8 janvier 2016

Un an après Charlie, ils et elles veulent vivre ensemble


Et si, après les attentats de 2015, on ouvrait les coeurs plutôt que de sortir les armes ? Et si l’on tendait des fanions colorés au-dessus des rues ? Et si l’on parlait plus d’éducation que de prison ? Un an après Charlie, à la ville et à la campagne, des hommes et des femmes témoignent que oui, l’on peut vivre ensemble.
 
Commerçante de la rue Bichat, dans le 10e arrondissement de Paris, la boutique d’Hélène Lebecque se trouve à quelques mètres du bar le Carillon et du restaurant le Petit Cambodge, deux des lieux touchés par les attentats du 13 novembre dernier. Elle a eu une idée toute simple, qui a mobilisé le quartier : accrocher des guirlandes de fanions colorés dans les rues.

« Cela fait six ans que je travaille dans le quartier et j’habite à côté du Bataclan. Tous les jours je viens au travail à pied : je passe par tous les lieux des attentats, il y a des morts partout sur mon chemin... Mais je ne voulais pas changer mon parcours. Alors comme je travaille avec des tissus, du papier, j’ai eu l’idée des guirlandes de fanions.

Je l’ai proposée autour de moi, (...)
 
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18 novembre 2015

Michel Collon : « Eh, Zemmour, je vis à Molenbeek ! Et toi ? »


 L'écrivain Michel Collon répond à la proposition du polémiste Eric Zemmour de bombarder la commune de Molenbeek

Investig'action | 17 novembre 2015, par Michel Collon

Désolé pour le tutoiement, mais le respect, ça se mérite. Or, tu viens de proposer de « bombarder Molenbeek ». Et il se trouve que moi je vis dans cette commune de Bruxelles, puisque notre bureau d’Investig’Action s’y trouve. Donc, le respect, eh bien, je ne suis pas certain que tu y aies droit.

Avant de mourir, puis-je te poser deux ou trois questions qui me tracassent ? D’abord, comptes-tu bombarder l’ensemble de Molenbeek (environ cent mille habitants) et donc aussi mon quartier ? Ou bien procéderas-tu seulement à des « frappes chirurgicales » ?

Tu sais, comme celles de tes potes de l’armée US, dont les missiles et les drones tuent chaque jour des enfants, des femmes et des vieux en Afghanistan et ailleurs. Ou bien comme celles de ton pote Sarkozy qui a massacré plein de petits gosses en Libye, dont j’ai pu, étant sur place pendant les bombardements, voir les « déchets », c’est le seul mot qui convient pour ces morceaux de viande qu’étaient devenus de petits gosses charmants sous les missiles humanitaires de tes amis. Mais as-tu bien réfléchi, Eric ? Bombarder des innocents et semer la haine, ne crois-tu pas que c’est justement cela qui produit des terroristes ?

Ensuite, peux-tu me dire où tu habites afin que nous soyons sur pied d’égalité ? Certains disent que dans les beaux quartiers où j’ai l’impression que tu vis (je ne sais pourquoi, mais je t’imagine difficilement dans une cité ouvrière), dans ces beaux quartiers des Ferrari et du foie gras, c’est là qu’on trouve l’élite française, tu sais, celle des actionnaires du CAC 40 qui tremblent de joie quand Lagardère vend à l’Arabie saoudite les missiles qui tuent les gens au Yémen, ou quand Dassault refile des bombardiers à Netanyahou ?

Enfin, puisque tu sembles avoir des missiles en trop, ne penses-tu pas qu’il faudrait – dans ta logique – prendre pour cibles ceux qui ont armé, financé et acheminé vers la Syrie les terroristes dont certains sont maintenant revenus commettre les mêmes atrocités en France ? Est-ce malin de ta part de frapper des exécutants qui forcément seront remplacés ? Ne ferais-tu pas mieux de t’en prendre plutôt aux commanditaires ? Tu ne sais pas où les trouver ?

Je vais t’aider. Un certain Laurent Fabius (j’ai pas son adresse, mais ça doit se trouver dans l’annuaire) a déclaré en 2012 : « Al-Nosra fait du bon boulot en Syrie ! » Un certain Bernard-Henri Lévy est allé fraterniser avec la section d’Al-Qaida en Libye. Un certain François Hollande a été vu fréquemment en compagnie des cheikhs saoudiens, tu sais ceux qui empoisonnent le cerveau de ces jeunes. Un certain Alain Juppé est allé embaucher pour la sale guerre contre la Syrie le Turc Erdogan : tu sais, celui qui déroule un tapis rouge aux terroristes depuis l’aéroport d’Ankara jusqu’à la frontière syrienne et celui aussi qui aide Daesh à vendre son pétrole ?

Ah oui, en passant, Eric, j’aimerais te dire que Molenbeek est une commune très chouette à vivre, les gens y sont très chaleureux, bien sûr il y a quelques brebis galeuses (à Monaco, aussi, tu ne crois pas ?). Et donc je t’invite à venir la visiter en ma compagnie. Tu rencontreras des gens souvent assez pauvres mais qui essaient de s’en sortir. Parce que c’est curieux, mais quand on s’appelle Mohamed ou Karim, il est plus difficile de trouver un job que lorsqu’on s’appelle Eric ou Michel, tu comprends ça ? Et donc c’est là que se concentre la pauvreté à Bruxelles.

Parce que tes amis du patronat se fichent bien que tout le monde ait un emploi et un avenir, ce qui les intéresse au contraire, c’est de gagner un maximum en payant le minimum, et pour ça, plein de chômeurs qui font pression sur le niveau des salaires, c’est bon pour les affaires, non ? A Molenbeek, si tu veux bien quitter tes beaux quartiers, juste pour un jour, tu rencontreras plein de gens qui ont juste envie qu’on cesse de diaboliser les musulmans, qu’on les reconnaisse dans leur dignité et qu’on donne une chance à leurs enfants.

Quand je demandais ton adresse, Eric, je plaisantais bien sûr, raccroche ton téléphone, le 112 est déjà assez chargé. Non, mes seules armes, ce sont les raisonnements basés sur des faits. Donc, je te lance un défi. N’ayant jamais eu l’honneur d’être invité à débattre avec toi dans les grands médias français, je te propose de combler cette lacune. Examinons ensemble qui est responsable de tout ce carnage. Et laissons le public en juger.

Où tu veux, quand tu veux.

Notes :

1) - http://www.lesoir.be/1045840/articl...

2) - Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie ?, Investig’Action, 2015, chapitres 3 et 4.

3)- 12 décembre 2012, Marrakech.

4) - http://michelcollon.info/Pourquoi-B... Michel Collon, Libye, Otan et médimensonges, Investig’Action, 2011, p. 150-153.

5) - http://www.lefigaro.fr/internationa...

Source : www.francais.rt.com/www.investigaction.net
  

30 avril 2015

Emmanuel Todd : "Le 11 janvier a été une imposture"


 29 avril 2014, par L'Obs Bilbliobs

Quatre mois après les manifestations post-attentats, l’historien et démographe Emmanuel Todd publie un livre réquisitoire contre une France pétrie de bonne conscience, qui a fait sécession de son monde populaire. Entretien coup de poing.

Le 7 mai prochain, l’historien et démographe Emmanuel Todd publiera «Qui est Charlie ?» (Seuil), charge terrible contre la France de François Hollande. Un texte écrit dans la fièvre, au sujet duquel il a accordé à "L’Obs" un entretien exclusif. Son angle d’attaque, particulièrement original, consiste à observer l’origine régionale et socio-politique des manifestants du 11 janvier.

Sous les bons sentiments brandis, Todd fait parler les cartes et les statistiques pour comprendre la signification profonde de ce qui restera comme le plus important rassemblement de l’histoire moderne du pays. Et ce qu’il voit n’est pas destiné à plaire. Ce qu’il voit c’est un épisode de «fausse conscience» (Marx) d’une ampleur inouïe. Ce qu’il voit ce sont des millions de somnambules se précipiter derrière un Président escorté par tous les représentants de l’oligarchie mondiale, pour la défense du droit inconditionnel à piétiner Mahomet, «personnage central d’un groupe faible et discriminé». Ce qu’il voit c’est un mensonge d’unanimisme aussi, car ce jour-là, les milieux populaires n’étaient pas Charlie, les jeunes de banlieue, qu’ils fussent musulmans ou non, n’étaient pas Charlie, les ouvriers de province n’étaient pas Charlie.

Le grand entretien avec Emmanuel Todd est à retrouver en son intégralité dans "L'Obs" du 30 avril, ou dès aujourd'hui dans la zone abonnés. En voici des extraits. (...)
   
  
  

18 avril 2015

Puis ils sont venus me chercher, et il ne restait personne pour protester


Big Brother, c'est le grand frère qui ne veut que ton bien et ton bonheur, et il sait mieux que toi à quoi ça ressemble, donc prière de ne pas penser sans son accord.

Je croyais que le roman 1984 était de l'histoire ancienne, la dénonciation d'un âge sombre qui parlait de peuplades reculées dans le temps et l'espace. C'était peut-être d'actualité pour des barbares comme les Américains et les Chinois, mais nous, Français ? Ho non, trop bien éduqués pour ça. On "savait". On ne ferait jamais ça. On est le pays des Droits de l'Homme, nous. Liberté, égalité, fraternité, tout ces trucs.

Nous sommes en 2015. La démocratie vient de finir sa mue (...)
 
 

20 février 2015

La lutte contre le racisme et l’antisémitisme, arme de destruction massive des libertés publiques.


Il y a des hasards de calendrier qui en disent long. Cette semaine a vu le passage en force de la loi Macron, sans doute la réforme la plus libérale votée sous la 5ème République, ainsi que l’annonce par la Garde des Sceaux d’un énième projet de loi contre le racisme et l’antisémitisme.

La mécanique est bien rodée : surfer sur l’émotion collective provoquée par un événement dramatique pour faire passer une nouvelle loi liberticide. La dernière en date ne fait pas exception. La profanation d’un cimetière juif de Sarre-Union par cinq mineurs qui ont saccagé 250 tombes ainsi que les agissements de certains supporters de Chelsea qui ont empêché un homme noir de monter dans le métro ont servi de prétexte à un énième durcissement pénal. Le nouveau projet de loi de Christiane Taubira fait des actes racistes et antisémites des circonstances aggravantes dans de multiples infractions. Il crée en outre une plateforme dédiée aux personnes victimes (...)
 
 
 
 

18 février 2015

Un général français dénonce la manipulation dans l'affaire des attentats de Paris


Dans une lettre adressée à un officier musulman, le général français Henri Poncet s’élève contre les opérations de manipulation des émotions suscitées par les attentats contre le journal satirique Charlie Hebdo. Publiée par un site web, la lettre de cet officier supérieur confirme tout ce qui se dit sur la grosse machine propagandiste antimusulmans et anti-immigration qui s’est mise en branle depuis ces attentats meurtriers. Rentrant des Etats-Unis quelques jours après les actions terroristes qui ont frappé la France, le général Poncet se joint ainsi à ces voix dissonantes qui dénoncent l’hypocrisie d’une classe politique en panne d’idées. (...)
 
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2 février 2015

Pour en finir avec les théories du complot


Conscience Citoyenne Responsable
par 2ccr, le 28 janvier 2015  

Pour en finir avec les théories du complot, et le besoin qu’en ont ceux qui s’épargnent de penser, de comprendre et d’analyser le capitalisme, et le communisme, « nous » communistes intransigeants, qui observons le monde d’aujourd’hui continuant celui d’hier, nous n’avons pas besoin de complots secrets, même si nous ne sommes pas assez naïfs pour croire qu’il n’en existe aucun, comme « virgule » dans le cours actuel du capital. Pourquoi ? parce que nous avons sous les yeux tous les éléments, qu’on trouve au demeurant dans les médias pour peu qu’on les décrypte dans leur logique capitaliste, économique, politique et idéologique, celles de l’impérialisme occidental qui met à jour sa stratégie de sauvegarde devant sa perte d’influence dans le monde : il faut prendre ce qui se passe comme un tout, non comme une suite d’improvisations terroristes ou étatistes.

On a besoin d’un complot quand on ne voit pas que l’essentiel est transparent. Les complots de services secrets et autres, même s’ils existent, n’expliquent rien à qui se donne la peine de comprendre avec un point de vue de classe sans compromis, y compris avec ceux qui, sincères, sont bernés aujourd’hui ou se réveilleront tôt ou tard avec la gueule de bois, parce qu’ils se sont sentis « récupérés », « manipulés »… Mais à leur réveil, qu’ils ne se trompent pas de combat, j’en vois beaucoup qui n’ont pas encore saisi qu’à leur insu, ils se retrouvent piégés sur le terrain de la politique, de la démocratie, qui sont tout autre chose que le combat de classe (c’est un fantasme bien français ;-)
On a besoin d’un complot quand on ne voit pas que l’essentiel est transparent. Les complots de services secrets et autres, même s’ils existent, n’expliquent rien à qui se donne la peine de comprendre avec un point de vue de classe sans compromis, y compris avec ceux qui, sincères, sont bernés aujourd’hui ou se réveilleront tôt ou tard avec la gueule de bois, parce qu’ils se sont sentis « récupérés », « manipulés »… Mais à leur réveil, qu’ils ne se trompent pas de combat, j’en vois beaucoup qui n’ont pas encore saisi qu’à leur insu, ils se retrouvent piégés sur le terrain de la politique, de la démocratie, qui sont tout autre chose que le combat de classe (c’est un fantasme bien français ;-)

Il y a 45 ans, à côté de la sérigraphie d’Angela Davis que nous avions tirée alors qu’elle était encore en prison, j’avais aux murs de ma chambre des citations, dont celle-ci, de Lénine (je cite de mémoire) : « les hommes seront toujours les dupes des autres, tant qu’ils ne sauront pas discerner derrière les discours les intérêts de telle ou telle classe », personnellement, j’invite à considérer sous cet angle, aujourd’hui, tous les discours, y compris ceux des amateurs de complots qui n’expliquent rien mais ne font qu’embrouiller la vue de qui cherche à comprendre.

Mes considérations sur la nouvelle stratégie du capitalisme occidental sont ici, entre autre, fruits d’un long travail. C’est touffu, c’est du lourd en chantier, difficile à synthétiser, car désolé, je ne fais pas dans le prêt-à-porter militant. Mais c’est à la portée, comme disait Marx du Capital, de qui fait l’effort de penser par soi-même. Le capitalisme en lui même est un complot permanent contre les peuples. Et c’est bien suffisant !!

Ce que je vois, moi, c’est que tu ne vois rien de plus, puisque tu ramènes ces histoires vraies ou fausses comme déterminant une prise de conscience d’on ne sait quoi, que les complots ne contiennent pas : le secret il est dans la critique du capital, comme Marx l’a faite pour son temps, et la solution, dans les luttes. Le reste est bavardage sans fin.

Les mensonges, la désinformation et les manipulations réelles par les médias, une fois dévoilées, n’expliquent rien de plus. Elles aboutissent au fond aux mêmes questions : pour quelles raisons font-ils ça ? Comment fonctionne le capitalisme aujourd’hui ? Quels sont les enjeux actuels pour le capital, quelles contradictions le traversent pour se reproduire, et comment orienter des combats communistes, féministes, antiracistes, pour un jour aboutir à son abolition.

L’idée de révolution ressort parce que la politique, la démocratie, la citoyenneté sont dans une impasse historique définitive, et la plupart des militants ne le voient pas, parce qu’ils sont pris dans leurs croyances partisanes, l’opium du « peuple de gauche ». Le seul moyen d’éviter la « guerre de civilisations », c’est que renaisse la guerre sociale entre classes et sans intermédiaire de représentation. Ben oui, qu’on soit Charlie ou pas Charlie, ça fait peur. Seuls n’ont pas peur ceux qui se couchent, ou qui marchent couchés.

La preuve qu’on pouvait comprendre dès le jour de l’attentat, j’ai écrit « non à l’union nationale » alors qu’il n’était pas encore question d’appel à la marche de dimanche, même sans invités étrangers. Bien vite « non à l’Union sacrée ! » alors que personne n’avait prononcé le mot sur Internet. Le jour même on pouvait comprendre, avec ou sans complot, ce qui allait arriver, comme le jour même du 11 septembre 2001, avec ou sans complot. Pas besoin d’être un voyant, un prophète, ou une avant-garde éclairée toujours derrière, seulement de saisir la logique des événements à la lumière des enjeux capitalistes, en France et dans le monde .

C’est à la portée de chacun !

Si l’auteur se reconnaît merci de se signaler …

« A chaque fois qu’Al-Qaïda passe, des innocents trépassent, et des musulmans ramassent. »… Intellecterroriste

Voir : MARXISME ET THÉORIES DU COMPLOT

27 janvier 2015

Propagande et petits arrangements entre ennemis


Hollande est Charlie, il aime la liberté d’expression, il défend les valeurs de la République, il est enfin président. C’est émouvant, et troublant à la fois. La population le lui rend bien puisqu’elle a décidé enfin de répondre un peu plus positivement à la question « est-ce que bon, en fin de compte, il est pas si mal ce président ? » : et là, bingo ! Ils sont 29% de Français échantillonnés à répondre désormais positivement à la question, au lieu de 17% avant les morts du 7,8 et 9 janvier. Tout n’est que question d’apparence et de trouille : des affreux djihadistes détruisent la vie de 17 personnes en hurlant « Allahou Akbar », les flics font leur boulot de flic, buttent les vilains terroristes, et on encense le chef de l’Etat après qu’il a invité les pires bafoueurs de libertés d’expression de la planète. Mais pire : Flanby va aller rendre hommage au roi d’Arabie saoudite décédé il y a quelques jours. (...)

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24 janvier 2015

Répression post attentat de Charlie hebdo, le syndicat de la magistrature s'insurge



 Apologie du terrorisme : Résister à l’injonction de la répression immédiate !

Communiqué de presse du Syndicat de la magistrature | 20 janvier 2015
 
C’est plus que jamais lorsque l’effroi nous saisit et bouscule tous les repères que la justice doit faire preuve de sérénité et résister à la vague de l’émotion.

Las, la ministre de la Justice a fait le choix d’entonner le discours de l’intransigeance de principe et d’enfermer les tribunaux dans la justice de l’urgence. Des consignes diffusées le 12 janvier soumettent les magistrats du parquet à des injonctions contradictoires de « systématisme » et « d’individualisation », de « pédagogie » et « d’application ferme de la loi », dont seul l’appel à la répression paraît être entendu, comme il fallait naturellement le craindre.

C’est ainsi que depuis quelques jours s’enchaînent les procédures expédiées, où l’on a examiné et jugé le contexte, à peine les circonstances des faits, si peu l’homme, poursuivi pour avoir fait l’apologie du terrorisme. Non pas pour avoir organisé une manifestation de soutien aux auteurs des attentats, élaboré et diffusé à grande échelle des argumentaires, pris part à des réseaux, mais pour des vociférations, lancées sous le coup de l’ivresse ou de l’emportement : en fait, des formes tristement actualisées de l’outrage. Les lourdes condamnations pleuvent, assorties d’incarcérations à l’audience.

Telle est la désastreuse justice produite par le recours à la comparution immédiate dont la loi du 13 novembre 2014 a fait une nouvelle arme de lutte contre le terrorisme.

Comme si la justice pénale, devenue l’exutoire de la condamnation morale, pouvait faire l’économie d’un discernement plus que jamais nécessaire en ces temps troublés.
Comme si certains de ses acteurs avaient brutalement oublié qu’elle doit être rendue avec recul, sur la base d’enquêtes approfondies, en se gardant des amalgames - entretenus jusque dans cette circulaire, qui englobe violences urbaines et apologie du terrorisme - et, surtout, des réactions hystérisées qui la délégitiment et la société avec elle.

Pourtant, loin de tirer les conséquences de ces condamnations aveugles et démesurées, d’interroger leur effet sur ceux qui, ainsi labellisés « terroristes », en retirent surtout la certitude légitime de l’injustice, la ministre surenchérit. Elle annonce sa volonté de modifier le régime juridique des insultes et de la diffamation, qui pourront également être poursuivies en comparution immédiate dès lors qu’elles comportent un caractère raciste, antisémite ou homophobe.

S’il est légitime que la République condamne clairement le racisme, l’antisémitisme et l’homophobie, la répression la plus dure de leurs manifestations les moins construites est un aveu de faiblesse inutile et dangereux. Et une société qui, par millions, descend dans la rue proclamer son attachement à la liberté d’expression ne peut, sans se contredire, emprisonner sur l’heure celui qui profère des mots hostiles à la loi qui affirme ses valeurs.

23 janvier 2015

Un jeune de 16 ans déféré au palais de justice de Nantes pour un dessin



C’est ce que nous apprenait le journal en ligne Gizmodo il y a 48 heures :

Le gouvernement avait annoncé surveiller tout dérapage. Un jeune nantais de 16 ans vient d’en faire les frais.

Le jeune homme avait posté un dessin sur sa page Facebook, l’on y voit Charb tenant un journal Charlie Hebdo touché par des balles, le tout avec un message explicite « Charlie Hebdo c’est de la merde, ça n’arrête pas les balles. » Si vous êtes un habitué de l’hebdomadaire, vous aurez d’ailleurs remarqué la référence à la caricature de Riss publiée en couverture du numéro du 10 Juillet 2013 : un musulman tenait entre ses mains le Coran, bien incapable d’arrêter les balles de la tuerie qui avait eu lieu à l’époque en Égypte. 

Coup de gueule d'un blogueur à lire sur News360x ...
  

20 janvier 2015

Vous avez dit Charlie ?


Depuis les attentats de Charlie Hebdo, l’état en a profité pour accentuer le contrôle social. La manipulation de l’opinion publique par les médias, l’installation de la peur, puis bien sûr « la solution » : l’unité nationale et plus de lois totalitaires (sous prétexte de défense de la liberté d’expression). Le choix présenté devient clair : soit t’es pour la république, soit t’es un terroriste. Le terrorisme dénoncé par l’état est à petite échelle ce que l’état fait massivement subir ailleurs. Cette construction médiatico-étatique du « terrorisme » fait que tout est permis pour les combattre ; Le sacrifice de libertés, la surveillance généralisée, les mesures draconiennes... Même le meurtre est justifié, alors que la peine de mort est censée être abolie. L’état en profite pour préparer le terrain et passer les lois antiterroristes dans un climat où même exprimer un désaccord, tel que « Je ne suis pas charlie » peut entraîner des conséquences juridiques. Il se prépare à isoler des détenu-e-s jugés « islamistes » pour qu’illes ne partagent pas leurs idées, comme illes en isolent déjà d’autres dont les idées gênent le pouvoir. Dans ces états d’exception, le pouvoir tente de faire passer un maximum des mesures renforçant le contrôle social, en l’absence de réaction forte ces mesures d’abord ’exceptionnelles deviendront une norme largement acceptée et s’appliquant à tou-te-s. (...)

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Les tribunaux se déchaînent : non au terrorisme judiciaire en France !



Mme Taubira peut être contente : au moins 70 procédures judiciaires ont été initiées depuis la semaine dernière, dans le cadre de la nouvelle loi sur « l’apologie du terrorisme », et les premières condamnations, presque systématiquement à de la prison ferme, ont commencé à tomber.

La nouvelle loi date du mois de novembre dernier seulement. Il s’agit de la 20e loi sur le « terrorisme » promulguée en France depuis les années 1980.

L’une de ses dispositions a consisté à faire sortir « l’apologie du terrorisme » du cadre de la fameuse loi de juillet 1881 sur les limites de la liberté d’expression, dite « loi sur la liberté de la presse ».
 
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19 janvier 2015

Je suis Rémi


Par Partageux | 8 janvier 2015

Des princes et des manants.

Les princes. Charlie Hebdo, je ne le lisais plus guère. D’abord le sermon national-républicain de Philippe Val, aussi hebdomadaire que pédant, m’a vite assommé. Et puis l’humour de chambrée réservé aux zhommes couillus c’était pas ma tasse de thé. Plus tard, quand les ventes se sont effondrées, j’ai carrément détesté le racolage récurrent avec l'islamophobie de salon, ce racisme larvé, faisant certes mieux que le racisme bas du Front, mais bien plus pernicieux justement en raison de cette présentation plus civilisée. La haine courtoise — costard cravate ou polo décontracté — qui ne se salit pas les mains. L’athée que je suis renâcle devant la volonté d’interdire aux croyants la liberté de pensée. Et puis enfin cette détestable habitude de toujours moquer les petits, les musulmans sans grade, mais d’épargner trop souvent les puissants, les rois d’Arabie Saoudite ou du Maroc. La gueule d’Arabe, le nom arabe, les fringues arabes, la cuisine arabe, la religion arabe, je ne tolérais plus cette litanie sans fin.

Toute la presse est sous le choc. On a tué des collègues. Liberté en danger. Énorme ramdam.

Les manants. Tous ces pauvres diables qui ont perdu un œil avec un tir de flashball. Tous ces manifestants qui ont été frappés, blessés, mutilés avec des armes de guerre. Ce flic filmé tandis qu’il balance posément une grenade dans une caravane abritant des jeunes paisibles qui tentent de dialoguer avec lui. On ne trouve pas toujours une ligne à ce sujet dans les journaux. Après la mort de Rémi Fraisse, le dimanche, j’ai écrit quelques lignes avec le très peu que l’on savait alors. Il a fallu deux jours pour que la grande presse commence à parler vraiment de cette mort et que le gouvernement se réveille enfin. Pour entendre ou lire combien de propos où la victime devenait un extrémiste drogué alcoolisé provocateur violent djihadiste vert ? Comme si Rémi s'était violemment jeté sur la grenade qui l’a tué !

Alors que la presse est vent debout immédiatement dans le cas de Charlie. Oui, il y a eu crime et je pleure toutes les victimes. Même si je ne partageais plus du tout les idées diffusées par Charlie. Toute la presse se lève devant la mort des princes.

Le tueur de Rémi Fraisse et ses commanditaires sont connus et ils ne sont toujours pas inquiétés. Et ne le seront sans doute jamais. La grande presse ne s'offusque pas devant la mort du manant.

Dans le grand tintamarre ambiant je regrette cette énorme disproportion dans le traitement des crimes. Il y aurait des crimes odieux et d’autres qui ne le seraient pas. On peut tuer de sang froid, en mission commandée, sur ordre venu d’en haut. Nous avions demandé « la fermeté ». Ça c’est permis. Pas de quoi émouvoir. Pas de quoi en faire la Une.

Je suis Rémi.
 

17 janvier 2015

Massacres au Nigéria, ce qu'en pensent les français et les nigérians




 

15 janvier 2015

Non, nous ne sommes pas en guerre



Le discours guerrier que certains politiques commencent à employer recèle bien des menaces. Sur nos libertés d’abord, certains voulant clairement les rogner au nom de la sécurité, alors qu’une nouvelle loi antiterroriste est adoptée tous les deux ans depuis le 11 septembre 2001 ! En déployant massivement l’armée sur le territoire, d’autres confondent opérations militaires et enquêtes de police judiciaire : « Et bien non : le territoire national n’est ni le désert sahélien, ni des régions du Yémen », écrit Eros Sana, collaborateur de Basta ! qui a réalisé des reportages photos au Mali, en Egypte ou en Palestine.
 
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Je ne suis pas en guerre



Cela vient sans doute d’avoir été biberonné (entre autres lectures) à Charlie Hebdo du temps où ce journal n’était pas obsédé par l’Islam, mais la vision de l’Assemblée chantant d’une voix mâle La Marseillaise pour répandre un sang impur, l’écoute de l’applaudissement à tout rompre de la police, la lecture du discours de Manuel Valls ponctué de « barbarie », « guerre » et autres mesures exceptionnelles contre le terrorisme, tout cela soulève un sentiment à mi-chemin entre le malaise et le haut-le-coeur. Comme si la classe politique et médiatique volait l’expression populaire de dimanche, qui mettait d’abord en avant la liberté d’expression, les crayons, la parole.

Tous ces gens, dimanche, voulaient-ils seulement des policiers, des soldats dans les rues, de l’ordre, de l’autorité, de l’épuration, de la guerre ? Et bien, si c’était cela, je ne serai pas d’accord avec eux.

Immense malaise de n’entendre quasiment que les mots de police, de traque, de renseignement, de prison, d’isolement, de protection. Immense malaise de voir dix mille soldats déployés, en plus de ceux qui trainent dans les rues déjà depuis des années. Ils ne sont pas là pour protéger quoi que ce soit - ont-ils empêché les assassinats du 7 janvier ? -, mais pour nous habituer à trouver normal qu’il y ait des soldats dans les rues. Comme dans... un Etat militaire, un Etat policier.
La suite de cet Edito d'Hervé Kempf, sur Reporterre ...
 

14 janvier 2015

L'attentat de Charlie Hebdo vu par Boris Cyrulnik, neuropsychiatre (vidéo)



Source TV7 via Bellaciao
 

Lettre ouverte de Bernard Maris aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles


Les théoriciens de l’économie industrielle sont une secte, dont l’obscurantisme et le fanatisme donnent froid dans le dos.

Bernard Maris (23/9/46 – 7/1/2015), l’économiste en chef de Charlie Hebdo, à l’humour digne de cette joyeuse maison, prof d’économie rêvé, fait partie des tristes victimes des attentats du 7 janvier. Ses compétences, ses responsabilités dans la vie civile (membre du conseil scientifique d’Attac et membre du conseil général de la Banque de France), n’avaient d’égales que la singularité absolue de ses positions dans le monde uniforme et puissant des économistes : partisan de l’instauration d’un revenu d’existence universel, il militait dernièrement pour la sortie de l’euro et l’effacement d’une partie de la dette privée et publique. Journaliste, professeur, esprit curieux et ouvert, Bernard Maris était une personnalité à part, un style en soi, brillant et mordant, comme dans cette Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles. Extraits en guise d’hommage épistolaire. 
 
A lire sur des lettres ... 
 

Aujourd'hui, ils sont des milliers à découvrir Charlie-hebdo (image)

Par Péji

12 janvier 2015

Nous sommes tous [Remplir ici]

Les locaux de la télévision serbe bombardés par l’OTAN



Le monde a été horrifié par l’attaque meurtrière du journal satirique français Charlie Hebdo. Dans le New York Times, le correspondant européen de longue date Steven Erlanger a décrit de manière saisissante les répercussions immédiates de ce que beaucoup désignent comme le « 11 septembre » français. Ce fut « une journée au cours de laquelle se succédèrent des sirènes retentissantes et des ballets d’hélicoptères. Une journée de frénésie médiatique, de cordons de police, de foules en panique et de jeunes enfants éloignés des écoles par mesure de sécurité. Une journée, à l’instar des deux qui suivirent, de sang et d’horreur à Paris, et aux alentours ». L’immense tollé mondial déclenché par l’attentat, fut accompagné d’ une réflexion sur les racines profondes de cette atrocité. « Nombreux sont ceux qui y voient un choc de civilisations », titrait un article du New York Times.
Suite sur Le Grand Soir ...

 

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