1 septembre 2013

La Syrie et l'Hubris occidentale



Tunisie Secret | 28 août 2012

Mezri Haddad vient de publier sur sa page facebook cet article somptueux sur la guerre qui vise la Syrie. Plus les mois et les années passent, plus l'équipe de Tunisie-Secret est fière d'avoir cru aux analyses prospectives de ce grand philosophe et de l'avoir soutenu contre les cybers-collabos, les ignorants et les mercenaires qui ont voulu le salir et le discréditer. Nous l'avons déjà écrit, nous le répétons encore, cet homme a été le seul tunisien à comprendre tout de suite les enjeux géopolitiques et néocolonialistes du printemps arabe. Le premier et le seul à dire aux Tunisiens la vérité. Le premier à dire aux Arabes prenez garde. Même s'il n'a pas été entendu à l'époque et qu'il a été victime d'une campagne odieuse, il a continué son combat solitaire et patriotique. Imperturbable, il dit ce soir à l'Occident, mensonge, voici ta vérité.


Dans l’hystérie collective du « printemps arabe », allumé par le peuple le plus « éduqué », le plus « intelligent » et le plus « politisé » de la planète, les architectes de ce plan de démolition programmatique des Etats-Nations ont essayé d’entraîner les Syriens dans l’autodestruction de leur pays sous la revendication fallacieuse de la démocratie. N’ayant pas eu le bon général « loyal » pour dire Non à Assad, comme ce fut le cas en Tunisie et en Egypte, les démocraties occidentales ont armé et embrigadé tout ce que le monde musulman compte de criminels, de dégénérés et de fanatiques pour mener le Djihad au nom d’Allah et des droits de l’homme, deux "valeurs" qui s'accordent à merveille, comme chacun sait !

Mais le peuple syrien a résisté. Soutenu par les bédouins du Qatar,les esclavagistes d’Arabie Saoudite, les Frères musulmans de Turquie et les islamo-atlantistes de Libye et de Tunisie, ces hordes fanatisées ont commis les pires crimes en Syrie. Mais les dignes héritiers des Omeyyades n’ont pas été vaincus. Ils ont alors trouvé l’argutie mobilisatrice, comme au bon vieux temps de la croisade contre l’Irak : l’utilisation d’armes de destruction massive. Ces gladiateurs de la liberté savent pourtant que les criminels qui ont utilisé des armes chimiques sont leurs propres mercenaires islamistes et terroristes ; et c’est la raison pour laquelle ils ne veulent pas attendre les conclusions de la commission d’enquête onusienne. Ils ont décidé de frapper la Syrie pour « punir »le régime, selon l’expression du porte-parole de la Maison Noire.

Le Tunisien, l'Arabe et le musulman que je suis veux alors rappeler aux dépositaires de la conscience universelle que les pires crimes contre l’Humanité commis ces deux derniers siècles sont de leurs faits et méfaits. Que l’éradication des Indiens d’Amérique, c’est eux.Que l’esclavage, c’est eux. Que le colonialisme, c’est eux. Que la première et seconde guerre mondiale, c’est eux. Que le génocide du peuple Juif, c’est eux.Que l’arme de destruction massive par excellence, la bombe atomique lâchée sur les Japonais, c’est eux. Que le Vietnam, c’est eux. Que l’invention des armes chimiques, c’est eux. Que la première utilisation de ces armes chimiques en 1915, c’est leurs alliés Turcs contre les Arméniens (1 million 300 000 morts).Que la seconde utilisation de ces armes chimiques, c’est eux et entre eux en 1914-1918. Que la troisième utilisation de ces armes chimiques, c’est eux et entre eux en 1939-1945.

L’action militaire que les dépositaires de la conscience universelle s’apprêtent à mener contre la Syrie est du même type, de la même « morale » et de la même psychologie impérialiste et raciste que l’agression tripartite (France,Grande Bretagne, Israël) contre l’Egypte, en octobre 1956. Parce que Nasser a décidé de nationaliser la Compagnie du Canal de Suez, il a été traité « d’Hitler »et « d’apprenti-dictateur », par la même presse pharisienne qui mène contre la Syrie une campagne de désinformation digne de Goebbels, comme celle qui a été menée contre l’Irak de Saddam Hussein et qui a ramené ce grand pays « à l’âge de pierre », comme l’avait promis James Baker à mon ami Tarek Aziz. L’anglais Antony Eden, premier ministre, et le socialiste français Guy Mollet, président du Conseil, disaient que « la seule réponse à la mégalomanie de ce nouvel Hitler qui veut constituer un empire panarabe, c'est la force. Il faut renverser Nasser ». Comme les Américains ont renversé le premier ministre iranien Mossadegh en 1953 et le président du Guatemala Jacobo Arbenz une année après. Là aussi, c’était une occasion pour la France « socialiste »de punir Nasser pour son soutien à la résistance algérienne, comme, depuis deux ans, la « punition » de Bachar pour son soutien à la résistance libanaise et palestinienne.

La guerre froide a commencé il y a quelques mois et elle peut vite tourner à la guerre « chaude », ce qui serait une bouffée d'oxygène pour l'économie capitaliste et mondialiste moribonde, plus particulièrement pour l'économie virtuelle américaine. Ce qui se joue actuellement et dans les prochaines heures en Syrie, ce n’est pas l’avenir de ce peuple qui résiste de façon héroïque à l’invasion islamo-atlantiste, mais celui de l’Humanité. C’est maintenant que la Russie, la Chine et l’Inde doivent mettre fin à l’hégémonisme américain. Le Nouvel ordre mondial né de l’implosion de l’URSS et de la chute du mur de Berlin doit disparaître au profit de la paix mondiale dans la Souveraineté des Nations. S’ils laissent faire la destruction du monde arabe par ce que la propagande occidentale appelle le « printemps arabe », il y aura par la suite un « printemps africain », ensuite un « printemps asiatique », puis un « printemps latino-américain »... Depuis Rome et depuis la Grèce antique, l’Hubris occidentale n’a pas de limite.

Mezri Haddad, philosophe et ancien Ambassadeur.  

Source (titre, préambule et article:  http://www.tunisie-secret.com/La-Syrie-et-l-Hubris-occidentale_a578.html

20 août 2012

Automne arabe




Observatoire de L'islamisation | 8 août 2012

Conférence d'Alain Chouet (ex directeur de la DGSE) sur les révolutions islamiques en cours

27 juin 2012

french_intelligence_officer_Alain_CHOUET.jpg"Quand je suis allé pour la première fois en Syrie en 1966, le pays était encore politiquement dominé par sa majorité musulmane sunnite qui en détenait tous les leviers économiques et sociaux. Et les bourgeois sunnites achetaient encore – parfois par contrat notarié – des jeunes gens et de jeunes filles de la communauté alaouite dont ils faisaient de véritables esclaves à vie, manouvriers agricoles ou du bâtiment pour les garçons, bonnes à tout faire pour les filles."
Invité de l'Association Régionale Nice Côte d'Azur de l'IHEDN (AR29), le 27 juin 2012, Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, reconnu bien au-delà de l'Hexagone pour son expertise du monde arabo-musulman, a livré aux auditeurs son sentiment au cours d'une conférence qui a connu un vif succès :

"L'expression "printemps arabe" est censée faire référence au « Printemps des peuples » de 1848. Depuis la révolte de Sidi Bouzid, le 17 décembre 2010, la contagion s'est étendue de la Tunisie successivement à l'Égypte, à la Libye, à Bahrein, au Yémen et enfin en Syrie.

Contrairement à ce qui a pu être dit, ces contestations populaires, d'une ampleur et d'une intensité très variables, n'ont pas été le fait des "réseaux sociaux", dans des pays où l'accès à Internet est réduit à une minorité de personnes "branchées" et où les moyens de blocage du Net sont très développés. Même si les aspirations de ces divers peuples visaient à chasser des dirigeants corrompus pour favoriser l'instauration d'une démocratie, les manifestants en reprenant le slogan « Dégage ! » (« Erhal » en arabe) entendaient réclamer un meilleur partage des richesses pour améliorer leurs conditions de vie, obtenir des emplois et retrouver une certaine dignité (« karama » en arabe). En fait, ces révoltes, révolutions ou encore «réveil arabe » ont en commun d'avoir été financées par le Qatar et d'autres monarchies du Golfe et d'avoir été encadrées par les Frères musulmans. Le résultat ne s'est pas fait attendre : on en voit déjà les effets en Tunisie, en Libye et bientôt en Égypte. La question que l'on est en droit de se poser est : par quel miracle, les européens ont-ils pu soutenir à ce point des mouvements qui vont à la fois à l'encontre des intérêts mêmes de ces populations et aussi des nôtres. Si la démocratisation de ces pays ne nous laisse pas indifférent, les voir retomber dans une nouvelle forme de soumission plus insidieuse n'augure rien de bon pour l'avenir.

 

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