21 avril 2016

AG Nuit Debout Cahors

21 avril : AG Nuit Debout Cahors 18 h Parvis de la mairie pour la préparation de la Nuit Debout du 28
avril 

Plus d'info :

   
source : Demosphère Lot

9 décembre 2015

Les 23 millions qu’on n’écoute pas


Dimanche, ils étaient 21 941 750 à s’être abstenus. 526 595 ont choisi de voter blanc et il y a eu 347 111 votes nuls (chiffres du Ministère de l’Intérieur le 7/12). Cela représente plus de 54% des électeurs inscrits. Plus de la moitié du corps électoral de la nation. Que la classe politique et médiatique traite avec mépris.

On s’interroge – trop peu et trop superficiellement – sur trois ou quatre motivations du vote FN. Mais aucune interrogation sur les abstentions et les votes blancs, sur ce rejet massif d’un système politique et d’une classe politique qui n’inspirent plus confiance. Pire, aucune interrogation sérieuse sur la conviction, partagée par des millions de citoyens, qu’il ne sert à rien de voter...
 
 

18 octobre 2015

L’exemple du confédéralisme démocratique kurde du Rojava…

Source photo : Occupy
Le Rojava désigne la région historiquement kurde de Syrie. Dans les affres de la révolution syrienne, y est née une forme d’organisation que les habitant-e-s par « révolution ». Cette révolution n’arrive pas de n’importe où, elle est le résultat du mouvement kurde de Turquie et des réflexions d’A. Öcalan. L’organisation porte le nom de confédéralisme démocratique.
Traduire vers l’imaginaire politique européen ce qu’est la révolution du Rojava demande de comprendre les bouleversements idéologiques et pratiques qui ont eu lieu depuis une quinzaine au Kurdistan et plus spécifiquement dans la lutte lancée par le PKK à la fin des années 1970. Première précision, on n’y parle pas d’autogestion, mais d’autonomie démocratique, de démocratie radicale et de confédéralisme démocratique.

Les Kurdes, comme entité historique, ont été bafoués du droit à l’autodétermination, alors même qu’il s’agit de leur territoire historique. Ils-elles sont resté-e-s exclu-e-s du concert des États-nations nées dans la première moitié du XXe siècle après que les empires français et britanniques aient trahi la promesse de permettre la création d’un État kurde. Ils se sont alors trouvés séparés entre quatre États : Iran, Irak, Turquie, Syrie, dans lesquels ils ont été opprimés (...)
 
Suite sur Résistance 71 ....
 

12 juillet 2015

En Syrie, une expérience de démocratie directe, égalitaire et multiconfessionnelle tient tête à l’Etat islamique

Photo : © Michalis Karagiannis via Bastamag

Les médias occidentaux relaient abondamment les décapitations, les appels au meurtre et les exactions perpétrés par Daech, le pseudo « Etat islamique ». Pourtant, face à cette barbarie, les populations kurdes, arabes ou yézidis de la région de Rojava, au nord de la Syrie, mettent en oeuvre un autre modèle de société, émancipateur, égalitaire, multiconfessionnel, et très démocratique. Une expérience qui pourrait même servir d’inspiration pour ramener la paix dans la région. En attendant, les Kurdes et leurs voisins combattent pour défendre cette utopie concrète, sans véritable soutien international. Entretien avec des chercheurs et activistes qui en reviennent.
 
Suite sur Bastamag ...
 

19 avril 2015

Comment je me suis radicalisé sur #Internet


Par JCFrogBlog4, le 19 avril 2015

Je suis un gentil garçon, très poli.

Issu des classes moyennes, j’ai vécu dans le confort économique entouré de parents aimants. De bonnes études qui me firent ingénieur et me promettaient une vie sans risque. Viscéralement rebelle, je n’ai jamais supporté l’adhésion au moindre groupe, mais je votais PS croyant que c’était un parti de gauche, un truc humaniste malgré tout. Je fus longtemps un ouiouiste convaincu que n’importe quelle Europe vaudrait toujours mieux que la désunion, parce que passionné et obnubilé par le cataclysme de la 2eme guerre mondiale il me semblait que nous avions touché le fond, que mieux informés nous ferions toujours mieux, que nous étions sauvés des moustachus tyranniques, que nous étions sevrés.

Puis vint le referendum, 2005, le choc. Les français rejettent clairement l’Europe, les cons. J’étais colère. Mais qu’est ce qu’ils ont dans la tête ces râleurs professionnels, jamais contents, inconscients des enjeux de l’Histoire, incapables de se soumettre au consensus nécessaire? Bref, ils n’avaient pas voté comme moi.

Moins de trois ans plus tard, l’Assemblée nationale et le Sénat adoptent largement le traité européen de Lisbonne.

Là il se passe quelque chose.

Je devrais être content, je ne le suis pas. J’essaye de m’auto convaincre des arguments pourris comme quoi les français ont élus un type qui avait dit qu’il passerait cette constitution, mais non, ça ne passe pas, je me rends bien compte qu’on s’assoit sur la Démocratie dont on cite si souvent le nom dans tous les discours, au point que ça en devient louche.

Alors je relis sous un angle un peu plus ouvert mes internets. Sur tous les plans. Démocratie réelle, libertés individuelles, vie privée, transparence, anonymat, nombreux sont ceux que je lisais avec beaucoup d’intérêt, que je trouvais passionnants, pertinents, mais souvent un peu trop « paranos ».
Internet va alors me bousiller. A force de lire, de partager, de me documenter, de m’ouvrir réellement, d’accepter mes erreurs, je change: j’ai envie d’approfondir. Je me rééduque. Pas que j’ai été aussi naïf que je le laisse paraître au début de cet article, mais je découvre l’ampleur de la trahison. Je vogue dans des sphères d’hommes et de femmes qui réfléchissent, qui construisent des alternatives, qui me convainquent, que je convaincs aussi parfois, et surtout des gens qui n’ont rien à vendre, personne à séduire, aucun pouvoir à conquérir. Un monde horizontal.

Le constat de l’urgence s’y étale loin des coupables média de masse, que ce soit la crise écologique, la corruption de nos institutions, l’incompétence des décideurs, la résistance au changement, l’arrogance crasse d’un système qui n’a pour seule réponse à nos objections diverses que des accusations minables parce que systématiques de populisme, de conspirationnisme, regroupant dans un seul sac toutes les contradictions, quelles que soient leurs intentions ou leur sérieux.

Plus le temps passe, moins j’arrive à jouer le jeu d’avant la connexion. Je deviens à moitié fou. Je n’arrive plus à supporter l’idée que la connaissance et la culture puissent être objet de commerce, que nous soyons politiquement représentés comme des enfants, que je n’aie comme seul intérêt personnel que de trouver un job nuisible au commun. Je suis plus que jamais utopiste, intolérant au « réalisme » qui nous jette dans le mur.

Je suis toujours aussi gentil. Toujours aussi pacifique et humaniste, mais plus radical que jamais.

La faute à Internet.

source :  http://jcfrog.com/blog/comment-je-me-suis-radicalise-sur-internet/
 

30 mars 2015

Le confusionnisme, ou la nouvelle inquisition moderne.


18 mars 2015

Islande : « Non, Merci ! » à l’Union européenne

 
Par André Bellon , 13 mars 2015 | Association pour une Constituante 
 

On pourra épiloguer longuement sur la décision de l’Islande de retirer sa demande d’adhésion à l’Union européenne. On expliquera bien sûr que les quotas de pêche en étaient le motif principal tout en évitant de se demander pourquoi cette question était hier sans importance. Les affiches « Non merci » partout apparentes sur le sol islandais prouvent la profondeur de ce choix.

On oubliera surtout que cette décision intervient après des années de profonde crise économique et politique marquée par deux référendums, des élections assez conflictuelles et surtout l’élection d’une Assemblée Constituante.

Il convient donc de rappeler que les islandais ont refusé de payer les dettes de banques privées. Le gouvernement britannique et le gouvernement néerlandais, soutenus par l’Union européenne, voulaient que le contribuable islandais rembourse les dettes de cette banque privée, au lieu de laisser le syndic de liquidation être responsable de ces dettes.

Le Président islandais Ólafur Ragnar Grímsson a décidé alors de faire appel à un référendum. Comme il le déclare lui-même, « une armée d’experts et d’autorités financières me disaient : si vous autorisez les gens à s’exprimer, vous isolerez financièrement l’Islande pour des décennies. Le scénario catastrophe serait sans fin... J’étais devant un choix fondamental entre les intérêts financiers d’un côté, et la volonté démocratique du peuple de l’autre. »

La décision des islandais de refuser de payer ces dettes privées a conduit au processus constituant. Certes, les adversaires de cette option diront qu’elle s’est brisée contre la volonté d’un Parlement farouchement favorable à l’adhésion à l’Union. En fait, même si la Constituante n’a pas eu ses effets de façon immédiate, les pensées ont entretemps évolué grâce à ce processus démocratique. C’est ainsi que le Président islandais a été réélu contre tous les pronostics. La décision prise de retirer la candidature de l’Islande à l’Union européenne découle de ce processus. Il convient d’en tirer aujourd’hui la signification.

L’Association pour une Constituante a suivi le processus islandais depuis l’origine. Déjà, en novembre 2010, alors que personne n’évoquait cette question, nous avions publié un article intitulé « 1000 articles pour un volcan, aucun pour une assemblée constituante » . Nous avions ensuite organisé le 22 janvier 2013 une réunion publique avec Madame l’ambassadeur d’Islande à l’école normale supérieure. André Bellon, Président de l’Association, a, par ailleurs, rencontré le Président islandais le 25 février 2013 .

Quelles conséquences tirer de ces événements ? Sans tomber dans la facilité critique vis-à-vis de l’Union européenne et la politique à adopter à son égard, remarquons que le discours sur l’isolement dramatique qui guette les pays qui ne veulent pas subir les diktats de Bruxelles est absurde. La décision islandaise en est la preuve évidente. Par ailleurs, la déclaration du Président Ólafur Ragnar Grímsson : « Le plus important, et je le dis à mes amis européens, ce ne sont pas les marchés financiers » permet de sortir des discours bien-pensants des experts économiques qui nous conduisent depuis des années à la catastrophe.

Cet événement est considérable par sa valeur symbolique, non par son importance économique. Car, au travers de ses référendums, de son assemblée constituante et de ses choix, l’Islande a réaffirmé un principe qu’on cherche à nous faire oublier, mais qui est un des fondements de la vie publique : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Oui, merci !
    

15 mars 2015

J'ai pas voté - Documentaire




Réalisation : Moise COURILLEAU et Morgan ZAHND

J’ai pas voté propose le bilan de cette crise politique et met en avant des solutions ayant déjà fait leurs preuves. Ce documentaire s’adresse à toute personne intéressée par la politique de manière générale et pas seulement à une minorité « élitiste » ou partisane qui s’interrogerait sur le sens d’une élection. J’ai pas voté autopsie la démocratie française afin d’ouvrir une nouvelle ère propice à l’évolution de l’organisation politique.


- Rendez vous sur FACEBOOK (https://www.facebook.com/jaipasvote) pour plus de documentations et suivre les prochains films. -
  

12 mars 2015

Démocratie Réelle ? M6R ? M1D ? (Élection du 15 mars !)




Anne et Mathieu nous exposent les raisons de leur candidature à l'élection de l'assemblée représentative du M6R.
Attention, clôture des votes le 15 mars 2015 !
Pseudo des candidats: Nouche - Patsux
Site internet du M6R: https://www.m6r.fr/
Site internet du M1D: http://www.mouv1d.fr/
 

3 mars 2015

Une liste Démocratie réelle sur le canton de Puy l’Évêque (46) - Interview par Antenne d'Oc




Interview de Claude et Gilles de "Démocratie réelle 46" réalisée par Anne-Gaële De Mersan pour Antenne d'Oc le 16 février 2015 (élections départementales)



deuxième partie de l'interview de "Démocratie réelle 46"

Le site de Réelle démocratie 46 : http://democratierelle46pe.e-monsite.com/
  

28 février 2015

Audrey Vernon : Les politiciens sont l'émanation du pouvoir financier (vidéo)



M1D Mouvement pour une première démocratie
Les gentils virus pour la démocratie
 

26 novembre 2014

Eienne Chouard a-t'il sa place dans le projet M6R ? (débat)


Les militants du sort portent un projet radicalement antifasciste


Me voici donc sommée de m’expliquer : de m’expliquer, en tant que signataire du M6R, en tant que membre du Comité d’Initiative de ce mouvement, sur ma position favorable au tirage au sort pour la désignation de la Constituante, et sur mon « indulgence avec Chouard et sa mouvance », qui est supposée être une complaisance avec Alain Soral et ses discours délirants.

Le tirage au sort est désormais suspect ; voilà plusieurs fois qu’il est soupçonné d’être l’ingrédient d’un projet « fasciste ». La chose pourrait faire rire ceux qui découvrent cette polémique, elle est pourtant à pleurer tant elle procède d’un hystérique refus de penser selon les règles de la plus élémentaire rationalité. Pascale Fautrier, dans le papier où elle m’intime de me justifier, et même de démissionner des instances du M6R où je suis engagée, affirme en effet ceci : « Il y a quelque chose dans le tirage au sort qui a à voir avec ce raccourci anti-rhétorique qu'est le fascisme - auquel leurs partisans feraient bien de réfléchir. » (...)

12 octobre 2014

M6R, un rendez-vous historique à ne pas manquer


Les Inénarrables | par Judith Bernard | 11 octobre 2014 (Via le Blog du Plan C)

Le tirage au sort : un rendez-vous historique à ne pas manquer



Il se passe quelque chose. En France, en ce moment, enfin. Le Mouvement pour la 6ème République, dont je suis signataire, a recueilli plus de 45 000 signatures à l’heure où j’écris ces lignes. C’est bien plus que les militants du parti auquel appartient son instigateur, Jean-Luc Mélenchon. Se produit donc ce qu’on pouvait prévoir et espérer : ce mouvement ne sera pas un énième bidule politicien propre à sombrer dans le naufrage électoral qui nous désespère ; il est dès les premiers jours investi en masse par des citoyens soucieux de se réapproprier la souveraineté politique dont ils s’estiment dépossédés.

Parmi eux, de plus en plus font valoir les vertus du tirage au sort comme procédure de désignation des Constituants qui seraient appelés à produire les règles institutionnelles de la 6ème République. Je suis de ceux-là, et je l’ai fait savoir dès les premiers jours, dans ma déclaration d’adhésion au m6r (http://www.m6r.fr/2014/10/souverainete-du-peuple-contre-souverainete-du-capital/) ; Jean-Luc Mélenchon a admis d’emblée que le débat sur la question devait être ouvert dans le mouvement.

Depuis, la polémique fait rage dans les réseaux sociaux, entre détracteurs et défenseurs du tirage au sort. C’est en cela, déjà, qu’il se passe quelque chose : on retrouve un débat à haute teneur politique, animant les fils de discussion des blogs ou de Facebook, d’une spectaculaire intensité… Comme en 2005. Année décisive, où la société s’était emparée du débat sur le Traité Constitutionnel Européen, où de « simples citoyens » s’étaient procuré le texte du projet de TCE, l’avaient lu et étudié, avaient consulté les juristes, les économistes et qui bon leur semblait, là où on pouvait les interpeller – sur la Toile – et en avaient conclu qu’il fallait refuser le TCE. Le peuple français avait voté « non », en dépit d’une machine médiatique puissante au service du « oui ». Puis les gouvernants confisquèrent la souveraineté populaire, et imposèrent le Traité de Lisbonne.

Mais quelque chose était advenu, pourtant, que plus rien ne pourrait défaire : le peuple avait conquis son autonomie de jugement, s’était estimé capable de délibérer et d’arbitrer sur une complexe question institutionnelle ; indépendamment de la pseudo-expertise dont les éditocrates inondaient les médias, le peuple avait produit une analyse pertinente et fondée, et récusé la proposition institutionnelle qui lui était faite – la marche à la fois désastreuse et autoritaire des institutions européennes organisées par ce Traité prouve que la multitude ne s’était pas trompée.

Ce qui est advenu alors ne s’est pas défait depuis. Ce qui a commencé, c’est un processus de subjectivation : celui par lequel la multitude prend conscience de sa puissance de jugement, de sa légitimité à arbitrer le destin commun… et de sa dépossession objective par des institutions qui permettent aux élus de trahir les électeurs qui les ont portés au pouvoir. Les citoyens ont changé de statut ; d’objets qu’ils étaient, assujettis à des politiques indifférentes au bien commun, ils sont devenus des sujets : concernés par la chose commune, estimant avoir voix au chapitre et autant de lumières pour juger de l’intérêt général que les élites qui les condamnaient avec constance au marasme économique et social.

Le peuple français n’a d’ailleurs pas le mérite exclusif de ce processus de subjectivation politique – ni non plus la souffrance exclusive de se le voir dénié : c’est un mouvement planétaire, un rendez-vous historique, que l’année 2011 a rendu particulièrement manifeste : Printemps arabe, mouvement Occupy Wall Street, Indignados, Printemps d’Erable… En d’innombrables points du globe, le même phénomène est apparu : des foules se mobilisaient et exigeaient que la démocratie, ce beau principe, se réalise en effet – que le peuple soit concrètement reconnu dans sa dignité et sa souveraineté, par des politiques réellement soucieuses de l’intérêt général. Au-delà des évidentes différences locales, considérables et sur lesquelles il n’y a pas lieu de s’étendre ici, un point commun émerge, puissamment instructif : ces mouvements sont tous nés en dehors des partis, loin des institutions politiques traditionnelles, que pour la plupart ils récusaient1.

La multitude est entrée dans LE politique, en contestant les formes anciennes de LA politique. Et c’est ce qui se passe en ce moment dans le m6r, et c’est en cela qu’il se passe quelque chose – en France, en ce moment, enfin.

Et comme les Français ne font rien comme les autres, et qu’en matière politique ils ne détestent pas expérimenter des choses nouvelles, nous voici embarqués dans une situation tout à fait inédite et passionnante : le m6r, lancé par un politicien tout ce qu’il y a de plus professionnel (Jean-Luc Mélenchon), suivi par nombre de ses militants (du Parti de Gauche, d’Ensemble…) procède en partie de LA politique ; il s’agit de constituer une force politique qui puisse être candidate à l’élection présidentielle de 2017, sur la base d’un programme explicite – convoquer une constituante, édifier la 6ème République. Mais, offert à la multitude comme un mouvement et non comme un parti, disponible aux propositions de ses membres et ne se fixant pas de ligne idéologique ni méthodologique préalable, il est en position d’être investi par LE politique : tout ce peuple arrivant du dehors des institutions et des partis, qui s’engouffre et réclame une autre manière de faire de LA politique.

Alors évidemment, il y a des frictions. La polémique sur le tirage au sort se situe exactement sur cette ligne de fracture, entre professionnels de la politique et non professionnels, entre partisans des méthodes politiques traditionnelles et défenseurs d’un autre paradigme. Exactement à l’endroit où LE politique et LA politique s’efforcent – avec peine – de s’articuler ensemble. Nul ne sait ce qui ressortira de cette friction, ni si nous parviendrons à surmonter les vives résistances qui se font entendre de part et d’autre. Il me semble pourtant que le jeu en vaut la chandelle, que les circonstances sont favorables, et que l’heure est venue.

Pour ce qui me concerne, comme je l’ai dit, je suis de ceux qui croient nécessaire de changer de paradigme, et de bouleverser la règle du jeu dès la convocation de la Constituante, en introduisant du tirage au sort pour une majorité, voire la totalité, des Constituants. Notre proposition suscite chez les partisans de la politique traditionnelle beaucoup d’effarement et d’exaspération – ce que je comprends fort bien mais sur quoi je ne peux pas faire grand chose ; nous sommes là dans un régime passionnel peu propice à l’analyse rationnelle. On nous oppose aussi des arguments intéressants, et à ceux-là je souhaite répondre ; car ce qui se joue dans cette affaire, au delà des affects qui enveniment les échanges, c’est un débat de philosophie politique exigeant auquel nous ne pouvons pas nous dérober.

On nous oppose par exemple le problème de la lutte des classes (dont le tirage au sort nierait l’existence) ou de la conscience de classe (dont les tirés au sort seraient dépourvus). Postuler aujourd’hui qu’il n’y a pas de conscience de classe spontanée, c’est ignorer le fait historique que j’ai rappelé précédemment : l’émergence du politique, en dehors des partis et des institutions. Les mobilisés d’Occupy Wall Street, les Indignados du 15 de Mayo, tous les individus qui se sont engagés dans des mouvements sociaux exigeant dans la forme et dans le fond la démocratie réelle, n’ont pas attendu d’être formés (et encore moins représentés) par des partis pour comprendre où étaient les intérêts qui les opprimaient, et quels étaient les intérêts qu’ils avaient à leur opposer.

Le fonctionnement oligarchique des « démocraties » contemporaines est de toute façon devenu si spectaculaire qu’il suffit désormais d’être un citoyen quelconque pour s’éprouver comme dépossédé d’une souveraineté visiblement détenue par une toute petite, mais très puissante, classe d’intérêts : celle du capital. Qu’on appelle cela les « 1% », les « ultra-riches », ou « le capital », l’analyse ne change finalement guère : chacun constate que les arbitrages politiques et institutionnels se font toujours en faveur d’une petite classe dominante, et au mépris de l’intérêt des peuples. Proposer le tirage au sort, ce n’est pas nier la lutte des classes : c’est au contraire en prendre acte, considérer qu’elle a lieu en effet, jusque dans les campagnes électorales, les procédures de désignation des représentants et les arbitrages rendus par le corps politique. C’est considérer les institutions politiques contemporaines à l’aune de ce que disait Warren Buffet, parlant au nom des ultra-riches dont il fait partie : « la lutte des classes existe, et c’est nous qui l’avons gagnée ». Oui : jusqu’ici ils l’ont gagnée en effet, les institutions politiques contemporaines sont façonnées en faveur de cette classe, et c’est précisément ce qu’il faut abroger. De cela, de plus en plus de citoyens sont parfaitement conscients.

Certes, tout le monde n’a pas dormi dans un duvet avec les Indignés à la Défense, et la plupart des gens se tiennent à distance de ces actions politiques éprouvantes, coûteuses en temps, en énergie, en espoir, même. Mais ceux qui restent chez eux ne sont évidemment pas indifférents ; lorsqu’ils s’abstiennent de voter, ça ne veut pas dire qu’ils s’abstiennent de penser – loin de là ! -, et ça ne veut surtout pas dire qu’ils sont « incompétents » pour juger du destin collectif.

Bien sûr, ils seraient très impressionnés s’ils se voyaient tirés au sort pour décider des institutions d’un nouveau régime politique. Moi-même, je serais effrayée par l’ampleur de la tâche, la lourdeur de la responsabilité, la peur de me tromper. Nous le serions tous. Pourquoi dès lors faire ce pari redoutable ? Parce que c’est le pari du processus constituant. C’est le principe de la subjectivation politique, appliqué à l’individu. Quiconque se voit en situation de devoir réfléchir sur le destin commun se hisse à la hauteur la responsabilité qui lui échoit. La chose s’observe à chaque fois qu’on se donne l’occasion de la faire advenir : dans les jurys citoyens, tirés au sort pour des consultations spécifiques ou dans le cadre des jurys d’assises, dans les Etats du monde où le tirage au sort a été utilisé pour convoquer des Constituantes ou d’autres assemblées politiques (Islande, Irlande, Ontario, Colombie Britannique).

Comment cela est-il possible ? N’ayant pas été distingué par une procédure électorale, le tiré au sort ne s’estime pas meilleur que les autres ; il arrive avec l’humilité de celui que seul le hasard a promu à cette place. Il ne s’éprouve pas non plus représentant d’un parti dont il aurait à défendre la ligne politique, et encore moins l’image médiatique ; dépouillé de ces effets d’importance ou de spectacle, le tiré au sort se présente comme essentiellement démuni. Il arrive avec sa seule expérience personnelle, son terrain professionnel, son vécu à lui augmenté de celui de ses proches, et n’a plus, pour délibérer et pour arbitrer, que son intelligence propre : c’est énorme, c’est même la seule chose qui soit indispensable pour concevoir des institutions politiques vertueuses. Il entre dans le débat avec les autres tirés au sort avec la seule arme de l’intelligence – dont je crois comme Jacques Rancière2, et comme Jacotot avant lui, que nous en disposons tous à égalité. Si nous ne sommes pas tous également entraînés à l’employer et à l’exprimer, le processus constituant offre les conditions favorables pour ne pas disqualifier les moins entraînés : il suffit d’y appliquer les règles de la délibération qualitative et productive, relatives à la prise de parole dans les assemblées et expérimentées intuitivement dans la plupart des mouvements de démocratie réelle.

Le tiré au sort n’a donc pas à devenir législateur « de but en blanc » : il le devient peu à peu, dans le temps du processus constituant. Car on lui donne le temps et les conditions d’un débat éclairé : les tirés au sort peuvent consulter des experts, disposent d’un long temps d’examen des questions qu’ils ont à trancher, et élaborent dialectiquement le produit de leur intelligence collective. Bien sûr il n’y aura aucun consensus a priori : la dimension dissensuelle de la démocratie se jouera dans ces débats comme ailleurs, et l’arbitrage devra se faire à force de délibération et d’argumentation relative à l’intérêt général – et à celui-là seul.

On nous oppose qu’ils n’auraient aucune responsabilité, puisqu’ils ne seraient mandatés par personne, et que la Constitution ainsi produite n’aurait aucune légitimité. Outre qu’on voit mal quiconque se sentir « irresponsable » en telle circonstance – c’est préjuger très défavorablement des dispositions civiques des citoyens à qui on reconnaît pourtant sans sourciller le droit de vote dans le cadre du suffrage universel, c’est surtout méconnaître les conditions dans lesquelles une telle Constituante serait amenée à travailler : évidemment, sous le regard du peuple qu’elle représente, sous la forme de la transparence des débats (filmés ou retranscrits et diffusés via Internet). Et surtout, sous la forme de la validation (ou non) par voie référendaire, de la Constitution qu’elle aurait ainsi produite. La procédure supposerait de soumettre le résultat du travail de la Constituante article par article, ou module par module, au suffrage de la nation, par la voie du référendum. On ne saurait organiser de conditions plus favorables à la responsabilisation des Constituants que cette sanction in fine par les urnes, et aussi longtemps qu’il sera nécessaire pour produire une Constitution qui obtienne l’assentiment de la nation. On ne saurait non plus discuter de la légitimité d’une telle Constitution, élaborée sous le regard du peuple, et validée par lui par la sanction des urnes.

Où l’on voit qu’un tel dispositif, loin de dépolitiser la société, la politiserait au contraire massivement. Les partis politiques ne disparaissent pas : ils continuent d’animer le débat public sur ce qui leur paraît être l’orientation institutionnelle à privilégier. Ils jouent ainsi un rôle « consultatif », et continuent d’exprimer les grandes orientations idéologiques qui ont à se faire entendre. Ils continuent en outre à former les candidats susceptibles de se présenter aux élections que la Constituante aura jugé de bon de maintenir dans telle ou telle institution de la 6ème République. La multitude, quant à elle, n’est pas évincée non plus : elle est susceptible d’observer la totalité du processus constituant, via la transparence des débats, et surtout, elle a à se prononcer sur le résultat, dans son ensemble ou dans ses parties. Si bien que loin de « jeter le bébé avec l’eau du bain » (soit : jeter le vote avec l’élection de représentants) le processus constituant par tirage au sort amène le peuple à délibérer et arbitrer presque tout le temps ! On ne supprime que l’élection des représentants (et pour la seule Constituante, encore), on garde évidemment, et même le plus possible, le vote… pour les lois !

C’est donc justement parce que nous croyons dans le politique, et que nous entendons l’étendre à l’ensemble de la société, que nous militons pour ce changement de paradigme. C’est, nous semble-t-il, la condition pour faire advenir le « peuple souverain » qui fonde la démocratie authentique, et que le m6r s’efforce d’édifier. C’est surtout, à l’évidence, le moment historique pour le faire.

1 Cf. Sandra Laugier et Albert Ogien : Le principe démocratie, Enquête sur les nouvelles formes du politique, La découverte, 2014.

2 Cf. Jacques Rancière : Le Maître ignorant, cinq leçons sur l’émancipation intellectuelle, 1987. The following two tabs change content below.
 

28 septembre 2014

Quelles forces politiques pour une VIe République ?


Par le Yéti | Politis |  26 septembre 2014

Bien des partis appelèrent de leurs vœux une VIe République. Aucun ne l’instaura une fois parvenu au pouvoir. Mais alors, quelles forces politiques (au pluriel) pour reconstruire sur le chaos laissé par la Ve ?


http://www.m6r.fr/


Le système des partis tel qu’il est géré dans le cadre des institutions de la Ve République aboutit de fait à une professionnalisation perverse de la représentation démocratique. Et de fait, ceux-là sont aujourd’hui beaucoup plus enclins à défendre leurs intérêts particuliers que l’intérêt général.

On l’a bien vu lors du déplorable dernier vote de confiance au gouvernement Valls II (le pompon aux abstentionnistes frileux, du PS à EELV), ou lors des dernières municipales avec les contorsions du PCF pour sauver ses vieux meubles.

Dès lors, toute velléité de rompre avec une constitution usée par des partis qui en sont la représentation ne peut aboutir qu’à un vague replâtrage sans autre souci que d’assurer leur pérennité. En même temps, attendre qu’un projet tout ficelé émane comme par miracle du "peuple" relève tout bonnement de l’inconscience hallucinatoire.

L’exemple de Podemos

Entre le système de partis et une base populaire abandonnée à elle-même, le mouvement espagnol Podemos, issu du mouvement populaire des Indignés, tente aujourd’hui une voie intermédiaire. Rappelons que Podemos a réussi la gageure de devenir la quatrième force politique d’Espagne lors des dernières européennes, après seulement quelques mois d’existence.

L’originalité de Podemos est d’être organisée en "cercles", plus d’un millier actuellement réparti sur tout le territoire ibérique, ouverts aux militants, mais aussi aux citoyens-électeurs de base (plus de 100 000 "adhérents" par Internet), qui discutent d’arrache-pied à partir d’un canevas préétabli proposé par les promoteurs du mouvement.

Car Podemos a bien compris que le "peuple" ne pouvait discuter de façon constructive sur du vide. D’où un programme d’aujourd’hui 36 pages, déjà largement discuté, amendé et enrichi par les cercles, et qu’on peut trouver publié en espagnol et résumé en français sur la page Wikipedia du mouvement.

L’initiative "Mouvement pour une 6e République"

C’est en s’inspirant de l’expérience Podemos que Jean-Luc Mélenchon a lancé le 11 septembre un Mouvement pour la 6e République. Son objectif : utiliser les nouvelles technologies de communication pour créer un nouveau "réseau social" à orientation résolument politique. Jean-Luc Mélenchon :
« La "toile" est la plus grande place publique de notre pays. Ici, place au peuple ! »
Sans être la panacée absolue (« les contacts humains n’y sont que virtuels », déplorent ses détracteurs), il est clair que les réseaux sociaux — dont on a pu mesurer l’importance lors de mouvements populaires comme les révolutions arabes — offrent infiniment plus de possibilités de rassemblement et d’organisation que du temps héroïques des bons vieux tracts et des "cellules" confinées.

De fait, le site dédié "Je signe pour la 6e République" annonce avoir récolté en quelques jours plus de 30 000 signatures. Et vise les 100 000. Reste le plus difficile : organiser toutes ces énergies. La "communauté m6rep" en appelle donc à l’entraide.
Lire > Jean-Luc Mélenchon : « Je veux créer un objet politique neuf »

Écueils à éviter

Mais l’objectif principal du Mouvement pour la 6e République est bien sûr d’œuvrer à l’éclosion d’une Constituante visant à élaborer les fondations d’une VIe République. Or, comme De Gaulle le démontra en son temps, mieux vaut disposer d’un projet ficelé sans attendre d’être élu.
Pourtant, plusieurs écueils restent à éviter :
  • être autre chose qu’un paravent commode aux ambitions d’un seul parti, fût-il "de Gauche" ;
  • ne pas rejeter les réflexions d’autres forces politiques de quelque bord qu’elles soient (Nouvelle Donne, Debout la République...), ni les travaux de ceux qui travaillent dans l’ombre à la question (Étienne Chouard, les "encyclopédistes du XXIe siècle" sur le blog de Paul Jorion...).
Créer une République consiste précisément à faire cohabiter des gens que rien ne rapproche a priori, sauf le sentiment commun d’appartenance à une même collectivité. Rappelons que le fameux Conseil national de la Résistance (CNR) réunissait des représentants de toutes obédiences.

URL de cet article :  http://www.politis.fr/Quelles-forces-politiques-pour-une,28189.html?var_mode=calcul

Lire également Pour une VIe République avant tout démocratique !

et aussi Podemos un parti leurre ?
  

5 septembre 2014

Alternatiba s'installe à Agen le 13 septembre


Attac Agen et le Collectif transition énergétique 47 unissent leurs efforts pour mettre sur pied Alternatiba, le village des alternatives en Lot-et-Garonne.


 

25 mai 2013

Pour la défense d’Etienne Chouard



Par SuperNo | 25 mai 2013



Ça fait un paquet de temps que je reçois des mails, pas menaçants du tout, venant même de gens que j’aime bien, et qui me mettent amicalement en garde, liens à l’appui, contre Etienne Chouard et ses prétendues “fréquentations”.

Etienne Chouard subit en effet depuis quelque temps une véritable campagne de dénigrement et de diabolisation. Des conférences ont été annulées. Au fil du temps, il devient même impossible de parler d’Etienne Chouard sans que son nom soit associé au fascisme, à l’extrême-droite, à l’antisémitisme. Il a beau se défendre, les attaques continuent, et s’étendent à tous ceux qui comme moi citent le nom d’Etienne Chouard.

Cette semaine, je me suis fait apostropher sur Twitter par une dame que je ne connais ni des lèvres ni des dents (qui est apparemment traductrice et linuxienne, et donc probablement plus portée à la réflexion que la moyenne). 
 

Ce tweet a pour intérêt de présenter un tableau de ces fameuses “fréquentations”. On en reparlera un peu plus loin.

A tous ces gens, j’avais promis que je répondrai, collectivement, profitons donc de l’occase.

Je ne connais pas Etienne Chouard personnellement. J’ai vu plusieurs de ses conférences sur Internet, elles m’ont passionné. Je l’ai rencontré une fois “en vrai”, à l’occasion de la conférence qu’il est venu donner à Metz en octobre 2011, conférence qui avait été filmée et dont j’ai rendu compte ici-même. Après la conférence, on a passé une heure ou deux à discuter autour d’une bière dans un troquet messin, en compagnie d’une grosses douzaine d’autres messins plus ou moins gauchisants et/ou membres d’ATTAC, le noyau dur que l’on retrouve dans à peu près toutes les conférences et manifestations du secteur. J’insiste, hein, des gauchistes, pas la section locale du FHaine.

Je précise qu’Etienne Chouard m’a fait l’effet d’un type sympa, simple, abordable. Tout sauf un vampire assoiffé de sang dont le but serait d’installer un régime fasciste visant à rouvrir les camps de concentration et “finir le boulot d’Hitler”. Je n’en mettrais pas ma main au feu, mais il me semble bien l’avoir entendu parler de voter Mélenchon au premier tour.

Mais bien plus que la personne, ce sont les idées qui m’intéressent. On va résumer :

- Etienne Chouard, c’est le gars qui, alors inconnu, a épluché la moindre virgule du fameux TCE de 2005, qui en a éclairé les aspects volontairement laissés dans l’ombre. Il a, entre cent autres exemples, mis en évidence la bouffonnerie que constitue le parlement européen, qui n’a en pratique aucun pouvoir, puisque tout ce qui est important est décidé par la commission, instance non élue.
Ses travaux ont contribué à une prise de conscience sur Internet, qui a certainement dû prendre sa part dans le retournement de la tendance, malgré la propagande carrément inouïe que nos minables de politicards et leurs larbins de journaleux nous ont fait subir.
- Les analyses d’Etienne Chouard sur le TCE ne sont pas contestables. Il n’y a même pas besoin d’engager une bataille juridique ou sémantique sur le texte : il suffit de regarder les faits. Comment la démocratie été bafouée par nos élus de droite comme de “gauche” (ceux que Lordon appelle “la droite complexée” ) qui se sont torchés avec les bulletins “non” et ont imposé le traité de Lisbonne. D’autre part, il suffit de regarder comment la commission, assistée de la BCE et du FMI, pille les pays européens, et pousse une politique ultralibérale au seul profit des multinationales et des banksters. Rappelons que la BCE est dirigée par Mario Draghi, un ancien de Goldman Sachs, comme Papademos, le premier ministre grec, et Monti, qui vient de se faire lourder du même poste en Italie, remplacé par une coalition improbable de tous ceux qui ont foutu l’Italie dans la merde au cours de ces 20 dernières années.

Il suffit aussi de voir comment les banksters tiennent la plupart des pays du monde par les roubignolles, depuis qu’ils ont d’une part privatisé la création monétaire (la fameuse loi de 1973 en France, généralisée par les traités européens, un autre dada d’Etienne Chouard) et d’autre part fait une politique de patachons, vendangeant l’argent public en cadeaux aux riches et aux puissants, le dilapidant sous prétexte de lutte contre le chômage ou de soutien à la croissance (deux réussites totales). Le résultat, c’est que les banksters nous pompent 50 milliards par an rien qu’en intérêts (cela pourrait être bien plus, il leur suffit d’augmenter les taux d’intérêts) et pire, ce sont eux qui dictent notre politique économique, que le pouvoir soit de droite ou de “gauche”, c’est pareil.

- Le deuxième combat d’Etienne Chouard, ce sont des recherches sur la démocratie. Vous entendez, les gars : la dé-mo-cra-tie. On est à 100 000 lieues du fascisme, là. Il part du constat que la plupart des politiciens, une fois au pouvoir, ne tardent pas à en abuser, notamment en faisant systématiquement le jeu des riches et des puissants. Sans compter une propension naturelle à ne pas s’oublier dans la distribution. Et il propose de s’inspirer de la démocratie athénienne, dont une des caractéristiques était de tirer au sort ceux qui auraient, pour une durée déterminée, courte et non renouvelable, certaines responsabilités politiques.
Cette démocratie n’a rien à voir avec la nôtre, qui n’est qu’apparente. Certains parlent d’oligarchie. Ce sont les médias qui choisissent les candidats à notre place, et qui nous disent ceux qui sont sérieux et ceux qui ne le sont pas.

Il y a du boulot.

Vous vous demandez peut-être ce que la photo qui illustre ce billet vient faire ici. Cette superbe terrasse n’a certes pas la même notoriété que la piscine de Takieddine, symbole parfait de la trahison et du mépris total du politicard pour ses électeurs. Elle pourrait, pourtant. Il s’agit de la terrasse de la maison de Claude Bartolone, actuellement président de l’assemblée nationale, après avoir grenouillé depuis plus de 30 ans au P”S”, mangeant à tous les rateliers électoraux, notamment comme député et président du conseil général du 93.
Le 93, vous savez, le département le plus pauvre de France, celui des cités pourries des Beaudottes à Sevran, des 4000 à la Courneuve, des Francs-Moisins à Saint Denis, des 3000 à Aulnay, ou encore des Bosquets à Montfermeil. Toutes sont connues comme des ghettos de pauvres et de déracinés, et toutes ont fait un jour ou l’autre la Une de TF1 pour des trafics de drogue, émeutes, règlements de comptes entre bandes rivales ou faits-divers en tout genre.
C’est donc dans ce département, aux Lilas précisément que Claude Bartolone vit dans une maison de 380 mètres carrés, avec cette terrasse qui ne donne pas sur la cité des Bosquets ou sur un campement de Roms à la Courneuve, mais sur… Paris, c’est quand même plus convenable.
Valeur de la bicoque : environ 2 millions d’euros. On peut légitimement se demander comment un honnête homme pourrait amasser une telle fortune, a fortiori dans le 93. A vue de nez, il faudrait rembourser 10000 euros par mois pendant une trentaine d’années pour se payer un truc pareil. Difficile à croire, mais quand on a été député, ministre et polycumulard pendant les 30 dernières années. Et qu’on se vante d’origines modestes qui écartent toute idée de biens familiaux.
Donc pendant que les purotins du 93 votent “à gauche” en pensant défendre leurs intérêts, ceux qu’ils élisent se pavanent dans des bicoques à 2 millions d’euros. Dès lors on comprend mieux l’opposition de Bartolone à la transparence du patrimoine des députés, c’est en presque comique voire pathétique.

Comme ce n’est pas le sujet principal du billet, je n’insiste pas sur les affaires qui ont fait l’actualité cette semaine (Lagarde , Kucheida et Andrieu), ni sur l’affaire Cahuzac (en marge de laquelle l’enquête sur la banque Reyl pourrait impliquer d’autres politicards), ni sur les étranges frasques du fils Fabius, la mafia Guérini, les “tableaux” de Guéant, l’hippodrome de Woerth, les enveloppes de Bettencourt, les courses au Leclerc de Mancel… et on pourrait remonter loin comme ça.

Tout le monde a aussi pu constater que le système est bien verrouillé. Depuis 55 ans, des politiciens de droite (UMP, RPR, UDR…) succèdent à des politiciens de “gauche”, et inversement. La démocratie a viré ce scandaleux incapable qu’est Sarkozy, mais c’est pour le remplacer par Hollandréou, certes moins scandaleux, mais tout aussi incapable, et de surcroît traître à ses électeurs. Et encore, la “démocratie” a eu de la chance, c’était cette gouape de DSK qui était programmée par le système. Et vous verrez qu’en 2017, c’est encore un représentant de l’UMPS qui, après avoir promis dans une salle en délire, avec des accents de sincérité à tirer des larmes, au milieu de milliers de drapeaux, et avant de chanter la Marseillaise, de régler le problème du chômage et de “relancer la croissance”, qui s’installera à l’Elysée. Et poursuivra l’oeuvre de siphonnage de la richesse française au profit des banksters.

Voilà, c’est ma traduction “concrète” des théories d’Etienne Chouard. Qui lui est beaucoup plus théoricien.

Et ses théories devraient guider notre réflexion pour trouver des applications pratiques : comment lutter contre la pourriture ? Comment empêcher que les mêmes incapables cyniques et corrompus ne monopolisent le pouvoir en France ? Comment se débarrasser de l’emprise des banksters, de la dictature de la dette (ou plutôt de ses intérêts indus), et redonner le pouvoir au peuple (c’est la définition exacte du mot “démocratie”, il me semble) ?

On parle beaucoup, de manière cyclique, de “6ème République”. C’est ça, yaka faire la 6ème République. Mais quand tu as dit ça, t’es bien avancé, tiens… A quoi bon faire une 6ème République si c’est pour faire les même conneries que dans la 5ème ? Et selon Etienne Chouard, la connerie originelle, c’est de laisser des politicards rédiger eux-mêmes une constitution qui va leur permettre de se goberger à nos dépens. Le B-A BA, c’est donc de faire rédiger une nouvelle constitution par une assemblée constituante dont les membres seraient tirés au sort pour représenter le mieux possible le peuple. Je l’ai déjà écrit, à l’assemblée nationale, il y a en proportion 13 fois plus de médecins que dans la population et … 51 fois plus d’avocats ! Plein de patrons, mais pas un seul ouvrier, ni un seul chômeur. 3 hommes pour une femme, quasiment pas d’arabes ou de noirs. Au Sénat, c’est pareil sinon pire, avec la franc-maçonnerie omniprésente. Ces assemblées d’oligarques ne représentent qu’elles-mêmes.

A ma connaissance, le seul qui propose de replancher sur la constitution, c’est Mélenchon. Mais il ne parle évidemment pas de tirage au sort (cette idée est suicidaire pour les partis politiques) et même si Mélenchon est indubitablement le politicien le plus talentueux et le plus intéressant du moment, on peut légitimement émettre la crainte qu’une fois arrivé à ce pouvoir dont on sent qu’il le désire tant, il ne se comporte pas nécessairement très différemment de ses prédécesseurs.

Bon, avant d’en venir à la “cartographie” des “amis “d’Etienne Chouard, je vais me dédouaner à l’avance de quelques accusations.

Je ne suis pas complotiste !
J’ai eu l’occasion de le répéter des dizaines de fois. Je n’ai pas été convaincu par les thèses des complotistes du 11 septembre. Les histoires de Bilderberg ou de la Trilatérale n’ont pas l’importance qu’on leur prête. A quoi bon aller se planquer à Bilderberg quand on va ouvertement à Davos. Les diners du Siècle sont un non-scoop, tant la collusion oligarchique des potentats de la politique et des médias sont clairs comme de l’eau de roche. La franc-maçonnerie a encore un pouvoir de nuisance locale (quand le juge et l’avocat de la partie adverse sont copains de loge, l’avocat d’en face et son client sont mal partis…), et peut expliquer des connivences improbables (comme Mélenchon et Dassault, par exemple), mais tout cela est largement surfait et ne sert plus guère qu’à tenter de faire vendre des hebdomadaires de merde remplis de pub entre le “spécial nouvelles pratiques sexuelles” et le “spécial salaires des cadres”.
Non, il n’y a pas besoin de théorie du complot pour expliquer le monde. Il suffit de le regarder en face. Chacun défend ses intérêts, et ceux qui sont à la fois les plus puissants et les plus dépourvus de complexes imposent leurs priorités. Et à ce jeu, c’est toujours le peuple qui trinque.

De même, je crois que les bêtises que j’écris ici depuis plus de 6 ans suffisent à démontrer que je ne suis ni raciste, ni homophobe, ni supporter du FHaine. Et celui qui osera insinuer qu’en tant qu’admirateur d’Etienne Chouard je puisse être “fasciste” prendra le risque de tâter de mon 46 fillette (étant aussi pacifiste, c’est le maximum raisonnable de violence dont j’accepte de faire preuve).

Je vais faire un couplet à part sur l’antisémitisme, cette tarte à la crème nauséabonde. Simplement pour répéter que comme le racisme, l’antisémitisme, le vrai, est abject. mais que se focaliser sur ce sujet est parfaitement ridicule. A part quelques illuminés dans les banlieues, l’antisémitisme mondain, celui que l’on reproche probablement aux “amis” d’Etienne Chouard, est totalement has-been dans la France d’aujourd’hui. Faites une expérience simple : prenez 100 beaufs électeurs du FHaine et demandez-leur quel type de population pose problème aujourd’hui en France : il n’y a pas besoin d’être devin pour imaginer que la réponse va être “Les arabes, les noirs, les Roms, les gitans… ” Peut-être “les pédés”, question d’actualité, mais “les juifs”, vous n’en trouverez certainement pas beaucoup. Des millions de Français seraient sans doute prêts à renvoyer des millions de “basanés” “dans leur pays” (alors que pour une grande partie ils sont français et nés en France), mais qui voudrait aujourd’hui reconstruire des camps pour exterminer des juifs ? Ca n’a aucun sens.

Merah ? Qui peut-il bien représenter ? Connaissez-vous quelqu’un qui approuve son geste ? Peut-être quelques timbrés, quelques fanfarons analphabètes qui ne savent pas de quoi ils parlent. Mais de là à faire croire que c’est un leader d’opinion post mortem…

Il y a aussi des néo-nazis, des nostalgiques d’Hitler (dont le fameux Gabriac auquel la presse accorde une importance complaisante et disproportionnée), mais là encore, qui représentent-ils ? De toute façon, l’objet de leur haine s’est également déplacé vers les “bougnoules et les pédés”, ils sont certainement bien plus racistes qu’antisémites.

L’antisémitisme, c’est surtout une arme commode, une sorte de bouclier absolu contre toute critique faite par exemple au comportement de l’Etat ou de l’armée d’Israël. Tu oses insinuer que l’opération “plomb durci” ne serait pas nécessairement un modèle à suivre, et te voilà suspect de complicité de génocide.
Cette accusation a un moment plané sur l’affaire DSK. Et heureusement que Cahuzac n’était pas juif, on n’y aurait probablement eu droit. Combien de gens ont ainsi été injustement accusés ? Mermet, Péan, Siné, Hessel… Et Chomsky, on y reviendra.

Le problème à combattre en France aujourd’hui, c’est bien le racisme. Sauf qu’au lieu de le combattre, on l’encourage. C’est devenu une opinion commune, avec l’exemple qui vient d’en haut, des politicards. Le FHaine, bien sûr. Mais s’il n’y avait que lui. Qu’ont fait Sarkozy, Besson, Hortefefeux, Guéant, Copé sinon touiller le racisme pour de minables raisons électoralistes ?
Bon, ceci dit, examinons le fameux graphique

La première chose qui me frappe, ce sont les fautes d’orthographe. Quand on écrit “soutient”, “révisionisite”, “conspirationiste”, réactionaire, “Exrême droite” ou “Kadafi”, je suis désolé, ça ne fait pas très sérieux et ça affaiblit méchamment le propos.

Je vais classer cet inventaire à la Prévert en 2 catégories. Ceux que je connais (au moins de nom) et les autres.

Commençons par Jean Bricmont. Là, c’est un peu fort de café. Jean Bricmont est un “disciple” de Chomsky, et tout comme lui (et comme moi, et sans doute Etienne Chouard) attaché à la liberté d’expression. Il en a parlé dans le Diplo, assurément un repaire de fascistes. Il était interviewé” dans le film”Chomsky et Cie” vanté chez Mermet, autre fasciste bien connu. Comme Chomsky, Bricmont s’est trouvé embringué à l’insu de son plein gré dans “l’affaire Faurisson” et hâtivement catalogué comme “antisémite”. On peut parfaitement ne pas remettre en cause l’existence des chambres à gaz, mais défendre la liberté d’expression. On ne va pas refaire ici un cours de philo basé sur la phrase attribuée à Voltaire (et à la paternité contestée) : “je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez le dire”. En ce qui me concerne, je suis contre la loi Gayssot et la censure qu’elle engendre.
Enfin Bricmont s’oppose à l’impérialisme américain, ce qui lui vaut évidemment bien des inimitiés. En ce qui me concerne, je me marre doucement.

Robert Ménard. Là, c’est effectivement du lourd. Tellement infréquentable qu’il est sur toutes les télés. On remarque que Chouard le cite en lien avec l’Isegoria, qui était la liberté de parole prônée à l’époque de la démocratie athénienne. Chouard signale un “article intéressant” qu’il aurait écrit. Comme quoi il est peut-être capable d’écrire quelque chose d’intéressant. Mais c’est avant tout un réac islamophobe, et, plus intéressant, un pion de l’impérialisme. Le contraire de Bricmont, quoi. La logique n’est pas facile à comprendre.

Ensuite, Asselineau. C’est marrant, car j’ai aussi écrit un billet plutôt élogieux sur son compte. Serai-je moi aussi un facho ? L’auteur du graphique le qualifie de souverainiste (c’est interdit ?), de réac (ça c’est probable, mais on peut accoler ce qualificatif à la quasi-totalité de la droite, c’est même souvent sa caractéristique première) et de “complotiste”. Encore un argument à deux balles. Ce type a-t-il écouté les conférences d’Asselineau sur l’Europe ? Je pèse mes mots, c’est sans doute ce que j’ai entendu de plus intéressant, intelligent, documenté, et même drôle sur le sujet. Asselineau est totalement boycotté par la presse française, celle qui ouvre grand ses micros à des Pécresse ou des Rebsamen. Je ne comprends pas ce qu’il fait dans ce tableau .

Même chose pour Nigel Farage, dont j’ai regardé quelques vidéos. C’est un réac de droite, libéral mais antieuropéen. Il me rappelle un peu Philippe de Villiers, en moins catho et plus talentueux. Sa critique des institutions européennes est implacable et argumentée. Je me souviens que c’est De Villiers qui avait trouvé en 2005 l’image du “plombier polonais” qui avait largement contribué à la prise de conscience de ce qu’était réellement cette Europe que les médias nous vendaient à coups de propagande impensable. De Villiers était une caricature de réac de droite, il s’est fait traiter de tous les noms par les belles âmes, accusé de racisme ou de je ne sais quoi. Mais sur cet exemple précis, quel menteur pourrait prétendre qu’il avait tort ? Relire si nécessaire ce billet.

Jacques Cheminade. Là encore, je me marre. Cheminade est un scientiste, un nucléocrate, ce qui le discrédite à mes yeux en tant que politicien. Mais il ne mérite pas d’avoir été injustement présenté comme un bouffon par l’ensemble de la presse française (vous savez, celle qui affirme que Hollande ou Copé sont des gens sérieux qui vont combattre le chômage…). Ses comptes de campagne de 1995 ont été retoqués pour une broutille, contrairement à ceux de Balladur dont on sait maintenant qu’ils étaient totalement bidonnés. Mais ce qu’il dit de la spéculation et du système bancaire est au contraire parfaitement intelligent et étayé. Il préconise notamment le retour du “Glass Steagall Act”, qui sépare les banques d’affaire des banques de dépôt, ce que Moscovici vient de faire semblant de faire, pendant que les banksters français pouffent sans se cacher…

Thierry Meyssan. Il se trouve que je lisais le Réseau Voltaire sur Internet bien avant le 11 septembre. Son livre sur le sujet l’a méchamment discrédité. Cela l’empêche-t-il d’avoir un avis sur tel ou tel autre sujet ? Et notamment sur la liberté d’expression et la propagande de guerre (le sujet sur lequel Etienne Chouard parle de lui) ? Qui peut nier que les guerres engendrent toujours une propagande éhontée dans les médias dominants pour les faire accepter par la population. Que ce soit en Libye sous Sarkozy ou au Mali sous Hollande.

Michel Collon. Oui, j’aggrave mon cas, il m’arrive aussi de lire ses articles. Comme Bricmont, comme Chomsky, il dénonce la propagande impérialiste américano-israélienne. Il a défendu feu Hugo Chavez contre les torrents de cette propagande. Et quand je lis qu’il défend ou a défendu El Assad, Ahmadinejad ou Kadhafi, je ne vois pas où est le scandale. Tout accusé a droit à un avocat, non ? Que ces gens soient des fripouilles criminelles, c’est un fait, mais les choses sont-elles aussi simples que cette propagande voudrait le faire croire ? Les Etats-Unis ne lorgnent-il pas le pétrole iranien ? Israël n’est_il pas le bras armé désigné dans cette affaire ? Les Iraniens ne peuvent-ils pas en concevoir une certaine acrimonie vis-à-vis d’Israël, que certains peuvent requalifier, à tort ou à raison, en antisémitisme ?
Kadhafi était un dictateur cinglé et sanguinaire. N’a-t-il pas pourtant été courtisé pour son pognon et son pétrole ? Sarkozy ne l’a-t-il pas fait venir en grande pompe à Paris ? Sarkozy n’est-il pas un peu plus que soupçonné d’avoir profité de ses largesses ? L’intervention française n’avait-elle pas un caractère d’agression violant toute loi internationale ? L’assassinat de Kadhafi est-il un acte digne ? BHL est-il un stratège géopolitique reconnu ? Et surtout, la situation des Libyens (et des Tunisiens, des Egyptiens) s’est-elle améliorée depuis qu’ils ont viré leurs dictateurs corrompus (tous grands amis et bienfaiteurs de nos politiciens “démocrates”). Si les islamistes syriens renversent le dictateur Assad, la vie quotidenne des Syriens sera-t-elle meilleure ?
Dernière question : est-il interdit de se poser une seule des questions de la liste qui précède ?

Les chasseurs d’antisémites ne reculent devant aucune ignominie. Juste un exemple marrant : afin de discréditer les pourfendeurs du système financier qui qualifient certains banquiers de “banksters”, ils prétendent que ce mot aurait été inventé en 1936 par le fasciste français Léon Degrelle.
En réalité, ce mot vient d’un rapport commandé en 1932 par le président américain Hoover au procureur de New York Ferdinand Pecora sur la responsabilité des banquiers de Wall Street dans la crise de 1929. Devant la liste de toutes leurs saloperies, Pecora les a qualifiés de “banksters”. Et son rapport a servi de base à Roosevelt pour le “Glass-Steagall Act” qui sépare les banques de dépôt des banques d’investissement. Il y a une légère différence entre les deux explications.

Et ce sont nos banksters contemporains (Rubin, Geithner, Greenspan) qui sous Clinton ont démoli le Glass-Steagall Act et ont orienté la politique de leur banque centrale au profit des spéculateurs. Ils sont directement responsables des bulles (Internet et Immobilier), du merdier qui a dévasté l’économie mondiale. Et ils sont impunis.

Je suis bien placé pour parler de ce sujet en tant que membre fondateur du site banksters.fr, qui traduit en français des articles démontrant et illustrant ces scandales. Que certains de ces banksters soient juifs, c’est probable, mais je m’en bats les cacahuètes. Ouvrez vos oreilles, chasseurs d’antisémitisme frelaté : ce sont les agissements de ces banquiers pourris, insolents et cupides que nous dénonçons, pas leurs origines culturelles ou religieuses. Et le premier qui insinuera le contraire goûtera de mon 46 !

Tiens, au passage en écrivant ce billet je suis tombé sur cet article dans lequel Matt Taibbi, l’auteur fétiche que nous traduisons dans Banksters.fr, a lui aussi été victime de ces accusations grotesques après avoir écrit en 2009 son fameux article dans lequel il comparait Goldman Sachs à une “pieuvre vampire”, avec évidemment des dizaines d’exemples à la clé.
Il semble que l’accusation d’antisémitisme soit le derniers recours face à des accusations précises et irréfutables. Un peu comme Pierre Péan fut accusé d’antisémitisme pour un livre dans lequel il disait du mal de Kouchner… Bref.

Voilà une transition toute trouvée pour parler d’Eustace Mullins. Ce monsieur serait antisémite. Enfin, “aurait été”, puisqu’il est mort en 2010. Ne le connaissant pas, n’ayant pas lu ses livres, je n’en sais rien. Mais admettons. La raison pour laquelle Etienne Chouard s’intéresse à lui est un livre où il dit pis que pendre de la “Fed”, la réserve fédérale américaine, un peu l’équivalent de notre BCE. Ce livre s’appelle “Les secrets de la réserve fédérale”. Contrairement à “Mein Kampf”, on ne l’achète pas sous le manteau dans des librairies nazies fréquentées par des Gabriac ou des Benedetti (les types qui défilent avec Valérie Pécresse et les cathos moyenâgeux de l’UMPFN), mais dans n’importe quelle librairie généraliste, en compagnie d’autres livres d’antisémites notoires, comme “Tintin et les Picaros” ou “Voyage ou bout de la nuit”.

Il se trouve que, par Matt Taibbi interposé, je suis en train de lire un long chapitre de son livre “Griftopia” (que je recommande chaudement à Etienne Chouard à et à tout le monde) sur la Fed à l’époque Greenspan (c’est à dire entre 1987 et 2006). Taibbi y démonte, avec sa documentation précise et son humour habituel, la nocivité de la Fed, à travers son rôle dans la dérégulation de la finance et l’alimentation des bulles qui nous ont pété à la gueule dans les années 2000 et dont nous subissons toujours les conséquences. Là encore, même si Greenspan est juif, et que Taibbi le qualifie de “biggest asshole in the universe” (une traduction est-elle nécessaire ?) il n’y a pas la moindre trace d’antisémitisme, simplement des faits. Et c’est également ce que dit Etienne Chouard du livre de Mullins : des faits, et pas la moindre trace d’antisémitisme. C’est clair, non ?

Contrairement au journalistes des chaines d’info, je ne vais pas commenter la vie et l’oeuvre de gens dont je vois le nom pour la première fois, et qui figurent dans ce tableau. Il reste néanmoins le plus pénible : les gens qui figurent dans la case grisée en haut à droite. Je précise que je ne les connais pas. Mais que je connais (un peu) moins mal l’organisation à laquelle l’auteur du tableau les rattache : Egalité et réconciliation. J’ai beau pouvoir me montrer compréhensif envers des gens dont je ne partage pas toutes les idées, là c’est un tel gloubiboulga idéologique que j’ai du mal à y retrouver mes petits. Le parcours du gourou et fondateur de ce site, Alain Soral, donne à lui seul le tournis. Il a été entre beaucoup d’autres choses punk puis animateur télé, communiste puis FHaine… Son site est illustré du portrait de Chavez. Et sur sa page de présentation, à côté d’un lien vers un discours de Le Pen (ultralibéral) écrit par Soral (antilibéral, va comprendre…)
“rassembler les citoyens qui font de la Nation le cadre déterminant de l’action politique et de la politique sociale un fondement de la Fraternité, composante essentielle de l’unité nationale.” Cette manière de faire voisiner “nationalisme” et “socialisme” est-elle innocente ? J’ai un doute.
Soral revendique son outrance verbale qui lui fait tenir des propos violemment homophobes, sexistes, anti… heu… sionistes…

De bonnes âmes se sont naguère émues de la présence dans les commentaires de mon blog de quelques liens vers le site “Egalité et Réconciliation”. Après en avoir regardé quelques uns, je les ai laissés. Je n’y ai pas vu de quoi fouetter un chat, certains étaient même intéressants. Et je n’ai pas l’âme d’un censeur.
Pourtant, au dessus de ce site, et au dessus d’autres personnages qui figurent dans ce tableau, plane l’ombre de Dieudonné, ex-comique devenu antisémite. Heu, pardon, je me suis encore trompé, antisioniste. La vie de ce type a basculé le jour où il a fait un mauvais sketch à la télé, avec un rabbin qui criait “Isra-Heil” ou quelque chose dans le genre. Cela méritait-il plus qu’un haussement d’épaules ? Apparemment oui, puisqu’à partir de ce moment, Dieudonné s’est fait pourfendre par ce que je ne vois pas comment appeler autrement que “lobby” qui lui a pourri sa vie, l’a totalement discrédité et ruiné. Dois-je avouer que si j’avais dû subir le même acharnement imbécile, je ne jurerais pas que je ne serais pas moi-même devenu anti… heu… sioniste ? Mais Dieudonné a fait dans la surenchère. Il a monté ce fumeux “parti antisioniste”, dont Soral a été le candidat sur une liste menée par Dieudonné aux Européennes de 2009 en Ile de France. Ensuite il a fricoté avec le négationniste Faurisson. Qui devrait certes avoir le droit de s’exprimer, mais dont il ne faut pas se sentir obliger d’accréditer ses propos, non plus. Néanmoins, à ceux qui s’insurgent, je veux rappeler, même si je l’ai déjà écrit un peu plus haut, que nous ne sommes pas dans les années 30, que les “idées” de Soral et de Dieudonné sont au mieux folkloriques. Sa liste n’a obtenu que 1.3% à ces européennes de 2009. L’idéologie mortifère qui a le vent en poupe, c’est le racisme, l’islamophobie et la xénophobie du FHaine, pas l’anti.. heu… sionisme à 2 balles de Dieudonné.

Que peut-on dire de plus de ces gens ? Rappeler son attachement à la liberté d’expression. En ce qui me concerne je ne peux pas faire plus. Et si je devais donner un conseil, un seul, à Etienne Chouard, c’est de s’entourer des précautions verbales d’usage quand il cite certains personnages. Mais il est assez grand pour savoir avec qui s’afficher, avec qui donner des conférences. C’est son choix, pas le mien. Mais la réalité est que certaines fréquentations sont contreproductives et fournissent à ses adversaires une bonne occasion de le discréditer et de discréditer ses idées par la même occasion. Ceci dit, quand on voit la taille de la bibliothèque d’Etienne Chouard et que ces gens sont les seuls antisémites du lot, leur pourcentage ne doit pas être si aberrant.

De toute façon, ça ne m’empêchera pas de continuer à apprécier ses idées, et à les diffuser dans le seul but de faire prendre conscience de ce dévoiement de démocratie que sont notre 5ème République et cette construction européenne scandaleuse. Il faut faire progresser la démocratie et de faire en sorte qu’elle ait une chance de s’exprimer un jour. Dans le cas contraire, il sera impossible de mettre en oeuvre la moindre politique dans l’intérêt du peuple.

A la sortie de la conférence de Metz, Etienne Chouard appelait justement à faire connaître l’idée du tirage au sort. Force est de constater qu’elle ne s’est pas encore imposée.

Je voudrais maintenant m’adresser à ceux qui m’ont, peut-être de bonne foi, balancé ce tableau à la figure. Qui êtes-vous, d’abord ? Contrairement à Etienne Chouard ou à moi, êtes-vous parfaits ? Vos “fréquentations” aussi ? Quel monde souhaitez-vous ? Pour qui votez-vous ? Pensez-vous que notre système électoral donne le pouvoir à des gens dévoués à défendre vos intérêts, en laissant les leurs de côté ? Votre rêve le plus fou serait-il d’aller boire un coup sur la terrasse de Bartolone à la santé de ces connards d’électeurs qui lui ont permis de se l’offrir ? Pensez-vous que la construction européenne soit une telle réussite que tous ceux qui l’ont souhaitée et réalisée soient encore fondés à nous donner des leçons ? Pensez-vous qu’il faille s’abstenir de critiquer la finance internationale et ses méthodes mafieuses sous prétextes que quelques dirigeants de banques pourries sont peut-être juifs ?

Avez-vous fait de l’outing du faciste Etienne Chouard le combat de votre vie ?

Rassurez-vous, Etienne Chouard ne va pas prendre le pouvoir en France pour y rétablir le fascisme, l’antisémitisme, voire le National-Socialisme, puisque non seulement il n’est pas fasciste, antisémite ni national-socialiste, et surtout il n’est candidat à rien. Au contraire, il dit que tous ceux qui sont candidats à un quelconque pouvoir sont des traîtres potentiels.

Ce qui est fort de café, c’est qu’Etienne Chouard n’est pas une menace contre la démocratie, au contraire, il dénonce ceux qui l’ont bafouée, détaille leurs méthodes, et cherche des moyens pour la rétablir. Le tirage au sort, bien sûr, mais des choses plus concrètes et plus simples à mettre en oeuvre : la limitation des pouvoirs, le mandat unique et l’interdiction de tout cumul, mesure que nos amis “socialistes”, pas du tout suspects de fascisme et d’antisémitisme, ne sont même pas foutus de mettre en place, alors qu’ils l’avaient (comme à peu près tous leurs prédécesseurs) promise ?

N’avez-vous rien de mieux à faire que de dénigrer Etienne Chouard ?

Etes-vous déjà résignés à un deuxième tour entre Xavier Bertrand et Manuel Valls en 2017 ? A la poursuite de la destruction de la richesse française au profit des banksters entre 2017 et 2022 ?

Moi pas.
 
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