12 janvier 2021

Francis Dupuis-Déri - Black Blocs, Non-Violence, Révolutions

 


Entretien avec Francis Dupuis-Déri, professeur en sciences politiques à l'Université du Québec à Montréal. Chercheur et auteur de l'ouvrage "Les Black Blocs: la liberté et l'égalité se manifestent".

Voir en ligne..

4 janvier 2021

Élisée Reclus : les animaux, ces autres exploités

 

Si l’on retient d’Élisée Reclus qu’il fut végé­ta­rien convain­cu et fervent pro­pa­gan­diste anar­chiste com­mu­niste, on oublie sou­vent de lier ces deux enga­ge­ments, se conten­tant de citer le même pas­sage d’une même lettre, sans aller guère plus loin dans l’analyse1. L’extrait, il est vrai, est élo­quent : « Si nous devions réa­li­ser le bon­heur de tous ceux qui portent figure humaine et des­ti­ner à la mort tous nos sem­blables qui portent museau et ne dif­fèrent de nous que par un angle facial moins ouvert, nous n’au­rions cer­tai­ne­ment pas réa­li­sé notre idéal. Pour ma part, j’embrasse aus­si les ani­maux dans mon affec­tion de soli­da­ri­té socia­liste2» Par ces mots, adres­sés en 1884 à son ami Richard Heath, Élisée Reclus fait ain­si le pre­mier entrer les ani­maux au sein de l’en­ga­ge­ment socialiste.(..)

 Lire sur la Revue Ballast


23 octobre 2016

Comment détruire le "game" politique


Voir en ligne :  www.youtube.com/watch?v=l-3GPdoyOfs

La politique se résume aujourd'hui à un jeu médiatique. Les mythes sont le corps de leurs discours, analysons donc le mythe du progrès et le mythe de la liberté. Entre une gestion omnisciente et un chantage systémique, le peuple subit alors l'oppression sous le masque d'un double mythe. Détruisons donc ce game politique par un argumentaire révolutionnaire puissant.
 

29 juin 2016

De quoi Youlountas est-il le nom ?


Si l'on fait abstraction du mépris et de l'arrogance des propos dénigrant la Nuit Debout recueillis dans l'extrait (copie d'écran) ci-dessus, l'ensemble de la critique des aléas en cours de la lutte faite par Yannis Youlountas n'est pas totalement dénuée d'intérêt. 

 Voir sur son blog  (source)

Il n'en reste que l'on ne sait toujours pas au nom de qui, de quoi, de quels collectif ou groupuscule ce monsieur s'exprime, ce qui tend à rendre parfaitement gratuites ses accusations discriminatoires, lesquelles par ailleurs laissent supposer qu'à contrario il existerait une force militante omniprésente (anarchiste..) veillant en toile de fond au grain (et au maintien des dogmes anticapitalistes "purs") telle l'ange gardien. 
Vade retro..

PS: Mais au fait, où diable Yannis était-il lorsque (il n'y a pas 6 ans) les "indignés" d'Europe marchaient à pied -pas en avion-, poussant sur des centaines de km à travers "le root" de cette Europe dévoyée dont EUX contestaient avec limpidité la logique absurde, des caddies de supermarché transportant l'indispensable, et suscitant partout de villes en villages des AG citoyennes conviviales ? https://alter-lot.blogspot.fr/2011/08/marche-des-indignes-appel-soutien.html
https://alter-lot.blogspot.fr/2011/07/les-indignes-arrivent-cahors.html


Et où diable les anarcho.. (..staliniens ?) étaient-ils lorsque le mouvement "#Occupy", porté par un désir de liberté  formidable se faisait littéralement lyncher debout par les brigades sarkosiennes sur le site notamment de (Paris) La Défense ? https://alter-lot.blogspot.fr/2011/11/occupy-la-defense.html
https://alter-lot.blogspot.fr/2011/09/les-indignes-matraques-paris.html
https://youtu.be/KoD7L1FCtqE ?

mystère ...
  

Salut à toi ...



25 juin 2016

Défense des Black Blocs : « L’émeute est une forme antique et légitime de l’expression politique du peuple »


Depuis quelques mois, un débat agite la gauche radicale : que faut-il penser de la présence dans les manifestations des Black Blocs, le plus souvent désignés comme des “casseurs” ? Partagé sur les modes d’action de ces groupes, le Comptoir a néanmoins tenu à donner la parole à une voix quasi absente des médias. Anarchiste chrétien et écologiste radical, Falk Van Gaver témoigne en faveur de ce mouvement qu’il connaît bien...

Le comptoir
  

10 mars 2016

Anticapitaliste et anarchiste : l’insoumission est leur mode de vie


Une communauté pas comme les autres vit à Montois dans le Jura. Anticapitaliste et anarchiste, cette communauté s’autogère complètement. Retour sur une communauté bien méconnue du grand public !

Lire sur  La Relève et la Peste ...

19 janvier 2016

Ce n'est pas VOTRE mouvement pour le climat (vidéo)


Une vidéo qui remet en question les actions des ONG pour le climat notamment lors des COP, et défend des formes d'activisme plus authentiques.
 

4 janvier 2016

Anne Steiner : « Il faut faire la grève générale de la consommation »


Extrait:
(...) La plupart des biens de consommation sont produits hors d’Europe. Comment, dans ces conditions, une grève générale pourrait-elle déboucher sur l’avènement d’une société autre ?
« Réduire le temps de travail, c’était permettre aux ouvriers d’avoir une vie en dehors de la production, la possibilité de s’instruire, de développer ses potentialités. »
De quels moyens de lutte disposons-nous alors ?

Aujourd’hui, il faut faire la grève générale de la consommation, c’est le seul levier sur lequel nous pouvons agir. C’est-à-dire qu’il faut réduire de façon drastique sa consommation de biens industriels, se détourner au maximum des circuits marchands, et produire autrement ce que nous considérons comme nécessaire à notre bien-être. Le capitalisme ne survivrait pas à une désertion en masse de la consommation. (...)

Lire l'interview sur Le Comptoir ...

Sociologue et maître de conférences en sociologie à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Anne Steiner travaille sur la violence politique. Aux éditions L’Échappée, elle a publié un ouvrage de référence sur la Fraction armée rouge (RAF : guérilla urbaine en Europe occidentale, 2006) ainsi que des livres consacrés aux anarchistes individualistes (Les En-dehors : anarchistes individualistes et illégalistes à la Belle Époque, 2008), et à la violence sociale et politique à la Belle Époque (Le goût de l’émeute : manifestations et violences de rue dans Paris et sa banlieue à la “Belle Époque”, 2012 ; Le Temps des révoltes : Une histoire en cartes postales des luttes sociales à la “Belle Époque”, 2015). Elle a également consacré un ouvrage (Belleville cafés, photos Sylvaine Conord, L’Échappée, 2010) et des articles à l’évolution de Belleville à travers celle des cafés de ce quartier. Nous sommes revenus avec elle sur l’actualité de ces mouvements du siècle dernier.

13 décembre 2015

La vie s'écoule la vie s'enfuit ( Vaneigem - Lemmonier )




LA VIE S'ECOULE,
LA VIE S'ENFUIT
La vie s'écoule, la vie s'enfuit
Les jours défilent au pas de l'ennui
Parti des rouges, parti des gris
Nos révolutions sont trahies
Le travail tue, le travail paie
Le temps s'achète au supermarché
Le temps payé ne revient plus
La jeunesse meurt de temps perdu
Les yeux faits pour l'amour d'aimer
Sont le reflet d'un monde d'objets.
Sans rêve et sans réalité
Aux images nous sommes condamnés
Les fusillés, les affamés
Viennent vers nous du fond du passé
Rien n'a changé mais tout commence
Et va mûrir dans la violence
Brûlez, repaires de curés,
Nids de marchands, de policiers
Au vent qui sème la tempête
Se récoltent les jours de fête
Les fusils sur nous dirigés
Contre les chefs vont se retourner
Plus de dirigeants, plus d'État
Pour profiter de nos combats

Paroles de Raoul Vaneigem
Musique de Francis Lemonnier


 

23 mars 2015

Orwell — pour un socialisme populaire

Militants du POUM (DR)

Pourquoi le socialisme ne triomphe-t-il pas partout ? Telle était l'une des questions qu'Orwell s'évertuait à poser. À écouter ou à lire nombre des partisans du partage des richesses, un début de réponse s'esquisse. Socialisme de l'entre-soi, jargonneux et élitiste, truffé de néologismes et saturé de références consanguines, colloques d'universitaires cherchant la petite bête à des notes de bas de page, gloses et regloses, narcissisme du minoritaire sectaire et radicalisme chic des quartiers fleuris... la pensée critique a l'art de se couper du peuple dont elle se targue de parler. Orwell, qui tenait à œuvrer « en marge de l’armée régulière », tranchait dans le lard des altruistes d'estrades, des communistes sur coussins de soie et des anarchistes de bibliothèques. Ode au socialisme du quotidien.
Revue Ballast 

 

La guerre d’Espagne éclate en juillet 1936, lorsque le général Francisco Franco se lève pour briser le Frente Popular démocratiquement élu. George Orwell (Éric Blair de son vrai nom) a alors trente-trois ans et a déjà publié quatre ouvrages – parmi lesquels Dans la dèche à Paris et à Londres et Une histoire birmane. Ne pouvant rester les bras ballants devant cette tentative de putsch anti-démocratique et anti-socialiste, Orwell prend la route en direction de la péninsule ibérique avec l’espoir de prêter main forte aux combattants. Il quitte Londres le 22 décembre et pénètre dans Barcelone quatre jours plus tard, muni d’une lettre de recommandation de l’ILP (le parti socialiste britannique). Un journaliste se souviendra : « Visiblement habillé et chaussé pour une expédition, il posa par terre une énorme valise à sangles et dit : "Je vais en Espagne. – Pourquoi ?" lui demandai-je. […] "Ce fascisme, dit-il, il faut que quelqu’un l’arrête¹." »

Au front
Fort des indications de l’ILP, Orwell intègre le POUM (le Parti ouvrier d’unification marxiste) – une formation anti-stalinienne dont l’un des leaders provient du mouvement trotskyste. Un concours de circonstance plus qu’un choix, du reste : « Si je n’avais tenu compte que de mes préférences personnelles, j’eusse choisi de rejoindre les anarchistes », avouera Orwell dans son Hommage à la Catalogne. Ces anarchistes qui, contre une République bourgeoise et un communisme inféodé à Moscou, s’acharnent à bâtir une société alternative et révolutionnaire à même d’affranchir le peuple espagnol de la tutelle étatique, patronale et cléricale. Avant de rejoindre le front, les fusils de fortune et la crasse des tranchées, Orwell découvre la fraternité, la solidarité et le respect qui animent ce pays où le tout-venant se donne du « camarade » et se tutoie. (...)

Suite sur la Revue Ballast ...

21 mai 2012

Je porterai dorénavant un carré noir

VOIR.ca |18 mai 2012, par Normand Baillargeon

Photo lapresse.ca
Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie.

Les vérités de la Police sont les vérités d’aujourd’hui.

Jacques Prévert

Je porterai dorénavant un carré noir. [Ajout: sans enlever le rouge, bien entendu.Et les deux ensemble font un bien beau drapeau]

Je le porterai d’abord en solidarité avec ces jeunes gens que l’on a sans répit humiliés, battus, matraqués, et gazés et pour ne jamais oublier ce qu’on leur a fait.

Je le porterai pour me rappeler que je suis en deuil de la démocratie, pour dire à tous et à toutes ma tristesse devant ce qui ressemble désormais plus, et je pèse mes mots, à une association de malfaiteurs qu’à un Gouvernement, à un rassemblement de mafieux gangrénés par la corruption et autour desquels flotte, immanquable, la nauséabonde odeur du scandale et du mépris de la société civile.

Je le porterai pour me rappeler qu’on m’a menti en assurant que le débat sur les frais de scolarité a eu lieu : les étudiants et les professeurs se sont en effet retirés de ces consultations bidon organisées par les Libéraux et durant lesquelles il ne pouvait être sereinement traité; et pour me rappeler que ce gouvernement a ensuite refusé de discuter de cette question dans toute son ampleur et avec sérieux, ce que seuls des états généraux peuvent accomplir.

Je le porterai pour me rappeler ces efforts de dissolution du politique dans le juridique.

Je le porterai pour me rappeler votre trop longtemps maintenu refus de négocier et, ce moment venu, votre inébranlable refus d’aborder les questions que posaient les étudiants et les étudiantes en grève.

Je le porterai pour me rappeler que je suis en deuil de la démocratie délibérative,
Photo Ledevoir.com

assassinée par des faiseurs d’opinion que je ne peux me résoudre à appeler des journalistes et dont les excès de langage ont dépassé de loin tout ce que j’ai vu dans ma vie.

Je le porterai pour me rappeler ces sondages non probabilistes qui ont, c’est une honte, été ce que nous avons eu de mieux à nous offrir dans le cadre de notre conversation démocratique sur un enjeu de cette importance.

Je le porterai aussi en deuil de ces mots de la langue qui ont été bien malmenés ces derniers temps : grève, démocratie, accessibilité, et pour ne pas oublier que ces perversions du langage ont consisté à faire d’un enjeu collectif et politique une affaire individuelle, marchande et économique

Je le porterai pour la liberté d’expression, d’association et de manifestation que cette inique loi spéciale poignarde au coeur.

Je le porterai en solidarité avec mes compagnons libertaires qu’on humilie, qu’on bat, qu’on matraque, et qu’on gaze, comme les autres, mais qu’on calomnie aussi.

Je le porterai donc pour me rappeler l’immense et noble espoir que l’anarchisme n’a cessé de porter : celui d’une société libre, démocratique, égalitaire et sans pouvoir illégitime, pour me rappeler cet idéal que j’aime infiniment et dont ne
photo theseaonof margaux.overblog.com
connaissent manifestement rien ceux et celles qui lui crachent aujourd’hui dessus.

Je le porterai enfin et surtout pour me souvenir que des jeunes gens, un moment, chez nous, ont incarné cet idéal: et que si les gouvernements passent, cet idéal, lui, ne mourra jamais.

Je porterai dorénavant un carré noir.

Et je vous invite à en porter un, vous aussi : les raisons pour ce faire ne manquent hélas pas.

 

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