27 octobre 2023

FABIEN ROUSSEL FAIT L’UNANIMITÉ… DE LA DROITE À L’EXTRÊME DROITE

 


On constatait ici même il y a un an que Fabien Roussel était le communiste préféré de la droite. Un an plus tard, c'est toujours vrai, et il a même gagné quelques galons. Au mois de septembre dernier, la députée insoumise Sophia Chikirou, a déclaré qu'il y avait "du Doriot dans Roussel". Elle comparait donc le secrétaire national du Parti communiste français, qui est l'une des composantes de la nouvelle union populaire écologique et sociale construite autour des Insoumis, à l'une des plus épouvantables figures de la collaboration avec l'Allemagne nazie, ex-communiste devenu fasciste, qui avait finalement endossé l'uniforme allemand.
Le moins qu'il se puisse dire est que cette comparaison n'était pas très heureuse.
Roussel l'avait parfaitement compris.

Journaliste : Sébastien Fontenelle
Montage : Guillaume Cage
Son : Baptiste Veilhan
Graphisme : Morgane Sabouret
Directeur des programmes : Mathias Enthoven
Rédaction en chef : Soumaya Benaïssa
Directeur de la rédaction : Denis Robert

Le site : https://www.blast-info.fr/

4 janvier 2021

Élisée Reclus : les animaux, ces autres exploités

 

Si l’on retient d’Élisée Reclus qu’il fut végé­ta­rien convain­cu et fervent pro­pa­gan­diste anar­chiste com­mu­niste, on oublie sou­vent de lier ces deux enga­ge­ments, se conten­tant de citer le même pas­sage d’une même lettre, sans aller guère plus loin dans l’analyse1. L’extrait, il est vrai, est élo­quent : « Si nous devions réa­li­ser le bon­heur de tous ceux qui portent figure humaine et des­ti­ner à la mort tous nos sem­blables qui portent museau et ne dif­fèrent de nous que par un angle facial moins ouvert, nous n’au­rions cer­tai­ne­ment pas réa­li­sé notre idéal. Pour ma part, j’embrasse aus­si les ani­maux dans mon affec­tion de soli­da­ri­té socia­liste2. » Par ces mots, adres­sés en 1884 à son ami Richard Heath, Élisée Reclus fait ain­si le pre­mier entrer les ani­maux au sein de l’en­ga­ge­ment socialiste.(..)

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11 janvier 2020

Quand on me demande pourquoi à 83 ans je manifeste pour un système de retraite qui ne me concernerait pas, je réponds:

23 mars 2015

Orwell — pour un socialisme populaire

Militants du POUM (DR)

Pourquoi le socialisme ne triomphe-t-il pas partout ? Telle était l'une des questions qu'Orwell s'évertuait à poser. À écouter ou à lire nombre des partisans du partage des richesses, un début de réponse s'esquisse. Socialisme de l'entre-soi, jargonneux et élitiste, truffé de néologismes et saturé de références consanguines, colloques d'universitaires cherchant la petite bête à des notes de bas de page, gloses et regloses, narcissisme du minoritaire sectaire et radicalisme chic des quartiers fleuris... la pensée critique a l'art de se couper du peuple dont elle se targue de parler. Orwell, qui tenait à œuvrer « en marge de l’armée régulière », tranchait dans le lard des altruistes d'estrades, des communistes sur coussins de soie et des anarchistes de bibliothèques. Ode au socialisme du quotidien.
Revue Ballast 

 

La guerre d’Espagne éclate en juillet 1936, lorsque le général Francisco Franco se lève pour briser le Frente Popular démocratiquement élu. George Orwell (Éric Blair de son vrai nom) a alors trente-trois ans et a déjà publié quatre ouvrages – parmi lesquels Dans la dèche à Paris et à Londres et Une histoire birmane. Ne pouvant rester les bras ballants devant cette tentative de putsch anti-démocratique et anti-socialiste, Orwell prend la route en direction de la péninsule ibérique avec l’espoir de prêter main forte aux combattants. Il quitte Londres le 22 décembre et pénètre dans Barcelone quatre jours plus tard, muni d’une lettre de recommandation de l’ILP (le parti socialiste britannique). Un journaliste se souviendra : « Visiblement habillé et chaussé pour une expédition, il posa par terre une énorme valise à sangles et dit : "Je vais en Espagne. – Pourquoi ?" lui demandai-je. […] "Ce fascisme, dit-il, il faut que quelqu’un l’arrête¹." »

Au front
Fort des indications de l’ILP, Orwell intègre le POUM (le Parti ouvrier d’unification marxiste) – une formation anti-stalinienne dont l’un des leaders provient du mouvement trotskyste. Un concours de circonstance plus qu’un choix, du reste : « Si je n’avais tenu compte que de mes préférences personnelles, j’eusse choisi de rejoindre les anarchistes », avouera Orwell dans son Hommage à la Catalogne. Ces anarchistes qui, contre une République bourgeoise et un communisme inféodé à Moscou, s’acharnent à bâtir une société alternative et révolutionnaire à même d’affranchir le peuple espagnol de la tutelle étatique, patronale et cléricale. Avant de rejoindre le front, les fusils de fortune et la crasse des tranchées, Orwell découvre la fraternité, la solidarité et le respect qui animent ce pays où le tout-venant se donne du « camarade » et se tutoie. (...)

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