9 septembre 2026

ZACHARY FOSTER BRISE L’OMERTA

 

Il a grandi dans le sionisme. L’étude de l’histoire de la Palestine l’a conduit à rompre avec cette idéologie. Aujourd’hui, Zachary Foster explique pourquoi. Historien juif américain, docteur en études proche-orientales de l’université de Princeton et fondateur de Palestine Nexus, il échange avec Félix Marquardt et Alexis Poulin sur ce que les récits dominants occultent : l’histoire des expulsions, la colonisation et les discriminations subies par les Palestiniens, y compris ceux qui possèdent la citoyenneté israélienne. Logement, terres, école, santé, liberté de circulation : que signifie l’égalité des droits lorsqu’on regarde les conditions de vie concrètes ? 

De retour de Cisjordanie et d’Israël, Foster confronte le discours sur la « démocratie israélienne » à ses observations et à son travail d’historien. Il revient aussi sur son propre parcours : pourquoi peut-il envisager de s’installer en Israël quand des Palestiniens issus de familles originaires du pays se voient refuser cette possibilité ? Un témoignage personnel qui éclaire sa rupture avec le sionisme.

Voir en ligne  https://www.youtube.com/watch?v=7X_b9SabQ8I

2 avril 2019

Israël tue un enfant Palestinien tous les 3 jours dans l'indifférence générale

14 février 2019 - L'ONG Defence for Children International Palestine (DCIP) tire le sombre bilan de 2018 en révélant que 56 enfants Palestiniens ont été tués en 2018 par Israël. Plus d'un enfant tué par semaine ! Les personnes témoins de ces meurtres ont insisté sur le fait que les enfants visés n'étaient pas armés et ne représentaient aucune menace pour l'occupant ou ses citoyens. 
 Les enfants palestiniens ont été tués par des tireurs d’élite, des drones et des forces de sécurité de l’armée israélienne dans les territoires palestiniens occupés.(..)


 

8 mars 2019

Grand bluff humanitaire


Le Venezuela vit-il une urgence humanitaire ? La mobilisation, il y a dix jours, pour les convois d’aide étasunienne le laissait entendre. Chiffres et échos du terrain sont beaucoup plus nuancés.


  

8 janvier 2019

Palestinien, âgé de 17 ans, il est condamné à 35 ans d’emprisonnement dans les prisons israéliennes


Le garçon palestinien âgé de 17 ans Ayham Sabah a été condamné le 17 décembre 2018 par le tribunal militaire d’Ofer de l’occupant israélien à 35 ans de prison. Ayham, du village de Beitunia près de Ramallah, a aussi reçu l’ordre de payer une amende d’un million de NIS (environ 300.000 $ = environ 263.000 €). Il était accusé d’avoir poignardé en 2016, à l’âge de 14 ans, un soldat de l’occupant israélien à l’intérieur de la colonie de peuplement illégale. Le soldat de l’occupant, qui était aussi lui-même un colon illégal de la colonie de Ma’aleh Michmash, a succombé à ses blessures. (..)

 

24 décembre 2018

Bethlehem



7 mars 2018

Nos guerres (image)


20 décembre 2017

Le jeune palestinien aux yeux bandés et encerclé par 23 soldats israéliens risque 20 ans de prison (vidéo)


Fawzi al-Junaidi, 16 ans, a été photographié le 7 décembre à Al-Khalil/Hébron, en Cisjordanie occupée, pendant des manifestations contre la décision du président des Etats-Unis Donald Trump de reconnaître la ville palestinienne de Jérusalem comme capitale d’Israël. On voit l’adolescent en jeans déchirés propulsé en avant par des soldats équipés de vêtements de protection complets qui empoignent ses deux bras...

Suite sur ISM-France
 

18 septembre 2017

Les présidents africains neutralisés pour avoir suggéré ou tenté de sortir du CFA



À l’heure où le Franc CFA est plus que jamais au cœur de la lutte des masses africaines et afro-descendantes partout dans le monde à travers differents appels à la mobilisation à l’échelle internationale (retrouvez la liste des mobilisations du 16 septembre). Nous souhaitons parler ici, des présidents africains qui ont pour la plupart souvent été incompris par leurs populations tant leurs idées étaient en avance sur leurs temps.

En effet, ces personnalités ont eu le courage et la volonté de suggéré une sortie ou tenté de sortir du CFA (Colonialisme Français en Afrique) à une époque où l’aliénation de notre peuple était à son apogée.

Lire la suite sur Révolution Afrique ..
 

5 février 2017

Le pillage hier et aujourd'hui de l'Afrique par l'occident : deux vidéos


L'origine de la pauvreté en Afrique et en Amérique du Sud - Documentaire ARTE (25'30'') Piqûre de rappel quant à l'histoire de la colonisation et de la fabrication du tiers monde par les européens. 



L'utilisation des ONGs Occidentales pour le pillage des ressources de l'Afrique  
https://www.youtube.com/watch?v=dz5sOeD53Rc&feature=youtu.be

Un extrait de la présentation TEDX de Mallence Bart Williams, en 2015 à Berlin, à propos du pillage de l'Afrique par l'Occident et de l'utilisation, pour cela, des ONG. (4'23")

Pour aller plus loin, un article essentiel: http://partage-le.com/2016/01/pourquo...
& https://www.youtube.com/watch?v=2N9dw...

22 janvier 2017

De l’ingérence humanitaire: Droit d’ingérence contre devoir d’ingérence 2/4


En politique internationale, à l’époque contemporaine, l’idée d’ingérence humanitaire est apparue durant la Guerre du Biafra (1967-1970), province sécessionniste du Nigeria. Le conflit a entraîné une épouvantable famine, largement couverte par les médias occidentaux mais totalement ignorée par les chefs d’États et de gouvernement au nom de la neutralité et de la non-ingérence.

La théorisation du concept date des années 1980. Le philosophe Jean-François Revel fut le premier à évoquer le «devoir d’ingérence» en 1979 dans un article du magazine français l’Express..
 
Suite sur En point de mire
 

12 novembre 2016

Les safaris-chasse de Benjamin de Rothschild impliqués dans des abus contre les « Pygmées »

"Peter Flack, un administrateur du WWF, pose avec un éléphant de forêt mort."
© Peter Flack, via Survival

Survival International a découvert qu’une opération de safaris de chasse à l’éléphant, conjointement détenue par le milliardaire français Benjamin de Rothschild, a été impliquée dans la violation des droits de « Pygmées » baka locaux et de leurs voisins. Parmi ces violations figurent des expulsions illégales et des tortures.
 
 Suite sur Survival

20 octobre 2016

Sankara et l’actualité de la révolution burkinabè


Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara était assassiné dans des circonstances extrêmement troubles (où le rôle de l’impérialisme français reste encore à déterminer). Dans ce texte, Saïd Bouamama – sociologue et militant du FUIQP (Front uni des immigrations et des quartiers populaires) – restitue le parcours, les idées et l’action du dirigeant révolutionnaire burkinabè. Si le processus ouvert par la révolution sankariste fit face à des obstacles de taille et connut des limites importantes, il en souligne l’actualité du point de vue des combats anti-colonialiste et anticapitaliste, mais aussi concernant l’écologie, l’oppression des femmes et la dette. 
 
Suite sur Contretemps
 

3 août 2016

Israël soutient Daech mais terrorise les pacifistes israéliens


Menaces de mort, agressions, les opposants israéliens à la politique d’occupation et de colonisation israéliennes sont soumis, en toute impunité, à une politique de terreur en Israël, rapporte le journal Haaretz...

EuroPalestine

10 juillet 2016

La Stratégie de Bill Gates,pour mettre fin aux fruits et céréales naturelles en Afrique.

Comment un requin de l’industrie considéré comme le chantre du capitalisme brutal s’est déguisé en agneau sous couvert d’actions philanthropiques en Afrique. Le reportage “Le Monde selon Gate” de Jérémie Drieu et Jean-François Monier à ce sujet est particulièrement instructif ...

Suite sur Panafricain TV 

 

19 mai 2016

Sahara occidental : la honte d’une Espagnole


Ils sont 125 000 et vivent depuis 40 ans dans des camps de réfugiés. La mort du Sahraoui Brahim Saika ravive une lutte oubliée.

Au fond du puits de notre oubli. C’est là que sont les Sahraouis. Je viens de lire que le 15 avril le syndicaliste sahraoui Brahim Saika, 32 ans, est mort dans un hôpital à Agadir (Maroc). Brahim avait été arrêté le 1er avril en sortant de son domicile pour participer à une manifestation pacifique. « Il a été emmené au poste de police de Guelmim, où il a été torturé pendant des heures », rapporte la délégation sahraouie en Espagne. (...)

3 décembre 2015

Alain BADIOU : à partir des meurtres de masse du 13 novembre (1h46)


Émission La bas si j'y suis
Badiou : penser les meurtres de masses.
Théâtre de la Commune. 23/11/2015

voir la vidéo sur Vimeo...

7 juin 2015

Que se passe-t-il à Cuba ? par Nicolas Klein


Le 17 décembre 2014, après des mois de négociation, le président des États-Unis d’Amérique, Barack Obama, et le président du Conseil d’État de la République de Cuba, Raúl Castro, surprenaient le monde entier en annonçant, lors d’une conférence de presse séparée, qu’ils allaient rétablir leurs relations diplomatiques bilatérales. Avec le soutien du Canada et surtout du Vatican (le pape François ayant joué un rôle éminent dans ces accords), les deux nations brisaient ainsi plus de 50 ans d’« ignorance » mutuelle en matière diplomatique et semblaient tourner la page de l’un des plus célèbres antagonismes de la Guerre froide. (...)

Suite sur le site de l'UPR ...
 

9 mai 2015

Le 8 mai 1945 : 45 000 algériens exécutés. Le massacre de Setif que la France cherche à faire oublier !


"Ce samedi 8 mai 2015, est jour de deuil en Algérie. Comment le peuple algérien peut-il oublier les massacres perpétrés à Sétif, Guelma et Kherrata. Un véritable génocide qui engendrera la mort de 45000 algériens.

Ce n’est en effet pas la venue en Algérie de Jean-Marc Todeschini, à l’occasion du 70e anniversaire du massacre de Sétif, qui apaisera la souffrance des Algériens. Le 8 mai 1945, plusieurs dizaines de milliers d’Algériens ont été massacrés, lynchés, torturés, jetés dans des fours à chaux par l’armée française dans de nombreuses villes de l’est du pays, pour avoir revendiqué le droit à l’existence, au lendemain de la victoire des alliés sur le nazisme.

Les personnalités politiques françaises, à l’instar de Nicolas Sarkozy, n’hésitent pourtant pas à déclaré que : « la France n’a pas à rougir de son histoire » et que : « la France n’a jamais commis de génocide »"
Source: HBK



  

6 octobre 2014

Le discours de Thomas Sankara à l’Onu


Le Comptoir | Par Ludivine Bénard |

Ce samedi 4 octobre 1984, il y a trente ans, jour pour jour, Thomas Sankara, leader de la révolution du Burkina Faso et alors président du pays, tient un discours mémorable à New York, au siège de l’Organisation des nations unies. 

Dénonçant l’impérialisme occidental, le capitaine s’adresse à tous : les noirs, les Indiens, les chômeurs, les femmes, les mères, les artistes, les enfants, les journalistes, les sportifs, les malades. Au nom de tous les « laissés-pour-compte » parce qu’en tant qu’« homme, rien de ce qui est humain ne [lui] est étranger. »
 
Cet anniversaire, nous tenions à le rappeler, à le commémorer. Parce qu’il nous tient à cœur, comme tous les combats pour l’affranchissement et l’égalité de tous les hommes, pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, pour lutter contre l’asservissement et la domination d’un peuple sur l’autre, d’une caste sur une autre, d’une classe sur une autre. Et parce qu’aujourd’hui encore, il reste plus que jamais d’actualité. « La patrie ou la mort, nous vaincrons ! »

Thomas Sankara incarne et dirige la RDP, la Révolution démocratique et populaire du Burkina Faso. Celle-ci débute le 4 août 1983 et se prolonge jusqu’au 15 octobre 1987, date à laquelle le capitaine est assassiné à Ouagadougou, lors d’un coup d’État organisé par les hommes de son ami et ancien camarade de l’École militaire inter-armée camerounaise, Blaise Compaoré.

Le fondateur du « pays des hommes intègres »

Anti-impérialiste, panafricaniste et tiers-mondiste, l’officier œuvrera toute sa vie pour son pays, auquel il donnera même un nouveau nom. La Haute-Volta, ce relent de la colonisation, devient avec lui le Burkina Faso, une appellation issue d’un mélange de dialectes du pays, le moré et le dioula, qui renoue alors, du moins sémantiquement, avec la tradition africaine. Ainsi naquît ce qui signifie alors littéralement le « pays des hommes intègres ». Mais le capitaine est aussi le meneur d’une politique progressiste, qui tient à modifier la société en profondeur, faisant fi des traditions de la plus grande partie de la population.
Souhaitant redonner le pouvoir au peuple, s’inscrivant dans une logique de démocratie participative, il crée les Comités de défense de la révolution (CDR), ouverts à tous, qui assurent la gestion des questions locales et organisent les grandes actions. Il veut alors rompre avec la société traditionnelle, fortement inégalitaire, en tentant d’affaiblir le pouvoir des chefs de tribus et en cherchant à améliorer le statut des femmes. Visionnaire, il plaide déjà pour une égalité entre les femmes et les hommes, et sera à l’origine, par exemple, de l’instauration d’une journée où ce sont les hommes qui doivent se rendre au marché à la place des femmes. Symbolique peut-être, précurseur définitivement.

Luttant tout aussi bien contre la corruption que pour l’amélioration de l’accès à l’éducation et à la culture, la politique du Burkinabè vise l’affranchissement et le bien-être de la population. La politique sankariste veut réduire la malnutrition, la soif (les CDR sont alors chargés de construire, en masse, des puits et des retenues d’eau), la diffusion des maladies grâce aux politiques de « vaccinations commandos », à destination des enfants, qu’ils soient burkinabè ou non. Il fait de la lutte contre l’analphabétisme un combat majeur : le taux d’analphabétisme serait passé sous sa gouvernance de 95 % à 80 % pour les hommes, et de 99 % à 98 % pour les femmes, notamment grâce aux « opérations alpha ». Dans le même temps, de nombreux agents de l’État accusés, à tort ou à raison, de manquer à leur devoir sont licenciés et l’État est tenu de réduire son train de vie : avec lui, et c’est une initiative unique à ce jour en Afrique, les luxueux véhicules présidentiels sont vendus au profit de basiques Renault 5 tandis que le Président fait tous ses voyages en classe touriste, à bord du fameux « avion-stop ». Le capitaine, clairvoyant, a aussi institué la coutume de planter un arbre à chaque grande occasion pour lutter contre la désertification.

Pour la liberté et l’égalité, au nom de tous les « laissés-pour-compte »

Ce 4 octobre 1984, il a tenu, selon son habitude, à visiter le quartier difficile d’Harlem (et d’y faire un discours) avant d’arriver au siège new-yorkais de l’ONU pour cette 39e session de l’Assemblée générale de l’organisation. La voix de Thomas Sankara s’élève alors, forte et fière, réassurant le droit des peuples de manger à leur faim, de boire à leur soif, de s’éduquer. Toujours aussi radicalement insoumis à tous les paternalismes, auxquels sa soumission servile lui aurait sûrement permis de conserver le pouvoir dans cette période post-coloniale, le capitaine réaffirme, avec beaucoup de véhémence, sa volonté de lutter contre toutes les oppressions, y compris, contre celle des Américains sur les Indiens, alors même qu’il se trouve à New York.

Voici son discours :
« Permettez, vous qui m’écoutez, que je le dise : je ne parle pas seulement au nom de mon Burkina Faso tant aimé mais également au nom de tous ceux qui ont mal quelque part.
Je parle au nom de ces millions d’êtres qui sont dans les ghettos parce qu’ils ont la peau noire, ou qu’ils sont de cultures différentes et qui bénéficient d’un statut à peine supérieur à celui d’un animal.
Je souffre au nom des Indiens massacrés, écrasés, humiliés et confinés depuis des siècles dans des réserves, afin qu’ils n’aspirent à aucun droit et que leur culture ne puisse s’enrichir en convolant en noces heureuses au contact d’autres cultures, y compris celle de l’envahisseur.
Je m’exclame au nom des chômeurs d’un système structurellement injuste et conjoncturellement désaxé, réduits à ne percevoir de la vie que le reflet de celle des plus nantis.
Je parle au nom des femmes du monde entier, qui souffrent d’un système d’exploitation imposé par les mâles. En ce qui nous concerne, nous sommes prêts à accueillir toutes suggestions du monde entier, nous permettant de parvenir à l’épanouissement total de la femme burkinabè. En retour, nous donnons en partage, à tous les pays, l’expérience positive que nous entreprenons avec des femmes désormais présentes à tous les échelons de l’appareil d’Etat et de la vie sociale au Burkina Faso. Des femmes qui luttent et proclament avec nous, que l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère et nous en appelons à toutes nos sœurs de toutes les races pour qu’elles montent à l’assaut pour la conquête de leurs droits.
Je parle au nom des mères de nos pays démunis qui voient mourir leurs enfants de paludisme ou de diarrhée, ignorant qu’il existe, pour les sauver, des moyens simples que la science des multinationales ne leur offre pas, préférant investir dans les laboratoires de cosmétiques et dans la chirurgie esthétique pour les caprices de quelques femmes ou d’hommes dont la coquetterie est menacée par les excès de calories de leurs repas trop riches et d’une régularité à vous donner, non, plutôt à nous donner, à nous autres du Sahel, le vertige. Ces moyens simples recommandés par l’OMS et l’UNICEF, nous avons décidé de les adopter et de les populariser.
Je parle aussi au nom de l’enfant. L’enfant du pauvre qui a faim et louche furtivement vers l’abondance amoncelée dans une boutique pour riches. La boutique protégée par une épaisse vitre. La vitre défendue par une grille infranchissable. Et la grille gardée par un policier casqué, ganté et armé de matraque. Ce policier placé là par le père d’un autre enfant qui viendra se servir ou plutôt se faire servir parce que présentant toutes les garanties de représentativité et de normes capitalistiques du système.
Je parle au nom des artistes – poètes, peintres, sculpteurs, musiciens, acteurs – hommes de bien qui voient leur art se prostituer pour l’alchimie des prestidigitations du show-business.
Je crie au nom des journalistes qui sont réduits soit au silence, soit au mensonge, pour ne pas subir les dures lois du chômage.
Je proteste au nom des sportifs du monde entier dont les muscles sont exploités par les systèmes politiques ou les négociants de l’esclavage moderne.
Mon pays est un concentré de tous les malheurs des peuples, une synthèse douloureuse de toutes les souffrances de l’humanité, mais aussi et surtout des espérances de nos luttes.
C’est pourquoi je vibre naturellement au nom des malades qui scrutent avec anxiété les horizons d’une science accaparée par les marchands de canons. Mes pensées vont à tous ceux qui sont touchés par la destruction de la nature et à ces trente millions d’hommes qui vont mourir comme chaque année, abattus par la redoutable arme de la faim…
Je m’élève ici au nom de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils pourront faire entendre leur voix et la faire prendre en considération, réellement. Sur cette tribune beaucoup m’ont précédé, d’autres viendront après moi. Mais seuls quelques-uns feront la décision. Pourtant nous sommes officiellement présentés comme égaux. Eh bien, je me fais le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils peuvent se faire entendre. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés-pour-compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger. »***
Écouter l'enregistrement du discours

 Liens:
*** Thomas Sankara cite ici le poète latin d’origine berbère Térence : « Homo sum ; humani nihil a me alienum puto » : « Je suis un homme ; je considère que rien de ce qui est humain ne m’est étranger » (L’Héautontimorouménos, v. 77).
 

20 août 2014

USA Afrique, un sommet d’humiliations

Source


Afriques en lutte | 20 août 2014 par François Charles, Romuald Boko


47 chefs d’Etat africains en poste, convoqués par un seul, chez lui et « vous appelez ça un sommet ? ». Question de bon sens en effet, désigner par ce terme un tel non événement, comme l’a fait toute la presse radio, télé… relève au mieux d’une erreur de langage, au pire d’une supercherie. Depuis son annonce, nombre d’observateurs africains, concentrés surtout, bien sûr, dans les médias, en faisaient des tonnes sur cet événement : on allait voir ce qu’on allait voir ! Obama, premier président des USA, d’origine directement africaine, à moitié de son second mandat, allait enfin répondre aux attentes des africains. Et tous de revenir sur le discours d’Accra, lourd de promesses. Il allait enfin rattraper le temps perdu.

Hélas, hélas, hélas, que d’illusions répandues pour tant d’illusions perdues…

Déjà, la forme annonçait le fond et nos « spécialistes » auraient dû se méfier. Eh non, puisqu’invités, en naïfs incorrigibles, la plupart de ces chefs d’État, se voyaient en hôtes d’importance et s’attendaient à la Maison blanche, tapis rouge, entretiens, tête à tête… Las, entre leurs espérances et la réalité , il y aura eu le gouffre sémantique qu’il y a entre « invitation » et « convocation ».

Lorsqu’ on se rend à une convocation, on ne doit pas s’imaginer dire la messe avec celui qui a l’initiative : Celui qui convoque est le Patron et celui qui s’y rend est son subordonné. Jusqu’à quand nos chefs d’Etat continueront de se faire rouler dans les farines « diplomatiques » ?

La leçon de « gouvernance » des ONG
Dans le chemin de croix de l’humiliation de nos dirigeants à Washington, la première étape aura d’abord été de subir, toute une et longue première journée, les leçons de morale des…ONG ! Au programme : Droits de l’homme, corruption, démocratie…Vaste programme s’il en est et sur lequel il y a certes, concernant l’Afrique, beaucoup à dire.

Pour autant, était-ce vraiment le lieu et le temps, après avoir fait s’asseoir tous ces représentants, de leur asséner, comme par surprise et sans débat, des leçons sur des thèmes qu’ils connaissent parfaitement et sur lesquels ils se font justement, en règle générale, une spécialité de s’asseoir ?

Et puis, parlons clairement, les ONG, dont le rôle est aujourd’hui, largement mis en cause dans la destruction des services publics en Afrique, sont-elles les mieux placées pour donner aux présidents africains des leçons de « gouvernance » ?

Combien d’ONG trouve-t-on régulièrement au cœur de magouilles financières locales, de fonds évaporés, de corruption, de scandales de comportement ? Sans aller jusqu’à évoquer le rôle de la Croix Rouge dans les guerres post indépendances (voir les confessions de Bernard Kouchner sur le Biafra), on ne peut oublier l’utilisation systématique des « prétextes » humanitaires, portés par les ONG, dans les guerres d’intervention récentes, qu’il s’agisse de l’Irak, du Darfour, de la Libye, du Mali, de la Centrafrique…

Par ailleurs, ce sont ces mêmes ONG qui, depuis des décennies, accompagnent fidèlement les PAS infernaux (plans d’ajustement structurels) imposés par la Banque Mondiale et le FMI. En effet, lorsque la BM et le FMI ordonnent les restrictions budgétaires aux gouvernements marionnettes, on sait ce qu’il advient des services publics notamment dans les domaines de l’école et de la santé et qui vient alors jouer le rôle d’amortisseur au coup porté, auprès des populations démunies, sinon les ONG ?

Une création d’école par ci, un dispensaire de brousse par là…Alors merci les ONG ?

Evidemment non, parce que ces écoles et ces centres de soins ainsi créés, en remplacement de ceux du service public disparus, le sont évidemment dans le cadre du secteur privé et demain, les usagers devenus clients, ne seront accessibles qu’aux plus riches.

Ainsi, financées par les fonds des Nations Unies, les ONG sont clairement une des armes la plus efficace dans la disparition des services publics africains, exigée par la Banque Mondiale, le FMI et maintenant l’UE.

Sans compter que, dans la plupart des cas, les fonds, ainsi utilisés contre les intérêts des populations, par ces ONG ne sont que des prêts…consentis aux Etats concernés ! Autrement dit, ce sont les Etats qui paient pour les ONG et…qui remboursent ! Dépensées sans aucun contrôle des principaux intéressés, ces sommes viennent encore grossir la Dette, alimentant ainsi le cycle infernal.

La disparition des services publics marque toujours la fin des libertés et de la démocratie, de toute gouvernance, et ce sont pourtant les agents directs de cette « rigueur » qui ont été choisis par Obama pour instruire nos dirigeants à Washington. Tout un programme.

Les africains n’ont pas besoin de la morale des ONG. Depuis fort longtemps, avec leurs organisations, leurs partis, leurs syndicats, ils bataillent courageusement contre la corruption de leurs élites, contre le délitement de leurs institutions soumises aux coups de boutoir des grandes puissances. Ils luttent au quotidien, pour les droits humains et les libertés individuelles, pour imposer les cadres de la démocratie politique et pour donner aux populations la sécurité publique, le droit à la santé, le droit à l’école….aux antipodes de ce que, dans le dos des peuples, les ONG contribuent à mettre en place.

La leçon commerciale des grands patrons

Une fois ingurgitée la morale humanitaire sur la manière de gouverner les pays, ce fut au tour des grands patrons d’administrer leur cours magistral de » bonne gouvernance économique » à tous ces chefs de gouvernements médusés condamnés à écouter. Quand on connaît le point de vue de ces intervenants américains sur les échanges internationaux « bien compris », on se pince en les imaginant devant les responsables des états d’Afrique.

Ce n’est qu’au soir du second jour qu’Obama, au cours d’une brève apparition énoncera, comme à son habitude concernant l’Afrique, quelques platitudes du genre de celle déjà distillée à Accra en 2009 : » l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais des institutions fortes ». Cette fois nous aurons eu droit à un énigmatique « : « la clef pour débloquer la croissance africaine ne sera pas ici aux Etats-Unis, elle se trouve en Afrique ». Encore une fois, une façon de parler des africains et aux africains sans en parler vraiment, ni jamais leur parler directement.

Pourtant, à y regarder de près, on ne peut pas dire que le président américain n’ait rien à dire de concret à propos de l’Afrique, ni même qu’il n’ait pas, concernant le continent, quelque idée derrière la tête. Ce serait même tout le contraire.

Le locataire de la Maison Blanche était en effet beaucoup plus disert et explicite lorsqu’au mois d’août dernier, devant un parterre de « décideurs économiques », il défendait son point de vue en déclarant : » L’Amérique doit comprendre l’importance de l’Afrique. Vous avez là-bas de la croissance, des marchés qui prospèrent, des entrepreneurs et des talents extraordinaires ».

A bien y regarder on sent déjà, dans son propos qu’il pousse déjà les tenants de son économie à se tourner une bonne fois vers le continent où il considère que, malgré les menées des chinois et la vieille présence française, de grandes parts de marché sont encore à prendre.

Le « modèle » Français

Sur l’implantation économique, il est clair que l’administration Obama a beaucoup observé et appris des français, c’est à dire : Une sérieuse présence militaire préfigure toujours de bonnes affaires à venir.

Message bien reçu. On ne peut comprendre autrement le lourd investissement, et le patient maillage à l’échelle continentale, concernant le dispositif Africom. De fait, cette étape purement militaire réalisée, dans sa déclaration, Obama dit maintenant clairement à ses patrons que désormais, pour le business, la voie est libre en Afrique.

Ce qu’a très vite compris le géant américain de l’électricité, le conglomérat Général Electric, qui vient d’annoncer un investissement pour un montant de 2 milliards de dollars sur les trois années à venir et qui déclare : » L’Afrique est devenue la région la plus prometteuse du monde en terme de croissance pour General Electric ». (2)

De son côté, la Banque Mondiale annonce des prévisions de croissance entre 5% et 6% du Produit Intérieur Brut pour les pays de la zone subsaharienne grâce, comme on s’en doute, à l’exploitation des ressources naturelles mais aussi…par la construction d’infrastructures, ce qui est du coup plus grave que le pillage des ressources, puisque dans ce cas, il s’agira une fois encore, de la bonne vielle combine du « retour à l’envoyeur », inspirée directement de la françafrique : je te prête, tu nous donnes les chantiers et, avec intérêts, tu nous rembourses.

Montage inique et meurtrier auquel on pourrait ajouter la suite, connue de tous : tu rembourse, tu creuse ta dette et donc, tu creuse ta tombe.

Dans cette veine, Obama annoncera, à la fin du sommet, 33 milliards d’investissements ou plutôt, comme pour une espèce d’africathon, « de « promesses d’investissement ». Sans doute laisse-t-il entendre que, pour mériter cette « manne » promise, s’agira-t-il d’être à l’image de ce que souhaitent les ONG ?

Après le marketing d’usage concernant les slogans US classiques sur les rapports « gagnant-gagnant » et autre « égal à égal »… le président fait le détail des provenances de ces promesses.

Ces 33 milliards seront d’origine à la fois publique et privée. La plus petite part, 7 milliards, viendra de fonds débloqués directement par l’administration. Une sorte d’aide publique au développement déjà bien connue et déjà tristement célèbre en Afrique.

14 milliards proviendront du secteur 100% privé et iront concourir aux grands chantiers des infrastructures. Peut-on douter que ces chantiers seront confiés à des entreprises américaines ?

Prenant connaissance de ces informations, les vieux chevaux de retour que sont Bouygues et Bolloré pourront se dire qu’il n’y a, décidément, rien de bien nouveau sous le soleil de Washington.

Les 12 milliards restants seront intégrés dans le dispositif Power Africa. Une initiative qui a pour but la promotion d’un réseau électrique sur le continent permettant d’atteindre 60 millions de foyers reliés au réseau. C’est certainement General Electric qui va être content…

Ce programme sera co-financé par la Banque Mondiale, des entreprises américaines et le gouvernement suédois.

Les africains, pour avoir déjà expérimenté ce genre de montages à triple corps, Banque Mondiale, secteur privé et public, savent qu’ils en ont tout à craindre, surtout lorsque la Banque Mondiale est à la table. Autrement dit, à la sortie, si le programme s’achève vraiment un jour, qui aura vraiment payé ? Qui sera endetté ? Pour combien et auprès de qui ?

Un « sommet » pour rien mais beaucoup d’humiliations

Pour clore le programme, avant un dîner « kolossal » pour 500 convives (3), le président américain lancera un dernier avertissement à ses auditeurs, concernant les yeux doux que certains pourraient continuer à faire aux chinois : » nous, nous ne voulons pas juste extraire vos ressources minérales pour notre propre croissance « . Ce qui, en langage étatsunien est on ne peut plus clair : si vous voulez travailler avec nous, ce sera avec nous et nous seuls !

Bref, on passera sur la manière quasiment indécente dont été traités les chefs d’État africains au cours de ces trois jours : pas un seul reçu par Obama, pas un seul tête à tête, une visite bâclée au Sénat où personne ne les souhaitait vraiment, contraints de payer leur voyage et leur chambre d’hôtel… Il faut appeler un chat un chat, ils ont été mal traités.

Non que nous ayons à les plaindre, après tout, ils n’avaient qu’à hausser le ton, s’insurger, interrompre…mais comme on le sait, s’imposer aux grands, défendre nos pays, notre continent, n’est plus réellement la spécialité de nos dirigeants actuels. Nous ne les plaindrons donc pas.

Ce qui, en revanche, est à prendre en considération est la permanence du mépris affiché pour des responsables africains en poste, et par delà leur personne, le peu de cas que font ces patrons « made in USA » de l’Afrique et de ses populations.

Le round autour de l’AGOA, s’il en était encore besoin, est une démonstration flagrante du cynisme et de la condescendance de cette administration à l’égard de l’Afrique. Qui ne sait en effet, en Afrique, que cet AGOA n’est qu’un marché de dupes ? Un ouvre-boîte permanent qui permet aux américains un accès hors taxes aux ressources pétrolières de l’Afrique de l’Ouest ? Autrement dit, un « gagnant-gagnant » 100% US, 100% à sens unique, comme les aime tant les américains.

Alors, comment Obama peut-il, non seulement défendre cette escroquerie imposée à l’Afrique par son prédécesseur, mais pire encore, présenter sa reconduction prochaine, qu’il a lui-même demandé au congrès, comme une victoire de son administration ?

Lorsqu’on sait que cette loi « African Growth Opportunity Act », dite de « libre échange » pour les produits subsahariens manufacturés, ne concerne quasiment que …le pétrole du Nigéria (pour 80%), on se demande encore comment nos « représentants », entendant de tels propos, ont-ils pu garder leur calme, ne pas rétablir les faits et rester murés dans un silence absurde et complice.

Un comportement gravissime. Agissant de la sorte, ils accréditent l’idée, largement en cours dans les pays riches, selon laquelle, hors d’Afrique, les africains ne comprennent pas tout…qu’ils sont toujours les « indigènes », les « arriérés » et les « primitifs » des temps coloniaux, au mieux « de grands enfants » qu’il convient d’enseigner…

Finalement, le comportement d’Obama et de son administration à l’égard des africains, mis en lumière au cours de ce « sommet », en rappelle un autre, dans la même veine et tout autant méprisant. Celui qui, reprochant « à l’homme africain de ne pas être entré dans l’histoire » aura lui aussi, marqué profondément l’Afrique pour longtemps. (4)

Encore une fois, la leçon est claire : L’Afrique doit avancer pour elle-même. Elle doit se débarrasser de tous ses parasites néo-coloniaux, des sangsues que sont ces dizaines de milliers d’ONG.

Elle n’a nul besoin de donneurs de leçons payantes, nul besoin du paternalisme racisant des investisseurs, qu’ils s’appellent Bouygues, Bolloré, AREVA, General Electric ou encore OBAMA, Hillary Clinton, Kerry… Qu’ils soient la Banque Mondiale, le FMI, l’UE ou les acteurs des APD…Qu’ils partent tous !

Un « sommet » donc, qui pour être inédit, ne peut pourtant que renvoyer les africains à leurs responsabilités, les pousser plus que jamais à prendre leurs affaires en main, s’en occuper vraiment et directement, tous ensemble, à l’échelle du continent.

Car , s’il est un point sur lequel Obama a raison, c’est que l’Afrique est bien un continent d’espoir, gorgé de richesses naturelles et de potentiel humain et que, une fois chassés les prédateurs, les pilleurs et les fauteurs de guerres, elle saura, sans aucun doute possible, se sauver et se développer.

Romuald Boko et François Charles pour l’Autre Afrique
(www.lautreafrique.info)

1/ Entendu dans une rue de Dakar
2/ Le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, n’a pas pu résister au lobbying de Hillary Clinton, l’ex secrétaire d’Etat des Etats-Unis d’Amérique de 2009 à 2013. Hillary Clinton se targue dans ses mémoires, qu’elle vient de publier, d’avoir réussi à convaincre Bouteflika d’octroyer un marché de 2,5 milliards de dollars au géant américain de l’énergie General Electric. C’est Hillary Clinton qui raconte, elle-même, cette anecdote croustillante, dans son livre Hard choices

source : www.algerie-focus.com
3/ 47 chefs d’Etats africains et…500 convives ! Cherchez l’erreur…
4/ Le tristement célèbre discours de Nicolas Sarkozy à l’université Cheik Anta Diop de Dakar
 

 

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