20 juillet 2020

Divine imposture






Par Pas de retour à l'anormal - Essaimons demain | 15-07-2020

1- Esprit es-tu là ?

C’est comme ça, les religions ont toujours fait fortune chez les humains. Mais qu’est-ce qui peut bien induire ce besoin ?

A la réflexion, une évidence nous frappe : notre sixième sens en est la cause. C’est de lui que proviennent les rêves, intuitions, prémonitions qui nous tombent dessus à l’improviste, si criants de présence, comme chacun(e) en a sûrement quelque expérience. Et c’est là, fait troublant, qu’il peut nous arriver de croiser bien vivants d’aucuns de nos morts.

Ces rêves, provoqués ou non par des substances psychotropes, amenés par la transe du tambourin et de la danse, sont la base, le véritable outil des chamanes animistes. Et ils sont le lieu de retrouvaille des plus honnêtes de ceux qui ont « rencontré dieu », là aussi convoqué par l’orgue, l’encens, les cantiques, la recette n’ayant guère changé depuis quelques dizaines de milliers d’années, preuve de son universalité sinon de sa validité.

Bien sûr notre liberté est entière de les accepter ou les refouler, les rechercher ou les fuir puisque chacun en est le seul témoin.

L’homme moderne, fort de sa civilisation, sa science ou son dieu, les trouve plutôt dérangeants et inutiles, et préfère souvent les occulter, les oublier, quitte à avoir recours à la pharmacie et combler le vide en sous-traitant avec les professionnels de la littérature et du cinéma.

Mais aux temps préhistoriques, quand les connaissances étaient embryonnaires, les informations rares et pas très fraîches, les rêves étaient une source de certitude non négligeable.

On prit l’habitude, dans l’ignorance où on est d’ailleurs toujours de leur provenance, de les attribuer à un autre monde, celui des esprits.

Ne ris pas homme post-moderne, avec ton électronique embarquée – ton cerveau et ses ramifications – tu es le siège de phénomènes quantiques qui ne peuvent aller sans leurs propriétés : non localisation et apparente immatérialité, qui sont assez précisément celles desdits esprits.

Il y aurait là matière à creuser. En attendant, il suffit de voir la profusion de sectes et religions, et leur opulence, pour comprendre que le filon est largement exploité par les manipulateurs et les arnaqueurs.

2- Une religion universelle

Les études historiques, archéologiques, neuropsychologiques de ces dernières années(1) nous font voir que le chamanisme animisme a été la religion universelle de l’humanité : sur les cinq continents, l’art ( principalement les grottes ornées ) présente les mêmes symboles depuis la nuit des temps, assurément 40 millénaires(2).

Or cette religion avait des valeurs que l’on peut déduire de ce qu’il en reste chez les derniers lambeaux de peuples qui la pratiquent encore après des siècles de christianisation et islamisation forcenées.

Citons au hasard des trouvailles

« Religion pacifiste et écologiste qui ne hiérarchisait pas les humains »(3)

« Dans les sociétés traditionnelles, la chasse n’est pas un dû. Les chasseurs demandent usuellement à des êtres surnaturels l’autorisation de tuer, s’excusent, et remercient ensuite. »(4)

« Que ce soit une plante, un arbre ou un cerf, tuer est une affaire sérieuse qui requiert une préparation spirituelle. »(5)

« Lorsqu’une plante, un arbre, un animal doit être tué, le besoin doit tout d’abord être important. »(6)

« Un sentiment de parenté et d’amour pour toutes les formes vivantes. »(7)

« Lorsque nous, Indiens, chassons le gibier, nous mangeons toute la viande. Lorsque nous cherchons des racines nous faisons des petits trous ( … ) Nous n’utilisons que du bois mort … »(8)

« …l’écologie et la préoccupation environnementale font partie intégrante de la religion des Amérindiens qui de ce fait, adoptaient un mode de vie profondément respectueux du caractère sacré de tous les êtres vivants. »(9)

Tout ceci est manifestement très éloigné de notre culture judéo-chrétienne, mais c’est la loi qui a prévalu et imprégné les têtes durant les longs âges de la pierre : respect de toute vie pour ne pas scier la branche sur laquelle nous sommes assis.

Reconnaissons qu’un tel respect ne peut être que respectable.

Le mâle progrès allait balayer tout ça.

(1) sources : E. Anati « La religion des origines » éd. Pluriel, et J. Clottes et D. Lewis-Williams « Les chamanes de la préhistoire » éd. Seuil.

(2) Les immémoriales images paléolithiques ont cependant la vie si dure, sont si profondément ancrées qu’elles ont dû être recyclées. Ainsi les « Vénus enceintes », recousues par l’Église, sont devenues les Vierges à l’Enfant. Le « culte du taureau », suite des bisons, finit sa carrière avec les corridas, quoique le Veau d’Or se porte bien. La « main de Fatma » nous protège depuis les mains négatives et positives des grottes. Seul le dieu mâle et guerrier-et sa loi- a été ajouté.

(3) Fatou Diome « Les veilleurs de Sangomar » éd. Albin-Michel.

(4) J-P. Demoule in Documentation Photographique Mai-Juin 20017, p. 6

(5) (6) (7) (9) J.D. Forbes « Christophe Colomb et autres cannibales » éd. Le Passager Clandestin.

(8) Kate Luckie, femme-médecine de la nation Wintu, citée par J.D. Forbes, ibid.

3- Ça va saigner

Et advint l’Age du Bronze. Depuis le temps qu’on s’intéressait au cuivre, il fallait bien que ça arrive.

La poterie nous avait initié aux arts du feu, et permis de stocker les surplus d’une agriculture déjà plurimillénaire.

Ça avait mis en place des chefferies parmi lesquelles il put se trouver des gars assez riches, influents et entreprenants pour mettre sur pied les équipes de mineurs, charrons, palefreniers, charbonniers, forgerons, mouleurs, affûteurs, – sans parler des gens d’armes pour la sécurité – nécessaires à la production de ce nouveau métal.

Métal : mot d’origine grecque bâti sur les racines méta : autre chose, et allon : plus loin.

Oui, le bronze est bien autre chose que toutes les matières naturelles jusqu’ici connues, quant à sa dureté, sa solidité, sa capacité à prendre toutes les formes désirées et surtout par son incomparable, son terrible taillant.

Oui aussi, il fallait en faire du chemin (400 et bientôt 800 km depuis Sumer ) pour en trouver les minerais.

Mais ça valait le coup. Sa résistance a permis d’allonger la lame du poignard pour en faire l’épée. Qui s’aiguise jusqu’au rasoir et foudroie aisément son homme quand le bois, l’os, la corne, la pierre et même le cuivre meurtrissent, assomment, brisent un os, mais percent rarement.

L’épée qui, d’un geste élégant, tranche les cous, les discutions et aussi les nœuds gordiens(1), puis assortie à l’armure du même métal, te fait invincible et restera l’arme absolue jusqu’à l’invention du canon.

Croire que le bronze a profité à l’agriculture relève de l’angélisme. Une matière aussi précieuse était quasi réservée à l’armement, aux choses sérieuses. D’ailleurs l’araire était toujours de bois au Moyen Age. Deux exceptions cependant : la hache, qui est aussi une arme, et la bijouterie, mais frimer est une affaire sérieuse chez les humains.

Cette matière n’est pas naturelle. C’ est, par son génie, l’homme qui l’a créée. N’est-elle pas un peu surnaturelle ?

Pour l’obtenir il ne faut pas craindre de brutaliser la nature, creuser des mines, transformer les forêts en charbon de bois. Pachamama peut numéroter ses abattis.
Narcisse n’a plus à s’humblement pencher vers la mare, ni à chercher son image dans le noir du face-à-main d’obsidienne. Il peut enfin se contempler, nimbé de lumière dorée, dans son miroir de bronze poli, en pied s’il y met le prix.

L’humanité est maintenant partagée en deux portions inégales : ceux qui ont du bronze, de l’airain(2), et peuvent imposer la loi du même nom sur ceux qui n’en ont pas, le vulgum pécus, les pauvres couillons qui se retrouvent taillables et corvéables à merci.

Mais il y eut un point de résistance.

Merci à J-P Demoule  « Les dix millénaires oubliés qui ont fait l’histoire » éd. Fayard, et P. Routhier « Voyage au monde du métal » éd. Belin.

(1) nœud gordien : exposé dans un temple de la ville de Gordion (en actuelle Turquie), une prophétie affirmait que celui qui parviendrait à dénouer cet inextricable nœud se rendrait maître de l’Asie. Alexandre le Grand, passant par là en 333 AC, le trancha d’un bon coup d’épée. Petite tricherie bien obligatoirement excusable à un fils de roi entouré de son armée, mais qui affermit assez son prestige, son ambition et son moral pour poursuivre ses conquêtes jusqu’à l’Indus.

(2) airain : vieux mot apprécié des poètes désignant le bronze, première matière ayant permis d’imposer sérieusement la loi du plus fort. Larousse dit impitoyable ce qui est d’airain.

4- Et dieu dans tout ça ?

Les ambitieuses brutes sans scrupules qui s’étaient institué chefs de guerre ont vite remarqué que tuer les hommes pour les voler était de peu de rapport. Il était bien plus profitable de les faire trimer et cracher la richesse. Pour cela, la force armée ne suffisant pas vraiment à les subjuguer, ils voulurent se faire accepter en tant que rois.

Or en ces époques de la religion universelle, pour prétendre à l’autorité, fallait savoir y faire avec les esprits. Problème, ça n’était pas leur cas, on ne peut pas être bon en tout.

L’idée de nouveaux dieux a vite fait florès (dieux de la guerre, ça va de soi) et chaque roi bricola son dieu tutélaire dans sa cité, mais toujours sur le même principe : mâle, misogyne (les femmes ne comprennent rien aux affaires), hégémonique et à craindre.

Remarquablement à leur image.

Ils leur bâtirent des temples au palais, sous bonne garde avec le trésor, et invitèrent les hommes à venir y déposer leur offrande et reconnaître la suprématie céleste sur les esprits bassement terrestres, et que celui qui ne serait pas content ne le serait pas longtemps.

L’art qui jusqu’ici n’avait guère représenté que des animaux/esprits ne s’intéresse maintenant quasiment plus qu’à l’homme/dieu.

Sans quitter l’Age du Bronze, nous arrivons aux temps historiques. A la fin du 24ème siècle AC, Sargon l’ Ancien, grand conquérant et tout premier empereur, s’installe avec son peuple à Ur, au pays de Sumer. Il y apprécia l’écriture et la ziggourat, l’archétype de la tour de Babel. Les Sumériens envahis étaient très en avance sur leur temps.

En 2270 AC, son petit-fils Naram-Sin est le premier humain à être divinisé de son vivant. On est plein de ressource dans la famille, et c’est donc officiel, il suffit d’avoir assez d’arrogance et de métal pour être dieu.

Mais en 1833 AC les Elamites, des voisins avec qui ils étaient en bisbille depuis le début, renversent la dynastie. Le bien connu Abraham les trouve insupportables et préfère partir dans le désert à la recherche d’une nouvelle patrie, emportant ses troupeaux et son dieu.

Preuve que son dieu – le nôtre – n’est pas une mauviette mais plutôt sanguinaire et farouche, un ange doit, d’une poigne ferme et par bonheur, faire cesser la coutume de sacrifier ses enfants pour lui complaire dans les jours de doute.

Ce n’était plus de bonne politique dans le désert : sans armée, il fallait mettre un peu d’eau dans son vin.

5- La loi d’airain

Nous la connaissons tous et elle est toujours plus d’actualité. On la trouve dans la Bible, au tout début pour que personne ne puisse la rater. C’est la seule fois où dieu, qui n’est pas bavard, s’exprime au style (deux points, ouvrez les guillemets) à l’homme qu’il venait de créer, parachevant son œuvre.

Relisons-la (Gén I, 28)

« Croissez et multipliez, remplissez la Terre et soumettez-la, dominez sur tout… » ce qui bouge.

Regardons-y de plus près.

– Croissez et multipliez : il ne s’agit plus du simple maintien de l’espèce, comme exprimé par les Vénus enceintes qui englobaient toute vie dans leur désir de fécondité. Il faut dorénavant fournir de nombreux bras à l’économie et à l’armée et faire bloc opposable aux misérables mécréants. Dieu n’est résolument pas au courant qu’une croissance illimitée dans un lieu limité mène à l’explosion.

– Remplissez la Terre : on peut dire que c’est fait. Une deuxième couche peut-être ?

– Et soumettez-la : si on a bel et bien soumis ses autochtones, on reste irrémédiablement soumis à sa gravité et ses caprices. Mission impossible.

– Dominez : c’est exercer sa suprématie, qui inclut bien sûr le droit de vie et de mort. C’est le permis de tuer, la justification de tous les carnages ( chasse sportive des grands fauves, récréative des dodos puis du gibier d’élevage, intensive des bisons, phoques, baleines, éradication des nuisibles, négation de la souffrance animale, rien n’est épargné ), des guerres et de l’esclavage puisqu’on n’est jamais bien certain que les bougnouls ont une âme.

Notons bien qu’il n’est aucunement question de SE dominer, et que dieu a le bon goût d’aller se coucher pour un dimanche long comme une ère géologique, nous laissant seuls maîtres à bord et donc à la merci des moins scrupuleux d’entre nous qui deviennent fatalement les plus puissants.

Gabriel Garcia Marquez a bien vu la situation, faisant dire à un de ses personnages de « Cent ans de solitude » :

« …le diable était sûrement sorti victorieux de sa rébellion contre dieu et que c’était lui qui était assis sur le trône céleste, mais sans révéler son identité pour attraper les innocents. »

L’ancestral respect de la vie est caduc.

La nature n’a plus droit à aucune considération, et les affaires sont les affaires.

6- Le monde comme il va

Après ses débuts prometteurs à Ur, le dieu d’Abraham a connu une longue période difficile, en butte à ses confrères tout aussi impérialistes d’Égypte, de Babylone et de Rome. Seuls les Philistins ont fait les frais de sa volonté de domination, et sous leur appellation moderne de Palestiniens peuvent témoigner qu’il n’a rien perdu de sa vindicte malgré bien des déboires, déportations, pogroms et l’horrible Shoah.

Sa version chrétienne, par contre, a rencontré un succès merveilleux initié par Constantin Ier à Byzance – tiens, encore un empereur – converti en 312 : dieu lui aurait donné la victoire dans ses guerres indécises.

Tous les rois Germains des grandes invasions vers le Vème siècle se sont convertis comme un seul homme avec leurs armées en s’écriant « Soumettre et dominer, on sait faire ! », tellement soulagés d’échapper à leurs panthéons petit-bras et pinailleurs, tout en bénéficiant du concours d’une Eglise conquérante et organisée qui endort le peuple avec ses histoires de petit Jésus.

Pour booster la croissance, un pape (Anastase II en 498) décida de doter le fœtus d’une âme. Ca permettait de criminaliser l’avortement si néfaste à la natalité. Pourtant le mot âme provient du latin anima : le souffle, celui qu’on doit réclamer -et en criant- à la naissance.

Ainsi s’est bâtie l’Europe.

Ça a donné des idées à Mahomet qui ne voyait pas plus de mal à croître, soumettre et dominer. Ses amis de l’Hégire en 622 y étaient prêts. Un siècle plus tard ils règnent de l’Indus à l’Atlantique.

Ainsi s’est bâti l’Islam.

Avec l’Industrialisation (dès la fin du XVIIIème s.) dieu vient encore au secours du gros qui peine à écraser le petit. Par son bras financier, le dollar, elle proclame sur chaque pièce et billet qu’elle y croit ferme. « In God we trust » disent-ils sans rire. Eux leur fixette c’est la croissance, bien sûr sans omettre de soumettre et dominer, c’est si naturel.

La loi d’airain s’impose depuis au monde entier mais jalouse encore les tout derniers « sauvages » et leurs territoires d’Amazonie et de Bornéo.

Avouons que nous la pratiquons tous un peu avec nos insecticides, désherbants, tronçonneuses, et trop souvent dans nos métiers.

Nous mettons là le doigt sur la cause essentielle de la 6ème extinction en cours.

7- L’esprit des Lumières

Les religions n’aiment pas la Raison. Elles la disent orgueilleuse(1). En fait elle leur pose trop de questions auxquelles elles sont incapables de répondre, leur seul argument un tant soit peu convaincant n’ayant jamais été que la violence : allumer des bûchers, couper des cous ou au mieux ghettoïser et surtaxer l’infidèle.

Elles se complaisent dans l’ignorance, condition de la foi aveugle. Ce sont des émeutiers chrétiens qui ont mis le feu en 391 à la Bibliothèque d’Alexandrie et ses 490 000 rouleaux, somme du savoir antique. Et pour faire bonne mesure, toujours à Alexandrie alors très chrétienne, lapidé Hypatie en 415, une meuf qui, quel scandale, enseignait les maths(2).

Ils ne veulent pas se demander pourquoi la nature -Dieu comme l’appelait prudemment Spinoza- nous a pourvus d’une intelligence un peu performante, cette chose bizarre qui ne craint pas le doute et sait se remettre en question.

Mais pour rester dans la course aux armements les autorités ecclésiastiques ont bien dû supporter un minimum de science, fille vénale de la Raison, qui elle ne saurait se vendre sans se renier.

Par là a pu se faufiler l’esprit des Lumières -qu’on voit flamboyer parfois avec des Socrate, Spinoza, Voltaire, Einstein- toujours en recherche de Beau, du Bien, du Vrai, et vers lequel on ne peut que tendre sans jamais l’atteindre tout à fait.

Il a réussi à imposer sa devise « Liberté,Egalité, Fraternité ». Bon d’accord, elle tarde à être appliquée, mais ce n’est pas pour ça qu’il faut l’abandonner. Il faudrait plutôt lui adjoindre « dans le respect de toute vie » ou quelque chose d’approchant qui y incluse la Terre que nous avons du mal à reconnaître comme vivante après les millénaires du règne de la divine imposture et de sa loi d’Airain qui a tant mis à mal notre perception de la vie.

Notre langue est claire sur le sujet : perdre ses esprits, comme perdre la raison signifie devenir fou.

Et si, laissant dieu dans son inexistence, nous reprenions nos esprits ?

A commencer par celui des Lumières.

(1) C’est plutôt la foi qui est orgueilleuse, inébranlablement crispée sur ses dogmes quelle que soit l’excellence des arguments qu’on lui oppose, alors que la Raison n’attend qu’une preuve indubitable pour changer d’avis, faire amende honorable et remercier qui aura fait avancer la recherche de la vérité.

(2) Merci à Ulf Danielsson « La physique racontée aux poètes et aux enfants » éd. Robert Laffont.

Auteur Anonyme.


 

8 avril 2020

Le végétarisme a t-il un problème ? Concept histoire assiette


L'alimentation végétale fait débat depuis l'antiquité. Aux motivations éthiques défendues par les pythagoriciens s'ajoutent aujourd'hui des arguments environnementaux et sanitaires très débattus. D'où vient le végétarisme, et peut-il durablement métamorphoser nos assiettes ? Un spécialiste de l'histoire du véganisme et un médecin nutritionniste viennent alimenter nos réflexions.

Programme :
- Ouverture de la rencontre par Aurélien BARRAU

- Conférence de Renan LARUE  - La guerre au végétarisme, de l'antiquité aux néocarnistes

- Conférence du Dr Jérôme BERNARD-PELLET- Végétarisme et santé : une contradiction ?

Voir en ligne :

https://invidio.us/LWt14eeQ1TE

https://youtu.be/LWt14eeQ1TE

 

21 avril 2019

Sauvons la cathédrale du cœur


Pour un autre usage de Notre-Dame-de-Paris

paru dans LundiMatin,  le 16 avril 2019 
 
Nous avons reçu ce texte émouvant rédigé par un curé de campagne de passage à Paris. Bouleversé, il appelle à ce que Notre-Dame-de-Paris soit laissée en l’état, c’est-à-dire arrachée aux mains des prédateurs par les flammes de l’incendie et enfin rendue au peuple et à son libre usage.
 
 
 
 

15 janvier 2019

Végétalisme éthique: Leon Tolstoï


Un jour, alors que Tolstoï (1828-1910) est à table avec ses nombreux enfants, sa femme Sophie ainsi que des invités, sa tante s’approche pour dîner. La vieille dame trouve sur sa chaise un poulet vivant et un couteau. Devant son étonnement Tolstoï lui fait remarquer, non sans humour: « Nous savions que vous vouliez manger du poulet mais personne n’a oser le tuer ». Bien sûr la tante ne tua pas le poulet et il semble même qu’elle fut tellement choquée que ce soir là, elle ne mangea pas de viande. (..)

 

15 septembre 2016

Pier Paolo Pasolini : « L’Église doit passer à l’opposition »





De la condamnation radicale de la société de consommation à la défense des petites gens et de leurs cultures, il y a plus d’un point commun entre le réalisateur Pier Paolo Pasolini, que la critique qualifiait volontiers de “pas très catholique” et le souverain pontifical actuel qu’on aurait pourtant bien du mal à désigner de la même manière. En plus d’avoir vécu dans la même ville, quoique pas dans le même État, ces deux personnages emblématiques chacun à leur manière partagent largement une vision et un respect de l’humain contre ce(ux) qui les exploite.
 
 

31 juillet 2016

Résistons ensemble à l'islam politique


La Presse.ca | 28 juillet 2016

Je me suis réveillée un peu engourdie, les mains moites et la tête lourde d'un trop-plein d'horreur. L'image du curé Jacques Hamel, debout, en soutane blanche, le visage émacié et les mains croisées sur un lutrin, me faisait penser à un tableau de Caravage. Je devine la bonté de cet homme d'Église de 86 ans égorgé devant les fidèles dans sa paroisse. À Saint-Étienne-du-Rouvray, cette ville ouvrière de près de 30 000 habitants de la France profonde marquée par le chômage et victime de la désindustrialisation, le curé y est décrit comme une figure prenant soin des autres. [...].

Si cette histoire me bouleverse aussi profondément, c'est certainement en raison de mon aversion à cette idéologie mortifère de l'islam politique que j'ai expérimentée dans la jeune vingtaine. En Algérie, l'hémorragie des forces vives s'est poursuivie, sans répit, pendant une dizaine d'années. Confrontés à l'accélération de l'histoire, nous n'avions rien vu venir. Rien du tout. Comme chaque fois, face à la bêtise humaine, des voix s'élevaient pour nous offrir la force de croire en la possibilité d'une autre vie. Pierre Claverie, l'évêque d'Oran, faisait incontestablement partie de ces hommes courageux et lucides. Ouvrez, ouvrez grandes les portes de l'évêché aux démocrates menacés, traqués et condamnés à mort par le Front islamique du salut et ses armées! Telle a été la position de ce natif d'Alger assassiné à Oran le 1er août 1996 en compagnie de son chauffeur. [...].

L'islam politique assèche les corps, assoiffe les âmes, tue le désir. Face à ce monstre liberticide, les démocrates gagneraient à unir leurs forces. Et pourtant, ils avancent en rangs dispersés. La gauche communautariste souffle sur les braises de l'« islamophobie » faisant du pied à ceux qui rêvent de nous précipiter dans une guerre des religions et de nous plonger durablement dans le clash des civilisations. [...].

On avance même l'idée que le terrorisme ne serait que la conséquence d'une intégration laborieuse et d'une laïcité trop intransigeante. Au final, ces thèses négationnistes ne font que conforter les soldats du califat sans jamais questionner le centre nerveux de l'islamisme, son idéologie, ce poison lent et inexorable.

Dans la lettre paroissiale de juin 2016, le père Jacques Hamel avait émis le voeu de construire « [...] un monde plus chaleureux, plus humain, plus fraternel [...] ». Comment imaginer que ce souhait puisse se réaliser sans la mise en échec de l'islam politique? Comment faire comprendre à ceux qui nous gouvernent que leurs complaisances et leurs lâchetés tracent la voie aux assassins de l'humanité?

Djemila Benhabib, écrivaine

Trois-Rivières
 
 

14 juin 2016

Stop Exploiting LGBT Issues to Demonize Islam and Justify Anti-Muslim Policies


In the late 1990s, Eric Rudolph — raised Catholic and affiliated for a time with a Christian Identity sect — bombed abortion clinics and a gay bar, insisting they were venues of immorality and evil. Last July, an Orthodox Jewish Israeli attacked the marchers in the Jerusalem LGBT pride parade, stabbing six of them, and one of them, a teenager, died of her wounds; justifying his attacks by appealing to Talmudic punishments for homosexuality, he had just been released from a 10-year prison term for doing the same in 2005. Yesterday, a Christian pastor from Arizona, Steven Anderson, praised the slaughter of 49 people in an Orlando LGBT club on the ground that “homosexuals are a bunch of disgusting perverts” and are “pedophiles.” (...)

Suite sur The Intercept 

Ajout (18 juin) : Cet article est maintenant disponible en français sur (et grâce à) LGS ..

16 décembre 2015

Exorcisme


Des religieuses prient (semble t'il) pour la "conversion" d'un punk ;)

 

8 juillet 2015

Le pape jette un froid avant les négociations de la COP21 sur le climat


 

A quelques semaines de la conférence de Paris sur le changement climatique, le pape François a présenté sa deuxième encyclique Laudato Sii.

Attendue, cette encyclique dresse un constat sans concession de ce qu’il appelle la situation de l’humanité : pollution, chute de la bio-diversité, réchauffement climatique, culture du déchet, épuisement des ressources naturelles ; mais aussi détérioration de la qualité de la vie humaine, dégradation sociale, croissance des inégalités ; et encore faiblesse des réactions. Surtout, il critique le paradigme « techno-économique » et le capitalisme avec cette course effrénée au toujours plus. Le capitalisme est clairement mis sur le banc des accusés. Son modèle de société également. Quelques citations sont sans équivoques : « Étant donné que le marché tend à créer un mécanisme consumériste compulsif pour placer ses produits, les personnes finissent par être submergées, dans une spirale d’achats et de dépenses inutiles. Le consumérisme obsessif est le reflet subjectif du paradigme techno-économique » ; « « L’humanité est appelée à prendre conscience de la nécessité de réaliser des changements de style de vie, de production et de consommation, pour combattre le réchauffement » ou encore « La situation actuelle du monde « engendre un sentiment de précarité et d’insécurité qui, à son tour, nourrit des formes d’égoïsme collectif ». (...)

 

16 janvier 2015

L’Occident fabrique des monstres musulmans


Terrorisme musulman : à qui la faute ? (Counterpunch)






Il y a cent ans, il aurait été inimaginable de voir deux hommes musulmans entrer dans un café ou un transport en commun, puis se faire exploser, en tuant des dizaines. Ou de massacrer l’équipe d’un magazine satirique à Paris ! C’eut été inconcevable.

Quand vous lisez les mémoires de Edward Said, ou que vous parlez à des vieux à Jérusalem-Est, il est clair que la grande partie de la société palestinienne était résolument laïque et modérée. On se souciait de la vie, de la culture et même de la mode, plus que de dogmes religieux.

On pourrait dire la même chose à propos de nombreuses autres sociétés musulmanes, dont celles de la Syrie, de l’Irak, de l’Iran, de l’Egypte et de l’Indonésie. Les vieilles photos parlent d’elles-mêmes. C’est pourquoi il est si important d’étudier les anciennes images encore et encore, avec soin.

L’islam n’est pas seulement une religion ; c’est aussi une énorme culture, une des plus grandes de la Terre, qui a enrichi notre humanité avec certaines des réalisations scientifiques et architecturales les plus importantes, et d’innombrables découvertes dans le domaine de la médecine. Les musulmans ont écrit de la poésie magnifique, et composé de la belle musique. Mais surtout, ils ont développé certains des premières structures sociales dans le monde, dont d’énormes hôpitaux publics et les premières universités au monde, comme l’Université Al Quaraouiyine à Fès, au Maroc.

L’idée de « social » était naturel chez de nombreux politiciens musulmans, et si l’Occident n’avait pas brutalement interféré en renversant les gouvernements de gauche et en mettant sur le trône les alliés fascistes de Londres, Washington et Paris, presque tous les pays musulmans, dont l’Iran, l’Egypte et l’Indonésie, seraient probablement socialistes aujourd’hui, sous la houlette de dirigeants très modérés et majoritairement laïcs.

Suite sur LGS ...


7 novembre 2014

François, le pape des damnés de la terre

AU VATICAN, RENCONTRE MONDIALE DES MOUVEMENTS POPULAIRES 

Par Ignacio Ramonet | Mémoires des luttes | 29 octobre 2014

Le Pape François : « Quand je défends les pauvres, certains m’accusent d’être communiste ! »

Journée historique au Vatican ce mardi 28 octobre 2014. Parce qu’il n’est pas fréquent que le Pape convoque, au Saint-Siège, une Rencontre mondiale des mouvements populaires, à laquelle participent des organisations d’exclus et de personnes marginalisées des cinq continents et de toutes origines ethniques et religieuses : des paysans sans terre ou qui occupent illégalement des propriétés, travailleurs informels urbains, femmes révoltées, recycleurs et biffins, cartonniers, peuples indigènes en lutte... Plusieurs dirigeants présents sont menacés par des escadrons de la mort... En somme, une Assemblée mondiale des damnés de la terre. Mais des damnés qui se battent et ne se résignent pas.

Il est encore moins fréquent que le Pape en personne s’adresse à ces personnes en leur disant qu’il veut « écouter la voix des pauvres » parce que « les pauvres ne se contentent plus de subir les injustices, mais ils luttent contre leur sort » et qu’il veut, lui, le Pape, « les accompagner dans cette lutte ». François leur a dit également que « les pauvres n’attendent plus les bras croisés des solutions qui ne viennent jamais ; maintenant, les pauvres veulent être acteurs de leur destin et trouver eux-mêmes une solution à leurs problèmes » car, ajoute-t-il, « les pauvres ne sont pas des êtres résignés, ils savent protester, et se révolter ». Et il a dit : « J’espère que le vent de cette protestation deviendra un orage d’espérance. »

François a également affirmé : « La solidarité est une manière de faire l’histoire. » C’est pourquoi, il rejoint la demande des pauvres qui réclament « de la terre, un toit et un travail ». Il a commenté : « Certains, quand je demande pour les pauvres de la terre, un toit et un travail, disent que ‘le Pape est communiste’ ! Ils ne comprennent pas que la solidarité avec les pauvres est la base même des Evangiles. »

François a rappelé que « la réforme agraire est une nécessité morale ! » Et il a accusé, sans le nommer, le néolibéralisme d’être à l’origine de nombreux malheurs contemporains : « Tout cela arrive – a-t-il précisé – quand on déplace l’être humain du centre du système et qu’on le remplace par l’argent-roi. » Il a répété qu’ « il faut hausser la voix ». Et il a rappelé que « les chrétiens, nous disposons d’un programme que j’oserais qualifier de révolutionnaire : les béatitudes du Sermon de la Montagne rapportées par Saint Matthieu dans son Evangile. »

Un discours fort, courageux, qui s’inscrit dans le droit fil de la Doctrine sociale de l’Eglise à laquelle François s’est référé explicitement. Cela faisait très longtemps qu’un Pape ne prononçait pas une allocution aussi sociale, aussi « progressiste » sur un thème, les pauvres, qui constitue l’une des bases fondamentales de la doctrine chrétienne.

Cette intervention a été d’autant plus importante qu’elle fut prononcée en présence du président de la Bolivie, Evo Morales, icône des mouvements sociaux et leader mondial des peuples autochtones. Un moment plus tard d’ailleurs, très applaudi, le président Morales prenait à son tour la parole, devant le même auditoire, pour expliquer, de nombreux exemples à l’appui, que « le capitalisme, qui fait commerce de tout, a créé une civilisation du gaspillage ». Il a insisté sur l’idée qu’ « il faut refonder la démocratie et la politique, parce que la démocratie c’est le gouvernement du peuple et non pas celui du capital et des banques ». Il a également mis l’accent sur « le respect nécessaire de la Terre mère » et « la mobilisation indispensable contre la privatisation des services publics ». Il a suggéré aux mouvements sociaux réunis à l’occasion de cette Rencontre de « créer une grande Alliance des exclus » pour défendre les « droits collectifs » qui complètent, selon lui, les droits de l’homme.

Le sentiment général des participants à cette Rencontre inédite c’est que ces deux interventions du pape François et du président Evo Morales confirment d’une part, la nouvelle dimension internationale du président bolivien, et, d’autre part, le nouveau rôle historique du Pape François qui semble s’affirmer de plus en plus comme le porte-parole des pauvres d’Amérique latine et de tous les exclus du monde.

Texte intégral (en espagnol) du discours du Pape François le 28 octobre 2014 à l’occasion de la Rencontre mondiale des mouvements populaires.

Lire aussi: Le pape François invite les pauvres à « protester et se révolter»
 

9 avril 2013

CIVITAS, le retour de l'obscurantisme, mais en plus con




29 septembre 2012

Appel contre l'islamophobie

Campagne d’affichage débutée lundi 24 septembre 2012 dans le métro de New-York


Appel des libertaires contre l'islamophobie 






Anarchistes, communistes libertaires, anarcho-syndicalistes, autonomes, artistes, organisés ou non-organisés, nous faisons part de notre condamnation totale de l’islamophobie sous toutes ses formes. Nous affirmons que l’islamophobie est une forme de racisme. 

(lire la suite...)

6 janvier 2012

Les fous de Dieu américains aux portes du pouvoir

Par Le yéti | 5 janvier 2012


Ah, on nous en sort de belles sur les perfidies de l’iranien Ahmadinedjad, sur les menaces pernicieuses de l’islamisme galopant. Pourtant, les primaires républicaines qui viennent de se tenir en Iowa (USA) révèlent un péril tout aussi terrifiant.

Car d’autres fous de Dieu sont aujourd’hui aux portes du pouvoir de la première puissance mondiale.

Et eux disposent déjà de l’arme nucléaire (dont ils sont les seuls à s’être servis). Eux sont en cheville avec un complexe militaro-industriel aux appétits historiquement sans limites. Eux sont déjà engagés, en divers points de la planète (Afghanistan, Irak…), dans d’obscurs combats pour la défense d’un Bien aux relents douteux.

Les “caucus” de l’Iowa permettent à deux hommes de se distinguer :

  • l’un attendu, Mitt Romney ; l’autre comme un diable sorti du chapeau ;
  • Rick Santorum, arrivé quasi ex-æquo à la surprise générale avec seulement huit voix de retard sur son concurrent.
Un sacré client, ce Santorum ! Religieux forcené, forcené opposant à l’avortement et la sodomie, homophobe illuminé, proche de l’ultra conservateur Tea Party .
Au point de faire passer le favori Mitt Romney pour un père peinard modéré, Nos médias microcosmiques ne manquent d’ailleurs pas de le souligner avec un trouble soulagement. Or, n’est-ce pas ce Romney qui déclara sans trembler le 7 octobre dernier :
« Dieu a créé l’Amérique pour dominer le monde. »

Les crises rendent tous les fous de Dieu dangereux

Frissons ! On avait cru échapper aux affres d’un ridicule et pathétique George Bush, nous revoici avec des zèbres auprès desquels nos Sarkozy, Le Pen, Guéant, et autre harpie Morano font presque pâle figure (même si cela ne les rend pas plus sympathiques pour autant).

La crise qui ravage les États-Unis, les atermoiements d’un Obama, sous influence des faucons de Wall Street, et dont le seul exploit fut d’être capable (« yes we can ») de rater et de renier à peu près tout ce qu’il avait promis, ouvre aujourd’hui toutes grandes les portes de l’alternance à la Maison Blanche. Mitt Romney n’est-il pas déjà donné vainqueur par certains sondages ?

C’est précisément la crise dite de “la Grande perdition” qui rend tous les fous de Dieu encore plus dangereux. Traqués, n’existant que par les menaces dont ils se prétendent cernés, on les sait de nature à céder aux fuites en avant les plus dévastatrices.

N’oublions pas que le camp des obscurantistes islamistes d’en face, mais aussi les maffias et les dictatures toute puissantes, qui ont établi leur pouvoir sur les ruines d’un système finissant (Russie, Chine…) ne valent guère mieux.

Pris dans l’étau au beau milieu de cette folie mystico-matérialiste galopante, les humains de bonne volonté ne vont bientôt plus savoir à quel saint “indigné” se vouer.

Plût à… (ah non, je ne vais pas non plus m’y mettre, avec ce Dieu que les hommes brandissent quand ils ne savent plus où ils sont), plût aux humains de bonne volonté, donc, que cette sortie de crise tant attendue ne se révèle pas proprement sanglante.
voir en ligne..

 

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