15 janvier 2019

Végétalisme éthique: Leon Tolstoï


Un jour, alors que Tolstoï (1828-1910) est à table avec ses nombreux enfants, sa femme Sophie ainsi que des invités, sa tante s’approche pour dîner. La vieille dame trouve sur sa chaise un poulet vivant et un couteau. Devant son étonnement Tolstoï lui fait remarquer, non sans humour: « Nous savions que vous vouliez manger du poulet mais personne n’a oser le tuer ». Bien sûr la tante ne tua pas le poulet et il semble même qu’elle fut tellement choquée que ce soir là, elle ne mangea pas de viande. (..)

 

26 janvier 2018

Pourquoi les vegans sont chiants ? (vidéo)


Pourquoi les végans sont-ils chiants ? - Le Parti avec Vincent Verzat

Entre protection de l'environnement et humanisme global, ils ne lâcheront rien.
 

21 avril 2017

Quelle pourrait être la France de demain ? (vidéo le fil d'actu)

Chers électeurs français,Tatiana Jarzabek, alias Tatiana Ventôse, 28 ans, et l’équipe du Fil d’actu vous parlent :


L'élection présidentielle pose la question de l'avenir que les Français veulent pour leur pays. Le Fil d'Actu apporte son point de vue pour nourrir la réflexion collective sur le sujet. Si vous partagez ce point de vue, n'hésitez pas à partager la vidéo ;)

Voir en ligne :  youtube.com
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28 mars 2017

Le programme de l’Avenir en commun en BD !

 

Selon une idée originale et des dessins de Mélaka, dessinatrice et bloggueuse BD, et Reno, dessinateur de bandes dessinées et d'après un script de Méla Ka, Reno Pixellu et Olivier Tonneau, universitaire et bloggueur politique, cette initiative inédite est mise à disposition de la France insoumise pour aider à diffuser le programme qu'elle et son candidat Jean-Luc Mélenchon défendent, l'Avenir en commun.  

Découvrez plus de 40 planches BD sur les thèmes de la démocratie, l'écologie, le partage des richesses et l'Europe.

Version pdf 

 

30 octobre 2016

Solidarité réfugiés, l'image du jour


19 octobre 2016

Exaspérés par l'inaction de leurs élus, des citoyens ouvrent un centre d'accueil pour les réfugiés


Face à l'inertie des pouvoirs publics, des habitants de la vallée de la Roya ont décidé de prendre les devants et d’ouvrir un centre d’accueil aux migrants qui franchissent la frontière franco-italienne.

Suite sur Politis

18 juin 2016

Keny Arkana : « Sans un effort de bienveillance, la guerre civile nous attend »






Violences policières, Notre-Dame-des-Landes, Front national, Nuit debout mais aussi écologie, Pierre Rabhi, spiritualité et zapatisme… la rappeuse marseillaise Keny Arkana a accordé à Reporterre un entretien. Redoutant une guerre civile, elle souhaite une ouverture des consciences à la bienveillance...


Lire l'entretien sur Reporterre  
 

9 juin 2016

Le néolibéralisme est un fascisme


Le temps des précautions oratoires est révolu ; il convient de nommer les choses pour permettre la préparation d’une réaction démocrate concertée, notamment au sein des services publics.

Le libéralisme était une doctrine déduite de la philosophie des Lumières, à la fois politique et économique, qui visait à imposer à l’Etat la distance nécessaire au respect des libertés et à l’avènement des émancipations démocratiques. Il a été le moteur de l’avènement et des progrès des démocraties occidentales.

Le néolibéralisme est cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme.

Le fascisme se définit comme l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste.

Je prétends que le néolibéralisme est...
 
Suite sur Le Soir.be .. 
 

10 décembre 2015

L'éveil (documentaire)

URGENT - À RENDRE VIRAL 

  

8 janvier 2015

JE SUIS..........................


 Par Cathy Garcia, sur Délit de poésie | 8 janvier 2015

Je suis aussi le sans nom qui meurt chaque seconde, assassiné par notre avidité, je suis le sans papier refoulé, ceux qui gisent au fond de la Méditerranée, je suis l'enfance massacrée, l'adolescence prise au piège, la femme battue, l'affamé, l'assoiffé, le muselé, le prisonnier torturé, l'innocence exécutée, la pauvreté incarcérée, je suis le rein, les yeux, les organes subtilisés, l'étranger humilié, l'humanité trahie, exploitée, violée, l'animal martyrisé, l'arbre abattu, la fleur écrasée, le grain détruit, les terres volées, les eaux empoisonnées, je suis la douleur et la souffrance de toutes et tous, mais aussi l'indifférence, l'égoïsme, le mensonge, l'aveuglement, l'injustice, le préjugé....................
etc etc etc......................

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mais encore :

Dans sa définition commune, la présomption d’innocence signifie qu’un individu, même suspecté de la commission d’une infraction, ne peut être considéré comme coupable avant d’en avoir été jugé tel par un tribunal.

Juridiquement, la présomption d’innocence est un principe fondamental qui fait reposer sur l’accusation (c’est-à-dire le procureur de la République) la charge de rapporter la preuve de la culpabilité d’un prévenu.

Le principe de la présomption d’innocence est garanti par de multiples textes : il apparaît notamment dans la Déclaration de droits de l’homme de 1789, dans la Convention européenne des droits de l’homme, et, depuis une loi de 2000, il est placé en tête du code de procédure pénale.

Voir en ligne,  http://delitdepoesie.hautetfort.com/archive/2015/01/08/je-suis-5528889.html

6 janvier 2015

Les coopératives ont le vent en poupe dans le monde



Les entreprises participatives, qui tiennent leur sommet mondial jusqu’à demain à Québec, offrent un remède à la crise financière et économique 
car elles font « de l’humain l’élément central ». Pauline Green, présidente de l’Alliance internationale des coopératives, y croit dur comme fer. 
 
Suite, Pauline Green : «On assiste à une renaissance des coopératives dans le monde, à lire sur l'Humanité.fr ... 
 

6 octobre 2014

Le discours de Thomas Sankara à l’Onu


Le Comptoir | Par Ludivine Bénard |

Ce samedi 4 octobre 1984, il y a trente ans, jour pour jour, Thomas Sankara, leader de la révolution du Burkina Faso et alors président du pays, tient un discours mémorable à New York, au siège de l’Organisation des nations unies. 

Dénonçant l’impérialisme occidental, le capitaine s’adresse à tous : les noirs, les Indiens, les chômeurs, les femmes, les mères, les artistes, les enfants, les journalistes, les sportifs, les malades. Au nom de tous les « laissés-pour-compte » parce qu’en tant qu’« homme, rien de ce qui est humain ne [lui] est étranger. »
 
Cet anniversaire, nous tenions à le rappeler, à le commémorer. Parce qu’il nous tient à cœur, comme tous les combats pour l’affranchissement et l’égalité de tous les hommes, pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, pour lutter contre l’asservissement et la domination d’un peuple sur l’autre, d’une caste sur une autre, d’une classe sur une autre. Et parce qu’aujourd’hui encore, il reste plus que jamais d’actualité. « La patrie ou la mort, nous vaincrons ! »

Thomas Sankara incarne et dirige la RDP, la Révolution démocratique et populaire du Burkina Faso. Celle-ci débute le 4 août 1983 et se prolonge jusqu’au 15 octobre 1987, date à laquelle le capitaine est assassiné à Ouagadougou, lors d’un coup d’État organisé par les hommes de son ami et ancien camarade de l’École militaire inter-armée camerounaise, Blaise Compaoré.

Le fondateur du « pays des hommes intègres »

Anti-impérialiste, panafricaniste et tiers-mondiste, l’officier œuvrera toute sa vie pour son pays, auquel il donnera même un nouveau nom. La Haute-Volta, ce relent de la colonisation, devient avec lui le Burkina Faso, une appellation issue d’un mélange de dialectes du pays, le moré et le dioula, qui renoue alors, du moins sémantiquement, avec la tradition africaine. Ainsi naquît ce qui signifie alors littéralement le « pays des hommes intègres ». Mais le capitaine est aussi le meneur d’une politique progressiste, qui tient à modifier la société en profondeur, faisant fi des traditions de la plus grande partie de la population.
Souhaitant redonner le pouvoir au peuple, s’inscrivant dans une logique de démocratie participative, il crée les Comités de défense de la révolution (CDR), ouverts à tous, qui assurent la gestion des questions locales et organisent les grandes actions. Il veut alors rompre avec la société traditionnelle, fortement inégalitaire, en tentant d’affaiblir le pouvoir des chefs de tribus et en cherchant à améliorer le statut des femmes. Visionnaire, il plaide déjà pour une égalité entre les femmes et les hommes, et sera à l’origine, par exemple, de l’instauration d’une journée où ce sont les hommes qui doivent se rendre au marché à la place des femmes. Symbolique peut-être, précurseur définitivement.

Luttant tout aussi bien contre la corruption que pour l’amélioration de l’accès à l’éducation et à la culture, la politique du Burkinabè vise l’affranchissement et le bien-être de la population. La politique sankariste veut réduire la malnutrition, la soif (les CDR sont alors chargés de construire, en masse, des puits et des retenues d’eau), la diffusion des maladies grâce aux politiques de « vaccinations commandos », à destination des enfants, qu’ils soient burkinabè ou non. Il fait de la lutte contre l’analphabétisme un combat majeur : le taux d’analphabétisme serait passé sous sa gouvernance de 95 % à 80 % pour les hommes, et de 99 % à 98 % pour les femmes, notamment grâce aux « opérations alpha ». Dans le même temps, de nombreux agents de l’État accusés, à tort ou à raison, de manquer à leur devoir sont licenciés et l’État est tenu de réduire son train de vie : avec lui, et c’est une initiative unique à ce jour en Afrique, les luxueux véhicules présidentiels sont vendus au profit de basiques Renault 5 tandis que le Président fait tous ses voyages en classe touriste, à bord du fameux « avion-stop ». Le capitaine, clairvoyant, a aussi institué la coutume de planter un arbre à chaque grande occasion pour lutter contre la désertification.

Pour la liberté et l’égalité, au nom de tous les « laissés-pour-compte »

Ce 4 octobre 1984, il a tenu, selon son habitude, à visiter le quartier difficile d’Harlem (et d’y faire un discours) avant d’arriver au siège new-yorkais de l’ONU pour cette 39e session de l’Assemblée générale de l’organisation. La voix de Thomas Sankara s’élève alors, forte et fière, réassurant le droit des peuples de manger à leur faim, de boire à leur soif, de s’éduquer. Toujours aussi radicalement insoumis à tous les paternalismes, auxquels sa soumission servile lui aurait sûrement permis de conserver le pouvoir dans cette période post-coloniale, le capitaine réaffirme, avec beaucoup de véhémence, sa volonté de lutter contre toutes les oppressions, y compris, contre celle des Américains sur les Indiens, alors même qu’il se trouve à New York.

Voici son discours :
« Permettez, vous qui m’écoutez, que je le dise : je ne parle pas seulement au nom de mon Burkina Faso tant aimé mais également au nom de tous ceux qui ont mal quelque part.
Je parle au nom de ces millions d’êtres qui sont dans les ghettos parce qu’ils ont la peau noire, ou qu’ils sont de cultures différentes et qui bénéficient d’un statut à peine supérieur à celui d’un animal.
Je souffre au nom des Indiens massacrés, écrasés, humiliés et confinés depuis des siècles dans des réserves, afin qu’ils n’aspirent à aucun droit et que leur culture ne puisse s’enrichir en convolant en noces heureuses au contact d’autres cultures, y compris celle de l’envahisseur.
Je m’exclame au nom des chômeurs d’un système structurellement injuste et conjoncturellement désaxé, réduits à ne percevoir de la vie que le reflet de celle des plus nantis.
Je parle au nom des femmes du monde entier, qui souffrent d’un système d’exploitation imposé par les mâles. En ce qui nous concerne, nous sommes prêts à accueillir toutes suggestions du monde entier, nous permettant de parvenir à l’épanouissement total de la femme burkinabè. En retour, nous donnons en partage, à tous les pays, l’expérience positive que nous entreprenons avec des femmes désormais présentes à tous les échelons de l’appareil d’Etat et de la vie sociale au Burkina Faso. Des femmes qui luttent et proclament avec nous, que l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère et nous en appelons à toutes nos sœurs de toutes les races pour qu’elles montent à l’assaut pour la conquête de leurs droits.
Je parle au nom des mères de nos pays démunis qui voient mourir leurs enfants de paludisme ou de diarrhée, ignorant qu’il existe, pour les sauver, des moyens simples que la science des multinationales ne leur offre pas, préférant investir dans les laboratoires de cosmétiques et dans la chirurgie esthétique pour les caprices de quelques femmes ou d’hommes dont la coquetterie est menacée par les excès de calories de leurs repas trop riches et d’une régularité à vous donner, non, plutôt à nous donner, à nous autres du Sahel, le vertige. Ces moyens simples recommandés par l’OMS et l’UNICEF, nous avons décidé de les adopter et de les populariser.
Je parle aussi au nom de l’enfant. L’enfant du pauvre qui a faim et louche furtivement vers l’abondance amoncelée dans une boutique pour riches. La boutique protégée par une épaisse vitre. La vitre défendue par une grille infranchissable. Et la grille gardée par un policier casqué, ganté et armé de matraque. Ce policier placé là par le père d’un autre enfant qui viendra se servir ou plutôt se faire servir parce que présentant toutes les garanties de représentativité et de normes capitalistiques du système.
Je parle au nom des artistes – poètes, peintres, sculpteurs, musiciens, acteurs – hommes de bien qui voient leur art se prostituer pour l’alchimie des prestidigitations du show-business.
Je crie au nom des journalistes qui sont réduits soit au silence, soit au mensonge, pour ne pas subir les dures lois du chômage.
Je proteste au nom des sportifs du monde entier dont les muscles sont exploités par les systèmes politiques ou les négociants de l’esclavage moderne.
Mon pays est un concentré de tous les malheurs des peuples, une synthèse douloureuse de toutes les souffrances de l’humanité, mais aussi et surtout des espérances de nos luttes.
C’est pourquoi je vibre naturellement au nom des malades qui scrutent avec anxiété les horizons d’une science accaparée par les marchands de canons. Mes pensées vont à tous ceux qui sont touchés par la destruction de la nature et à ces trente millions d’hommes qui vont mourir comme chaque année, abattus par la redoutable arme de la faim…
Je m’élève ici au nom de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils pourront faire entendre leur voix et la faire prendre en considération, réellement. Sur cette tribune beaucoup m’ont précédé, d’autres viendront après moi. Mais seuls quelques-uns feront la décision. Pourtant nous sommes officiellement présentés comme égaux. Eh bien, je me fais le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils peuvent se faire entendre. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés-pour-compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger. »***
Écouter l'enregistrement du discours

 Liens:
*** Thomas Sankara cite ici le poète latin d’origine berbère Térence : « Homo sum ; humani nihil a me alienum puto » : « Je suis un homme ; je considère que rien de ce qui est humain ne m’est étranger » (L’Héautontimorouménos, v. 77).
 

20 juillet 2014

L'humanité de demain

Abdallah Belhaimer - Gaza

Ceux qui de jours en jours scrutent l'info, qu'elle soit nationale ou mondiale, sont peut-être tentés - comme je le suis - parfois de jeter l'éponge, tant elle suscite l'atterrement, le dégoût et la colère. 

Face à cette actualité d'un monde (re)devenu fou, aboyée en premier lieu par une presse arrogante [aux ordres d'un pouvoir transnational mortifère servi par une caste de politiciens sans scrupules] se faisant le relais d'un discours menteur, dur, guerrier, dans lequel la haine de l'autre, du pauvre, de l'étranger, du pays non-aligné, est instillé à dose quotidienne; où l'inégalité criante, les génocides et les conquêtes, sont normalisés, banalisés, voire occultés, et ce avec le silence complice de populations majoritairement passives, on ne peut éprouver à l'égard du genre humain, qu'effarement, inquiétude ou désespérance.  

A moins que ...

Il y a ce fil en apparence ténu et fragile, celui que Lucien Jaques déroule à travers le champ de ruine de son époque, un fil qui s'arrête sur des riens : un regard, un geste d'amitié, un rire, une étoile... Un fil qui avec ces énormes petits riens, tisse l'humanité de demain. 


JE CROIS EN L’HOMME

Je crois en l’homme, cette ordure,
je crois en l’homme, ce fumier,
ce sable mouvant, cette eau morte ;

je crois en l’homme, ce tordu,
cette vessie de vanité ;
je crois en l’homme, cette pommade,
ce grelot, cette plume au vent,
ce boutefeu, ce fouille-merde ;
je crois en l’homme, ce lèche-sang.

Malgré tout ce qu’il a pu faire
de mortel et d’irréparable,
je crois en lui,
pour la sûreté de sa main,
pour son goût de la liberté,
pour le jeu de sa fantaisie,

pour son vertige devant l’étoile,
je crois en lui
pour le sel de son amitié,
pour l’eau de ses yeux, pour son rire,
pour son élan et ses faiblesses.

Je crois à tout jamais en lui
pour une main qui s’est tendue.
Pour un regard qui s’est offert.
Et puis surtout et avant tout
pour le simple accueil d’un berger.

Lucien Jacques
Extrait de « C’était hier et c’est demain »
Ed. Seghers, 2004

Lucien Jacques (1891-1961) était artisan, berger au Contadour et à Montlaux durant la guerre, ami intime de Giono. Pacifiste, passionné par les arts, il dit dans ses poèmes sa foi en l'homme. C’est aussi mon credo.
 source 




12 juillet 2014

Désarmons le 14 juillet 2014 ... Faisons lui sa fête !


Cet appel est collectif car imaginé à plusieurs, il ne vient ni d'un parti, ni d'un syndicat, ni d'une association, mais de simples êtres humains qui ne veulent pas, encore une fois, regarder les militaires parader, sans rien faire...

La pétition


RDV à partir de midi sur la place d'Aligre (75012 Paris), pour une journée festive, poétique, musicale, pacifique, sans armes, sans gaz, sans défilé de féroces soldats, etc... ouverte à toutes et tous !

(Note: Le lieu de Rdv était initialement prévu à la caserne Reuilly (ex caserne militaire), pour des raisons stratégico/pratiques nous avons décidé de changer de lieu de rassemblement...)

Nous souhaitons dédier cette initiative à toutes et tous les absent.e.s, toutes et tous les « mort.e.s pour rien », tous les prisonniers et prisonnières, les victimes des génocides, de l'esclavage salarié, du colonialisme, de la françafrique, des viols, du sexisme, du racisme, de toutes les discriminations, de cette guerre sans fin du chacun pour soi que nous souhaitons voir finir enfin !


Le 14 juillet, c'est aussi la sainte "Camille", surnom que se donnent les résistant.e.s de la ZAD, la Zone A Défendre de Notre Dame des Landes,nous dédions également cette journée aux trop nombreuses victimes de la répression d' État, les mutilé.e.s, les enfermé.e.s, les assassiné.e.s ! Moralité : appel à toutes les Camille !

Cet appel est collectif car imaginé à plusieurs, il ne vient ni d'un parti, ni d'un syndicat, ni d'une association, mais de simples êtres humains qui ne veulent pas, encore une fois, regarder les militaires et leurs armes parader, sans rien faire, sans montrer "autre chose"...

Notre fête ne sera donc pas celle d'organisateurs ou d'organisatrices, de chefs ou de leaders. Cette fête sera celle de toutes et tous, pour que nos complémentarités s'expriment, que nos différences nous renforcent, que nos libertés se multiplient ! (Pour nous contacter, nous rejoindre, proposer, nous nous réunissons toutes les 48h... rejoignez nous 06 52 00 17 74 / 06 27 47 15 32 / desarmonsle14@hotmail.com)




Habitantes et habitants de la Terre ce message est pour Nous !

Nous les "civils, Nous avec ou sans papiers, Nous Voyageurs et Voyageuses, Blacks, Blancs, Beurs, Nous Français ou pas, Nous en musique, Nous en danses, Nous en chants, Nous en rythmes, Nous en arts et en plastiques, Nous en paix et en joie, Nous en simplicité et en gaîté, Nous en poésies, Nous...

Nous, d'où que nous venions, où que nous allions, quelles que soient nos orientations sexuelles, religieuses, Nous qui savons que nos différences sont autant de richesses...

Nous, humbles passagers du vaisseau spatial Terre...





Nous, les gens de paix, les gens de partages, les gens de solidarité, Nous qui construisons pierre par pierre le monde de demain... Nous qui savons que l'Humanité entière doit faire face à d'immenses défis...

Nous qui refusons plus que jamais la "sainte concurrence"entre les peuples, les frontières qui nous séparent et la guerre totale du chacun.e pour soi.

Nous qui ne voulons pas ou plus marcher au pas, bien rangés derrière les ordres, les chefs et les musiques militaires, les chars, les tanks, les missiles, les bombes nucléaires, les guerres soit disant humanitaires, soit disant propres, où "les gentils occidentaux" impose la fausse démocratie à coup de bombardements, où 95% des morts sont des civils...





Nous qui ne supporterons plus longtemps que moins de 100 multimilliardaires ultras riches possèdent autant que plus de 3 milliards de personnes !

Nous qui avons des millions de raisons d'être en colère dans ce pays et sur cette Terre face aux crimes de nos gouvernements contre les peuples, contre nos enfants, contre nos avenirs et contre la Terre !

Nous qui savons que le budget annuel des armées est en constante augmentation et représente 1200 milliards d'euros... alors que 240 petits milliards pourraient éradiquer la faim dans le monde, permettre l'accès à l'éducation et à la santé de base pour toutes et tous, permettre l'accès à l'eau potable et à des sanitaires pour toutes et tous sur Terre...



Nous qui savons que les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres... Nous qui savons que 15 % de la population mondiale s'accapare 85 % des richesses... Nous qui savons que tout ça ne peut plus durer... Ne pourra plus durer longtemps...

Nous qui pourrions malheureusement allonger cette liste sans fin tant les drames sont nombreux et quotidiens...

Nous et vous, toi et moi … Nous qui reconnaissons dans ce Nous.

Nous souhaitons la bienvenue à toutes et tous...


Pour les adeptes de face de book : https://www.facebook.com/events/710522465650359/  

20 mai 2014

Les trois morts de Jean jaurès


Le Grand Soir | par Maxime Vivas | 18 mai 2014


(Ce texte reprend les éléments d’une conférence faite dans le Lauragais, dimanche 18 mai 2014).
Pourquoi ont-ils tué Jaurès a chanté Jacques Brel en 1977. La chanson est reprise par la suite par Manu Dibango puis par Francesca Solleville, et par Zebda …On ne compte plus les noms de rues, ou de places, ou d’écoles qui portent le nom de Jaurès. Il y a aussi des stations de métro ( Paris, Toulouse). Des milliers d’articles ont été écrits sur lui, des centaines de livres lui ont été consacrés, des films, des thèses. Aujourd’hui, chacun le revendique.
Le double risque est de parler à la place des morts ou de les faire taire. Je vais esquiver ces travers en laissant parler Jaurès lui-même. Mon propos sera lacunaire, mais pas manipulatoire.
Il y a chez moi une part de subjectivité que j’assume d’autant mieux que ceux qui se prétendent objectifs ne le sont jamais. Personne n’ignore qu’il n’y a pas d’esprit neutre, d’intelligence cristalline qui restitue la lumière sans la déformer.


Au cours des quelques minutes que vous avez aimablement décidé de passer avec moi (et je vous en remercie), je vais vous parler des trois assassinats de Jaurès.

- Le premier est connu, il s’est passé au café du Croissant à Paris, j’en dirai un mot.
- Le deuxième est méconnu et je m’y attarderai donc davantage.
- Le troisième est inconnu, anecdotique peut-être, encore que la folie guerrière est toujours porteuse de douleur. Je vous en parlerai brièvement pour terminer par une touche d’émotion.

Pendant la journée du vendredi 31 juillet 1914, Jaurès tente, d’abord à la Chambre des Députés, puis au ministère des Affaires étrangères, de stopper le déclenchement des hostilités. En fin d’après-midi, il se rend à son journal, L’Humanité qu’il a créé en 1904.

Par parenthèse, ce quotidien, l’Humanité, présente quelques particularités : sa longévité et son ancrage obstiné à gauche. C’est à ce jour un des rares quotidiens d’opinion (avec la Croix) et le seul quotidien porteur d’idées de gauche en France (sauf à considérer que Libération n’a trahi ni son fondateur, Jean-Paul Sartre, ni la gauche, en approuvant depuis 20 ans toutes les guerres de l’OTAN).

Donc, Jaurès le pacifiste doit rédiger à l’Humanité un article, qu’il conçoit comme un nouveau « J’accuse ». Avant la nuit de travail qui s’annonce, il descend avec ses collaborateurs pour dîner au Café du Croissant, au 146 rue Montmartre à Paris (2e arrondissement).

Il est assis sur une banquette le dos tourné à une fenêtre, ouverte car il fait chaud.
Depuis la rue, Raoul Villain, un jeune ultra-nationaliste d’extrême droite, écarte le rideau, il est armé d’un revolver, il tire deux fois. Une balle atteint à la tête le tribun socialiste qui s’affaisse aussitôt.

L’auteur des coups de feu tente de s’enfuir vers la rue de Réaumur, mais il est vu par un metteur en page de L’Humanité, qui le poursuit, l’assomme avec un coup de sa canne et l’immobilise au sol avec l’aide d’un policier.
Cet assassinat, qui a lieu trois jours avant le début de la Première Guerre mondiale, facilite et précipite le déclenchement des hostilités, notamment en permettant le ralliement de la gauche, y compris de certains socialistes qui hésitaient, à l’« Union sacrée » (contre les boches !).

Dans une lettre adressée à son frère depuis la prison de la Santé le 10 août 1914, le meurtrier affirme : « j’ai abattu le porte-drapeau, le grand traître de l’époque de la loi de trois ans, la grande gueule qui couvrait tous les appels de l’Alsace-Lorraine ».
Il se glorifiera aussi de son crime en écrivant à un ami : « J’ai fait taire la grande gueule qui couvrait les appels de l’Alsace-Lorraine ! ».
Il va passer toutes les années de guerre à l’abri d’une prison tandis que les jeunes tombent au front par centaines de milliers. La guerre terminée, son procès s’ouvre (le 24 mars 1919). Le jury populaire doit répondre à deux questions.

1°) Villain est-il coupable d’homicide volontaire sur Jaurès ?
2°) cet homicide a-t-il été commis avec préméditation ?

Après une courte délibération, par onze voix contre une, le jury se prononce par la négative. Raoul Villain est acquitté. Le président ordonne sa mise en liberté. La Cour condamne la veuve de Jaurès aux dépens du procès.

Non seulement l’assassin de son mari est déclaré innocent, mais elle est financièrement sanctionnée.

On mesure la puissance de la propagande médiatico-politique qui a déferlé pendant plus de 4 ans et qui a conduit un jury populaire à cette sentence aberrante.

En réaction, Anatole France (qui avait dit ailleurs : « On croit mourir pour sa patrie, on meurt pour des industriels. ») adresse une lettre à la rédaction de L’Humanité parue le 4 avril : « Travailleurs, Jaurès a vécu pour vous, il est mort pour vous. Un verdict monstrueux proclame que son assassinat n’est pas un crime. Ce verdict vous met hors la loi, vous et tous ceux qui défendent votre cause. Travailleurs, veillez ! ».

Après quelques péripéties, l’assassin va choisir, prudemment, de quitter la France et de se fixer en Espagne où, en 1936, le général Franco déclenche un putsch fasciste qui ouvrira une époque de malheur dans la pire des guerres, la guerre civile. Des Républicains anarchistes arrêtent Villain, qui leur semble suspect. Ils l’interrogent, ils découvrent son passé et le fusillent sans autre forme de procès. Jaurès est vengé. Parfois, on peut aimer les anarchistes, en tout cas ceux-là qui ont su corriger le verdict de jurés français sans doute férocement apolitiques.

Donc, Jaurès est mort. Un mythe est né. Ou un héros. Les morts sont tous des braves types... Tous les courants de pensée qui l’avaient combattu ou qui le combattraient aujourd’hui encensent le pacifiste et le réduisent à cela : au pacifisme et à un socialisme non défini.

En Russie, un certain Vladimir Illich Oulianov, dit Lénine a écrit : « Du vivant des grands révolutionnaires, les classes d’oppresseurs les récompensent par d’incessantes persécutions ; elles accueillent leur doctrine par la fureur la plus sauvage, par la haine la plus farouche, par les campagnes les plus forcenées de mensonges et de calomnies. Après leur mort, on essaie d’en faire des icônes inoffensives, de les canoniser pour ainsi dire, d’entourer leur nom d’une certaine auréole afin de « consoler » les classes opprimées et de les mystifier ; ce faisant, on vide leur doctrine révolutionnaire de son contenu, on l’avilit et on en émousse le tranchant révolutionnaire ».

Quand on a fait entrer Jaurès au Panthéon, Paul Vaillant-Couturier, rédacteur en chef de l’Humanité a écrit dans son éditorial du 23 novembre 1924 qu’il s’agissait du « deuxième assassinat de Jaurès.

Paul-Vaillant Couturier : « Panthéoniser Jaurès sous le régime de la plus crasseuse bourgeoisie officiant sous les ordres des banquiers américains, remettre aux radicaux - ennemis déclarés de Jaurès vivant - le soin de glorifier Jaurès assassiné, ne voir en Jaurès - ce bouillonnement d’idées, ce renouvellement torrentueux - que l’homme d’une démocratie réformiste figée, c’est bien comme disent ceux du Cartel, faire « un geste réformiste symbolique » !

Et il ajoute : « Ils n’honorent pas Jaurès. Ils le salissent. Ils l’affadissent. Ils le maquillent. Ils s’acharnent à rapetisser l’honnête homme à leur taille de politiciens misérables. (...) ».

Jaurès disait-il autre chose en fustigeant ceux qui, je cite :
« …ne me reprocheraient rien si je m’étais, en effet, toujours tenu dans des généralités. Si je m’étais toujours borné à dire : « Il faut protéger les humbles, il faut plus de justice, plus de solidarité » ; je serais peut-être à leurs yeux un homme pratique. Les hommes pratiques, aux yeux de quelques dirigeants, sont ceux qui emploient quelques mots humanitaires pour amorcer les suffrages du peuple, et qui, sous ces mots, ne mettent aucun sentiment ardent, aucune idée précise qui puisse inquiéter les privilégiés » ? (In « La politique », La Dépêche, 23 janvier 1890).

Dans le même ordre d’idée (je fais une digression), il y a quelques mois, le monde entier a rendu hommage à Nelson Mandela, hommage qui s’est focalisé sur son courage pendant 27 ans de prison et sa capacité à réconcilier l’Afrique du Sud quand il en est devenu le président. Mais Nelson Mandela a été emprisonné parce qu’il était, non seulement un noir qui militait pour l’égalité des droits avec les blancs, la fin de l’apartheid, mais aussi parce qu’il était communiste. Et dans son admirable discours d’hommage devant sa dépouille, le président Barack Obama a simplement oublié de mentionner ce détail-là et cet autre : jusqu’en 2008, Nelson Mandela figurait sur la liste des terroristes répertorié par les Etats-Unis d’Amérique. Les morts sont tous de braves types (bis).

Ce constat d’occultation de ce que fut Nelson Mandela (couvrez ce sein politique que je ne saurais voir) s’applique aussi à Jean Jaurès, et c’est bien là son deuxième assassinat.

Alors, je vais maintenant vous dire sur lui des choses connues et d’autres qui ne sont pas souvent dites.

Jaurès est né à Castres, à 80 km d’ici, le 3 septembre 1859. Il est mort assassiné à Paris le 31 juillet 1914. Ses parents sont pauvres et il se destine à l’administration des Postes. Mais un inspecteur général lui obtient une bourse grâce à laquelle il fréquentera le lycée Louis-le-Grand à Paris et l’École normale supérieure. Il sera agrégé de philosophie et il enseignera à la fac de lettres de Toulouse. Il est reçu docteur ès lettres en 1892.
Il s’est marié en 1886 avec une fille d’un commerçant d’Albi, dont il aura deux enfants : Madeleine et Louis.

Jean Jaurès entre en politique à 25 ans comme candidat républicain aux élections législatives de 1885. Il est élu et siège à l’assemblée nationale parmi les républicains « opportunistes ». Il sera ensuite battu plusieurs fois. Il sera conseiller municipal de Toulouse, maire adjoint.

En 1892, éclate la grande grève des mineurs de Carmaux, pour cause de licenciement par la Compagnie des mines de Jean-Baptiste Calvignac - ouvrier mineur, leader syndical et socialiste qui venait d’être élu maire de Carmaux. Le prétexte motivant le licenciement se trouve dans les absences de Jean-Baptiste Calvignac causées par ses obligations d’élu municipal. Ce licenciement est considéré par les mineurs comme une remise en cause du suffrage universel et des droits réels de la classe ouvrière à s’exprimer en politique.

Les ouvriers se mettent en grève pour défendre « leur » maire. Le président Sadi Carnot envoie l’armée (1 500 soldats) au nom de la « liberté du travail ».
Dans ses articles à la Dépêche, (il en écrira plus de 1300 en 27 ans de 1887 à sa mort, sous son nom ou sous le pseudonyme « Le Liseur ») Jean Jaurès soutient la grève, aux côtés de Georges Clemenceau. Il accuse la République d’être aux mains de députés et ministres capitalistes favorisant la finance et l’industrie aux dépens du respect des personnes. Il aurait pu dire, mais il l’a dit autrement : « Mon adversaire, c’est la finance ».

Il participe, en 1895, à la grève des verriers d’Albi, déclenchée par le licenciement de deux syndicalistes. Cette grève aboutira à la fondation de la célèbre Verrerie ouvrière d’Albi, premier grand exemple d’entreprise autogérée.

Il fait l’apprentissage sur le terrain de la lutte des classes et du socialisme.
Au début de l’affaire Dreyfus, Jaurès est convaincu de la culpabilité du capitaine Dreyfus. Il critique même la sentence de déportation, qu’il juge clémente. Par la suite, il s’engage véritablement comme défenseur de Dreyfus.
En 1902, Jean Jaurès participe à la fondation du Parti socialiste français. La même année, il reconquiert le siège de député de Carmaux qu’il conserve d’ailleurs jusqu’à sa mort. Son talent d’orateur lui permet de devenir le porte-parole du petit groupe socialiste de l’Assemblée nationale.
Jaurès et le Parti socialiste français s’engagent nettement en faveur du Bloc des gauches.

Jaurès et la fausse gauche
A son époque, la révolution bolchévique n’a pas renversé les tsars en Russie (1917) et le Parti Communiste français n’est pas né (1920). Les dérives du communisme sont apparu plus tard et Jaurès, considérant la théorie communiste et non sa perversion qu’il ne pouvait deviner peut dire : « Le communisme doit être l’idée directrice et visible de tout le mouvement. » [socialiste]. Il dénonce les « faux socialistes », socialistes « de château et de sacristie » et il les qualifie en termes particulièrement sévères : « charlatans de la réaction et du boulangisme », de « singes malfaisants ».
Jaurès n’est pas soluble dans le social-libéralisme.

La lutte des classes
Jaurès a fait sien le constat marxiste de la lutte des classes . A ce propos, précisons que Karl Marx n’a pas « inventé » la lutte des classes. Il l’a découverte. De même, Pasteur n’a pas « inventé » les microbes, Newton la loi de la gravitation et Copernic n’a pas fait tourner la terre autour du soleil.
Warren-Buffet, un des hommes les plus riches au monde a dit :
« Il y a une lutte des classes aux Etats-Unis, bien sûr, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous gagnons. » (CNN Interview, le 25 mai 2005 et New York Times, 26 Novembre 2006).

C’est pourquoi on est sidéré d’entendre Jérôme Cahuzac-les-yeux-dans-les-yeux, ministre du budget de Jean Marc Ayrault dire à Jean-Luc Mélenchon, lors d’un débat télévisé : « La différence entre vous et moi, est que vous croyez à la lutte des classes et que je n’y crois pas ».

Marx, approuvé par Jaurès (et Varren-Buffet !), a expliqué que les entreprises sont des lieux de coopération antagoniste. Coopération pour produire un bien ou un service, antagonisme parce que l’intérêt des patrons est de payer le moins possible le plus de travail possible et celui des salariés de gagner plus et de travailler moins longtemps. On sait que les syndicats ont mieux accueilli que le MEDEF la loi Aubry sur les 35 heures de travail hebdomadaire.

Jaurès et la conscience de classe
Dans son ouvrage Critique de l’Économie politique, Marx a écrit que « Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c’est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience ». Jaurès va expliciter cette pensée absconse : « …d’une part, le milieu économique, agissant sur les hommes, détermine leurs conceptions et leur conduite, non selon leur intérêt individuel clairement et immédiatement perçu, mais selon l’instinct et la loi de la catégorie sociale à laquelle ils appartiennent. Et d’autre part, le milieu économique agit sur les individus humains pour déterminer, selon la catégorie économique où ils vivent, la direction générale de leur pensée et de leur vie ».
Et : « chaque individu humain développe sa nature propre, ici égoïste et sensuelle, là affectueuse et aimante ; en sorte que l’égoïsme économique de classe qui est, selon Marx, le fond même de l’histoire, laisse subsister les désintéressements et les dévouements individuels ». (Jaurès, le socialisme est une morale » (Jaurès « Rallumer tous les soleils », éditions Omnibus,PP 221, 222).

Jaurès et la théorie de la valeur ou de la plus-value.
Jaurès retient quelques idées du marxisme il en rejette d’autres. Par exemple il repousse l’idée de la dictature du prolétariat et la théorie de la paupérisation du prolétariat. Le socialisme de Jean Jaurès mêle le marxisme aux traditions révolutionnaires et républicaines françaises.

Il retient l’idée du danger de la concentration capitaliste (on dirait aujourd’hui les oligarchies, les firmes internationales.
Il retient la théorie de la valeur.

Pour faire court et simple : on dira que si un patron revend 120 euros un produit dont la fabrication a coûté 100 euros il a réalisé une plus-value de 20 euros qui provient du travail non payé. Si l’acheteur perd 20 euros en payant trop cher, le vendeur en a gagné 20. Les gains et les pertes s’équilibrent, le négoce ne créé pas globalement de valeur. Seul le travail créé une valeur.

Le travail n’est donc pas un coût, comme le disent des politiques et les spécialistes bidons pla cravatats (1) : c’est un producteur de richesses et de bénéfices. Dire qu’il faut réduire le coût du travail, c’est un moyen de ne pas dire qu’on veut augmenter le bénéfice et les dividendes des actionnaires.

Jaurès et la démocratie dans toutes les sphères
Jaurès est évidemment favorable à des lois de protection sociale. Il veut la démocratisation de la propriété privée, et non sa destruction, et il est attentif aux mouvements coopératifs (comme on l’a vu avec la verrerie ouvrière d’Albi). Il veut un impôt fortement progressif, la centralisation de l’industrie des transports aux mains de l’Etat, il veut (en 1910 !) la retraite à 60 ans et même plus tôt pour certains métiers (reviens, Jaurès, ils sont, devenus fous).

Jaurès et le courage
On cite souvent ce mot de jean Jaurès : « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ». Ça ne mange pas de pain. C’est consensuel. On comprend bien que le courage ce n’est pas de se réfugier dans le mensonge. En vérité, il s’agit d’un extrait de son Discours à la jeunesse, prononcé en 1903. Il y dit bien d’autres choses qui vont plus loin : (Jaurès « Rallumer tous les soleils, éditions Omnibus, page 543) :
« Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre (...). Le courage, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie. Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces (...). Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant avec la vie générale (...). Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de ne pas en être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. »

Jaurès et l’internationalisme
Patriotisme et internationalisme. Pour Jaurès, ces termes, loin d’être antinomiques, sont complémentaires. «  Internationale et Patrie sont désormais liées. C’est dans l’Internationale que l’indépendance des nations a sa plus haute garantie ; c’est dans les nations indépendantes que l’Internationale a ses organes les plus puissants et les plus nobles. Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie ; beaucoup d’internationalisme y ramène ».

Jaurès et le patriotisme
L’internationalisme s’accommode donc du patriotisme et se distingue du nationalisme qui est le refus de l’autre, de l’étranger, de celui qui est différent et, par conséquent, un ennemi potentiel (le boche à l’époque de Jaurès).
Jaurès n’est pas soluble dans les théories du Front National qui prétend que Jaurès voteraient FN.

Dans le livre « Marine Le Pen amène le pire » que j’ai écrit avec mon fils aîné Frédéric, on traite longuement de cette question. On commence par citer un héros de la BD Astérix, Agecanonix qui s’écrie : « Je n’ai rien contre les étrangers, quelques-uns de mes meilleurs amis sont des étrangers. Mais ces étrangers là ne sont pas de chez nous ! »

Et on donne des noms de personnalités célèbres, ayant des origines étrangères et qui ont fait la France :
L’Italien Mazarini, plus connus sous le nom de cardinal Mazarin, dirigea la France peu de temps après avoir été naturalisé. La Polonaise Maria Salomea Skłodowska devint Marie-Curie ; naturalisée française par son mariage, elle donna à la France deux prix Nobel. Le Polonais Georges Charpak devint Français et obtint aussi un prix Nobel. Missak Manouchian un résistant Arménien, donna sa vie pour libérer notre pays. Compagnon de la Libération, le Russe Romain Gary, honora notre langue jusqu’à obtenir deux fois le prix Goncourt.

Ajoutons Severiano de Heredia, mulâtre Cubain, qui fut maire de Paris. Son cousin, José-Maria de Heredia enrichit la poésie française. Le Vénézuélien Francisco de Miranda fut un des généraux de la Révolution française.
Et la liste n’en finit plus : Jacques Offenbach, Ariane Mnouchkine, Isabelle Adjani, Zinedine Zidane, Charles Aznavour, Henri Verneuil, Paul Verlaine, Marguerite Yourcenar, Henri Michaux, Robert Badinter, Sylvie Vartan, Julia Kristeva, Francis Picabia, Pablo Picasso, Manu Chao, Samuel Beckett, Coluche, Lino Ventura, Yves Montand, Michel Piccoli, Serge Reggiani (et beaucoup d’autres… Voir « Marine Le Pen amène le pire » pp 131 à 133).
J’ajoute Nicolas Sarkozy, Manuel Valls, Anne Hidalgo. Sans oublier les inconnus, « les petits, les obscurs, les sans-grades » (Edmond Rostand, L’aiglon ) qui ont tant fait pour la construction des routes, des ponts, des écoles, des universités, des hôpitaux, des immeubles, etc. Moi-même, je suis Français par naturalisation (merci de ne pas partir).

Jaurès et les langues régionales
Jaurès acquiert la conviction que les langues régionales doivent être enseignées dans les écoles ce qu’il propose dans deux articles (« L’éducation populaire et les "patois », La Dépêche, 15 août 1911 et « Méthode comparée », Revue de l’enseignement primaire, 15 octobre 1911. Il propose de s’appuyer sur les connaissances linguistiques des enfants occitans, basques et bretons pour comparer les langues régionales au français et ainsi développer leur jugement, leur raisonnement.

Jaurès et la religion
Jaurès participe à la rédaction de la loi de séparation des Églises et de l’État (décembre 1905). Le 3 mars 1904, à la chambre des députés dans un climat de combat violent entre « la gueuse » et les catholiques, il s’écrie : « Nous combattons l’Église et le christianisme parce qu’ils sont la négation du droit humain et renferment un principe d’asservissement humain. » Néanmoins, sa femme est catholique et pratiquante et ses enfants sont baptisés. Cela lui sera reproché par ses amis anticléricaux.

En 1910, les choses s’étant un peu apaisées, la loi ayant été votée, il proclame du haut de la tribune de la Chambre : « Je ne suis pas de ceux que le mot Dieu effraye. J’ai, il y a vingt ans, écrit sur la nature et Dieu et sur leurs rapports, et sur le sens religieux du monde et de la vie, un livre dont je ne désavoue pas une ligne, qui est resté la substance de ma pensée » .

Dans sa première déclaration (de 1904), il se démarque apparemment peu de Karl Marx dont chacun connaît la sentence-couperet : « La religion c’est l’opium du peuple ». Autrement dit, la religion est un fléau. Or, Marx n’a jamais prononcé cette phrase et son opinion sur la religion était différente. Pour se soulager d’une furonculose extrêmement douloureuse, Karl Marx prenait de l’opium (les antibiotiques n’existaient pas). Dans « Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel » il a écrit ceci dont, par troncature déformante, on ne retient généralement que la fin de la dernière phrase collée aux premiers mots de l’avant-dernière : « La misère religieuse est, d’une part l’expression de la misère réelle et, d’autre part, la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, l’âme d’un monde sans coeur, de même qu’elle est l’esprit d’une époque sans esprit. C’est l’opium du peuple ».

Jaurès et les fauteurs de guerre
Le mieux est de le laisser parler : « Tandis que tous les peuples et tous les gouvernements veulent la paix, malgré tous les congrès de la philanthropie internationale, la guerre peut naître toujours d’un hasard toujours possible… Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand elle est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme une nuée dormante porte l’orage.
Messieurs, il n’y a qu’un moyen d’abolir la guerre entre les peuples, c’est abolir la guerre économique, le désordre de la société présente, c’est de substituer à la lutte universelle pour la vie — qui aboutit à la lutte universelle sur les champs de bataille — un régime de concorde sociale et d’unité. Et voila pourquoi si vous regardez non aux intentions qui sont toujours vaines, mais à l’efficacité des principes et à la réalité des conséquences, logiquement, profondément, le Parti socialiste est, dans le monde, aujourd’hui, le seul parti de la paix. » (Jaurès, reviens, ça a trop changé !).
Il parle là de se démarquer de ce qu’on appellerait de nos jours la mise en compétition des peuples, la concurrence libre et non faussée. Abolir la guerre économique, dit-il, est le seul moyen d’abolir la guerre entre les peuples.

Jaurès et la guerre comme dernier recours.
Mais si la guerre semble inévitable, qui doit en prendre l’initiative et comment ?
Voilà comment Jaurès répond à cette question dans l’article 17 d’une proposition de loi qu’il dépose :
« Tout gouvernement qui entrera dans une guerre sans avoir proposé, publiquement et loyalement, la solution par l’arbitrage, sera considéré comme traître à la France et aux hommes, ennemi public de la patrie et de l’humanité. Tout parlement qui aura consenti à cet acte sera coupable de félonie et dissous de droit. Le devoir constitutionnel et national des citoyens sera de briser ce gouvernement et de le remplacer par un gouvernement de bonne foi [...] ».

Jaurès et le socialisme fraternel
Jaurès prônait la création d’une « cité nouvelle » ouverte, à tous, y compris aux prolétaires, aux miséreux, aux créatures accablées par le malheur, aux âmes d’un monde sans coeur dont parlait Marx : « Votre visage est creusé par la souffrance, pâli par la faim ; il est même comme abêti par l’ignorance, ou flétri par le vice. Mais qu’importe le passé mauvais ? C’est visage d’homme : Entrez. Dans ces deux yeux il y a lueur humaine : Entrez ! c’est ici la cité des hommes » (Jaurès « Rallumer tous les soleils », éditions Omnibus, p 214).

Conclusion d’étape :
Passer sous silence ce que disait Jean Jaurès sur le socialisme, la lutte des classes, la conscience de classe, la théorie de la plus-value, l’internationalisme, le courage politique, les fauteurs de guerre, les dangers à opposer les peuples dans des compétitions économiques, l’obligation de rechercher la paix jusqu’au bout, l’utilité de la démocratie économique et des organisations coopératives, l’appropriation collective de secteurs clés (comme les transports), le respect des cultures régionales, l’âge de la retraite, etc., c’est effectivement le tuer une deuxième fois. Y ont excellé tous ceux qui se revendiquent de son héritage sans nous montrer cet héritage. On en voit, on en voit beaucoup, on en voit trop et dans trop d’endroits qui encensent en Jaurès un homme d’Etat dont ils ne voudraient même pas comme camarade de parti ou comme sous-ministre chargé de la culture du pastel.

Le troisième assassinat de Jaurès.
Louis Jaurès, fils de Jean Jaurès est né le 27 août 1898. L’adolescent s’engage par anticipation, fin 1915, parce que « quand on a l’honneur d’être le fils de Jaurès, on doit donner l’exemple. L’internationalisme philosophique n’est point incompatible avec la défense de la patrie quand la vie de celle-ci est en jeu. »
C’est presque mot pout mot cette pensée du père : « Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie ; beaucoup d’internationalisme y ramène ».
Le 3 juin 1918, aspirant au 10e bataillon de chasseurs à pied, il est gravement blessé à Chaudun, dans l’Aisne et il meurt quelques heures plus tard à Pernant.
En 4 ans, la guerre aura enlevé à Louise Jaurès, son mari et son fils.
Poursuivant en bloc les Jaurès jusque dans la tombe, le maire de la commune de Pernant refuse que le corps du jeune homme soit inhumé là où il est mort et qu’une stèle à sa mémoire soit érigée après-guerre. Car ce patriote mort au combat portait le nom de Jaurès. Jaurès, un socialiste authentique, un partageux, un ami des gueux.
Il faudra attendre le 15 novembre 1936 pour que le président du conseil, le socialiste Léon Blum puisse inaugurer une stèle à sa mémoire à Chaudun (Aisne), pas à Pernant.
Jean Jaurès qui trouvait que Marx se trompait parfois aurait pu dire que Lénine se trompait aussi en écrivant que les ennemis de la bourgeoisie sont persécutés de leur vivant et canonisés ensuite.
Parfois, la haine de classes ne connaît pas de fin.
Merci de m’avoir écouté et « Vive la sociale ! ».

Maxime Vivas , 18 février 2014.

1) Bien cravatés. Expression occitane péjorative.


 

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