18 avril 2016

Citoyens et élus locaux, Mobilisons-nous pour rédiger les cahiers d’exigences



Lancée il y a déjà plusieurs mois (voir articles1152, 1131, 59), la rédaction des cahiers d’exigences passe aujourd’hui à une nouvelle étape. De nombreux citoyens et élus s’en sont déjà emparés.

Nous proposons un processus entièrement décentralisé et auto organisé qui associe citoyens et élus locaux (maires et conseillers municipaux) car c’est de la commune qu’est née la vie démocratique. Plusieurs maires de petites communes ont déjà donné leur soutien.

Vous trouverez ci-dessous l’appel à signer par les citoyens et les élus, précédé par un préambule.

Vous trouverez ces mêmes textes, ainsi que le mode d’emploi et le calendrier sur http://www.communes-citoyennes.fr.



Les citoyens prennent la parole pour proposer !

Libérons la parole citoyenne en créant des comités locaux "communes citoyennes", dans nos villes, quartiers et villages de France.

Les comités locaux enregistrent les exigences des citoyens et travaillent des propositions qu’ils proposent au suffrage de leurs concitoyens le jour du 1er tour de l’élection présidentielle, en avril 2017.

Les comités locaux sont créés librement par les citoyen-ne-s et/ou les conseils municipaux.

LA DÉMARCHE

Citoyen-ne-s et élu-e-s des communes de France, nous souhaitons nous réunir à l’échelle de nos villes, villages et quartiers pour penser ensemble notre destin commun et réinsuffler de l’air dans les poumons de notre démocratie.

Chacun est évidemment libre par ailleurs de faire des choix ou de ne pas en faire lors de l’élection présidentielle de 2017. Cela étant, notre démarche se situe sur un autre terrain.

Il s’agit en effet de recréer de nouveaux espaces démocratiques qui procèdent de l’unité de base de notre République : le Citoyen.
(...)

 Suite sur Association pour une Constituante...
 

18 mars 2015

Islande : « Non, Merci ! » à l’Union européenne

 
Par André Bellon , 13 mars 2015 | Association pour une Constituante 
 

On pourra épiloguer longuement sur la décision de l’Islande de retirer sa demande d’adhésion à l’Union européenne. On expliquera bien sûr que les quotas de pêche en étaient le motif principal tout en évitant de se demander pourquoi cette question était hier sans importance. Les affiches « Non merci » partout apparentes sur le sol islandais prouvent la profondeur de ce choix.

On oubliera surtout que cette décision intervient après des années de profonde crise économique et politique marquée par deux référendums, des élections assez conflictuelles et surtout l’élection d’une Assemblée Constituante.

Il convient donc de rappeler que les islandais ont refusé de payer les dettes de banques privées. Le gouvernement britannique et le gouvernement néerlandais, soutenus par l’Union européenne, voulaient que le contribuable islandais rembourse les dettes de cette banque privée, au lieu de laisser le syndic de liquidation être responsable de ces dettes.

Le Président islandais Ólafur Ragnar Grímsson a décidé alors de faire appel à un référendum. Comme il le déclare lui-même, « une armée d’experts et d’autorités financières me disaient : si vous autorisez les gens à s’exprimer, vous isolerez financièrement l’Islande pour des décennies. Le scénario catastrophe serait sans fin... J’étais devant un choix fondamental entre les intérêts financiers d’un côté, et la volonté démocratique du peuple de l’autre. »

La décision des islandais de refuser de payer ces dettes privées a conduit au processus constituant. Certes, les adversaires de cette option diront qu’elle s’est brisée contre la volonté d’un Parlement farouchement favorable à l’adhésion à l’Union. En fait, même si la Constituante n’a pas eu ses effets de façon immédiate, les pensées ont entretemps évolué grâce à ce processus démocratique. C’est ainsi que le Président islandais a été réélu contre tous les pronostics. La décision prise de retirer la candidature de l’Islande à l’Union européenne découle de ce processus. Il convient d’en tirer aujourd’hui la signification.

L’Association pour une Constituante a suivi le processus islandais depuis l’origine. Déjà, en novembre 2010, alors que personne n’évoquait cette question, nous avions publié un article intitulé « 1000 articles pour un volcan, aucun pour une assemblée constituante » . Nous avions ensuite organisé le 22 janvier 2013 une réunion publique avec Madame l’ambassadeur d’Islande à l’école normale supérieure. André Bellon, Président de l’Association, a, par ailleurs, rencontré le Président islandais le 25 février 2013 .

Quelles conséquences tirer de ces événements ? Sans tomber dans la facilité critique vis-à-vis de l’Union européenne et la politique à adopter à son égard, remarquons que le discours sur l’isolement dramatique qui guette les pays qui ne veulent pas subir les diktats de Bruxelles est absurde. La décision islandaise en est la preuve évidente. Par ailleurs, la déclaration du Président Ólafur Ragnar Grímsson : « Le plus important, et je le dis à mes amis européens, ce ne sont pas les marchés financiers » permet de sortir des discours bien-pensants des experts économiques qui nous conduisent depuis des années à la catastrophe.

Cet événement est considérable par sa valeur symbolique, non par son importance économique. Car, au travers de ses référendums, de son assemblée constituante et de ses choix, l’Islande a réaffirmé un principe qu’on cherche à nous faire oublier, mais qui est un des fondements de la vie publique : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Oui, merci !
    

12 octobre 2014

M6R, un rendez-vous historique à ne pas manquer


Les Inénarrables | par Judith Bernard | 11 octobre 2014 (Via le Blog du Plan C)

Le tirage au sort : un rendez-vous historique à ne pas manquer



Il se passe quelque chose. En France, en ce moment, enfin. Le Mouvement pour la 6ème République, dont je suis signataire, a recueilli plus de 45 000 signatures à l’heure où j’écris ces lignes. C’est bien plus que les militants du parti auquel appartient son instigateur, Jean-Luc Mélenchon. Se produit donc ce qu’on pouvait prévoir et espérer : ce mouvement ne sera pas un énième bidule politicien propre à sombrer dans le naufrage électoral qui nous désespère ; il est dès les premiers jours investi en masse par des citoyens soucieux de se réapproprier la souveraineté politique dont ils s’estiment dépossédés.

Parmi eux, de plus en plus font valoir les vertus du tirage au sort comme procédure de désignation des Constituants qui seraient appelés à produire les règles institutionnelles de la 6ème République. Je suis de ceux-là, et je l’ai fait savoir dès les premiers jours, dans ma déclaration d’adhésion au m6r (http://www.m6r.fr/2014/10/souverainete-du-peuple-contre-souverainete-du-capital/) ; Jean-Luc Mélenchon a admis d’emblée que le débat sur la question devait être ouvert dans le mouvement.

Depuis, la polémique fait rage dans les réseaux sociaux, entre détracteurs et défenseurs du tirage au sort. C’est en cela, déjà, qu’il se passe quelque chose : on retrouve un débat à haute teneur politique, animant les fils de discussion des blogs ou de Facebook, d’une spectaculaire intensité… Comme en 2005. Année décisive, où la société s’était emparée du débat sur le Traité Constitutionnel Européen, où de « simples citoyens » s’étaient procuré le texte du projet de TCE, l’avaient lu et étudié, avaient consulté les juristes, les économistes et qui bon leur semblait, là où on pouvait les interpeller – sur la Toile – et en avaient conclu qu’il fallait refuser le TCE. Le peuple français avait voté « non », en dépit d’une machine médiatique puissante au service du « oui ». Puis les gouvernants confisquèrent la souveraineté populaire, et imposèrent le Traité de Lisbonne.

Mais quelque chose était advenu, pourtant, que plus rien ne pourrait défaire : le peuple avait conquis son autonomie de jugement, s’était estimé capable de délibérer et d’arbitrer sur une complexe question institutionnelle ; indépendamment de la pseudo-expertise dont les éditocrates inondaient les médias, le peuple avait produit une analyse pertinente et fondée, et récusé la proposition institutionnelle qui lui était faite – la marche à la fois désastreuse et autoritaire des institutions européennes organisées par ce Traité prouve que la multitude ne s’était pas trompée.

Ce qui est advenu alors ne s’est pas défait depuis. Ce qui a commencé, c’est un processus de subjectivation : celui par lequel la multitude prend conscience de sa puissance de jugement, de sa légitimité à arbitrer le destin commun… et de sa dépossession objective par des institutions qui permettent aux élus de trahir les électeurs qui les ont portés au pouvoir. Les citoyens ont changé de statut ; d’objets qu’ils étaient, assujettis à des politiques indifférentes au bien commun, ils sont devenus des sujets : concernés par la chose commune, estimant avoir voix au chapitre et autant de lumières pour juger de l’intérêt général que les élites qui les condamnaient avec constance au marasme économique et social.

Le peuple français n’a d’ailleurs pas le mérite exclusif de ce processus de subjectivation politique – ni non plus la souffrance exclusive de se le voir dénié : c’est un mouvement planétaire, un rendez-vous historique, que l’année 2011 a rendu particulièrement manifeste : Printemps arabe, mouvement Occupy Wall Street, Indignados, Printemps d’Erable… En d’innombrables points du globe, le même phénomène est apparu : des foules se mobilisaient et exigeaient que la démocratie, ce beau principe, se réalise en effet – que le peuple soit concrètement reconnu dans sa dignité et sa souveraineté, par des politiques réellement soucieuses de l’intérêt général. Au-delà des évidentes différences locales, considérables et sur lesquelles il n’y a pas lieu de s’étendre ici, un point commun émerge, puissamment instructif : ces mouvements sont tous nés en dehors des partis, loin des institutions politiques traditionnelles, que pour la plupart ils récusaient1.

La multitude est entrée dans LE politique, en contestant les formes anciennes de LA politique. Et c’est ce qui se passe en ce moment dans le m6r, et c’est en cela qu’il se passe quelque chose – en France, en ce moment, enfin.

Et comme les Français ne font rien comme les autres, et qu’en matière politique ils ne détestent pas expérimenter des choses nouvelles, nous voici embarqués dans une situation tout à fait inédite et passionnante : le m6r, lancé par un politicien tout ce qu’il y a de plus professionnel (Jean-Luc Mélenchon), suivi par nombre de ses militants (du Parti de Gauche, d’Ensemble…) procède en partie de LA politique ; il s’agit de constituer une force politique qui puisse être candidate à l’élection présidentielle de 2017, sur la base d’un programme explicite – convoquer une constituante, édifier la 6ème République. Mais, offert à la multitude comme un mouvement et non comme un parti, disponible aux propositions de ses membres et ne se fixant pas de ligne idéologique ni méthodologique préalable, il est en position d’être investi par LE politique : tout ce peuple arrivant du dehors des institutions et des partis, qui s’engouffre et réclame une autre manière de faire de LA politique.

Alors évidemment, il y a des frictions. La polémique sur le tirage au sort se situe exactement sur cette ligne de fracture, entre professionnels de la politique et non professionnels, entre partisans des méthodes politiques traditionnelles et défenseurs d’un autre paradigme. Exactement à l’endroit où LE politique et LA politique s’efforcent – avec peine – de s’articuler ensemble. Nul ne sait ce qui ressortira de cette friction, ni si nous parviendrons à surmonter les vives résistances qui se font entendre de part et d’autre. Il me semble pourtant que le jeu en vaut la chandelle, que les circonstances sont favorables, et que l’heure est venue.

Pour ce qui me concerne, comme je l’ai dit, je suis de ceux qui croient nécessaire de changer de paradigme, et de bouleverser la règle du jeu dès la convocation de la Constituante, en introduisant du tirage au sort pour une majorité, voire la totalité, des Constituants. Notre proposition suscite chez les partisans de la politique traditionnelle beaucoup d’effarement et d’exaspération – ce que je comprends fort bien mais sur quoi je ne peux pas faire grand chose ; nous sommes là dans un régime passionnel peu propice à l’analyse rationnelle. On nous oppose aussi des arguments intéressants, et à ceux-là je souhaite répondre ; car ce qui se joue dans cette affaire, au delà des affects qui enveniment les échanges, c’est un débat de philosophie politique exigeant auquel nous ne pouvons pas nous dérober.

On nous oppose par exemple le problème de la lutte des classes (dont le tirage au sort nierait l’existence) ou de la conscience de classe (dont les tirés au sort seraient dépourvus). Postuler aujourd’hui qu’il n’y a pas de conscience de classe spontanée, c’est ignorer le fait historique que j’ai rappelé précédemment : l’émergence du politique, en dehors des partis et des institutions. Les mobilisés d’Occupy Wall Street, les Indignados du 15 de Mayo, tous les individus qui se sont engagés dans des mouvements sociaux exigeant dans la forme et dans le fond la démocratie réelle, n’ont pas attendu d’être formés (et encore moins représentés) par des partis pour comprendre où étaient les intérêts qui les opprimaient, et quels étaient les intérêts qu’ils avaient à leur opposer.

Le fonctionnement oligarchique des « démocraties » contemporaines est de toute façon devenu si spectaculaire qu’il suffit désormais d’être un citoyen quelconque pour s’éprouver comme dépossédé d’une souveraineté visiblement détenue par une toute petite, mais très puissante, classe d’intérêts : celle du capital. Qu’on appelle cela les « 1% », les « ultra-riches », ou « le capital », l’analyse ne change finalement guère : chacun constate que les arbitrages politiques et institutionnels se font toujours en faveur d’une petite classe dominante, et au mépris de l’intérêt des peuples. Proposer le tirage au sort, ce n’est pas nier la lutte des classes : c’est au contraire en prendre acte, considérer qu’elle a lieu en effet, jusque dans les campagnes électorales, les procédures de désignation des représentants et les arbitrages rendus par le corps politique. C’est considérer les institutions politiques contemporaines à l’aune de ce que disait Warren Buffet, parlant au nom des ultra-riches dont il fait partie : « la lutte des classes existe, et c’est nous qui l’avons gagnée ». Oui : jusqu’ici ils l’ont gagnée en effet, les institutions politiques contemporaines sont façonnées en faveur de cette classe, et c’est précisément ce qu’il faut abroger. De cela, de plus en plus de citoyens sont parfaitement conscients.

Certes, tout le monde n’a pas dormi dans un duvet avec les Indignés à la Défense, et la plupart des gens se tiennent à distance de ces actions politiques éprouvantes, coûteuses en temps, en énergie, en espoir, même. Mais ceux qui restent chez eux ne sont évidemment pas indifférents ; lorsqu’ils s’abstiennent de voter, ça ne veut pas dire qu’ils s’abstiennent de penser – loin de là ! -, et ça ne veut surtout pas dire qu’ils sont « incompétents » pour juger du destin collectif.

Bien sûr, ils seraient très impressionnés s’ils se voyaient tirés au sort pour décider des institutions d’un nouveau régime politique. Moi-même, je serais effrayée par l’ampleur de la tâche, la lourdeur de la responsabilité, la peur de me tromper. Nous le serions tous. Pourquoi dès lors faire ce pari redoutable ? Parce que c’est le pari du processus constituant. C’est le principe de la subjectivation politique, appliqué à l’individu. Quiconque se voit en situation de devoir réfléchir sur le destin commun se hisse à la hauteur la responsabilité qui lui échoit. La chose s’observe à chaque fois qu’on se donne l’occasion de la faire advenir : dans les jurys citoyens, tirés au sort pour des consultations spécifiques ou dans le cadre des jurys d’assises, dans les Etats du monde où le tirage au sort a été utilisé pour convoquer des Constituantes ou d’autres assemblées politiques (Islande, Irlande, Ontario, Colombie Britannique).

Comment cela est-il possible ? N’ayant pas été distingué par une procédure électorale, le tiré au sort ne s’estime pas meilleur que les autres ; il arrive avec l’humilité de celui que seul le hasard a promu à cette place. Il ne s’éprouve pas non plus représentant d’un parti dont il aurait à défendre la ligne politique, et encore moins l’image médiatique ; dépouillé de ces effets d’importance ou de spectacle, le tiré au sort se présente comme essentiellement démuni. Il arrive avec sa seule expérience personnelle, son terrain professionnel, son vécu à lui augmenté de celui de ses proches, et n’a plus, pour délibérer et pour arbitrer, que son intelligence propre : c’est énorme, c’est même la seule chose qui soit indispensable pour concevoir des institutions politiques vertueuses. Il entre dans le débat avec les autres tirés au sort avec la seule arme de l’intelligence – dont je crois comme Jacques Rancière2, et comme Jacotot avant lui, que nous en disposons tous à égalité. Si nous ne sommes pas tous également entraînés à l’employer et à l’exprimer, le processus constituant offre les conditions favorables pour ne pas disqualifier les moins entraînés : il suffit d’y appliquer les règles de la délibération qualitative et productive, relatives à la prise de parole dans les assemblées et expérimentées intuitivement dans la plupart des mouvements de démocratie réelle.

Le tiré au sort n’a donc pas à devenir législateur « de but en blanc » : il le devient peu à peu, dans le temps du processus constituant. Car on lui donne le temps et les conditions d’un débat éclairé : les tirés au sort peuvent consulter des experts, disposent d’un long temps d’examen des questions qu’ils ont à trancher, et élaborent dialectiquement le produit de leur intelligence collective. Bien sûr il n’y aura aucun consensus a priori : la dimension dissensuelle de la démocratie se jouera dans ces débats comme ailleurs, et l’arbitrage devra se faire à force de délibération et d’argumentation relative à l’intérêt général – et à celui-là seul.

On nous oppose qu’ils n’auraient aucune responsabilité, puisqu’ils ne seraient mandatés par personne, et que la Constitution ainsi produite n’aurait aucune légitimité. Outre qu’on voit mal quiconque se sentir « irresponsable » en telle circonstance – c’est préjuger très défavorablement des dispositions civiques des citoyens à qui on reconnaît pourtant sans sourciller le droit de vote dans le cadre du suffrage universel, c’est surtout méconnaître les conditions dans lesquelles une telle Constituante serait amenée à travailler : évidemment, sous le regard du peuple qu’elle représente, sous la forme de la transparence des débats (filmés ou retranscrits et diffusés via Internet). Et surtout, sous la forme de la validation (ou non) par voie référendaire, de la Constitution qu’elle aurait ainsi produite. La procédure supposerait de soumettre le résultat du travail de la Constituante article par article, ou module par module, au suffrage de la nation, par la voie du référendum. On ne saurait organiser de conditions plus favorables à la responsabilisation des Constituants que cette sanction in fine par les urnes, et aussi longtemps qu’il sera nécessaire pour produire une Constitution qui obtienne l’assentiment de la nation. On ne saurait non plus discuter de la légitimité d’une telle Constitution, élaborée sous le regard du peuple, et validée par lui par la sanction des urnes.

Où l’on voit qu’un tel dispositif, loin de dépolitiser la société, la politiserait au contraire massivement. Les partis politiques ne disparaissent pas : ils continuent d’animer le débat public sur ce qui leur paraît être l’orientation institutionnelle à privilégier. Ils jouent ainsi un rôle « consultatif », et continuent d’exprimer les grandes orientations idéologiques qui ont à se faire entendre. Ils continuent en outre à former les candidats susceptibles de se présenter aux élections que la Constituante aura jugé de bon de maintenir dans telle ou telle institution de la 6ème République. La multitude, quant à elle, n’est pas évincée non plus : elle est susceptible d’observer la totalité du processus constituant, via la transparence des débats, et surtout, elle a à se prononcer sur le résultat, dans son ensemble ou dans ses parties. Si bien que loin de « jeter le bébé avec l’eau du bain » (soit : jeter le vote avec l’élection de représentants) le processus constituant par tirage au sort amène le peuple à délibérer et arbitrer presque tout le temps ! On ne supprime que l’élection des représentants (et pour la seule Constituante, encore), on garde évidemment, et même le plus possible, le vote… pour les lois !

C’est donc justement parce que nous croyons dans le politique, et que nous entendons l’étendre à l’ensemble de la société, que nous militons pour ce changement de paradigme. C’est, nous semble-t-il, la condition pour faire advenir le « peuple souverain » qui fonde la démocratie authentique, et que le m6r s’efforce d’édifier. C’est surtout, à l’évidence, le moment historique pour le faire.

1 Cf. Sandra Laugier et Albert Ogien : Le principe démocratie, Enquête sur les nouvelles formes du politique, La découverte, 2014.

2 Cf. Jacques Rancière : Le Maître ignorant, cinq leçons sur l’émancipation intellectuelle, 1987. The following two tabs change content below.
 

28 septembre 2014

Quelles forces politiques pour une VIe République ?


Par le Yéti | Politis |  26 septembre 2014

Bien des partis appelèrent de leurs vœux une VIe République. Aucun ne l’instaura une fois parvenu au pouvoir. Mais alors, quelles forces politiques (au pluriel) pour reconstruire sur le chaos laissé par la Ve ?


http://www.m6r.fr/


Le système des partis tel qu’il est géré dans le cadre des institutions de la Ve République aboutit de fait à une professionnalisation perverse de la représentation démocratique. Et de fait, ceux-là sont aujourd’hui beaucoup plus enclins à défendre leurs intérêts particuliers que l’intérêt général.

On l’a bien vu lors du déplorable dernier vote de confiance au gouvernement Valls II (le pompon aux abstentionnistes frileux, du PS à EELV), ou lors des dernières municipales avec les contorsions du PCF pour sauver ses vieux meubles.

Dès lors, toute velléité de rompre avec une constitution usée par des partis qui en sont la représentation ne peut aboutir qu’à un vague replâtrage sans autre souci que d’assurer leur pérennité. En même temps, attendre qu’un projet tout ficelé émane comme par miracle du "peuple" relève tout bonnement de l’inconscience hallucinatoire.

L’exemple de Podemos

Entre le système de partis et une base populaire abandonnée à elle-même, le mouvement espagnol Podemos, issu du mouvement populaire des Indignés, tente aujourd’hui une voie intermédiaire. Rappelons que Podemos a réussi la gageure de devenir la quatrième force politique d’Espagne lors des dernières européennes, après seulement quelques mois d’existence.

L’originalité de Podemos est d’être organisée en "cercles", plus d’un millier actuellement réparti sur tout le territoire ibérique, ouverts aux militants, mais aussi aux citoyens-électeurs de base (plus de 100 000 "adhérents" par Internet), qui discutent d’arrache-pied à partir d’un canevas préétabli proposé par les promoteurs du mouvement.

Car Podemos a bien compris que le "peuple" ne pouvait discuter de façon constructive sur du vide. D’où un programme d’aujourd’hui 36 pages, déjà largement discuté, amendé et enrichi par les cercles, et qu’on peut trouver publié en espagnol et résumé en français sur la page Wikipedia du mouvement.

L’initiative "Mouvement pour une 6e République"

C’est en s’inspirant de l’expérience Podemos que Jean-Luc Mélenchon a lancé le 11 septembre un Mouvement pour la 6e République. Son objectif : utiliser les nouvelles technologies de communication pour créer un nouveau "réseau social" à orientation résolument politique. Jean-Luc Mélenchon :
« La "toile" est la plus grande place publique de notre pays. Ici, place au peuple ! »
Sans être la panacée absolue (« les contacts humains n’y sont que virtuels », déplorent ses détracteurs), il est clair que les réseaux sociaux — dont on a pu mesurer l’importance lors de mouvements populaires comme les révolutions arabes — offrent infiniment plus de possibilités de rassemblement et d’organisation que du temps héroïques des bons vieux tracts et des "cellules" confinées.

De fait, le site dédié "Je signe pour la 6e République" annonce avoir récolté en quelques jours plus de 30 000 signatures. Et vise les 100 000. Reste le plus difficile : organiser toutes ces énergies. La "communauté m6rep" en appelle donc à l’entraide.
Lire > Jean-Luc Mélenchon : « Je veux créer un objet politique neuf »

Écueils à éviter

Mais l’objectif principal du Mouvement pour la 6e République est bien sûr d’œuvrer à l’éclosion d’une Constituante visant à élaborer les fondations d’une VIe République. Or, comme De Gaulle le démontra en son temps, mieux vaut disposer d’un projet ficelé sans attendre d’être élu.
Pourtant, plusieurs écueils restent à éviter :
  • être autre chose qu’un paravent commode aux ambitions d’un seul parti, fût-il "de Gauche" ;
  • ne pas rejeter les réflexions d’autres forces politiques de quelque bord qu’elles soient (Nouvelle Donne, Debout la République...), ni les travaux de ceux qui travaillent dans l’ombre à la question (Étienne Chouard, les "encyclopédistes du XXIe siècle" sur le blog de Paul Jorion...).
Créer une République consiste précisément à faire cohabiter des gens que rien ne rapproche a priori, sauf le sentiment commun d’appartenance à une même collectivité. Rappelons que le fameux Conseil national de la Résistance (CNR) réunissait des représentants de toutes obédiences.

URL de cet article :  http://www.politis.fr/Quelles-forces-politiques-pour-une,28189.html?var_mode=calcul

Lire également Pour une VIe République avant tout démocratique !

et aussi Podemos un parti leurre ?
  

15 avril 2013

Les Barjot et la CIA




Le Grand Soir | Par Ariane Walter | 15 avril 2013


On se demande comment Frigide Barjot peut continuer son numéro sans être reprise, et vivement, par la droite et les cathos qu’elle est censée représenter, et qui ont deux doigts de raison. Il doit quand même y en avoir.

Du moins son beau-frère Karl Zéro la reprend magistralement de revers, ce matin, dans une lettre que je vous communique :


"Lettre à ma belle-soeur

Lorsque tu fus subitement touchée par la grâce à l’occasion de l’élection de Benoit XVI, je me suis réjoui en bon chrétien de ton retour vers le Christ. Je n’ai jamais douté que tous les chemins menaient à Rome, y compris les concerts des "Dead Pompidou’s" et les pignolades au "Banana Café". Autant en tout cas que bien des offices liturgiques désuets pour cheveux bleus aigris. Tu as lancé tes "Benoithon", béatifiant ce Joseph Ratzinger que personnellement je trouvais légèrement rance, c’était curieux mais cocasse. Je me disais que ce combat s’inscrivait, en quelque sorte, dans la continuité logique des "combats" déjantés initiés par Jalons sous la houlette de Basile de Koch, mon frère, et ton mari. Nous avions scandé "Verglas Assassin, Mitterrand Complice !" et pour moi le Benoithon, c’était un peu la même chose : du second degré bon enfant...

Mais faut croire que non, puisqu’après la publication d’un livre consacré à ta conversion - dont tout second degré était cruellement absent - tu es devenue l’égérie de "la Manif pour Tous". Là encore, je me suis rassuré, pensant qu’il s’agissait d’une posture, et que comme tu avais rêvé d’être une artiste, ce mouvement serait pour toi une rampe de lancement. J’ai constaté avec quelle volonté, quel acharnement et quelle abnégation tu t’es hissée au statut de princesse du Breaking News... Tu tombais à point nommé pour être le mégaphone d’une Eglise Catholique aphone depuis belle lurette. Pas certain que tous les curés et que toutes leurs ouailles soient contre ce mariage civil pour tous, mais pour une fois au moins, on les entendait. Tu as donc requinqué des millions de cathos déboussolés qui se sont échappés de "la Vie est un Long Fleuve Tranquille" pour envahir les rues à ton appel, poussettes en tête, le temps d’une première manif. "Jusqu’ici tout va bien", comme disait la baseline de "La Haine". Ton collectif avait pris soin de se démarquer clairement de Civitas et d’éventuelles "racailles" identitaires issues des "cités" de Neuilly.

Mais "Il est des croix pour toutes les épaules" disait Marie Antoinette, et tu es devenu la mienne... J’étais en promo pour un livre. L’histoire de Luka Magnotta, le web-killer qui plus que tout voulait être une star... Pas une émission sans que l’on aborde le chapitre familial. Et moi d’expliquer que oui je suis catholique mais que non je ne suis pas contre le mariage pour tous, puisque Jésus a dit qu’il fallait rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu, et qu’il me semble que le mariage civil dépend de César et pas de Dieu. Qu’"Aimez vous les uns les autres" dans l’idée de Jésus, ça englobe les homos, et que si ces derniers (qui seront les premiers ?) ont le désir d’avoir des enfants, je ne vois pas en quoi ces gosses seraient moins aimés par leurs parents. En outre, que spécialiste de faits divers j’avais couvert bon nombre d’affaire d’inceste et de pédocriminalité, mais que pas une fois je n’avais été confronté à des faits semblables chez des parents homosexuels... Enfin, que frère de Basile, j’avais bien ri à son initiative de solidarité consistant à défiler seul avec sa pancarte en faveur du "mariage pour personne".

Lors de ta seconde manif, tiens donc, les pancartes avaient changé. La loi ayant été votée par l’Assemblée, il était maintenant question du chômage, de rassembler au-delà de la question du mariage tous les mécontents d’Hollande, j’en ai déduit que l’UMP avait dû affréter des cars pour voler au secours de la victoire, et se refaire la cerise après le désastre de la désignation comique de son Président. Une politisation de la manif qui a dû te réjouir, toi l’ancienne fan ultime du Jaques Chirac de 95, de voir "du fin fond des départements la France entière se mettre en mouvement" comme dans la rengaine grotesque du RPR... Ça a un peu dégénéré en fin de manif, quelques excités s’étant invités, ravis de pouvoir commencer à se mettre en jambes pour la suite...

Et puis, il y a eu vendredi dernier. Là, tu étais devant le Sénat, Civitas était curieusement dans le coin, et j’ai compris que tu étais en train de riper total. Tu basculais dans une toute autre histoire, que tu ne maîtrises pas... Quand je t’ai entendue, toi Virginie, ma belle sœur - encore catholique j’espère - tempêter : "Hollande veut du sang, il en aura ! Nous vivons dans une dictature !" Je me suis dit, paraphrasant ton mari : - Ouh la ! "On se calme et on boit frais à Saint Tropez" !

Le Sénat venait de voter la loi à mains levées, vite fait bien fait, et on apprenait que l’Assemblée l’entérinera dès mercredi prochain ce qui est, conviens-en, de bonne guerre, et guère innovant au regard de notre longue vie parlementaire... Que Boutin en retombe par terre, que des politiciens hurlent à la forfaiture, au déni de démocratie, voire à la fin du monde, c’est leur boulot.

Mais toi ? Serais-tu grisée à ce point par la médiatisation ? Au point de ne plus vouloir redescendre de ton glorieux destrier, telle Jeanne d’Arc pressentant qu’il faut maintenant enfiler la tenue de Sans-Culotte de Charlotte Corday pour rester au top ? On va faire quoi alors ? On va s’entretuer, parce que ça détend ? Attendre un Malik Oussékine de droite pour faire plier Hollande ? Puis on fera marcher des ligues de "patriotes" sur l’Elysée et l’Assemblée, comme en février 34 ? Non mais : allô, quoi !?

Stop, Frigide ! Fais Rewind d’urgence. Hollande ne veut pas de sang. Je pressens même qu’il l’a en horreur. Et on n’est pas en dictature, mais si tu continues sur ce registre, là, on y va tout droit... Arrête ce jeu, sinon tu sais qui on aura comme Présidente en 2017 ? Je ne peux pas croire que c’est ça que tu veux ? Ok, les Français sont à cran, Cahuzac est un menteur, les socialos patinent dans la semoule, et la crise on va encore en bouffer un moment mais j’ai le sentiment que tu surfes là-dessus, sans réfléchir, que tu t’es prise au jeu sans te rendre compte de où ça risque de nous mener, et - pire - de où ça te mène...

Ton beauf qui te pardonnera si t’arrêtes les frais."


Pourquoi l’Eglise de France ne proteste-t-elle pas quand Barjot parle de Hollande en disant : « Tu veux du sang, tu en auras ! » J’imagine si Mélenchon en était arrivé à cette extrémité ! Là, on aurait eu droit à toutes les couvertures de la presse main-stream ! Mais pour Barjot, rien.

Ne seraient-ils pas logés à la même enseigne ?

Qui est-elle ? Pour qui travaille-t-elle ?

Quand on la voit enfourcher une moto de BFMTV, on a une partie de la réponse.

Quand elle appelle à manifester le 5 mai, on comprend encore mieux : elle est mandatée pour semer l’embrouille un jour où la gauche, la vraie, appelle à manifester. Donc, elle bosse pour le capital, l’UMPFNCATHOFACHO . La bête montre ses multiples ramifications, comme dans ces films de science-fiction où le monstre, jusqu’alors flouté, expose toutes ses tentacules et sa gueule baveuse.

Je pose une question : la CIA est-elle à l’œuvre en France comme elle l’est partout, en particulier en Amérique du sud et en Afrique, en Libye, en Syrie. On se souvient de l’arrivée de Wesner au Caire, dès les premiers mouvements de la révolution Egyptienne.

Mais qu’elle y soit, elle y est depuis longtemps.

Je veux dire, y est-elle pour préparer un coup d’Etat et balancer Hollande, qui, ayant fait passer l ’ANI et le TSCG en a assez fait pour sa patrie apatride ? Allons-nous hériter d’un gouvernement technocrate à la Mario Monti ? Va-t-on nous envoyer un homme de Goldman Sachs ? Prépare-t-on de nouvelles élections et un retour de Sarkozy, tout cela se valant ? Quelles rivalités sordides entre clans, aussi cancer-libéraux les uns que les autres, se jouent-elles dans l’ombre ? Est-il temps de rassurer les riches et de supprimer tous ces affreux impôts qu’ils n’ont pas encore payé ? Est-on à l’étape 2 de l’agenda ? 1-Hollande passe car étant de gauche, il va nous faciliter la tâche. -2 On le fait gicler et on met tout au clair ?

En ce qui me concerne, je trouve plus qu’étrange cet aveu de Cahuzac. Jamais aucun politique n’avoue. Ce n’est pas dans leurs gênes. Même avec trois tonnes de preuves sous le nez. Ils font traîner, ils vont de procès en appel, et le temps passe.

Que Cahuzac, qui est à mon avis un homme de droite infiltré, ami avec le Fn, nommé par Sarkozy , défenseur de Woerth, avoue, blessant mortellement le PS, tout s’explique.

Là-dessus, il est évident que le crypto-maçon trotskyste, ex-socio, richissime et vulgaire Mélenchon est quand même quelqu’un de dangereux pour le système. Et qu’en ce moment sa cote ne cesse de grimper !

J’ai pu le constater aux 441 posts qui ont suivi sa déclaration pleine d’humour ! On retrouvait l’ambiance des élections ! J’ai pu le constater aux multiples attaques vipérines du PS. Dans un premier temps, leur stratégie avait été de l’ignorer, mais à présent ils tirent à boulets rouges ! Entre autres, Filipetti et Bové, l’écolo transfuge, tous deux brieffés par la même boite de com et qui finissent tous les deux leur anathème par la même phrase : « Mélenchon y a basta ! »Eléments de langage. En fait, on imagine les conseils des ministres : non pas ce qu’on va faire, ça on nous le dit, mais ce qu’on va dire et on nous le dit aussi.

Qui a eu l’idée brillante de dire à Barjot d’appeler à manifester le 5 mai pour contrer la manif de Mélenchon ? Là, il n’y a pas trente-six mille réponses : L’UMPSFNFCATHOFACHO qui protège le capital.

Je voudrais rappeler en conclusion que les manifs de Mélenchon nécessitent tout de même des contrefeux imposants et que l’on peut considérer l’affaire Merah, qui s’est produite le lendemain du défilé de la Bastille, et par l’utilisation qui en a été faite, et peut-être par une organisation dont on nous cache les ressorts, comme un moyen de détourner l’attention et d’effrayer.

J’espère que personne n’est en train de concocter une autre affaire Merah. Plus vaste même.

Qui nécessiterait des mesures policières à la 11 septembre.

Dans l’ombre, des loups.

Ne jouons pas les agneaux. Formons des comités. Travaillons pour cette nouvelle constituante. Ne nous laissons pas distraire. On veut leur arracher leur beefsteak. Ils ne vont pas se laisser faire. Tout sera bon. Même le pire. Soyons-en conscients.

Ariane Walter
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30 décembre 2012

La marche à l'envers du pouvoir


Lien en Pays d'Oc
 
Les économistes nous annoncent la fin prochaine des droits à un revenu pour de nombreux chômeurs, alors que le chômage continue à se développer. La misère se consolide dans notre pays et cependant des solutions de grandeur sont encore avec ce paquebot de Noël dans la tête de " nos dirigeants".

Lire le paquebot de Noël, choisir les bonnes nouvelles de François Plassard

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Beaucoup de moyens pratiques : monnaies locales, revenu inconditionnel et de nombreuses autres formes solidaires citoyennes sont actuellement en réflexion et mise en application dans nos territoires.

Tous ces laboratoires fonctionnent avec les médias numériques*, dans une société encore sous l'emprise politique issue de l'idéologie des trente glorieuses, une idéologie qui a fait son temps . Ce temps nous amènent actuellement, tous les problèmes spéculatifs que nous commençons à récolter en bloc . Autant les partis de gauche que ceux de droite au pouvoir n'ont pas permi au système politique de s'adapter à servir les peuples et ses besoins existentiels sombrant ainsi dans le système des élites et de la haute finance.

Sortir d'un pouvoir d'élites ( développement de la spéculation ) vers un pouvoir de la réflexion-action pour une économie d'existence ou économie réelle en lui adaptant un autre mode de fonctionnement demande un autre corps social : une refonte de la vie politique autant pour nos territoires que pour la solidarité nationale devient indispensable si nous voulons éviter le naufrage social.

La question qui se pose comment passer d'un système du passé à un système vers l'avenir sans violence généralisée et sans risque de dérapage de voir un parti extrêmiste reprendre à son tour ce pouvoir à l'envers ?

Les constitutions de la Vème République et de l'Europe s'opposent parfois, se contredisent souvent entre ce qu'ils disent vouloir faire et ce qu'ils font réellement ensemble , mais ces erreurs sont toujours au détriment des peuples. La Vème République issue d'une période politique nationale instable ( époque du putsch d'Alger en 1958 ) est-elle capable aujourd'hui de s'adapter à une politique nouvelle? Cette Vème République issue d'un seul homme au temps où les réseaux sociaux n'existaient pas, où l'Euro , n'existait pas prouve bien avec ce paquebot de Noël que décidément elle repart à l'envers, vers le naufrage assuré, si les associations de citoyens ne prennent pas en décision ce corps social en pleine déliquescence.

La Vème République ou le régime ambigü http://www.droitconstitutionnel.net/natureVeme.htm

La constituante est le moyen de passer d'un corps social en détresse vers un nouveau corps social d'esoir, basé sur une nouvelle Constitution, des questions se posent .


La Constituante : Pourquoi ? Comment ?


Le pourquoi d’une Constituante a déjà largement été développé sur le site de l'association mais il mérite d’être toujours plus rappelé tant il s’agit d’une Révolution dans les esprits, dans la manière de penser.

Par ailleurs, nombreux sont les citoyens qui, tout en étant d’accord sur l’objectif, se demandent comment faire en sorte que les constituants ne soient pas identiques aux élus sortants.

notre ami Alain Persat, membre du cercle de Marseille, essaye dans le texte ci-dessous d’approfondir cette questions. Il ne l’épuise évidemment pas. Il n’est qu’un élément de débat. Nous attendons donc les réactions, les contradictions, voire des textes concurrents.

27 janvier 2012

Plan C: Une vrai démocratie par une Constitution Citoyenne

Par Etienne Chouard

Tirer au sort nos représentants, au lieu de les élire

On n'est pas préparés à cette idée : la première fois qu'on nous parle de tirage au sort en politique, on ouvre tous des yeux incrédules et on se demande quelle est cette nouvelle lubie. Le mythe de l'élection est très puissant et il n'est pas facile de s'en déprendre, même quelques minutes pour voir.

Portant, je vous conseille chaleureusement de laisser une chance à l'idée et de lire seulement quelques lignes sur le sujet : vous allez vite sentir en vous-même que, loin d'être une nouvelle lubie, c'est une bonne idée, et même une très bonne —et très vieille— idée, bien connue de nos aïeux et bien testée (pendant des siècles !) avec d'excellents résultats.
 

 

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