2 octobre 2017

Catalogne : Prendre parti dans une situation étrange


Il y a des moments où la réalité se simplifie. Ce n’est plus l’heure de faire la part de la vérité et du mensonge dans les arguments qui prétendent défendre l’unité d’Espagne ou proclamer l’indépendance de la Catalogne. Il n’est pas non plus nécessaire de remonter à l’année 1714 [1] ni de chercher dans les griefs plus récents. Quand on en appelle à ’la Loi et l’Ordre’, tout à coup, tout s’éclaire et chaque position apparaît parfaitement définie sur la table de jeu. Puis, de façon viscérale, ceux d’entre nous qui restaient silencieux savons où nous situer : nous serons toujours face à ceux qui veulent imposer la consigne de rétablir l’autorité. Nous connaissons bien une phrase forgée en France avant la révolution de 1848 qui disait : ’La légalité tue’.

Effectivement nous sommes, donc, contre l’État espagnol et sa légalité, bien que pour cela nous ayons à prendre partie entre des drapeaux qui nous étouffent, parce qu’ils nous pompent l’air..

Suite sur lundimatin..
 

22 mai 2016

À Matavenero en Espagne, une communauté vit en autonomie

 À Matavenero, en Espagne, est née une communauté quasi-autonome, proche de la nature comme de l’humain. Un reportage photographique de Kevin Faingnaert. 



 


19 mai 2016

Sahara occidental : la honte d’une Espagnole


Ils sont 125 000 et vivent depuis 40 ans dans des camps de réfugiés. La mort du Sahraoui Brahim Saika ravive une lutte oubliée.

Au fond du puits de notre oubli. C’est là que sont les Sahraouis. Je viens de lire que le 15 avril le syndicaliste sahraoui Brahim Saika, 32 ans, est mort dans un hôpital à Agadir (Maroc). Brahim avait été arrêté le 1er avril en sortant de son domicile pour participer à une manifestation pacifique. « Il a été emmené au poste de police de Guelmim, où il a été torturé pendant des heures », rapporte la délégation sahraouie en Espagne. (...)

28 décembre 2015

Un film à voir absolument !

Je lutte donc je suis (version longue) 

Version longue (spécial internet et lieux de luttes) du film "Je lutte donc je suis" de Yannis Youlountas. Version française pour commencer (les autres langues suivent bientôt...). 
Les projections-débats avec le réalisateur continuent en salles de cinéma un peu partout, avec la version de 1h28 spécial cinéma (pour le plaisir de l'image et du son en qualité cinéma et pour celui de la rencontre avec l'auteur). 
Prochains lieux et dates en présence de Yannis Youlountas (et parfois de musiciens) : http://jeluttedoncjesuis.net Contact distribution-programmation : maud@jeluttedoncjesuis.net (distributeur 3527 anepos).
 

2 juillet 2015

En Espagne il est désormais interdit de publier certaines photos sur le net



En Espagne une loi - la "loi organique de sécurité citoyenne" : Tiens ça ne vous rappelle rien ? - entrée en vigueur le 1er juillet 2015, interdit entre autres choses sous peine de forte amende, de publier sur son blog ou son réseau social des photos témoignant de violences policières.

Plus d'info ...
 

26 février 2015

Podemos contre la Révolution bolivarienne au Venezuela ?


Vive la révolution | 26 février 2015

Plusieurs dirigeants de Podemos ont pris position, ces derniers jours, contre le gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela. Ils reprochent à Nicolas Maduro d’avoir fait arrêter le Maire de Caracas, Antonio Ledezma, suite à la tentative de coup d’Etat déjoué ces derniers jours - article et traduction Nico Maury

Tania González, députée européenne de Podemos, lors d’une conférence de presse (que l’on peut retrouver ici) a condamné l’arrestation du Maire de Caracas Antonio Ledezma. Ce dernier a été arrêté et transféré devant la justice pour avoir participé à une tentative de coup d’Etat contre le gouvernement légitime et démocratique du Venezuela.

Pablo Iglesias, Secrétaire général de Podemos, dans une émission sur Telecinco, a déclaré : "Je vais être très clair sur ce point, je ne aime pas un maire soit arrêté. Savoir si il a commis un crime c’est secondaire. Mais je n’aime pas cela arrêter un maire ". De plus, en encore plus grave, le leader de Podemos c’est dit favorable à la présence des multinationales espagnoles au Venezuela et a demandé au gouvernement vénézuélien et au gouvernement espagnol "d’abaisser la tension", légitimant ainsi l’ingérence espagnole dans la politique interne du Venezuela. (source ici)

Pablo Iglesias un "Judas" pour le Venezuela

Orlando Romero, journaliste sur la station publique "Radio Nacional Venezolana" (RNV) a accusé Pablo Iglesias de renier la "révolution bolivarienne" et "Hugo Chavez".

"Il suffit de regarder une vidéo où ce gars, ce Judas nie toute relation avec le régime bolivarien. Les journalistes l’on interrogé sur sa relation avec Chavez, sa relation avec le régime bolivarien et sa relation avec le Président Maduro . Il la nie, se lave les mains comme Pilate et déclare qu’il n’a rien en commun avec le Venezuela bolivarien".

Le journaliste vénézuélien accuse Iglésias d’utiliser malgré tout l’image de Chavez pour obtenir les suffrages des personnes qui cherchent un changement réel en Espagne. Il accuse Podemos de plonger l’Espagne dans la confusion.

22 janvier 2015

Brisons le silence sur ce qui se passe en Espagne

Source photo
 Par histoire et société | 21 janvier 2015

Sous couvert de l’inattaquable excuse de la sécurité, le gouvernement de Mariano Rajoy considère préventivement le manifestant comme dangereux. Il est ainsi automatiquement regardé comme une menace à la loi grâce au nouveau projet législatif de « Sécurité citoyenne » adopté par le conseil des ministres le 29 novembre dernier.

Des policiers arrêtent des manifestants lors d’un défilé contre la réforme du droit à l’avortement, le 20 décembre 2013 à Madrid (Andres Kudacki/AP/SIPA)

Metteur en scène et dramaturge, Astrid Menasanch Tobieson travaille entre la Suède et l’Espagne. Elle est membre du groupe de théâtre Sta ! Gerillan. La lettre ci-dessous était initialement adressée aux journalistes suédois et a été publiée le 19 décembre. Avec l’autorisation de l’auteure, la traductrice a pu la retranscrire en français.

Mathilde Rambourg

La lettre d’Astrid Menasanch Tobieson

Bouleversée, je vous écris sous le coup de l’indignation. L’Espagne, dans peu de temps, empruntera le chemin qui mène d’une démocratie ouverte à ce qui risque de devenir une démocratie fasciste et autoritaire.

Je vous écris après les événements qui se sont produits dans le quartier de Kärrtorp à Stockholm (où un groupe néonazi ultraviolent a attaqué une manifestation antirasciste il y a quelques jours).

Je vous écris à propos de qui se trame en Espagne. Je crois en tout cas que la Suède et l’Espagne se ressemblent en un point : l’avancée du fascisme devant l’indifférence de la société. Le 19 novembre, le gouvernement espagnol a approuvé un projet de loi dont le but est d’en finir avec les manifestations et les contestations au régime actuel. La méthode est classique : instaurer le silence grâce à la répression.

Avortement non, sécurité citoyenne oui ?

Le 29 novembre dernier, le Conseil des ministres du gouvernement conservateur espagnol a approuvé le projet de loi « Sécurité citoyenne » qui réforme le code pénal. Le texte, qui réduit les droits et libertés civiles (mais pas celle de faire l’apologie du franquisme) est unanimement rejeté par les mouvements sociaux, les syndicats, l’opposition, les organisations professionnelles comme celles des juges pour la démocratie, l’association unifiée des gardes civils ou la fédération des journalistes d’Espagne.

Alors que le Parti socialiste espagnol a demandé à ses alliés européens de se mobiliser contre le projet de loi réduisant les droits d’accès des femmes à l’avortement, certains se demandent pourquoi il n’a pas entrepris la même démarche sur la loi « Sécurité citoyenne ». Blandine Grosjean

Je vous demande maintenant de l’aide, je vous demande d’informer. Le samedi 14 décembre à Madrid s’est déroulé une des 6 000 manifestations qui se sont organisées cette année en Espagne. Je le répète : une des 6 000.

Ces dernières années, le réseau de protection sociale a été ébranlé : privatisation des théâtres, tentatives de privatiser les hôpitaux, droit du travail ébranlé et transformé depuis sa base, licenciements innombrables, familles chassées de leur domicile, éducation civique suspendue dans les écoles, etc. Et afin de clore une longue liste, le vendredi 20 décembre, le gouvernement a approuvé la réforme du droit à l’avortement.

Ce que l’on a désigné comme une crise économique est, depuis le début, avant tout une crise démocratique. La couverture médiatique en Suède et en France sur la situation en Espagne a été très faible, et son analyse d’un point de vue social, inexistante.

La manifestation qui s’est tenue au pied du Congrès de Madrid le samedi 14 décembre, avait pour but de protester contre une nouvelle proposition de loi : la « ley de Seguridad Ciudadana », loi de Sécurité citoyenne.
Un groupe Facebook : 30 000 euros

Cette loi, qui contient 55 articles et punit autant d’actes différents, prévoit des amendes pour le manifestant, allant de 100 à 600 000 euros. Les infractions ?
  • Pour commencer, toutes les manifestations non-déclarées et prenant place devant le Congrès ou autre édifice appartenant à l’Etat – comme celle qui s’est déroulée samedi 14 à Madrid – seront interdites et la sanction ira jusqu’à 30 000 euros par participant. Cela sera le cas lorsque plusieurs personnes seront considérées comme un groupe.
  • L’interdiction des manifestations non-déclarées s’appliquera également aux réseaux sociaux. Se rassembler en tant que groupe sur Internet, autour d’une opinion, sera sanctionné de 30 000 euros. Créer un groupe, sur les réseaux sociaux ou dans un lieu public, autour de symboles ou de drapeaux, sera interdit : 30 000 euros d’amende.
  • Si dans une manifestation, un citoyen manifeste avec une capuche ou avec le visage couvert : 30 000 euros d’amende.
     

15 janvier 2015

Espagne: Multiples manifestations et répression dans le silence des médias français….



Des camarades de Barcelone nous demandent de faire savoir ce qui se passe depuis 48 heures dans toute l'Espagne.

Des manifestations éclatent un peu partout et la répression se donne libre cours.

Suite à la mobilisation massive et quotidienne durant les derniers 7 jours (plus de 6000 personnes) d'un quartier ouvrier de Burgos (Nord de l'Espagne) appelé EL GAMONAL, contre la construction d'un parking (la mairie du PP a décidé que les riverains ne pourront plus garer leurs véhicules et seront contraints de louer pour 40 ans des parkings à 20.000 euros la place, bonjour la spéculation !), qui se sont soldées avec plusieurs personnes arrêtées dont 2 incarcérées, la population de différentes villes d'Espagne s'est mobilisée durant ces 4 derniers jours et sans chômer en soutien aux habitants de EL GAMONAL.

Suite aux arrestations, les habitants de GAMONAL se préparent à résister à la charge des flics. Les retraités sont particulièrement actifs.

Quelqu'un ose-t-il traiter de "casseurs" ces anciens travailleurs ? Ils ne font que se défendre!(...)

A lire sur METANEWS
 

29 décembre 2014

La propagande du « Monde » contre Syriza et Podemos


Dans son édition datée des 25 et 26 décembre 2014, Le Monde a décidé de parler de Syriza et Podemos, deux partis politiques de la gauche radicale, respectivement grec et espagnol, qui sont aux portes du pouvoir dans leur pays. Neutre et objectif, Le Monde titre sobrement son édition : « Grèce, Espagne : l’envolée de la gauche radicale affole l’Europe ». Signe de cet « affolement », Jean-Claude Juncker, le nouveau président de la Commission européenne, a déclaré en gros qu’il préfèrerait que Syriza n’arrive pas au pouvoir en Grèce. Un événement sur lequel Jean-Luc Mélenchon a d’ailleurs directement interrogé l’intéressé dans une question à la Commission européenne.

L’accroche de « une » et l’article qui concernent Syriza et Podemos sont un exemple typique du militantisme politique dont fait régulièrement preuve Le Monde à l’égard des forces politiques antilibérales. Exit, donc, la prétendue « neutralité » dont se revendique le journal : ici, on a affaire à un discours politique sur deux partis étrangers. La rhétorique d’opposition à ces partis s’appuie sur trois grands éléments : premièrement, une diabolisation de Syriza et Podemos, qualifiés de partis « extrémistes » et limite xénophobes ; deuxièmement, une ridiculisation des électeurs de ces partis ; troisièmement, l’affirmation que l’extrême droite est « plus anti-système » que la gauche radicale. L’ensemble s’appuie sur la parole d’« experts » dont on verra qu’ils ne sont pas neutres politiquement.
 
 

23 juin 2014

Podemos un parti leurre ?

20 avril 2014

La dictature se prépare en ESPAGNE


30 mars 2014

Médias de France : loin de l’Espagne et des mobilisations sociales contre l’austérité


Acrimed | par Blaise Magnin, le 27 mars 2014

Samedi 22 mars, les Espagnols se mobilisaient en masse contre les politiques d’austérité impulsées depuis 2010 par l’Union européenne et mises en musique par les gouvernements socialiste, puis conservateur, suite à la prétendue crise des dettes souveraines. Au-delà de l’information que constituait en elle-même cette combativité sociale dans un pays majeur de l’UE à quelques semaines des élections européennes, ces manifestations fournissaient aussi une occasion idéale pour informer en profondeur sur la situation économique et sociale dramatique que connaît le pays, avec, entre autres indicateurs désastreux, un taux de chômage de plus de 25 % – 55 % chez les jeunes de 16 à 24 ans ! – c’est du moins ce à quoi on aurait pu s’attendre dans un monde médiatique idéal…
Mais les chantres de l’Europe libérale se désintéressent de l’Europe quand elle est sociale [1]. En lieu et place d’un compte-rendu précis et détaillé des forces syndicales, politiques et sociales qui manifestaient, de leurs revendications et des débouchés politiques éventuels à leur mobilisation, les médias français ont surtout retenu que des échauffourées avaient émaillé la fin de la manifestation, comme en témoignent les quelques exemples significatifs qui suivent, tirés de médias dits « de référence ».

Petite revue de presse

- Deux médias se disant « de gauche », pour commencer, ont montré toute l’affection qu’ils portent au mouvement social, en choisissant des titres qui soulignent l’essentiel :

- Le site du Nouvel Observateur s’est fendu de deux articles : « Débordements en marge de la manifestation anti-austérité à Madrid » ; « Espagne. Une centaine de blessés après la manifestation anti-austérité ». Peut-être aurait-il mieux fallu s’abstenir de traiter le sujet…

- Libération également, n’a pas pu s’empêcher de signaler dès le titre que la manifestation ne s’est pas « bien » terminée : « Espagne : défilé monstre à Madrid contre la rigueur, incidents en fin de soirée ». Un aspect de la mobilisation sur lequel l’article de « la maison commune de toute la gauche » revient avec forces détails, aussi précis que non circonstanciés et donc sans intérêt : « Les affrontements, qui ont fait des dizaines de blessés légers, ont éclaté en fin de manifestation, la police chargeant ou tirant des balles en caoutchouc contre plusieurs dizaines de jeunes qui jetaient des projectiles. Les jeunes ont aussi monté des barricades, enflammé des poubelles, cassé les vitres de banques à coup de chaises et de pots de fleurs. Non loin de là, d’autres ont installé des tentes sur une grande avenue dans l’intention d’y passer la nuit. Les incidents ont fait 71 blessés légers dont 30 policiers et 41 manifestants, ont indiqué les services de secours Samur, précisant que 13 personnes avaient été hospitalisées. La police a interpellé 17 personnes.  »

- Sur le site de France Télévisions, le point de vue est à peu près le même : « VIDEO. Espagne : la manifestation contre la rigueur dégénère à Madrid ». La vidéo proposée est un reportage tiré du JT de 13 heures de France 2 du 23 mars, d’une durée… d’une minute et quinze secondes, sur laquelle près de trente secondes sont consacrées « aux violences » de la soirée – ce qui a donc laissé 45 secondes au journaliste du service public pour exposer les motivations des manifestants… Une gageure, assurément !

- Sur lemonde.fr, pas de référence aux échauffourées de fin de manifestation dans le titre, plutôt bien choisi d’ailleurs : « Gigantesque manifestation à Madrid pour dénoncer “l’urgence sociale” ». En revanche, le diaporama qui ouvre l’article compense largement avec 6 photos sur 15 qui illustrent des « incidents » dont traite un tiers du contenu environ.

- Dans Le Parisien (« Madrid : la manifestation contre la rigueur dégénère, une centaine de blessés » ; « Espagne : Madrid compte ses blessés après le défilé record contre l’austérité ») ou Le Point (« Manifestation monstre à Madrid, une centaine de blessés »), les points de vue, sérieusement distordus, sont rigoureusement identiques, ce qui ne surprendra guère.




- Enfin, aux journalistes d’Ouest France, qui procèdent comme leurs confrères (« Espagne. Des incidents après la manifestation des “indignés” »), on accordera des circonstances atténuantes : après le traumatisme causé, il y a quelques semaines, par le désormais fameux et de triste mémoire « saccage de Nantes », les « évènements » de Madrid ont dû être douloureux à couvrir…

Une information sociale rachitique

Certes, ce traitement des mobilisations sociales est coutumier. En France même, les manifestants s’exposent toujours, comme nous l’avons maintes fois démontré, à la myopie partiale et souvent malveillante de la couverture médiatique. Il n’en reste pas moins qu’en ce cas précis, la pauvreté de l’information est particulièrement consternante.

Car au-delà des longs développements sur des débordements marginaux mais ô combien spectaculaires et photogéniques, la plupart des médias se contentent de reprendre de vagues éléments de l’AFP, faisant référence, sans plus de précisions, à des dizaines, parfois à des centaines de milliers de manifestants, à une « marche de la dignité » de personnes venues à pied de tout le pays, à une parenté avec le mouvement des « Indignés » de 2011, et à quelques slogans qui permettent tout juste de comprendre qu’ils se mobilisent pour l’emploi, le logement, la santé, l’éducation, la lutte contre la pauvreté, et contre les politiques d’austérité.

Rien sur la dynamique et l’histoire récente d’un mouvement social bien vivace [2], rien sur les organisations qui le structurent ni sur les figures qui le représentent, rien sur l’arrière-fond politique de la situation, rien surtout, sur la situation économique et sociale catastrophique de millions d’Espagnols frappés de plein fouet par un chômage et une paupérisation de masse.

Et plutôt que de se demander comment vit un pays quand un quart au moins de sa population est privée de revenus, en allant rencontrer par exemple les administrations concernées, les entreprises, ou même les intéressés, bref, en enquêtant, les grands médias relèguent souvent l’Espagne dans leur rubrique macro-économie et continuent à livrer, comme si de rien n’était, l’habituelle « météo du chômage » et ses statistiques désincarnées dont les oscillations paraissent bien dérisoires face aux réalités qu’elles recouvrent : « Rebond du chômage en Espagne » ; « Espagne : le chômage baisse légèrement en février » ; « Espagne : forte baisse du nombre de chômeurs en 2013, selon le gouvernement » ; « Espagne : très légère baisse du chômage ».

Mais sous les chiffres ?
Ce journalisme-là, souvent si près de Bruxelles et de sa commission, à quelques semaines des élections européennes, reste très éloigné des peuples européens…
Blaise Magnin

Notes

[1] Un désintérêt tel, et tellement incongru s’agissant de la situation actuelle en Espagne, que L’Humanité y voit un symbole de « l’info intoxiquée ».
[2] Voir sur ce point l’article éclairant et bien informé, malheureusement payant, publié par Mediapart : « En Espagne, le mouvement social donne des raisons d’espérer ».

voir en ligne:  http://www.acrimed.org/article4299.html

22 mars 2014

Madrid 22 mars 2014


 -article évolutif ...-

reçoit aujourd'hui une grande Marche pour la Dignité, contre l’austérité imposée par la Troïka et la complicité du gouvernement Rajoy.


 

 Articles connexes :
http://fr.myeurop.info/2014/03/21/en-espagne-les-indignes-en-marche-pour-leur-dignite-13427
http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-marie-robin/210314/les-espagnols-marchent-sur-madrid

Vidéo en direct:
http://bambuser.com/v/4466585

Manifeste des marches de la dignité

 Une marée humaine

Les demandes d’hébergement dans des lieux publics (écoles...) ayant été refusées par le régime, les marcheurs se préparent à passer la nuit sous la tente.

Certains sur twitter font toutefois remarquer que lors de la venue du pape, tous les bâtiments publics disponibles avaient été mis à la disposition des pèlerins ..
 

En fin de journée, tirs au flash-ball contre la foule et autres agressions policières sont signalés ...


- 23 mars: Voir
http://www.lemonde.fr/europeennes-2014/article/2014/03/22/des-milliers-de-manifestants-a-madrid-pour-denoncer-l-urgence-sociale_4387810_4350146.html

http://www.mediapart.fr/journal/international/230314/en-espagne-le-mouvement-social-donne-des-raisons-desperer (abonnés)

http://berthoalain.com/2014/03/23/contre-lausterite-la-marche-de-la-dignite-se-termine-en-affrontements-22-mars-2014-avec-videos/

http://www.kaosenlared.net/component/k2/item/83741-m%C3%A1s-de-un-mill%C3%B3n-de-personas-tomaron-las-calles-de-madrid-ayer-y-el-miedo-de-los-grandes-diarios-hoy.html

17 mars 2014

Marche de la dignité Madrid 22 mars Le Manifeste


Marchas de la dignidad | Mars 2014

Manifeste des marches de la dignité 22M

MARCHE DE LA DIGNITE

MADRID 22M

 Nous lançons un appel pour la dignité et contre le mépris de l’Etat Espagnol, dans la capitale, Madrid, le 22 mars :

Non au paiement de la Dette

Plus de coupe budgétaire

Contre les gouvernements au service de la Troika

Un travail et un Toit, pour Toutes et Tous.

En 2014, nous sommes confrontés à une situation extremement difficile, une situation extrême, une urgence sociale qui nous appelle à donner une réponse collective pour la classe ouvrière, pour la citoyenneté et pour le peuple.

Des millions de travailleurs sont au chômage. Avoir les capacités manuelles et intellectuelles et ne pas trouver un emploi décent est humiliant. Il gaspille les talents collectifs de la société, hypothèque leur avenir indéfiniment. Les travailleurs ne méritent pas cet abus de notre dignité collective.

Des centaines de milliers de famille ont perdu leurs maisons. C’est inhumain d’expulser une famille de sa maison,, seulement pour nourrir la cupidité de certains banquiers sans scrupules. Banquiers au service de la Troika qui appauvrit davantage la classe ouvrière et le peuple sans défense.

Pendant ce temps, les employeurs prennent l’excuse du chômage de masse, pour baisser les salaires , augmenter les conditions de travail déplorables pour ceux qui ont encore un emploi.

Les travailleurs qui, compte tenu de la situation difficile, ne peuvent même pas remettre en question leur rôle en tant qu’exploités/ contre le capital. Le système essaie de nous forcer à montrer son appréciation pour les employeurs, convertis en bienfaiteurs de la société. Il est temps de répartir le travail et la richesse pour que les gens croient en un avenir positif.

Notre jeunesse ne peut absolument pas construire un projet de vie avec les politiques actuelles et n’a pas d’autres choix que de faire un séjour à l’étranger avant que ce ne soit le tour de nos parents et grands parents.

Nous disons NON à un système patriarcal qui nous attire vers le passé, qui décident à notre place, en niant la possibilité de décider de devenir mères ou pas, provocant une remise en question de la parentalité.

Nous souffrons des politiques mises en œuvre par le gouvernement du PP au service de la Troika ( FMI, BCE et Commission Européenne ), qui constitue un vol de la dignité humaine et à l’appauvrissement de la majorité sociale. Ces politiques sont fondés sur le paiement d’une dette illégitime, qui est le produit de la spéculation bancaire et des excès des différents gouvernements.

Il est inacceptable de privatiser la rentabilité, alors que nous réduisons le budget à la santé, l’éducation, la dépendance, les transports publics, l’eau, l’énergie, les communications, les services sociaux, etc. tout cela affecte négativement nos droits en tant que citoyens. Ils se moquent de nos aînés qui subissent une énorme perte de pouvoir d’achat et qui voient leurs économies de toute une vie volées par cette escroquerie financière.

Le gouvernement du PSOE, avec le soutien du PP, a modifié l’article 135 de la Constitution pour le paiement de la dette. Il justifie cela en disant que nous avons vécu au dessus de nos moyens et donc qu’il fallait réduire notre déficit, pourtant, les banques et les spéculateurs n’ont pas subi de coupes budgétaire quand il a fallu injecter des dizaines de milliards d’euros pour les « sauver ».

Ils profitent de la crise pour se trouver des excuses. Pourtant, ce sont bien ses politiques qui sont à l’origine de l’augmentation de la souffrance, de la pauvreté, de la faim et même de la mort, néanmoins, ils continuent de faire des énormes au détriment de nos vies.

Le capitalisme est un système qui bénéficient aux bénéfices de quelques uns et qui conduit inexorablement à une catastrophe environnementale et sociale d’une importance incalculable.

Pour une grande majorité, les crises sociales sont un drame humain. Mais pour une minorité, c est une grande entreprise. Quand nous protestons, leur seules réponses sont la répression et la criminalisation du syndicalisme et des mouvements sociaux. Pour combattre cette répression, nous devons continuer à nous défendre dans la rue.

Le régime issu de la Constitution de 78 n’a pas été fait pour le peuple, il n’est que corruption et n’a aucune légitimité. Les droits et les libertés nous ont été volés dans l’intérêt d’une minorité pour qu’ils en fassent des bénéfices, ce qui nous a amené à cet état d’urgence sociale, basé sur le démantèlement de l’éducation et de la santé publique, la réduction considérable des pensions de nos aînés, l’expropriation et la fermeture de nos entreprises qui ont entraîné des milliers de licenciements.

Les différents gouvernements sont hors-la-loi, les droits appartiennent aux entreprises, pour réduire les coûts et maintenir la corruption. Ce système injuste a été mis en place pour assurer une production et distribution de la richesse inégale.

Nous appelons le peuple à exercer sa souveraineté ,en élevant la voix d’en bas, démocratiquement, de construire un processus constitutionnel qui garantit les libertés démocratiques, le droit de décision et les droits fondamentaux des personnes.

Pour la marche pour la dignité du 22M, nous considérons qu’il est important de montrer une mobilisation de masse, unifiée et concluante contre les politiques qui violent les droits humains et la justice sociale ;

C’est une manifestation pour l’emploi décent, pour le revenu de base, pour les droits sociaux, pour les libertés démocratiques et contre le paiement de la dette, contre les coupures budgétaires, contre la répression et la corruption. Nous voulons une société d’hommes et de femmes libres, une mobilisation contre un système qui ne nous plaît pas et qui ne nous représente pas.

Que le PP et les gouvernements qui portent atteinte aux droits sociaux fondamentaux et qui collaborent avec la politique de la Troika, qu’ils partent, nous ne voulons plus d’eux !!!!

Nous lançons donc cet appel, le 22 mars, que nous nous rassemblions toutes et tous, des 4 coins de la Péninsule, que nous descendions dans les rues de Madrid, pour notre Dignité, pour la mobilisation sociale et contre l’Etat espagnol.
 
 

25 novembre 2013

Ciné-mémoires le 30 Nov à CAHORS


Samedi 30 nov. 12 h

à: Le Lieu Commun CAHORS , rue Louise Michel ex r. St James (centre ville)

Projections dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale


Les brigades internationale un exemple de Solidarité Internationale...


"L'espoir pour mémoires"


Un documentaire de Jorge Amat / partie 2 ( 52')


Il y a plus de 70 ans que débutait la guerre d'espagne. Elle dura 3 ans de Juillet 36 à Mars 1939. Elle déchira l'Europe. Plus de 4O OOO hommes et femmes partirent aider la République et le peuple espagnol contre Franco et ses alliés: les états fascistes européens.

A l'heure où l'extrème-droite sévit de nouveau en Europe et où cette génération des anciens brigadistes s'efface, il nous parait important de leur redonner la parole pour la richesse de leur témoignage et engagement internationaliste.



Proposé par ETM et Libraithèque Dalp, LLCC, Attac, Lot en Action, ....Entrée libre.




CONTACTS: 06 20 38 24 79 www.libraitheque.org 05 65 22 01 51 ouvert merc et vend 15h à 19h sam 10h -13h

30 octobre 2013

Guet-apens policier contre le porte-parole national du Syndicat andalou des travailleurs (SAT)



Le Grand Soir | 29 octobre 2013 | Par Jean Ortiz

Diego Canamero Valle, par qui les paysans avaient des terres et les pauvres de la nourriture


L’homme dont il est question ici vous a déjà été présenté par  Le Grand Soir dans une vidéo ("Diego l’insoumis") produite par Jean Ortiz et Dominique Gautier avec le soutien d’Emmaüs-Pau et du Grand Soir.


 Pour tout savoir, on pourra revoir également le documentaire "Marinaleda, l’ardente impatience", également produit avec notre soutien.
http://www.youtube.com/watch?v=pId_Ciwuw3Y&list=PLHID5A81I9vCzR_8y...

LGS


Le 21 octobre 2013, vers 19h, le leader syndical des salariés, des exclus, des paysans, des "sans terre" andalous, a été capturé, comme au temps du franquisme, lors d’un guet-apens tendu par la garde civile, à hauteur de Alcala del Rio, alors qu’il rentrait d’une assemblée syndicale à Burguillos.

Le syndicaliste a été transféré comme un malfaiteur à la caserne Montequinto de la garde civile, et sera mis aujourd’hui 22 octobre "à disposition" du Tribunal n°4 de Utrera, d’une justice de classe, qui le poursuit une nouvelle fois sans doute comme à l’accoutumé pour "occupation illégale de terres"(improductives), opérations de réquisition sociale dans des supermarchés.

Dans une Andalousie où de nombreuses familles ont désormais faim, où la terre est monopolisée par une poignée de grands propriétaires, où le taux de chômage atteint 37% de la population active (57% chez les jeunes), où des milliers de familles sont chassées de leurs logements par l’éclatement de la "bulle spéculative immobilière", où les banques s’empiffrent, les actions du SAT et de son porte parole, victime depuis les années soixante d’une cinquantaine de procès, de dizaines d’arrestations, d’emprisonnements répétés, d’une véritable chasse à l’homme, sont légitimes. Les pauvres, les chômeurs, les salariés, les précaires, les ouvriers agricoles, exercent pacifiquement avec le SAT leur droit à la légitime défense sociale.

Dans une Espagne saignée par les "recortes" (coupes drastiques) massifs, brutaux, imposés par le FMI, la BCE, la Banque mondiale, , l’Union Européenne...où les délinquants "en col blanc", des dirigeants et élus du néo-franquiste "partido popular", sont impliqués dans d’énormes scandales politico-financiers portant sur des centaines de millions d’euros, et paradent cyniquement en toute liberté, où des membres de la famille royale ont trempé dans des affaires de corruption, de détournements de fonds publics,en toute impunité, l’arrestation d’un syndicaliste (à l’éthique exemplaire), pionnier de Marinaleda, qui lutte depuis des décennies, corps et âme, pour les libertés, les droits des exploités, la justice sociale, est intolérable. Elle porte atteinte à la démocratie.

Liberté pour notre camarade Diego Canamero Valle !.

Messages de soutien à envoyer à : marigarci62@hotmail.com
Jean Ortiz
Universitaire, Pau (France)
Source, texte et photos,  http://www.legrandsoir.info/diego-canamero-valle-par-qui-les-paysans-avaient-des-terres-et-les-pauvres-de-la-nourriture.html


24 octobre 2013

Ciné débat Cahors Les brigades internationales


Mercredi 30 0ct. 18h30
à: Le Lieu Commun CAHORS , rue Louise Michel ex r. St James (centre ville)
Projections dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale
Les brigades internationales
un exemple de Solidarité Internationale...
"L'espoir pour mémoires"
Un documentaire de Jorge Amat / 1ère partie de 52'

Il y a plus de 70 ans que débutait la guerre d'espagne.
Elle déchira l'Europe. Plus de 4O OOO hommes et femmes partirent aider la République et le peuple espagnol contre Franco et ses alliés: les états fascistes européens.
Ils étaient journalistes ou ouvriers, simples citoyens solidaires et antifascistes, venus d'Italie, d'Angleterre ou des Usa...
Il étaient jeunes, communistes ou anarchistes, rêvant d'un autre monde et celà se passait en Espagne révolutionnaire.
A l'heure où l'extrème-droite sévit de nouveau en Europe et où cette génération des anciens brigadistes s'efface, il nous parait important de leur redonner la parole pour la richesse de leur témoignage.

Proposé par ETM et Libraithèque Dalp, Lot en Action, ... Entrée libre.
CONTACTS: 06 20 38 24 79 www.libraitheque.org

 

8 juin 2013

MARINALEDA, l'ardente impatience (vidéo)




Film de Dominique Gautier & Jean Ortiz
Production : Le Village Emmaüs Lescar-Pau & La Cumamovi
En Partenariat avec : Le Grand Soir http://www.legrandsoir.info & Mémoire des Luttes http://www.medelu.org

30 décembre 2012

Usines récupérées et autogestion dans la nouvelle réalité espagnole


Alter autogestion | lundi 24 décembre 2012

 Nous publions la traduction en français de cet article très intéressant et éclairant sur la situation dans l'Etat espagnol et le renouveau des perspectives autogestionnaires dans ce pays. La version originale en castillan a été publiée le 20 décembre sur le site d'ICEA sous le titre de "Fábricas recuperadas y autogestión en la nueva realidad de España". (Voir lien ci-dessous).


Par José Luis Carretero Miramar *
(Traduction du castillan par Richard Neuville)
 
Avec la situation de crise financière et économique, l’Etat espagnol a commencé à réduire très sérieusement sa voilure. Ainsi la fermeture d’entreprises et les licenciements se sont succédé –et continue à se succéder- laissant une traînée de chômeurs. Dans la fièvre de protestations et de résistance, la transformation sociale (avec l’autogestion comme élément central) s’exprime avec force dans l’horizon en Espagne.

Il y a à peine cinq ou six ans, parler d’entreprises récupérées ou de coopérativisme en Espagne aurait été manier des concepts non seulement marginaux sinon profondément éloignés des intérêts et expériences de la grande majorité de la population. Dans le cadre de la société de la bulle financière, la consommation débridée et la « fête » de la jeunesse, personne n’envisageait -ou seulement des groupes réduits ou très localisés géographiquement- la nécessité de travailler par soi-même dans une perspective horizontale ou éloignée du modèle capitaliste.

Marinaleda ou Mondragón étaient des expériences autogestionnaires de dimension globale, mais ce qui est sûr, c’est que l’immense majorité de la population hispanique restait profondément éloignée des valeurs qui les sous-tendaient.

Cependant, il n’en fut pas toujours ainsi. Sans devoir remonter aussi loin que les collectivisations, qui surgirent au cours de la guerre civile de 1936-39 (qui couvraient une grande partie de l’industrie, des services et l’agriculture de la zone républicaine), dans le scenario de la Transition espagnole du franquisme à la démocratie, dans les années 70, l’expérience de récupération d’entreprises par ses travailleurs à joué un rôle marquant.

C’était des temps de crise, de fractures et de grands mouvements populaires. C’est au cours de cette période qu’émergèrent des expériences comme celle de Númax, une usine de matériel électrodomestique autogérée par les ouvriers en réponse à la tentative de fermeture illégale de la part des patrons, dont l’expérience est restée incarnée dans deux films documentaires Joaquím Jordá : Númax vit et 20 ans ce n’est pas rien.

Certaines des expériences de ces années ont survécu malgré tout jusqu’à aujourd’hui, comme l’entreprise barcelonaise Mol Mactric, capable de réaliser aujourd’hui les châssis d’une ligne du Metro de Barcelone, le train et des centaines de machines industrielles pour des entreprises comme General Motors ; ou l’imprimerie Gramagraf, occupée il y a 25 ans, et qui aujourd’hui appartient au groupe éditorial coopératif Cultura 03.

Mais la transition s’est achevée. Et, elle a produit un grand fiasco. Les principes essentiels du régime franquiste ont été maintenus dans ce qui a consisté en une simple réforme politique qui a intégré le pays dans le cadre de l’Union européenne et de l’OTAN, et qui si elle a concédé certaines libertés publiques, n’a pas remis en cause les mécanismes essentiels de répartition du pouvoir économique et social. Les grands mouvements populaires ont périclité et le « désenchantement » et le cynisme se sont substitués à l’expérimentation et à la lutte. Les propositions autogestionnaires n’ont pourtant jamais disparu mais elles ont été reléguées dans un espace purement marginal.

Et, il en fut ainsi pendant que la société de la bulle financière et sa consommation débridée et irresponsable est restée de vigueur. Comment ? Fondée sur le crédit et la surexploitation du travail des immigrés et des jeunes, grâce à la précarisation des conditions de travail et la conformité d’une législation relative au statut d’étranger, l’activité dissimulée et sans droits s’est (de fait) développée.

A l’arrivée de la crise financière et économique actuelle, les structures se modifiaient et tout évoluait : l’explosion du taux de chômage atteignant des niveaux extrêmes jamais vus précédemment dans la société espagnole et la dégradation rapide du tissu productif et entrepreneurial -à l’éclatement de la bulle immobilière- ont généré une situation radicalement nouvelle qui a impliquée le début de grandes transformations économiques mais également socioculturelles.

Le chômage et une nouvelle pauvreté contraignaient de larges couches de la population vers l’économie dissimulée et l’encaissement des maigres subsides d’un Etat de Bien-être, qui n’est jamais parvenu à se développer en Espagne à un niveau équivalent à celui des pays centraux de l’Europe.

Les extrêmes (plus précisément, extrémistes) ajustements, mis en œuvre par les pouvoirs publics face au déclenchement de la crise de la dette externe générée par la socialisation des dettes privées des entités financières, ont provoqué l’effet qu’il fallait attendre : l’Etat espagnol est devenu un gigantesque champ de ruines économiques où les fermetures d’entreprises se sont succédé et où de larges secteurs de la population ont commencé à être exclus de l’activité productive.

C’est dans ce contexte que les succès du 15 mai de 2011 ont éclaté et que le « Mouvement des Indignés » a fait irruption avec force et que les premières tentatives massives de résistance se sont exprimées face au processus de décomposition sociale imposé par les dynamiques néolibérales de l’UE et les gouvernements espagnols.

Dès lors, l’architecture politique de la société est redevenue un élément débattu et discuté publiquement. La politique a récupéré une certaine centralité dans les conversations quotidiennes et dans l’esprit d’une majorité de la population. Parler maintenant de mobilisations, de résistance ou de transformation sociale (avec l’autogestion comme élément central) est redevenue possible.

Déjà, dans les mois précédents, en plein déploiement de la crise, les germes et les semences de cette nouvelle situation s’étaient développés. Et, le recours à la récupération d’entreprises par leurs travailleurs était redevenu crédible.

En ce sens, au tout début de la crise, près de 40 entreprises avaient été récupérées par les travailleurs et remises en fonctionnement sous statut coopératif, comme l’affirme la Confédération de Coopératives de Travail Associé (COCETA). Parmi celles-ci, nous pouvons relater des expériences comme celle de l’entreprise de robotisation Zero-Pro de Porriño (Pontevedra – NdT : Galice) ou celle de meubles d’agencement de cuisine Cuin Factory en Vilanova i la Geltrú (Barcelone), dans laquelle l’ancien chef a participé activement à la transformation en coopérative et, où tous les travailleurs se sont attribué un salaire égalitaire de 900 euros. L’entreprise métallurgique Talleres Socar à Sabadell (NdT : Banlieue de Barcelone) a également été mise en autogestion avec l’appui du propriétaire et reconvertie dans la coopérative Mec 2010.

Mais probablement, l’initiative la plus frappante et connue aura été la mise en marche par les ex-employé-e-s du journal à tirage national Público, qui a arrêté d’être édité en version papier le 23 février 2012, laissant 90 % de ses travailleurs à la rue. Ces derniers ont constitué la coopérative Más Público, qui tente d’obtenir un soutien social et financier pour continuer à publier le journal en version mensuelle.

Cependant, et malgré toutes ces expériences, on ne peut pas considérer que la voie de la récupération d’entreprises soit devenue quelque chose de naturel ou développée : les travailleurs, dans les situations de fermeture, continuent massivement à se satisfaire des prestations sociales que leur propose un Etat du Bien-être de plus en plus faible et contesté. Les difficultés liées au statut juridique des coopératives dans le droit espagnol, tout comme la quasi-absence de prévisions par rapport à la Loi d’adjudication, associée à une certaine passivité alimentée par des décennies d’univers spéculatif et conformiste, constituent probablement des freins à la stratégie de récupération.

Ce qui assurément paraît de plus en plus évident, c’est le recours croissant au coopérativisme de la part de beaucoup de chômeurs qui, devant la situation d’anomie productive et d’absence d’expectatives pour retrouver un emploi, recourent à la possibilité de capitaliser une prestation de licenciement pour créer des entreprises autogérées. Les exemples sont innombrables (comme celui de la coopérative d’électricité renouvelable Som Energía, créée en décembre 2010) et, dans certains cas, ils démontrent des liens évidents avec les mouvements sociaux (comme ceux relatifs à la mise en œuvre d’expériences créées à l’image ou ressemblante à la Coopérative Intégrale Catalane, ou bien celles du milieu libertaire, comme celle de l’imprimerie graphique Tinta Negra - Encre Noire). Effectivement, entre janvier et mars 2012, 223 nouvelles coopératives ont été créées dans l’Etat espagnol.

Il n’y a pas de doutes. De nouveaux chemins sont en train d’être parcourus (NdT : tracés) par la société espagnole. Et, parmi ceux-ci, le chemin de l’autogestion commence à être de plus en plus courant.

3 octobre 2012

La folie de l'austérité en Europe



RTBF Info | par Paul Krugman | samedi 29 septembre 2012

Eh bien, en termes de suffisance, on est servis. Il y a quelques jours, la sagesse populaire voulait que l’Europe ait enfin repris les choses en main. En promettant d’acquérir les obligations des pays en difficulté si cela s’avérait nécessaire, la Banque Centrale Européenne avait apaisé les marchés. Tout ce qu’il restait soi-disant à faire aux pays endettés, c’était d’accepter une austérité encore plus importante et plus profonde – telle était la condition pour que la BCE leur accorde des prêts - et tout allait bien se passer.

Mais ceux qui propagent la sagesse populaire ont oublié que des personnes étaient impliquées. Tout à coup, l’Espagne et la Grèce connaissent des mouvements de grève et des manifestations monstres. Dans ces deux pays, les gens disent en substance qu’ils ont atteint leur limite : avec un taux de chômage digne de la Grande Dépression et la classe moyenne d’autrefois obligée de fouiller les poubelles à la recherche de restes de nourriture, l’austérité est déjà allée trop loin. Et cela signifie qu’il pourrait bien, finalement, ne pas y avoir d’accord,.

(lire la suite...)

 

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