7 avril 2022

Macron Watch Le Récap du 01/04/2022

 

AFFAIRES
 

Les montants dépensés pendant le quinquennat auprès de cabinets de conseil, et qui dépassent de 2,4 milliards d’euros sont une estimation minimale : seuls 10% des opérateurs de l’Etat ont été évalués par l’enquête sénatoriale ; par ailleurs elle ne contient ni les contrats de moins de 150 000 euros, ni les missions de l’année 2017, ni les prestations..

 

Suite sur Macron Watch

2 février 2022

Enquête sur l’écofascisme : comment l’extrême droite veut récupérer l’écologie

Cécile Guillard/Reporterre

 « Tuer les envahisseurs » pour « sauver l’environnement », « sauvez les abeilles pas les migrants »... L’extrême droite se réapproprie les fondements de l’écologie pour légitimer ses discours de haine. L’écofascisme se propage en France, et le péril est imminent.

Lire sur Reporterre ..

14 novembre 2016

La détention des migrants dans l’Union européenne : un business florissant


La détention des migrants dans l’Union européenne : un business florissant
 
Sous-traitance et privatisation de l’enfermement des étrangers
 
Lire et télécharger le dossier sur migreurope
 

8 septembre 2015

Sachez distinguer un bon migrant d'un mauvais migrant (image)


18 février 2015

Un général français dénonce la manipulation dans l'affaire des attentats de Paris


Dans une lettre adressée à un officier musulman, le général français Henri Poncet s’élève contre les opérations de manipulation des émotions suscitées par les attentats contre le journal satirique Charlie Hebdo. Publiée par un site web, la lettre de cet officier supérieur confirme tout ce qui se dit sur la grosse machine propagandiste antimusulmans et anti-immigration qui s’est mise en branle depuis ces attentats meurtriers. Rentrant des Etats-Unis quelques jours après les actions terroristes qui ont frappé la France, le général Poncet se joint ainsi à ces voix dissonantes qui dénoncent l’hypocrisie d’une classe politique en panne d’idées. (...)
 
suite sur Algérie Patriotique ...
 

17 septembre 2014

Erythrée: l’exode de ceux qui n’ont plus rien à perdre

Jeunes Erythréens dans le camp de réfugiés de Mai-Aini, au nord de l'Ethiopie.
(Reuters) via SwissInfo

Fuyant le régime d’Isaias Afewerki, des milliers de jeunes Erythréens défient chaque mois les tireurs d’élite et passent la frontière avec l’Ethiopie. Ici commence le voyage vers l’Europe. Des camps de réfugiés du Nord aux faubourgs d’Addis Abeba, il y a ceux qui se préparent à traverser le désert et la Méditerranée et ceux qui attendent depuis des années un billet pour la Suisse. swissinfo.ch est allé à leur rencontre.
 
 

25 mai 2014

La Grande Parade Métèque s'est déroulée à Romainville



L'association 1/4 organisait hier pour la toute première fois "la Grande Parade Métèque"


« Grande Parade Métèque »Les Lilas, Romainville, Pantin, Pré-Saint-Gervais

De 14h à 17h 30 - depuis la Cité Cachin à Romainville

Le rendez-vous était à la cité Marcel Cachin à Romainville (15mn à pieds de la station de métro Mairie des Lilas ; cf : le plan ci-joint et ci-dessous). le rendez-vous pour les jeunes majeurs du 93, de Paris et de l'Ile-De-France à 13h30 à la sortie du métro.

L'association « un sur quatre » est un collectif d'habitants, de voisins, d'amis des Lilas, de Romainville, de Pantin et du Pré-Saint-Gervais. Elle organisait le 24 mai, la première édition de la Grande Parade Métèque, qui a traversé ces quatre villes. L'objectif était de valoriser, transmettre et partager les bienfaits de l'immigration, de clamer la fierté de vivre dans un pays riche de populations d'origines et de cultures différentes. « Pas besoin d'être français pour se sentir français, pas besoin d'être étranger pour se sentir étranger »

L'association 1/4 organisait pour la toute première fois "la Grande Parade Métèque" dans l'espoir de valoriser, transmettre et partager auprès des publics les plus larges possible les bienfaits de l'immigration … autrement.

Les Amoureux au ban public participaient à l’événement et vous attendaient nombreux ! Le collectif d'Île-de-France a construit un char que vous avez eu la joie de découvrir samedi, nous étions également présent sur le village avec un stand dédié aux couples franco-étrangers et vous avons présenté également le film documentaire de Nicolas Ferran, réunissant 13 témoignages.


Signons, diffusons cet appel et mobilisons-nous ! Appel:

La haine de la différence envahit les murs, les médias, la rue, les citoyens et plus particulièrement les jeunes désespèrent. Et pourtant une multitude de personnes s'engagent pour les autres, l'intérêt général, la diversité, le respect.

Et si nous manifestoyons tous ensemble pour affirmer que nous voulons vivre ensemble dans le respect de nos différence.

Il s'agit de rappeler que l'égalité politique pour tous est un fondement de la République française.

Nous invitons toutes les personnes qui ressentent comme nous ce besoin de se montrer unies, nous demandons

L'appui de tous les réseaux, les collectifs, les associations, les fanfares, les groupes de musiques les poètes, les savants, les fous, pour une grande parade.Tout le monde pouvait participer

La Grande Parade était soutenue par les municipalités des villes traversées, et par de nombreuses associations et ONG (le MRAP, RESF, la Ligue des Droits de l'Homme, les Amoureux au ban public, la Cimade, Migreurop …), le collège Gustave Courbet, le Conservatoire de Romainville, des artistes, des collectifs de sans-papiers, ...

La parade se voulait légère et festive. Les citoyens ou collectifs ont pu construire leur propre char et déguisements pour accompagner ceux réalisés par l'organisation (chars à motricité humaine, animale ou électrique uniquement). Une aide était possible tous le samedi de 14h à 18h dans notreusine, au 39 rue Carnot à Romainville, on y trouvait aussi des conseils, des outils et des matériaux. La parade s'est terminée dans le Parc de Romainville et a été suivie d'un débat dans une Agora et d'un grand bal en soirée.

Mettons de la couleur dans nos vies !! Participons tout-e-s et tous à la Grande Parade Métèque !!
 

14 juin 2013

Incroyable rafle policière à Barbès



Street press | Mille Babords | jeudi 13 juin 2013


Quand la police met Barbès en état de siège pour rafler des sans-papiers

Mathieu Molard le 13 06 2013
Jeudi 6 juin, plus de 80 interpellations

Info StreetPress
 
C’est une gigantesque descente qui a eu lieu à Barbès, jeudi 6 juin. Pendant une heure et demie, une centaine de policiers bloque 4 rues du quartier, dispose des check-points et fouille les bistrots du coin à la recherche de sans-papiers.


"J’avais l’impression qu’ils arrêtaient tout le monde"

Métro Barbès – 15 heures. Ce jeudi, Kamel* est posté comme chaque jour face aux tourniquets de sortie de la station. Il tente d’alpaguer le chaland -« cigarettes, cigarettes ! » – quand il voit « des dizaines de fourgons de police arriver par tous les côtés. » En un instant c’est la débandade. Les vendeurs à la sauvette courent dans tous les sens, semant derrière eux des paquets de clopes et quelques babioles. Le jeune Tunisien, comme bon nombre de ses amis, n’a pas de titre de séjour. La plupart se précipitent à l’intérieur du Tati situé de l’autre côté de la rue.

Du premier étage du magasin, ils assistent au déploiement des CRS. « Ils ont mis en place des barrages », raconte Karim. Harnachés « comme Robocop », ils prennent position en travers de la rue, formant un mur d’uniformes. Impossible de passer. La même scène se répète dans les rues voisines : les forces de l’ordre établissent un périmètre. A l’intérieur : une partie de la rue de La Goutte d’Or, la rue des Islettes, la rue Capla, la rue Charbonnière et une partie du boulevard Barbès. En un instant, le quartier est bouclé.

Violence
A l’intérieur du périmètre, c’est la panique. Certains se faufilent dans les halls d’immeuble, les cours ou les commerces. Mohamed, sans titre de séjour, tente sa chance en direction du boulevard Magenta. « Je voulais traverser ici. » Index tendu, il désigne un passage piéton sur le boulevard de la Chapelle. Il court sur le trottoir. «  Un policier m’a mis un coup de pied  », il exhibe alors un bleu sur l’arrière de sa cuisse tandis qu’un strap maintient son épaule blessée. «  Ensuite, il m’a poussé contre les barrières en me tirant le bras dans le dos  », continue le Tunisien de 29 ans. «  Et puis, je ne sais pas pourquoi, il m’a relâché en me disant ‘vas-y dégage’ ». Sans demander son reste, il s’éloigne du quartier.
A chaque intersection, les riverains racontent la même histoire : un cordon de CRS prend position en travers de la rue. Progressivement, une queue se forme au check-point. «  Pour entrer ou sortir du périmètre il fallait présenter ses papiers  », explique un bistrotier de la rue de la Goutte d’Or. Lui comme ses clients sont priés de rester dans l’établissement, limitrophe de la zone bouclée. Ils regardent médusés l’opération. «  Il y avait des dizaines de fourgons de police ici et autant par là. Au total plus de cent policiers », raconte un client, la quarantaine grisonnante et du plâtre plein le t-shirt. La préfecture de police, contactée par StreetPress, ne « souhaite pas communiquer sur les effectifs déployés  ». A l’intérieur du périmètre, CRS, police de quartier et agents de la brigade anti-criminalité sillonnent les rues, pendant près d’une heure trente.

Rafle Personne ou presque n’échappe au contrôle. « Comme s’ils cherchaient quelqu’un », raconte un vendeur de téléphone. Femme, enfants, personnes âgées… les policiers vérifient méthodiquement l’identité de chaque passant. Pas de papiers, immédiatement les talkie-walkies grésillent : « J’en ai un ! ». Mickaël et sa bande sont posés sur un muret rue de la Goutte d’Or quand quatre agents en civils – « en sweats, déguisés en jeunes, quoi ! » – leur tombent dessus. «  Vos papiers, les jeunes ! » Deux d’entre eux n’en ont pas. Face au mur, les bras dans le dos, ils sont menottés. En guise de bracelet, des lanières de plastiques leur enserrent les mains. Enfin, deux policiers les escortent jusqu’à l’un des trois bus garés un peu plus loin. A l’intérieur, des dizaines de sans-papiers s’entassent. « Plus de 80  », racontent de nombreux témoins. Certains parlent d’une centaine de personnes. La préfecture de police ne souhaite pas communiquer le nombre exact d’interpellations.
Du premier étage du magasin Tati où il se cache, Karim observe le ballet incessant des policiers. Tous ceux qui sortent du métro sont contrôlés, impossible par ailleurs d’y entrer. « J’avais l’impression qu’ils arrêtaient tout le monde. Je les ai même vus embarquer un touriste avec son appareil photo. » Certains sans-papiers se sont glissés dans les cours ou les halls d’immeuble. «  Ils allaient les chercher à l’intérieur, on les voyait ressortir menottés », raconte Frank, lunettes de soleil vissées sur le visage. Saïd, patron du Barbès Café, est posté derrière son comptoir quand une dizaine de policiers «  tous en civil », font leur entrée dans l’établissement. « Ils ont fermé la porte derrière eux. » Dehors, le soleil est au beau fixe. Pas grand monde à l’intérieur. «  Une dizaine de clients tout au plus.  » Table après table, les agents contrôlent les papiers d’identité, jusqu’à tomber sur un sans-pap’. «  Au total, ils ont arrêté trois personnes chez moi, dont deux mineurs », raconte Saïd.

Pendant ce temps-là
Jeudi 6 juin, toutes les caméras du pays semblent tournées vers la rue Caumartin où la veille, Clément Méric, jeune militant antifasciste est mort. En milieu d’après-midi quelques centaines d’antifas viennent lui rendre hommage. Une heure plus tard, ils seront près de 6.000 place Saint-Michel. Anne Hidalgo, candidate socialiste à la Mairie de Paris tente une apparition. La foule scande alors «  PS hors la manif, socialos trahison  » puis quelques instants plus tard un autre slogan est repris en cœur « les fascistes assassinent à saint Lazare, le PS rafle à Barbès  ». Des militants de retour du 18è font circuler l’info : des dizaines de sans-papiers sont interpellés au même moment. Anne Hidalgo décide de rebrousser chemin.

Hygiène

La préfecture confirme bien être entrée dans les cafés et restaurants du quartier. L’opération était menée en collaboration avec les services administratifs. Le motif ? « Vérifier le respect des normes d’hygiène, de licence, la vente d’alcool aux mineurs… Neuf établissements ont été contrôlés », explique la préfecture. Deux établissements ont été immédiatement fermés, « deux autres ne devraient pas tarder à l’être ».

En plus de ces « contrôles administratifs », on évoque deux autres objectifs : « lutter contre l’accroissement des cambriolages dans l’arrondissement » et combattre les « receleurs, nombreux dans le marché sauvage autour de la station de métro ». Bilan officiel de l’opération : 16 gardes à vue pour « des questions de droit commun » (« un port d’armes prohibées, du recel et plusieurs individus inscrits au fichier des personnes recherchées. ») La police se refuse à communiquer le nombre total de personnes amenées au commissariat pour vérification d’identité, puis pour certains placés en centre de rétention.

GAV
A 16h20, la police lève les barrages. « A la sortie des classes, encore beaucoup de policiers, mais c’était possible de passer », raconte l’un des employés de l’école du quartier. Certains sans-papiers se glissent hors de leurs cachettes. « Il y avait toujours des mecs en civil. Ils en ont encore cueilli quelques-uns qui pensaient s’en être sortis », raconte un commerçant. Pour tous les interpellés, direction le commissariat de la rue de Clignancourt. Les militants de plusieurs associations d’aide aux sans-papiers dont Réseau Education Sans Frontières ont pu recueillir par téléphone quelques témoignages. L’un d’entre eux raconte avoir été placé en cellule pendant « trois ou quatre heures » avec une vingtaine de personnes. Le temps de vérifier l’identité des 80 interpellés (chiffre approximatif). Finalement, en plus des 16 GAV, 33 personnes devront passer devant le juge des libertés pour défaut de titre de séjour. Pour eux, direction le centre de rétention administratif de Vincennes.

Je les ai même vus embarquer un touriste avec son appareil photo !
Au tribunal Mardi 11 juin, tribunal de grande instance de Paris. Au dernier étage du bâtiment après une interminable montée des marches, un portique de détection de métaux et un gendarme gardent l’entrée sur un petit couloir. Une dizaine de militants s’y entassent. Depuis quelques jours, l’info circule sur les mails d’alerte des collectifs d’aide aux sans-papiers : les clandestins de Barbès passent devant le juge des libertés. Derrière une porte, à l’abri des regards. Les sans-papiers attendent leur tour, alignés dos à dos sur un banc en bois. Quelques avocats consultent les dossiers sur leurs genoux. Les trois boxes d’entretien sont occupés. Chacun est prié de faire vite. Jour d’affluence pour la justice, 36 cas doivent être tranchés dans la journée par les deux magistrats. A trois exceptions près, tous ont été interpellés le 6 juin dans le 18e.

Les audiences se suivent et se ressemblent. Dans une petite pièce, la magistrate, la cinquantaine coiffée avec un chignon. A sa gauche, la greffière, plus jeune. Face à eux, quatre chaises. « Monsieur Singh », la vingtaine, prend place sur l’une d’entre elles. A sa gauche, une traductrice lui chuchote à l’oreille. A sa droite, son avocate. Juste à côté, l’avocat de la préfecture. Maître Kornman compulse le dossier de son client. Commise d’office, elle n’en a pris connaissance que le matin même, comme les quatre autres cas qu’elle défendra dans la journée. Son argumentaire est très technique. Elle pointe les défauts du dossier. Ici une signature qui manque, là un délai de quatre heures entre la sortie du commissariat et la notification d’arrivée en centre de rétention… Jurisprudence à l’appui, elle tente de faire valoir la nullité de la procédure. L’avocate de la pref’ a pu consulter à l’avance les arguments de sa consœur. Elle répond point par point, précédent à l’appui. Maître Kornman tente de reprendre la parole pour répondre. « Vous avez déjà plaidé, si on fait toujours ça, on n’en finit jamais », coupe la juge. Elle réussit à placer une phrase avant d’être coupée à nouveau. Après 25 minutes d’échanges, tout le monde dehors. « Monsieur Singh », n’a pas dit un mot. Seule question qui lui est posée : « Etes-vous prêt à rentrer dans votre pays ? »

Expulsions
Dans le couloir, les militants s’échangent leurs notes. « Sur un document, ils avaient écrit qu’ils avaient procédé à un menottage permettant l’usage d’un téléphone. J’ai du mal à imaginer ! », ironise l’un d’entre eux. « Le dernier charter est parti hier et le prochain est seulement dans vingt jours ! Alors ils ont demandé un délai pour organiser le retour dans son pays ! » Les tristes anecdotes se succèdent, dressant en pointillés le portrait d’une police débordée par le nombre de dossiers. Des procédures traitées à la va-vite. « Lui, pendant la procédure, il avait un interprète tamoul alors qu’il parle ourdou. Ils vont l’expulser quand même. » Pour « Monsieur Singh », même traitement. La jeune avocate, visiblement fatiguée et dépitée, sort en courant « s’en griller une ». « De toute façon, cette juge expulse tout le monde », commente un militant, cheveux longs et carnet de notes à la main. Ceux qui échappent à l’expulsion doivent encore patienter 6 heures. Le délai pendant lequel la préfecture peut faire appel. Les autres tenteront leur chance en appel.

Warning Les sans-papiers cités dans l’article ont préféré voir leur nom changé.
 

Témoignage n°2, lundi 10 juin 2013

« Je descendais du métro Barbès avec mon cousin vers 15h30. La police m’a demandé un titre de transport, je le leur ai donné, et ensuite ils ont demandé les papiers. J’ai dit que je n’en avais pas. Ils m’ont mis les menottes et m’ont amené dans un car. Dans le commissariat [rue de Clignancourt] il devait y avoir 80 personnes arrêtées. On a passé 3 ou 4 heures dans une cellule à 20. il y avait une personne très malade qui se plaignait auprès des policiers mais ils s’en fichaient. Et puis quelqu’un a demandé d’aller aux toilettes et les policiers ont dit non. Les gens n’étaient pas contents. Alors des flics sont entrés dans la cellule et ils ont frappés 3 personnes avec les mains et les pieds. Dans la cellule, on avait ni ceinture ni lacets puis, 3 ou 4 flics sont arrivés et ils nous ont demandé de nous mettre tout nu, d’enlever les vêtements, d’enlever les slips ! On ne voulait pas, on a refusé ! Alors le chef est intervenu et a dit à ses collègues de laisser tomber.
Pour l’instant, à ma connaissance, personne de Barbès n’a été expulsé. Mais il y a des gens qui ne sont pas bien, ils ne veulent pas manger et ils ne veulent pas rester enfermés. »
Karim, sans papiers arrêté lors de la rafle et enfermé au CRA de Vincennes.

Bonjour
Audiences JLD aujourd’hui mercredi
CA jld (cour d’appel jld) demain jeudi (pour ceux qui n’ont pas été libérés hier mardi)

Proposition de texte à faxer et mailer auprès de la préfecture et du ministère  ;

"Nous protestons contre la rafle organisée dans le quartier de Barbès jeudi 6 juin 2013 : pendant plus de deux heures, les rues ont été bloquées par les forces de l’ordre empêchant passants et riverains de sortir. D’après les témoignages receuillis, les policiers en uniformant et en civil ont réalisé des contrôles au faciès, ce qui est formellement illégal. Les personnes interpellées, pour le seul fait qu’elles étaient dépourvues de pièces d’identité ou de titre de séjour, ont été violemment menottées et conduites ainsi à travers les rues du quartier jusqu’à des bus de police. La Cour européenne de justice a récemment rappelée à la France que le défaut de titre de séjour n’était pas un délit !
Nous exigeons la libération de toutes les personnes arrêtées et actuellement enfermées au Centre de rétention de Vincennes et l’arrêt des rafles !"


Préfecture de police de Paris
Fax cabinet du préfet : 01 53 71 67 23
Fax direction de la police générale : 01 53 71 57 10
prefpol.dpg-etrangers-secretariat@interieur.gouv.fr
Cabinet du ministre de l’Intérieur :
fax : 01.40.07.13.90
manuel.valls@interieur.gouv.fr

Lien vers la pétition du resf paris nord ouest :
http://www.educationsansfrontieres.org/?page=article&id_article=41580

Pour se rendre aux audiences JLD
/ métro cité (ligne 4) ou RER st Michel - Notre Dame (ligne B ou C)
/ Bd du Palais
une porte pour la sainte Chapelle, file d’attente séparée sur la gauche pour le tribunal.
/ Dans la cour passer entre les bungalows et la Sainte Chapelle
/ rerentrer à droite au fond de la cour (Y au dessus de la porte)
/ on arrive dans un hall, sur la gauche prendre l’escalier en pierre à droite de la guérite d’accueil, en haut traverser
le couloir tout droit
/ prendre la porte exactement en face, monter l’escalier en marbre qui part à gauche
/ puis l’escalier en bois en haut sur la gauche, monter deux volées de marches, c’est là sur la droite.
Pour se rendre aux audiences CA JLD (cour d’appel) demain jeudi
/ Palais de Justice de Paris : Métro Cité (ou Châtelet ou St Michel)
/ Bd du Palais,
Attention, on reste toujours au rez-de-chaussée :
/ une porte pour la sainte Chapelle, file d’attente séparée sur la gauche pour le tribunal.
/ Dans la cour passer à gauche entre les bungalows et la Sainte Chapelle,
/ rerentrer à gauche au fond de la cour Y (au dessus de la porte)
/ on arrive dans un hall
/ tout droit on passe les distributeurs de café
/ au bout de ce hall on sort et on tourne sur la droite dans une nouvelle cour
/ sur la gauche on voit l’impressionnante porte de prison verte de gris du centre de rétention Cité pour femmes et du dépôt, on continue
/ c’est au fond de cette cour tout à droite (il est écrit salle d’audience 35 ter et quater au dessus)



Mis en ligne le vendredi 7 juin

Témoignage de sans papiers arrêté lors de la rafle au faciès d’hier à Barbès (Paris)


il y a eu une rafle gigantesque à Barbes hier après midi, le quartier a été
entierement bouclé pendant plus de deux heures , et les dizaines et
dizaines de sans papiers arrêtés étaient amenés dans des bus stationnés au
métro.
On sait d’ores et déjà qu’une partie des gens est désormais au CRA
de Vincennes.

J

eudi 6 juin dans l’après-midi, une rafle comme on n’en voyait plus depuis la guerre d’Algérie ou depuis les grandes vagues d’expulsions de squatts au début des années 1980, a eu lieu à Barbès. Pendant presque deux heures tout un quartier a été bouclé, les gens ne pouvant plus ni entrer ni sortir, bloqués par des centaines de flics de toute sorte arrivés à bord de dizaines de véhicules, quadrillant la zone jusqu’à la Gare du Nord, La Chapelle, Château Rouge et Anvers. A l’intérieur du périmètre qui comprenait la rue de la Goutte d’Or, la rue des Islettes et une autre rue parallèle à la rue des Islettes, les flics se déploient. A l’extérieur du périmètre ils sont apparemment aussi extrêmement nombreux. Divers contrôles sont effectués : papiers et ventes à la sauvette, hygiène dans les établissements (d’après ce que disent certains commerçants mais ça je n’ai pas vu).

Des gens commencent à s’entasser aux différents check points. Protestations molles, entre résignation et agacement. Très vite, à l’intérieur du quartier bouclé, beaucoup moins de "vrais gens" que d’habitude et une multitude de patrouilles de robocops qui interpellent au faciès. Comme souvent, délit d’extranéité et de classe sociale sont de mise, à savoir que les cibles principales du contrôle sont les Africains qui ressemblent à des mecs qui viennent d’arriver du bled.

A chaque fois qu’ils en capturent, les bleus appellent victorieusement leur central avec leur talkie pour annoncer combien ils en ont attrapé. Puis ils les ramènent vers des bus d’embarquement sur le boulevard Barbès. Apparemment tout un staff technique et bureaucratique était installé dans les cars.

A un moment, une vieille dame juive a attrapé un jeune sans papier qui était capturé et elle a dit que c’était son fils. Les flics voulaient quand même l’emmener car évidemment ils ne la croyaient pas mais elle criait et s’accrochait au jeune homme et ils ont finalement du le lâcher.

Quand les flics bouclent un quartier ils sont plus ou moins obligés de relâcher les barrages qui empêchent de sortir et entrer dans le quartier pour la sortie de l’école. Du coup ils ont ouvert les barrages à 16h25

Mais attention, ouvrir les barrages et laisser les gens circuler dans le quartier ne signifie pas que les contrôles vont s’arrêter... Au contraire, et de fait plein de gens se sont fait attraper comme ça. Voyant que certains flics en uniforme partaient et que les camionettes de CRS qui barraient les rues se poussaient, pas mal de personnes, sans doute réfugiées dans des halls, sont sorties de leur cachette... Mais c’était sans compter avec des groupes de civils qui par quatre ou cinq ou six sillonnaient le quartier, pour certains avec des camouflages assez réussis (le rasta, le gars qui ressemble à un sans papier, la fille déguisée en jeune de quartier), et contrôlaient et arrêtaient les gens. Les personnes arrêtées étaient alors conduites menottées dans des bus stationnés à ce moment-là sous le métro au carrefour Barbès. Le dernier bus rempli est parti vers 16h30.

Dans cette apathie déprimante où on a l’impression que les gens sont menés à l’abattoir dans la passivité la plus totale, si ce n’est quelques ronchonnements individuels (Mais on est prisonniers dans notre quartier) ou désabusés (Ah ici c’est comme ça ils cherchent les cigarettes, les sans papiers, pff). Ca finit toujours par entrainer des personnes qui n’osaient pas se lancer pour protester et par se transformer en petit rassemblement, ce qui permet de discuter de ce qui se passe. Ca met un rapport de solidarité minimal mais essentiel entre les gens arrêtés et les autres qui y ont échappé.

Plus tard, au rassemblement pour l’assassinat de Clément Méric nous avons appris qu’une partie des gens emmenés dans les bus avaient été conduits au commissariat de la rue de Clignancourt, ce qui a provoqué des cris de « Les fascistes assassinent à Saint Lazare ; le PS rafle à Barbès ».

Un appel à se rendre au commissariat de la rue de Clignancourt pour 20h30 a donc circulé. La rue était bloquée à la circulation par plusieurs camionettes et un bus de la police qui sert à transporter les gens arrêtés dans les manifs. Les premières personnes arrivées ont constaté que dans ce bus posté juste devant le commissariat étaient parqués plusieurs sans-papiers. Quelques autres sortaient libres. Ils nous ont dit que dans le commissariat ils avaient été triés : certains comme eux pouvaient sortir et d’autres qui allaient être conduits au centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes étaient montés dans le bus.

Cela faisait plusieurs heures que ces derniers étaient enfermés là sous une chaleur écrasante, sans pouvoir boire ; manger, aller aux toilettes. Sans attendre l’heure du rassemblement, des slogans ont commencé à fuser « Liberté », « Solidarité avec les sans-papiers » auxquels les dizaines de personnes emprisonnées dans le bus ont répondu chaleureusement en criant eux aussi et en tapant sur les vitres.

Très vite les flics ont violemment repoussé les quelques personnes présentes en bas de la rue à grand renfort de coups de tonfas, coups de pieds, insultes, … Très vite, alors qu’en bas de la rue quelques autres personnes commençaient à arriver, le bus a démarré, protégé par un grand renfort de flics dont certains étaient flashball à la main. Nous n’avons pu qu’unir nos slogans à ceux des gens qui étaient enfermés à l’intérieur.

Le lendemain nous avons su qu’une quarantaine de personnes étaient enfermées au centre de rétention de Vincennes. D’autres sont peut-être dans d’autres centres de rétention. Les gens arrêtés devraient passer devant un JLD mardi ou mercredi s’ils ne sont pas expulsés d’ici là.


Témoignage d’un sans papiers arrêté lors de la rafle d’hier à Barbès.


" Les flics nous ont traités comme des terroristes. Ils nous ont mis des menottes en plastique. Elles étaient très serrées, on a encore les marques. On va aller voir le médecin pour faire un certificat.
Ils ont encerclé Barbès et ils contrôlaient « au visage », tous les Arabes, les
Noirs... Ils étaient très méchants et ne respectaient personne. Il sont arrivés vers 14 heures et gueulaient après tout le monde dans la rue. Il y a des gens ça fait 10 ans qu’ils sont ici et ils n’avaient jamais vu ça.

Moi je sortais de chez le coiffeur et c’est un policier en civil qui m’a arrêté. C’était comme Guatanamo. Ça veut dire quoi ? Parce que on est arabe, on
est des terroristes, ou quoi ? On a risqué notre vie sur un bateau, on est passé par Lampedusa et ici il n’y a pas de liberté.
On a cru qu’on était en Tunisie. On n’ a pas de problème avec les
gens ici, on a un problème avec les flics.

Ensuite ils nous ont amenés au commissariat de Clignancourt, on était 40 dans une cellule et on ne pouvait pas respirer. Et si on protestait, les flics disaient : « Ferme ta gueule. Pourquoi vous êtes venu ici, Restez chez vous ! ». Il y avait aussi un vieux touriste marocain au commissariat, sa famille a apporté ses papiers et il a été libéré. Quel accueil touristique !

Devant le commissariat il y avait des dames qui n’étaient pas d’accord et qui criaient Liberté ! Et les flics les ont frappées.

On a doit être 40-50 de Barbès au CRA‌. Même en Tunisie la prison c’est pas comme ça. Personne ne mange. On a décidé de faire la grève de la faim la semaine prochaine. La prison c’est mieux parce que là je ne sais ce qui va se passer demain. Il n’y a pas de solution. (...)

Centre de rétention de Vincennes, vendredi 7 juin 2013

Les sans papiers arrêtés hier devraient passer mercredi prochain au JLD de
Paris. Soyons nombreux pour les soutenir !

19 avril 2013

Grèce, la fraise au prix du sang



"Notre société émiettée, et sur la voie étroite de l’anthropophagie structurelle et structurante, remplira bientôt tous les critères de l’âge nouveau. C’est ainsi qu’à Manolada dans le Péloponnèse, des immigrés travaillant dans la production de la fraise... décidément de saison, qui ont osé réclamer leurs salaires impayés depuis six moins à leur patron néo-esclavagiste, ont été blessés, dont quatre grièvement. Les faits se sont déroulés mercredi 17 avril au soir, lorsque des hommes armés et chargés de superviser le travail des immigrés, ont ouvert le feu sur ces derniers. Les surveillants, ont utilisé des carabines pour disperser les travailleurs immigrés, deux cent personnes environ ainsi rassemblés réclamant leurs soldes. Temps de crise, aussi vécu et pratiqué via ses... authentiques rapports entre le capital et le travail, en passant par le racisme récurent, ce dernier, notons-le, n’aura pas attendu la crise pour agir... comme un grand. (...) "

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Fraises de saison

6 mai 2012

Badiou : Le racisme des intellectuels

Le Monde.fr | Alain Badiou | 05 mai 2012

badiou.jpgL'importance du vote pour Marine Le Pen accable et surprend. On cherche des explications. Le personnel politique y va de sa sociologie portative : la France des gens d'en bas, des provinciaux égarés, des ouvriers, des sous-éduqués, effrayée par la mondialisation, le recul du pouvoir d'achat, la déstructuration des territoires, la présence à leurs portes d'étranges étrangers, veut se replier sur le nationalisme et la xénophobie.

C'est déjà du reste cette France "retardataire" qu'on accusait d'avoir voté non au référendum sur le projet de Constitution européenne. On l'opposait aux classes moyennes urbaines éduquées et modernes, qui font tout le sel social de notre démocratie bien tempérée.

Disons que cette France d'en bas est quand même, en la circonstance, le baudet de la fable, le pelé et le galeux "populiste" d'où nous vient tout le mal lepéniste. Etrange, au demeurant, cette hargne politico-médiatique contre le "populisme". Le pouvoir démocratique, dont nous sommes si fiers, serait-il allergique à ce qu'on se soucie du peuple ? C'est l'avis dudit peuple, en tout cas, et de plus en plus. A la question "les responsables politiques se préoccupent-ils de ce que pensent les gens comme vous ?", la réponse entièrement négative "pas du tout" est passée de 15 % de l'ensemble en 1978 à 42 % en 2010 ! Quant au total des réponses positives ("beaucoup" ou "assez"), il est passé de 35 % à 17 % (on se reportera, pour cette indication statistique et d'autres d'un très grand intérêt, au numéro hors série de la revue La Pensée titré "Le peuple, la crise et la politique" et réalisé par Guy Michelat et Michel Simon). La relation entre le peuple et l'Etat n'est pas faite de confiance, c'est le moins qu'on puisse dire.

Faut-il conclure que notre Etat n'a pas le peuple qu'il mérite, et que le sombre vote lepéniste atteste cette insuffisance populaire ? Il faudrait alors, pour renforcer la démocratie, changer le peuple, comme le proposait ironiquement Brecht...

Ma thèse est plutôt que deux autres grands coupables doivent être mis en avant : les responsables successifs du pouvoir d'Etat, de gauche comme de droite, et un ensemble non négligeable d'intellectuels.

En définitive, ce ne sont pas les pauvres de nos provinces qui ont décidé de limiter autant que faire se peut le droit élémentaire d'un ouvrier de ce pays, quelle que soit sa nationalité d'origine, de vivre ici avec sa femme et ses enfants. C'est une ministre socialiste, et tous ceux de droite ensuite qui se sont engouffrés dans la brèche. Ce n'est pas une campagnarde sous-éduquée qui a proclamé en 1983, que les grévistes de Renault - en effet majoritairement algériens ou marocains - étaient des "travailleurs immigrés (...)agités par des groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises".

C'est un premier ministre socialiste, bien entendu à la grande joie de ses "ennemis" de la droite. Qui a eu la bonne idée de déclarer que Le Pen posait les vrais problèmes ? Un militant alsacien du Front national ? Non, c'est un premier ministre de François Mitterrand. Ce ne sont pas des sous-développés de l'intérieur qui ont créé les centres de rétention pour y emprisonner, hors de tout droit réel, ceux qu'on privait par ailleurs de la possibilité d'acquérir les papiers légaux de leur présence.

Ce ne sont pas non plus des banlieusards excédés qui ont ordonné, partout dans le monde, qu'on ne délivre aux gens des visas pour la France qu'au compte-gouttes, pendant qu'on fixait ici même des quotas d'expulsions que devait à tout prix réaliser la police. La succession des lois restrictives, attaquant, sous prétexte d'étrangeté, la liberté et l'égalité de millions de gens qui vivent et travaillent ici, n'est pas l'oeuvre de "populistes" déchaînés.

A la manoeuvre de ces forfaits légaux, on trouve l'Etat, tout simplement. On trouve tous les gouvernements successifs, dès François Mitterrand, et sans répit par la suite. En la matière, et ce ne sont que deux exemples, le socialiste Lionel Jospin a fait savoir dès son arrivée au pouvoir qu'il n'était pas question d'abolir les lois xénophobes de Charles Pasqua ; le socialiste François Hollande fait savoir qu'on ne décidera pas les régularisations de sans-papiers autrement sous sa présidence que sous celle de Nicolas Sarkozy. La continuité dans cette direction ne fait aucun doute. C'est cet encouragement obstiné de l'Etat dans la vilenie qui façonne l'opinion réactive et racialiste, et non l'inverse.



Je ne crois pas être suspect d'ignorer que Nicolas Sarkozy et sa clique ont été constamment sur la brèche du racisme culturel, levant haut le drapeau de la "supériorité" de notre chère civilisation occidentale et faisant voter une interminable succession de lois discriminatoires dont la scélératesse nous consterne.

Mais enfin, nous ne voyons pas que la gauche se soit levée pour s'y opposer avec la force que demandait un pareil acharnement réactionnaire. Elle a même bien souvent fait savoir qu'elle "comprenait" cette demande de "sécurité", et a voté sans état d'âme des décisions persécutoires flagrantes, comme celles qui visent à expulser de l'espace public telle ou telle femme sous le prétexte qu'elle se couvre les cheveux ou enveloppe son corps.

Ses candidats annoncent partout qu'ils mèneront une lutte sans merci, non tant contre les prévarications capitalistes et la dictature des budgets ascétiques que contre les ouvriers sans papiers et les mineurs récidivistes, surtout s'ils sont noirs ou arabes. Dans ce domaine, droite et gauche confondues ont piétiné tout principe. Ce fut et c'est, pour ceux qu'on prive de papiers, non l'Etat de droit, mais l'Etat d'exception, l'Etat de non-droit. Ce sont eux qui sont en état d'insécurité, et non les nationaux nantis. S'il fallait, ce qu'à Dieu ne plaise, se résigner à expulser des gens, il serait préférable qu'on choisisse nos gouvernants plutôt que les très respectables ouvriers marocains ou maliens.

Et derrière tout cela, de longue date, depuis plus de vingt ans, qui trouve-t-on ? Qui sont les glorieux inventeurs du "péril islamique", en passe selon eux de désintégrer notre belle société occidentale et française ? Sinon des intellectuels, qui consacrent à cette tâche infâme des éditoriaux enflammés, des livres retors, des "enquêtes sociologiques" truquées ? Est-ce un groupe de retraités provinciaux et d'ouvriers des petites villes désindustrialisées qui a monté patiemment toute cette affaire du "conflit des civilisations", de la défense du "pacte républicain", des menaces sur notre magnifique "laïcité", du "féminisme" outragé par la vie quotidienne des dames arabes ?

N'est-il pas fâcheux qu'on cherche des responsables uniquement du côté de la droite extrême - qui en effet tire les marrons du feu - sans jamais mettre à nu la responsabilité écrasante de ceux, bien souvent - disaient-ils - "de gauche", et plus souvent professeurs de "philosophie" que caissières de supermarché, qui ont passionnément soutenu que les Arabes et les Noirs, notamment les jeunes, corrompaient notre système éducatif, pervertissaient nos banlieues, offensaient nos libertés et outrageaient nos femmes ? Ou qu'ils étaient "trop nombreux" dans nos équipes de foot ? Exactement comme on disait naguère des juifs et des "métèques" que par eux la France éternelle était menacée de mort.

Il y a eu, certes, l'apparition de groupuscules fascistes se réclamant de l'islam. Mais il y a tout aussi bien eu des mouvements fascistes se réclamant de l'Occident et du Christ-roi. Cela n'empêche aucun intellectuel islamophobe de vanter à tout bout de champ notre supérieure identité "occidentale" et de parvenir à loger nos admirables "racines chrétiennes" dans le culte d'une laïcité dont Marine Le Pen, devenue une des plus acharnées pratiquantes de ce culte, révèle enfin de quel bois politique il se chauffe.

En vérité, ce sont des intellectuels qui ont inventé la violence antipopulaire, singulièrement dirigée contre les jeunes des grandes villes, qui est le vrai secret de l'islamophobie. Et ce sont les gouvernements, incapables de bâtir une société de paix civile et de justice, qui ont livré les étrangers, et d'abord les ouvriers arabes et leurs familles, en pâture à des clientèles électorales désorientées et craintives. Comme toujours, l'idée, fût-elle criminelle, précède le pouvoir, qui à son tour façonne l'opinion dont il a besoin. L'intellectuel, fût-il déplorable, précède le ministre, qui construit ses suiveurs.

Le livre, fût-il à jeter, vient avant l'image propagandiste, laquelle égare au lieu d'instruire. Et trente ans de patients efforts dans l'écriture, l'invective et la compétition électorale sans idée trouvent leur sinistre récompense dans les consciences fatiguées comme dans le vote moutonnier.

Honte aux gouvernements successifs, qui ont tous rivalisé sur les thèmes conjoints de la sécurité et du "problème immigré", pour que ne soit pas trop visible qu'ils servaient avant tout les intérêts de l'oligarchie économique ! Honte aux intellectuels du néo-racialisme et du nationalisme bouché, qui ont patiemment recouvert le vide laissé dans le peuple par la provisoire éclipse de l'hypothèse communiste d'un manteau d'inepties sur le péril islamique et la ruine de nos "valeurs" !

Ce sont eux qui doivent aujourd'hui rendre des comptes sur l'ascension d'un fascisme rampant dont ils ont encouragé sans relâche le développement mental.

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Né en 1937, professeur de philosophie à l'Ecole normale supérieure, Alain Badiou articule pensée formelle et récit littéraire, argumentation conceptuelle et intervention politique. Il est notamment l'auteur d'Entretiens I (Nous, 2011), de La République de Platon (Fayard, 596 p., 24,50 €) et, dans la série "Circonstances", aux Nouvelles Editions Lignes, de Sarkozy : pire que prévu, les autres : prévoir le pire (94 p., 9,50 €).

3 février 2012

Vous êtes Africaine et vous soutenez Marine Le Pen ?!

par Mehdi et Badroudine | Bondy Blog | 3 février 2012

"Vous êtes Africaine et vous soutenez Marine Le Pen ?! "

A l’occasion de la présentation du comité de soutien de la candidate FN, sur la péniche Maxim's à Paris, Mehdi et Badrou ont rencontré Rosine Nahounou, une membre du comité d’origine africaine. Elle explique pourquoi elle a choisi de soutenir Marine Le Pen. 

Rosine Nahounou porte un tailleur noir et blanc, cintré. À la tribune, elle dénonce « l’injustice faite au Front national ». Elle fait partie de ces « anonymes » qui se sont enrôlés dans le comité de soutien Bleu Marine. Elle nous donne cinq minutes entre deux bouffées de macarons. Autour, le président du comité, Gilbert Collard, surveille ses troupes. Interview.

Vous n’avez pas l’impression d’être la Rama Yade de Marine Le Pen ?

Ah, non ! Marine Le Pen ne demande pas à avoir une Rama Yade, elle demande des personnes de convictions. J’ai les mêmes objectifs et la même vision que Marine Le Pen. Moi je l’ai dit tout à l’heure, je défends le continent africain parce que je suis d’origine africaine et j’ai de la famille en Afrique. Je vis en France, je respecte la France, je respecte le drapeau français, les lois françaises, la culture française et les valeurs françaises.

Les gens autour de vous ne trouvent-ils pas étrange que vous soutenez Marine Le Pen ?

La plupart des personnes qui trouvent ça étrange sont des gens du parti socialiste. Ils s’exclament, ils me disent : « Ah vous êtes Africaine et vous soutenez Marine Le Pen ?! » Je leur réponds oui, j’ai terminé avec la propagande et la manipulation. Oui, parce que je ne suis pas abrutie, je sais lire, et j’ai fouillé les archives. Et depuis plus de 30 ans, il n’y a que la gauche et la droite qui se distribuent le pouvoir. Ils n’ont rien apporté aux Noirs de France.

Mais les archives du Front National ne sont pas non plus les plus belles…

Lesquelles ? Vous allez me parler de la Guerre d’Algérie peut-être ? À la Guerre d’Algérie, les ordres venaient de l’Elysée. Les vrais responsables sont au pouvoir et ils font porter le chapeau aux simples militaires qu’on envoyait au front.

Est ce que vous n’avez pas l’impression d’être utilisée ?

Je me suis proposé par moi même au Front National. Personne ne m’a appelé. J’ai été à gauche, j’ai été à droite. Mais la gauche ou la droite, j’y crois plus. Et j’ai été séduite par le Front National, notamment sa politique étrangère.

Quelle politique étrangère ?

Allez sur son site, vous verrez qu’elle est pour la souveraineté des nations et l’autonomie des peuples, notamment pour mon continent africain.

Marine Le Pen est la seule pour vous qui a un discours pour l’Afrique donc ?


C’est la seule qui est crédible et cohérente dans ses propos. Je ne veux pas voir des diplômés africains venir en Europe pour travailler dans la sécurité. Je préfère les voir rester en Afrique et les voir développer leur continent africain.

Marine Le Pen ne sera sûrement pas élue, est ce que vous serez triste ?

Pourquoi vous dites qu’elle ne sera pas élue ???!! Si vous vous basez sur les sondages, vous savez bien qu’ils sont commandés par les candidats.

Si elle ne gagne pas, vous serez déçue ?

Je ne serais pas déçue. Et je ne pense pas qu’elle va perdre.

Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah

Sur le même sujet, lire FHaine Xénophobia (note de Paco)

28 juillet 2011

Pourquoi je porte plainte contre la fachosphère




Pierre Henry, le directeur général de l'association France terre d'asile, vient de déposer plainte contre X. En cause : des menaces de mort postées sur le site Fdesouche.com, ainsi que des commentaires qu'il juge diffamatoires et insultants.

Cette fois c’en était trop.

J’ai longtemps supporté d’être maltraité par les sites d’extrême-droite, insulté à cause de l’action articulée autour de valeurs humanistes et universelles que l’organisation que je dirige, France terre d’asile, mène en faveur des migrants. L’immigration est un thème qui déclenche les passions - surtout quand il est délibérément et faussement associé à l’islam et à l’insécurité - et je savais que tenter le dialogue ou la pédagogie avec des individus fermement chevillés à leur xénophobie serait improductif.

Alors je laissais passer. Jusqu’à ce que l’audace des extrémistes du net atteigne des sommets d’infamie avec des attaques visant Stéphane Hessel - parrain de l’un de nos centres pour demandeurs mineurs étrangers isolés - et certains de mes collaborateurs aux noms à consonance maghrébine.

Jusqu’à ce qu’une déferlante de haine et de violence suive l’une de mes interviews : me voilà, entre autres gracieusetés, "méritant "une balle" ou encore la pendaison "au bout d’une corde de piano accroché à un réverbère". Cette fois la coupe était pleine, suffisamment pour avoir envie de dire stop à la haine.
J’ai donc porté plainte. Contre X. Contre la "fachosphère" et son représentant le plus actif, le site François de souche.
Ce site est un modèle dans le genre radical avec figurants "courageux" sous plumes anonymes qui écrivent sans tabous et se relayent la haine en cherchant l’escalade. Ces X, hors la loi républicaine, hors la démocratie, répandent en toute impunité sur la toile leurs propos haineux qui finissent par se banaliser. Et ce, dans un contexte politique qui l’autorise.

Ces conversations du net ressemblent à celles qui sévissaient dans les "café du commerce" des années soixante-dix, quand une partie de la France s’affichait raciste avec ses "ratonnades" et ses "Dupont Lajoie" capables de "torturer un arabe pour se distraire", de le passer par la fenêtre d’un train, de l’incendier dans son logement, de mener des expéditions punitives en meute contre les immigrés.

Nous aimons à penser que cette époque est révolue. Gardons-nous de tout idéalisme. Les défilés racistes, antisémites, se tiennent aujourd’hui sur les forums, bras tendus droits vers la haine et celui qui le tend n’a ni nom ni visage jusqu’au moment ou de virtuel, le crime devient bien réel.
Déposée, la plainte doit maintenant être instruite pour que l’on sache vraiment au nom du bien public qui se cache derrière le site François de souche.

L’intérêt général le commande pour tenter de stopper la déferlante xénophobe et raciste qui s’abat sur l’Europe. L’alternative commence d’abord par la maîtrise des mots et des représentations.
Pierre Henry

Le Plus, le 26/07/2011


11 novembre 2010

Depuis nos écrans, manifestons ensemble pour empêcher la loi Besson de passer !

En ces jours où le bruit des pas de millions de manifestants n'arrive pas jusqu'aux oreilles de nos parlementaires, La Cimade vous invite à participer à une manifestation virtuelle contre le projet de loi sur l'immigration, pour faire du bruit à travers le web !

Le projet de loi Besson a été adopté à l'Assemblée le 12 octobre dernier après des débats polémiques et précipités. Ce projet de loi, déjà effacé des mémoires médiatiques, réduit considérablement les droits des étrangers en France.

Mais il est encore temps d'agir !
Ce texte, aux relents xénophobes, doit encore être discuté au Sénat où, on l'espère, les élus sauront donner plus de dignité aux débats.

Pour faire part aux sénateurs de notre préoccupation et de notre vigilance, La Cimade organise donc une manifestation virtuelle de l'Assemblée nationale jusqu'au Sénat. De novembre à janvier, cette marche virtuelle empruntera le chemin des écoliers pour rencontrer ceux et celles qui verront leur vies bousculées par ce nouveau projet de loi : travailleurs sans papiers, étrangers malades, couples franco-étrangers, étrangers enfermés en centre de rétention, etc.

À chacune des six étapes, soit tous les quinze jours environ, vous recevrez un mail vous invitant à participer à une action pour sensibiliser vos voisins, vos collègues et surtout les sénateurs et les sénatrices qui discuteront le texte...

Peu importe la date, il n'est pas trop tard ! Vous pouvez rejoindre le cortège à tout moment. Plus nous serons nombreux, plus les sénateurs seront sensibles aux atrocités de ce texte, et plus ils s 'y opposeront !

> Pour rejoindre la manifestation rendez vous sur le site de la campagne pourquellenepassepas.

> Retrouvez y aussi plus d'information sur ce projet de loi!

4 septembre 2010

Une indécence majeure

Afin de dire notre désaccord avec la politique de haine, de racisme et de stigmatisation qui a cours aujourdh'ui en France, la Maison des Passages et Patrick Chamoiseau font circuler cette affiche.
 Télécharger l'affiche

Et vous propose de la faire parvenir à la Présidence de la République au format carte postale 
en savoir +

La Maison des passages


Rassemblement à Cahors, 11h devant la mairie, ce samedi !

6 août 2010

Non à la politique du pilori !

Appel Citoyen

Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité

 

Signez l’appel en ligne !

Les plus hautes autorités de l’Etat ont fait le choix de jeter à la vindicte publique des catégories entières de population : Gens du voyage accusés comme les étrangers d’être des fauteurs de troubles, Français d’origine étrangère sur lesquels pèserait la menace d’être déchus de leur nationalité, parents d’enfants délinquants, etc. Voici que le président de la République accrédite aussi les vieux mensonges d’une immigration coûteuse et assimilée à la délinquance, et offre ainsi à la stigmatisation des millions de personnes en raison de leur origine ou de leur situation sociale.
Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche ne s’inscrit pas dans le débat légitime, dans une démocratie, sur la manière d’assurer la sûreté républicaine. Le nécessaire respect de l’ordre public n’a pas à être utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires. Ni pour instituer des peines de prison automatiques, contraires aux principes fondamentaux du droit pénal, à l’indépendance de la justice et à l’individualisation des peines.
La Constitution de la France, République laïque, démocratique et sociale, assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».
Nul, pas plus les élus de la nation que quiconque, n’a le droit de fouler au pied la Constitution et les principes les plus fondamentaux de la République.
Notre conscience nous interdit de nous taire et de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la paix civile.

Nous appelons à une manifestation le samedi 4 septembre 2010, place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, afin de fêter le 140e anniversaire d’une République que nous voulons plus que jamais, libre, égale et fraternelle.

http://nonalapolitiquedupilori.org/

23 mars 2010

Le Pen, Besson et Zemmour !


Le Pen, Besson et Zemmour !
envoyé par franceinter. - Regardez plus de vidéos comiques.

28 février 2010

Journée sans immigrés: On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici !

 

Un clip réalisé par le collectif des cinéastes pour les sans-papiers

 Plus d'info: http://www.la-journee-sans-immigres.org/

23 février 2010

Manifeste du collectif "La journée sans immigrés"

 


FAISONS DU 1ER MARS UNE JOURNEE HISTORIQUE

Nous, femmes et hommes, de toutes croyances, de tous bords politiques, et de toutes couleurs de peaux, immigrés, descendants d’immigrés, citoyens conscients de l’apport essentiel de l’immigration à notre pays, en avons assez des propos indignes tenus par certains responsables politiques visant à stigmatiser ou criminaliser les immigrés et leurs descendants.

Rappelons qu’un immigré est celui qui est perçu comme tel par les autres au-delà même de ses origines. Nous voulons nous réapproprier et réhabiliter ce terme devenu péjoratif par la force de l’instrumentalisation politique.

Nous refusons les stéréotypes véhiculés qui menacent notre cohésion sociale. Nous refusons que les bienfaits passés, présents et futurs des immigrés qui ont toujours construit la France soient ainsi niés d’un trait. Et entendons par ailleurs qu’il nous appartient de les mettre en valeur.

Les immigrés et descendants d’immigrés ont manifesté à maintes reprises pour défendre leurs droits. Et en retour, ils n’ont reçu que mépris ! Aujourd’hui, puisqu’il est convenu que « la consommation est le moteur de la croissance », nous voulons agir sur ce levier pour marquer notre indignation.

Le 1er mars 2005 est entré en vigueur le «code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile» (CESEDA), plus communément appelé le code des étrangers. Cette loi symbolise une conception utilitariste de l’immigration, en d’autres termes, une immigration choisie sur critères économiques. Nous ne pouvions trouver de meilleur jour pour appeler à « une journée sans immigrés ». Nous, immigrés, descendants d’immigrés, citoyens conscients de l’apport de l’immigration à notre pays, sommes tous des consommateurs et nous participons quotidiennement à la croissance de notre pays.

Notre action citoyenne a pour objectif la mise en valeur de l’apport de chacun d’entre nous à la prospérité générale. Nous avons tous le pouvoir d’agir sur notre avenir alors, prenons-le !

LE 1ER MARS 2010 : AGISSONS EN CESSANT DE CONSOMMER ET/OU DE TRAVAILLER.

Durant 24 heures, participons à la non-activité économique dans les entreprises, dans les associations, dans la fonction publique, dans les écoles et les lycées, dans les universités, dans les hôpitaux, dans les associations, dans les commerces, dans l’industrie, dans le bâtiment, dans l’agriculture, dans les services, dans les médias, dans la politique…

POUR LA PREMIERE FOIS EN FRANCE, NOUS DECIDONS DE NE PAS PARTICIPER A LA VIE DE LA CITE. PAR CETTE ABSENCE, NOUS VOULONS MARQUER LA NECESSITE DE NOTRE PRESENCE.

Plus d'info: http://www.la-journee-sans-immigres.org/

15 décembre 2009

La lettre sans papier


par Lalettresanspapier

 lettre filmée à Nicolas Sarkozy

29 juin 2009

ILS FONT LA GUERRE AUX SANS-PAPIERS !


Le 24 juin restera comme un jour noir dans l’histoire du mouvement des sans-papiers en France mais surtout dans l’histoire du syndicalisme français.

C’est hier en effet que les travailleurs sans-papiers isolés qui occupaient depuis bientôt 14 mois une partie des locaux de la Bourse du travail, 85 rue Charlot, à Paris, pour mener une action d’ensemble visant à obtenir leur régularisation à partir d’un « lieu ami », ont été expulsés.

Cinq jours après le communiqué de la CGT précisant que la Bourse du travail devait être « libérée », voilà donc la chose faite, et de la manière la plus violente.

Une centaine peut-être de membres du service d’ordre de la CGT, sur le coup de midi, profitant du fait que la majeure partie d’entre nous étaient partis à notre manifestation hebdomadaire du mercredi, ont subitement envahi la cour, cagoulés ou masqués, matraquant les hommes et gazant tous les présents, femmes et enfants. Des personnes ont dû être hospitalisés et le petit Mohamed, la mascotte de la Bourse occupée, bien connu de tout le monde, et une femme, viennent seulement de sortir, après 24 heures d’hôpital.

La densité des gaz était telle que Sissoko, notre coordinateur, accouru aux cris, est tombé évanoui dans la cour et ce sont les femmes, réfugiées entre-temps à l’intérieur, qui sont ressorties pour l’y transporter à la force des bras.

Nous nous sommes barricadés dans la grande salle, et la police est alors intervenue, appelée par des gens du voisinage inquiets à cause des grands cris et de la fumée des lacrymogènes.

Dans un premier temps, le commissaire a veillé à empêcher notre affrontement avec le service d’ordre de la CGT. Celle-ci a appelé la Ville de Paris, propriétaire de l’immeuble, qui a immédiatement (ce qui prouve qu’elle était d’accord) réquisitionné la police. Le commissaire nous a alors imposé l’évacuation des locaux, exigeant même, d’après les instructions reçues, notre départ immédiat sans récupération de nos affaires (ce qui, par le passé, s’est souvent soldé par la perte d’effets et documents personnels).

Nous nous sommes opposés et, appelés par nous, nos camarades partis en manifestation sont rentrés. Le rapport de forces a été en quelque manière rétabli, une partie ayant pu même rentrer dans la grande salle par l’accès du boulevard du Temple, contrôlé par nous. Le commissaire a alors accepté de nous faire récupérer toutes nos affaires. Cette opération était terminée un peu après 19 heures.

Depuis, nous sommes campés sur le trottoir du boulevard du Temple à plusieurs centaines (une liste de 600 sans-papiers présents a été dressée hier soir) et attendons que les maires du troisième et deuxième (qui s’y sont engagés) nous trouvent un lieu apte à nous héberger et surtout où nous puissions, sans être dispersés, poursuivre notre action pour obtenir la régularisation de nous tous. Nous sommes dans l’attente d’un rendez-vous que nous a promis le ministère de l’immigration pour discuter les critères de notre régularisation. C’est maintenant le moment le plus mal venu pour affaiblir notre mouvement et, quant à nous, de baisser les bras.

La lutte continue !

Paris, le 25 juin 2009

CSP 75

source: Le Quotidien des Sans-papiers

 

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