffer le temps que ça pousse.

J’ai appris récemment que quand ce cher Nicolas Bazire, à l’époque n°2 de LVMH, était venu voir Ziad à propos de son ami Mr Achcar, qui se retrouvait avec une douille de 6 millions d’euros d’impôts à payer, il avait suffit d’un coup de fil à ton ministère du Budget pour que tu lui signes une petite ristourne de 4 millions. J’aime les gens sur qui on peut compter, mon cher Jeff, l’amitié ça n’a, comme dirait Eric Besson, (presque) pas de prix. Les assistés qui se foutent sur la gueule pour une boite de pâté chez Lidl, ça ils ne peuvent pas comprendre…

J’espère sincèrement, mon cher Jeff, que tu vas coller une torgnole à Fillon au prochain congrès de l’UMP. La France vraiment de droite a besoin de toi, il faut redresser le parti sur des valeurs morales blanches et chrétiennes bien blanches et bien chrétiennes entre gens pas minables, et nos gentils amis les généreux évadés fiscaux auront plus que jamais besoin de toi avec les Mendès Franco-gauchistes au pouvoir. D’ici à ce qu’ils aillent chercher des poux dans la tête de Maurice Bidermann parce qu’il est domicilié au Maroc sans payer d’impôts en France, et qu’il est inscrit sur les listes électorales à Paris et fait partie du premier Cercle des donateurs de l’UMP, il n’y aura que l’épaisseur d’une chèque de Bettencourt dans la poche d’Eric Woerth.

Je veillerai mon cher Jeff, à te faire parvenir tous les éléments que je pourrais débusquer concernant ces fraudeurs d’assistés, et plus encore si ils sont un tant soit peu bronzés d’apparence, mais pas version cabine à UV/Séguéla, plutôt bronzés d’origine façon Taubira, qui non seulement n’est pas très claire, mais en plus n’est qu’une gonzesse. Heureusement j’ai vu qu’à l’UMP tu as bien veillé à ce qu’elles ne soient pas plus de 30% à se présenter. Qui c’est qui va nous préparer la truite saumonée et laver nos slips si elles se mettent à faire de la politique, tu peux me dire ? Le France marche sur la tête !

Ah et si pour ta part, tu peux penser à moi pour ta prochaine niche fiscale, je serai comme toujours ton dévoué car je croquerai bien à l’arrivisme frico-politique moi aussi : comme toi, mon cher Jeff, anti-social, je perds mon sang-froid assez régulièrement, et ma Rolex commence à avoir des ratés en ces temps sombres où l’on ne peut même plus s’acheter un jet pour aller chercher le pain.

En attendant, je m’en vais relire ton chef-d’œuvre : « Promis, j’arrête la langue de bois » qui trône en bonne place sur ma table de chevet, à coté des albums de Carlita, de la biographie de Jean-Marie Messier, de l’intégrale de Bigard, et du numéro spécial de Challenges avec Eric Woerth en couverture sur la traque des exilés fiscaux, en méditant sur comment on pourrait en finir avec ces salauds d’assistés de pauvres qui nous empêchent de siroter tranquillement notre Single-Malt 18 ans d’âge en fumant des cubains sur le yacht « La Diva » à 4 millions d’euros blanchis de Takieddine.

Dès que j’ai la solution, promis, je te bip sur le numéro de portable de ta puce au Liechtenstein. D’ici là, porte toi bien, continue comme ça à taper sur ces millions d’inutiles, et surtout ne lâche rien : De Neuilly-sur-Seine, je t’assure qu’on suit tout ça de très près et que tu es un peu notre Master Chef du jus de cuisson du veau à la sauce aux pruneaux, et indéniablement, le roi pour couper les parts du gâteau. On se régale.

Bien à toi,

Cordialement,

Pierre Deruelle

url de cet article : http://www.pierrederuelle.com/cope-comme-cochon-ou-la-part-du-gateau-de-jean-francois/

23 mai 2012

Québec Alerte rouge



« Vos mensonges, nous les dynamitons
Nous refusons ce passé où déjà vous nous empaillez
Comme des trophées malheureux
Vous nous voulez civilisés nous vous savons barbares ­»
 

L'Afficheur hurle, Paul Chamberland, 1964


Lire aussi : Je porterai dorénavant un carré noir

Pour Le Changement, Finalement : Faudra Encore Attendre Un Peu

Vive le feu | Sébastien Fontenelle | 23 mai 2012



Immédiatement après avoir pris ses fonctions de nouveau ministre de la Sûreté de l’État : Manuel Valls a enfilé son imper mastic, façon commissaire Maigret circa 1959, pour se rendre, incontinent, et comme faisait toujours Claude Guéant (CFTCG), à Marseille (Bouches-du-Rhône), qui est pour ces gens-là un endroit hautement symbolique, puisque pas moins de quatorze individus y ont déjà été abattus « depuis le début de l’année » dans des « règlements de comptes » [1] - comme nous l’ont doctement expliqué nos ami(e)s les journalistes (NALJ) sur un ton qui suggérait assez nettement qu’ils n’avaient rien vu de tel depuis l’assassinat de plein de bootleggers par le lâche Al Capone, le 14 février 1929.

Une fois sur place, Manuel Valls a dans un premier temps déclamé, CFTCG, et pour la plus grande satisfaction de NALJ (qui ont dans l’instant répercuté partout cette spectaculaire annonce), qu’il entendait « lutter contre la délinquance » [2].

(NALJ ont ceci de particulier qu’ils s’extasient longuement, quand la pluie leur confirme qu’elle mouille.)

Puis, Manuel Valls, profitant qu’il était là, est allé dîner chez le CRIF marseillais, où il a redit, mot pour mot, ce qu’avait quelques semaines plus tôt récité Nicolas Sarkozy, autour du (rebattu mais si rémunérateur) thème du : je-n’accepterai-pas-que-de-musulmans-prédicateurs-viennent-jusque-dans-notre-territoire-national-faire-d’haineux-prêches, écrasons la vermine salafiste avant qu’elle ne nous infeste la plomberie, je vous prie, et vive la République.

Après quoi [3], rituellement : Manuel Valls a précisé, comme faisaient toujours Guéant und Sarkozy dans ces occasions, que « les Français musulmans » ne devaient bien sûr pas être stigmatisés - ça serait pas bien, Lucien, de trop mentionner qu’en chacun(e) de ces f****** muslims soi-disant modéré(e)s [4] sommeille sans doute un(e) fanatique.

L’effet (prévisible, et d’ailleurs sans doute prévu) de ces diverses considérations, dites dans le congru laps de temps d’une courte journée, fut que les nombreux papiers (et autres dépêches) à deux balles narrant cette équipée associèrent tous les mots « délinquance » et « musulmans » - comme au bon vieux temps où Manuel Valls s’appelait encore Claude Guéant : l’alternance, d’accord, mais un demi-comprimé seulement.

Ceci posé : demandons-nous s’il n’existerait pas, des fois, non loin du Vieux-Port (où les agitateurs de bras qui se suivent et se ressemblent place Beauvau se complaisent à venir promettre qu’ils mettront fin dès vendredi aux hideux trafics où des Arabes de moins d’onze ans échangent du shit contre des kalashs), un endroit autrement plus dangereux que n’est Marseille, mais que les rodomonts de l’Intérieur éviteraient comme la peste - genre, où c’est, ça, Aléria ?

La réponse est que si, justement, cet endroit existe : c’est la Corse - t’avais deviné.

Là, pardon, mais la vie quotidienne est nettement plus flippante que n’importe où ailleurs dans le monde occidental, et l’ambiance générale (telle que la restituent des recensements sur lesquels, très curieusement, le ministère de la Sûreté de l’État et nos ami(e)s les journalistes évitent soigneusement de trop s’appesantir) rappelle un peu (et toutes proportions gardées, il va de soi) celle qui régnait autour de Bassorah il y a quelques années : la vérité oblige à dire, sans même parler du risque de se prendre un plomb perdu, que, vu le nombre (et la fréquence) des attentats à la bombe commis chaque mois entre Ajaccio et Bastia, faut quand même croiser très fort les doigts avant de s’engager sur le GR20.

Est-ce que les « socialistes » ont le moins du monde évoqué le sujet, durant qu’ils faisaient campagne en caquetant chaque heure qu’ils avaient lu et compris Laurent Joffrin, et qu’ils avaient par conséquent rompu, en matière de securitate, d’avec leur émolliente et mièvre angélitude - et au cul, la sociologie ?

Point : les « socialistes », convenons, peuvent pas être partout - et là, ils étaient manifestement pris par la rédaction de la promesse qu’ils ne laisseraient pas les musulman(e)s abîmer la laïcité.

Est-ce que « l’iconoclaste » Manuel Valls, dont Le Figaro aime très fort qu’il se montre si souvent si keupon, a fait son premier déplacement sous imper en Corse, où vingt-quatre attentats (quand même) viennent d’être perpétrés en huit jours ?

Point non plus : le mec, si ça se trouve, craignait que l’UMP ne ressorte de sa boîte à souvenirs les bringuebalantes casseroles insulaires de la rue de Solférino.

(En quoi, il s’alarmait inutilement : les compromissions corses de la droite font une archive si gigantesque, que même ses plus impudiques VRP ont de longue date compris que le mieux était qu’ils tiennent [là-dessus] fermées leurs petites bouches - ça serait quand même trop con que les vieux dossiers remontent vers la surface.)

Manuel Valls, plutôt que de s’attaquer à ce qui pourrait presque être considéré comme une atteinte caractérisée au vivre ensemble (des mecs posent quatre bombes par jour, puis vont passer l’apéro chez Anghjulu avant d’aller mettre une cartouche dans la tête d’Antone, qui les a décidément trop pris pour des coiffeuses), a fait le choix - de continuité guéantiste - d’aller psalmodier depuis le cours d’Estienne-d’Orves qu’il serait (sauf le respect dû à nos musulman(e)s-de-proximité-qui-doivent-pas-être-stigmatisé[e]s) sans pitié pour les barbus [5] : quelque chose me dit que le changement, finalement ?

C’est pas encore pour tout de suite.

Notes

[1] De fait : Marseille n’est pas du tout loin d’OK Corral, et je ne voudrais pas faire le paranoïaque, mais il est permis de s’étonner que cette troublante coïncidence ait jusqu’à présent échappé aux investigateurs (moustachus) de la presse et des médias.
[2] Manuel Valls, c’est à noter, aurait tout aussi bien pu faire cette crâne déclaration depuis, disons, le parvis de la mairie de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) - mais non : il a préféré les « quartiers nord » de Marseille.
[3] Et après avoir, donc, invoqué la menace musulmane.
[4] Laisse-moi rire, Lucien.
[5] Nonobstant que ces derniers commettent chez nous, et par semaine, vingt-quatre fois moins d’attentats que certains natifs de l’île de Beautù.

Grèce l'espoir !



Alexis Tsipras invité sur Europe 1 par lepartidegauche


La transition énergétique à Prayssac

Le 3 juin à Prayssac, découvrez les énergies de la transition.

 

 


22 mai 2012

Thalassa sombre dans le cliché made in USA

Le Grand Soir | Cuba Si France | 19 mai 2012


Communiqué de Cuba Si France : Thalassa sombre dans le cliché made in USA


Sur Fr3, hier soir 18 mai 2012, Thalassa a embouché les trompettes de l’indignité en signant des "reportages" sur Cuba d’une totale déloyauté envers ce pays. Une scélératesse de plus qui déshonore leurs auteurs et les producteurs de cette émission. Cuba Si France a adressé à FR3 et Thalassa en particulier, le communiqué suivant en signe de protestation :

Thalassa a diffusé vendredi soir 18 mai sur FR3 des reportages sur Cuba participant d’une campagne de dénigrement systématique. En moins d’une heure, tous les clichés de la propagande menée contre la révolution cubaine ont été déversés. En revanche, rien sur l’embargo US instauré depuis plus d’un demi- siècle contre la Grande Ile et ses retombées sur la vie quotidienne des gens. Rien sur les efforts qu’a dû accomplir ce petit pays du Tiers monde pour surmonter l’asphyxie économique et lutter contre les actions terroristes fomentées depuis les Etats-Unis. Rien sur l’alphabétisation de 99% de la population. Rien sur les progrès spectaculaires dans le domaine de la santé et l’allongement de l’espérance de vie alors qu’à quelques encablures de Santiago de Cuba et de la Havane la mort frappe avant l’heure. Rien sur l’éducation pour tous alors que sur le même continent des millions d’hommes et de femmes ne savent ni lire, ni écrire. Rien sur ce pays capable de former des milliers de savants, d’universitaires, de médecins, de musiciens, de créateurs, de sportifs de haut niveau. Rien sur la solidarité avec les peuples de la région comme en Haïti où ont été envoyés des centaines de médecins et de spécialistes de la construction en zone tropicale. Rien sur la générosité jamais démentie de la révolution cubaine avec les victimes des catastrophes naturelles, des régimes tortionnaires du continent, jusqu’avec les enfants de Tchernobyl. Les auteurs des reportages n’ont pas compris ou plutôt n’ont pas voulu comprendre qu’un pays étranglé n’est pas le meilleur terreau pour le développement de la démocratie, du moins celle que l’on considère comme telle en Occident et qui montre chaque jour ses limites. C’est en France et pas à Cuba, par exemple, qu’un prisonnier tous les trois jours se donne la mort.

Les auteurs de ces reportages ne connaissent pas la terrible réalité de pauvreté et de violence en Amérique du Sud et dans les Caraïbes. Ils ne peuvent donc équilibrer leur jugement en comparant ce qui est comparable. Concernant Cuba, ils ont bêtement calqué ce que leurs prédécesseurs ont tant et tant de fois déjà fait choisissant des individus marginaux qui existent bel et bien à Cuba et qui entrent en contradiction avec une génération éduquée, diplômée, bien dans leur corps et leurs têtes, aimant la fête et danser, aspirant à vivre dans de meilleures conditions matérielles, souhaitant bénéficier de libertés élargies mais n’ayant pas comme seul objectif la boisson, le reageeton, l’illusion du fric facile de l’Amérique du Nord qui pourchasse les candidats à l’émigration venus du Mexique mais favorisent ceux qui viennent grossir le rangs des organisations terroristes ayant pignon sur rue à Miami. Ces Cubains qui soutiennent les candidats républicains aux différentes élections locales et nationales beaucoup d’entre eux sombrant dans la délinquance et remplissant les prisons de Floride.

Les auteurs des reportages ont affirmé à plusieurs reprises que Cuba vit sous une dictature. Ils ne savent pas ce qu’est réellement une dictature. Ce n’est pas à Cuba que des dizaines de cadavres sont découverts chaque semaine au bord des routes menant aux Etats-Unis, mais au Mexique. Ce n’est pas à Cuba que l’on assassine les membres de l’opposition mais au Honduras. Ce n’est pas à Cuba que l’on massacre des militants syndicalistes mais en Colombie. Ce n’est pas à Cuba mais au Chili qu’on tranchait les mains du poète, en Argentine qu’on larguait les prisonniers en mer depuis des hélicoptères.

Thalassa, émission culte, nous avait habitués à une autre approche que celle du cliché made in USA. Souhaitons que cela soit une erreur de parcours.

Paris, le 19 mai 2012

Le bureau de Cuba Si France se tient à la disposition des animateurs de Thalassa pour de plus amples informations.

Fluidité


Il y a de la fluidité dans l'air. Des mentalités, soit changeantes soit « définitivement » acquises se télescopent violemment. Les déclarations au G8, d'ailleurs médiatisées assez mollement en Grèce, ne semblent pas entraver la marche vers ce nouvel empirisme dans le nouveau goût politique grec. Les gens sont plus souriants, première conséquence... empirique, « je te le confirme, dans mon quartier aussi, à l'ouest d'Athènes, c'est pareil, on respire un peu, il y a de l'espoir », expliquait Manos, un enseignant, reconverti dans l'informatique bien avant le Mémorandum, rencontré ce matin. Nos représentations ont désormais de l'odorat, la politique redevient presque, une affaire de sécrétions humaines car nous la respirons à tous les coins de rue, sa circulation se fait désormais par les humeurs, la gestuelle et les mimiques des corps et des visages, les gens transpirent leurs arguments, nous vomissons une partie de nous mêmes (certains d'entre nous en tout cas); nous redevenons des animaux politiques, d'où l'imprévisibilité, vraiment de circonstance, « animalité » oblige. Sauf que nos chats et chiens errants, restent les plus imperturbables de tous les êtres demeurant chez nous. (...)
Suite sur Greek Crisis ..

Crise en Grèce, censure sur Arte (lettre ouverte)

voir l'article en ligne
par Henri Maler, le 22 mai 2012






Sous ce titre de notre choix,, nous publions avec l’autorisation de son auteure, une lettre de Vicky Skoumbi, rédactrice en chef de la revue grecque αληthεια (Acrimed)


Chères amies, chers amis,

Le jeudi 16 mai, j’ai participé à l’émission d’Arte 28 minutes sur le thème : La Grèce, talon d’Achille de l’Europe ?
Je viens de visionner l’émission telle qu’elle a été diffusée et j’en crois pas à mes yeux : le passage où je disais que l’aide accordée à la Grèce a été en réalité une aide aux créanciers du pays, et que les plans de sauvetage successives ont été conçus pour protéger les créanciers d’un défaut éventuel de la Grèce, tout en plongeant le pays à une récession de l’ordre de 20% et en le menant tout droit à la faillite, a tout simplement disparu ! Si vous regardez attentivement, vous constaterez les traces de coupure par des enchaînements assez abrupts et la non fluidité de la parole après la première intervention de Benjamin Coriat.

De même est passé à la trappe, un passage vers la fin où j’avais évoqué une confrontation qui ne ’est pas de nature nationale entre Grecs et Allemands, mais bel et bien entre deux camps transnationaux, c’est-à-dire entre ceux qui, en marchant littéralement sur des cadavres, défendent les intérêts du secteur financier d’une part, et, d’autre part, ceux qui défendent les droits démocratiques et sociaux et en fin de compte le droit à une vie digne de ce nom. Je prends à témoin Benjamin Coriat qui participait à l’émission et qui pourrait certifier que j’ai bien tenu ces propos dont la trace disparaît sous les ciseaux du censeur.

Car, cela relève tout simplement de la CENSURE. Une question s’impose : Qui donc contrôle Arte et qui filtre les infos ainsi ?

Je l’avoue, je n’en reviens pas. L’émission a été enregistrée ’dans les conditions du direct’ deux heures et demi avant sa diffusion et que je sache cette formule veut dire qu’on ne coupe pas, à la limite on refait une prise si on a un souci, ce qui a été le cas pour les présentations. Et même si la pratique établie est de couper un peu les longueurs, comment se fait-il que les deux coupes principales portent, comme par hasard, sur des propos concernant les vrais bénéficiaires de l’aide à la Grèce, c’est à dire les banques, ainsi que sur le caractère fallacieux de la supposée confrontation gréco-allemande ?

Comme vous pouvez d’ailleurs sans doute le constater vous-même, mon temps de parole correspond à un tiers - peut-être même moins- de celui de Monsieur Prévelakis. Celui-ci , avec sa proposition d’un médiateur, sous la tutelle duquel devrait se mettre la Grèce, proposait rien de moins que de suspendre les procédures démocratiques en Grèce et de placer Sarkozy (!) à la position d’un tuteur du peuple grec qui ne saurait être représenté par ses élus, surtout si ceux-là appartiennent par malheur au Syriza. J’ai bondi mais on ne m’a pas laissé le temps de réagir en coupant là l’émission.

Conclure l’émission sur ce propos est absolument scandaleux. Cela n’honore pas, loin de là, Arte qui se revendique d’une sensibilité démocratique. D’ailleurs, si vous regardez un peu attentivement le déroulement juste avant la fin, vous verrez que la dernière question s’adresse à moi, Mme Quin se tourne bien vers moi et non pas vers M. Prévélakis. Et ma réponse concernant les deux Europe qui s’affrontent et qui précédait la conclusion de Georges Prévélakis, est passée complètement à la trappe.

Bref, les coupures, la répartition inégale du temps de parole, la conclusion sur un appel à suspendre la démocratie en Grèce, tout cela, si n’est pas de la manipulation de l’information, c’est quoi au juste ?

Voilà bien des questions sur le traitement de l’information par une chaîne européenne qui se veut indépendante.

Merci de diffuser ce message le plus largement possible et de l’afficher sur les réseaux, si vous voulez bien.

Vicky Skoumbi
Rédactrice en chef de la revue grecque αληthεια

21 mai 2012

Je porterai dorénavant un carré noir

VOIR.ca |18 mai 2012, par Normand Baillargeon

Photo lapresse.ca
Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie.

Les vérités de la Police sont les vérités d’aujourd’hui.

Jacques Prévert

Je porterai dorénavant un carré noir. [Ajout: sans enlever le rouge, bien entendu.Et les deux ensemble font un bien beau drapeau]

Je le porterai d’abord en solidarité avec ces jeunes gens que l’on a sans répit humiliés, battus, matraqués, et gazés et pour ne jamais oublier ce qu’on leur a fait.

Je le porterai pour me rappeler que je suis en deuil de la démocratie, pour dire à tous et à toutes ma tristesse devant ce qui ressemble désormais plus, et je pèse mes mots, à une association de malfaiteurs qu’à un Gouvernement, à un rassemblement de mafieux gangrénés par la corruption et autour desquels flotte, immanquable, la nauséabonde odeur du scandale et du mépris de la société civile.

Je le porterai pour me rappeler qu’on m’a menti en assurant que le débat sur les frais de scolarité a eu lieu : les étudiants et les professeurs se sont en effet retirés de ces consultations bidon organisées par les Libéraux et durant lesquelles il ne pouvait être sereinement traité; et pour me rappeler que ce gouvernement a ensuite refusé de discuter de cette question dans toute son ampleur et avec sérieux, ce que seuls des états généraux peuvent accomplir.

Je le porterai pour me rappeler ces efforts de dissolution du politique dans le juridique.

Je le porterai pour me rappeler votre trop longtemps maintenu refus de négocier et, ce moment venu, votre inébranlable refus d’aborder les questions que posaient les étudiants et les étudiantes en grève.

Je le porterai pour me rappeler que je suis en deuil de la démocratie délibérative,
Photo Ledevoir.com

assassinée par des faiseurs d’opinion que je ne peux me résoudre à appeler des journalistes et dont les excès de langage ont dépassé de loin tout ce que j’ai vu dans ma vie.

Je le porterai pour me rappeler ces sondages non probabilistes qui ont, c’est une honte, été ce que nous avons eu de mieux à nous offrir dans le cadre de notre conversation démocratique sur un enjeu de cette importance.

Je le porterai aussi en deuil de ces mots de la langue qui ont été bien malmenés ces derniers temps : grève, démocratie, accessibilité, et pour ne pas oublier que ces perversions du langage ont consisté à faire d’un enjeu collectif et politique une affaire individuelle, marchande et économique

Je le porterai pour la liberté d’expression, d’association et de manifestation que cette inique loi spéciale poignarde au coeur.

Je le porterai en solidarité avec mes compagnons libertaires qu’on humilie, qu’on bat, qu’on matraque, et qu’on gaze, comme les autres, mais qu’on calomnie aussi.

Je le porterai donc pour me rappeler l’immense et noble espoir que l’anarchisme n’a cessé de porter : celui d’une société libre, démocratique, égalitaire et sans pouvoir illégitime, pour me rappeler cet idéal que j’aime infiniment et dont ne
photo theseaonof margaux.overblog.com
connaissent manifestement rien ceux et celles qui lui crachent aujourd’hui dessus.

Je le porterai enfin et surtout pour me souvenir que des jeunes gens, un moment, chez nous, ont incarné cet idéal: et que si les gouvernements passent, cet idéal, lui, ne mourra jamais.

Je porterai dorénavant un carré noir.

Et je vous invite à en porter un, vous aussi : les raisons pour ce faire ne manquent hélas pas.

19 mai 2012

Vous avez aimé Claude Guéant ? Vous adorerez Manuel Valls

Blog du Diplo | par Alain Gresh | le mercredi 16 mai 2012

Photo: Lionel Bonaventure


Non, Manuel Valls, le nouveau ministre de l’intérieur, ne fera sans doute pas de déclaration sur l’inégalité entre les civilisations. Il ne faudrait donc pas lui faire de procès d’intention. Il faudrait se garder de toute caricature.

Le problème est que Manuel Valls est sa propre caricature, même s’il s’abstiendra, du moins faut-il l’espérer, d’affirmer comme son prédécesseur qu’il y a trop de musulmans en France. C’est tout de même lui qui, se promenant sur un marché de sa bonne ville d’Evry, le 7 juin 2009, interpellait ses collaborateurs : « Belle image de la ville d’Evry… Tu me mets quelques Blancs, quelques White, quelques Blancos ! »

Manuel Valls ne représente pas grand-chose dans son parti : il n’a récolté que 5,7 % des voix lors de la primaire d’octobre 2011. Il est vrai que cet admirateur de Dominique Strauss-Kahn et de Tony Blair aurait sans doute plus sa place au Nouveau centre ou au Modem de François Bayrou, dont il reprend les thèses économiques et sociales. Nicolas Sarkozy avait tenté de le débaucher en 2007 et Martine Aubry lui avait écrit une lettre ouverte en juillet 2009 : « Si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti socialiste. »


Mais Valls a su faire le bon choix : rester au PS tout en combattant tous les principes de la gauche et, finalement, accéder à un poste où il pèsera lourd dans les choix gouvernementaux des prochains mois sur la sécurité, l’immigration, l’islam. Concédons-lui donc le fait qu’il est un habile politicien, mais mettons entre parenthèses l’idée qu’il serait de gauche.

C’est sur le terrain de la sécurité que Valls a voulu se faire un nom, en montrant que la gauche pouvait être aussi répressive, voire plus, que la droite. Il a multiplié les articles et les livres sur le sujet, dont Sécurité, la gauche peut tout changer (Editions du Moment, Paris, 2011). Cet ouvrage rend un hommage appuyé et répété aux forces de l’ordre, sans jamais évoquer les violences policières, les jeunes assassinés dans les quartiers, les procès de policiers qui débouchent toujours sur des non-lieux. En revanche, il est impitoyable avec le terrorisme, ayant été l’un des seuls socialistes à exiger l’extradition de Cesare Battisti. Et aussi avec les délinquants, ces classes dangereuses dont la bourgeoisie a toujours eu peur. Valls ne regrette-t-il pas, dans son livre, que la gauche n’ait pas assez rendu justice à Clemenceau, l’homme qui n’hésitait pas, entre 1906 et 1908, à faire tirer sur les ouvriers au nom, bien sûr, de l’ordre républicain ?


Lors du soulèvement des banlieues de 2005, il a été l’un des trois députés socialistes à ne pas voter contre la prolongation de l’état d’urgence, une décision qui ramenait la France à l’époque de la guerre d’Algérie. En octobre 1961, s’il avait été ministre de l’intérieur, Valls n’aurait certainement pas hésité à faire appliquer l’ordre républicain à tous ces Algériens qui osaient défier le couvre-feu (lire Sylvie Thénault, « L’état d’urgence (1955-2005). De l’Algérie coloniale à la France contemporaine : destin d’une loi »)…

Pour Valls, la violence dans nos villes « augmente de manière constante » depuis plus de trente ans. Il reprend les arguments de son ami Alain Bauer (lire Les marchands de peur. La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire), l’homme qui a imposé à la gauche comme à la droite le thème de l’insécurité — avec l’aide active du Front national et de Jean-Marie et Marine Le Pen. Conseiller de Sarkozy, Bauer est aussi proche de Manuel Valls car, pour lui, la sécurité n’est ni de gauche ni de droite (l’économie non plus, sans doute...). Et personne ne sera trop regardant sur les médecines du docteur Bauer, l’homme qui propage la peur dans les villes et en profite pour leur vendre, à travers sa société AB conseils, et à prix d’or, les remèdes à l’insécurité. Un peu comme si un responsable de l’industrie pharmaceutique établissait les prescriptions pour les malades...

Nous ne reviendrons pas ici sur la critique détaillée de ses théories de la sécurité. Laurent Mucchielli, l’un des meilleurs spécialistes de la question et qui est plusieurs fois cité de manière élogieuse par Valls, a un diagnostic ravageur (« La posture autoritaire et populiste de Manuel Valls », Lemonde.fr, 5 juin 2011). Critiquant Sécurité, la gauche peut tout changer, qui vient alors de sortir, il fait deux remarques :


« La première est que M. Valls n’a pas un niveau de connaissance suffisant des problèmes. Nous l’avons vu, son diagnostic est globalement plutôt superficiel. Ses propos ressemblent étrangement aux discours de certains syndicats de police et parfois même d’un certain café du commerce. La violence explose, les délinquants rajeunissent sans cesse, il n’y a plus de valeurs et plus de limites, la justice ne fait pas son boulot, on les attrape le soir ils sont remis en liberté le lendemain... etc. En cela, M. Valls est proche d’un certain terrain politique : celui des plaintes de ses administrés, des courriers de protestation reçus en mairie, des propos entendus en serrant des mains sur le marché le samedi matin ou encore de ce que lui racontent les policiers municipaux de sa ville. Mais il est totalement éloigné de ce que peut-être le diagnostic global d’un problème de société et l’approche impartiale d’une réalité complexe. Telle est sans doute la condition ordinaire d’un responsable politique de haut niveau, dont on imagine l’agenda très rempli. Mais l’on attendrait alors de lui qu’il ait l’intelligence de comprendre les biais et les limites de sa position pour s’entourer de personnes capables de lui donner le diagnostic de base qui fait ici défaut. Encore faut-il toutefois le vouloir et ne pas se satisfaire de ce niveau superficiel d’analyse, au nom d’une posture volontairement très politique pour ne pas dire politicienne. C’est la deuxième hypothèse. »


Voici donc pour la compétence du nouveau ministre de l’intérieur. Par ailleurs, poursuit Mucchielli :


« C’est bien une posture politique qui irrigue fondamentalement la pensée de Manuel Valls, une posture politicienne même dans la mesure où elle vise manifestement à se distinguer en politique, en particulier vis-à-vis d’autres personnalités du parti socialiste. Cette posture, on la retrouve d’abord dans les pages consacrées à une sorte d’éloge de l’ordre comme “socle des libertés” (p. 58), comme on la retrouve à la fin du livre dans l’éloge de « l’autorité » qui serait aujourd’hui « bafouée » et « attaquée de toutes parts » (p. 156-157). De nouveau, c’est exactement aussi la posture qui traverse toutes les lois votées ces dernières années par ses adversaires politiques. »


Valls n’est pas seulement un défenseur de la sécurité, mais aussi un contempteur du communautarisme et un pseudo-partisan de la laïcité (c’est évidemment tout à fait par hasard que les cibles de ses attaques sont les populations des quartiers populaires).

On ne compte plus les exemples de ces attaques contre un soi-disant communautarisme, c’est-à-dire contre les musulmans, de sa volonté d’interdire à un Franprix de ne vendre que des produits halal — aurait-il interdit des magasins qui ne vendraient que des produits casher ? — à l’affaire de la crèche Baby Loup et au licenciement d’une employée qui portait le foulard. Après l’absurde décision de Nicolas Sarkozy d’interdire à des théologiens musulmans d’intervenir au congrès de l’UOIF, il a fait de la surenchère, non seulement en approuvant la décision mais en écrivant :
« Tariq Ramadan, leader européen de l’Internationale des Frères Musulmans, présenté par ailleurs comme un “intellectuel” muni d’un passeport suisse, doit s’exprimer le week-end prochain à Bagnolet. Il propagera les mêmes idées extrémistes que ceux qui ont déjà été interdits de territoire français. » Quelques jours plus tard, le candidat Nicolas Sarkozy à son tour, mettait en doute les qualités d’intellectuel de Tariq Ramadan. Quant à ces déclarations sur les idées « extrémistes » défendues par Ramadan, il devrait plutôt lire ses textes et écouter ses interventions.
On ne peut s’étonner alors que Manuel Valls fasse l’éloge du dernier livre de Hugues Lagrange, qui met en avant l’origine culturelle des immigrés pour expliquer les difficultés de l’intégration — rappelons que le même argument culturel était avancé pour expliquer les difficultés des immigrés juifs d’Europe centrale, italiens ou portugais à s’intégrer dans les années 1930, 1940 ou 1950 (lire Gérard Mauger, « Eternel retour des bandes de jeunes », Le Monde diplomatique, mai 2011). 

Ajout 17 mai. Voici comment le pourfendeur du communautarisme parle :
« Par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël » (vidéo). Imaginons un responsable français ayant épousé une femme d’origine algérienne ou marocaine et disant « Par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communauté musulmane et à l’Algérie (ou au Maroc). »

18 mai 2012

Fukushima la situation empire !

AgoraVox | vendredi 18 mai 2012, par Olivier Cabanel

 Alerte à Fukushima !


C’est un général américain qui a sonné l’alarme : ce qui était à craindre est en train de se profiler à l’horizon, menaçant tout l’hémisphère nord.


Il s’appelle Albert N.Stubblebine, et ce général retraité de l’armée américaine a publié récemment un communiqué en tant que président de la NSF (Natural Solution Foundation), affirmant que la situation à Fukushima est en train d’empirer.

Que ce soit par l’évaporation de l’eau dans les piscines, ou en raison de l’effondrement possible de la structure, ce serait d’après lui tout l’hémisphère nord qui pourrait devenir en grande partie inhabitable, si le pire arrivait. lien

Sa déclaration est sur cette vidéo

On se souvient de l’interview récente du diplomate Akio Matsumura qui déclarait comment la catastrophe en cours de la centrale de Fukushima pouvait finalement se transformer en un événement capable de mettre en péril toute vie sur Terre. vidéo

D’ailleurs, pour Roland Desbordes, président de la CRIIRAD (commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité), « l’explosion de la centrale est encore possible parce que les combustibles sont présents en grande quantité ». lien

Le rédacteur en chef de « Natural News Com » dans un article en date du 6 mai 2012 nous informe que le 30 avril 2012, 72 ONG japonaises ont fait une demande urgente auprès du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon et du gouvernement japonais afin que des mesures immédiates soient prises pour stabiliser la piscine du réacteur n°4 de Fukushima.

Toutes les piscines de Fukushima Daiichi contiennent 11 125 assemblages de combustible nucléaire, soit près de 4 fois autant de matière radioactive que dans le cœur des réacteurs de Fukushima Daiichi, dont le césium 137 correspond à 10 fois la quantité libérée au moment de la catastrophe de Tchernobyl, et la piscine du N°4 en contient 1535 assemblages, pour un poids total de 264 tonnes. lien

Kaori Izumi, de Shut Tomari s’est associé à cette demande, précisant « Fukushima Daïchi n’est plus seulement un problème japonais, mais un problème international. Il est impératif que le gouvernement japonais et la communauté internationale travaillent ensemble sur cette crise avant qu’il ne soit trop tard ». lien.

Les ONG se sont donné jusqu’au 20 mai pour récolter des appuis étrangers, et on peut lire l’intégralité de leur appel sur ce lien.

Auparavant, le sénateur américain Ron Wyden, après avoir visité le 6 avril dernier, la centrale nucléaire de Fukushima, avait publié un communiqué de presse 10 jours après, soulignant le risque catastrophique, et appelant à l’intervention du gouvernement des USA.

Il a également écrit à Ichiro Fujisaki, l’ambassadeur du Japon aux Etats Unis, demandant au Japon d’accepter l’aide internationale. lien

On se souvient que le 16 avril, Tepco s’était dit désolé d’avoir dû rejeter dans l’océan 11 500 tonnes d’eau hautement radioactive. lien

Malgré tout, les pêcheurs de Fukushima envisagent de reprendre partiellement le travail à partir de juin en tentant de limiter leur pêche aux espèces les moins contaminées.

Mais c’est le sort de la piscine du réacteur n°4 qui pose le plus de problème, puisque TEPCO affirme que le déplacement des barres de combustible sera fait dès que possible, mais pas avant 2014 (lien) ; Pour le sénateur américain Ron Wyden, il faudrait 10 ans pour enlever toutes les barres de combustible, et le risque est trop grand d'attendre si longtemps (lien), ce que confirme le docteur Koide, de l’université de Tokyo. lien

En effet, outre les assemblages qu’il faudra sortir de cette piscine, il faut noter que lors de l’explosion du réacteur n°3, de nombreux morceaux d’infrastructure sont tombés dans les piscines, dont une grue de 35 tonnes qui se trouve dans la piscine du n°3. lien

Sur ce lien, on peut découvrir 2 vidéos sous titrées particulièrement intéressante, l’une étant réalisée par ZDF, une chaine de télévision allemande lors d’une visite du site, et l’autre étant le témoignage de Nala Yukiteru, ingénieur spécialisé dans le nucléaire, et qui travaillait à Fukushima.

Revenons à la piscine du N°4.

D’une profondeur de 12 mètres, les assemblages sont placés sur le fond, dans des casiers sur une hauteur de 4 mètres, surmontés donc par 8 mètres d’eau, et plus le niveau d’eau baisse, censé absorber le rayonnement gamma, plus le rayonnement devient dangereux.

La paroi de la cuve était de 100-120 degrés, et pour accélérer le refroidissement TEPCO doit injecter 7 tonnes d’eau à l’heure.

Lors de la catastrophe le niveau d’eau de la piscine avait considérablement baissé, au point de laisser affleurer la partie supérieure des combustibles, provoquant une montée en température, un début de fonte des gaines, et d’importants rejets radioactifs et ce n’est que dix jours plus tard que la piscine a été refroidie. lien

Bertrand Barré, conseiller scientifique des services communication d’AREVA (lien) se veut rassurant, assurant que des piliers d’acier reposant sur le plancher du deuxième étage ont été installés pour consolider la piscine, et il est convaincu qu’elle pourrait résister à un puissant séisme. lien

Ce qui n’est pas l’avis de tous, puisque d'après un article paru chez « ENENEWS » la piscine pourrait s’effondrer, ce média annonçant que la première inspection a commencé le 17 mai.

Tepco affirme avoir renforcé la structure en augmentant sa marge de sécurité de 20%. lien

Les experts veulent vérifier si elle penche, en comparant de part et d’autre le niveau d’eau dans la piscine. lien

La piscine du réacteur n°4 n’est pas la seule à poser des problèmes, puisqu’une fuite s’est produit le 12 mai, provocant un déversement d’eau contaminée dans l’océan et faisant chuter le niveau d’eau au-dessous de la base des barres de combustible. lien

Des échantillons d’eau de mer prélevés aux abords de la centrale ont révélé des taux de césium à un niveau 18 000 fois supérieurs à la norme, et la fuite aurait été colmatée par une injection de béton.

En tout cas, à 230 km de la centrale sinistrée, dans la baie de Tokyo, on a découvert une augmentation du taux de césium de 70%.

Pour lutter contre la mévente, les maraichers en sont venus à tricher sur l’origine des légumes vendus, et ceux qui sont pris la main dans le sac, ne sont pas condamnés, l’administration leur enjoint seulement de respecter les règles d’étiquetages, sans autre forme de procès. lien

Ce qui n’a pas empêché le gouvernement japonais de lever l’interdiction d’habiter la zone sinistrée dans 3 des 11 communes touchées par la catastrophe, à condition de s’en tenir à y revenir, sans pour autant y passer la nuit.

Alors les habitants qui le souhaitent s’en tiennent à nettoyer et réparer leurs maisons dévastées par le tsunami, mais le port d’une combinaison radiologique, ou d’un simple masque n’est pas obligatoire.

Une partie de cette zone autorisée se trouve pourtant entre 20 et 50 mSv/an, notamment dans le secteur de Minami-Soma.

Cette décision est consécutive à la volonté d’un maire obnubilé par la levée de l’interdiction, Katsunobu Sakurai, puisque Kiyomi Sakuma, membre de la cellule chargée des réfugiés du nucléaires a affirmé que « seules les villes dont les maires étaient les plus motivés et les plus combatifs pour faire revivre leurs communes ont rouvert » ajoutant « le gouvernement attend d’être sollicité par les collectivités locales pour rouvrir une ville », façon habile de dégager ses responsabilités. lien

Le gouvernement japonais a demandé que les milliers de têtes de bétail vivant encore dans la zone d’exclusion soient abattues, avec le consentement de leurs propriétaires. lien

A la mairie de Minami-Soma, on est conscient que l’un des problèmes cruciaux est de trouver une zone pour stocker les déchets contaminés par la catastrophe, car s’il est vrai que le césium 134 a une demie vie de 2 ans, le césium 137 ne perd la moitié de sa dangerosité qu’au bout de 30 ans, et il faut donc compter un bon siècle pour que cette pollution soit moins préoccupante.

Pour endiguer l’exode, les autorités de Fukushima ont décidé de fournir une couverture médicale gratuite à toutes les personnes âgées de moins de 18 ans vivant dans la province, ce qui va coûter l’équivalent de 46 millions d’euros.

Selon le journal « Daily Yomiuri », à Minami-Soma, les bénévoles ne se battent pas pour aider à enlever les débris et nettoyer la zone ; Ils étaient beaucoup plus nombreux il y a un an et la population a diminué de 54% dans l’ex-zone d’évacuation.

En effet, que ce soit à Minami-Soma, Naraha, Hirono, Kawauchi, ou Tamura, sur les 59 000 personnes qui vivaient dans cette zone, 30 000 l’ont quitté. lien

Espérons que la communauté internationale se décidera enfin à s’investir à Fukushima afin d’éviter que le pire ne se produise.

En tout cas, avec peut-être un lien de cause à effet, les actions d’AREVA ont atteint historiquement leur niveau le plus bas chutant à 9,278 €. lien

Comme dit mon vieil ami africain : « le monde est noir quand on a les yeux fermés ».

L’image illustrant l’article provient de « lamauvaiseherbe.net »

Merci aux internautes de leur aide efficace.

Olivier Cabanel

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G8 l'imposture

Basta! | par Maxime Combes, le 18 mai 2012

Hollande au G8 : le changement, c’est en sortir maintenant !


Les pays du G8 représentent 13% de la population mondiale mais prennent des décisions qui impliquent l’ensemble de la planète. En s’y rendant, ces 18 et 19 mai, François Hollande légitime la séquestration de la démocratie mondiale. Alors que le changement aurait été d’en sortir... maintenant !





Établir la liste des pays membres du G8 suffit pour démontrer du caractère suranné et anachronique du G8. États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada, Russie. Le G8 fleure bon la domination politique, géopolitique et économique de la fin du siècle passé. Ceux qui furent « les plus puissants de la planète ». Ceux qui furent. En 2012, mettre sur la touche la Chine, l’Inde, le Brésil, la Corée du Sud, l’Afrique du Sud, etc. tourne au ridicule.

Il sera répondu « mais pourquoi diable les pays qui le souhaitent ne pourraient-ils pas se rencontrer » ? Exact, si l’on ne perçoit pas le symbole – chacun sait ô combien les symboles sont importants – de l’époque et de la réalité géopolitique qu’incarne cette vieillerie qu’est le G8. Exact si ces mêmes pays limitaient leur agenda de discussions à ce qui les concernent exclusivement. Or quel est le problème ? A partir du moment où un groupe de pays qui se réunit prend des décisions ou des orientations politiques qui concernent d’autres pays, et les populations qui vont avec, ces derniers devraient avoir leur mot à dire. Ce n’est pas le cas avec le G8 qui s’entretient de tout ce qui lui passe sous la main. Représentant à peine 13 % de la population mondiale, quelle est donc la légitimité des chefs d’État du G8 pour prendre des décisions qui concernent l’ensemble des pays et des populations mondiales ?

Voilà un profond déni de démocratie mondiale. Plus. C’est une confiscation des décisions fondamentales pour l’avenir de l’humanité, une séquestration de la démocratie.

Paroles, paroles...


Et les résultats du G8 ne sont même pas là pour le sauver. Au G8 2011 mitonné par Nicolas Sarkozy à Deauville, comme un mauvais remake, promesse a été faite de débloquer 40 milliards pour les pays du « Printemps arabe », une promesse doublée à 80 milliards en septembre 2011. Aux dernières nouvelles, rien ou pas grand chose n’avait été versé. Il en fut de même avec les promesses des G8 d’Evian en 2003 et de Gleneagles en 2005. Les pays du G8 n’ont jamais débloqué les montants nécessaires au développement économique des pays africains ou à la suppression de la pauvreté auxquels ils s’étaient engagés.

Ils n’ont pas été plus capables de s’entendre sur la suppression intégrale de la dette des pays pauvres pourtant exigée de toute part. Loin de stabiliser les grands déséquilibres économiques mondiaux, les pays du G8 ont contribué à les accroître par leurs politiques de libéralisation de l’ensemble des marchés mondiaux et d’extension des pouvoirs de la finance. Les pays du G8 possèdent 90 % des armes nucléaires et dépensent les trois quarts des budgets militaires. Sans avoir su assurer « la paix et la sécurité » qui revient pourtant comme un leitmotiv à chaque déclaration du G8.


Vestige du passé


Illégitime et sans résultat probant, le G8 mériterait d’être laissé aux historiens plutôt que le maintenir sous perfusion. Et ce d’autant plus que les crises financière et économique, la nouvelle donne géopolitique mondiale, le changement climatique et la raréfaction des ressources naturelles, ou les migrations internationales, sont autant de défis cruciaux qui concernent l’avenir de toutes les populations de la planète. En ce début du 21ème siècle, ces défis seront résolus pour tous ou ils ne le seront pour personne. Il y a des choix à faire. Se recroqueviller sur un G8 incarnant les dominations du siècle passé et la confiscation des décisions globales. Ou contribuer à l’émergence d’une véritable démocratie globale.

Bunkérisé et déplacé à Camp David pour échapper aux manifestations et apparitions des Occupy à Chicago, le G8 organisé par Obama pourrait être le dernier. Il suffirait pour cela que François Hollande le dise et le quitte. Toutes les traditions ne méritent pas d’être poursuivies. Sortir du G8 pour enterrer ce vestige du passé, voilà qui aurait de la classe. Comment faut-il dire ? « Le changement, c’est maintenant ! »


Maxime Combes, membre d’Attac France et de l’Aitec, engagé dans le projet Écho des Alternatives

 

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