Le Conseil constitutionnel vient de rendre sa décision sur la loi « responsabilité pénale et sécurité intérieure ».
Ce texte, adopté le 18 novembre 2021 par le Parlement, prévoyait
notamment de ré-autoriser les drones policiers. Si les drones avaient
été interdits à quatre reprises depuis 2020 (deux fois par le Conseil d’État, une fois par la CNIL et une fois
par le Conseil constitutionnel), l’entêtement du gouvernement a porté
ses fruits. Après deux années d’illégalité, les drones vont ré-occuper
le ciel et restaurer la surveillance de masse.
Cette mauvaise nouvelle ne vient pas seule : le Conseil
constitutionnel valide aussi les caméras embarquées sur les véhicules de
police (hélicoptères, voitures…) ainsi que la vidéosurveillance des
cellules de garde-à-vue. À côté, le Conseil ne prend même pas la peine
d’examiner les nombreuses autres dispositions de cette loi qui s’en
prennent à d’autres libertés fondamentales (amendes forfaitaires, prise
d’empreintes forcée, répression des mineurs isolés, modification du
régime d’irresponsabilité pénale – voir notre analyse commune avec le SAF, le SM et la LDH).
Tournant autoritaire de la politique
française, incendies intenses, vagues de chaleur, inondations en Europe,
division de la gauche… Reporterre revient sur tous les événements
marquants de cette année 2021.
Que retenir de 2021 ? Une année marquée ...
La loi « sécurité globale » a été adoptée hier en commission des lois de l’Assemblée nationale (relire notre première analyse
de la loi). Un premier constat s’impose aux personnes qui ont suivi
l’examen du texte : une ambiance singulière, lugubre et fuyante. Un
silence de plomb rompu seulement par divers éclats de rires du groupe
LREM, incongrus et parfaitement indécents compte tenu de la gravité du
texte examiné. Certains diront qu’il faut écrire la loi d’une main
tremblante. Alors tremblons.
Notre tour de l’actualité bi-hebdomadaire, enregistré et diffusé le vendredi 29 mai 2020.
Au sommaire :
-La dénaturation de la proposition de loi de François Ruffin à l’Assemblée nationale, et de ce qu’elle nous dit sur le groupe parlementaire La République en marche.
-Les derniers développements de ce qui est désormais un feuilleton - celui de la dérive autoritaire de l’Etat français.
-Donald Trump, qui part en guerre contre Twitter et la mort de George Floyd, tué par la police américaine.
Alors que le pouvoir politico-financier incite les gens à se rendre en masse dans les gares et les grandes surfaces et qu'il a réouvert les écoles, ailleurs il envoie ses robocops pour disperser le moindre rassemblement citoyen pacifique.
Millau : une assemblée de lutte place de la Capelle évacuée par la police | Vidéo
Vendredi 15 mai une vingtaine de gilets jaunes, intermittents du
spectacle, et syndicalistes de la ville de Millau se retrouvaient place
de la Capelle. L’objectif : tenir une assemblée de lutte pour discuter
de la nécessaire réaction populaire à la situation sociale et aux
mesures gouvernementales. Vingt personnes, c’est dix de trop pour la Préfecture : cinq voitures
de police déboulent, vingt hommes prêts à mettre leurs casques en
sortent ! Stupéfaites, les personnes rassemblées se verront dans
l’obligation d’évacuer les lieux. Pas sans que quelques uns d’entre eux
n’écopent d’une amende ! Ils se sont promis de revenir toutes les semaines, et de ne pas abandonner leur droit de rassemblement et de manifestation !
Une enquête de Mediapart accable la
députée (LREM) Laetitia Avia, qui aurait fait subir des humiliations au
quotidien à son équipe. Elle a aussi tenté de modifier sa fiche
Wikipedia à plusieurs reprises. Plongée dans l'historique wikipédien.
« On nous demande contre quelques euros de vous fliquer » (Karim Khelfaoui, médecin généraliste et régulateur au Samu 13)
55€ pour un patient covid19 avec les données de sa famille. 2€ en plus pour obtenir les contacts au delà de la cellule familiale et 4€ si les informations permettent de joindre ces contacts supplémentaires. Bienvenue dans le fichage à la tâche qui sera demandé aux médecins après le confinement !
Mais cela n’est que la 1ère étape. Après, place aux brigades sanitaires : des salariés de l’Assurance Maladie qui auront accès à vos données médicales. Bye bye le secret médical ! Ces petits soldats seront chargés de faire la traque aux potentiels malades et d’enquêter en procédant par exemple à des interrogatoires téléphoniques.
3e étape : les Big Data ! Deux fichiers nationaux sont prévus. Le « Sidep » recensera les données biologiques des personnes positives au covid. Tandis que le « contact tracing » listera les personnes ayant côtoyées le malade. Toutes les personnes figurant dans ces fichiers seront « invitées » par les brigades sanitaires à se confiner.
Ces données sont prévues pour être gardées 1 an et seront disponibles à tout un tas de personnes en dehors du médecin. Une aubaine pour les GAFAM qui attendaient impatiemment de parfaire leur business du traçage grâce à la santé ! Ainsi, en France, Microsoft compte bien s’emparer d’une part du gâteau.
La firme propose ainsi son Health Data Hub au gouvernement. Une interface entre producteurs de données : nous, et utilisateurs de données : par exemple des chercheurs. Et demain qui sait… des entreprises privées, des assurances ou des mutuelles ! Une bonne raison de penser qu’après un an, il y aura une suite à ce qui sera sans aucun doute devenu un marché.
Nous voilà bien. Nous sommes la société qui aura inventé des applications de tracing dans la poche, qui aura transformé les médecins et l’assurance maladie en agent de la Stasi mais qui aura envoyé au front des soignants avec des masques périmés et laissé crever ses vieux loin des leurs dans des salles de réanimation ou dans des Ehpad moroses gérés par des fonds de pension cotés en bourse.
Credits: Karim Khelfaoui (médecin généraliste et régulateur au Samu 13)
Qu’est-ce que c’est encore que cette histoire ? Lorsque l’on
s’informe sur les raisons du numéro de Paris-Match orné de la
photo/provocation de Brigitte Macron annonçant « qu’elle s’engage pour
les hôpitaux », on apprend la chose suivante :
« Lutte contre le Coronavirus
: la France va vendre du mobilier national contre le Covid 19. Une
vente aux enchères de meubles issus des collections publiques aura lieu
en septembre au profit de la fondation hôpitaux de France présidée par
Brigitte Macron. » Pardon ? Décodage :
« La France » ? Qui donc ? Quelle autorité publique a pris cette décision ?
Le
mobilier national appartient à l’État, et par conséquent à la Nation.
Il est inaliénable. Si l’on souhaite le vendre il faut auparavant (..)
Alain Damasio est écrivain de science-fiction. Son dernier roman, Les Furtifs, a été publié en avril 2019 aux éditions La Volte.
Reporterre — Êtes-vous en colère avec ce qui se passe en ce moment ?
Alain Damasio— Clairement, je suis en colère, mais pas contre la pandémie elle-même. Je perçois et vis ce virus comme complètement naturel. Je suis en colère contre la façon dont notre gouvernement gère cette crise d’une façon pathétiquement verticale, centralisée et ultrasécuritaire, en faisant assumer à la population son incompétence crasse. Sur les trois axes clés de la lutte, à savoir les tests, les masques et les lits, la Macronerie a totalement échoué (..)
Voici ce qui arrive, au temps du
confinement, et que l’on souhaite tenir sa parole à son petit fils... Elle s’appelle Jeanne et comme elle le dit dans son courriel accompagnant son texte : « Il fallait que j’écrive ces quelques mots pour rester debout. »
Lundi 20 avril, 16 h 55, je suis avec mon petit-fils Thiago, quatre ans
et demi près de l’étang de Lagarde-Enval (près de Tulle, Corrèze). Nous
avions des mouches à donner aux poissons et j’avais promis que nous les
porterions aux poissons de l’étang. Quelques gouttes de pluie tombent et
font de jolis cercles sur l’eau. Les poissons eux aussi se donnent en
spectacle en provoquant une multitude d’ondes.
Nous repartons enfin vers ma voiture quand une voiture de la gendarmerie s’arrête (…)
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(..) Je suis entrée en résistance car dans la situation actuelle nous
subissons plus qu’une dérive autoritaire. Nous sommes soumis à un test
grandeur nature de contrôle de la population permettant d’en mesurer le
degré d’obéissance. Du degré de soumission dépendra la réussite du
projet Macron et de l’oligarchie tyrannique : transformer en
marchandises ce qui leur échappait c’est-à-dire trouver de nouveaux
marchés plus particulièrement dans le domaine de la santé et de
l’éducation, pour réaliser des profits toujours plus exorbitants.(..)
À l’heure de la crise sanitaire, la France bascule dans un État
policier. Et c’est l’occasion pour les forces de sécurité de déployer
massivement leurs derniers gadgets sécuritaires. À travers le pays, la
police déploie des drones pour contrôler l’application du confinement.
Non seulement pour diffuser par haut-parleurs les directives du
gouvernement, mais aussi pour surveiller la population, en orientant les
patrouilles au sol et même en filmant celles et ceux qui leur
échapperaient pour mieux les sanctionner après.
Ce déploiement inédit ressemble à une gigantesque opération de
communication des autorités, qui mettent ainsi en avant leur arsenal
technologique. Cette crise est instrumentalisée pour banaliser
l’utilisation d’un outil de surveillance pourtant extrêmement
attentatoire à nos libertés. Et le tout dans un cadre juridique flou,
voire inexistant. L’État profite ainsi de l’état de sidération pour
imposer ses technologies policières.
Christophe Castaner a la mémoire courte. C’est sans doute la raison pour
laquelle il n’a pas hésité, la semaine dernière, à expliquer que, si le
gouvernement français..
Dans le cadre de l’état d’urgence « sanitaire », le gouvernement a
établi une ordonnance qui permet, pendant toute sa durée, l’installation
d’antennes 5G sans aucune autorisation (ni de l’ANFR ni des mairies ni
des régies ou syndic d’immeubles !). Dans le même temps, il a mis en
place un Comité d’Analyse, de Recherche et d’Expertise (CARE) dont le
principal objectif est d’élaborer des dispositifs de traçage numérique
qui, on peut le craindre, survivront à l’urgence.
"Infraction commise dans votre secteur" : enquête sur Demeter, la cellule de renseignement co-dirigée avec les syndicats agricoles
Le ministère de l'Intérieur vient de créer Demeter, un service de renseignement censé prévenir les agriculteurs des groupes activistes qui opèrent dans leur département. Originalité, cette cellule est dirigée en bonne intelligence avec les principaux syndicats agricoles, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs.
Nous vous en parlions, une réunion informelle s'est tenue ce jeudi à Paris,
entre deux rapporteurs de l'Organisation des Nations unies (ONU) et des
représentants de la société civile. Parmi eux, des syndicalistes, comme
le Dijonnais Elie Lambert, secrétaire général de Solidaires 21
(également élu au niveau national).
L'objectif était de faire le point sur d'éventuelles atteintes aux
libertés fondamentales, dans le contexte de la crise des Gilets jaunes. A
la suite de la réunion, les experts de l'ONU tirent à nouveau la
sonnette d'alarme.
Dès son élection, Macron a promis de remettre l'Europe sociale au coeur
du projet européen, sous les applaudissements de Jean-Claude Juncker qui
a fait mine de trouver ça innovant.
En octobre 2017, il prétend d'ailleurs avoir réglé le sujet des
travailleurs détachés, tout comme Hollande prétendait en 2012 avoir
réorienté l'Europe.
En fait, Macron ne fait que reprendre le flambeau de près de 40 ans de
promesses non tenues et de compromis mineurs arrachés sur le social aux
autres pays ou à la Commission.
Petit florilège en moins de 5 minutes !
“Ceci est le témoignage de ce qui m’est arrivé samedi 23 mars à Nice, où
j’ai été violemment battue par des CRS”. Mélissa nous livre son
témoignage, affligeant, sur les violences policières subies après que
son équipe de Street-médic ait tenté de secourir Geneviève Legay.
Maire d'une commune du Tarn, je me suis rendu vendredi à Souillac, pour
assister et (je croyais) participer à la réunion proposée par le
président de la République. J'en fais un C.R. à mon conseil. J'ai
analysé la manière dont le tout était organisé, et la communication mise
en place.
Et comment, il n'y a pas eu une seule seconde de débat, puisque personne
n'a pu répondre au président.(..)