8 juin 2016

Les “crimes invisibles” de Bachar el-Assad (et le soutien secret d’al-Qaïda par l’Occident)


Extrait
(...) D’après Dominique Champtiaux, l’ancien numéro 2 de la DGSE, « l’action clandestine est au cœur de l’État régalien qu’elle place paradoxalement dans l’illégalité, induisant donc d’importants risques politiques. Entre diplomatie officielle et intervention militaire ouverte, elle vise des objectifs de sécurité nationale selon des modalités pratiques qui permettent de masquer l’identité réelle du commanditaire, préservant ainsi sa liberté de décision. » [41] Cet homme fait implicitement référence à la notion de raison d’État, [42] qui implique qu’un gouvernement puisse sortir de la légalité et s’affranchir de la morale pour satisfaire des intérêts nationaux. Or, cet objectif fondé sur des impératifs de realpolitik n’est pas systématiquement atteint, bien au contraire. Selon Alain Juillet, un autre ancien cadre de la DGSE, « on a ignoré la réalité [sur la question syrienne]… À l’époque des conflits en Irak et des quatre journalistes otages en Syrie, nous avions de bonnes relations, non officielles avec les services syriens. Ces relations nous ont toujours servi. Brutalement, on coupe les ponts. C’est une absurdité totale. À côté de ça, on va se faire manipuler en aidant des gens, prétendument rebelles, alors qu’en réalité il s’agissait d’équipes d’Al-Qaïda poussées par des pays du Golfe. » [43] Lorsque le grand reporter de Paris Match lui demande si, « [p]our résumer [son argumentaire,] on en arrive à avoir des décisions politiques qui vont contre les intérêts de notre pays », Monsieur Juillet lui répond par l’affirmative. Nous pouvons déduire de ses propos que, pour renverser le gouvernement el-Assad, nos services spéciaux ont été chargés par l’État français de soutenir nos ennemis extrémistes. Non revendiquée du fait de la raison d’État, cette politique ouvertement dénoncée par plusieurs députés français [44] est contraire à nos intérêts supérieurs et à notre sécurité nationale, mais pas aux objectifs énergétiques de nos « alliés » du Golfe et de Turquie, [45] ni à la stratégie américaine de diversification des approvisionnements gaziers de l’Europe en défaveur de la Russie et de l’Iran. [46] Si l’on adhère à cette lecture géostratégique de la guerre en Syrie, ce conflit est avant tout une « guerre des gazoducs » opposant Washington et le Kremlin, [47] ce qui a conduit les États-Unis, la France et leurs alliés à soutenir clandestinement al-Qaïda pour renverser Bachar el-Assad. (...)

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3 avril 2014

Le gouvernement n’est ni rabougri, ni inefficace il est dangereux



histoireetsociete | Danielle Bleitrach |03 avril 2014

On est stupéfait devant la médiocrité des commentaires saluant ce gouvernement, entre ceux qui protestent parce que Nadia Belkacem a un ministère fourre tout, ceux qui se félicitent du maintien de Taubira, ou encore ceux qui affirment que Valls est à droite alors que je ne m’étais pas aperçu que Ayrault était à gauche, personne ne dit la réalité sur ce gouvernement à savoir que comme le président il est d’abord dangereux. Ce qui laisse la part belle à Marine le Pen qui s’avère à peu près la seule à dénoncer la soumission totale de l’Europe et de la France à la politique des Etats-Unis. Son discours est un contre-feu qui empêche une véritable mobilisation populaire contre ce danger de guerre et de violences intérieures que la politique européenne ne cesse d’aggraver. Austérité renforcée et Otan sont les deux mamelles de cette politique à laquelle va s’atteler ce gouvernement pour aller plus vite et plus loin.

Ce que l’on a défini comme le premier couac entre Fabius et Montbourg, dit plus qu’il n’y paraît. L’orientation du gouvernement vers la reconquête des marchés extérieurs va s’opérer par pression sur la consommation intérieur, à la fois par les services publics et les salaires. En revanche l’idée que l’euro fort est un obstacle à la compétitivité ou encore développer la productivité française passe au second plan. Sur ce plan, Hollande poursuit sa ligne et a simplement besoin d’un ministre plus bonapartiste dans ses comportements pour la faire appliquer. Les ministres de "gauche" sont les otages d’une politique, une façade et il faut être bien sot pour se réjouir de leur maintien.

Mais passons personne n’a jamais pensé que Hollande était de gauche si ce n’est quelques électeurs ou militants socialistes qui semblent avoir la foi du charbonnier. Il y a plus grave, il y a ce qu’implique le choix d’une telle politique: la complicité avec l’extrême-droite et les forces conservatrices en Europe et le choix de la guerre pour créer les conditions du pillage et de l’imposition de marchés à des peuples attaqués. L’impérialisme.

Je ne signalerai qu’un fait, la confirmation de Fabius dans son poste. C’est-à-dire en fait la confirmation et la poursuite de la politique de Sarkozy, atlantisme et bellicisme. C’est une visée criminelle qui relèverait des tribunaux internationaux si ceux-ci jugeaient autre chose que les vaincus. Quand un G.W.Bush peut couler des jours heureux, il est évident qu’un Fabius ne sera jamais inquiété et pourtant…

Aujourd’hui la guerre menace et c’est la première fois depuis la Yougoslavie que c’est pratiquement en Europe que cela menace.Nous avons toutes les conditions des guerres, une presse aux ordres qui ment, cache les faits et diabolise l’adversaire potentiel. Oui mais cette fois c’est la Russie avec au-delà la Chine.

Les Etats-Unis prolongent le stationnement du destroyer USS Truxtun en mer Noire et y dépêchent des "ressources supplémentaires", a déclaré aux journalistes le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest.

"Nous avons envoyé six chasseurs F-15C dans les pays baltes pour patrouiller leur espace aérien. Une douzaine de F-16 américains sont arrivés en Pologne pour contribuer au maintien de la sécurité. Le stationnement de l’USS Truxtun en mer Noire a été prolongé. Il y a en outre des ressources supplémentaires qui sont actuellement dépêchées en mer Noire par les forces navales US", a fait savoir le porte-parole.

Début mars, six chasseurs F-15C et deux avions ravitailleurs KC-135 de l’US Air force ont atterri sur la base de Zokniai, dans le nord de la Lituanie. Auparavant, le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a déclaré que le Pentagone élargirait sa coopération militaire avec la Pologne et les pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) en réponse à la crise politique en Ukraine.

le précédent gouvernement par la bouche de Le drian qui est resté en poste a envoyé l’aviation soutenir la Pologne qui depuis le début joue un rôle dans la crise ukrainienne pour récupérer son ancien domaine ukrainien. 
 

11 mars 2014

Pensée blocus

20090811175506-bloqueo-vs-cuba 
 
 Oulala.info | 11 mars 2013

Bon, y a d’abord un paquet de gens qui n’ont rien à foutre de rien, qui ne veulent rien entendre, et qui te cracheraient à la gueule plutôt que de s’engager dans la lutte.
Puis, y en a encore plus qui veulent bien défendre leur bout de gras, mais qui arrêtent leur volonté à des frontières. Quand ça se passe à l’autre bout du monde (et en dehors de mon bifteck, tout est à l’autre bout du monde), on n’y pige que dalle et on veut pas le savoir. C’est déjà assez la merde ici hein…
Il y a des gens de gauche. Quelques-uns quand même… Eux, ils savent ce qu’ils veulent, et en plus ils ont une opinion sur ce qui se passe au-delà de l’hexagone (où le roi des cons sur son trône, tatata…). Une opinion bien souvent fabriquée par des magazines et des émissions juste un tout petit peu à gauche quand ils causent France et carrément à droite quand ils causent Ukraine, Venezuela, Syrie, Cuba, Palestine, bref tous les bouts du monde…

Enfin, il y a de mauvais esprits, qui poussent le vice à exercer leur analyse de classe au-delà des limites où leur ticket n’est plus valable, c’est-à-dire sur les terrains minés de « l’étranger », où tout est complexe et compliqué, et où les intérêts de la France commandent qu’on ferme sa gueule et qu’on soutienne nos « courageux soldats » (Fabius, Laurent, social-démocrate va-t’en guerre des XXème et XXIème siècles, considérant sur France Inter le 10 mars 2014 que le parti nazi ukrainien est juste « un peu plus à droite » que les autres partis ukrainiens…).
 
Donc, en dehors de quelques mauvais esprits, vilipendés par la presse et certains milieux de gauche (voir paragraphe 3, au début), chacun se doit de considérer que, puisqu’il n’y a pas grand-chose à comprendre, il est évident que ceux qui comprennent pour nous (voir paragraphe 3, à la fin) ont raison : les nazis ukrainiens sont des libérateurs, les takfiris en Syrie des rebelles, Cuba une dictature, Maduro un ennemi du peuple, les Palestiniens des terroristes, BHL un philosophe, et l’Europe c’est la paix bien sûr, sinon ce serait à n’y rien comprendre.
Où en étions-nous ? Ah oui… Admettons qu’un blocus inhumain frappât en quelque bout de monde, tout un peuple démuni pour le punir de sa résistance, l’amener à céder voire à disparaître. Les gens qui n’en ont rien à foutre s’en foutent, ceux qui trouvent que c’est trop loin soupirent en vous gratifiant d’un regard dédaigneux, et les gens de gauche vous répondent que les Palestiniens doivent aussi faire des efforts et que Cuba « ah bon ? »…
C’est que le blocus, en plus d’être une arme subtile d’écrasement des peuples, fonctionne à double sens. Il s’exerce aussi sur la pensée des habitants qui sont de l’autre côté du bout du monde, c’est-à-dire très exactement au centre. Qu’est-ce à dire ? Eh bien ce blocus, regardez bien les écrans et les pages de papier imprimé qui vous environnent, ce blocus, tout simplement n’existe pas.
Si toutefois, au détour des pages internationales (de droite) d’un journal (de gauche, faut suivre…), il est fait mention du blocus, il sera justifié, expliqué, compris, toléré, et pas loin d’être voulu. Si (mais là, on va loin…), si donc, vous voyez passer des informations concrètes sur les causes et les effets du blocus, et sur la nécessité de le combattre, y compris dans votre propre intérêt de classe exploitée décérébrée par les medias de l’impérialisme (de gauche), alors, vous êtes tombés sur de mauvais esprits de la pire espèce. Ou alors, vous êtes sur Radio Campus, et c’est l’heure de l’mettre. 
Ce mercredi, nous serons en direct de Gaza et, dans nos studios, nous recevrons des militants de Génération Palestine, investis dans la semaine contre l’apartheid israélien ; puis, avant la Semaine à Cuba, nous entendrons Salim Lamrani évoquer Cuba, les medias face au défi de l’impartialité (titre de son dernier ouvrage, voir ici. )
(Quelles sont les trois règles permettant de prouver que Fabius est un menteur ? La première, euh…)
« l’heure de l’mettre »
radio campus lille 106,6
 
en direct sur www.campuslille.com
 
 

27 décembre 2013

La république françafricaine (Survie)


 (Carte : Nicolas Catonné / RFI )

Survie | 6 décembre 2013 par Odile Tobner
 
La Centrafrique est un cas d’école pour qui veut mesurer les ravages de la Françafrique. Aucun pays africain n’a été aussi étroitement tenu sous tutelle française ; aucun n’est aussi délabré que la République centrafricaine, cinquième pays le plus pauvre du monde en dépit des richesses de son sous-sol.

La déliquescence de l’État [1] a laissé tout latitude aux bandes armées qui s’imposent par la terreur. Avec moins de cinq millions d’habitants la Centrafrique est aujourd’hui un pays sans routes, sans hôpitaux, sans écoles, sans eau potable, sans électricité. Soixante-dix pour cent de la population, abandonnée à elle-même, se trouve au-dessous du seuil de pauvreté et souffre de malnutrition ; le taux de mortalité à l’âge de cinq ans est de 220 pour mille et l’espérance de vie est de 44 ans. La moitié des habitants sont analphabètes. Tel est le triste bilan des régimes qui se sont succédé, tous sous une étroite dépendance de Paris. L’État-fantôme ne contrôle pas l’exploitation des ressources, bois, diamant, dont une grande partie fuit en contrebande vers les pays voisins.

L’histoire de la Centrafrique est celle d’un désastre continu. Après avoir été saigné à blanc par trois quarts de siècle d’une exploitation qui a dépeuplé le territoire et qui a permis l’édification de grandes fortunes françaises, notamment celles des Giscard d’Estaing ou de la famille de l’expert ès-droits de l’homme BHL, l’ex-Oubangui-Chari aborde l’indépendance en 1960 avec à peine deux millions d’habitants pour un territoire grand comme la France. Les bases militaires de Bouar et de Bangui assurent une présence permanente de l’armée française, qui a fait de la RCA un de ses terrains de jeu de prédilection, écrasant toute tentative de rébellion et assurant à la France une gestion quasi directe du pouvoir politique. Cette souveraineté de fait a permis à la France d’entretenir soigneusement la déliquescence de la RCA, pour mieux servir ses visées stratégiques et livrer le territoire au pillage de ses affairistes. Le seul objectif des subventions françaises depuis l’indépendance, et européennes depuis les années 2000, est d’assurer la continuité de l’exploitation des matières premières et l’accès aux aéroports.

Aujourd’hui que le chaos où est plongée la Centrafrique, devenue la proie de bandes armées venues du Congo, de l’Ouganda, du Soudan, du Tchad, menace leurs intérêts, les pays occidentaux envisagent une intervention militaire, maquillée d’humanitaire bien sûr. Ainsi le 20 novembre le directeur du bureau Afrique du département d’État des États- Unis, Robert Jackson, s’alarme d’une situation de « pré-génocide » en Centrafrique. Laurent Fabius lui fait immédiatement écho, affirmant que « la République centrafricaine est au bord du génocide ». Le mot fait mouche et dès le lendemain le même annonce que la France va déployer un millier de soldats supplémentaires, venant s’ajouter aux 400 qui gardent en permanence l’aéroport de Bangui et quelques sites français dont celui de Total, et renforcer les quelque 3000 militaires de la Force militaire d’Afrique Centrale, la FOMAC, déjà présents sur le terrain. Il est probable qu’ils seront rejoints, sans tambour ni trompette, par nos forces spéciales, qui opèrent déjà en toute discrétion dans le nord du Cameroun. On rétablira une apparence d’ordre et les habitants continueront à périr d’inanition en silence, sans troubler la marche des affaires as usual.

La politique françafricaine est décidément une grande réussite.


[1] Vincent Munié , Agonie silencieuse de la Centrafrique , Le Monde diplomatique , 29/09/2013 et Vincent Munié, Centrafrique stratégie française , Le Monde diplomatique , février 2008 
 
 

 

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