8 avril 2020

COVID-19 : France 10.328 morts, Allemagne 2.016 (cherchez l’erreur !)


Il est des comparaisons cruelles qui se passent de commentaires…

L’erreur, la voilà !
 

23 juillet 2016

Des chars allemands à 150 km de Leningrad

au hasard du net, photo d'archive

(...) Aujourd’hui, 72 ans après l’échec allemand devant Leningrad, des blindés allemands, frappés de la croix de fer, héritée de la Wehrmacht et restée le symbole de la Bundeswehr, se déploient, une nouvelle fois, à 150 km de la ville. Précisément dans les pays baltes – aujourd’hui dirigés par des gouvernements d’extrême-droite – d’où ils lancèrent l’offensive vers Leningrad. (...)
-extrait-

Lire l'analyse de Raoul Marc Jennar 
 

20 juin 2016

Douze millions de pauvres : l’échec du « modèle allemand » ?


Le « modèle allemand » est souvent présenté comme un idéal à suivre : faible taux de chômage, exportations records, plus gros PIB européen…mais que cache vraiment ce « modèle » ? Selon une association allemande d’aide sociale, la barre record des douze millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté vient d’être franchie. Pauvreté, inégalités, bas salaires, services publiques atrophiés, de nombreux allemands sont obligés de cumuler deux emplois pour boucler leurs fins de mois. Explications. ...
 
Lire sur Mr Mondialisation 
 

20 juillet 2015

“Grèce : une guerre qui ne dit pas son nom” (vidéo)



Arme de destruction massive, armes légères, armée de réservistes, victimes, perte de souveraineté, complices et résistants, conquête et appropriations… Tout y est !
Dans quelques instants sur votre écran, le dernier MiniShow :
“Grèce : une guerre qui ne dit pas son nom” avec Gérard Foucher
https://www.youtube.com/watch?v=A8u2daNS49o


18 juillet 2015

La gauche et l’euro : liquider, reconstruire



Frédéric Lordon

1. L’euro interdit radicalement toute politique progressiste possible.

2. S’il en était encore besoin, le traitement criminel infligé à la Grèce en six mois de brutalisation (rebaptisée « négociation ») prouve que l’entreprise de « transformer l’euro », ou l’hypothèse d’un « autre euro possible », sont des chimères qui, par désillusions successives, ne mènent qu’à l’impasse et à la désespérance politiques.

3. Abandonner aux extrêmes-droites (qui au demeurant n’en feront rien [1]…) toute perspective politique d’en finir avec l’euro et ses institutions est une faute politique qui condamne les gauches européennes à l’impuissance indéfinie.

4. Sauf à continuer de soupirer après ce qui n’arrivera pas — un « autre euro » et l’« Europe sociale » qui va avec — le réarmement des gauches européennes passe donc impérativement par l’imagination de l’après-euro.

L’avenir de la gauche se joue entre ces quatre propositions. 
 
 

14 juillet 2015

« Jamais je ne pourrai voter et légitimer le contenu de l’accord »




Discours de Zoé Konstantopoulou, présidente du parlement grec, sur le projet soumis par le gouvernement aux créanciers le 11/07/2015

29 septembre 2014

Quand la presse-Système fait sa propre satire (+vidéo)




Dedefensa | 29 septembre 2014

Quand la presse-Système fait sa propre satire

La chaîne allemande ZDF (2ème chaîne publique) est évidemment et effectivement une chaîne télévision de grande audience. Nul doute que, pour notre classement, il soit justifié de placer au cœur de ce que nous nommons “presse-Système” une chaîne télévisée de cette puissance, d’un statut officiel dépendant du gouvernement allemand. Pourtant, cette chaîne a produit un programme sous le nom de Die Anstalt (“l’Institution”), avec une séquence de huit minutes sur “la guerre de l’information en Ukraine”. Cette séquence est une satire de tous les bobards sur la crise et la guerre ukrainiennes, justement diffusés par la presse-Système. La séquence est accessible par divers liens, notamment sur le “Saker-français” (et visible sur cette page: note d'Alter du Lot) le 29 septembre 2014, avec ce commentaire et ces informations :

«Programme satirique allemand sur la guerre de l’information dans les médias traditionnels autour de l’Ukraine. Ce programme se nomme “Die Anstalt”, c’est-à-dire l’institution. Le terme peut servir d’euphémisme pour désigner un asile (Heilanstalt) . Il s’emploie aussi pour parler d’une chaîne de télévision (Fernsehanstalt). Sous-titres en anglais, coréen et français

ZeroHedge.com a également mis en ligne ce DVD, le 28 septembre 2014. Nous avions vu le document par une autre source quand nous avons consulté la présentation qu’en fait Tyler Durden. Nous avouons sans la moindre réticence que ce commentaire nous en a suggéré une vision beaucoup plus intéressante, à laquelle nous n’avions pas songé. Tyler relève le fait que ce soit ZDF qui a réalisé le document, c’est-à-dire un organe de la presse-Système qui soumet à sa propre satire les informations-bidons sur l’Ukraine diffusées par la presse-Système, et, certainement dans leurs temps, par les émissions d’informations de ZDF elle-même, – par conséquent, satire de ZDF par ZDF elle-même, et satire des informations présentées en leur temps comme vraies et ridiculisées dans le document comme absolument fabriquées jusqu’à la grossièreté la plus avérée...

«When one of the most watched German channels - south German state TV channel ZDF – releases an 8+ minute satirical spoof of all the fabricated “news” surrounding the Ukraine “invasion” by Russia and all the associated newsflow from the region (in which “any similarity to the current news is unintended and accidental, but absolutely inevitable”), you know that the time has come to double down on the propaganda effort because if ground zero of media indoctrination, Germany, is starting to see through the fog of endless media BS, then how long until the rest of the world follows?»

Les conclusions qu’on peut tirer de ce petit événement du système de la communication posent de façon très précise la question de la connaissance ou non de la fausseté des informations quand les organes de la presse-Système les diffusent ; la tentation serait de répondre aussitôt dans le sens de “ils mentent sciemment”, mais cette réponse n’explique pas alors, ou dans tous les cas de façon très aléatoire, sinon trop aléatoire, la fabrication et la diffusion de cette satire de la ZDF par elle-même qui découvre sans nécessité ce qui serait le pot-aux-roses du mensonge délibéré. Notre explication se rapprocherait donc plutôt de l’hypothèse “Lavrov-‘partenaires’” développée dans notre texte de ce 29 septembre 2014, où les “partenaires” du bloc BAO du ministre russe sont “prisonniers” d’une “influence extérieure” ; et où, à certains moments ils le sentent (sans nécessairement réaliser et encore moins expliciter la chose) et ressentent la contrainte de cette situation (Lavrov : «[T]hey don’t particularly enjoy the current situation but they simply can’t abandon the position they’ve taken...»). 
 
url de cet article :  http://www.dedefensa.org/article-quand_la_presse-syst_me_fait_sa_propre_satire_29_09_2014.html

2 décembre 2013

La grande coalition allemande: un gouvernement d’austérité sociale et de militarisme




Mondialisation | Par Christoph Dreier | 29 novembre 2013

Plus de deux mois après les élections fédérales, les dirigeants chrétiens-démocrates (CDU/CSU) et sociaux-démocrates (SPD) sont parvenus à négocier une grande coalition. L’accord ouvre la voie partout en Europe à de violentes attaques sociales, à la militarisation de la politique étrangère allemande et à des atteintes aux droits démocratiques.

La direction du CDU et les adhérents du SPD doivent, avant toute signature définitive de l’accord, l’approuver par un vote. L’issue du vote des membres du SPD reste incertaine vu que nombreux fonctionnaires de rang moyen ou inférieur du parti craignent qu’une implication dans une grande coalition puisse signifier une perte de voix aux élections ultérieures.

Ceux qui ont négocié la coalition ont cherché à masquer en quelque sorte les grands axes de l’accord. Les belles phrases et les termes tarabiscotés sont une tentative de présenter les guerres, les attaques sociales et la surveillance de l’Etat comme de la stabilité, de la croissance et de la sécurité.

Cela a été soutenu par de nombreux médias qui ont décrit l’accord comme étant un « virage à gauche » (Die Zeit) ou ont prêté à la coalition un « grand cœur » (Frankfurter Allgemeine Zeitung). Le président du SPD, Sigmar Gabriel, a même affirmé que l’accord de coalition avait été rédigé « pour les petites gens qui travaillent dur. »

Le contraire est le cas. Lors de la conférence de presse des dirigeants des partis, la chancelière Angela Merkel avait déclaré qu’il n’y aurait pas d’augmentation des impôts pour les riches ou les grandes entreprises. De plus, l’accord de coalition exclut toute contraction de nouvelles dettes après 2015 et s’engage à un « strict » respect du plafond de la dette et du pacte fiscal européen. D’ici la fin de la prochaine législature, le gouvernement veut faire baisser le niveau de la dette publique de 81 à moins de 70 pour cent du PIB.

Le SPD et le CDU/CSU ont clairement fait savoir qu’ils voulaient poursuivre et intensifier les brutales mesures d’austérité non seulement en Allemagne mais à travers toute l’Europe. Tous les pays de la zone euro doivent s’assurer d’une « compétitivité au moyen de réformes structurelles, » d’« une consolidation fiscale durable » ou d’« une stabilité financière », répète-t-on sans cesse dans l’accord.

Pour ce faire, « une coordination meilleure et plus contraignante de leur politique économique » est nécessaire pour s’assurer que « les pays de la zone euro conviennent de réformes contractuelles contraignantes et imposables au niveau européen. » Le « contrôle de la planification budgétaire nationale par le Commission de l’UE » devant être élargie de façon à en faire un « instrument efficace. »

Une responsabilité commune pour les dettes, qui faciliterait aux pays malades d’obtenir des prêts des marchés financiers, est cependant exclue de manière expresse et réitérée. Dans le passé, le SPD avait réclamé ce genre de mesures. Maintenant, il est dit qu’une « mutualisation des dettes » serait incompatible avec une « prise de responsabilité »

Au lieu de cela, la grande coalition ne veut accorder des prêts d’urgence aux pays endettés que s’ils s’engagent à pratiquer des attaques sociales d’envergure historique. Les prêts d’urgence ne sont possibles « qu’en échange d’un respect de conditions strictes ou de l’application des réformes et de mesures de consolidation budgétaire, » stipule l’accord.

Dans le même temps, le CDU/CSU et le SPD veulent élargir l’UE en tant qu’alliance militaire sous la direction de l’Allemagne. L’UE requiert « plus que jamais, une discussion stratégique » sur ce qu’elle veut atteindre par des moyens civils et militaires. Elle pourrait jouer un rôle dans des « pays tiers » pour établir et influencer le système judiciaire et la police.

De plus, le nouveau gouvernement fédéral souhaite renforcer l’importance de l’Allemagne au sein de l’OTAN. La « coopération de défense » doit être étendue et l’Allemagne doit participer à l’acquisition et au maintien de systèmes d’armement. L’accord de coalition soutient tout particulièrement l’établissement d’un système commun de défense antimissile de l’OTAN.

L’accord appelle au « renforcement d’une coopération inter-institutions » pour soutenir une « politique étrangère et sécuritaire efficace, pour le succès de laquelle des instruments civils et militaires doivent se compléter mutuellement. »

Le document stipule que l’Allemagne doit « contribuer à façonner l’ordre mondial » et doit être guidée par les « intérêts de notre pays. » Un chapitre entier de l’accord est consacré à « la sécurité de l’approvisionnement en matières premières… Une action spécifique est nécessaire pour éviter un éventuel impact négatif sur la valeur ajoutée en Allemagne. »

De tels intérêts de grande puissance n’avaient jamais été formulés aussi clairement auparavant dans aucun accord de coalition.

Cette résurgence du militarisme allemand et les attaques sociales généralisées prévues par la coalition ne peuvent être imposées face à l’opposition de la population par des moyens démocratiques. Et donc, le CDU/CSU et le SPD projettent une massive extension de l’appareil d’Etat et des restrictions supplémentaires des droits démocratiques.

L’Office fédéral de protection de la constitution (Verfassungsschutz, VS – comme sont appelés les services secrets allemands) doit assumer une « fonction de service central » par rapport aux instances de l’Etat. Sa « capacité en matière d’analyse technique » doit être améliorée. De plus, la capacité de la police fédérale doit être modernisée en la dotant de nouveaux pouvoirs en matière de « surveillance des télécommunications. » L’Office fédéral de la sécurité des technologies de l’information (Bundesamt für Sicherheit in der Informationstechnik, BSI) qui opère déjà en tant qu’agence officieuse de renseignement, doit être élargi, tout comme le centre de cyberdéfense (Cyber-Abwehrzentrum).

Le SPD et le CDU sont également d’accord pour la réintroduction de l’obligation pour les fournisseurs de services Internet (FSI) de conserver les données ; obligation qui avait été annulée par la Cour suprême en 2010. Les FSI seront tenus de retenir les données de connexion de tous leurs clients, qu’il y ait un soupçon fondé ou non à leur encontre, de stocker ces données pendant trois mois et, au besoin, de les transmettre aux divers organismes d’Etat. Cette loi « sera une des premières que nous ferons voter », a dit Merkel lors de la conférence de presse.

La grande coalition projette aussi de restreindre les droits des associations non enregistrées. Il sera plus facile d’interdire des clubs et des organisations semblables, et les interdictions auront une incidence plus grande.

Les partenaires de la coalition ont cherché à dissimuler leur programme réactionnaire derrière quelques feuilles de vigne sociales. Le CDU par exemple, a proposé d’introduire une « retraite pour les mères. » Celle-ci se limiterait à une petite augmentation de 26 euros par enfant pour les parents qui ont élevé des enfants nés avant 1992. Ceci signifie que ceux qui sont concernés reçoivent tout de même 26 euros de moins que les mères et pères nés plus tard. En outre, cette mesure dépendra de la disponibilité des fonds.

Le salaire minimum légal réclamé par le SPD a dès le départ été tellement faible qu’il n’aura que peu d’impact pour la plupart des gens, par contre il fera économiser beaucoup d’argent aux régimes d’assurance sociale. Les employeurs seront autorisés jusqu’en 2017 à verser moins que le salaire minimum de 8,50 euros l’heure en concluant à cet effet des conventions collectives avec les syndicats. Par la suite, seuls les soi-disant petits boulots (« mini jobs ») pourront être payés à un taux inférieur. Le salaire minimum servira à tirer vers le bas le niveau général des salaires.

Les syndicats et les partis d’opposition se sont en grande partie rangés derrière l’accord de coalition. Lors de la conférence de presse Gabriel, le dirigeant du SPD, a souligné que l’ensemble du contrat avait été convenu avec les syndicats.

Les Verts ont fustigé l’accord de coalition par la droite en parlant de dépenses excessives liées à la retraite pour les mères. « Dans le but de protéger les soi-disant projets prioritaires, une discussion sur une dette additionnelle ou une taxe est préprogrammée, » a dit Anton Hofreiter, le chef du groupe parlementaire du parti des Verts.

La présidente du parti La Gauche, [Die Linke – l’homologue du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon] Katja Kipping, a minimisé le caractère brutal de la grande coalition en disant qu’elle représentait un « bouchon » pour ce qui était de « la justice sociale et des réformes. »

Le vice-président du groupe parlementaire de Die Linke, Dietmar Bartsch, a précisé : « J’avais souhaité que la grande coalition traite tous les grands problèmes. Il ne s’agit là que de gestion et non pas d’une action en vue de l’avenir. »

Au cours de ces dernières semaines, Die Linke n’a eu de cesse de proposer la formation d’un gouvernement de coalition avec le SPD et les Verts.
 Christoph Dreier

Article original, WSWS, paru le 28 novembre 2013

23 septembre 2013

Allemagne : un vote d’égoïsme national !


Jean- Luc Mélenchon | son blog | 23 septembre 2013

Le résultat de l’élection allemande est un évènement dont l’onde va traverser toute l’Union européenne. La politique libérale la plus dure est encouragée. Elle va donc s’amplifier. Ses conséquences sociales aussi. Les salariés allemands doivent admettre que la retraite à 70 ans c’est raisonnable, qu'un euro pour une heure de job c’est peut-être trop, et ainsi de suite. Dans toute l’Europe de l’Est où se fabriquent les pièces que les Allemands assemblent en bout de parcours, chacun se le tient pour dit : travaille et tais-toi. On n’a donc pas fini d’entendre les perroquets médiatiques nous répéter la chanson du « modèle allemand ». De leur côté les Grecs peuvent se préparer à vendre la mer qui les entoure et les Portugais l’air qu’ils respirent. Quant aux Français, depuis deux mandats présidentiels, ils ont déjà une poupée en plastique sur leur hayon, qui hoche du bonnet à chaque secousse : madame n’a qu’à ordonner, elle sera obéie.

Après tout, si le peuple l’a voulu que dire de plus ? Ceci : cette politique prépare un désastre dans la civilisation européenne. Il encourage les Allemands à croire que les millions d’Européens déjà soumis au talon de fer de la politique imposée par leur pays vont continuer à subir leurs mauvais traitements et leurs insultes avec gratitude et reconnaissance. Il est même possible que beaucoup d’Allemands croient que leur vote est celui de l’Europe tout entière. Telle n’est pourtant pas la situation, et il faudrait bien que quelqu’un le leur dise. Madame Merkel et ses groupies du troisième âge ne sont un modèle pour personne. Le vote nous fait connaître la décision d’une majorité vieillissante, apeurée, sans vision ni goût du futur, puisque sans jeunesse dont il lui faudrait se préoccuper. C’est un vote égoïste. Le « modèle allemand » de madame Merkel, par définition, n’est pas généralisable puisqu’il repose sur le dumping social et l’exportation de produits qui éliminent la production des autres. Le « modèle allemand » consiste ainsi à pressurer tous les peuples d’Europe, en sorte que la finance collecte les gros dividendes pour payer les retraites par capitalisation des vieux Allemands de la classe moyenne supérieure. Le vote de ce dimanche n’est donc pas un vote bon pour l’Europe. D’abord parce qu’il encourage une politique nationale qui nuit profondément aux peuples qui la constituent, au seul profit d’un seul d’entre eux. Ensuite parce qu’il encourage l’arrogance nationale de gouvernants persuadés qu’ils sont un modèle pour les autres et détiennent une vérité que les autres doivent admettre ou bien être fessés. Les chefs allemands de la droite, qui parlaient déjà fort mal aux Européens, ne vont plus se retenir. Enfin, parce que cette politique conduit l’Union européenne à l’explosion sociale et politique et, d’ici peu, à une vague nationaliste. Ou à nous.

Mais peut-on être Allemand sans Merkel ? Où est passée l’opposition ? Que dit-elle ? C’est l’autre visage du résultat. Le grand SPD et ses « solutions modernes » sont devenus une annexe pleurnichante et socialement compassionnelle de la grande famille libérale. On se souvient que ce parti avait pris la suite de l’inepte parti travailliste anglais pour piloter la mutation de la social-démocratie mondiale en Parti démocrate. Après Blair, Gerhard Schröder était devenu « l’ami des patrons ». En Europe, il publiait les « manifestes » politiques « modernistes » les uns derrière les autres avec son ami Tony, et tous les autres syndics de faillite de la social-démocratie, comme l’ectoplasme italien post-communiste D’Allema et même le minable Papandréou du PASOK. Sa politique férocement néolibérale lui valut le départ d’Oskar Lafontaine du SPD et la fondation de Die Linke. Les chiens de garde médiatique plaidèrent le conflit de personne avant de mitrailler « le leader populiste ». Les électeurs dirent le fin mot : le SPD passa de 41 % à 34. Ce fut alors la grande coalition entre la droite et le SPD car le SPD refusa une coalition avec Die Linke. Résultat: aux élections suivantes le SPD est tombé à 23 %. Aujourd’hui il vient de remonter à 25 % après quatre ans « d’opposition ». C’est son deuxième plus mauvais score depuis la fin de la guerre. Le SPD est un astre mort. Il ira dans une grande coalition, à moins que les Verts allemands ne lui chipent la gamelle.

Car telle est le deuxième signal négatif de cette élection allemande. Sur le papier il y a une majorité de sièges à la chambre pour une majorité entre les Verts, le SPD, et Die linke. Mais qui y pense ? Pourtant il y a une majorité absolue de députés SPD-Verts-Die Linke au Bundestag, et il y a une majorité SPD-Verts-Die Linke au Bundesrat (la deuxième chambre, composée de délégués des gouvernements des Länder) et il y a des coalitions régionales entre SPD et Die Linke, comme actuellement dans le Land du Brandebourg, le plus grand Land d'ex Allemagne de l'Est. Pourtant il n’y aura pas de coalition. Imaginez qu’en France, le soir du premier tour de la présidentielle, je n’aie pas appelé à voter Hollande pour chasser Sarkozy ? En Allemagne, Hollande et ses amis préfère Merkel à une alliance avec nous ! Pourtant Die Linke tend la main. Je l’approuve. Car en fait c’est davantage comme une démonstration de l’esprit d’alternative qui l’anime que comme une perspective qu’il penserait réalisable aujourd’hui. En réalité le contenu politique de la plateforme des Verts et du SPD n’est pas une ruse de communication pour rassurer le bourgeois ! C’est bel et bien le résumé de ce qu’ils sont devenus. Ni l’un ni l’autre de ces deux partis n’envisage ni le dépassement du capitalisme ni même celui des fondamentaux du libéralisme ! Leur matrice même les met dans la main de madame Merkel. Ce n’est donc pas que le SPD « n’est pas capable d’unir la gauche allemande » : c’est qu’il ne peut que la diviser. Ou bien n’être même plus écouté. Les plus pauvres en Allemagne ont bien moins voté que la moyenne. Et cela fait partie du projet néolibéral qu’aggravent les sociaux libéraux par leurs pratiques.

Ainsi on ne peut dissocier la force de la droite en Allemagne de ce qu’est devenu le parti social-démocrate. Le résultat n’est pas seulement acquis par la « déception » de je ne sais quelle gauche virtuelle à l’égard des sociaux-démocrates et des Verts. Le fond de l’affaire est que le comportement, les paroles, le programme, la doctrine du SPD font reculer les idées de gauche en Allemagne. Car qu’est-ce que la gauche quand c’est juste une variante compassionnelle de la politique de droite ? Nous commençons à en voir les effets en France avec la rigueur « juste » des Ayrault et Hollande, leurs calinettes avec le MEDEF et ainsi de suite. Pas étonnant que François Hollande soit allé faire l’apologie de Gerhard Schröder pendant la campagne électorale allemande. Comment une conscience de gauche peut-elle se construire dans un tel environnement ? Le SPD divise et détruit la gauche en se détruisant lui-même. Dès lors, notre thèse est que la conscience de gauche doit être reconstruite par une offre politique pédagogique clairement alternative. Elle-même, pour être crédible, doit être adossée à une fonction tribunicienne clairement assumée, « crue et drue ».

Je devine toute la difficulté de la campagne de Die Linke. Il me suffit de voir que même si Die Linke passe devant les libéraux et reste devant les Verts, il a été chassé des infographies des résultats dans les médias allemands le soir des résultats. Dans la campagne, la discrimination médiatique a été féroce : « Die Linke » a eu droit à 7 fois moins d'interviews dans les médias que le SPD, qui était pourtant seulement 2 fois plus fort que lui à l’élection précédente en 2009. Il en a eu 6 fois moins que les Verts et 5 fois moins que les libéraux, qui sont pourtant d'un poids équivalent ou inférieur dans les urnes. Cela ne rend pas le message si perceptible que cela. D’un autre côté, on doit se demander si l’idée de Die Linke de nommer huit personnes pour la proposition de poste de chancelier ne sacrifie pas à des préoccupations internes incompréhensibles par le grand nombre. Pour ma part, je pense que cela décrédibilise la démarche car les citoyens vont voter dans une réalité institutionnelle et pour peser sur elle. Dans cette réalité il y a un(e) chancelier. Huit, c’est autant dire personne ! Donc c’est annoncer qu’on ne croit pas la victoire possible. Et s’y résigner d’avance.

L’évènement allemand de ce weekend end est une très mauvaise nouvelle pour les salariés en Europe. C’est aussi une mauvaise nouvelle pour la France, dorénavant dominée par un voisin arrogant dont l’égoïsme national est devenu la rente électorale de ses dirigeants. C’est une mauvaise nouvelle pour la gauche, qui est une fois de plus crucifiée dans l’impuissance par les enfumages du social-libéralisme. Les gens vont souffrir davantage. Pour rien. Car rien de tout cela ne va ailleurs que dans le mur. C’est pourquoi le résultat allemand m’encourage dans la ligne d’action que nous avons choisie : la radicalité concrète, le refus des arrangements politiciens, le rassemblement argumenté et conscient de la part de notre population, qui pourra ensuite entraîner la majorité dans le programme de la révolution citoyenne. 
 

10 novembre 2009

Un mur porteur

Il est effectivement porteur, ce mur, en cette période où tout vacille. Quelle plus belle fête que celle-ci, nous rappelant opportunément que jadis, il y avait des méchants, qui construisaient des murs pour entraver la liberté, et des gentils, qui devaient subir gentiment les mauvaises actions des méchants.

Or, il y a 20 ans, les gentils gagnèrent. Parce qu’ils étaient gentils. Et depuis, la liberté triomphe. La liberté - c’est-à-dire le capitalisme, la chose va de soi -, connaît certes de nouvelles aventures (dans l’enthousiasme de la fête nous paraphrasons BHL) avec la menace mahométane. Mais la liberté conquiert des marchés. La liberté va même se moraliser. La liberté a gagné deux points hier à la Bourse.

ON A GA-GNE ! ON A GA-GNE ! ON A GA-GNE ! L’Europe - c’est-à-dire la paix et la prospérité, ça va de soi -, l’Europe, enfin réunifiée, scande sa victoire historique sur les forces totalitaires. Saviez-vous que les femmes communistes étaient forcées de porter la burqa ?

Cette victoire, c’est celle de la démocratie – c’est-à-dire le Capital européen, évidemment – qui a pu, depuis 20 ans, s’offrir une main d’œuvre à prix soldés, étant entendu que la baisse du coût du travail est désormais, puisqu’il n’y a plus de mur, le seul horizon pour une humanité enfin débarrassée de l’hydre bolchevique.

En ce jour de Fête Mondiale de l’Anti-Communisme, nous voyons affluer, sur les ruines de la Guerre Froide, les vaillants pionniers du Monde Libre, Bush le Père, Gorby le Fils, Sarkozy le Saint-Esprit, décidément partout avec sa petite pioche, qui concasse les derniers vestiges de ses cauchemars d’enfant de Neuilly. On devine derrière tout ce beau monde l’ombre des Berlusconi et Haider, les milices fascistes qui relèvent la tête, à l’Est comme à l’Ouest, des identités nationales qui reprennent du poil de la bête dont le ventre est encore fécond, on devine Abou Ghraïb et Guantanamo, des blocus et des bombardements chirurgicaux, des famines et des guerres, le pillage généralisé – c’est-à-dire, bien entendu, la Civilisation.

La Grande Caravane Publicitaire qui nous Informe a, quant à elle, convoqué la fine équipe des experts, philosophes, historiens, journalistes, commentateurs sportifs, astrologues et autres bateleurs, pour animer la grande fête. Grâce à eux, nous nous apercevons que la Guerre Froide n’est pas terminée. Simplement, il n’y a plus qu’un seul camp qui la livre.

Ils nous racontent le Conte de Fées qui leur tient lieu de catéchisme – c’est-à-dire la Vérité, vous l’aurez deviné – et selon lequel le Bien ne se discute pas : il va de soi.

Donc il n’y a plus d’Histoire. Plus de mur. Sauf celui qui sépare le Centre de ses périphéries, la métropole de ses colonies, visible sur plusieurs milliers de kilomètres à la frontière entre Etats-Unis et Mexique, invisible mais bien réel tout autour de l’Europe, de Gibraltar à Calais - mais celui-là il fait joli au fond du jardin. Il y a le mur qui serpente en Palestine, mais là esthétiquement, c’est la classe… Il y a enfin le Mur de l’Argent qui, protégé par le Mur Médiatique, permet de dissimuler aux exploités et misérables du monde entier toute perspective de libération. Son tracé passe par nos têtes. Mais c’est nos « valeurs », elles vont de soi.

Vous l’aurez compris, ce mercredi, nous causerons gros œuvre et maçonnerie.

Y compris dans notre « ¼ d’heure en Palestine », consacré à la Marche pour Gaza.

"l’heure de l’mettre"
radio campus lille 106,6
en direct sur www.campuslille.com


A lire également:

D'un mur à l'autre, par J lefebvre

et

Derrière le mur, les peuples ne rêvaient pas de capitalisme

7 septembre 2009

50.000 anti nucléaires ont manifesté à Berlin


Quelque 50.000 militants anti nucléaire ont défilé samedi à

Berlin, à trois semaines des élections législatives, pour demander une
"véritable sortie du nucléaire", officiellement prévue d’ici 2020, selon
les organisateurs.

La police n’a pas souhaité communiquer de décompte des manifestants qui
répondaient à l’appel d’une centaine d’organisations environnementales,
protection de la nature et syndicats.

Les manifestants, accompagnés de 350 tracteurs partis il y a une semaine
de Basse-Saxe, ont également réclamé la fermeture du site de stockage de
déchets radioactifs, jugé peu sûr, de Gorleben, situé dans cette région de
Basse-Saxe.

Ils ont défilé de la gare centrale de Berlin à la Porte de Brandebourg
avec pour slogan : "Arrêter vraiment - le nucléaire non merci !".

Berlin doit officiellement fermer progressivement d’ici 2020 ses centrales
nucléaires.

Cet engagement pourrait être abandonné si la chancelière Angela Merkel
parvient, comme semblent l’indiquer les sondages, à se débarrasser lors du
scrutin du 27 septembre de ses actuels partenaires de coalition
sociaux-démocrates, et à former une coalition avec les libéraux, qui sont
eux pro-nucléaire.

"La sortie du nucléaire est déjà promise depuis longtemps, mais jusqu’ici
rien ne s’est passé, et ça ne peut pas continuer ainsi", a déclaré dans un
communiqué Jochen Stay, porte-parole de organisateurs, qui vont des Verts
à l’Eglise protestante.

De son côté, le ministre de l’Environnement, le social-démocrate Sigmar
Gabriel, a exigé des conservateurs d’Angela Merkel : "Arrêtez enfin de
jouer le bras droit de l’industrie nucléaire".

"L’avenir appartient aux énergies renouvelables", a-t-il également lancé.

Selon une étude commandée par Greenpeace et rendue publique samedi, 59%
des Allemands sont opposés à une prolongation de la durée de vie des
centrales. Le nucléaire ne s’est toutefois pour l’instant pas imposé comme
un thème central de la campagne.

 

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