Comité de soutien DAL
Hier, j'allai à Dax pour soutenir
des militants du droit au logement dont le procès devait se tenir à 14h.
Nous étions une douzaine venus en soutien avec notamment jean-Baptiste
Ayrault, le président du DAL, de Paris ainsi que Eric Pétetin, militant
zadiste.
Éric est bien connu dans notre région comme défenseur des causes
perdues. Combattant historique du Tunnel du Somport, il s'est fait
notamment remarquer en 2012 se présentant comme candidat à zéro euros
aux élections législatives de la circonscription de Oloron.
Le procès s'est bien passé, le juge a accordé les trois mois de répit demandé et réordonné une audience à une date ultérieure.
Dax est une petite ville un peu mourante du Sud-Ouest de la France les
Landes qui compte un tribunal accolé à l'hôtel de police, elle est
célèbre pour ses fêtes et son thermalisme.
Un contrôle d'identité surprenant
Nous étions en train de nous réjouir de la conclusion du procès devant
le tribunal - très calmement, sans chien ni canette ni autres choses qui
font rire - comme le faisaient d'autres personnes sortant du tribunal,
le juge ayant été clément ce jour là, quand tout à coup deux policiers
et un homme en civil au physique de catcheur s'approchèrent de notre
petit groupe.
l'homme en civil interpella directement Éric qui
était assis à coté de moi en lui disant " monsieur Pétetin avez-vous vos
papiers s'il vous plait, vérification d'identité".
Certains se
mirent un rire, car pourquoi demander des papiers si on reconnait la
personne ! Eric donna sa carte d'identité mais il lui fut demandé
d'aller jusqu'à l'hôtel de police pour "des vérifications".
Les
vérifications duraient longtemps et au bout d'une heure nous rentrâmes à
trois dans le poste de police afin de demander si Éric été mis en
examen pour quoi que ce soit.
Pas de garde à vue mais une "retenue"
Le planton répondit qu'il y avait pas de garde à vue pour l'instant mais qu'Eric était "retenu".
Une
retenue, nous l'ignorions, est un espace de non-droit administratif qui
peut durer jusqu'à 4h pendant lesquels la personne n'a pas la
possibilité de contacter son avocat. Nous précisons alors à la police
que Éric étant rentré dans le bâtiment à 15h15 nous allions attendre
jusqu'à 19h15, ce à quoi il nous fut répondu que de toute façon la
police fermait à 19 heures et qu'il serait sorti avant.
Un moment
Eric fut autorisé à fumer une cigarette sur les marches de l'hôtel de
police et nous l’interrogeâmes, la police n'avait rien trouvé sur lui (
même pas la boulette) mais téléphonait partout pour savoir s'il n'y
avait pas un mandat d'arrêt quelque part.
Il faut dire que Éric est un de ces êtres irritant qui accumule les
bourdes vis-à-vis de la justice qu'il avait plusieurs affaires en
attente d'être jugé.
Je lui fis promettre en cas de mise en examen de surtout exiger la
présence de son avocat (et ami) ce qu'il me promit volontiers.
Il dut rentrer encore dans le poste de police.
Ouverture du Tribunal le soir
A
18h30, alors que nous imaginions qu'il allait bientôt être relâché,
nous vîmes sortir Éric menotté avec cinq gendarmes qui l'emmenèrent au
tribunal qui a avait été rouvert malgré l'heure tardive ce dont nous ne
nous étions pas rendu compte.
La police refusait de répondre à nos
questions et nous n'osions pas trop insister de peur de nous faire
arrêter nous aussi. Aucun avocat n'était présent et Éric ne savait pas
nous dire ce qui se passait. Un précaire de Dax nous fit remarquer la
luxueuse voiture garée devant le tribunal et nous dit que c'était la
voiture d'un juge.
Un jugement sévère pour un dangereux militant de Pacha Mama
Trois quart d'heure plus tard, Eric sorti toujours menotté et entouré
des forces de police, et répondit à nos questions anxieuses que le juge
avait trouvé qu'il devait encore 700 € d'une vieille affaire de jours
amendes (au sujet de laquelle il avait d'ailleurs fait appel) et qu'il
avait été immédiatement condamné à 3 mois fermes sans aménagement de
peine à la prison de Mont-de-Marsan, avec mandat de dépôt immédiat.
Il était 7 heures lorsque nous vîmes partir notre camarade toujours
menotté vers sa cellule où il pourra expier l'affreuse faute de devoir
700 € à la société pendant les 180 jours à venir.
Non, la justice n'a pas besoin de plus de moyens et les prisons ne sont pas pleines
On dit la justice débordée en France, je ne crois pas que ce soit le
cas, puisqu'on arrive à mobiliser une brigade de police, un procureur,
un greffier (certainement) et un juge en dehors des heures officielles
pour un délit de 700 euros.
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des journalistes éthiques, essayez de les contacter de notre part. Vous
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