14 janvier 2021

La saga Assange: Le vrai journalisme est criminellement fou


L’objectif ultime de l’inquisition post-vérité du lanceur d’alerte Julian Assange est son renvoi dans le système pénal du goulag américain.

Par Pepe Escobar
 

La synchronicité aime décidément bien les murs de miroirs.

La saga Julian Assange semble être entrée dans un nouveau chapitre car il était, en théorie, en route vers la liberté – conditionnelle – lundi dernier, un jour seulement après le premier anniversaire de l’événement qui a démarré les Années Folles : l’assassinat du major général iranien Qassem Soleimani.

Le sort du journaliste que l’Empire cherche à supprimer a ainsi été juxtaposé au sort du guerrier/diplomate que l’Empire avait déjà supprimé.

Deux jours plus tard, Assange a été réincarcéré de facto exactement au moment où l’Empire était frappé par une « insurrection »  ...

 

6 mars 2020

"Un système meurtrier est en train de se créer sous nos yeux"

Une allégation de viol inventée et des preuves fabriquées en Suède, la pression du Royaume-Uni pour ne pas abandonner l’affaire, un juge partial, la détention dans une prison de sécurité maximale, la torture psychologique - et bientôt l’extradition vers les États-Unis, où il pourrait être condamné à 175 ans de prison pour avoir dénoncé des crimes de guerre. Pour la première fois, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, parle en détail des conclusions explosives de son enquête sur le cas du fondateur de Wikileaks, Julian Assange.

25 février 2020

#FreeAssange : Signez contre l’extradition de Julian Assange vers les États-Unis !


À quelques jours de son procès, RSF s’oppose fermement à la menace d’une extradition de Julian Assange vers les États-Unis, où il risque jusqu’à 175 ans de prison pour avoir transmis des informations d’intérêt général à des journalistes.


Le recours à “l’Espionage Act” par l’administration Trump pourrait entraîner la condamnation de Julian Assange à 175 ans de prison. Cette procédure marque un dangereux précédent pour tous les journalistes ayant publié des informations classifiées d’intérêt général.(..)


11 février 2020

Appel : « Il faut remettre Julian Assange en liberté »

Le 6 février, Günter Wallraff (journaliste d'investigation), Sigmar Gabriel (ancien ministre fédéral des Affaires étrangères), Gerhart Baum (ancien ministre fédéral de l'Intérieur) et Sevim Dagdelen (membre du Parlement fédéral) ont présenté l'appel « Il faut remettre Julian Assange en liberté » lors d’une conférence de presse fédérale à Berlin, qui a été signé par plus de 100 personnalités de la politique, des sciences, de la culture et des médias.15 500 personnes ont signé l'appel depuis lors.


Nous sommes profondément préoccupés pour la vie du journaliste et fondateur de Wikileaks, Julian Assange, qui est détenu depuis plus de six mois dans la prison britannique de haute sécurité de Belmarsh, dans un état de santé critique, dans l’attente d’une extradition vers les USA. Nous soutenons l'appel du rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, à la libération immédiate de Julian Assange pour des raisons médicales et pour des raisons d'État de droit.

De 2012 à 2019, Julian Assange a obtenu l'asile politique à l'ambassade équatorienne avant d'être menacé d'extradition vers les USA, mais il a été là aussi rapidement surveillé, isolé et harcelé de manière systématique. Le rapporteur spécial des Nations unies avait rendu visite au fondateur de WikiLeaks emprisonné à Belmarsh le 9 mai 2019 avec une équipe de médecins et avait par la suite rapporté qu'il présentait « tous les symptômes typiques des victimes de torture psychologique prolongée ».

Six mois plus tard, M. Melzer a averti que le gouvernement britannique avait ignoré son appel et n'avait au contraire « rien montré d'autre que du mépris pour les droits et l'intégrité de M. Assange ». Il a continué à être isolé et surveillé dans des conditions inutilement stressantes, qui ne sont pas justifiées pour une simple détention en vue d'une extradition et qui pourraient même mettre sa vie en danger. Julian Assange, par exemple, devait passer 22 à 23 heures par jour seul dans sa cellule sans aucune raison valable. Tout contact humain normal avec d'autres prisonniers est strictement interdit et sa préparation au procès est systématiquement compromise. Dans une lettre ouverte, plus de 60 médecins ont demandé qu'Assange soit transféré au CHU, son état de santé étant désormais considéré comme une menace pour sa vie.
Julian Assange est actuellement emprisonné uniquement dans le but d'empêcher son évasion dans le cadre de la procédure d'extradition en cours vers les USA, où il est accusé d' « espionnage » pour avoir révélé des crimes de guerre et est menacé de 175 ans de détention en isolement.

Il est clair que dans les conditions actuelles de détention, Julian Assange ne pourra pas se rétablir ni préparer sa procédure d'extradition, qui doit commencer le 24 février 2020. Tous deux constituent de graves violations des droits de l'homme fondamentaux et des principes de l'État de droit, rendent impossible un procès équitable et exposent Julian Assange à des souffrances et des risques sanitaires considérables.
Nous rappelons aux médias allemands qu'Assange est l'un des leurs et que la défense de la liberté de la presse est une question fondamentale de la démocratie.

Nonobstant les allégations faites contre Assange, pour les raisons médicales et de droits humains exposées ci-dessus, nous demandons instamment à la Grande-Bretagne de libérer immédiatement Julian Assange afin qu'il puisse se rétablir sous surveillance médicale spécialisée et exercer ses droits fondamentaux sans entrave.

Nous demandons également au gouvernement allemand de faire des démarches auprès du gouvernement britannique à cet effet.



 
http://tlaxcala-int.org/upload/gal_21505.jpg

  

 Source : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=28059
 

28 décembre 2018

Julian Assange seul face au silence médiatique


Il était une fois un informaticien lanceur d’alerte qui, avec une poignée de cyber-activistes, avait fondé un média d’information – Wikileaks – révélant au monde entier des crimes de guerre, des intrigues géopolitiques et des stratégies d’espionnages de grande ampleur..
 
Lire sur Acrimed
 

7 juin 2017

De Wikileaks à la France insoumise : rencontre avec Juan Branco, candidat tech aux législatives


Juan Branco, qui s'est fait connaître pour sa défense de Wikileaks, est candidat France insoumise aux législatives dans la 12e circonscription de Seine-Saint-Denis. Nous l'avons rencontré pour parler des origines de son engagement politique, de sa manière de mener campagne et d'aborder les enjeux numériques sur le terrain ou encore de son rapport avec l'organisation de Julian Assange.

À 27 ans, Juan Branco a déjà mené de nombreux combats : contre Hadopi, pour Julian Assange et Wikileaks… Aujourd’hui, il porte les couleurs de la France insoumise aux législatives, en tant que candidat dans la 12e circonscription de Seine-Saint-Denis.

Il revient, pour Numerama, sur l’origine de son engagement auprès de Jean-Luc Mélenchon, sa manière originale de mener campagne en tant que quasi-novice de la politique, les enjeux actuels du numérique, ses désaccords majeurs avec Emmanuel Macron, le paradoxe Uber pour l’emploi, son futur avec Wikileaks ou encore les défis qui l’attendent en cas d’élection à l’Assemblée nationale...

Lire sur Numerama
  

14 novembre 2016

Lanceur d'alerte (film)


Source Youtube

Court métrage de fiction

En piratant la jeunesse dorée, Manon et Léo tombent par hasard sur un mail qu'ils n'auraient pas du voir...

L'histoire a été inspirée par ce mail :
https://wikileaks.org/clinton-emails/...

Avec Ernst Umhauer, Adrien Melin, Roxane Bret, Jean-Erns Marie-Louise, Christelle Cornil, Guillaume Franchin, Benjamin Haddad, Sophie Kircher, Sidney Zaoui, Elisa Sergent et Elliot Delage.

Scénario : Guillaume, Jeremy, Bastien
Réalisation : Guillaume Desjardins & Jeremy Bernard
Assistant réal : Jeremy Bernard
Producteur exécutif : Bastien Ughetto
Son : Vincent Da Silva & Pierre Hermand
Musiques : Edouard Joguet - edjmusic.com
FX : Arnaud Huck

Pour aider les réalisateurs:
TIPEEE ► http://tipeee.com/les-parasites

SITE ► http://lesparasites.net
 

5 décembre 2015

Energie et transport: malgré la COP21, Tisa déréglemente à tout-va


Sans WikiLeaks, l’accord sur les services en cours de négociation, pendant du traité transatlantique, serait resté totalement secret. WikiLeaks, en partenariat avec Mediapart et 12 autres médias et organisations internationaux, publie de nouveaux documents relatifs à l’énergie et aux transports routiers. La révélation de ces documents, en pleine COP21, est un exemple édifiant du double discours.

Suite sur Mediapart (en accès libre) ...

19 août 2013

Libérez Bradley Manning

source Euronews


CHRIS FLOYD, CounterPunch | relayé par Oulala.info | 18 août 2013

Bradley Manning, son appel à la clémence et le combat pour préserver son humanité


Je voudrais dire deux choses à propos du plaidoyer de Bradley Manning pour bénéficier des circonstances atténuantes dont le Guardian nous dit qu’ »il va décevoir les milliers de supporters de Manning dans le monde qui croient qu’il a fait des révélations courageuses parce que sa conscience l’exigeait ».

Premier point: comme Arthur Silber l’a noté, l’importance des « whistleblowers » n’a rien à voir avec leur personnalité. Ce que sont, en eux-mêmes, Julian Assange, Bradley Manning, Edward Snowden n’a aucune importance; pas plus que le fait qu’on les considère comme des « héros » ou des « malfaiteurs », qu’on « ait envie de boire une bière avec eux » ou qu’on se mette en quatre pour les éviter. Ce qui est important c’est ce qu’ils ont fait; ce qui est important ce sont les fragments de vérité qu’ils ont révélés. Même si les accusations sexuelles contre Assange se révélaient exactes, cela n’enlèverait rien à l’importance de ce que Wikileaks a accompli, aux fissures qu’il a provoquées dans les hauts murs de mensonges que nos élites brutales, stupides et vénales érigent pour dissimuler leurs méfaits. Il en est de même pour Snowden, Manning, et tous ceux qui ont réussi à fissurer ces murs.

On est toujours tenté, bien sûr, de succomber au culte de la célébrité et de vivre par procuration la vie de telle ou telle célébrité grâce aux bribes d’information que nous glanons ici et là sur elles en les voyant comme des « héros » qui mènent la vie pleine de bravoure, de succès et de faste dont nous pouvons seulement rêver. Et pourquoi pas, tant que ça se limite à feuilleter des magazines dans la queue à l’aéroport. Mais ceci est une affaire sérieuse. Ces whistleblowers s’en prennent à des structures étatiques puissantes, corrompues et meurtrières qui sont en capacité de détruire des personnes et des pays entier et qui n’hésiteront pas à le faire, des structures qui sont devenues dangereusement incontrôlables et qui dévorent la substance même de la société humaine. Toute révélation qui peut enrayer les roues de cette monstrueuse machine est d’une importance incalculable. Le « caractère » de celui qui la fait n’a que peu d’importance.

Second point: J’invite tous ceux qui critiquent l’appel de Bradley Manning à bénéficier des circonstances atténuantes à se mettre deux secondes à sa place et à nous prouver leur « courage ». Manning est confronté à la perspective de passer sa vie en prison dans un système qui l’a déjà torturé, tabassé, humilié et maltraité, à la perspective de passer des dizaines d’années – des dizaines- dans un système contrôlé par des gens qui le méprisent ouvertement. Il sera enfermé avec des gens -et plus important encore gardé par des gens- qui haïssent les « traîtres », les « pédés », les « braques » et les « chochottes » d’une haine farouche et meurtrière. C’est ce qui l’attend: des années et des années de ce calvaire. Et vous, qu’est-ce que vous risquez?

Si j’étais à la place de Bradley Manning et que le même sort m’attendait, je suis certain que je ferais moi aussi acte de « repentance ». Je demanderais pardon, je pleurerais, j’implorerais la pitié du tribunal si cela pouvait diminuer un tant soit peu le temps que je passerais en enfer. Quelqu’un peut-il vraiment penser, ne serait-ce qu’une seconde, qu’une éclatante déclaration de principes politiques aurait pu le moins du monde attendrir la juge, cette même juge qui a pris toute une série de décisions de justice implacables dans le seul but de torpiller la défense de Manning à chaque étape, transformant ce procès en une sinistre farce qui a fait l’impasse, en toutes connaissance de cause, sur le fond de l’affaire : ce qui a poussé Manning à faire ce qu’il a fait et les crimes qu’il a révélés ? Aurait-ce été raisonnable, dans un tel contexte, qu’il s’épanche sur ses motivations juste pour donner des sensations fortes, l’espace d’un instant, à tous ceux qui sont tranquillement assis devant leur ordinateur ?

Dans sa déclaration, Manning n’a donné aucun nom, il n’a vendu personne ni impliqué qui que ce soit. Il a essayé d’alléger son propre calvaire mais il n’a trahi personne. Un appel à la clémence, au pardon – qu’il soit sincère ou feint – n’a rien à voir avec une trahison. Je suis sûr qu’à presque chaque étape de sa longue et douloureuse captivité, Manning aurait pu adopter le statut de « témoin à charge » contre Julian Assange et passer un accord des plus favorables, peut-être même obtenir le pardon ou l’immunité totale. Il n’en a rien fait. Il a pris tout le fardeau sur lui et il a subi tout ce calvaire tout seul -et maintenant il est là, tout seul, et il attend que la loi militaire s’abatte sur lui avec toute sa force draconienne. Il n’y a personne avec lui. Personne d’autre que lui n’est en danger.

En ce qui me concerne, dans la situation où il est, il peut dire tout ce qu’il veut pour essayer d’atténuer le martyre qui l’attend. Si les excuses, les regrets et les explications qu’il offre au tribunal vous « déçoivent », tant pis. Je le répète: prenez sa place, affrontez ce à quoi il est confronté et on verra ce que vous faîtes. Manning a révélé des vérités cachées; il a enduré la torture et la captivité sans trahir âme qui vive. Si cela n’est pas assez « héroïque » pour certains, s’ils doivent l’abandonner parce qu’il les aurait « laissés tomber » – comme une pop star qui a sorti un mauvais disque après une série de succès – alors c’est que leur « dissidence » devait être bien superficielle.

Leur « déception » démontre aussi une grande ignorance historique de ce qu’est la vie dans un système déterminé à écraser tous ceux qui s’opposent vraiment à l’élite dirigeante. Anna Akhmatova – qui a montré plus de courage dans sa vie qu’un stade entier rempli de « dissidents » de clavier – a dû s’humilier jusqu’à écrire des odes à Staline pour essayer de sauver son fils de l’enfer du Goulag. Osip Mandelshtam – un ardent défenseur de « la valeur ineffable de toute vie humaine » (Silber) contre la violence inhumaine et impitoyable de l’état qui, lui aussi, a fait de courageuses révélations – a été forcé de faire la même chose que Manning pour tenter d’atténuer un châtiment auquel il savait qu’il ne survivrait pas. Et cela, tous les deux l’on fait, comme Manning, sans jamais trahir personne; ils ont pris sur eux seuls toute la souffrance et l’ignominie. Et leur exemple à tous les deux, a donné espoir à une multitude de gens, les a soutenus et à donné sens à leur vie pendant des dizaines d’années.

La réalité de ces systèmes – qui ont fait la preuve qu’ils étaient capables de torturer les gens, de les enfermer pendant des années sans procès ou de les faire assassiner arbitrairement sur ordre d’une leader et de ses favoris – est bien différente d’un show télévisé ou d’un film aux personnages manichéens qui se termine par le triomphe du héros meurtri mais invaincu. C’est au contraire quelque chose de sale, laid et dégradant, un combat inégal qui oppose la vérité désarmée à des forces implacables et inhumaines de domination violente. C’est une guerre aux défaites innombrables et amères qui marque de manière indélébile le corps et l’âme de ceux qui sont pris dans la tourmente. Cela implique pertes, destructions, humiliations, souffrances, ruines et doutes. Il n’y a pas de « héros » dans ces guerres-là, seulement des êtres humains: ceux qui se battent de leur mieux pour ne pas renoncer à leur humanité et ceux qui se sont soumis aux forces de domination en y renonçant.

Bradley Manning n’a pas besoin d’être un « héros ». Il n’a pas besoin de faire un discours émouvant pour nous offrir d’éphémères sensations par procuration en attendant d’aller consulter notre page Facebook ou un autre site. Il a montré clairement qu’il était aux côtés de l’humanité. Il a fait quelque chose pour l’humanité – et maintenant il en paie le prix. Ce qui lui est arrivé a révélé le vrai visage du système déployé contre lui et contre nous..

Ceux qui peuvent faire mieux, qu’ils le fassent.

Chris Floyd écrit des articles pour CounterPunch. Il tient le blog Empire

Burlesque : www.chris-floyd.com.
Pour consulter l’original: suivre ce lien.

Traduction: Dominique Muselet


Lire également,  sur LGS

Réponse à la déclaration de Bradley Manning (Wikileaks) par
Julian ASSANGE

 

26 décembre 2012

Discours de Julian Assange le 20 décembre 2012 : « Apprenez ! Défiez ! Agissez ! Maintenant ! »


Oulala.info | 25 décembre 2012

Bonsoir, Londres.

Quelle vision, pour des yeux fatigués. Les gens me demandent ce qui me donne de l’espoir. Eh bien, la réponse est juste ici. Il y a six mois – il y a 185 jours -  je suis entré dans ce bâtiment. Il est devenu mon domicile, mon bureau et mon refuge. Grâce à l’attitude de principe du gouvernement équatorien et au soutien de son peuple, je suis en sécurité dans cette ambassade pour vous parler. Et chaque jour à l’extérieur, pendant 185 jours, des personnes comme vous ont veillé sur cette ambassade – qu’il pleuve, grêle ou fasse beau. Chaque jour. Je suis venu ici en été. C’est l’hiver maintenant.






J’ai été sustenté par votre solidarité et je suis reconnaissant des efforts de personnes de par le monde entier soutenant le travail de WikiLeaks, soutenant la liberté d’expression, la liberté de la presse, des éléments esentiels de notre démocratie. Bien que ma liberté soit limitée, au moins suis-je capable de communiquer ce Noël, non pas comme les 232 journalistes qui sont en prison ce soir.

Non pas comme Gottfrid Svartholm en Suède ce soir.

Non pas comme Jeremy Hammond à New York ce soir.

Non pas comme Nabeel Rajab au Bahreïn ce soir.

Et non pas comme Bradley Manning, qui a eu 25 ans cette semaine, un jeune homme qui a préservé sa dignité après avoir passé plus d’un dixième de sa vie en prison, sans procès, une partie de ce temps dans une cage, nu et sans ses lunettes. Et non pas comme tant d’autres dont les épreuves sont reliées aux miennes.

Je salue ces hommes et ces femmes de courage. Et je salue les journalistes et les publications qui ont couvert ce qui continue d’arriver à ces personnes, et les journalistes qui continuent de publier la vérité face à la persécution, les poursuites judiciaires et les menaces – qui prennent le journalisme au sérieux. Parce que c’est à partir de la révélation de la vérité que tout le reste s’ensuit.

Nos édifices ne peuvent être aussi grands que leurs briques sont fortes. Notre civilisation est seulement aussi forte que ses idées sont vraies. Quand nos édifices sont érigés par les corrompu(e)s, quand leur ciment est coupé avec des salissures, quand l’acier vierge est remplacé par des débris – nos édifices ne sont pas sûrs comme domicile. Et quand nos médias sont corrompus, quand nos intellectuels sont pusillanimes, quand notre histoire est emplie de demi-vérités et de mensonges – notre civilisation ne sera jamais juste. Elle ne s’élèvera jamais jusqu’au ciel.

Nos sociétés sont des bidonvilles intellectuels. Nos croyances concernant le monde et nous-mêmes, entre nous, ont été crées par le même système qui par le mensonge nous a menés dans des guerres à répétition qui ont tué des millions de gens. Vous ne pouvez pas construire un gratte-ciel avec de la pâte à modeler. Et vous ne pouvez pas édifier une civilisation juste à partir d’ignorance et de mensonges.

Nous devons nous éduquer les un(e)s les autres. Nous devons célébrer ceux et celles qui révèlent la vérité et dénoncer ceux qui empoisonnent notre capacité à comprendre le monde dans lequel nous vivons. La qualité de notre discours est la limite de notre civilisation.

Mais cette génération s’est dressée sur ses jambes, et révolutionne est la manière dont nous percevons le monde. Pour la première fois dans l’histoire les personnes qui sont affectées par l’histoire en sont les créateurs. Et pour ce qui est des autres journalistes et publications – vos oeuvres parlent d’elles-mêmes, comme le font vos crimes de guerre.

Je salue ceux et celles qui reconnaissent la liberté de la presse
et le droit du public à l’information – reconnus dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, reconnus dans le Premier Amendement des USA – nous devons admettre que ceux-ci sont en danger et ont besoin de protection, comme jamais auparavant.

WikiLeaks est sous le coup d’une enquête en cours du Ministère de la Justice US, et ce fait a été correctement reconnu par l’Équateur et les gouvernements d’Amérique Latine comme mettant matériellement en danger ma vie comme mon travail. L’asile n’est pas accordé sur un coup de tête, mais selon des faits. L’enquête états-unienne est rapportée par témoignage – sous serment – dans les Cours US, est reconnue par le Ministère de la Justice, et dans le Washington Post il y a tout juste quatre jours par le Procureur de la Virginie, comme un fait. Ses citations à comparaître sont combattues par nos agents dans les Cours US. Le Pentagone a réitéré ses menaces contre moi en septembre et affirmé que l’existence même de WikiLeaks était un crime en plein jour.

Mon œuvre ne sera pas étouffée. Mais tant que cette enquête immorale se poursuit, et tant que le gouvernement australien ne défendra pas le journalisme et la publication de WikiLeaks, je dois rester ici.

Toutefois, ma porte est ouverte – et la porte a toujours été ouverte – pour quiconque désire me parler. Comme vous, je n’ai pas été accusé de crime. Si jamais vous vous entendez de la propagande suggérant autre chose, faites note de cette corruption du journalisme et allez sur justice4assange.com pour tous les faits réels. Dites au monde la vérité, et dites-le au monde qui vous a menti. Malgré les limitations, malgré le blocus bancaire extra-judiciaire, qui entoure WikiLeaks comme l’embargo sur Cuba, malgré une enquête criminelle sans précédent et une campagne pour nuir à et détruire mon organisation, 2012 a été une année immense.

Nous avons publié presque un million de documents. Des documents concernant la guerre qui se poursuit en Syrie. Nous avons exposé l’état de surveillance des masses dans des centaines de documents issus d’entreprises privées de renseignement. Nous avons publié des informations au sujet du traitement des détenus à Guantanamo Bay et ailleurs – le symbole de la corruption de la règle du droit en Occident, et au-delà.

Nous avons gagné contre le blocus bancaire illégal dans les tribunaux et au Parlement Européen. Après un combat de deux ans, les dons à WikiLeaks sont passés d’un statut de blocage et de non-déductibilité fiscale à la déductibilité dans le calcul des impôts à travers toute l’Union Européenne et les USA. Et la semaine dernière l’information révélée par WikiLeaks était cruciale – et citée au cours du jugement – dans la détermination de ce qui est vraiment arrivé à El-Masri, un Européen innocent kidnappé et torturé par la CIA.

L’année prochaine sera également riche en évènements. WikiLeaks a déjà plus d’un million de documents en préparation pour être publiés, des documents qui concernent tous les pays du monde. Tous les pays du monde. Et en Australie un Sénateur non-élu sera remplacé par un Sénateur qui lui, l’est.

En 2013, nous continuons à nous dresser face aux brutes. Le gouvernement équatorien et les gouvernements de l’Amérique Latine ont démontré combien la coopération au travers de valeurs partagées peut enhardir les gouvernements pour résister à la contrainte et soutenir l’auto-détermintaion. Leurs gouvernements ne menacent personne, n’attaquent personne, n’envoient des drones sur personne. Mais ensemble ils sont forts et indépendants. Les appels las des manieurs de pouvoir à Washington en faveur de sanctions économiques contre l’Équateur, simplement à cause de la défense de mes droits, sont mal inspirés et immoraux. Le Président Correa a justement dit, « les principes de l’Équateur ne sont pas à vendre. » Nous devons nous unir ensemble pour soutenir le courageux peuple équatorien, pour les défendre contre une intervention à l’encontre de leur économie et une interférence dans leurs élections l’année prochaine.

La puissance de personnes parlant haut et fort et résistant ensemble terrifie le pouvoir corrompu et anti-démocratique. Tant et si bien que des gens ordinaires ici en Occident sont devenus les ennemis des gouvernements, des ennemis à surveiller, des ennemis à être contrôlés et appauvris.

La vraie démocratie n’est pas la Maison Blanche. La vraie démocratie n’est pas Canberra. La vraie démocratie est la résistance des peuples, armés de la vérité, de la place Tahrir à ici à Londres.

Chaque jour, des personnes ordinaires nous enseignent que la démocratie c’est la liberté de parole et la dissidence. Car dès que nous, le peuple, cessons de dire ce qu’il y a à dire et cessons de nous révolter, dès que nous sommes distraits ou pacifiés, dès que nous nous détournons les un(e)s des autres, nous cessons d’être libres. Car la vraie démocratie est la somme – LA SOMME – de notre résistance.

Si vous ne vous exprimez pas – si vous abandonnez ce qui est uniquement à vous en tant qu’être humain: si vous abandonnez votre conscience, votre indépendance, votre sens de ce qui est bien et de ce qui est mal, en d’autres mots – peut-être sans le savoir, vous devenez passif(ve)s et sous contrôle, incapables de vous défendre et de défendre ceux et celles que vous aimez.

Les gens me demandent souvent, « Que puis-je faire? »

La réponse n’est pas si compliquée.

Apprenez comment fonctionne le monde. Remettez en question les déclarations et les intentions de ceux et celles qui cherchent à nous contrôler derrière une façade de démocratie et de monarchie. Unissez-vous en un but commun et un principe commun pour imaginer, construire, documenter, financer et défendre.

Apprenez. Défiez. Agissez.

Maintenant.


Source: http://wikileaks.org/Statement-by-Julian-Assange-after.html

traduit depuis le web par willsummer


29 mai 2012

WikiLeaks lance son réseau social

Rénald Boulestin | presse-citron.net | via Truks en vrak | Mercredi 23 mai 2012




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WikiLeaks lance son réseau social avec FoWL



L’organisation à but non lucratif WikiLeaks se lance dans le réseautage social avec FoWL (Friends of WikiLeaks). Ici, pas de partage de lolcats ou autres memes, mais celui d’informations.

FoWL Friends of WikiLeaks Presse Citron WikiLeaks lance son réseau social avec FoWLC’est via plusieurs tweets que l’organisation de Julian Assange a annoncé son lancement en version bêta. Car, pour l’heure, il s’agit purement et simplement de s’inscrire et rien d’autre. Le réseau doit effectivement atteindre une taille critique avant de se mettre véritablement en branle. Les inscriptions sont ouvertes et concernent le monde entier.

Chaque membre devra alors ajouter des informations sur le site. A ce sujet, WL ne garantit pas la confidentialité, d’une part parce qu’elles seront partagées à vos amis et d’autre part parce que l’organisation s’avoue impuissante si d’aventure vous étiez la cible de services de renseignements. Les données sont toutefois conservées sur des serveurs sécurisés et le partage sur le réseau dilue peut-être les responsabilités et il devient probablement plus difficile de trouver la véritable source.

Plus que le partage de données, l’organisation prône le soutien actif entre les membres du réseau. Il s’agit de regrouper « des personnes du monde entier qui défendent WikiLeaks, ses personnes, ses sources et sa mission. » Et FoWL permettra d’apporter du soutien (soit matériel, sous forme de publicité ou sous n’importe quelle autre forme de solidarité) « à n’importe quelle personne, organisation ou agence qui se trouverait en péril pour avoir fourni des informations au public [pas forcément via WikiLeaks donc] avec pour but de rendre la société plus juste. »

La finalité et les pourtours ne sont donc pas encore parfaitement limpides. Mais il semble clair qu’on entre dans FoWL comme on entre en religion. WikiLeaks parle d’alliés plutôt que d’amis sur son réseau et de « combat pour une cause commune. » FoWL a donc tout du prétendant au statut de cinquième colonne 2.0, tout comme les Anonymous dans un autre genre.

Si vous désirez vous inscrire à FoWL, c’est ici.

(source)

 

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