27 août 2014

ZAD Testet: le point à 12h le mercredi 27 août



Par Tant qu'il y aura des bouilles

Par rapport à tous les articles des médias de masse qui nous traitent de "violents" (la dépêche ici), qui disent que la "résistance est vaine" (FR3), on voudrait préciser que nous travaillons à faire obstruction à ces travaux-là, dans un contexte donné, qu’on y risque notre peau tandis que les huiles du parti socialiste se la coulent douce avec l’argent public et arrosent leurs copains aux manettes des entreprises.
Articles du 27 août :
Récits, appels et photos de la journée d’hier (26 août 2014) :
à 12 h : la Bouillonnante est encerclée. Deux copains tabassés et interpellés. Beaucoup de gendarmes mobiles. Besoin de renfort évidemment !
Côté Métairie, barricade débordée, une autre interpellation violente.

Plus tôt dans la journée :
à 9 h, arrivée des forces de l’ordre.Côté Métairie neuve, arrivée en mode "soft" : ils ont été apparemment surpris par la nouvelle barricade érigée à ce niveau. Le périmètre tenu par les occupants s’est donc accru dans la nuit. L’accès à la zone de chantier est donc rendue inacessible, tant que cette barricade tient.
Coté Bouillonnate : arrivée de gardes mobiles en mode "flashball". Barricade renforcée pendant la nuit. Cela va être chaud.
A noter, présence de naturalistes sur le site, côté Métairie Neuve, sur le Tescou : vous pouvez les appeller ou leur rendre visite pour discuter mesures compensatoires, c’est à côté de Poitiers. 8 gendarmes-ninjas en escorte directe, 20 gendarmes sur la route.
Tôt le matin avec les copains du collectif Testet : visite aux employés de la DDE sur Gaillac (qui viennent déménager les affaires des occupants lors des expulsions) pour leur rappeller l’existence d’un droit de retrait, entre autres choses.
À Gaillac à 7h30 aux locaux techniques du Conseil Général, 25 personnes ont abordé les salariés qui embauchaient au CG81 pour leur distribuer le tract "droit de retrait". On n’adresse pas aux uniformes mais aux personnes qui y sont dedans, contre la déshumanisation de ce monde. Les conducteurs d’engins peuvent être en danger lorsqu’ils empruntent la D132 pour faire les travaux avec la CACG. Hier mardi, un camion s’est fait caillassé près de la Métairie et a abandonné l’idée de continuer son boulot ! Qu’ils ne fassent pas de zèle et qu’ils abandonnent leur camion s’il est immobilisé.
 

Mobilisation générale au Testet : le bras de fer a repris



Ça chauffe sérieux sur la ZAD du Testet. Depuis le lundi 25 (avant-hier), les robocops sont en action, avec pour objectif d'expulser les zadistes et le ton est monté d'un cran : tirs de flash-ball auxquels les zadistes répondent par des cocktails Molotov. Nous publions ci-dessous un témoignage, faisant le récit de la journée d'hier. Les zadistes ont ont un besoin urgent de soutien. Le seul moyen de faire reculer les gardes mobiles est d'y opposer une forte mobilisation pacifique, avec de nombreux occupants. 
 
 
 

26 août 2014

Le Village Emmaüs Lescar-Pau privilégie l'intimité et le bien-être du compagnon.


Source: Emmaüs Lescar-Pau

Avoir un espace personnel permet de se poser voire de s'installer puis de se reconstruire. Chaque compagnon bénéficie immédiatement d'un logement individuel, dès son arrivée. Il est d'abord en chambre individuelle dans un bâtiment collectif. En fonction de son désir d'installation, au bout de quelques mois, il peut prétendre à devenir habitant du Quartier d'Ossau. Alors, selon la place disponible, il pourra bénéficier d'un mobil home ou d'un éco-habitat. Progressivement, la personne s'installe et se construit au Village Emmaüs Lescar-Pau. Elle se réapproprie son rôle de citoyen. Le Village Emmaüs Lescar-Pau est un lieu de vie dans lequel des hommes, des femmes et des enfants bâtissent leur avenir et leur projet de vie.


L'éco-habitat reconstruit l'homme par EmmausLescarPau

Ukraine: Le "roi du chocolat" du chocolat veut prohiber le marteau et la faucille


Alors que se déroule en Ukraine un procès visant à faire interdire le Parti Communiste, le Président et milliardaire Poroshenko a demandé au gouvernement d'élaborer une loi visant à prohiber les symboles "totalitaires", dont l'emblème du PC.

Lire l'article ...

La fabrique de terroristes du FBI



Blog Actualités du droit | Gilles Devers | 22 juillet 2014

Tout le monde – ou presque – a bien compris que de Bush à Obama – les Etats-Unis (Territoire indien occupé, Amérique du Nord) créent de tout pièce un « terrorisme » pour ensuite pleurnicher et engage la magnifique « guerre contre le terrorisme », qui n’est qu’un moyen de renforcer leur appareil militaire et d’imposer leur intérêts économiques. L’ONG Human Rights Watch (HRW) a eu la bonne idée de faire un travail de fond, et d’analyser quelques un des plus emblématiques affaires de terrorisme jugées par les tribunaux les US. Bilan : la majorité de ces affaires ont été bidonnées, car les « terroristes » étaient en fait des pauvres types manipulés par le FBI.


Pour cette enquête, le HRW a travaillé avec l’Institut des droits de l’homme de l’École de droit de l’Université de Columbia, en dépouillant 27 dossiers, de l’enquête au procès, et en rencontrant tous les acteurs de ces dossier.

Andrea Prasow explique : « On a dit aux Américains (Etats-Uniens) que leur gouvernement assurait leur sécurité en empêchant et en punissant le terrorisme à l’intérieur des États-Unis. Mais regardez de plus près et vous réaliserez que nombre de ces personnes n’auraient jamais commis de crime si les forces de l’ordre ne les avaient pas encouragés, poussés, et parfois même payés pour commettre des actes terroristes. »

HRW s’attarde sur le cas des quatre suspects de Newburgh, accusés d’avoir fomenté des attentats contre des synagogues et une base militaire américaine. Le juge a finalement statué que le gouvernement avait « fourni l’idée du crime, les moyens, et facilité » les attentats en plus de transformer des hommes, « dont la bouffonnerie, était shakespearienne », en « terroristes ».

Le FBI a également manipulé des personnes vulnérables, dont certaines souffrant de problèmes mentaux, comme Rezwan Ferdaus, condamné à 17 ans de prison pour sa tentative d’attaquer le Pentagone et le Congrès avec des mini-drones bourrés d’explosifs. L’opération avait été entièrement conçue avec l’agent d’infiltration, et le dossier du FBI montre que Ferdaus avait « de toute évidence » des problèmes mentaux.

Question lancinante : Qui présentera aux US la facture de leurs crimes ?

23 août 2014

Desmond Tutu appelle au boycott mondial d’Israël


Oumma | 22 août 2014

L’archevêque émérite sud-africain Desmond Tutu appelle à un boycott mondial d’Israël et adresse au peuple israélien le plaidoyer suivant : « Libérez-vous en libérant la Palestine ».

Mon plaidoyer pour le peuple d’Israël : Libérez-vous en libérant la Palestine

Publié initialement sur Haaretz

Les dernières semaines, des membres de la société civile du monde entier ont lancé des actions sans précédent contre les ripostes brutales et disproportionnées d’Israël au lancement de roquettes depuis la Palestine.

Si l’on fait la somme de tous les participants aux rassemblements du week-end dernier exigeant justice en Israël et en Paslestine - à Cape Town, Washington, New-York, New Delhi, Londres, Dublin et Sydney, et dans toutes les autres villes - cela représente sans aucun doute le plus important tollé de l’opinion citoyenne jamais vu dans l’histoire de l’humanité autour d’une seule cause.

Il y a un quart de siècle, j’ai participé à des manifestations contre l’apartheid qui avaient rassemblé beaucoup de monde. Je n’aurais jamais imaginé que nous assisterions de nouveau à des manifestations d’une telle ampleur, mais celle de samedi dernier à Cape Town fut au moins aussi importante. Les manifestants incluaient des gens jeunes et agés, musulmans, chrétiens, juifs, hindous, bouddhistes, agnostiques, athéistes, noirs, blancs, rouges et verts... C’est ce à quoi on pourrait s’attendre de la part d’une nation vibrante, tolérante et muticulturelle.

J’ai demandé à la foule de chanter avec moi : « Nous sommes opposés à l’injustice de l’occupation illégale de la Palestine. Nous sommes opposés aux assassinats à Gaza. Nous sommes opposés aux humiliations infligées aux Palestiniens aux points de contrôle et aux barrages routiers. Nous sommes opposés aux violences perpétrées par toutes les parties. Mais nous ne sommes pas opposés aux Juifs. »

Plus tôt dans la semaine, j’ai appelé à suspendre la participation d’Israël à l’Union Internationale des Architectes qui se tenait en Afrique du Sud.

J’ai appelé les soeurs et frères israéliens présents à la conférence à se dissocier activement, ainsi que leur profession, de la conception et de la construction d’infrastructures visant à perpétuer l’injustice, notamment à travers le mur de séparation, les terminaux de sécurité, les points de contrôle et la construction de colonies construites en territoire palestinien occupé.

« Je vous implore de ramener ce message chez vous : s’il vous plaît, inversez le cours de la violence et de la haine en vous joignant au mouvement non violent pour la justice pour tous les habitants de la région », leur ai-je dit.

Au cours des dernières semaines, plus de 1,7 million de personnes à travers le monde ont adhéré au mouvement en rejoignant une campagne d’Avaaz demandant aux compagnies tirant profit de l’occupation israélienne et/ou impliquées dans les mauvais traitements et la répression des Palestiniens de se retirer. La campagne vise spécifiquement le fonds de pension des Pays-Bas ABP, la Barclays Bank, le fournisseur de systèmes de sécurité G4S, les activités de transport de la firme française Véolia, la compagnie d’ordinateurs Hewlett-Packard et le fournisseur de bulldozers Caterpillar.

Le mois dernier, 17 gouvernements européens ont appelé leurs citoyens à ne plus entretenir de relations commerciales ni investir dans les colonies israéliennes illégales.

Récemment, on a pu voir le fond de pension néerlandais PGGM retirer des dizaines de millions d’euros des banques israéliennes, la fondation Bill et Melinda Gates désinvestir de G4S, et l’église presbytérienne américaine se défaire d’un investissement d’environ 21 millions de dollars dans les entreprises HP, Motorola Solutions et Caterpillar.

C’est un mouvement qui prend de l’ampleur.

La violence engendre la violence et la haine, qui à son tour ne fait qu’engendrer plus de violence et de haine.

Nous, Sud-Africains, connaissons la violence et la haine. Nous savons ce que cela signifie d’être les oubliés du monde, quand personne ne veut comprendre ou même écouter ce que nous exprimons. Cela fait partie de nos racines et de notre vécu.

Mais nous savons aussi ce que le dialogue entre nos dirigeants a permis, quand des organisations qu’on accusait de « terroristes » furent à nouveau autorisées, et que leurs meneurs, parmi lesquels Nelson Mandela, furent libérés de prison ou de l’exil.

Nous savons que lorsque nos dirigeants ont commencé à se parler, la logique de violence qui avait brisé notre société s’est dissipée pour ensuite disparaître. Les actes terroristes qui se produisirent après le début ces échanges - comme des attaques sur une église et un bar - furent condamnés par tous, et ceux qui en étaient à l’origine ne trouvèrent plus aucun soutien lorsque les urnes parlèrent.

L’euphorie qui suivit ce premier vote commun ne fut pas confinée aux seuls Sud-Africains de couleur noire. Notre solution pacifique était merveilleuse parce qu’elle nous incluait tous. Et lorsqu’ensuite, nous avons produit une constitution si tolérante, charitable et ouverte que Dieu en aurait été fier, nous nous sommes tous sentis libérés.

Bien sûr, le fait d’avoir eu des dirigeants extraordinaires nous a aidés.

Mais ce qui au final a poussé ces dirigeants à se réunir autour de la table des négociations a été la panoplie de moyens efficaces et non-violents qui avaient été mis en oeuvre pour isoler l’Afrique du Sud sur les plans économique, académique, culturel et psychologique.

A un moment charnière, le gouvernement de l’époque avait fini par réaliser que préserver l’apartheid coûtait plus qu’il ne rapportait.

L’embargo sur le commerce infligé dans les années 80 à l’Afrique du Sud par des multinationales engagées fut un facteur clé de la chute, sans effusion de sang, du régime d’apartheid. Ces entreprises avaient compris qu’en soutenant l’économie sud-africaine, elles contribuaient au maintien d’un statu quo injuste.

Ceux qui continuent de faire affaire avec Israël, et qui contribuent ainsi à nourrir un sentiment de « normalité » à la société israélienne, rendent un mauvais service aux peuples d’Israël et de la Palestine. Ils contribuent au maintien d’un statu quo profondément injuste.

Ceux qui contribuent à l’isolement temporaire d’Israël disent que les Israéliens et les Palestiniens ont tous autant droit à la dignité et à la paix.

A terme, les évènements qui se sont déroulés à Gaza ce dernier mois sont un test pour ceux qui croient en la valeur humaine.

Il devient de plus en plus clair que les politiciens et les diplomates sont incapables de trouver des réponses, et que la responsabilité de négocier une solution durable à la crise en Terre Sainte repose sur la société civile et sur les peuples d’Israël et de Palestine eux-mêmes.

Outre la dévastation récente de Gaza, des personnes honnêtes venant du monde entier - notamment en Israël - sont profondément perturbées par les violations quotidiennes de la dignité humaine et de la liberté de mouvements auxquelles les Palestiniens sont soumis aux postes de contrôle et aux barrages routiers. De plus, les politiques israëliennes d’occupation illégale et la construction d’implantations en zones tampons sur le territoire occupé aggravent la difficulté de parvenir à un accord qui soit acceptable pour tous dans le futur.

L’Etat d’Israël agit comme s’il n’y avait pas de lendemain. Ses habitants ne connaîtront pas l’existence calme et sécuritaire à laquelle ils aspirent, et à laquelle ils ont droit, tant que leurs dirigeants perpétueront les conditions qui font perdurer le conflit.

J’ai condamné ceux qui en Palestine sont responsables de tirs de missiles et de roquettes sur Israël. Ils attisent les flammes de la haine. Je suis opposé à toute forme de violence.

Mais soyons clairs, le peuple de Palestine a tous les droits de lutter pour sa dignité et sa liberté. Cette lutte est soutenue par beaucoup de gens dans le monde entier.

Nul problème créé par l’homme n’est sans issue lorsque les humains mettent en commun leurs efforts sincères pour le résoudre. Aucune paix n’est impossible lorsque les gens sont déterminés à l’atteindre.

La paix nécessite que le peuple d’Israël et le peuple de Palestine reconnaissent l’être humain qui est en eux et se reconnaissent les uns les autres afin de comprendre leur interdépendance.

Les missiles, les bombes et les invectives brutales ne sont pas la solution. Il n’y a pas de solution militaire.

La solution viendra plus probablement des outils non violents que nous avons développés en Afrique du Sud dans les années 80 afin de persuader le gouvernement sud africain de la nécessité de changer sa politique.

La raison pour laquelle ces outils - boycott, sanctions et retraits des investissements - se sont finalement avérés efficaces, est qu’ils bénéficiaient d’une masse critique de soutien, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Le même type de soutien envers la Palestine dont nous avons été témoins de par le monde durant ces dernières semaines.

Mon plaidoyer envers le peuple d’Israël est de voir au-delà du moment, de voir au-delà de la colère d’être perpétuellement assiégé, de concevoir un monde dans lequel Israël et la Palestine coexistent - un monde dans lequel règnent la dignité et le respect mutuels.

Cela demande un changement de paradigme. Un changement qui reconnaisse qu’une tentative de maintenir le statu-quo revient à condamner les générations suivantes à la violence et l’insécuruté. Un changement qui arrête de considérer une critique légitime de la politique de l’Etat comme une attaque contre le judaisme. Un changement qui commence à l’intérieur et se propage à travers les communautés, les nations et les régions- à la diaspora qui s’étend à travers le monde que nous partageons. Le seul monde que nous partageons !

Quand les gens s’unissent pour accomplir une cause juste, ils sont invincibles. Dieu n’interfère pas dans les affaires humaines, dans l’espoir que la résolution de nos différends nous fera grandir et apprendre par nous-mêmes. Mais Dieu ne dort pas. Les textes sacrés juifs nous disent que Dieu est du côté du faible, du pauvre, de la veuve, de l’orphelin, de l’étranger qui a permis à des esclaves d’entamer leur exode vers une Terre Promise. C’est le prophète Amos qui a dit que nous devrions laisser la justice couler telle une rivière.

À la fin, le bien triomphera. Chercher à libérer le peuple de Palestine des humiliations et des persécutions que lui inflige la politique d’Israël est une cause noble et juste. C’est une cause que le peuple d’Israël se doit de soutenir.

Nelson Mandela a dit que les Sud Africains ne se sentiraient pas complètement libres tant que les Palestiniens ne seraient pas libres. Il aurait pu ajouter que la libération de la Palestine serait également la libération d’Israël."

Desmond TUTU

Voir en ligne: http://oumma.com/203086/desmond-tutu-appelle-boycott-mondial-disrael


Glace noire



Déversements de pétrole en Russie, une crise sans fin

Greenpeace a mené une enquête sur le désastre en cours et a accumulé des preuves montrant que le pétrole s’infiltre dans les rivières et les terres agricoles. Ces fuites de pétrole provenant des oléoducs s’étendent et produisent une épaisse boue lourde, laquelle asphyxie les plantes et les animaux et force la population à abandonner la zone. Le pétrole contamine les aliments et les réserves d’eau potable, et les résidents doivent vivre en sachant très bien que les rivières, les forêts et l’air posent désormais des risques graves pour leur santé.

En 2010, le monde entier avait les yeux rivés sur BP lorsque l’entreprise déversa accidentellement l’équivalent de 4,9 millions de barils de pétrole dans le Golfe du Mexique. Pourtant, l’industrie pétrolière russe déverse 30 millions de barils sur les terres chaque année — sept fois la quantité qui s’est échappée lors de la catastrophe de Deepwater Horizon — le tout souvent sous le voile du secret et de la corruption. Et tous les 18 mois, l’équivalent de quatre millions de barils se répand dans l’océan Arctique, là où ce pétrole devient le problème de tous.

Lire la suite sur Greenpeace ....

225 rescapés du génocide nazi condamnent les crimes d'Israël contre Gaza


AWDNews | 23 août 2014

"Plus jamais ça, cela doit vouloir dire plus jamais pour personne", ont écrit les survivants du génocide des juifs et leurs descendants.
225 victimes juives survivantes du génocide perpétré par les nazis, ainsi que leurs descendants, ont signé une lettre condamnant le massacre commis par Israël à Gaza et appelant à mettre un terme au génocide du peuple palestinien. Dans leur lettre, ils dénoncent également l'instrumentalistaion abusive de leurs histoires, une instrumentalisation qui promeut la déshumanisation des Palestiniens.

Les survivants en outre ont condamné le rôle "des Etats-Unis qui fournissent à Israël le financement nécessaire pour mener à bien ses attaques, et aussi le rôle des pays occidentaux, plus généralement, qui utilisent leur poids diplomatique pour protéger Israël de toute condamnation."

"Le génocide commence par le silence du monde", écrivent-ils.

Les survivants ont indiqué qu'ils étaient «inquiets» de la déshumanisation des Palestiniens dans les médias israéliens, "qui a atteint un paroxysme. En Israël, dans des journaux tels que The Times of Israel et The Jerusalem Post, des politiciens et des experts ont appelé ouvertement au génocide des Palestiniens tandis que des Israéliens de droite adoptent des insignes néo-nazi ".

Enfin, les survivants ont critiqué les annonces placées par Elie Wiesel dans The New York Times, The Wall Street Journal, The Washington Post et The Guardian, qui, selon eux, instrumentalisent leur histoire, afin de "promouvoir des mensonges flagrants utilisés pour justifier l'injustifiable : à savoir les efforts d'Israël pour détruire Gaza et assassiner près de 2.000 Palestiniens, dont plusieurs centaines d'enfants ".

 

La France si proche du Qatar, lequel financerait l'EIIL

François Hollande accueille le nouvel émir du Qatar, Sheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, à l’Élysée le 24 juin 2014


L’UPR demande au Gouvernement d’expliquer aux français ce qu’il sait des liens entre son allié l’émir du Qatar et les terroristes de l’EI qui persécutent les chrétiens et les chiites en Irak.

Le ministre allemand de l’Aide au Développement, Gerd Müller, vient d’accuser explicitement, le 20 août 2014 sur la chaîne de télévision publique ZDF, l’émirat du Qatar d’être derrière le financement des terroristes de l’ « Etat Islamique » (EI), ceux-là mêmes qui persécutent les chrétiens d’Irak et les musulmans chiites dans les régions qu’ils contrôlent.

L’UPR note que ce membre du gouvernement d’Angela Merkel donne ainsi du crédit, de façon spectaculaire, aux rumeurs insistantes, étayées sur des indices de plus en plus nombreux, qui circulent dans les milieux du renseignement et sur les réseaux sociaux, et qui font état de liens étroits des terroristes de l’EI avec le Qatar, mais aussi avec les États-Unis et les pays occidentaux.

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21 août 2014

Le sacrifice de James Foley, un crime à deux lames






Despotica | par Slobodan Despot | 20 août 2014 | via Arrêt sur Info


La mise en scène est minutieuse, pour ne pas dire esthétique, épurée à la japonaise. Un homme en orange agenouillé aux pieds d’un homme en noir; derrière eux, les dunes du désert à perte de vue.

L’homme en orange, c’est James Wright Foley, photo reporter américain, disparu en Syrie depuis 2012 et qui va être décapité devant la caméra après avoir lancé un dernier appel. L’homme en noir, sans visage, est son bourreau islamiste. Il va le saigner comme un animal et lui ôter la tête.

Les trois couleurs du tableau sont des messages qui parlent à l’œil occidental.

Le noir: deuil et mort. Pour nous, pas pour eux.

L’orange: couleur des détenus de Guantanamo.

Le jaune sable: désolation à perte de vue. Le résumé du programme de l’EIIL. Pour qui tout acquis de civilisation, qu’il soit chrétien, bouddhiste ou même musulman, est une idole à abattre.

Nous avons affaire ici à une vraie composition de cinéaste, un rituel satanique filmé par Pasolini. On a même pris la peine de munir le condamné d’un micro-cravate. L’a-t-on retiré avant ou après sa décapitation? Je n’ai pas vu ni voulu voir la fin de la séquence. 
 

Révélations

La tragique réapparition de ce malheureux enlevé depuis deux ans clarifie bien des choses.


1. Elle illustre les mécanismes de désinformation occidentaux.


Les médias mainstream avaient d’autorité attribué cet enlèvement à Bachar el-Assad. Jusqu’au dernier moment (et aujourd’hui encore) ils ont veillé à préserver la pureté de ceux qui le combattaient avec notre soutien.




Sur un autre terrain de guerre, en Ukraine, ils font de même. Ils ont fait de même en Yougoslavie, en Irak, en Libye. A chaque fois, les illusions qu’ils répandent «font le boulot» du moment. Instaurer des sanctions. Justifier une agression. Noircir des adversaires au point de rendre tout dialogue avec eux moralement impossible. Et, du coup, sanctifier le recours aux armes; disculper la torture, le blocus, la famine.

Les démentis, les mises au point, même rapides, n’arrivent jamais à compenser l’impact de ces images frappantes, simples à diffusion rapide et massive 2. Mais la répétition crée l’usure. A la longue, même les moineaux finissent par comprendre le procédé. Tant de conclusions hâtives, de contrevérités, d’amalgames finissent par ne plus ressembler à de l’information, mais à un théâtre de Guignol.
Les organes de presse ferment les uns après les autres, victimes de la désaffection qu’ils ont eux-mêmes créée en prenant leurs consommateurs pour des idiots. Sur le web, les commentaires manifestent souvent plus d’ouverture d’esprit, de curiosité et de sagacité que les articles qu’ils commentent, rédigés par des professionnels formés et payés, soi-disant, pour rechercher l’objectivité et la vérité.
Nul n’est heureux du discrédit des médias de masse. C’est pourtant un dégât collatéral inévitable du mécanisme mis en place en Occident, où «la presse» est devenue l’alliée et la porte-parole du pouvoir au moment même où ce pouvoir devenait de plus en plus abusif et de plus en plus débridé.
Il lui est certes encore permis – et encouragé! – d’attaquer les politiques dans leurs turpitudes et leur corruption, car dans un système totalitaire les individus sont interchangeables. Mais il n’est pas question d’attaquer dans ses fondements la politique. Nul ne songe à boycotter le gouvernement américain pour son Guantanamo ou ses assassinats ciblés aux quatre coins du monde, même si chacun voit qu’il il s’agit bien du principal «Etat voyou» (rogue state) du dernier quart de siècle. Nul ne songe à établir le lien de cause à effet entre l’immigration de masse ici et la dévastation de masse là-bas, là d’où viennent ces pauvres gens.

2. Elle prouve la continuité entre l’opposition syrienne armée et l’EIIL.

Nous faisons mine de dénoncer, aujourd’hui, ceux-là mêmes que nous avons légitimés et armés hier, en les glissant dans le panier bariolé de l’«opposition démocratique» à Bashar al-Assad.
Une alliance perverse qu’on n’évoquait que sous le sceau du «conspirationnisme» éclate aujourd’hui de plus en plus clairement. Il n’est plus besoin de «fuites», de «whistleblowers» et de témoignages de coulisses: la quantité de mensonges et de compromissions consentie par les médias de masse pour l’occulter illustre assez l’enjeu. Qui veut le détail peut toujours consulter les bons livres. Une documentation impressionnante et incontestée est disponible pour quiconque sait lire 3.
Nous sommes les initiateurs de la violence et de l’iniquité absolues dont nous  prétendons par ailleurs vous protéger par des lois liberticides et par un flicage croissant des populations.
Après avoir créé le Califat, on le bombarde sur les marges, comme les chiens mordillent les brebis détachées du troupeau pour le faire tenir ensemble. Sa mission est de faire éclater l’aire irakienne et de détruire les shiites. Il est trop stupide pour comprendre son rôle de marionnette, mais suffisamment énergique pour tirer sur les ficelles, voire pour les casser. De temps à autre, une fessée s’impose.
Les malheureux comme Daniel Pearl et Foley ne sont, encore une fois, que les dégâts collatéraux d’une expérience frankensteinienne qui se déroule sous nos yeux depuis plusieurs décennies déjà. Leur sacrifice ne fait qu’ajouter au camouflage.

3. Elle nous annonce notre avenir.

Le bourreau au visage masqué s’adresse à la caméra avec un net accent britannique. A travers ce détail, la mise en scène nous adresse une mise en garde supplémentaire. Les serpents ne nichent pas seulement dans les dunes du Moyen-Orient. Ils sont chez vous, dans vos banlieues, dans vos centres de requérants d’asile, dans vos universités sans doute.
Aux temps lointains de l’invasion afghane par l’URSS, un slogan circulait: « Aujourd’hui en Afghanistan, demain dans votre appartement ». On parlait des tapis, bien entendu. Désormais, tous les « -stans » de l’islam fondamentaliste ont des connexions avec votre appartement. L’aisance avec laquelle les rituels les plus sanglants entrent dans votre maison via le net n’en est qu’un avant-goût.
Jeu de miroirs

L’extraordinaire court métrage de l’EIIL est un miroir tendu à l’Occident.
Ce que nous faisons à cet homme, nous dit-il, c’est ce que vous nous faites. Et ce n’est qu’un avant-goût de la vengeance que nous vous préparons. Vous nous avez humiliés par la technologie. Nous n’en avons pas besoin: nous vous saignerons au couteau. Vous avez brocardé nos croyances au nom de votre idéologie «démocratique», nous vous la renvoyons dans l’emballage orange qui la démentit. Vous nous tournez en bourriques dans vos superproductions, n’importe: nous allons vous arroser de «snuff movies» à deux balles que vous ne pourrez vous empêcher de dévorer!
Depuis la guerre d’Afghanistan – pour ne pas remonter à l’alliance séoudite de 1945, voire au «grand jeu» du temps de Kipling – les Etats-Unis et leurs satellites ont créé, équipé, entretenu l’islamisme radical comme un imbécile manipule un gaz de combat: en espérant que le vent soufflerait toujours dans le bon sens.
Mais voici que le vent tourne. Le gaz s’échappe à grosses bouffées et plus personne ne peut s’approcher des bombonnes pour fermer le robinet!
En appelant ceux qu’il aime à «se révolter contre ses véritables assassins, le gouvernement des Etats-Unis», Foley récite un slogan sous la menace du couteau. Il n’en dit pas moins une vérité. En faisant obstacle à toute modernisation du monde arabe, les Anglo-Saxons et leurs satellites y ont confié tous les pouvoirs aux brutes et aux fanatiques. La haine que ceux-ci crachaient contre nos valeurs de civilisation ne les dérangeaient pas, puisqu’ils avaient foulé aux pieds ces mêmes valeurs bien avant eux. Comme le disait si bien feu Muray dans sa lettre aux chers djihadistes: «Vous n’arriverez jamais à nous tuer, puisque nous sommes bien plus morts que vous!»
Tout juste parviendront-ils à semer la peur chez les infidèles, ce qui arrangera bien les pouvoirs en place.
Ceux qui ont dressé ce miroir dans le désert de Syrie se douteront-ils un jour que leur mise en scène était encore du théâtre dans le théâtre?

20 août 2014

  1. Source: http://www.dailymail.co.uk/news/article-2729287/ISIS-beheads-journalist-James-Wright-Foley-warning-US.html
  2. Voir l’affaire du vol MH17: l’Ukraine retient des informations clefs et efface les traces, les USA se détournent. La Russie a beau réclamer l’avancement de l’enquête, le mal est fait. Elle a diplomatiquement ces 298 morts sur les bras.
  3. Lire en priorité: Comment le Djihad est arrivé en Europe, de Jürgen Elsässer, éditions Xenia 2006.
 

20 août 2014

USA Afrique, un sommet d’humiliations

Source


Afriques en lutte | 20 août 2014 par François Charles, Romuald Boko


47 chefs d’Etat africains en poste, convoqués par un seul, chez lui et « vous appelez ça un sommet ? ». Question de bon sens en effet, désigner par ce terme un tel non événement, comme l’a fait toute la presse radio, télé… relève au mieux d’une erreur de langage, au pire d’une supercherie. Depuis son annonce, nombre d’observateurs africains, concentrés surtout, bien sûr, dans les médias, en faisaient des tonnes sur cet événement : on allait voir ce qu’on allait voir ! Obama, premier président des USA, d’origine directement africaine, à moitié de son second mandat, allait enfin répondre aux attentes des africains. Et tous de revenir sur le discours d’Accra, lourd de promesses. Il allait enfin rattraper le temps perdu.

Hélas, hélas, hélas, que d’illusions répandues pour tant d’illusions perdues…

Déjà, la forme annonçait le fond et nos « spécialistes » auraient dû se méfier. Eh non, puisqu’invités, en naïfs incorrigibles, la plupart de ces chefs d’État, se voyaient en hôtes d’importance et s’attendaient à la Maison blanche, tapis rouge, entretiens, tête à tête… Las, entre leurs espérances et la réalité , il y aura eu le gouffre sémantique qu’il y a entre « invitation » et « convocation ».

Lorsqu’ on se rend à une convocation, on ne doit pas s’imaginer dire la messe avec celui qui a l’initiative : Celui qui convoque est le Patron et celui qui s’y rend est son subordonné. Jusqu’à quand nos chefs d’Etat continueront de se faire rouler dans les farines « diplomatiques » ?

La leçon de « gouvernance » des ONG
Dans le chemin de croix de l’humiliation de nos dirigeants à Washington, la première étape aura d’abord été de subir, toute une et longue première journée, les leçons de morale des…ONG ! Au programme : Droits de l’homme, corruption, démocratie…Vaste programme s’il en est et sur lequel il y a certes, concernant l’Afrique, beaucoup à dire.

Pour autant, était-ce vraiment le lieu et le temps, après avoir fait s’asseoir tous ces représentants, de leur asséner, comme par surprise et sans débat, des leçons sur des thèmes qu’ils connaissent parfaitement et sur lesquels ils se font justement, en règle générale, une spécialité de s’asseoir ?

Et puis, parlons clairement, les ONG, dont le rôle est aujourd’hui, largement mis en cause dans la destruction des services publics en Afrique, sont-elles les mieux placées pour donner aux présidents africains des leçons de « gouvernance » ?

Combien d’ONG trouve-t-on régulièrement au cœur de magouilles financières locales, de fonds évaporés, de corruption, de scandales de comportement ? Sans aller jusqu’à évoquer le rôle de la Croix Rouge dans les guerres post indépendances (voir les confessions de Bernard Kouchner sur le Biafra), on ne peut oublier l’utilisation systématique des « prétextes » humanitaires, portés par les ONG, dans les guerres d’intervention récentes, qu’il s’agisse de l’Irak, du Darfour, de la Libye, du Mali, de la Centrafrique…

Par ailleurs, ce sont ces mêmes ONG qui, depuis des décennies, accompagnent fidèlement les PAS infernaux (plans d’ajustement structurels) imposés par la Banque Mondiale et le FMI. En effet, lorsque la BM et le FMI ordonnent les restrictions budgétaires aux gouvernements marionnettes, on sait ce qu’il advient des services publics notamment dans les domaines de l’école et de la santé et qui vient alors jouer le rôle d’amortisseur au coup porté, auprès des populations démunies, sinon les ONG ?

Une création d’école par ci, un dispensaire de brousse par là…Alors merci les ONG ?

Evidemment non, parce que ces écoles et ces centres de soins ainsi créés, en remplacement de ceux du service public disparus, le sont évidemment dans le cadre du secteur privé et demain, les usagers devenus clients, ne seront accessibles qu’aux plus riches.

Ainsi, financées par les fonds des Nations Unies, les ONG sont clairement une des armes la plus efficace dans la disparition des services publics africains, exigée par la Banque Mondiale, le FMI et maintenant l’UE.

Sans compter que, dans la plupart des cas, les fonds, ainsi utilisés contre les intérêts des populations, par ces ONG ne sont que des prêts…consentis aux Etats concernés ! Autrement dit, ce sont les Etats qui paient pour les ONG et…qui remboursent ! Dépensées sans aucun contrôle des principaux intéressés, ces sommes viennent encore grossir la Dette, alimentant ainsi le cycle infernal.

La disparition des services publics marque toujours la fin des libertés et de la démocratie, de toute gouvernance, et ce sont pourtant les agents directs de cette « rigueur » qui ont été choisis par Obama pour instruire nos dirigeants à Washington. Tout un programme.

Les africains n’ont pas besoin de la morale des ONG. Depuis fort longtemps, avec leurs organisations, leurs partis, leurs syndicats, ils bataillent courageusement contre la corruption de leurs élites, contre le délitement de leurs institutions soumises aux coups de boutoir des grandes puissances. Ils luttent au quotidien, pour les droits humains et les libertés individuelles, pour imposer les cadres de la démocratie politique et pour donner aux populations la sécurité publique, le droit à la santé, le droit à l’école….aux antipodes de ce que, dans le dos des peuples, les ONG contribuent à mettre en place.

La leçon commerciale des grands patrons

Une fois ingurgitée la morale humanitaire sur la manière de gouverner les pays, ce fut au tour des grands patrons d’administrer leur cours magistral de » bonne gouvernance économique » à tous ces chefs de gouvernements médusés condamnés à écouter. Quand on connaît le point de vue de ces intervenants américains sur les échanges internationaux « bien compris », on se pince en les imaginant devant les responsables des états d’Afrique.

Ce n’est qu’au soir du second jour qu’Obama, au cours d’une brève apparition énoncera, comme à son habitude concernant l’Afrique, quelques platitudes du genre de celle déjà distillée à Accra en 2009 : » l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais des institutions fortes ». Cette fois nous aurons eu droit à un énigmatique « : « la clef pour débloquer la croissance africaine ne sera pas ici aux Etats-Unis, elle se trouve en Afrique ». Encore une fois, une façon de parler des africains et aux africains sans en parler vraiment, ni jamais leur parler directement.

Pourtant, à y regarder de près, on ne peut pas dire que le président américain n’ait rien à dire de concret à propos de l’Afrique, ni même qu’il n’ait pas, concernant le continent, quelque idée derrière la tête. Ce serait même tout le contraire.

Le locataire de la Maison Blanche était en effet beaucoup plus disert et explicite lorsqu’au mois d’août dernier, devant un parterre de « décideurs économiques », il défendait son point de vue en déclarant : » L’Amérique doit comprendre l’importance de l’Afrique. Vous avez là-bas de la croissance, des marchés qui prospèrent, des entrepreneurs et des talents extraordinaires ».

A bien y regarder on sent déjà, dans son propos qu’il pousse déjà les tenants de son économie à se tourner une bonne fois vers le continent où il considère que, malgré les menées des chinois et la vieille présence française, de grandes parts de marché sont encore à prendre.

Le « modèle » Français

Sur l’implantation économique, il est clair que l’administration Obama a beaucoup observé et appris des français, c’est à dire : Une sérieuse présence militaire préfigure toujours de bonnes affaires à venir.

Message bien reçu. On ne peut comprendre autrement le lourd investissement, et le patient maillage à l’échelle continentale, concernant le dispositif Africom. De fait, cette étape purement militaire réalisée, dans sa déclaration, Obama dit maintenant clairement à ses patrons que désormais, pour le business, la voie est libre en Afrique.

Ce qu’a très vite compris le géant américain de l’électricité, le conglomérat Général Electric, qui vient d’annoncer un investissement pour un montant de 2 milliards de dollars sur les trois années à venir et qui déclare : » L’Afrique est devenue la région la plus prometteuse du monde en terme de croissance pour General Electric ». (2)

De son côté, la Banque Mondiale annonce des prévisions de croissance entre 5% et 6% du Produit Intérieur Brut pour les pays de la zone subsaharienne grâce, comme on s’en doute, à l’exploitation des ressources naturelles mais aussi…par la construction d’infrastructures, ce qui est du coup plus grave que le pillage des ressources, puisque dans ce cas, il s’agira une fois encore, de la bonne vielle combine du « retour à l’envoyeur », inspirée directement de la françafrique : je te prête, tu nous donnes les chantiers et, avec intérêts, tu nous rembourses.

Montage inique et meurtrier auquel on pourrait ajouter la suite, connue de tous : tu rembourse, tu creuse ta dette et donc, tu creuse ta tombe.

Dans cette veine, Obama annoncera, à la fin du sommet, 33 milliards d’investissements ou plutôt, comme pour une espèce d’africathon, « de « promesses d’investissement ». Sans doute laisse-t-il entendre que, pour mériter cette « manne » promise, s’agira-t-il d’être à l’image de ce que souhaitent les ONG ?

Après le marketing d’usage concernant les slogans US classiques sur les rapports « gagnant-gagnant » et autre « égal à égal »… le président fait le détail des provenances de ces promesses.

Ces 33 milliards seront d’origine à la fois publique et privée. La plus petite part, 7 milliards, viendra de fonds débloqués directement par l’administration. Une sorte d’aide publique au développement déjà bien connue et déjà tristement célèbre en Afrique.

14 milliards proviendront du secteur 100% privé et iront concourir aux grands chantiers des infrastructures. Peut-on douter que ces chantiers seront confiés à des entreprises américaines ?

Prenant connaissance de ces informations, les vieux chevaux de retour que sont Bouygues et Bolloré pourront se dire qu’il n’y a, décidément, rien de bien nouveau sous le soleil de Washington.

Les 12 milliards restants seront intégrés dans le dispositif Power Africa. Une initiative qui a pour but la promotion d’un réseau électrique sur le continent permettant d’atteindre 60 millions de foyers reliés au réseau. C’est certainement General Electric qui va être content…

Ce programme sera co-financé par la Banque Mondiale, des entreprises américaines et le gouvernement suédois.

Les africains, pour avoir déjà expérimenté ce genre de montages à triple corps, Banque Mondiale, secteur privé et public, savent qu’ils en ont tout à craindre, surtout lorsque la Banque Mondiale est à la table. Autrement dit, à la sortie, si le programme s’achève vraiment un jour, qui aura vraiment payé ? Qui sera endetté ? Pour combien et auprès de qui ?

Un « sommet » pour rien mais beaucoup d’humiliations

Pour clore le programme, avant un dîner « kolossal » pour 500 convives (3), le président américain lancera un dernier avertissement à ses auditeurs, concernant les yeux doux que certains pourraient continuer à faire aux chinois : » nous, nous ne voulons pas juste extraire vos ressources minérales pour notre propre croissance « . Ce qui, en langage étatsunien est on ne peut plus clair : si vous voulez travailler avec nous, ce sera avec nous et nous seuls !

Bref, on passera sur la manière quasiment indécente dont été traités les chefs d’État africains au cours de ces trois jours : pas un seul reçu par Obama, pas un seul tête à tête, une visite bâclée au Sénat où personne ne les souhaitait vraiment, contraints de payer leur voyage et leur chambre d’hôtel… Il faut appeler un chat un chat, ils ont été mal traités.

Non que nous ayons à les plaindre, après tout, ils n’avaient qu’à hausser le ton, s’insurger, interrompre…mais comme on le sait, s’imposer aux grands, défendre nos pays, notre continent, n’est plus réellement la spécialité de nos dirigeants actuels. Nous ne les plaindrons donc pas.

Ce qui, en revanche, est à prendre en considération est la permanence du mépris affiché pour des responsables africains en poste, et par delà leur personne, le peu de cas que font ces patrons « made in USA » de l’Afrique et de ses populations.

Le round autour de l’AGOA, s’il en était encore besoin, est une démonstration flagrante du cynisme et de la condescendance de cette administration à l’égard de l’Afrique. Qui ne sait en effet, en Afrique, que cet AGOA n’est qu’un marché de dupes ? Un ouvre-boîte permanent qui permet aux américains un accès hors taxes aux ressources pétrolières de l’Afrique de l’Ouest ? Autrement dit, un « gagnant-gagnant » 100% US, 100% à sens unique, comme les aime tant les américains.

Alors, comment Obama peut-il, non seulement défendre cette escroquerie imposée à l’Afrique par son prédécesseur, mais pire encore, présenter sa reconduction prochaine, qu’il a lui-même demandé au congrès, comme une victoire de son administration ?

Lorsqu’on sait que cette loi « African Growth Opportunity Act », dite de « libre échange » pour les produits subsahariens manufacturés, ne concerne quasiment que …le pétrole du Nigéria (pour 80%), on se demande encore comment nos « représentants », entendant de tels propos, ont-ils pu garder leur calme, ne pas rétablir les faits et rester murés dans un silence absurde et complice.

Un comportement gravissime. Agissant de la sorte, ils accréditent l’idée, largement en cours dans les pays riches, selon laquelle, hors d’Afrique, les africains ne comprennent pas tout…qu’ils sont toujours les « indigènes », les « arriérés » et les « primitifs » des temps coloniaux, au mieux « de grands enfants » qu’il convient d’enseigner…

Finalement, le comportement d’Obama et de son administration à l’égard des africains, mis en lumière au cours de ce « sommet », en rappelle un autre, dans la même veine et tout autant méprisant. Celui qui, reprochant « à l’homme africain de ne pas être entré dans l’histoire » aura lui aussi, marqué profondément l’Afrique pour longtemps. (4)

Encore une fois, la leçon est claire : L’Afrique doit avancer pour elle-même. Elle doit se débarrasser de tous ses parasites néo-coloniaux, des sangsues que sont ces dizaines de milliers d’ONG.

Elle n’a nul besoin de donneurs de leçons payantes, nul besoin du paternalisme racisant des investisseurs, qu’ils s’appellent Bouygues, Bolloré, AREVA, General Electric ou encore OBAMA, Hillary Clinton, Kerry… Qu’ils soient la Banque Mondiale, le FMI, l’UE ou les acteurs des APD…Qu’ils partent tous !

Un « sommet » donc, qui pour être inédit, ne peut pourtant que renvoyer les africains à leurs responsabilités, les pousser plus que jamais à prendre leurs affaires en main, s’en occuper vraiment et directement, tous ensemble, à l’échelle du continent.

Car , s’il est un point sur lequel Obama a raison, c’est que l’Afrique est bien un continent d’espoir, gorgé de richesses naturelles et de potentiel humain et que, une fois chassés les prédateurs, les pilleurs et les fauteurs de guerres, elle saura, sans aucun doute possible, se sauver et se développer.

Romuald Boko et François Charles pour l’Autre Afrique
(www.lautreafrique.info)

1/ Entendu dans une rue de Dakar
2/ Le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, n’a pas pu résister au lobbying de Hillary Clinton, l’ex secrétaire d’Etat des Etats-Unis d’Amérique de 2009 à 2013. Hillary Clinton se targue dans ses mémoires, qu’elle vient de publier, d’avoir réussi à convaincre Bouteflika d’octroyer un marché de 2,5 milliards de dollars au géant américain de l’énergie General Electric. C’est Hillary Clinton qui raconte, elle-même, cette anecdote croustillante, dans son livre Hard choices

source : www.algerie-focus.com
3/ 47 chefs d’Etats africains et…500 convives ! Cherchez l’erreur…
4/ Le tristement célèbre discours de Nicolas Sarkozy à l’université Cheik Anta Diop de Dakar
 

18 août 2014

Ukraine/ UE le piège américain



Par Daniel MARTIN (son site) | Agoravox | 18 août 2014


Ukraine : L’UE prise dans le piège Américain, la France doit en sortir

 Conformément à leur volonté de domination mondiale, avec ses fidèles larbins de l’Union Européenne, au premier desquels la France, après que les USA aient déstabilisé l’Ukraine et participé au renversement d’un gouvernement, certes controversé par ses pratiques affairistes et clientélistes, mais légalement et légitimement élu, dans un climat de russophobie qui submerge la presse Européenne, ils engagent des sanctions économiques contre l’URSS pour son prétendu soutien aux séparatistes ‘’pro Russes’’ Ukrainiens. Alors que l’armée Ukrainienne fidèle aux ordres du Président milliardaire chocolatier bombarde et tue des populations civiles, dont le nombre ne cesse d'augmenter, dépassant les 2000 morts, dans les fiefs des insurgés que sont Donetsk et Lougansk, villes assiégées par l'armée ukrainienne. 
 

Ni annexion de la Crimée, ni prise en otage par des ‘’rebelles’’ pro- Russes.

Concernant la Russie, il faut avoir à l’esprit qu'elle ne compte que 143 millions d'habitants pour une superficie de 17 098 242 km², trente et une fois celle de la France. Cela signifie que si la densité de population Russe était similaire à celle de la France, vu sa superficie, elle compterait plus de deux milliards d’habitants, ce qui serait terrible et invivable. Parfois de façon autoritaire, car il n’y avait pas d’autres moyens, POUTINE a du mettre un terme l'ère ELSTINE, où tous les vautours de la finance et du monde des affaires s'abattaient sur elle avec sa cohorte de corruption et a commencer ainsi à relever la Russie du fonds de ses abîmes.

Selon la propagande US et UE, avec en France un François HOLLANDE en fidèle perroquet d’OBAMA, flanqué de son émissaire BHL à la télévision Ukrainienne, qui n’hésite pas à appelé la Russie à "respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine", le Droit serait du coté du gouvernement Ukrainien qui s’opposerait à la volonté hégémonique de la Russie de POUTINE, lequel financerait ‘’les rebelles ‘’sur cette partie du territoire pour s’accaparer les richesses de l’Ukraine et accroître ainsi son influence sur l’Europe… D’où les raisons de sanctions conjointes UE - USA.

Mensonges et déni d’histoire !

La Russification de l’Ukraine n’est pas un phénomène nouveaux du à POUTINE. Depuis le Congrès de 1815, la Russie tsariste obtint l'Ukraine au complet en absorbant la Pologne. Contrairement à l'Ukraine occidentale, l'Est et le Sud subirent la russification des tsars. Proclamée en novembre 1917, la République autonome ukrainienne eut à faire face à la République soviétique d'Ukraine soutenue par les bolcheviques. La Russie soviétique créa en 1922 la République socialiste soviétique d'Ukraine. L'Ukraine de l'Ouest et l'Ukraine du Sud-Est furent réunies à nouveau et annexées à l'URSS.

À partir des années 1930, c'est-à-dire sous Staline, la répression commença à s’exercer contre les Ukrainiens et les membres des minorités nationales, notamment à l’égard des Polonais. Dès 1933, des politiques d'épuration furent engagées par les Russes. Toutes les concessions linguistiques et culturelles accordées aux nationalités non russes furent réduites à néant par une politique agressive de russification. Des Ukrainiens, des Polonais et plusieurs membres des autres minorités ethniques furent déportés. En 1938, le russe devint une matière obligatoire dans toutes les écoles ukrainiennes. C'est à cette époque que la soviétisation de l'Ukraine a entraîné un grand nombre d'emprunts au russe, résultat de la politique de russification menée par le Parti communiste de l'URSS.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le régime stalinien déporta près de 400 000 Allemands d’Ukraine en URSS, puis 180 000 Tatars de Crimée, ainsi que des Grecs, des Bulgares et des Arméniens. Rappelons que Moscou avait pour politique de brasser les populations dans toute l'URSS afin de mélanger les peuples et favoriser la formation d'un « peuple soviétique » superposé à celui de chacune des régions. On espérait ainsi susciter une double identité, celle de la communauté soviétique à laquelle pouvait s'ajouter celle du lieu de naissance. La russification, tant linguistique que sociale, se faisait surtout dans les villes de l'Ukraine où le russe était pratiquement obligatoire pour assurer sa promotion sociale. La ville de Kiev illustrait bien cette dominance du russe dans la vie urbaine en Ukraine.

A partir de la seconde guerre mondiale l'Ukraine devint la cible préférée des mouvements de migration décidés par Moscou. Dès que les Soviétiques construisaient une usine en Ukraine, presque toujours dans l'Est et le Sud, ils faisaient venir des Russes. Le nombre de Russes fut multiplié par trois : de 8,2 % en 1920, ils passèrent à 16,9 en 1959 avant d'atteindre 22,1 % en 1989. Progressivement, des mentalités se sont façonnées entre l'Ouest et l'Est, qui n'ont pas évolué au même rythme. Le russe réussit à reléguer l'ukrainien à l'arrière-plan social, surtout à l'est du fleuve Dniepr, avec comme résultat que le russe a fini par s'imposer dans toute l'Ukraine, notamment dans les domaines de la politique, de l'économie, de l'enseignement supérieur, etc. Toute la terminologie ukrainienne fut alors formée sur le modèle russe, avec quelques adaptations phonétiques. Le russe devint le symbole de la réussite sociale, de l'instruction et de l'intégration urbaine. Pour l'Ukrainien, le Russe était « le grand frère », la référence, l'autorité, mais également l'oppresseur à la fois redouté et méprisé (« moskal »). Pour le Russe, l'Ukrainien était le « provincial ». Se développèrent alors des stéréotypes opposant, d'une part, le paysan, le provincial, le non - instruit, le « grand benêt », d'autre part, l'urbain, l'instruit, le débrouillard, le « petit malin », bref, l'Ukrainien par opposition au Russe !

Concernant la Crimée, il n’y a pas eu ‘’annexion’’ par la Russie


Historiquement, la Crimée était dans le giron de la Russie depuis le XVIIIe siècle, et ce jusqu'à la chute de l'Union soviétique. Ce n’est qu’en 1954 Nikita KOUTCHEV, pour fêter le tricentenaire du traité de PEREÏASLAV, dans lequel les cosaques d'Ukraine avaient proclamé leur allégeance à Moscou, place la Crimée sous autorité Ukrainienne. La Crimée se retrouve alors soumise à l'autorité de Kiev, avec laquelle elle a peu d'histoire commune. A quelques mois de la dissolution de l'URSS, en 1990, la péninsule de Crimée a obtenu de redevenir une république soviétique autonome au sein de l'Ukraine devenue indépendante un an plus tard.

Bien que le référendum n’était qu’une simple formalité politico-juridique qui confirmait la décision prise par le parlement de Crimée, dès lors que la population est à près de 60% Russophone et réclamait l’adhésion à Moscou, le résultat, tant au niveau de la participation, que du score obtenu pour la réintégration à la Russie est sans appel.

Mais alors pourquoi la ‘’communauté internationale’’ au premier rang de laquelle la France s’oppose-t-elle à ce retour de la Crimée dans le giron Russe en prétendant qu’il s’agit d’une annexion, alors que cette péninsule est une charge énorme pour l’Ukraine, en particulier sur le plan écologique ? Pace qu’il s’agit de s’opposer à la position de la Russie dans cette région frontalière de l’Europe sur le plan Militaire, Géostratégique, Energétique Pour les hydrocarbures et peu importe la situation économique catastrophique de la Crimée pour la Russie, elle est surtout un symbole géopolitique et géostratégique.

Croire que les problèmes et solutions ne seraient que sur une ligne d’affrontement droite-gauche, Est-Ouest alors qu’écologiquement parlant, tout ce qui se trouve sur cette grille de lecture ne peut apporter de réponse aux questions posées par le Club de Rome depuis 1972, ces façons d'analyser sont obsolètes.
L'Ukraine aujourd’hui se trouve dans une situation qui ne peut être un écosystème viable pour les populations résidentes. C'est en développant à partir de ce point de vue que des solutions pourront émerger. Ne pas intégrer les problématiques écologistes, notamment géo-énergétiques et Géo-démographiques nous emportera dans le néant des fausses solutions.

UNE SITUATION ECOLOGIQUE CATASTROPHIQUE en Ukraine

Quinze réacteurs nucléaires fonctionnent encore en Ukraine. Près de la moitié (46,6 %) de l’électricité produite dans le pays provient de ces réacteurs. C’est l’électricité la plus “atomique” du monde, après celle de la France (nucléaire à 77,1 %) et juste avant celle de la Suède, dont 42,6 % de l’électricité est nucléaire. A Tchernobyl en 2011 à la veille du 25e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, l’Ukraine a annoncé un vaste programme de mise en valeur des terres contaminées par la radioactivité et on envisage sérieusement de cultiver les terres contaminées : un crime écologique plutôt qu’une riche idée ? (http://www.courrierinternational.com/article/2010/12/22/cultiver-les-terres-contaminees-un-crime-ecologique-ou-une-riche-idee)

Un rapport, présenté à l'occasion du forum de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) dédié à la sécurité environnementale, fait état d'une situation écologique critique en Ukraine, Belarus et Moldavie. Selon ce rapport, en Ukraine, environ 2,5 millions de tonnes d'armes, munitions et déchets militaires légués par l'époque soviétique sont sommairement stockés, dont quatre sites d'enfouissement de résidus radioactifs. Les experts estiment qu'entre 5 et 10% des dépôts et décharges du domaine militaire ukrainien exigeraient « des réparations majeures ».

Les experts ont répertorié 20.000 tonnes de pesticides périmés en Ukraine, dont 11.000 tonnes d'hexachlorobenzene (HCB) et 2.000 tonnes de DDT. La plupart des 6.000 sites de stockage ukrainien sont jugés par les experts inadaptés et mal surveillés

La qualité de l'eau est d'ailleurs globalement problématique, remarque le rapport. En Ukraine, environ 39% des eaux usées sont polluées par les industries lourdes et environ un quart n’est pas traité du tout.

Stockage et élimination des déchets une situation désastreuse

Le volume total du stockage annuel des déchets ménagers en Ukraine est proportionnellement de 3 à 3,5 fois plus important que pour les pays de l’Europe de l’Ouest.

L’Ukraine a déjà stocké près du 5 milliards de m 3 de déchets ménagers qui se sont trouvés dans 750 décharges dont la plupart sont remplies à 60 / 90 %, d’autres décharges sont surchargées et devraient être fermées. La charge annuelle des déchets ménagers en Ukraine est proportionnellement de 3 à 3,5 fois plus important que pour les pays de l’Europe de l’Ouest.

Selon les données des écologues, actuellement la région de Donetsk a déjà stocké 4 milliards de tonnes des déchets industriels qui occupent presque 2% du territoire de la région. A part cela, le stockage des déchets ménagers consiste en 400 millions de m 3. Il existe environ 80 décharges d’une superficie de 230 hectares et la plupart d’entre elles sont presque surchargées.

Certaines décharges ne répondent pas du tout aux normes sanitaires pour causes de l’inaction du gouvernement ou de leur illégalité et la plupart d’entre elles se trouvent près d’habitations et nuisent à la santé des gens qui s’y retrouvent et constituent aussi une menace énorme pour l’écologie.

En Ukraine, les habitants des villes et les services communaux n’effectuent guère le tri préalable des déchets ménagers. Le processus du tri mécanique de ces déchets est compliqué, et donc peu répandu. Les processus de recyclage actuels sont restés les mêmes qu’il y a plus de dix ans : On a transporté des déchets avec des conteneurs directement dans les décharges pour leur stockage et leur élimination ultérieure. Résultat les déchets s’accumulent dans ces décharges au lieu d’être renouvelés.

A Donetsk aujourd’hui sous les bombes, une des solutions parmi d’autres était la construction d’une usine d’incinération. La construction d’une usine d’incinération coûte entre 140 et 150 millions euros. Le prix du service d’incinération des déchets est de 100 euros par mètre cube. De cette façon on peut tirer la conclusion que la construction d’une usine d’incinération n’est pas une solution optimale pour débarrasser la ville des déchets ménagers ! Un plan drastique sélectif de tri des déchets, mais aussi de leur réduction, associés à un maillage d’usine de Méthanisation peut être une réponse plus adéquate.

Situation désastreuse de la gestion de l’eau

En Ukraine l'état écologique des réservoirs d'eau s'empire sur le plan aussi bien chimique que microbiologique.

L'approvisionnement en eau potable y est assuré à 80 % par des eaux de surface. Cependant la plupart des fleuves et rivières ukrainiens peuvent être qualifiés de pollués ou de très pollués du point de vue hygiénique, annonce le service de presse du ministère ukrainien du Développement régional, de la construction et du service communal.

La situation se dégrade en dépit d'une récession économique de ces dernières années et, par conséquent, de la diminution des rejets des eaux d'égout. Le fleuve Dniepr n’est plus aujourd’hui une source naturelle d’eau douce propre : « Chaque année, l’industrie, le secteur agricole et les municipalités déversent dans le Dniepr des quantités énormes d’eaux usées contaminées. Chaque année, 5,5 millions de mètres cubes d’eaux usées sont rejetées dans les cours d’eau de l’Ukraine – dont 4,2 millions de mètres cubes d’eaux usées contaminées, 2,8 millions de mètres cubes étant des effluents bruts.

Quelques 33 millions de personnes vivant dans 50 villes réparties en Ukraine, en Russie et en Biélorussie – républiques avoisinantes – sont tributaires des eaux du bassin fluvial du Dniepr. Mais ces eaux sont également utilisées par les secteurs industriel et agricole, et par les installations hydroélectriques et nucléaires. Et ce n’est qu’en quelques rares endroits seulement que le fleuve présente encore une image bucolique.

La question démographique est à terme un facteur aggravant la crise écologique Ukrainienne

De superficies à peu près égales, la France (552 000 km 2) et l’Ukraine (604 000 km 2) avaient aussi à peu près la même population à la veille de la Seconde Guerre mondiale, respectivement 41,5 et 41,3 millions d’habitants en 1939. Ces deux pays, quoique de régimes politiques très différents, avaient également à l’époque des économies assez comparables reposant encore largement sur l’agriculture. Aujourd’hui, la population de la France dépasse de plus de 20 % celle de l’Ukraine (65 millions contre 52 millions).

Bien que le taux de fécondité soit en nette progression 1, 53 il reste inférieur à celui de la France qui est à 2,03. Vu la situation écologique, si à terme la population croît aussi rapidement que ces dernières années et qu’elle atteigne le niveau de la France la population Ukrainienne peut s’attendre au pire. La France également !...

Plutôt que de vouloir imposer l’entrée de l’Ukraine dans l’UE et sanctionner la Russie, il faudrait plutôt aider les Ukrainiens à améliorer leur situation écologique.

Plutôt que de vouloir faire entrer l’Ukraine dans une UE, passablement désunie et en crise permanente, ainsi que prononcer des sanctions UE et US contre la Russie, si nous voulons éviter que le boomerang nous revienne en pleine figure, les Occidentaux doivent plutôt rechercher, en liaison avec Moscou, des solutions pour aider les Ukrainiens à sortir de cette situation écologique qui est l’une des plus catastrophique en Europe.

Le problème, c’est que l’UE s’est volontairement prise dans le piège Américain
Les orientations de l’actuel président, mis en place par la grâce des occidentaux et soutenu par eux dans sa croisade guerrière meurtrière contre une partie de sa population aggrave tous les jours de plus en plus la situation de l'Ukraine, dont le peuple est, en plus du conflit, victime d’une gravissime crise écologique et de la bêtise criminelle des Européens qui tombent volontairement dans le piège des Américains, dont la volonté est de maintenir un mode de vie qui, selon eux, ne se négocie pas. Il apparaît donc indiscutable que l’objectif des USA est de faire disparaître tout ce qui constitue une menace contre ses approvisionnements, mais aussi s'approprier toutes les richesses qui restent, tout en liquidant le surplus de consommateurs susceptibles de réclamer leur part de gâteau.

Il est évident que le temps joue contre les USA qui devront affronter rapidement la concurrence Chinoise, il faut donc mettre hors circuit l'Europe et la Russie qui représentent une menace, notamment comme consommateurs des richesses énergétiques. Les USA avec OBAMA dans leur volonté de domination Mondiale, pour affaiblir ses concurrents potentiels sur le plan économique que sont les Européens, ont comme objectif l’organisation d’un chaos durable aux frontières Russes en entraînant les supplétifs européens de l'OTAN dans un affrontement contre "l'ogre " Russe. Sauf que nous ne sommes plus en 1914, en cas de conflit, l'option nucléaire ne peut être écartée et tant la disproportion des forces entre la Russie et les 28 de l’UE est importante, la possibilité d'un embrassement nucléaire est à prendre en considération. On peut imaginer les effets de l’usage des bombes dites à uranium appauvri sur un pays comme la France…Les USA étant de très loin les moins exposés…

Par ailleurs, à part de servir les objectifs Américains, on peut s’interroger sur ce que va faire l’Europe avec une Ukraine dont l'économie et surtout son industrie est intriquée et dépendante de celle de la Russie…Kiev n’est pas loin de Tchernobyl, la production électrique dépend largement des réacteurs nucléaires Russes, quant au gaz il est raisonnable de penser que POUTINE coupera légitimement le robinet. Mais cela ne peut que satisfaire une fois encore OBAMA, persuadé qu’il leur compensera par ses exportations de gaz de schiste, comme il va le faire pour la France, via ERDF.

Nous devons nous sortir immédiatement du piège Américain en Ukraine, exiger le retrait immédiat des sanctions Russes par la France et imposer une conclusion politique objective à ce conflit interne qui ne passe pas forcément par une entrée de l’Ukraine dans l’UE.
  

17 août 2014

Fukushima: C'est fait, déversement massif dans le Pacifique

 La barrière flottante du port de Fukushima au 10 avril 2011
 Par Philippe Hillion, vendredi 8 août 2014 

Tepco a déversé un record d’eaux extrêmement radioactives : 700 millions de Bq de tritium dans le Pacifique

 Pour le souvenir : la photo des moyens en 2011

Au matin du 5 août 2014, Tepco a déversé 2 007 tonnes d’eaux extrêmement radioactives de la dérivation. Suivant les recherches du Fukushima Diary, c’est le déversement record.
A la fin de juillet dernier, aucune diminution du niveau des eaux souterraines n’a été constaté près de la dérivation des eaux souterraines. (cf. Les eaux de la dérivation n’ont pas fait baisser les eaux extrêmement radioactives, elles ne font que contaminer le Pacifique])
Or, les volumes de leurs déversements continuent d’augmenter.
Selon une organisation tierce, la dernière radioactivité en tritium connue pour les eaux déversées était de 340 Bq/l.
Cette fois, on est à 682 380 000 (#700 millions) de Bq de tritium déversés en mer par cette décharge.

Malheureusement, le Pacifique (on s'en doutait) est devenu une poubelle.

Les liens : article 1 de Tepco
                 article 2 de Tepco explication du by-pass



Adresse de cet article:
 http://hillion-fukushima.blogspot.fr/2014/08/cest-fait-deversement-massif-dans-le.html?spref=tw

16 août 2014

Gaza : nouvelles du front australien

Une caricature publiée, puis rétractée par un journal australien, le Sydney Morning Herald


(...) Mike Carlton un journaliste du même journal, le Sydney Morning Herald, a du démissionner suite à un de ses éditorial… consacré à Gaza bien sur. Il est interdit de raconter la réalité des conditions de vie et de mort des palestiniens.


Le rang et le fruit pourri d’Israël est appelé fascisme

Les images en provenance de Gaza sont fulgurantes, une galerie de la mort et de l’horreur. Un Palestinien échevelé crie à l’agonie, son petit frère ensanglanté mort dans ses bras. (...)

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Discours d'un sénateur irlandais contre Israël (vidéo)





15 août 2014

La Guerre Froide Épisode II : Le Retour !

 
15 août 2014 |par Paul Jorion 

« Assomption – assoupissement », allitération plutôt qu’assonance ? Oui, probablement, mais pendant ce temps-là, pour ceux qui ne roupillent pas, la Guerre Froide est de retour, « big time! », dit-on aux US : « massivement », dit-on plus prosaïquement ici.

A-t-on atteint un niveau d’alerte comparable à celui de la « crise des missiles » de 1962 ? Sans doute pas au moment où je mets ce billet en ligne, mais qu’en sera-t-il dans dix minutes ?
 

Depuis le front de la guerre sociale aux Etasunis




Charles Reeve nous communique:

Depuis maintenant presque une semaine la révolte a éclaté à Ferguson, petite ville ouvrière - majorité black néanmoins avec une police majoritairement blanche... - située dans la banlieue de St. Louis, capitale du Missouri. Mike Brown, un jeune black de 18 ans, y fut assassiné dans la rue, en plein jour par un policier.
Les manifestations de protestation ont rencontré une répression violente de la part de la police qui intervient de façon militarisée dans le quartier, se comportant comme si la guerre civile sociale était déclenchée.
Les médias, au début en attente des éternels pillages faciles à manipuler, sont désorientés par l'ampleur de la réaction qui prend plutôt un contenu politique et de révolte contre l'ampleur de la répression. Les références et valeurs des mouvements des "droits civiques" des années 60 refont surface - ou le retour de la mémoire sociale ! La participation de nombreux jeunes et moins jeunes blancs aux manifestations est aussi un signe. Débarquent, évidemment, politichien noirs, curés et autres spécialistes de l'apaisement, mais les manifestations continuent et la situation se politise de plus en plus comme le prouvent les pancartes portées par les manifestants. Le gouverneur de l'Etat se déplace en urgence dans le bled pour faire quelques promesses, Obama sort de ses vacances dorées pour présenter ses condoléances à la famille et rappeler "Que nous sommes tous des Américains"... les uns plus que les autres, il va de soi! Tout en commençant la troisième intervention en Irak... En bon politichien il va encore faire des déçus ! Sur place, et dans le pays, on commence à discuter du fait que le Pentagone est, en fait, en train d'armer la police américaine avec les surplus des armes et moyens ramenés de l'Irak... La guerre revient à la maison, merci Obama !

Hollande attise la flamme de la guerre



Faire sonner les cloches de toutes les églises de France pour commémorer le début de la Première Guerre mondiale : de cette initiative ubuesque, on pourrait à juste titre s’amuser, tant la méthode choisie – une circulaire autoritaire, adressée en pleines vacances d’été à l’ensemble de la population – paraît décalée par rapport aux attentes habituelles en matière de mémoire historique.

Indécentes, également, ces invraisemblables cérémonies, défilés, reconstitutions militaires à la limite de l’obscène, censés rappeler aux foules joyeusement rassemblées comme pour un Tour de France la libération de l’été 1944 : pour tous ces inconscients, la guerre est une fête (ici, par exemple).
Suite:
1914-1944 : des célébrations racoleuses qui légitiment les guerres
 

La fête de l'association Poivron Rouge le 16-08



Les pauvres à nouveau montrés du doigt



Depuis une bonne quarantaine d’années, de nombreux taxis d’Afrique de l’Ouest arborent un calicot selon lequel « Pauvre à tort ». Ce qui, grossièrement, signifie que les pauvres – comme les chauffeurs de taxis – ont tort d’être pauvre et que, de toute façon, ils le méritent. Cela renvoie bien sûr au dogme bourgeois du XIXe siècle qui fustigeait le pauvre responsable de ses maux (surtout s’il buvait et battait sa femme et ses enfants), alors qu'inversement le riche méritait sa richesse : il était intelligent, entreprenant et, surtout, moral.

Tandis que, durant les Trente Glorieuses, cette problématique de la responsabilité, sans franchement relever du marxisme, fut fortement marquée par une approche matérialiste, nous sommes désormais revenus 150 ans en arrière. Le social-libéral François Hollande a inventé une stratégie d’endormissement de la classe salariale qu’il a baptisée de l’étrange appellation « Pacte de Responsabilité ». On ne voit vraiment pas pourquoi les travailleurs devraient se sentir « responsables » dans la mesure où, depuis que la droite est vraiment revenue au pouvoir en 2002 (avec Raffarin, ce faux débonnaire féroce), il ne s’est pas passée une journée sans qu’un coup de massue ne s’abatte sur le peuple dans toutes ses composantes.

Lire la suiteRenversement du discours sur la pauvreté, par Bernard Gensane ...

Le génocide progressif d’Israël dans le ghetto de Gaza

A Gaza, la mise en œuvre de la vision sioniste revêt sa forme la plus inhumaine

Info-Palestine |15 juillet 2014 | Par Ilan Pappe

Dans un article de 2006 pour The Electronic Intifada, je définissais la politique israélienne à l’égard de la Bande de Gaza comme un génocide progressif. L’attaque israélienne actuellement en cours contre Gaza indique que cette politique de génocide se poursuit sans relâche. Le terme est important, car il situe pertinemment l’action barbare d’Israël – naguère et aujourd’hui – dans un contexte historique plus vaste.

Il faudrait insister sur ce contexte, car la machine de propagande israélienne s’efforce encore et toujours de déclamer sa politique hors contexte : elle fait du prétexte qu’elle trouve pour chaque nouvelle vague de destruction la justification principale pour une autre orgie de massacres sans discrimination sur les champs de la mort palestiniens.

Le contexte

La stratégie sioniste qui consiste à donner à sa brutale politique l’étiquette d’une réponse adéquate à telle ou telle action palestinienne est aussi vieille que la présence sioniste elle-même en Palestine. Elle a servi à maintes reprises comme justification à la mise en œuvre de la vision sioniste d’une Palestine future qui n’aurait en elle que très peu, voire aucun Palestinien natif.

Les moyens de parvenir à cet objectif ont changé au fil des ans, mais la formule est restée la même : quelle que puisse être la vision d’un Etat juif, elle ne peut se matérialiser que si le nombre de Palestiniens y est insignifiant. Et actuellement, la vision est celle d’un Israël qui s’étend sur la Palestine historique dans sa presque totalité, là où vivent toujours des millions de Palestiniens.

Comme toutes celles qui l’ont précédée, la vague génocidaire actuelle a un arrière-plan plus immédiat. Il est né d’une tentative de contrecarrer la décision palestinienne de former un gouvernement d’union, auquel même les Etats-Unis n’avaient pu trouver d’objection.

La faillite de l’initiative de « paix » désespérée du Secrétaire d’Etat US John Kerry a légitimé l’appel palestinien aux organisations internationales pour faire cesser l’occupation. En même temps, les Palestiniens ont bénéficié d’une large approbation internationale pour leur prudente tentative, incarnée dans le gouvernement d’union, d’élaborer une fois encore une stratégie coordonnée entre les divers groupes et ordres du jour palestiniens.

Depuis juin 1967, Israël cherchait un moyen de conserver les territoires qu’il a occupés cette année-là sans intégrer leur population autochtone dans sa citoyenneté, qui implique des droits. Ce faisant il participait à un simulacre de « processus de paix » lui servant à gagner du temps ou à dissimuler sa politique de colonisation unilatérale sur le terrain.

Au fil des décennies, Israël a différencié des zones qu’il voulait contrôler directement et d’autres qu’il voulait administrer indirectement, l’objectif à long terme étant de réduire la population palestinienne au minimum, moyennant, entre autres, le nettoyage ethnique et l’étranglement économique et géographique.

La situation géopolitique de la Cisjordanie donne l’impression, du moins en Israël, qu’il est possible d’y parvenir sans avoir à présager un troisième soulèvement ni trop de condamnations internationales.

Mais la bande de Gaza, en raison de sa localisation géopolitique unique, ne se prêtait pas aussi facilement à une telle stratégie. Depuis 1994, voire plus, en tout cas depuis qu’Ariel Sharon a été au pouvoir comme Premier Ministre, la stratégie a été de ghettoïser Gaza, en espérant quelque part que les gens là-bas – 1,8 millions de personnes aujourd’hui – allaient tomber dans un oubli éternel.

Mais le Ghetto s’est montré rebelle et peu disposé à vivre dans des conditions d’étranglement, d’isolement, de misère et de faillite économique. Donc, le renvoyer aux oubliettes nécessite la poursuite de politiques génocidaires.

Le prétexte

Le 15 mai, les forces israéliennes ont tué deux jeunes Palestiniens dans la ville cisjordanienne de Beitounia, et leur assassinat de sang-froid par un tireur d’élite a été capté en vidéo. Leurs noms - Nadim Nuwara et Muhammad Abu al-Thahir — ont été ajoutés à la longue liste d’assassinats similaires ces derniers mois et ces dernières années.

Le meurtre de trois adolescents israéliens, dont deux mineurs, enlevés en juin en Cisjordanie occupée, a peut-être été commis en représailles aux meurtres d’enfants palestiniens. Mais pour toutes les exactions d’une occupation oppressive, il a avant tout fourni un prétexte pour détruire la délicate unité en Cisjordanie, et aussi pour appliquer le vieux rêve d’anéantir le Hamas à Gaza afin que le Ghetto puisse retrouver sa tranquillité.

Depuis 1994, avant même l’arrivée au pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza, la situation géopolitique très particulière de l’enclave montrait clairement que toute action punitive collective, comme celle qui est perpétrée aujourd’hui, ne pouvait être qu’une opération de tueries et de destructions massives. En d’autres mots : la continuation d’un génocide.

Savoir cela n’a jamais gêné les généraux qui donnent les ordres de bombarder les gens par les airs, par la mer et depuis le sol. Réduire le nombre de Palestiniens dans toute la Palestine historique reste toujours la vision sioniste.

A Gaza, sa mise en œuvre revêt la forme la plus inhumaine qui soit.

Le timing particulier de cette vague-ci est déterminé, comme dans le passé, par des considérations annexes. Les troubles sociaux de 2011 sont toujours frémissants et pendant un moment il y a eu une demande publique de réduire les dépenses militaires et de transférer de l’argent du budget surgonflé de la « défense » vers les services sociaux. L’armée a stigmatisé cette possibilité comme étant suicidaire. Rien de mieux qu’une opération militaire pour étouffer les voix appelant le gouvernement à faire des coupes dans ses dépenses militaires.

La marque de fabrique caractéristique de ce génocide progressif réapparaît encore dans cette vague-ci. On note à nouveau un soutien juif israélien consensuel au massacre de civils dans la bande de Gaza, sans aucune voix dissidente notable. A Tel Aviv, le petit nombre de personnes qui ont osé manifester se sont fait passer à tabac par des hooligans juifs, la police se contentant de regarder ailleurs.

Le monde académique, comme toujours, fait partie de la machinerie. La prestigieuse université privée Interdisciplinary Center Herzliya a établi un « quartier général civil » où les étudiants sont volontaires pour servir de porte-voix à la campagne de propagande à l’étranger.

Les médias sont une recrue fidèle, qui s’abstient de montrer la moindre image de la catastrophe humaine qu’Israël a déclenchée et informe son public que cette fois « le monde nous comprend et est derrière nous ».

Cette allégation est exacte en ce sens que les élites politiques occidentales continuent de fournir la vieille immunité à « l’État juif ».

Néanmoins, les médias n’ont pas fourni à Israël le niveau de légitimité qu’elle cherchait pour sa politique criminelle. Il y a des exceptions, notamment des médias français, en particulier France 24 et la BBC, qui continuent sans vergogne à régurgiter la propagande israélienne.

Cela n’a rien d’étonnant puisque les lobbys pro-israéliens continuent de travailler sans relâche à appuyer le cas d’Israël en France et dans le reste de l’Europe comme ils le font aux Etats-Unis.
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A Gaza une mère réconforte son fils dans leur habitation bombardée (Ezz Zanoun / APA images)

La voie de l’avenir

Que ce soit brûler vif un jeune palestinien de Jérusalem ou en abattre deux autres, juste pour le plaisir, à Beitounia, ou massacrer des familles entières, à Gaza, tous ces actes ne peuvent se perpétrer que si la victime a été déshumanisée.

Je veux bien admettre que partout au Moyen-Orient il y a aujourd’hui des cas horribles où la déshumanisation a récolté des horreurs inimaginables comme elle le fait à Gaza ces jours-ci. Mais il y a une différence essentielle entre ces cas et la brutalité israélienne : les premiers sont condamnés comme barbares et inhumains par le monde entier, alors que ceux commis par Israël ont toujours autorisés publiquement et approuvés par le président des Etats-Unis, les dirigeant de l’UE et les autres amis d’Israël dans le monde.

La seule chance de lutter avec succès contre le sionisme en Palestine est celle qui se base sur un agenda des droits civiques et politiques qui ne fasse pas de distinction entre une violation et une autre et qui identifie clairement victimes et bourreaux.

Ceux qui dans le monde arabe commettent des atrocités contre des minorités opprimées et sans défense, tout comme les Israéliens qui commettent ces crimes contre le peuple palestinien, devraient tous être jugés selon les mêmes critères moraux et éthiques. Ce sont tous des criminels de guerre, bien que dans le cas de la Palestine ils soient en activité depuis plus longtemps que quiconque.

Peu importe en réalité l’identité religieuse des gens qui commettent les atrocités ou au nom de quelle religion ils prétendent parler. Qu’ils se dénomment djihadistes, judaïstes ou sionistes ils devraient être traités de la même manière.

Un monde qui cesserait d’utiliser deux poids, deux mesures dans ses relations avec Israël, c’est un monde qui pourrait être bien plus efficace dans sa réponse aux crimes de guerre ailleurs dans le monde.

Faire cesser le génocide progressif à Gaza et restituer aux Palestiniens leurs droits humains et civiques élémentaires, où qu’ils se trouvent, y compris le droit au retour, c’est la seule voie ouvrant une perspective nouvelle sur une intervention internationale productive au Moyen-Orient dans son ensemble.

* Auteur de plusieurs ouvrages, Ilan Pappe est historien israélien et directeur de l’European Centre for Palestine Studies à l’Université d’Exeter


Du même auteur :
- Le nettoyage ethnique par d’autres moyens - 7 juin 2014
- Quand le déni israélien de l’existence des Palestiniens devient politique génocidaire... - 27 avril 2014
- Boycott académique israélien : l’affaire Tantura - 17 février 2012
- 2012 : Faire face aux intimidations, agir pour la justice en Palestine - 1er janvier 2012
- Enterrement de la solution des deux Etats aux Nations unies - 17 septembre 2011
- Goldstone retourne sa veste - 6 avril 2011
- La révolution égyptienne et Israël - 16 février 2011
- Soutenir le droit au retour des réfugiés, c’est dire NON au racisme israélien - 12 janvier 2011
- Tambours de guerre en Israël - 30 décembre 2010
- Ce qui guide la politique d’Israël - 6 juin 2010
- L’enfermement mortel de la psyché israélienne - 12 juin 2010
13 juillet 2014 - The Electronic Intifada - Vous pouvez consulter cet article à :
http://electronicintifada.net/conte...

 Traduction : Info-Palestine.eu - Marie Meert
 

 

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