4 février 2017

Benoît Hamon : l’ennemi autorisé du capital



Ancien ministre de l’Éducation sous le gouvernement de Manuel Valls, Benoît Hamon a surpris son monde en remportant la primaire socialiste avec un programme plus novateur et davantage ancré à gauche que ses concurrents. Pour de nombreux électeurs de gauche, il s’agit du candidat PS en mesure de porter leurs idéaux, contrairement à un Mélenchon dont la réputation d’aboyeur et la radicalité font craindre le pire à une classe moyenne supérieure en manque de repères. Pourtant, à y regarder de plus près, Hamon reste un candidat dans la pure tradition sociale-démocrate.

Dans cette primaire de la Belle Alliance populaire, Benoît Hamon a voulu se positionner avec une nouvelle manière de faire de la politique, loin des combines des partis. Pourtant, l’ancien du MJS (Mouvement des jeunes socialistes) est un apparatchik de premier ordre..

Suite sur Le Comptoir
 

3 octobre 2015

Le Salaire à Vie selon Bernard Friot (vidéo)


Alors que l'idée d'un revenu de base commence à faire son chemin, et si on en profitait pour essayer d'aller encore plus loin dans la critique du marché du travail? Et si on essayait carrément de penser contre le capitalisme? D'ailleurs, si on sortait du capitalisme, on mettrait quoi à la place?




14 janvier 2015

Lettre ouverte de Bernard Maris aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles


Les théoriciens de l’économie industrielle sont une secte, dont l’obscurantisme et le fanatisme donnent froid dans le dos.

Bernard Maris (23/9/46 – 7/1/2015), l’économiste en chef de Charlie Hebdo, à l’humour digne de cette joyeuse maison, prof d’économie rêvé, fait partie des tristes victimes des attentats du 7 janvier. Ses compétences, ses responsabilités dans la vie civile (membre du conseil scientifique d’Attac et membre du conseil général de la Banque de France), n’avaient d’égales que la singularité absolue de ses positions dans le monde uniforme et puissant des économistes : partisan de l’instauration d’un revenu d’existence universel, il militait dernièrement pour la sortie de l’euro et l’effacement d’une partie de la dette privée et publique. Journaliste, professeur, esprit curieux et ouvert, Bernard Maris était une personnalité à part, un style en soi, brillant et mordant, comme dans cette Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles. Extraits en guise d’hommage épistolaire. 
 
A lire sur des lettres ... 
 

21 décembre 2013

Comment l’Iran a instauré un revenu de base sans le vouloir



En remplaçant les subventions aux combustibles et aux aliments par des transferts directs à la population, l’État iranien fournit depuis 2010 un revenu à chaque citoyen résidant dans le pays.


suite ...

19 novembre 2013

Le revenu d’existence européen cherche encore 860 000 signatures (Rue89)



Vous voulez faire adopter une loi en France ? Accrochez-vous. Si en 2008, sous Nicolas Sarkozy, le principe d’un référendum d’initiative partagée a été glissé dans la constitution, aucune loi organique ne l’encadre encore. La procédure est par ailleurs si lourde pour le déclencher (il faut convaincre 4,5 millions d’électeurs, 185 parlementaires...) qu’on risque d’attendre la Saint-Glinglin avant de voir une loi d’initiative populaire être adoptée en France.

Ce qui est moins connu, c’est qu’une procédure citoyenne est également possible au niveau de l’Union européenne. La procédure n’est pas tellement moins complexe qu’en France. Elle ne débouche pas sur un référendum mais au moins, le nombre de signatures à réunir n’est pas hors de portée : il en faut un million, avec un quota minimum dans sept pays.
 


15 octobre 2013

C. Eisenstein: “Nous entrons dans l’ère où tout devient possible”



La crise financière est en train de dévoiler un long processus de re-exploration d’idées anciennes et de valeurs oubliées, explique Charles Eisenstein dans cette interview. Pour ce penseur, la réponse à la crise se trouve dans la magie du don et la narration d’une nouvelle histoire.

Charles Eisenstein est probablement l’un des auteurs les plus avancés dans la catégorie de la pensée intégrale avec sa spécialité : l’économie du don et la monnaie. Son dernier ouvrage, “L’Économie Sacrée“, est une bible de réflexion sur la valeur et l’argent dans la société actuelle et surtout celle de demain. Nous avons eu la chance de discuter avec Charles et de le faire parler sur sa vision de la nouvelle histoire que nous devons écrire.

Un article traduit de l’anglais par Marianne Souliez.

Cela fait cinq ans que la crise des subprimes a commencé et a fait s’effondrer le système financier… Et on dirait que rien n’a changé depuis ! Es-tu d’accord ?
Charles Eisenstein: Tu as raison. Et non seulement rien n’a changé mais les dynamiques de bases se sont même intensifiées. Une part de plus en plus grande de notre économie et de notre énergie sociale est vouée au service de la dette. Et cela veut dire que la concentration de richesses va augmenter, que la pression pour trouver un moyen de générer de la croissance économique va augmenter, et de plus en plus de gens seront laissés sur le carreau. Le système d’aide sociale va continuer à se dégrader parce que quand l’économie rétrécit, il faut bien encore trouver l’argent quelque part et l’un des moyens est de transférer les actifs existants et de les utiliser au service de la dette.

Vous pouvez ponctionner les fonds de retraites, les salaires des enseignants, privatiser des actifs… Il y a beaucoup de moyens de faire ce genre de chose mais il faut l’extraire des poches des gens, presque l’extraire de leur chair. Ils vont continuer à faire ça jusqu’à ce que les gens s’arrêtent et disent ‘Non’.
 


8 juin 2013

Travailler plus, mais pour produire quoi ?



Les Echos.fr | Guy Valette | 23 mai 2013

LE CERCLE. L'accroissement du P.I.B. sans discernement, prédateur en ressources, ne permet plus un accroissement du même ordre des emplois rémunérés. Travailler plus ou plus longtemps pour produire et consommer n'importe quoi n'est pas la réponse aux problèmes que pose cette "mauvaise croissance". Il est temps de changer de paradigme.

L'article du philosophe Jean-Pierre Dupuy dans le monde du 06/05/2013 "L'enfer du travail" a inspiré ce qui suit. Il décrit pleinement dans quelle spirale infernale se trouve le "travailleur-consommateur" dans le monde global actuel. La référence à un dessin de Konk illustre bien le propos :

Dans une case un automobiliste se lamente "J'ai horreur de conduire, mais j'ai besoin d'une voiture pour me rendre à mon travail".

Dans une deuxième case, le même à l'usine : "J'ai horreur de mon boulot, mais il faut bien que je paie les traites de ma voiture".

Cette situation, vécue par beaucoup, montre l'aliénation dans laquelle la société de consommation mondialisée, pilotée par des politiques économiques libérales, nous a enfermés. "L'enfer" du travailleur, aliéné à son poste, rejoint "l'enfer" du consommateur aliéné par les objets et les marques. Travailler plus pour consommer plus, faire des heures supplémentaires pour honorer ses dettes.

Produire à l'autre bout du monde, à moindre coût, dans des conditions indignes, avec des travailleurs "low-cost", des objets superflus, les vendre ensuite, à dix mille kilomètres, dix fois plus chers, en utilisant les "créatifs" de l'industrie des médias et de la publicité, tout cela pour être conduit, dans les pays de consommation, en remplacement des emplois qualifiés détruits dans le secteur de production, à créer dans tous les secteurs de la vie privée des emplois de service souvent précarisés.

Ainsi va le monde dans une agitation perpétuelle qui enferme l'individu dans l'angoisse permanente de la déqualification ou du chômage qui ne permet plus de pouvoir consommer et payer ses charges. Pendant ce temps, les ressources s'épuisent inexorablement et la richesse se concentre toujours plus entre de moins en moins de mains.

Dans ce marché mondialisé, on a perdu tout sens commun et toute mesure. La société post-industrielle doit-elle être arc-boutée dans la seule production de travail à tout prix, pour rémunérer le consommateur, quitte à produire n'importe quoi et à faire faire ce que l'on ne peut faire, sans prendre en compte, en harmonie avec son environnement, la quantité de ressources disponibles et les besoins vitaux de l'être humain ?

De la contre-productivité


Pour reprendre l'exemple de l'automobile comme moyen de transport individuel, il faudrait se poser la question du coût global réel, dû à son utilisation, qui incombe à chaque utilisateur et à la sphère publique (infrastructures, accidents corporels, pollution de l'air, pollution sonore, etc.). Yvan Illich avec le concept de contre-productivité jugeait aliénant et illusoire la mise en avant de la vitesse dans le système automobile.

En prenant en compte le temps moyen de travail pour l'acquisition et l'entretien d'une automobile, on montre que le temps réel total affecté à ce bolide des temps modernes s'allongeait inexorablement et qu'en conséquence sa vitesse réelle diminuait d'autant. On l'évalue à 6 kms/h, soit à peine plus que la vitesse du piéton ! ("Ivan Illich a ainsi défini le concept de vitesse généralisée, compris ici comme le rapport de la distance parcourue au temps que l’on met à la parcourir. Dans le "temps que l’on met à la parcourir", il y a le temps effectif du déplacement et le temps que l’on passe à se donner les moyens du déplacement" (1)).

En d'autres termes le véhicule automobile ne nous rend pas plus efficaces, globalement, dans nos déplacements, même si dans l'instant on se déplace évidemment rapidement. En revanche, cette automobile en créant des emplois et du profit, consomme et détruit des quantités toujours plus importantes de ressources fossiles et de matériaux et génère des polluants qui mettent en danger la vie sur terre.

Dans un autre domaine qu'est l'agriculture, des études ont montré que dans les pays industrialisés, où la mécanisation et l'usage d'engrais et de pesticides n'ont cessé de se développer, le rendement net des terres agricoles n'a en réalité pas augmenté. En revanche, les terres sont totalement stérilisées et la pollution et les risques sanitaires pour les agriculteurs et les consommateurs ont augmenté. Ce type d'agriculture n'a servi que les intérêts de grands groupes industriels comme ceux de l'industrie chimique en particulier. Il s'agit bien d'un autre exemple de contre-productivité que ne mesure pas le P.I.B. cher aux experts.

De la croissance du P.I.B. et de la décroissance du bonheur

Le Produit Intérieur Brut (P.I.B.) est encore l'indicateur majeur de l'ensemble de l'activité économique. Cette somme de toutes les productions de biens et de services qui se vendent et qui coûtent, "produites par du travail rémunéré" serait-elle condamnée à croître pour la prospérité et le bien-être de tous ?

Rappelons un discours de Robert Kennedy, quelques jours avant son assassinat : "Notre P.I.B. comprend aussi la pollution de l'air, la publicité pour les cigarettes et les courses des ambulances qui ramassent les blessés sur les routes. Il comprend la destruction de nos forêts et la destruction de la nature. Il comprend le napalm et le coût de stockage des déchets radioactifs. En revanche le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, de la gaieté de leurs jeux, de la beauté de notre poésie ou de la solidité de nos mariages. Il ne prend pas en compte notre courage, notre intégrité, notre intelligence, notre sagesse. Il mesure tout sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue" (2).

Le constat est sévère, la société économique "de croissance et de bien-être" n'a apporté que l'illusion d'un bonheur éphémère au plus grand nombre, mais seulement une illusion. Au contraire, emportée par la mondialisation des échanges et du travail rémunéré, elle a conduit à une explosion des inégalités et des frustrations. La généralisation du marché, du profit et des emplois rémunérés, jusque dans les domaines de la vie privée, avec la monétisation de tous les actes du quotidien, a détruit l'échange de service, de biens et le bénévolat, avec le lien social qui va avec.

L'émiettement et l'atomisation de la société ont éliminé toute expression de convivialité dans les rapports humains, renvoyant l'individu, à être "seul avec lui-même" dans une société où c'est" la guerre de tous contre tous". Arnaché de prothèses communicantes, coaché par des experts en tout, bêtifié, lobotomisé, par l'industrie des médias qui gouverne ses pulsions, l'individu rétréci et s'isole pendant que le P.I.B. est censé s'envoler.

Le problème est que, à cause de l'accroissement de la productivité et de la formidable concentration de la richesse, la grande machine à fabriquer du bien-être ne génère plus les emplois rémunérés nécessaires pour acheter ce "bonheur" qu'elle est censé produire. Alors que l'on exige de ceux qui ont un emploi de travailler plus encore (par exemple par l'allongement de la carrière professionnelle pour financer les régimes de retraites dont l'assiette des cotisations est limitée au revenu du travail) les exclus et les précaires sont de plus en plus nombreux, ils ne peuvent pas jouir pleinement du grand marché, entrainant frustrations et violences et, en conséquence ont besoin de plus en plus d'aides, ce qui creusent à nouveau les déficits des budgets sociaux et de la santé publique que l'on prétend diminuer.

Le comble est que malgré la production en masse de biens en tout genre, les besoins vitaux de l'humanité (alimentation, eau potable, santé et logement) ne sont pas satisfaits. Dans le monde on dépense 10 fois le budget nécessaire pour la satisfaction de ces besoins fondamentaux dans l'économie de la drogue ou dans l'industrie de la publicité; c'est 20 fois moins que le montant dépensé dans l'économie des armes de destruction (3).

Se désintoxiquer du travail rémunéré

Sortir de ce cercle infernal du produire plus pour vendre n'importe quoi, créer du travail pour acheter à tout prix, est impérieux.

Travailler moins pour pouvoir exercer à nouveau ses responsabilités dans la gestion des ressources qui nous sont confiées, dans la conduite de la vie familiale et sociale, est une nécessité. Se libérer du travail salarié pour pouvoir s'épanouir dans la création et l'échange est vital pour l'individu.

Seul l’avènement d'une société qui prône à la fois le partage des ressources et du travail nécessaire à la création des richesses utiles à la satisfaction des besoins et au bien-être de tous, permettra de mettre fin à cette dangereuse fuite en avant, avant qu'il ne soit trop tard.

L'allocation d'un revenu d'existence universel et inconditionnel peut être le premier pas vers cette libération du travail rémunéré qui produit et détruit toujours plus. Ce revenu complémentaire, généré entre autre par une redistribution de la richesse accumulée, permettra aussi une redistribution des emplois rémunérés entre tous ceux qui ne demandent qu'à vivre dignement.

Cesser de se servir d'indicateurs comme le PIB qui ne mesure rien d'autre que l'aliénation à l'argent et l'agitation qui en découle est aussi une urgence pour tenter de remettre le train du progrès social et du bien-être collectif à nouveau sur ses rails.
 
(1) Vers l'automobile immobile.
(2) "De la convivialité" Alain Caillé, Marc Humbert, Serge Latouche, Patrick Viveret -Page 49 - Edition La découverte.
(3) "De la convivialité" Alain Caillé, Marc Humbert, Serge Latouche, Patrick Viveret -Page 28-29 - Edition La découverte.

source:  http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/social/emploi/221172996/travailler-plus-produire?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter

27 mars 2013

Europe: en avant pour le revenu de base


 

Le revenu de base est un revenu inconditionnel, versé dès la naissance et cumulable avec tout autre revenu.


Revenu de base | 22 mars 2013 

Initiative citoyenne européenne: En route pour le million !


Vous l’attendiez depuis plus d’un an… Cette fois, c’est la bonne ! Les efforts produits par des citoyens et organisations de plus de quinze pays différents viennent enfin d’être récompensés : oui, vous pouvez signer officiellement l’initiative citoyenne européenne !


Plus d’un an de préparation, un échec et d’insupportables mois d’attente… Depuis que la Commission européenne a finalement accepté notre proposition d’initiative il y a deux mois, le comité de citoyens a travaillé d’arrache-pied avec la Commission pour mettre en place le système de collecte en ligne des déclarations de soutiens (signatures) ainsi que le site basicincome2013.eu, notre site de campagne officiel en plusieurs langues.

Cette attente a suscité de nombreuses questions. Il y a pourtant une légitime raison à cela : ceci n’est pas une simple pétition telle que vous avez pu en signer sur le site AVAAZ ou change.org, où une simple adresse e-mail vous est demandée.

Vos données sont sécurisées

La signature est citoyenne, au sens formel, et a valeur officielle, presque comme un vote en ligne. Nous sommes par conséquent soumis aux réglementations légales en vigueur en France sur les initiatives citoyennes, qui nous imposent de demander des informations personnelles (un numéro d’identité notamment), afin de garantir la validité des signatures (notez que ce n’est pas le cas de tous les pays européens, en fonction de la législation nationale en vigueur).

Ainsi, le lourd processus de mise en place du système de signature est le prix à payer pour que vos informations soient sécurisées. Les données sont cryptées et sont hébergées gracieusement sur les serveurs de la Commission européenne. Mais seul un nombre très limité de personnes du comité de citoyens — engageant leur responsabilité pénale — ont accès aux clés de décryptage (elles mêmes stockées en lieu sûr…) permettant d’extraire les données. Et bien sûr, aucun transfert de données n’est permis.

 

Objectif million !

Nous avons maintenant jusqu’au 14 janvier 2014 pour récolter un million de signatures, tout en atteignant un quota minimal dans au moins 7 pays de l’UE. En France, ce seuil est fixé à 55.500 signatures. Cependant, il en faudra beaucoup plus pour compenser les pays dans lesquels l’idée du revenu de base n’est pas (encore) populaire.

Des formulaires papier seront bientôt disponibles pour faire signer les personnes peu à l’aise avec les outils informatiques. Nous attirons néanmoins votre attention sur la lourdeur logistique que cela implique, et vous demanderons de vous organiser localement pour stocker les formulaires signés en lieu sûr. Nous ne commencerons à centraliser les documents qu’en milieu de campagne uniquement.

Ouvrir le débat sur le revenu de base

Si l’initiative obtient le succès escompté, la Commission Européenne devra formellement examiner la demande citoyenne et offrir aux organisateurs une audience devant le Parlement Européen.



Mais au delà de cet hypothétique résultat, “l’idée est avant tout de lancer un vaste débat public autour du revenu de base et toutes les questions que cette idée suscite sur notre rapport au travail, à l’argent, au temps, et à notre citoyenneté.” souligne Stanislas Jourdan, l’un des porteurs de cette initiative.

Depuis l’ouverture du système de collecte en ligne, plus de 750 déclarations de soutien ont déjà été récoltées, dont au moins 233 rien que pour la France qui arrive en tête du nombre de signature lors du premier décompte journalier. Un compteur sera prochainement mis en place sur le site officiel de l’initiative pour vous permettre de suivre l’évolution de la campagne.
Selon la formulation de l’initiative citoyenne européenne enregistrée le 14 novembre 2012 (voir le texte ici), intitulée “Revenu de base inconditionnel – Explorer une voie vers des conditions émancipatrices dans l’UE”, notre demande vise essentiellement à obtenir que les institutions européennes mettent à l’ordre du jour la question du revenu de base, et financent des études pilotes pour éclaircir les différentes modalités de mise en place à l’échelle européenne.

Cocorico ! La France prend le maillot jaune

En France justement, cette campagne sera notamment soutenue et animée par le Mouvement Français pour un revenu de base, association nouvellement créée au début du mois de mars 2013 qui prendra en charge la co-animation du site revenudebase.info. Mais surtout, de nombreux groupes locaux, dont les coordonées sont disponibles sur le site, se sont formés pour promouvoir l’initiative au plus proche de nos concitoyens.

Alors qu’attendez-vous pour signer et inviter vos amis à faire de même ? Ça se passe par ici!

Informations pratiques

Pour suivre l’évolution de la campagne, n’hésitez pas à « liker » la page facebook de l’initiative et celle du mouvement Français.
Pour être sûr de ne rien manquer, inscrivez-vous à notre newsletter
Pour toute autre question sur l’ICE, consultez cette page

Crédit image: Bham_FOE (cc) Remixed by pepie34

Sur le même sujet: Revenu de base Le film


 

20 mars 2013

Revenu de base: le film


Le revenu de base est un revenu inconditionnel, versé dès la naissance et cumulable avec tout autre revenu.

Le Film


« Le Revenu de base – une impulsion culturelle«  est un film-essai helvético-germanique qui explique, défend et argumente l’idée d’un revenu de base inconditionnel. Réalisé par Daniel Häni et Enno Schmidt, le film est sorti en 2008 en allemand et a depuis été traduit dans plus de 10 langues dont le français. Le film, diffusé principalement sur internet, avait été vu plus de 500 000 fois au printemps 2011 selon les réalisateurs. (source wikipédia)
 
Ce film constitue l’un des outils pédagogiques les plus efficace pour comprendre et faire comprendre cette idée : n’hésitez pas à le visionner pour mieux comprendre… ou à le faire visionner par votre entourage ! Plus que des mots, voici la fameuse vidéo :





13 mars 2013

Le droit de vivre, avec ou sans emploi


jennar.fr | par Raoul Marc Jennar | 12 mars 2013


(paru dans la page Rebonds du quotidien Libération de ce jour)

Pour que les immolations par le feu de chômeurs, comme celle de Djamal Chaar à Nantes, ne se reproduisent jamais plus

Il est temps de repenser le droit de vivre, avec ou sans emploi, d’ouvrir grands les yeux sur la catastrophe humanitaire qui sévit en ce moment même autour de nous, d’écouter la souffrance, le désespoir et les revendications légitimes des innombrables exclus qui n’en peuvent plus.

Djamal Chaar, ce chômeur immolé devant son agence Pôle emploi à Nantes, n’est ni le premier[1], ni le dernier[2]. Djamal s’était vu réclamer un « trop-perçu », soit des allocations de chômage versées par erreur alors qu’il avait retravaillé quelque temps comme intérimaire, cumulant ainsi de maigres allocations et un bout d’emploi précaire. Or, il estimait que ses heures de travail lui ouvrant des droits au chômage n’avaient pas été toutes prises en compte, mais il ne parvenait pas à faire réétudier son dossier par les agents de Pôle emploi, eux-mêmes débordés et soumis à une pression croissante à la rentabilité.

Pôle emploi procède à plus de 500 000 radiations par an, dont 90 % sont dues à une absence à convocation, la plupart du temps non reçue ou envoyée par Internet à des chômeurs ne disposant pas d’équipement informatique. Combien d’hommes et de femmes, chômeurs ou travailleurs, devront-ils mourir pour que soit enfin entendu le refus de vivre dans l’indignité et dans la négation de leurs droits humains, sociaux et démocratiques ?

Pour que les « fins-de-droits » ne conduisent plus à des fins de vies, exigeons la fin des trop-perçus et des radiations iniques. Exigeons également le respect des principes fondamentaux du droit national et international inscrits dans le Préambule de la Constitution française et la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne, qui reconnaissent à chacun le droit à une activité, un travail ou une formation librement choisis, et le droit à des moyens d’existence convenables. C'est-à-dire la garantie d'un revenu décent pour tous, avec ou sans emploi.

Miguel BENASAYAG, Saïd BOUAMAMA, Paul BOUFFARTIGUE, Noëlle BURGI, Rada IVEKOVIC, Raoul Marc JENNAR, Bernard LANGLOIS, Fabienne MESSICA, Edgar MORIN, Evelyne PERRIN, Josep RAFANEL, Jacques RANCIÈRE, Vicky SKOUMBI, Yannis YOULOUNTAS

[1] Déjà plusieurs suicides de chômeurs en 2012, notamment à Dieppe et devant la CAF de Mantes-la-Jolie.

[2] Quatre tentatives ont suivi, dont celle d'un autre chômeur à Saint-Ouen le 15 février, gravement brûlé, et un autre à Bois-Colombes le 6 mars 2013.

12 janvier 2013

Montauban 2050, transition terminée... I have a dream, J’ai fait un rêve …



Blog de Fbosque

28 Juillet 2012, Africajars.

En 2050, ma ville aura une constitution et une monnaie citoyenne. Sa constitution préservera notre bien commun et étendra nos libertés individuelles. Sa monnaie complémentaire à l’euro et locale distinguera socialement ceux qui contribueront à cette utilité commune.

Ainsi, la mission première de ma commune sera de préserver dans le temps la santé de ses citoyens et visera sans relâche à leur donner les moyens de choisir au mieux leur existence pour expérimenter le chemin de leur propre bonheur dans le respect des humains et de la nature.

Une ceinture verte entourera Montauban assurant ainsi à ses habitants une alimentation saine, de quoi se vêtir voire même se chauffer et construire des espaces de vie harmonieux.

Tous les espaces de ma commune seront rendus à la vie et aux humains. Ils seront fonctionnels, beaux et bien isolés au point que l’été il y fera bon et que l’hiver, la chaleur de ses habitants suffira à les chauffer.

Au sein de ces espaces, bien reliés entre eux, les montalbanais(es), exerceront l’activité de leur choix qu’elle soit de nature marchande, non marchande ou un mix entre les deux. Les produits et les services qu’ils produiront seront échangeables en euros, en monnaies citoyennes, en temps voire par un simple troc.

Mes concitoyens pourront échanger ces produits et ces services en toute connaissance de cause car ils connaitront leur l’impact sur la nature et les humains. En effet, chaque entreprise, dont le siège est sur notre ville ou vendant sur notre territoire sa production, recevra une note de développement soutenable conditionnant une taxe ou une subvention réintégrant dans ses couts cet impact et devra l’imprimer sur ses produits

A Montauban, sur le fronton de notre mairie et sur son site internet, sera affichée seconde après seconde la balance énergétique entre production et consommation de notre ville. En 2050, le 31 décembre à minuit nous ferons la fête. Une grande fête. Une fête populaire. Pourquoi ?

Parce que tous ensemble, transcendant nos appartenances, nos origines et nos classes, après la signature du Manifeste d’Union pour une Société Ecologique il y a 40 ans, nous aurons, pour la première fois, généré plus d’énergie renouvelable et locale que nos dépenses énergétiques !

En même temps, les montalbanais(e)s auront un niveau de confort et de mobilité jamais atteint jusqu’à présent avec en prime un allégement sans précédent de leur factures alimentaires, énergétiques, de logement et de transport.

Le centre ville sera rendu aux piétons, aux vélos, aux véhicules individuels et collectifs propres. Les transports collectifs couvriront les besoins de déplacements réguliers des montalbanais(e)s vers leurs espaces d’activités, pendant que des véhicules propres en partage leur donneront l’accès à des transports à la carte. La fibre optique de très haut débit permettra de limiter au minimum les déplacements tout en relayant en temps réel tous les citoyens, les entreprises et notre collectivité territoriale. D’ailleurs, tous les logiciels utilisés par nos services publics seront sous licence libre.

Tous en seront équipés car, l’exercice de notre citoyenneté en temps réel sera privilégié pour les décisions qui touchent au bien commun et aux libertés individuelles. Le consensus sera recherché, sinon le consentement ( intégration de toutes les objection) et à minima les 2/3 des voix. On ne décide plus depuis longtemps à Montauban ce qui nous est commun à tous, à une voix près ! Cela ferait rire ou pleurer nos enfants.

A chaque point cardinal de la ceinture verte entourant le chef lieu du Tarn & Garonne, seront implantés de grands parkings permettant d’échanger les véhicules à énergie fossile contre des véhicules propres en partage. Des navettes électriques ou à gaz méthanisés relieront l’intérieur à l’extérieur de notre commune. Piloter par les besoins de mobilité de nos citoyens, leur fréquence et leur nombre s’adapteront aux besoins ponctuels de la population.

A cotés de ces parkings extérieurs, de grands entrepôts logistiques informatisés gèreront les flux entrant et sortant de marchandises afin que seules les navettes propres de la commune desservent de façon optimale les citoyens, les entreprises et les services de notre collectivité. Le drame du temps de vie perdu dans les transports sera raconté à nos enfants dans les soirées d’hivers !

Ainsi, les montalbanais(e)s auront accompli ce que personne ne croyait possible : Préserver le bien commun, voire l’enrichir pour eux et les générations futures tout en étendant leurs libertés individuelles !

A oui ! j’ai oublié quelque chose d’important. Tou(te)s les montalbanais(e)s depuis 20 ans reçoivent, en monnaie complémentaire et locale, un revenu d’existence inconditionnel, inaliénable, cumulable avec tout autre revenu d’activité, qu’ils peuvent dépenser à leur gré dans les entreprises locales respectueuses des humains et de la nature.

Il(elle) le reçoit chaque mois de la naissance à la mort indépendamment de sa participation à la production marchande. En fait, il est la redistribution, en partie et égalitaire, entre tous les habitant(e)s de Montauban, des économies permises par la transition écologique qu’ils ont accompli ensemble depuis près de 40 ans.

Leurs enfants, eux, jusqu’à leur majorité n’en perçoivent que la moitié. Il est géré par leur parent pour leur éducation. L’autre moitié alimente, jusqu’à leur majorité, un Fond d’Investissement pour la Transition. Celui-ci finance chaque année des dizaines d’organisations marchandes ou non afin de les aider s’installer sur notre territoire et à opérer la transition écologique.

Ainsi des centaines d’entreprises œuvrant pour la préservation de notre bien commun et pour l’extension de nos libertés individuelles se sont jointes à notre tissu local. Le besoin en main œuvre pour opérer la transition aura attiré de nombreuses entreprises d’autant qu’elles bénéficieront de conditions d’installation privilégiées et de ce fond d’investissement pour la transition.

Mais revenons à notre citoyen(e) majeur(e). Le jour de sa majorité, le(la) jeune montalbanai(e)s se retrouve avec ses ami(e)s du même âge à une cérémonie d’entrée dans la communauté de vie Montalbanaise et plus largement dans celle plus large de notre planète.

En cadeau de bienvenue, elle recevra en totalité et en monnaie citoyenne, son premier revenu d’existence complet et un capital abondé par 20 ans d’investissements dans l’économie locale. Cela lui permettra, dès sa majorité, de choisir librement une activité non pas pour avoir un revenu mais parce qu’il(elle) en aura dèjà un ! D’autre part, il(elle) pourra investir son capital d’existence dans la réalisation de son rêve, celui avec lequel il(elle) est venue ou bien simplement pour construire sa propre maison ou entrer en copropriété dans un éco-habitat groupé !

Mais les Montalbanais(e)s savent aussi qu’ils doivent beaucoup de leur réussite présente au reste du monde. C’est pour cela que la commune s’est jumelée depuis le premier revenu d’existence versé, et sans condition, avec d’autres villes du monde qui n’ont pas eu notre chance.

Lors de cette cérémonie, chaque nouveau citoyen majeur gagne un frère jumeau ou une sœur jumelle, citoyen(ne) de l’une de ces villes qui reçoit alors lui aussi un revenu d’existence et un capital équivalent dans son pays. La commune propose alors au nouveau citoyen un an de service civique dans l’organisation de sont choix qu’elle soit locale ou internationale. En près de 40 ans, je n’ai jamais vu personne refuser !

C’est peut être pour tout cela aussi que les Assemblées Communales Territoriales qui se réunissent pour actualiser tous les trois ans notre constitution et contrôler le mandat de nos élu(e)s durant toute cette période sont toujours pleines à craquer et pourtant les membres de cette assemblée ne se connaissent souvent pas : Ils sont tous tirés au sort !

Mais c’est vrai que je trouve, en relisant l’histoire de mon rêve, que je suis un peu chauvin là ! Car dans mon rêve, en 2050, Montauban fut la dernière ville au monde à accomplir sa transition ! Pourquoi ? Je ne sais pas… C’est peut être pour cela que je me suis réveillé, parce que les derniers seront peut être un jour les premiers !

Frédéric,
En transition.
www.alternativeshumanistes.info

 

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