29 octobre 2019

SÉCURITÉ SOCIALE : UN MENSONGE D'ÉTAT (Le Média)


"Il n’y a eu aucune explosion des dépenses sociales. Le problème vient des ressources. Revenant sur sa parole, l’État a décidé de ne plus compenser à la Sécurité sociale les exonérations de cotisations sociales. Soit au total environ 5 milliards, c’est la cause essentielle du déficit affiché. L’État fait le généreux avec l’argent de la Sécurité sociale. Il lui impose en contrepartie de baisser les prestations."


7 avril 2018

Macron va-t'il bloquer le pays ?


Ces dernières semaines, Emmanuel Macron s'est lancé dans un véritable bras de fer face à des secteurs entiers de la société. Son but : imposer à la France entière une politique dogmatique, à l'inefficacité avérée depuis longtemps. Pour cela, ira-t-il jusqu'à provoquer la paralysie du pays ? Et le laisserons-nous agir ainsi, contre nos intérêts et ceux de la Nation ?
 

31 mai 2017

Trouver 200 milliards par an sans réformer le code du travail n'est pas un problème

 

23 mai 2017, Par Patrick Cahez, source :Blog : L'Europe sociale des droits de l'Homme

ATTAC trouve 200 milliards par an sans réformer le code du travail

A quelques jours de la semaine mondiale d'action contre l'évasion fiscale, Dominique Plihon présente le rapport publié cette semaine par Attac intitulé «Rendez l'argent». Ce rapport démontre qu’il est possible – et urgent ! – de récupérer près de 200 milliards d’euros par an en France.  

https://blogs.mediapart.fr/attac-france/blog/290317/nous-avons-trouve-200-milliards-pour-financer-la-transition-ecologique-et-sociale

Attac vient de publier un rapport « rendez l’argent », soutenu par plusieurs dizaines d’organisations du mouvement social et citoyen. Ce rapport déconstruit le discours dominant selon lequel l’Etat serait en faillite en raison de ses dépenses excessives. Prolongeant les conclusions du rapport d’audit citoyen sur la dette, il montre que les déficits publics ne viennent pas de dépenses excessives, mais de l’argent public qui échappe aux caisses de l’Etat parce qu’il est détourné et confisqué au profit d’intérêts particuliers. Ce rapport montre qu’au moins 200 milliards d’euros peuvent être récupérés chaque année.Comment ? Par des mesures balisées et crédibles, qui pourraient être mises en œuvre par un gouvernement volontariste et poussé par les citoyen.ne.s, associations, mouvements et syndicats mobilisés en ce sens. Fiches techniques rigoureuses à l’appui, ce rapport détaille six mesures permettant d’atteindre cet objectif :
  • une lutte efficace contre l’évasion fiscale (80 milliards d’euros)
  • une taxation de l’ensemble des transactions financières (36 milliards d’euros)
  • des réformes fiscales visant une plus juste distribution des revenus et des richesses (20 milliards d’euros)
  • la suppression des niches fiscales les plus injustes et inefficaces (15 milliards d'euros, hors Pacte de responsabilité et CICE)
  • parmi ces niches, en particulier, la suppression du Pacte de responsabilité et du CICE (40 milliards d’euros)
  • la suppression des subventions directes et indirectes aux énergies fossiles (10 milliards d'euros)
Les mesures pointées dans le rapport ne sont pas uniquement destinées à remplir les caisses de l’Etat en récupérant plus de 200 milliards d’euros. Elles ont aussi pour objectif de lutter contre les inégalités, l’injustice fiscale, la spéculation, le réchauffement climatique.

1 janvier 2017

Voeux pour 2017

Joyeuse crise et une heureuse nouvelle peur
 

12 juillet 2016

Quelle honte !


Quelle honte et quel scandale de voir l'élu aux fonctions suprêmes de l’État faire ainsi le pitre avec autour du cou cette étole grotesque et s’exciter sur les jeux du cirque alors qu’il était censé, de par le mandat que les électeurs lui avaient confié, gérer un pays en pleine crise sociale, crise humanitaire, crise financière, crise écologique ... et prendre les mesures nécessaires contre son "ennemie la finance”!

C'est pourtant bien sur ses promesses anti-libérales affirmées lors du discours du Bourget qu'il a été élu et ce pourquoi sont rémunérés (fort cher) par l’État, c'est à dire par nous le peuple, lui et sa clique de ministres rose-bruns. Non pour placer ce pays en État de siège permanent, non pour organiser la répression et dénier le droit du peuple à manifester, non pour vouer allégeance au Medef, à la FNSEA et aux multinationales (Vinci, Monsanto, EDF, ..), et encore moins pour tailler un boulevard sur mesure à l'extrême-droite.

En foi de quoi ce Président de carnaval ainsi que son Premier Sinistre et la bande d'oligarques qui occupent Matignon, de même que bon nombre de députés et sénateurs qui ont laissé passer le tir nourri  de ces lois régressives, liberticides et scélérates votées depuis 2012, devraient être destitués et jugés devant un tribunal du peuple pour trahison, mensonges et félonie.

 

3 juillet 2016

Quand Michel Rocard dévoilait le scandale de la dette (vidéo)



Version longue: http://www.youtube.com/watch?v=oJMtgT...
 

4 juin 2016

Loi travail, en 2012 la messe était déjà dite (vidéo)


Le plan de bataille des financiers. 


Retour en arrière avec cette vidéo réalisée par Olivier Azam (Les Mutins de Pangée - Avril 2012). sur un sujet de François Ruffin. Avec Fakir et Là-bas si j'y suis.


 https://www.youtube.com/watch?v=wrC_ySk1vb4

Sources www.lesmutins.org/ et www.la-bas.org/
 

18 mars 2015

Islande : « Non, Merci ! » à l’Union européenne

 
Par André Bellon , 13 mars 2015 | Association pour une Constituante 
 

On pourra épiloguer longuement sur la décision de l’Islande de retirer sa demande d’adhésion à l’Union européenne. On expliquera bien sûr que les quotas de pêche en étaient le motif principal tout en évitant de se demander pourquoi cette question était hier sans importance. Les affiches « Non merci » partout apparentes sur le sol islandais prouvent la profondeur de ce choix.

On oubliera surtout que cette décision intervient après des années de profonde crise économique et politique marquée par deux référendums, des élections assez conflictuelles et surtout l’élection d’une Assemblée Constituante.

Il convient donc de rappeler que les islandais ont refusé de payer les dettes de banques privées. Le gouvernement britannique et le gouvernement néerlandais, soutenus par l’Union européenne, voulaient que le contribuable islandais rembourse les dettes de cette banque privée, au lieu de laisser le syndic de liquidation être responsable de ces dettes.

Le Président islandais Ólafur Ragnar Grímsson a décidé alors de faire appel à un référendum. Comme il le déclare lui-même, « une armée d’experts et d’autorités financières me disaient : si vous autorisez les gens à s’exprimer, vous isolerez financièrement l’Islande pour des décennies. Le scénario catastrophe serait sans fin... J’étais devant un choix fondamental entre les intérêts financiers d’un côté, et la volonté démocratique du peuple de l’autre. »

La décision des islandais de refuser de payer ces dettes privées a conduit au processus constituant. Certes, les adversaires de cette option diront qu’elle s’est brisée contre la volonté d’un Parlement farouchement favorable à l’adhésion à l’Union. En fait, même si la Constituante n’a pas eu ses effets de façon immédiate, les pensées ont entretemps évolué grâce à ce processus démocratique. C’est ainsi que le Président islandais a été réélu contre tous les pronostics. La décision prise de retirer la candidature de l’Islande à l’Union européenne découle de ce processus. Il convient d’en tirer aujourd’hui la signification.

L’Association pour une Constituante a suivi le processus islandais depuis l’origine. Déjà, en novembre 2010, alors que personne n’évoquait cette question, nous avions publié un article intitulé « 1000 articles pour un volcan, aucun pour une assemblée constituante » . Nous avions ensuite organisé le 22 janvier 2013 une réunion publique avec Madame l’ambassadeur d’Islande à l’école normale supérieure. André Bellon, Président de l’Association, a, par ailleurs, rencontré le Président islandais le 25 février 2013 .

Quelles conséquences tirer de ces événements ? Sans tomber dans la facilité critique vis-à-vis de l’Union européenne et la politique à adopter à son égard, remarquons que le discours sur l’isolement dramatique qui guette les pays qui ne veulent pas subir les diktats de Bruxelles est absurde. La décision islandaise en est la preuve évidente. Par ailleurs, la déclaration du Président Ólafur Ragnar Grímsson : « Le plus important, et je le dis à mes amis européens, ce ne sont pas les marchés financiers » permet de sortir des discours bien-pensants des experts économiques qui nous conduisent depuis des années à la catastrophe.

Cet événement est considérable par sa valeur symbolique, non par son importance économique. Car, au travers de ses référendums, de son assemblée constituante et de ses choix, l’Islande a réaffirmé un principe qu’on cherche à nous faire oublier, mais qui est un des fondements de la vie publique : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Oui, merci !
    

16 décembre 2014

UE : conquêtes démocratiques et sociales radicalement remises en cause


L’échec des gouvernements européens, de la Commission européenne et de la BCE est patent s’il s’agit de concrétiser ce qu’ils prétendent vouloir réaliser : réduire le chômage, relancer l’activité économique, assainir fondamentalement les banques, stimuler et augmenter le crédit aux ménages et aux PME ou encore augmenter l’investissement, réduire la dette publique. Sur tous ces points, la politique européenne est un cuisant fiasco. Mais s’agit-il là des objectifs que les dirigeants européens veulent réellement atteindre ?

par Eric Toussaint. Suite sur le site du CADTM ...

23 septembre 2014

« La Banque du Sud est une alternative, pas celle des BRICS »


Par Eric Toussaint | CADTM (comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde) | 19 août 2014

Cette interview a été publiée par le quotidien suisse Le Courrier le samedi 16 août 2014

Les enjeux financiers du développement n’ont plus de secrets pour Eric Toussaint. Fondateur en 1990 du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), ce politologue belge a notamment été associé par le gouvernement de l’Équateur au lancement de la Banque du Sud. Malgré la paralysie actuelle de cet organisme, M. Toussaint continue de croire à ce projet initié en 2007 par sept États sud-américains comme une alternative progressiste à la Banque mondiale. Il se montre en revanche sceptique quant au projet de banque d’investissement annoncé par les cinq principaux pays émergents.


Les BRICS annoncent vouloir créer une alternative à la Banque mondiale (BM). Une bonne nouvelle pour le développement ?

Éric Toussaint : Vouloir créer une alternative à la BM serait en effet une excellente nouvelle, mais je ne crois pas du tout que ce soit le cas ici. Les cinq États qui constituent les BRICS sont des pays capitalistes émergents qui cherchent à préserver leurs intérêts, dans la mesure où le Fonds monétaire international (FMI) et la BM sont des instruments contrôlés par les grandes puissances traditionnelles. La Nouvelle banque de développement (NBD) se différencie, en promettant de ne pas mettre de conditionnalités, telles que des plans d’ajustement structurel, à ses prêts et d’appliquer – mais le fera-t-elle ? – le principe : un pays-une voix. Ça ne suffit pas à en faire une alternative. Ce serait juste un moindre mal.


Si je résume : on échangerait une BM soumise à Washington par une NBD au service de l’impérialisme chinois ?


On peut parler, à la suite de l’économiste brésilien Rui Mauro Marini, de sous-impérialisme, au sens que ces pays, Brésil et Chine en tête, investissent massivement dans les pays en développement pour défendre des intérêts politiques ou économiques propres, pas pour le développement des récipiendaires des fonds. Ce qui les différencie du vrai impérialisme, comme celui des États-Unis, c’est qu’ils n’emploient pas – encore ? – de moyens militaires. A l’exception de la Russie.


Que serait, selon vous, une vraie alternative à la BM ?
 
L’annonce en 2007 de la création de la Banque du Sud (BdS) représentait cet espoir. À la demande du président Rafael Correa, j’ai participé à la rédaction de la position équatorienne lors de la création de la Banque du Sud, puis à un conseil des ministres des sept pays fondateurs. L’Équateur et le Venezuela avaient une vision claire d’un établissement devant servir l’emploi et l’intégration continentale. Et des projets très concrets, comme une industrie pharmaceutique de produits génériques ou la reconnexion des pays d’Amérique du Sud par le rail, avec production de matériel roulant, qui aurait aussi signifié moins de pollution et des avancées industrielles et technologiques. La BdS, c’était encore une monnaie commune et alternative, « le sucre ». Ou l’idée de transférer des moyens des pays les mieux dotés en réserves de change vers les autres. C’était un projet d’intégration, qui tenait compte de l’intérêt des peuples et aurait pu s’élargir sans peine à l’Amérique centrale et à la Caraïbe, notamment car il se voulait transparent – comptes publics, audits externes – et démocratique. Pour être alternatif à la BM, il fallait être un exemple, et donc ambitieux. Ainsi, il était exclu que les fonctionnaires de la BdS bénéficient d’une immunité judiciaire, contrairement à ceux de la BM... Malheureusement, ce projet est aujourd’hui paralysé. Sept ans après sa fondation, la banque n’a octroyé aucun prêt !


La Banque des BRICS connaîtra-t-elle un meilleur sort ?


Parviendront-ils à se mettre d’accord sur des projets ? On peut se demander si ces cinq pays ne s’associent pas surtout pour montrer aux puissances traditionnelles qu’ils pourraient le faire. En réalité, selon moi, ces cinq pays ont peu d’intérêts communs.


Ont-ils la surface financière pour faire vivre une telle banque ?


Sans aucun doute ! La Chine, à elle seule, possède plus de 3000 milliards de dollars de réserves de change dont elle ne sait que faire. C’est énorme, presque deux fois le total des dettes publiques externes des pays en développement. Une bonne part de cet argent est placé en bons du Trésor américain : la Chine est la première créancière des États-Unis. Le Brésil et la Russie, également, ont des réserves très importantes. Seule l’Afrique du Sud aura de la peine à mettre les 10 milliards de dollars au capital de départ de l’établissement.


L’investissement du Brésil dans la NBD ne signe-t-il pas l’acte de décès de la BdS ?


Celle-ci est déjà mal en point... Mais, avec ou sans le Brésil, l’Amérique du Sud possède encore les moyens financiers de démarrer ce projet. Selon moi, Brasilia est le principal responsable du blocage. Le Brésil possède sa propre banque de développement, la BNDES, qui investit énormément à l’étranger. Son poids, en Amérique du Sud, équivaut à celui de la Banque interaméricaine de développement et aux prêts de la BM dans la région ! Le Brésil la privilégie. Il n’a participé à la BdS que pour freiner un concurrent potentiel.


Cet échec et les difficultés financières de l’Argentine et du Venezuela ne sont-ils pas le signe que le rêve d’indépendance latino-américain était hors de portée ?


Au moment où Hugo Chávez a proposé la BdS, le projet était tout à fait raisonnable ! L’erreur a peut-être été de penser qu’il fallait à tout prix mettre le Brésil dans le coup. La plupart des pays du continent ont quand même prouvé qu’ils pouvaient s’éloigner du consensus néolibéral. Des structures nouvelles ont commencé à fonctionner, telle que l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA). Il y a aussi la décision de l’Équateur, de la Bolivie et du Venezuela de se retirer du tribunal de la BM en matière d’investissement. Et l’augmentation des impôts payés par les entreprises étrangères qui exploitent les ressources naturelles. C’est insuffisant en regard du potentiel réel de ces pays et des défis à relever, mais il est encore temps : il faudrait une réaction forte dans les deux ans à venir. Des responsables gouvernementaux poussent dans ce sens. Sans quoi je crains que le sous-continent n’aille vers de grandes difficultés financières. Un scénario semblable à celui de la crise de la dette de 1982 est dans l’air.


Y-a-t-il des signes avant-coureurs ?


Oui, les États-Unis se préparent à augmenter les taux d’intérêts qu’ils ont massivement baissés avec la crise de 2007-2008. Cela va renchérir le refinancement de la dette au moment même où les revenus des États sud-américains sont menacés par une baisse de la demande mondiale de matières premières. Je crains que ces pays ne se rendent compte d’ici deux à trois ans qu’ils ont raté une magnifique occasion, durant la décennie passée, de se doter d’instruments financiers alternatifs destinés à les blinder contre des décisions prises par les pays du Nord.
 
 

12 avril 2014

La Banque d’Angleterre démolit les bases théoriques de l’austérité

 
Le Grand Soir | 11 avril 2014
 
L’argent n’est qu’une reconnaissance de dette...

La vérité éclate : un accès de franchise de la Banque d’Angleterre démolit les bases théoriques de l’austérité. (The Guardian)

David Graeber
On dit que dans les années 1930, Henry Ford aurait fait remarquer que c’était une bonne chose que la plupart des Américains ne savent pas comment fonctionne réellement le système bancaire, parce que s’ils le savaient, « il y aurait une révolution avant demain matin ».

La semaine dernière, il s’est passé quelque chose de remarquable. La Banque d’Angleterre a vendu la mèche. Dans un document intitulé « La création de l’argent dans l’économie moderne », co-écrit par trois économistes de la Direction de l’Analyse Monétaire de la banque, ces derniers ont déclaré catégoriquement que les hypothèses les plus courantes sur le fonctionnement du système bancaire sont tout simplement fausses, et que les positions plus populistes, plus hétérodoxes qui sont généralement associées à des groupes comme Occupy Wall Street, sont correctes. Ce faisant, ils ont jeté aux orties les bases théoriques de l’austérité.

Pour avoir une idée de la radicalité de cette nouvelle position de la Banque, il faut repartir du point de vue conventionnel, qui continue d’être la base de tout débat respectable sur la politique économique. Les gens placent leur argent dans des banques. Les banques prêtent ensuite cet argent avec un intérêt - soit aux consommateurs, soit aux entrepreneurs désireux d’investir dans une entreprise rentable. Certes, le système de réserve fractionnaire ne permet pas aux banques de prêter beaucoup plus que ce qu’elles détiennent en réserve, et il est vrai aussi que si les placements ne suffisent pas, les banques privées peuvent emprunter plus auprès de la banque centrale.

La banque centrale peut imprimer autant d’argent qu’elle le souhaite. Mais elle prend aussi garde à ne pas en imprimer trop. En fait, on nous dit souvent que c’est même la raison d’être des banques centrales indépendantes. Si les gouvernements pouvaient imprimer l’argent eux-mêmes, ils en imprimeraient sûrement beaucoup trop et l’inflation qui en résulterait sèmerait le chaos. Des institutions telles que la Banque d’Angleterre ou la Réserve Fédérale des États-Unis ont été créées pour réguler soigneusement la masse monétaire pour éviter l’inflation. C’est pourquoi il leur est interdit de financer directement un gouvernement, par exemple, en achetant des bons du Trésor, mais au lieu financent l’activité économique privée que le gouvernement se contente de taxer.

C’est cette vision qui nous fait parler de l’argent comme s’il s’agissait d’une ressource limitée comme la bauxite ou le pétrole, et de dire des choses comme « il n’y a tout simplement pas assez d’argent » pour financer des programmes sociaux, et de parler de l’immoralité de la dette publique ou des dépenses publiques « au détriment » du secteur privé. Ce que la Banque d’Angleterre a admis cette semaine est que rien de tout ça n’est vrai. Pour citer son propre rapport : « Plutôt que de recevoir des dépôts lorsque les ménages épargnent pour ensuite prêter, le crédit bancaire crée des dépôts » ... « En temps normal, la banque centrale ne fixe pas la quantité d’argent en circulation, pas plus que l’argent de la baque centrale n’est « démultiplié » sous forme de prêts et dépôts. »

En d’autres termes, tout ce que nous croyions savoir est non seulement faux – mais c’est exactement le contraire. Lorsque les banques font des prêts, elles créent de l’argent. C’est parce que l’argent n’est qu’une simple reconnaissance de dette. Le rôle de la banque centrale est de superviser une décision juridique qui accorde aux banques le droit exclusif de créer des reconnaissances de dette d’un certain genre, celles que le gouvernement reconnaît comme monnaie légale en les acceptant en paiement des impôts. Il n’y a vraiment pas de limite à la quantité que les banques pourraient créer, à condition de trouver quelqu’un disposé à emprunter. Elles ne seront jamais prises de court pour la simple raison que les emprunteurs, en général, ne prennent pas l’argent pour le cacher sous leur matelas ; en fin de compte, tout argent prêté par une banque finira par retourner vers une banque. Donc, pour le système bancaire dans son ensemble, tout prêt devient simplement un autre dépôt. De plus, lorsque les banques ont besoin d’acquérir des fonds auprès de la banque centrale, elles peuvent emprunter autant qu’elles le souhaitent ; la seule chose que fait la banque centrale est de fixer le taux d’intérêt, c’est-à-dire le coût de l’argent, pas la quantité en circulation. Depuis le début de la récession, les banques centrales américaines et britanniques ont réduit ce coût à presque rien. En fait, avec « l’assouplissement quantitatif » [« quantitative easing » ou planche à billets - NdT] elles ont injecté autant d’argent que possible dans les banques, sans produire d’effets inflationnistes.

Ce qui signifie que la limite réelle de la quantité d’argent en circulation n’est pas combien la banque centrale est disposée à prêter, mais combien le gouvernement, les entreprises et les citoyens ordinaires sont prêts à emprunter. Les dépenses du gouvernement constituent le principal moteur à l’ensemble (et le document admet, si vous le lisez attentivement, que la banque centrale finance bien le gouvernement, au final). Il n’est donc pas question de dépenses publiques « au détriment » d’investissements privés. C’est exactement le contraire.

Pourquoi la Banque d’Angleterre a-t-elle soudainement admis cela ? Eh bien, une des raisons, c’est parce que c’est évidemment vrai. Le travail de la Banque est en fait de faire fonctionner le système, et ces derniers temps le système n’a pas très bien fonctionné. Il est possible qu’elle a décidé que maintenir la version conte-de-fées de l’économie, un version qui s’est avérée très pratique pour les riches, est tout simplement devenu un luxe qu’elle ne peut plus se permettre.

Mais politiquement, elle prend un risque énorme. Il suffit de considérer ce qui pourrait arriver si les détenteurs d’hypothèques réalisaient que l’argent que la banque leur a prêté ne vient pas en réalité des économies de toute une vie de quelques retraités économes, mais que c’est quelque chose que la banque a tout simplement créée avec une baguette magique que nous, le public, lui avons donnée.

Historiquement, la Banque d’Angleterre a eu tendance à jouer un rôle de précurseur, en présentant une position apparemment radicale qui finissait par devenir la nouvelle orthodoxie. Si tel est le cas ici, nous pourrions peut-être bientôt savoir si Henry Ford avait raison.
David Graeber

Traduction "ça donne envie de solder quelques comptes" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.
»» http://www.theguardian.com/commentisfree/2014/mar/18/truth-money-iou-b...
 
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17 octobre 2013

La fin de l'empire américain retardée de qlqs mois


Chronique du Yéti | jeudi 17 octobre 2013


Shutdown, dette : le Congrès américain vote in extremis le "sursis du condamné"

extraits:

Hier soir c’était bouclé : un accord était enfin scellé au Sénat américain sur la dette. Le président Obama félicitait chaleureusement les dirigeants du Sénat (à majorité démocrate) pour ce compromis in extremis. Les républicains semblaient enclins à “concéder la défaite”.

 (...)

Suspens ?

Gueule de bois

Non, comme prévu, à quelques heures de l’exécution fatidique (la mise en défaut de paiement de la “première puissance mondiale” était programmée ce 17 octobre), le Congrès adoptait à une large majorité l’accord sur le budget et sur le plafond de la dette.

On apprenait alors le détail de cet “accord” que d’aucun préférait appeler “compromis” :

- le financement du budget était garanti jusqu’au 15 janvier ;

- le plafond de la dette relevé jusqu’au 7 février.

L’accord était bel et bien ce que nous avions dit qu’il serait : un laborieux “sursis du condamné” repoussant l’échéance fatale de trois mois pour le budget, à peine quatre pour le plafond de la dette.

Nul doute que ceci va être de nature à rassurer les créanciers. Certain que les trois mois où le sujet va être remis sur la table vont être apaisant. Le président Obama a déjà mis tout le monde sur le pied de guerre avec des accents à allure de gueule de bois (en omettant de citer les créanciers étrangers, chinois en particulier) :

« Nous pouvons commencer à lever le voile d’incertitude et d’inconfort qui pesait sur nos entreprises et sur le peuple américain. »

voir tout l'article en ligne ...

15 octobre 2013

C. Eisenstein: “Nous entrons dans l’ère où tout devient possible”



La crise financière est en train de dévoiler un long processus de re-exploration d’idées anciennes et de valeurs oubliées, explique Charles Eisenstein dans cette interview. Pour ce penseur, la réponse à la crise se trouve dans la magie du don et la narration d’une nouvelle histoire.

Charles Eisenstein est probablement l’un des auteurs les plus avancés dans la catégorie de la pensée intégrale avec sa spécialité : l’économie du don et la monnaie. Son dernier ouvrage, “L’Économie Sacrée“, est une bible de réflexion sur la valeur et l’argent dans la société actuelle et surtout celle de demain. Nous avons eu la chance de discuter avec Charles et de le faire parler sur sa vision de la nouvelle histoire que nous devons écrire.

Un article traduit de l’anglais par Marianne Souliez.

Cela fait cinq ans que la crise des subprimes a commencé et a fait s’effondrer le système financier… Et on dirait que rien n’a changé depuis ! Es-tu d’accord ?
Charles Eisenstein: Tu as raison. Et non seulement rien n’a changé mais les dynamiques de bases se sont même intensifiées. Une part de plus en plus grande de notre économie et de notre énergie sociale est vouée au service de la dette. Et cela veut dire que la concentration de richesses va augmenter, que la pression pour trouver un moyen de générer de la croissance économique va augmenter, et de plus en plus de gens seront laissés sur le carreau. Le système d’aide sociale va continuer à se dégrader parce que quand l’économie rétrécit, il faut bien encore trouver l’argent quelque part et l’un des moyens est de transférer les actifs existants et de les utiliser au service de la dette.

Vous pouvez ponctionner les fonds de retraites, les salaires des enseignants, privatiser des actifs… Il y a beaucoup de moyens de faire ce genre de chose mais il faut l’extraire des poches des gens, presque l’extraire de leur chair. Ils vont continuer à faire ça jusqu’à ce que les gens s’arrêtent et disent ‘Non’.
 


21 octobre 2012

Le Japon, un pays suspendu à un fil


Minorités |par Madjid Ben Chikh | Dimanche 21 octobre 2012


Pour le curieux que je suis, vivre à l'étranger me donne une position privilégiée, celle d'être où je suis sans y être attaché par tout le fatras de liens familiaux et sentimentaux appelés souvenirs qui nous encroûtent habituellement dans cette nostalgie des racines appelée nationalisme. Je regarde le Japon, et je le pense. Entre lui et moi s'est tissée une histoire complexe, et cela depuis l'enfance. J'aime intimement ce pays, j'en aime l'histoire, la façon dont s'est créée cette langue que l'on nomme le japonais, j'y aime l'empreinte d'un religieux qu'il faut traquer pour le voir mais qui est partout à la fois. J'aime son aspect capricieux, typhons et averses torrentielles, ses séismes et tsunamis dévastateurs dont les plus récents m'attachent encore plus à son peuple. Je ne peux m'empêcher de regarder en observateur, l'esprit détaché des passions, ce qui fait le présent de l'archipel. Tout, ici, aujourd'hui, ne semble plus tenir qu'à un fil. L'économie, la géographie, la diplomatie et la politique, tout, absolument tout semble arrivé en fin de course avec des implications planétaires dont je m'étonne qu'elles ne vous préoccupent pas un plus... C'est donc si loin, le Japon?

(lire la suite ...)

1 octobre 2012

Non au traité de la rigueur


Les "nonistes" de 2005 ont donc donné de la voix. Plus encore, parmi les 40.000 à 80.000 personnes décomptées dans les rues de Paris, beaucoup de "repentis" qui ont martelé à coups de slogans / chants et autres pancartes : "ce traité préconise des mesures qui auront un impact en matière de fixation et d’indexation des salaires ; de processus de négociation collective sur les régimes des retraites, sur les services de la santé ainsi que sur l’ensemble des prestations sociales.

Des journées agitées, François Hollande et son Premier ministre vont donc en vivre encore quelques-unes. Alors que la discussion sur la loi organique est prévue le 8 et le vote le 10 octobre, se tiendra, ce même 8 octobre, un meeting européen des forces de gauche à l’espace Reuilly, faisant suite à un nouveau week-end de mobilisation les 6 et 7.


La dynamique devrait allègrement franchir le mois d’octobre, puisque la soixantaine d’organisations fédératrices évoquent également la tenue d’une assemblée européenne des mouvements sociaux en novembre à Florence et un sommet altermondialiste en Grèce, au premier semestre 2013.


Un reportage d’Antoine Chao, de Sarah Lefèvre et de Gaylord Van Wymeersch. 


A écouter sur LA BAS SI J'Y SUIS 


Source de l'illustration et de cet article: http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2547

19 septembre 2012

Les Economistes atterrés mettent en garde contre le Traité Budgétaire




Les Économistes atterrés | 18 Septembre 2012 

Nous intervenons ici, en tant qu’économistes, pour mettre en garde contre les dangers que comporte le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union économique et monétaire. Ce Pacte budgétaire marque une nouvelle étape de deux offensives, celle des libéraux contre la pratique keynésienne de la politique économique, celle des instances européennes contre l’autonomie des politiques budgétaires nationales.

(lire la suite...)

31 mai 2012

Citoyens grecs et irlandais, refusez l'austérité

Blogs de Mediapart | 30 mai 2012


« En votant “non” au Pacte budgétaire lors du référendum prévu le 31 mai ou en élisant le 17 juin une majorité de gauche hostile au "mémorandum", (...) les peuples irlandais et grec rendraient un immense service à toute l’Europe. » Par Thomas Coutrot, David Flacher, Pierre Khalfa, Catherine Lebrun, Damien Millet et Michel Rousseau, membres du Collectif national d'audit citoyen de la dette publique.



Si vous refusez l’austérité, nous vous excluerons de l’euro. Tel est le message que les dirigeants européens, de José Manuel Barroso («si un pays ne respecte pas les règles, mieux vaut qu'il parte») à Angela Merkel en passant par Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne et –dans quels termes méprisants!– Christine Lagarde, directrice du FMI, adressent ouvertement depuis quelques jours aux peuples irlandais et grecs qui vont voter respectivement le 31 mai et le 17 juin prochains. Plus surprenant, le tout nouveau ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, déclarait récemment lui aussi à destination de «nos amis grecs» qu’«on ne peut pas à la fois vouloir rester dans l'euro et ne faire aucun effort».

Peut-on sérieusement reprocher aux Grecs et aux Irlandais de ne vouloir faire «aucun effort» alors qu’on sait les ravages provoqués par la crise financière puis les politiques d’austérité dans ces pays? S’ils refusaient ces politiques en votant «non» au Pacte budgétaire lors du référendum prévu le 31 mai ou en élisant le 17 juin une majorité de gauche hostile au «mémorandum», les peuples irlandais et grec ne diraient aucunement non à l’euro. Leur vote affirmerait, tout au contraire et avec une grande lucidité, que ce sont ces fameuses «règles» de la zone euro qui ont mené à l’impasse actuelle et qu’il faut changer de toute urgence. En exigeant une refonte de l’euro, les peuples irlandais et grecs rendraient un immense service à toute l’Europe, engluée dans l’obstination suicidaire de ses dirigeants.

Car quelles sont donc ces fameuses «règles» qu’il importerait de respecter à tout prix pour rester dans l’euro? La liberté totale de circulation des capitaux et la concurrence fiscale entre États européens, qui ont asséché les recettes des États et gonflé les dettes publiques, alors même que les dépenses publiques étaient contenues? La dérégulation des marchés financiers, qui a abouti à la crise de 2007-2008 et à l’explosion des déficits? L’interdiction de financer les déficits publics des États par la Banque centrale européenne et donc l’obligation d’emprunter aux banques privées à des taux parfois prohibitifs? Le plafonnement du budget européen à 1 % du PIB, qui empêche des politiques fortes de solidarité et de convergence vers le haut? L’obligation de réduire sans cesse les dépenses et les protections sociales, notamment en termes de santé et de retraite, de flexibiliser les marchés du travail, de précariser l’emploi, de mener ces fameuses «réformes structurelles» censées rassurer les marchés? Le respect d’un pacte budgétaire absurde qui obligerait à une politique d’austérité permanente pour atteindre un équilibre budgétaire qui enlèverait toute marge de manœuvre aux politiques publiques?

Un audit des dettes publiques européennes, tel ceux initiés au plan national par des groupes de la société civile en Irlande, en Grèce et en France, montrerait la véritable origine de ces dettes. Ainsi l'Irlande n’a connu aucun déficit budgétaire avant la crise. Ses déficits actuels viennent du choix, imposé par l’Union européenne et accepté par la classe politique irlandaise, de faire payer par les contribuables les pertes colossales des banques privées, emportées dans la tourmente financière de 2008 du fait de leurs politiques spéculatives hasardeuses. Quant à la Grèce, désignée comme le bouc émissaire de la crise européenne, elle a pour principal tort d’être l’économie la plus fragile de la zone euro, la moins susceptible de résister à la politique agressive d’hypercompétitivité déployée par l’Allemagne depuis le début des années 2000. Celle-ci, qui bénéficiait traditionnellement d’un avantage concurrentiel grâce à la qualité de ses productions, a gravement déséquilibré toute la zone euro en y rajoutant une politique de déflation salariale et en utilisant sans retenue la main d’œuvre peu chère des anciens pays de l’Est. Les déficits budgétaires grecs, mais aussi portugais, italiens, espagnols et français, résultent largement des déséquilibres provoqués par les énormes excédents commerciaux de l’Allemagne.

C’est pourquoi, même si les élites grecques –mais aussi irlandaises– ont leur part spécifique de responsabilité dans la crise actuelle, l’exclusion de la Grèce –ou de l’Irlande– de la zone euro ne ferait qu’enclencher une dynamique irréversible de désagrégation. Les dirigeants européens, obstinés, responsables de l'impasse actuelle, devraient s’abstenir de tout chantage à l’encontre des électeurs grecs et irlandais dont le vote pourrait ouvrir des perspectives nouvelles. Les citoyens européens soucieux de démocratie, des droits sociaux et d'une construction européenne refondée, sont nombreux à proclamer: «Allez la Grèce, allez l’Irlande, faites-le pour nous tous: dites non à l’austérité, oui à la souveraineté démocratique!».

Thomas Coutrot (Attac), David Flacher (Utopia), Pierre Khalfa (Fondation Copernic), Catherine Lebrun (Solidaires), Damien Millet (CADTM), Michel Rousseau (Marches européennes contre le chômage), membres du Collectif national d'audit citoyen de la dette publique (audit-citoyen.org)

12 mars 2012

Le CADTM dénonce la campagne de désinformation sur la dette grecque et le plan de sauvetage des créanciers privés

CADTM | 10 mars 2012

Communiqué de presse

Plus de 85% des créanciers privés (banques, assurances, fonds de pension…) ont accepté jeudi soir de participer à la restructuration de la dette grecque en effaçant 107 milliards d’euros. Sur le papier, ces créanciers renoncent ainsi à 53,5% de leurs créances. Mais contrairement aux apparences, le CADTM affirme que cette opération est surtout une bonne nouvelle pour les banques grecques et européennes (principalement françaises et allemandes), pas pour le peuple grec à qui on promet de nouvelles détériorations de ses conditions de vie.

En effet, les créanciers et le gouvernement grec ont mis en place un montage complexe : les créanciers privés échangent leurs titres grecs contre de nouveaux d’une valeur (faciale) inférieure. Ainsi, pour une obligation échangée d’un montant initial de 100 euros, les créanciers vont recevoir un nouveau titre d’une valeur faciale de 46,5 euros. Loin de perdre à ce petit jeu, les créanciers privés troquent des titres qui se vendaient entre 15 et 30 euros sur le marché secondaire pour des titres bien plus sûrs.

De surcroît, la Troïka octroie un nouveau prêt de 130 milliards à la condition que le montant soit utilisé pour payer la dette et soutenir les banques. Alors que tous les grands médias reprennent le refrain officiel selon lequel la dette grecque est réduite de 107 milliards d’euros, ils oublient d’intégrer les 130 milliards de nouveaux crédits octroyés par la Troïka qui viennent l’augmenter. En bout de course, les créanciers privés s’en sortent très bien et sont remplacés par des créanciers publics internationaux (BCE, Etats de la zone euro, FMI) qui vont exercer une pression constante sur les autorités grecques afin d’aggraver les mesures antisociales.

De plus, alors qu’en cas de litige 85% des anciens titres dépendaient de la législation grecque, l’entièreté des nouveaux titres dépendra de la justice de Londres. L’objectif des créanciers est de limiter la possibilité de la Grèce de décréter un défaut de paiement ou une annulation.

Pour le CADTM, ce nouveau plan est une supercherie car, sous prétexte de venir en aide à la Grèce, il sauve la mise aux créanciers privés qui portent pourtant une lourde responsabilité dans l’endettement de la nation hellène. Les banques ont utilisé une partie de l’argent public injecté afin de les sauver de la faillite en 2008-2009 pour spéculer sur la dette grecque et ont pu réaliser d’énormes profits avant de pousser la Grèce vers la grave crise qu’elle connaît.

Selon le CADTM, tous les prêts de la Troïka à la Grèce octroyés depuis mai 2010 sont odieux, ils sont frappés de nullité car ils constituent une violation permanente des droits économiques, sociaux, civils et politiques des citoyens grecs.

Le CADTM tient une nouvelle fois à saluer le courage et la détermination du peuple grec qui lutte contre les politiques d’austérité inhumaines imposées par la Troïka. Le AAA des créanciers (Austérité Austérité Austérité) doit laisser la place au AAA des peuples : Audit Annulation Autre politique.

Pour le CADTM, la solution passe nécessairement par la mise en place d’une politique radicalement différente. En Grèce comme dans les autres pays soumis à la Troïka, il faut mettre fin au remboursement de la dette et abandonner les mesures antisociales. Afin de lutter contre la campagne mensongère sur la crise grecque, il faut renforcer l’audit citoyen de la dette publique qui doit aboutir à la répudiation de la part illégitime ou odieuse. Le CADTM soutient pleinement la Campagne d’audit de la dette grecque et les comités d’audit qui se mettent en place dans plusieurs autres pays européens. Le CADTM appelle à multiplier les actions de solidarité avec le peuple grec et à constituer un large front social européen contre les politiques d’austérité.

13 février 2012

Athènes, 12 février

J'ai un doute | dimanche 12 février 2012


Athènes en temps réel



04:00 : Les 22 députés du PASOK et les 21 du parti Nea Dhimokratia (Nouvelle démocratie) qui ont voté contre ont été destitués de leurs postes. Les deux députés du parti politique LAOS (qui s’oppose farouchement au plan de sauvetage) qui ont voté pour, ont été destitués également. Source : in.gr
 
03:40 : Les médecins sur place ont été victimes d’une attaque virulente des forces de l’ordre dans l’infirmerie de fortune près de la place de Syndagma.
 
Notre serveur n’a pas supporté les nombreuses connexions et a saturé, nous avons résolu le problème en adaptant le serveur. Nous vous remercions de votre compréhension.

02:50 : Retour à Athènes, plusieurs manifestants rapportent avoir entendu des policiers communiquer entre eux  en anglais, ce qui vient confirmer les doutes que nous avions à ce sujet. Source : Stop Cartel TV
 
02:10 : Toute la Grèce est actuellement en tension :
Volos : Des manifestants ont attaqués la mairie et ont complètement détruit le centre des impôts de la ville.

Thessalonique : Dans banques ont été prises pour cible par des manifestants, et de violents affrontements ont eu lieux contre les forces de l’ordre.

Héraklio (Crète) : Les manifestants ont attaqué le tribunal et deux bureaux des parlementaires du partie politique PASOK, avec toujours des affrontements violents.

Corfu
: Encore une fois les bureaux du PASOK ont été pris d’assaut, la police n’a pas réussit à les stopper. Tout a été détruit. Source : in.gr
 
01:40 : Il semblerait que le peuple soit enragé suite à la décision du parlement et les faces à faces avec les forces de l’ordre deviennent de plus en plus violents. Les manifestants ne sont pas prêts d’abandonner et se dirigent à présent vers le parlement.

01:20 : Christos Papoutsis a annoncé peu après minuit qu’une quarantaines de feux ont été déclarés à Athènes. « Pensez-vous que 40 incendies peuvent arriver par hasard ? » a-t-il précisé en sous-entendant que les manifestants ne seraient pas responsables des incendies.

01:10 : L’ancien maire d’Athènes, Nikitas Kaklamanis, a déclaré que le gouvernement devrait envisager la possibilité de déclarer Athènes en état d’urgence.

01:00 :  Environs 80 civiles et 50 policiers blessés légers sont à déplorer jusqu’à présent. Plus d’une vingtaine de banques sont actuellement en feu dans le centre d’Athènes, Emboriki Bank, Alpha Bank, Ethniki Bank. 15 Personnes sont pris en otage dans la mairie d’Athènes, les forces de l’ordre sont actuellement sur place, plusieurs arrestations ont eux lieu. Des affrontements entre la police et les certains manifestant en colère ont lieux en plusieurs endroits d’Athènes. Source : in.gr

00:55 : Les manifestants ont tentés d’occuper les bâtiments de la mairie d’Athènes.  Les banques sembles êtres les cibles principales casseurs.

00:50 : Quatre banques sont en feu au centre d’Athènes, Marfin Bank, Eurobank, Banque de Chypre, « LaPoste » Grecque, les deux dernière se sont écroulées après l’incendie.
 
00:30 : Nous allons continuer à transmettre les informations de nos contacts sur place pendant encore quelques heures pour suivre la réaction des manifestants.
 
00:20 : Le vote est validé sur tous les articles des nouveaux plans, en moyenne 200 oui et 73 non.
 
00:05 : Le vote a lieu en ce moment même et la délibération ne va pas tarder. Une majorité à voté à main levé en faveur des nouveaux plans de restrictions budgétaires.
 
23:00 : Dans quelques minutes à la fin du discourt de L. Papadhimos, le vote aura lieu.
  
22:50 : Plusieurs actes de vandalisme sont à déplorer dont une armurerie et un magasin de bricolage. Des haches, des machettes et d’autres armes dangereuses ont été volé. De nouveaux incendies se sont déclarées dans d autres bâtiments dans le centre d’Athènes. Loukas Papadhimos, dans son discours qui a lieux en ce moment même, est étrangement déjà au courant et en parle face aux parlementaires disant que de tels actes n’ont aucune place dans une démocratie.
 
21:45 : Une 10aine de bâtiments dont 2 grands cinémas et une partie d un bâtiment de SKAÏ TV sont en flammes. Plusieurs 10aines de blessés sont transférés aux urgences. Certains manifestants sont piétinés suite à un mouvement de panique. 

21:40 : « Nous ne pouvons prendre une décision sous les menaces européennes. Nous ne pouvons pas prendre en 1h, une décision qui va déterminer le futur du pays, pas dans ces conditions » a-t-il précisé avant de quitter le parlement. »

21:30 : Les parlementaires du parti LAOS vient de quitter le parlement suite au discours du président du parti Giorgos Karatzaferis.

21:30 : Les forces de l’ordre sont toujours aussi violentes et continuent à frapper et gazer les manifestants sans arrêt. La lettre des syndicats était un coup de théâtre car les policiers n’ont pas changé de comportement ce soir ».

21:20 : Nous avons pu contacter une des personnes sur place.
« Malgré la présence massive, il n y a pas encore suffisamment de motivation auprès des manifestants pour se tourner contre le bâtiment ou le vote a lieu en ce moment même. Nous sommes très pessimistes par rapport à la décision du parlement. Les démissions « théâtrales » de certains ministres et l’opposition farouche du parti communiste ne changeront rien ».

21:00 : L’appel des syndicats pour une grève générale a été entendu. La participation est très importante et dans certains cas, elle atteint 100% de participation. Les participants de la grève générale sont descendu massivement et se trouvent actuellement devant le parlement grec.

20:30 : Il semblerait qu une équipe de « policiers » étranges a fait son apparition en grèce depuis quelque jours et ils ont été observé autour du parlement. Il sont discrets, habillés en civile et pour l instant, ils semblent attendre.
Nous avons perdu contact avec notre contact qui se trouve sur place, après une attaque musclée de la police grec. Nous vous tiendront au courant.
Dans tous les cas, un nombre important de manifestant est présent actuellement devant et autour du parlement grec.

14:00 : Dans un communiqué de presse commun, deux grands noms de la musique grecque, Mikis Theodhorakis et Manolis Gletsos, invitent le peuple grec de manifester contre le nouveau plan de sauvetage.
Extrait:  »Nous vous invitons tous, des 4 coins du pays, de venir manifester dimanche, devant le parlement, contre la signature de la mise à mort de notre nation. Tous ensemble, nous inclus, allons à Syntagma (parlement) et arrêtons les traitres.

14:00 : Une majeure partie du parlement grec s’est prononcé contre le nouveau plan de sauvetage et des nouvelles démissions de parlementaires grecs a eu lieu ce matin.
Plus précision sur ce sujet, sur notre site à partir de ce soir.

13:30 : Les deux plus grands syndicats grecs de travail, GSEE et ADEDY, ont invité tous les travailleurs grecs de se retrouver devant le parlement à 17h. À minuit, le parlement devra prendre sa décision.
5000 policiers seront sur place et la station de métro « Syndagma » qui se trouve en face du parlement, restera fermé aujourd’hui. Dans les manifestations précédentes, cet station de métro se transformait souvent à un « hôpital de fortune » ou des médecins volontaires grecs, soignaient les blessés.

voir en ligne..

31 janvier 2012

Un Traité pour enfoncer l’Europe dans la crise

Attac | 30 janvier 2012 

« Tourner la page de la crise de la dette », c’était le mot d’ordre du Sommet européen qui s’est achevé lundi à Bruxelles. Tout porte à croire qu’il s’apprête au contraire à enfoncer d’un cran supplémentaire l’Europe dans l’austérité, la récession, la crise économique, sociale et démocratique.

A l’issue du Sommet, les chefs d’Etat et de gouvernement sont tombés d’accord sur le nouveau Traité. Ce « Pacte fiscal » est censé peaufiner un arsenal anti-crise dont on a jusqu’à présent pu constater l’efficacité avec le naufrage sans fin de la Grèce. Il s’apprête en fait à en imposer et en généraliser les « potions amères » à l’ensemble de l’Europe.

L’austérité s’avère-t-elle à la fois destructrice et injuste, partout où elle est mise en œuvre ? Elle sera désormais gravée dans le marbre d’un Traité qui organise la surveillance des budgets nationaux par des instances technocratiques, au mépris de principes démocratiques élémentaires. Et qui impose, au prétexte de « rassurer les marchés », l’inscription dans les législations nationales d’une politique économique qui mène l’Europe droit dans le gouffre.

Inutile de préciser que l’adoption de ce nouveau Traité ne fera pas l’objet d’une consultation démocratique. Il faut dire que les dirigeants européens ne semblent plus faire grand cas de la démocratie. En témoigne l'arrivée au pouvoir, dans les pays en crise, de dirigeants ayant la confiance des marchés pour leur capacité à imposer la mise en œuvre de plans d'austérité… ou encore les déclarations récentes du ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, qui évoque une nécessaire mise sous tutelle européenne de la Grèce avec droit de véto sur les décisions de politiques économiques.

« Tourner la page de la crise de la dette » ? C’est tout le contraire. Véritable krach démocratique, le nouveau Traité de Sarkozy et Merkel enferme l’Europe dans un cercle vicieux et destructeur, qu’il est désormais urgent de rompre. A cet effet, les mouvements sociaux, porteurs de véritables alternatives économiques, sociales, écologiques et démocratiques, doivent se mobiliser massivement en France et en Europe pour changer la donne.

C’est pourquoi Attac développe en France, avec le collectif d’audit citoyen de la dette, une vaste campagne d’éducation populaire pour avancer de véritables alternatives à la crise, et c’est pourquoi Attac sera au côté des mouvements sociaux européens, réunis la deuxième quinzaine de Mai à Francfort, pour protester devant la BCE contre les politiques iniques de l’austérité généralisée.

Attac France,
A Paris, le 31/01/12



En savoir plus sur la campagne d’Attac sur l’audit citoyen de la dette publique : http://www.france.attac.org/sortir-du-piege-de-la-dette

 

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