31 janvier 2021

Le rapport parlementaire qui veut mettre les militants écologistes en prison

 

Une mission d’information parlementaire pilotée par Les Républicains et La République en marche demande de « renforcer l’arsenal pénal » contre « les militants antiglyphosate, véganes ou antichasse ». Les propositions pourraient être inscrites dans la loi, une perspective qui inquiète fortement les militants écologistes ou antispécistes. Le tempo est plutôt mal choisi, la concordance des temps frappante. Alors que l’Assemblée nationale examine en ce moment la proposition de loi sur le bien-être animal, les (...)

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16 janvier 2021

URGENT ! Message du Pr. PERR0NNE sur les vaxx1s !

 



Chers amis,

La France, qui vit un cauchemar depuis des mois, se réveille.

Dans beaucoup de villes de notre beau pays, le peuple est en marche pour retrouver sa liberté, pour exiger le retour de la démocratie. En tant que médecin, spécialiste des maladies infectieuses et ayant été président de nombreuses instances ou conseils de santé publique, y compris sur les vaccins, je mesure chaque jour les incertitudes générant la peur et le désarroi croissant de nos concitoyens. Je prends le risque d’être à nouveau qualifié de « complotiste » ou mieux de « rassuriste », termes désignant ceux qui critiquent ou challengent la pensée unique...

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4 avril 2017

Moustiques OGM : mise en garde de l'Académie des Sciences

26 janvier 2017

Quand la boucherie, le monde pleure #DATAGUEULE 55


Quand elle arrive dans notre assiette nous ne voyons qu'un steack, un gigot ou une saucisse, mais la viande c'est bien plus que ça. Face à la démultiplication de notre appétit carnivore, l'industrialisation massive de sa production de viande a désormais des impacts environnementaux et sanitaires considérables. De quoi inviter à repenser nos menus.

 

10 juillet 2016

La Stratégie de Bill Gates,pour mettre fin aux fruits et céréales naturelles en Afrique.

Comment un requin de l’industrie considéré comme le chantre du capitalisme brutal s’est déguisé en agneau sous couvert d’actions philanthropiques en Afrique. Le reportage “Le Monde selon Gate” de Jérémie Drieu et Jean-François Monier à ce sujet est particulièrement instructif ...

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25 avril 2016

Mange et tais toi!


Un très bon docu réalisé dans le Lot, dans lequel il est surtout question de santé publique et d'écologie, mais aussi de démocratie.
 

23 février 2016

Séralini, et son étude sur les dangers des OGM, gagne son procès en diffamation

Un scientifique attaqué pour avoir prouvé les dangers des OGM gagne son procès en diffamation devant un tribunal français

Vous rappelez-vous du professeur Gilles-Eric Séralini et de son équipe de recherche à l’université de Caen ? Ils ont présenté des images de rats nourris avec du maïs OGM de Monsanto saturé de l’herbicide Roundup. Voilà pourquoi le maïs est génétiquement modifié: pour survivre à l’herbicide le plus dangereux de la planète.
Leur étude a découvert que les rats nourris avec des OGM ont développé des tumeurs et sont morts prématurément. Mais ça n’était pas l’objet de leur étude. Il était prévu qu’elle évalue la toxicité potentielle à long terme de la consommation de maïs OGM ainsi que de l’exposition inhérente au Roundup...

Suite sur le blog de R M Jennar..

2 avril 2015

Un OGM lâché sur le Canal du Midi !


Guérir les platanes du Canal du Midi : quand la Recherche cherche avant tout le « buzz » médiatique …

Par François Carbonne, biologiste et élu local du Canal, via Friture Mag, le 1er avril 2015


Depuis fin 2014, plusieurs articles de presse relatent l’initiative d’un groupe d’ étudiants de l’INSA Toulouse (http://2014.igem.org/Team:Toulouse), encadrés par leurs enseignants et des chercheurs de l’INRA, visant à mettre en place un protocole de traitement des platanes atteint par une maladie mortelle (« le chancre coloré »), due à un champignon microscopique.

La maladie du chancre coloré progresse rapidement le long du canal depuis plusieurs années. Cantonnée jusqu’à présent au versant méditerranéen, elle est apparue depuis l’automne 2014 en banlieue toulousaine, créant l’émoi auprès des habitants et des responsables, pour qui les abords du canal présentent un enjeu important en terme d’espace de loisir et de préservation du paysage urbain.
Présenté aux chercheurs du centre INRA en janvier, ce travail et la publicité qui en est faite pose plusieurs problèmes de fond.

– usage potentiellement dangereux d’un OGM
La stratégie choisie est celle de transformer génétiquement une bactérie (Bacillus subtillis) en lui conférant la capacité de fabriquer des fongicides, puis de l’introduire dans l’arbre, dans l’objectif de tuer le champignon du chancre coloré présent dans le bois. Fondamentalement, l’introduction de telles bactéries est potentiellement dangereuse pour l’environnement. Elles appartiennent à une espèce très courante et peuvent conférer cette capacité de proche en proche à d’autres bactéries voire à d’autres micro-organismes si cela leur donne un avantage adaptatif. La présence d’eau est un facteur aggravant dans la propagation potentielle d’organismes dangereux.
De plus, s’il existe de nombreux champignons pathogènes, d’autres espèces de champignons vivent en symbiose au niveau des racines des plantes et leur sont bénéfiques. C’est le cas du blé et du tournesol qui poussent en bordure du canal.
L’agriculture pourrait donc être affectée par la dissémination d’une bactérie capable de tuer des champignons de façon non-spécifique.
interdiction réglementaire

Ces risques expliquent en général l’interdiction par la loi du « lâcher » d’ OGM en milieu naturel. Or les promoteurs de cette technique avouent sans honte avoir des contacts avec le ministère/ Législateur pour obtenir des dérogations, alors que les gardes fous techniques ne sont pas en place…
En attendant, le procédé qu’ils envisagent reste interdit.

Efficacité à prouver

Si quelques expériences conduites en quelques mois d’été ont effectivement montré des résultats intéressants, ils ont été obtenus en « tubes à essai ». Chaque scientifique sait très bien que ce genre de recherche appliquée nécessite des années voire une dizaine d’années d’expériences, de répétitions, de validations, de transpositions (comment injecter dans un platane centenaire ?). Or le chancre coloré va « miter » malheureusement ce bel alignement d’arbres dans un premier temps, avant de connaître un développement exponentiel. Même si LE remède était trouvé rapidement, les platanes survivants et guéris devraient être abattus. En effet, l’objectif est de reconstituer le monument classé qu’est le canal par la plantation d’un alignement d’arbres identiques ( au niveau de l’« essence jalon ») . La « Commission supérieure des sites, perspectives et paysages » l’a décidé.

Manipulation de la formation et de l’information

On pourrait s’attendre à ce que des chercheurs et enseignants expérimentés sachent canaliser l’enthousiasme bien naturel d’élèves ingénieurs lors du développement de leur « plan de com ». On pourrait même imaginer que l’enseignement de l’objectivité, de l’approche systémique d’un problème et de la pondération, fasse partie du cursus. Visiblement ce ne fut pas le cas : à aucun moment le mot OGM n’a été prononcé lors des rendez vous « presse », et l’impossibilité juridique de cette « solution » n’a pas été évoquée. Pire, le procédé est présenté par les auteurs comme une « alternative biologique permettant de lutter contre le champignon » …. Le fait d’entretenir une ambiguïté sur le sens du mot biologique en dit long sur la rigueur scientifique.

– volonté de se servir du platane comme « cheval de Troie » de l’industrie OGM ?

Il est légitime de se poser la question sur le sens de cette désinformation. Si une certaine naïveté peut être attribuée aux étudiants, les encadrants ne peuvent ignorer que la mise en avant d’une cause « sympathique » peut permettre d’enfoncer un « coin » dans les pratiques et la réglementation des OGM en France. Ce projet a été primé au « concours international de machines [biologiques] génétiquement modifié » (IGEM) aux USA. L’IGEM souhaite développer la biologie synthétique dont le but est de construire des organismes accomplissant des fonctions biologiques, à partir d’assemblage de séquences d’ADN prélevées dans des organismes existants ou fabriquées de façon artificielle. Les êtres vivants sont vus par les tenants de cette approche, en provenance des États-unis, comme de simples machines qu’il faut élaborer, à des fins souvent mercantiles. Ils ont déjà réussi à fabriquer la première bactérie artificielle…et tentent de la breveter ! Beaucoup de chercheurs opposent des arguments de bioéthique à cette approche, ce qui n’a pas semblé déranger les responsables de ce projet.
En conclusion, cette initiative peut présenter un intérêt en recherche fondamentale, et a sûrement été formatrice pour ces étudiants. Mais ils ont suscité un emballement médiatique qui diffuse l’idée, fausse, que le remède à la maladie du platane est en passe d’être trouvé. De plus, les risques pour l’environnement sont volontairement occultés, ce qui pose la question des contrôles que la société peut mettre en place contre les apprentis sorciers, si enthousiastes et sympathiques soient ils.
 
  

5 octobre 2014

STOP TAFTA le 11 octobre à Cahors


JOURNEE EUROPEENNE D’ACTION

STOP TAFTA—CETA—TISA

RASSEMBLEMENT

CAHORS 10H30 PARVIS DE LA MAIRIE


TAFTA, CETA, TISA ?

Ces sigles désignent des accords de libre-échange et d’investissement négociés dans le plus grand secret. S’ils sont adoptés, ils consacreront la domination des multinationales sur nos sociétés, au détriment des citoyens et de la démocratie. Sous couvert d’une hypothétique relance de la croissance, ces accords s’attaquent aux normes sociales, financières, sanitaires, culturelles et environnementales. Si elles s’estiment lésées, les multinationales pourront poursuivre les Etats devant des tribunaux privés d’arbitrage, hors de tout contrôle démocratique. Ces accords menacent de mettre en péril ce qui rend nos sociétés encore vivables.
 
Le 11 octobre, mobilisons-nous pour faire échouer ces négociations !
Des actions sont prévues partout en France et à travers l’Europe.

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Collectif Stop TAFTA 46

1 septembre 2014

Monsanto débarque en Ukraine



Investig'Action | 30 août 2014 | par

Monsanto en Ukraine, la nourriture génétiquement modifiée et le retour de H+K


Finalement, un aspect secondaire de la crise ukrainienne commence à recevoir une attention internationale. Le 28 juillet, l’Institut Oakland, basé en Californie, a publié un rapport révélant que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), selon les termes de leur prêt de $17 milliards à l’Ukraine, ouvriraient ce pays aux cultures génétiquement modifiées (GM), ainsi qu’aux OGM dans l’agriculture. Le rapport est intitulé vu de l’Ouest : la Banque mondiale et le FMI en Ukraine [1].

Fin 2013, le président ukrainien du moment, Viktor Yanukovych, a rejeté l’agrément d’association à l’Union européenne lié au prêt de $17 milliards, dont les termes viennent seulement d’être révélés. Au contraire, Yanukovych a opté pour une aide russe de $15 milliards, assortie d’une réduction sur le prix du gaz naturel. Sa décision a été un facteur majeur des protestations mortelles qui s’ensuivirent et qui l’ont renversé du pouvoir en février 2014, ainsi que de la crise en cours.

Selon l’Oakland Institute, « alors que l’Ukraine n’autorise pas l’utilisation des OGM dans l’agriculture, l’Article 404 de l’accord avec l’UE, en rapport avec l’agriculture, inclut une clause qui est généralement passée inaperçue : cette clause indique, entre autres, que les deux parties vont coopérer pour étendre l’utilisation des biotechnologies. Il ne fait aucun doute que cette clause rencontre les attentes de l’agro-industrie. Comme Michael Cox, directeur de recherche à la banque d’investissement Piper Jaffray, l’a observé, « l‘Ukraine, et de manière générale l’Europe de l’Est, sont parmi les marchés en croissance les plus prometteurs pour le géant de l’équipement en matériel agricole Deere, ainsi que pour les producteurs Monsanto et Dupont«  » [2].

La loi ukrainienne interdit aux agriculteurs de cultiver des plantes génétiquement modifiées. Longtemps considérée comme « le grenier à blé de l’Europe », l’Ukraine, avec les riches terres noires de son sol, est idéale pour la croissance des céréales. Ainsi, en 2012, les agriculteurs ukrainiens ont produit plus de 20 millions de tonnes de céréales.

L’investissement de Monsanto

En mai 2013, Monsanto a annoncé un plan d’investissements de $140 millions dans une usine de semences de céréales non OGM en Ukraine, avec le porte-parole de Monsanto en Ukraine, Vitally Fechuk, confirmant que « Nous travaillerons seulement avec des semences conventionnelles parce que ce sont les seules autorisées en Ukraine pour la production et l’exportation ».

Mais, en novembre 2013, six grandes associations d’agriculteurs ukrainiens avaient préparé un projet d’amendement à la loi, poussant à « créer, tester, transporter et utiliser des OGM dans le cadre de la législation sur les semences génétiquement modifiées » [4]. Le président de Ukrainian Grain Association, l’association des semenciers ukrainiens, Volodymyr Klymenko, a dit lors d’une conférence de presse à Kiev que : « Nous pourrions réfléchir à cette question très longtemps, mais nous, avec les associations [agricoles], avons signé deux lettres pour modifier la loi sur la biosécurité, dans lesquelles nous avons proposé la légalisation des semences OGM pour nos agriculteurs, semences qui ont été testées depuis longtemps aux États-Unis » (en fait, les semences génétiquement modifiées ainsi que les OGM n’ont jamais été soumis à des tests indépendants sur le long-terme aux U.S.).

Les amendements des associations agricoles coïncidaient avec les termes de l’association avec l’UE et avec le prêt FMI/Banque Mondiale.

Le site web sustainablepulse.com, qui traque les nouvelles sur les OGM au niveau mondial a fustigé les propositions des associations agricoles, avec le directeur Henry Rowlands déclarant : « L’agriculture de l’Ukraine sera sérieusement endommagée si le gouvernement autorise les semences génétiquement modifiées dans le pays. Les agriculteurs verront se réduire les marchés à l’exportation à cause des sentiments anti-OGM en Russie et dans l’UE ». Rowlands a dit que les investissements de Monsanto en Ukraine « pouvaient atteindre $300 millions sur plusieurs années. Est-ce-que l’agriculture ukrainienne veut faire totalement confiance au succès ou à l’échec d’une compagnie U.S.? » [5]

Le 13 décembre 2013, le vice-président de Monsanto (Corporate Enaggement), Jesus Madrazo, a dit à la conférence U.S-Ukraine à Washington D.C. que la compagnie voyait « l’importance de la création d’un environnement favorable [en Ukraine], qui encourage l’innovation et émule le développement continu de l’agriculture. L’Ukraine a l’opportunité de développer encore plus le potentiel des cultures conventionnelles, là où nous concentrons actuellement nos efforts. Nous espérons aussi que, le moment venu, la biotechnologie sera un outil disponible pour les agriculteurs ukrainiens dans le futur » [6].

Juste quelques jours avant les remarques de Madrazo à Washington, Monsanto Ukraine a lancé son programme de « développement social » pour le pays, appelé « Panier de grains du futur » [7]. Il fournissait une bourse à des villageois ruraux afin qu’ils puissent (selon les mots de Monsanto) « commencer à ressentir qu’ils peuvent améliorer leur situation eux-mêmes au lieu d’attendre une subvention ».

Actuellement, les véritables subventions sont celles qui vont aux gros de l’agro-business, selon les termes des prêts du FMI et de la Banque mondiale, qui, en plus d’ouvrir le pays aux cultures OGM, va aussi conduire, plus tard, à lever l’interdiction qui pèse sur la vente des riches terres ukrainiennes au secteur privé [8].

Comme l’a formulé Morgan Williams, président et PDG du Conseil pour le commerce U.S.-Ukraine, en mars dans International Business Times, « L’agriculture ukrainienne pourrait être une vraie mine d’or » [9]. Mais, a-t-il ajouté, « de nombreux aspects du climat des affaires [en Ukraine] doivent changer, le point principal étant de garder le gouvernement hors des affaires commerciales… ».

Les câbles Wikileaks

En août 2011, Wikileaks a diffusé des câbles diplomatiques U.S. montrant que le Département d’État des U.S. [Affaires étrangères, NdT] a fait du lobbying au niveau mondial pour le compte de Monsanto et d’autres multinationales de la biotechnologie, telles que DuPont, Syngenta, Bayer et Dow. L’organisme à but non lucratif, Food & Water Watch [Surveillance de l'eau et de la nourriture, NdT], après passage au peigne fin de ces câbles sur cinq ans (2005-2009), a publié son rapport le 14 mai 2013, intitulé « Ambassadeurs de la Biotechnique : comment le ministère des Affaires étrangères U.S. fait la promotion du programme global de l’industrie des semences » [10]. Le rapport montre que le ministère des Affaires étrangères U.S. a « fait du lobbying auprès de gouvernements étrangers pour qu’ils adoptent des politiques et légifèrent en faveur des biotechnologies agricoles, a réalisé des campagnes rigoureuses de relations publiques pour améliorer l’image de la biotechnologie, et a défié ouvertement les gardes-fous et les règles de bon sens, allant même jusqu’à s’opposer aux lois concernant l’étiquetage des nourritures OGM ».

Selon un article de consortiumnews.com du 16 mars 2014, Morgan Williams est au centre du réseau d’alliances du regroupement des multinationales du business agroalimentaire (Big Ag) avec la politique étrangère des U.S. [11]. « En plus d’être président et PDG du Conseil pour le commerce U.S.-Ukraine, Williams est Directeur des affaires gouvernementales dans la firme privée d’investissement SigmaBleyzer, qui racole pour le travail de Williams « diverses agences du gouvernement U.S., membres du Congrès, commissions du Congrès, l’ambassade d’Ukraine aux U.S., des institutions financières internationales, des groupes de réflexion et autres organisations concernant les affaires U.S.-Ukraine, les questions de commerce, d’investissement et d’économie ».

Les seize membres du Comité exécutif du Conseil pour le commerce U.S.-Ukraine viennent de compagnies agroalimentaires U.S., incluant des représentants de Monsanto, John Deere, DuPont Pioneer, Eli Lilly, et Cargill [12]. Parmi les vingt « Consultants principaux », on rencontre James Greene (ancien chef du Bureau de liaison Otan-Ukraine), Ariel Cohen (chargé de recherche principal à The Heritage Foundation [Groupe de réflexion conservateur à Washington D.C.], Léonid Kozachenko (président de la Confédération agraire ukrainienne), six anciens ambassadeurs U.S. en Ukraine, et l’ancien ambassadeur d’Ukraine aux U.S., Oleh Shamshur.

Shamshur est maintenant un conseiller principal chez PBN Hill + Knowlton Strategies, une unité du géant des relations publiques Hill + Knowlton Strategies (H+K). H+K est une filiale du gargantuesque groupe WPP, basé à Londres, qui possède quelques douzaines de grosses firmes de relations publiques, dont Burson-Marsteller (un conseiller de Monsanto depuis longtemps).

Stratégies de Hill + Knowlton 

Le 15 avril 2014, le journal de Toronto The Globe & Mail a publié un éditorial de l’assistant consultant de H+K, Olga Radchenko [13]. L’article fulminait contre le Président russe Vladimir Poutine et « la machine de relations publiques de Mr. Poutine », déclarant que « le mois dernier [mars 2014, un mois après le coup d'État], un groupe de professionnels des relations publiques, basé à Kiev, avait formé le Centre des médias sur la crise ukrainienne, une opération volontaire dans le but d’aider à améliorer l’image de l’Ukraine et de gérer ses communications sur la scène globale ».

Le site web de PNB Hill + Knowlton Strategies déclare que le PDG de la compagnie, Myron Wasylyk, est un « membre du bureau du Conseil pour le Commerce U.S.-Ukraine », et que le Directeur général pour l’Ukraine, Oksana Monastyrska, « dirige les travaux de la firme pour Monsanto ». Monastyrska a aussi travaillé pour la Société financière internationale de la Banque mondiale.
Selon Oakland Institut, les conditions du prêt accordé à l’Ukraine par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont déjà conduit à « un accroissement des investissements étrangers, qui entraînera probablement une expansion des acquisitions de terres agricoles sur une grande échelle par des compagnies étrangères et une future privatisation de l’agriculture du pays » [14].

En attendant, le Permier ministre russe, Dmitry Medvedev, a déclaré en avril 2014 : « Nous n’avons pas pour but de développer les produits OGM ici, ni de les importer. Nous pouvons nous nourrir avec des produits normaux non génétiquement modifiés. Si les Américains aiment manger de tels produits, qu’ils les mangent. Nous n’avons pas besoin de faire ça ; nous avons assez de place et d’occasions pour produire une nourriture organique naturelle » [15].

Hill + Knowlton, avec ses mensonges sur les « atrocités dans les incubateurs de bébés » au Koweït, a instrumentalisé le public américain pour qu’il supporte la première Guerre du Golfe en Irak au début des années 90. Maintenant la compagnie fomente une nouvelle Guerre Froide ou encore pire pour le compte de Monsanto, récemment élue « la pire » multinationale de la planète. C’est une chose dont il faut se souvenir au moment de la diabolisation tous azimuts de Poutine par les médias de masse.

Joyce Nelson
Traduit par Jean-Jacques pour vineyardsaker.fr
(CounterPunch 22-24 août 2014

Joyce Nelson est un free-lance écrivain/chercheur canadien et l’auteur de cinq livres, dont Sultans of Sleaze: PR & The Media (lien vers amazon.fr).

[1] Press Release: The World Bank and the IMF Open up Ukraine to Western Interests (oaklandinstitute.org, english, 28-07-2014)
[2] Ibid.
[3] Monsanto plans $140 mln Ukraine non-GM corn seed plant (reuters, anglais, 24-05-2013)
[4] Agrarian associations initiate legalization of GM seeds in Ukraine (en.interfax.com.ua, anglais, 05-11-2013)
[5] Sustainable Pulse Slams Ukraine Agri Associations over GM Seeds Draft Law (sustainablepulse.com, english, 05-11-2013)
[6] Monsanto’s Commitment to Ukraine (monsantoblog.com, english, 19-12-2013)
[7] Monsanto Ukraine Launching Social Development Program (monsantoblog.com, english, 13-12-2013)
[8] Ukraine: Secretive Neo-Nazi Military Organization Involved in Euromaidan Sniper Shootings (globalresearch.ca, english, 03-03-2014)
[9] ‘Westerners Know Very Little About Ukraine…’: Q&A With U.S.-Ukraine Business Council President (ibtimes.com, english, 13-03-2014)
[10] U.S. Version – Biotech Ambassadors: How the U.S. State Department Promotes the Seed Industry’s Global Agenda (foodandwaterwatch.org, english, 14-03-2014)
[11] Corporate Interests Behind Ukraine Putsch (consortiumnews.com, anglais, 16-03-2014)
[12] USUBC EXECUTIVE COMMITTEE & OFFICERS, 2014 (usubc.org, english, 2014)
[13] In the battle of hearts and minds, Kiev is losing eastern Ukraine (theglobeandmail.com, english, 15-04-2014)
[14] Press Release: The World Bank and the IMF Open up Ukraine to Western Interests (oaklandinstitute.org, anglais, 28-07-2014)
[15] Russia postpones planting of GMOs by 3 years (Russia Today, anglais, 22-04-2014)

Source : Monsanto and Ukraine, GM Food, Ukraine and the Return of Hill + Knowlton (counterpunch.org, anglais, 22-24-08-2014)

A LIRE ABSOLUMENT POUR COMPLÉTER CET ARTICLE

26 mars 2014

Fête de la ferme en paille

"TOUS VOLONTAIRES POUR LES FAUCHEURS

SEMONS AUJOURD'HUI LE MONDE DE DEMAIN"


Ferme en Paille 46500 GRAMAT

LES 5 ET 6 AVRIL 2014
 

27 février 2014

Négociations transatlantiques : la France doit écouter les exigences citoyennes !


Attac et l’AITEC publient cette lettre ouverte envoyée à Nicole Bricq, ministre du commerce, en vue du conseil des ministres du commerce de l’Union européenne qui se tiendra le 28 février à Athènes. Les deux associations interpellent la ministre quant aux négociations sur l’accord de libre-échange et d’investissement entre l’Union européenne et les Etats-Unis.


Madame la Ministre,

Les Ministres du Commerce des 28 États membres de l’Union européenne se réunissent demain 28 février à l’invitation de la Présidence grecque du Conseil de l’UE.

Lors de cette réunion, la Direction générale du Commerce de la Commission européenne informera les 28 ministres quant au résultat de la rencontre entre le Commissaire au commerce De Gucht et le représentant américain au commerce Michael Froman.

Cette réunion s’était tenue les 17 et 18 février derniers pour évaluer les progrès effectués dans les discussions sur le Partenariat transatlantique et préparer les prochaines sessions de négociation, dont celle prévue du 10 au 14 mars à Bruxelles.

A cette occasion, nos organisations souhaitent rappeler leurs nombreuses inquiétudes face à la perspective d’un accord transatlantique fondé sur le mandat de négociation tel qu’il a été défini en juin 2013 par les Ministres du Commerce des 28.

Nous sommes particulièrement préoccupés par :

L’introduction d’un mécanisme d’arbitrage des différends entre investisseurs et États, qui constituerait un puissant outil pour contester et décourager toute décision politique affectant leurs stratégies et leurs profits,

Le volet agricole de la négociation. Un rapport commandité par la Commission ENVI du Parlement européen met ainsi en garde l’Europe sur le risque de disparition des protections qu’elle offre à ses citoyens dans le domaine de l’environnement et de la sécurité alimentaire, au vu des différences en matière de législation entre les deux régions (OGM, régulation des produits chimiques, volailles chlorées, bœuf aux hormones, émissions du secteur aérien...). En outre la suppression des droits de douane menace le modèle agricole européen, mais surtout la perspective de soutenir sa transition vers des modes de production durables et écologiques.

Les implications environnementales d’un possible accord : la libéralisation accrue du marché de l’énergie, l’augmentation des flux commerciaux et surtout la toute-puissance conférée aux firmes multinationales pour contester les politiques existantes (comme l’interdiction de la fracturation hydraulique ou les quotas d’émission de CO2) entraveront toute perspective de transition énergétique, dont pourtant nous connaissons l’impératif.

L’urgence affirmée par les Présidents Obama et Hollande lors de leur rencontre à Washington les 9 et 10 février n’a fait qu’exacerber notre inquiétude. Elle n’est pas conciliable avec l’objectif d’un débat véritablement démocratique et ouvert à l’égard du projet d’accord transatlantique, que vous-mêmes avez pourtant maintes fois réaffirmé.

Dans ce contexte, la prochaine consultation annoncée par le Commissaire De Gucht sur le volet « Protection des investissements » du futur accord fait figure au mieux de diversion, voire de manque de sérieux. Les consultations publiques organisées par la direction générale du commerce s’adressent principalement aux entreprises, et promeuvent toujours, dans leurs formulations, la doxa de la croissance, du libre-échange et de la compétitivité externe en vigueur à Bruxelles ; pourtant l’annonce d’une prochaine suspension de ce volet des négociations pour une durée de trois mois pouvait laisser penser que toutes les composantes de l’opinion publique auraient la chance de faire valoir leurs craintes et leurs propositions.

Mais de rencontre bilatérale en session de négociations, l’attention accordée à la parole des citoyens et les risques portés par ce projet d’accord connaissent le même sort : une reconnaissance embarrassée, la promesse d’une prise en compte prochaine, et la garantie que tout sera mis en œuvre pour protéger les citoyens européens... sans qu’une décision concrète – publication des textes et des positions de négociations, organisation d’un débat public large, moratoire sur les négociations d’un certain nombre de sujets sensibles - ne soit proposée pour le garantir.

C’est pourquoi, Madame la Ministre, nous comptons que vous portiez la voix des associations et des citoyens lors de ce Conseil des Ministres européens, et que vous rappeliez fermement :

La nécessité d’organiser la publication de tous les documents relatifs aux négociations, et d’organiser un processus de consultation démocratique authentique, exigence à laquelle ne répond pas l’organisation trimestrielle des « Civil society Dialogue » de la DG Commerce.

L’impératif de consultation régulière des instances démocratiquement élues à la fois au plan communautaire et dans les États membres ; ils pourront ainsi se prononcer sur toutes les protections et sauvegardes qui devront être introduites dans le mandat en vue de garantir qu’aucun des règlements ou normes en vigueur dans l’UE ne pourra être négocié à la baisse pour satisfaire les exigences des entreprises.

Le refus, exprimé par les citoyens de toute l’UE, de l’introduction de deux dispositifs en particulier dans le futur accord : le mécanisme ad hoc de règlement des différends Investisseur/État et le Conseil de coopération réglementaire. C’est la seule condition à laquelle les gouvernements et les Parlements conserveront leurs prérogatives souveraines quant à la définition des normes et lois protectrices de l’intérêt général.

Nous espérons pouvoir dire aux mouvements sociaux et citoyens français, européens et américains avec lesquelles nous nous réunirons à Bruxelles en parallèle du prochain cycle de négociation que le gouvernement français a porté les préoccupations des citoyens auprès de la DG Commerce et de ses homologues des 27.

Amélie CANNONE, Présidente de l’AITEC-Ipam
Geneviève AZAM, Porte-parole d’Attac France

28 novembre 2013

Guide de navigation pour affronter le grand marché transatlantique


Les dessous de Bruxelles | 28 novembre 2013

Le 8 juillet 2013, l’Union européenne et les Etats-Unis ont entamé des négociations en vue de conclure un accord commercial bilatéral, le Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement (PTCI/TAFTA). C’est l’aboutissement de plusieurs années de lobbying des groupes industriels et financiers, européens et états-uniens.(Ce document publié par Attac est disponible en PDF ici)
Le partenariat transatlantique serait un des accords de libre-échange et de libéralisation de l’investissement les plus importants jamais conclus, représentant la moitié du PIB mondial et le tiers des échanges commerciaux. Comme d’autres accords bilatéraux signés récemment ou en cours de négociations – notamment l’accord UE-Canada – le PTCI ne se contentera pas d’abolir les barrières douanières ; il s’étendra aussi aux « barrières non-tarifaires ».

En effet, toute réglementation, même décidée démocratiquement, peut être considérée comme un obstacle au commerce. Le PTCI va donc viser le démantèlement, ou l’affaiblissement, de toutes les normes qui limitent les profits des entreprises européennes ou états-uniennes, en fonction de leurs intérêts respectifs.
Le volet « investissement » du mandat de négociation du PTCI prévoit en outre un mécanisme particulièrement menaçant dit « de règlement des différends » qui pourraient survenir entre des acteurs économiques privés et l’un des gouvernements. L’accord UE-Canada, qui n’est pas encore ratifié, contient une telle procédure.
L’introduction d’un tel mécanisme ad-hoc, à travers la nomination d’experts « arbitres » qui délibéreraient indépendamment des juridictions publiques nationales ou communautaires, permettrait aux transnationales de poursuivre des Etats dont les normes sanitaires, écologiques ou sociales, ou toute autre réglementation protectrice des consommateurs ou des économies locales, apparaîtraient comme des entraves aux investissements étrangers. L’objectif : étendre le champ possible des investissements et « sécuriser » la liberté et les bénéfices des investisseurs.

Le PTCI pourrait avoir des conséquences considérables dans bien d’autres domaines qui dépassent largement le périmètre du commerce. Il renforcerait par exemple drastiquement les droits de propriété intellectuelle des acteurs économiques privés et du domaine du brevetable, et pourrait donner aux multinationales des nouvelles technologies de l’information un pouvoir accru de contrôle des données de l’internet, notamment celles relatives aux citoyens. Pour la Commission européenne, qui négocie au nom de tous les pays de l’Union européenne, il s’agit d’aligner le PTCI sur « le plus haut niveau de libéralisation » qui soit. Elle souhaite même ériger l’accord en modèle.
Ce Guide de navigation pour affronter le grand marché transatlantique décrypte les principaux risques émanant de ce projet d’accord.

Alerte 1 - La diminution des droits de douane et les attaques sur les normes sociales, sanitaires et écologiques
Le mandat donné à la Commission européenne par le Conseil des ministres européen du commerce du 14 juin 2013 appelle à une « réduction substantielle des tarifs douaniers ». Si les droits de douane sont en moyenne assez faibles de part et d’autre de l’Atlantique, ils restent élevés dans certains secteurs.
Dans l’agriculture par exemple, les droits de douane moyens sont de 7% côté Etats-Unis et de 13% côté Union européenne. Ces droits de douane protègent certains secteurs vis-à-vis d’une agriculture états- unienne plus industrielle et plus « compétitive », du fait notamment de la médiocrité des protections sociales et environnementales outre-Atlantique. Les droits de douane permettent également à l’UE de se protéger d’un taux de change plus favorable pour les productions états-uniennes. Que se passerait-il si ces droits de douane étaient démantelés ? Face à l’arrivée massive de nouveaux produits agricoles américains, notre propre agriculture n’aurait d’autre possibilité que de généraliser le modèle agro-exportateur défendu par les transnationales européennes.

La concurrence accrue aboutirait à la contraction des coûts de production, qui exigerait d’affaiblir les standards environnementaux, alimentaires, sociaux. Les perspectives de promotion des circuits courts et de la relocalisation des activités agricoles, de l’agro- écologie et de l’agriculture paysanne disparaîtraient.
Outre les barrières douanières, l’Union européenne et les Etats-Unis présentent des règles sanitaires, environnementales – et notamment de bien-être animal dans le secteur agricole et alimentaire – très dissemblables. Les Etats-Unis utiliseront l’opportunité du PTCI pour contraindre l’Union européenne à l’abandon de ses mesures « protectionnistes » et à l’adoption des normes américaines.
L’argument principal des promoteurs du PTCI porte sur les retombées économiques. Pourtant, d’après une étude de la Commission européenne, le gain en terme de PIB est estimé à 0,1% pour 10 ans, soit moins de 0,01% par an… Des « retombées » en vérité tout à fait insignifiantes comparées aux risques qui pèsent sur l’emploi et les droits sociaux. Ceux-ci pourraient en effet être revus à la baisse dans le cadre de l’« harmonisation » des normes sociales.
Ainsi, par exemple, d’après la Confédération syndicale états-unienne AFL-CIO, l’ALENA (accord similaire entre le Mexique, les Etats-Unis et le Canada) a déjà coûté 1 million d’emplois du fait notamment de l’abaissement des tarifs douaniers et des restructurations d’entreprises devenues « non-compétitives ». Par cette extension géographique de la compétition économique, le marché transatlantique favoriserait les fusions/acquisitions d’entreprises, donnant aux firmes multinationales un contrôle de plus en plus grand de l’économie et de la finance.
Concrètement 
Le bœuf aux hormones représente la plus grande partie de la production et de la consommation de bœuf aux Etats-Unis ; la production et l’importation en sont interdites dans l’UE, pour des raisons de risques sanitaires. L’OMC avait déjà donné raison aux Etats-Unis et au Canada dans le cadre de leur plainte contre l’UE, en autorisant la mise en place de mesures de rétorsion. Qu’en sera-t-il dans le cadre du PTCI ?
La question se pose aussi pour les volailles désinfectées avec des solutions chlorées, que les Etats-Unis souhaitent pouvoir exporter dans l’UE. L’accord UE-Canada, s’il était ratifié, autoriserait les firmes à porter plainte contre les Etats qui refusent le bœuf aux hormones, et ouvrirait directement la voie à un accord UE-US.
A ce jour, 52 variétés d’OGM sont autorisées à l’importation dans l’UE ; les puissantes multinationales semencières et lobbies agro-industriels européens et américains font pression pour que la liste soit élargie. Les clauses de sauvegarde décidées par certains pays comme la France, qui refusent la plantation d’OGM sur leur territoire, pourraient être attaquées par une multinationale via le mécanisme de règlement des différends.
Pour l’industrie européenne comme états-unienne, et notamment pour les industries extractives, les négociations du PTCI et l’accord UE-Canada sont une aubaine : l’occasion d’obtenir la remise en cause d’un certain nombre de protections ou de régulations écologiques, par exemple sur l’exploitation des gaz de schiste qui demeure interdite en France et en Bulgarie, ou encore de la réglementation européenne REACH sur les produits chimiques, jugée trop contraignante.
Les banques et assurances se frottent les mains : le PTCI sera aussi l’occasion pour les lobbies financiers d’amoindrir les instruments de régulation financière et bancaire et d’approfondir la libéralisation des services financiers. Il deviendra impossible de renforcer le contrôle des banques, de taxer les transactions financières, de lutter contre les fonds spéculatifs.

Alerte 2 - La marchandisation de nouveaux pans de l’économie
Les négociations du PTCI ne consistent pas uniquement à abattre les barrières tarifaires et non tarifaires. Il s’agira aussi d’étendre le domaine du libre-échange, notamment dans les secteurs des services. La distribution d’eau et d’électricité, l’éducation, la santé, la recherche, les transports, l’aide aux personnes… ces secteurs qui pour beaucoup relèvent encore du service public, pourraient ainsi être ouverts à la concurrence.
Les négociations du PTCI risquent notamment de conduire à l’ouverture des marchés publics en Europe mais aussi aux Etats-Unis, comme le souhaitent les lobbies européens ; les collectivités locales pourraient être contraintes de lancer des appels d’offre ouverts aux multinationales. Avec à la clé des règles strictes qui ne leur permettront plus de favoriser les entreprises, emplois et produits locaux (et donc le développement local), ni d’adopter des normes environnementales ou sociales élevées.
Le gouvernement français s’est targué d’avoir préservé l’“exception culturelle”, qui permet de subventionner en partie la création artistique, audiovisuelle notamment. Mais l’exception incluse dans le mandat de négociations ne concerne que le secteur de l’audiovisuel : aucune restriction n’a été prévue pour les autres secteurs de la culture et du numérique. Cette exclusion partielle du mandat de négociation n’est par ailleurs pas définitive : à tout moment, la Commission peut demander l’élargissement de son mandat de négociations. Et ces secteurs ne seront pas à l’abri du mécanisme de règlement des différends.
Dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, le PTCI pourrait reprendre les éléments présents dans le projet “ACTA” (Anti-counterfeiting Trade Agreement ou Accord commercial anti-contrefaçon), qui prévoyait de fortement renforcer les droits de propriété intellectuelle et qu’une large mobilisation avait conduit à l’échec en juillet 2012. Au nom de la lutte contre le “piratage” il pourrait en effet permettre une surveillance généralisée du réseau et réduire la liberté d’expression sur internet. Autre conséquence, l’accès des consommateurs à des médicaments abordables (génériques) pourrait être menacé.

Concrètement : une nouvelle étape décisive dans l’histoire de la dérégulation
Depuis les années 90, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a été le moteur de la libéralisation du commerce. En son sein, plus de 150 pays négocient la baisse des droits de douane sur de nombreux biens et services, la suppression des barrières non tarifaires, ainsi que l’extension du domaine du libre-échange et du marché, par exemple aux services publics et à la propriété intellectuelle.
La marche de l’OMC vers la dérégulation totale du commerce s’est rapidement heurtée à de nombreux obstacles : mobilisations de la société civile, d’une part, qui récusait les conséquences dramatiques du libre-échange, dénonciation de la mainmise des grandes puissances par les pays en développement, d’autre part. Constatant le relatif blocage de l’OMC, les grandes puissances, et notamment l’Union européenne et les Etats-Unis, se sont engagés dans une stratégie bilatérale et birégionale avec leurs partenaires commerciaux. Elles profitent alors d’un rapport de force très défavorable aux pays les plus pauvres. Lorsque les accords bilatéraux se négocient entre économies de puissance comparable, l’avantage consiste alors pour les négociateurs, à l’abri du regard du public, à pouvoir aller beaucoup plus loin que dans le cadre de l’OMC dans l’instauration d’un système commercial conçu pour et avec les firmes multinationales.
Alerte 3 - Une attaque sans précédent contre la démocratie : les transnationales à la manœuvre, le contrôle citoyen à la trappe
Les multinationales européennes et leurs lobbies, comme Business Europe, ont déployé un lobbying intense en perspective de l’ouverture des négociations du PTCI. Les intérêts industriels prévalent auprès des institutions européennes, comme en témoignent la composition et le fonctionnement du groupe de travail de haut niveau mis en place par l’Union et les Etats-Unis pour examiner les effets de l’accord et faire des recommandations.
La Commission a multiplié les consultations auprès des transnationales européennes. Ainsi, parmi les 130 rendez-vous pris par la Commission pour discuter avec les parties-prenantes de l’accord, 119 concernaient des transnationales ou des lobbies industriels de premier plan. Dans le même temps, le public demeure dans la désinformation la plus totale. Sans forte mobilisation citoyenne, l’opacité des négociations restera la règle, puisque pour l’heure le mandat de la Commission européenne n’a pu être connu que grâce à des fuites.
Mais le premier danger pour la démocratie concerne le mécanisme d’arbitrage « investisseur-Etat » prévu dans le mandat donné à la Commission européenne. Ce mécanisme de règlement des différends, qui figure déjà dans l’accord UE-Canada, permettrait aux transnationales de porter plainte contre un Etat ou une collectivité territoriale dès lors qu’une loi ou qu’une réglementation fera entrave au commerce et à l’investissement.
Pour les multinationales, l’enjeu est immense. Il s’agit d’obtenir la possibilité d’agir en véritable « police de l’investissement », d’obliger les Etats à se conformer à leurs règles et de pouvoir éliminer tout obstacle à leurs profits présents mais aussi futurs ; des obstacles tels que des normes sanitaires, écologiques, sociales, votées démocratiquement, et remises en cause au nom du principe sacré du droit des investisseurs !
On trouve de nombreux exemples de plaintes de multinationales dans le cadre d’accords bilatéraux d’investissement déjà conclus. Certains Etats ont ainsi été condamnés à des amendes très dissuasives, se chiffrant souvent en millions, voire en milliards, de dollars (Nouvelle Zélande, Uruguay, Argentine…).
Lone Pine et les gaz de schiste
Dans le cadre d’un mécanisme similaire au mécanisme d’arbitrage « investisseur-Etat » envisagé dans le PTCI, la multinationale Lone Pine poursuit le gouvernement canadien et demande 250 millions de dollars de réparation pour des investissements et des profits qu’elle ne peut réaliser en raison du moratoire sur l’extraction des gaz de schiste mis en place par le Québec. En France, grâce à des mobilisations populaires importantes, la fracturation hydraulique est pour l’instant interdite. Mais régulièrement, les industriels du secteur reviennent à la charge pour convaincre les autorités des bienfaits économiques de cette extraction ultra-polluante. Que se passera-t-il si les géants de l’énergie européens ou américains utilisent le PTCI pour poursuivre le gouvernement français ?

Conclusion
En 1998, une mobilisation citoyenne internationale avait réussi à mettre en échec un projet d’accord international négocié dans le cadre de l’OCDE, qui visait une libéralisation de l’investissement pour les firmes transnationales, l’Accord multilatéral pour l’investissement (AMI). L’Accord commercial anti-contrefaçon (ACTA) a lui aussi été refusé en juillet 2012 par les eurodéputés suite à une large mobilisation des citoyens européens. Il est donc possible de stopper cette soumission des sociétés et de la nature aux intérêts marchands des multinationales.
Nous devons obtenir la non-ratification du traité entre le Canada et l’Union européenne car il contient déjà l’essentiel des dispositions que nous refusons, et le blocage des négociations sur le PTCI car il représente une menace pour les citoyen.ne.s européen.ne.s et états-unien.ne.s.
En France, Attac est à l’initiative de la constitution d’un collectif qui s’oppose à ce projet d’accord et qui rassemblent des dizaines de réseaux citoyens, organisations associatives, syndicales et politiques.
Nous mènerons une campagne de longue haleine qui mobilisera toute l’association (réunions publiques, documents d’information, site internet, interpellation des élus et candidats aux élections européennes, initiatives publiques…) afin que la négociation de cet accord soit remise en cause !

A lire
Le mandat de la Commission du 17 juin 2013, sur le site Contre la cour http://bit.ly/18fh8Y4
Une déclaration transatlantique des droits des multinationales, traduction française du rapport rédigé par le réseau Seattle to Brussels, Corporate Europe Observatory et Transnational Institute www.france.attac.org/TAFTA
Dossier TAFTA sur le site de la Quadrature du net www.laquadrature.net/fr/TAFTA

7 octobre 2013

Villes françaises contre Monsanto, samedi 12 octobre

 

Programme, les villes françaises marchent contre Monsanto le 12 octobre


Le 12 octobre 2013, pour la seconde fois de l’année, des citoyens du monde entier marcheront contre Monsanto (&co) - la multinationale de l’agrobusiness, des organismes génétiquement modifiés et de leurs pesticides associés. Déjà le 25 mai dernier dans 52 pays, plus de 2 millions de personnes manifestaient leur volonté d’une agriculture plus saine, respectueuse des paysans, garantissant notre santé et celle de nos enfants. Une manifestation est organisée à Paris par collectif citoyen les Engraineurs et Combat Monsanto, mais d’autres initiatives sont également organisées à Marseille, Strasbourg, Montpellier, la Réunion, Lyon, Toulouse, Tour, Lille, Clermont Ferrand...

Alors que partout dans le monde les peuples indignés font trembler les gouvernements, mobilisons-nous pour refuser le diktat de quelques multinationales qui marchandisent nos vies et la nature. Nous, citoyens, réclamons la fin des monopoles sur nos aliments, refusons les OGM et la pollution de nos sols, et plus encore désirons apporter notre soutien aux porteurs d’alternatives, à la fois solidaires, responsables et écologiques.

Voici des informations et de liens utiles concernant l’ensemble des manifestations françaises annoncées à ce jour

Strasbourg : Rendez vous à 14h00 place Kleber, animations, expo et marche jusqu’à 18h00. https://www.facebook.com/events/376235485831488/ ?fref=ts.

Brest : Rassemblement à 14h00 sur la Place de la liberté https://www.facebook.com/events/390806834374236/.

Marseille : Rassemblement à 14h00 sur le Vieux Port – Quai de la Fraternité (face à l’église St Férréol) https://www.facebook.com/events/1410030789208915/

Clermont-Ferrand : Pique nique partagé, stands d’information, distribution gratuite de graines bio à partir de 12h00 place de jaude. https://www.facebook.com/events/332708230207551/

Montpellier : Départ du jardin du Peyrou à 14h00 - arrivée place de la comédie autour de la fontaine pour un sitting à 17h00. Invitation du groupe à se déguiser en zombies ! https://www.facebook.com/events/184463078404562/ ?fref=ts

Lille : rassemblement place Richebé à 14h https://www.facebook.com/events/437614466355138/

Toulouse : Rendez-vous à 12h00 pour un pique-nique, avec prise de parole,au métro Jean Jaurès. Une marche sur l’hypercentre est prévue ensuite, jusqu’à la préfecture, avec banderoles pancartes et distribution de tracts. https://www.facebook.com/events/640881675932047/

Lyon : L’événement débutera par un grand pique-nique bio, alternatif et festif à partir de 12h au parc de Parilly à Bron. Nous serons sur la pelouse entre la piste de 400m et le bd de la Jeunesse. A 14h nous nous dirigerons vers le siège de Monsanto pour s’y rassembler et exprimer notre indignation ! https://www.facebook.com/events/622012521183716

Tours : Rendez vous à 14h00 Place du Général Leclerc https://www.facebook.com/events/581301111927855

La Réunion : Accueil dès 8h00 sur le marché forain de St Pierre, puis marche à 11h00, après-midi débat/forum et enfin, apéro festif coucher de soleil front de mer de saint pierre... https://www.facebook.com/events/163342313862303/

Et pour nos amis Belge : A Bruxelles, La Bourse ou Place St Catherine selon autorisation https://www.facebook.com/events/1411093459104208/ ?fref=ts

Retrouvez tous les évènements prévus dans le monde sur ce lien
Le 12 octobre 2013, venez manifester, venez participer, venez partager !


3 juillet 2013

La nécro-agriculture US à l'assaut de l'Afrique



Par Benjamin Sourice | blog Mediapart | 1er juillet 2013

Comment les Etats-Unis ont manipulé le Prix de l'alimentation 2013 pour promouvoir les OGM


Le prix mondial de l'alimentation décerné à Monsanto ne cacherait-il pas une opération de propagande plus vaste destinée à séduire les pays du Sud, à commencer par l'Afrique à l'heure où le président Obama visite le continent ?

« Lorsqu'on parle d'agriculture, le Prix mondial de l'alimentation est l'équivalent des oscars », c'est par ces mots que le New York Times annonçait les lauréats 2013 récompensant trois pionniers des biotechnologies. En tête, Robert T. Fraley, vice-président de Monsanto, Mary-Dell Chilton fondatrice du centre de recherche de biotechnologie de Syngenta en 1984 et Marc Van Montagu, chercheur belge, fondateur de Plant Genetic Systems Inc en 1982 et actuel président du lobby de la Fédération européenne des biotechnologies (Europa BIO).

Depuis 1987, ce prix récompense les scientifiques qui contribuent à « améliorer la qualité, la quantité et la disponibilité » de nourriture dans le monde et s'inscrit dans l'héritage de son fondateur, Norman E. Borlaug, père de la « Révolution verte » et prix Nobel de la paix en 1970 pour ses recherches agronomiques. Voici pour la version officielle.

Depuis l'annonce des lauréats le 20 juin, ce prix fait couler beaucoup d'encre. Remis par le Secrétaire d'Etat John Kerry pour lui donner un ultime lustre officiel, ce prix n'a pourtant rien de la respectabilité d'un Nobel avec lequel il essaye vainement de se confondre. Ce prix américain est en réalité lié à la fondation du même nom implantée dans l'Etat agricole et conservateur de l'Iowa, et qui compte parmi ses conseillers d'honneurs les anciens présidents Georges Bush père et Jimmy Carter ou encore A.S. Clausi, vice-président de General Foods Corp (Kraft), leader mondial de l'industrie alimentaire.

Plus édifiant encore est la liste des « sponsors » de cette fondation privée, où se côtoient les fondations Rockfeller et celle de Bill & Melinda Gates deux ardents promoteurs de la « Révolution verte », le géant du matériel agricole John Deere mais aussi Archer Daniels Midland Company et Cargill, les deux leaders mondiaux du commerce de céréales et d'OGM. Pour couronner le tout, dans le top des donateurs se trouvent ni plus ni moins que les deux lauréats de 2013, Syngenta et Monsanto, qui donnait 5 millions de dollars à la fondationen 2008.

Face à l'annonce du prix de l'alimentation 2013, plus de 80 personnalités engagées, anciens récipiendaires du Right Livelihood Award (« Prix Nobel alternatif ») et World Future Council, une fondation caritative internationale, ont fait part de leur « choc », qualifiant la décision de véritable « outrage ». Pour ces leaders altermondialistes, « le choix du World food prize 2013 est un affront fait au consensus international grandissant sur les pratiques agricoles saines et écologiques dont la science à prouver la réelle contribution à l'amélioration de la nutrition et de la soutenabilité de l'agriculture. »

Imposer une Révolution verte en Afrique

Les masques tombés, cette promotion des biotechnologies apparaît dès lors comme une vaste opération de propagande pour imposer dans le monde des OGM pourtant incapable de tenir leurs promesses agronomiques aux Etats-Unis où la technologie s’essouffle. Cependant, ce prix provocateur n'a sans doute pas pour cible les populations hostiles de l'Europe, mais bien plus les populations et décideurs du Sud, en particulier de l'Afrique qui est devenue une priorité dans la politique d’expansion du modèle agricole américain.

Dès septembre 2006, les fondations Rockefeller et Bill & Melinda Gates levaient quelques 150 millions de dollars pour la création de l'Association pour une Révolution Verte en Afrique (Agra) afin de promouvoir l'utilisation d'intrants chimiques, de semences brevetées et d'OGM sur le continent noir. Depuis, les Gates ont investi plus de 400 millions de dollars dans cet organisme de promotion des « agro-dealers » en Afrique (voir l'infographie), mais c'est désormais le gouvernement américain qui prend le relais.

En mai 2012, lors du sommet du G8 à Camp David aux Etats-Unis, le président Obama annonçait le lancement de la New Alliance for Food Security and Nutrition (Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition) financée par une levée de fonds publics-privés à destination du secteur agricole africain, dans le cadre du programme global Feed the future. Un an plus tard, ce sont 3,75 milliards de dollars de promesses d'investissement qui ont été faites à plusieurs gouvernements africains contre l'engagement de « réformes politiques favorisant un environnement propice aux investissements ».

Lors de sa visite au Sénégal ce 28 juin 2013, le président Obama annonçait aux côtés des dirigeants de l'AGRA, le lancement d'un programme commun avec USAID intitulé Scaling Seeds and Technologies Partnership (partenariat pour l'accroissement des semences et des technologies) portant sur la distribution de semences « améliorées » et l'accès aux intrants chimiques.

Dans ce cadre, l'USAID fait un don de 47 millions de dollars pour les trois ans à venir, tandis que son partenaire, l'AGRA, metra à disposition des paysans de quatre pays africains quelques 50 000 tonnes de semences pour favoriser la création de nouvelles structures de diffusion de ces « technologies capables de changer la donne » selon le communiqué de l'USAID.

Pour les Amis de la Terre international, si l' « on pourrait se réjouir à l'écoute de cette annonce », ce n'est pas la cas car « cette nouvelle alliance ouvre aux multinationales un accès sans précédent aux ressources africaines. Pour obtenir les aides financières, les gouvernements africains doivent engager des changements radicaux pour libéraliser leurs politiques agricoles, semencières et foncières » comme le rapportait le Guardian. L'opération de séduction pourrait donc rapidement tourner à la razzia sur les richesses africaines et la philanthropie affichée du Président Obama pour « son continent » pourrait elle se transformer en une nouvelle mascarade dont l'Histoire porte les secrets.

Voir en ligne:  http://blogs.mediapart.fr/blog/benjamin-sourice/010713/comment-les-etats-unis-ont-manipule-le-prix-de-lalimentation-2013-pour-promouvoir-les-ogm

25 mai 2013

Pourquoi la manif mondiale contre Monsanto






Combat Monsanto | 25 mai 2013


Semences OGM, Round-up, hormone de croissance bovine, PCB, aspartame, agent orange... Le point commun entre tous les mots de cette liste toxique ? Monsanto... La multinationale américaine peut trembler, car après "le monde selon Monsanto", voilà que se dresse le monde contre Monsanto ce samedi 25 mai.

Monsanto est la firme emblématique de la saga de l’agrochimie mondiale. Un empire industriel, qui, à grand renfort de rapports mensongers, de pressions et tentatives de corruption, est devenu l’un des premiers semenciers de la planète. En effet, Monsanto, qui représente le leader mondial des OGM, est aussi l’une des entreprises les plus controversées de l’histoire industrielle. En témoigne l’incroyable enquête de Marie-Dominique Robin intitulée "Le monde selon Monsanto" qui "dévoile "une réalité qui fait mal aux yeux et qui serre le cœur" comme l’a commenté Nicolas Hulot.

Comment la société Monsanto est-elle devenue un des principaux empires industriels de la planète ? En inscrivant à son pedigree rien de moins que la production à grande échelle de quelques-uns des produits des plus dangereux de l’ère moderne :

Les PCB : des huiles chimiques utilisées comme isolants dans les transformateurs électriques et radiateurs pendant plus de 50 ans dont Monsanto a caché la nocivité dévastatrice jusqu’à leur interdiction au début des années 80. Ces huiles ont également été largement utilisés comme lubrifiants dans les turbines et les pompes, dans la formation des huiles de coupe pour le traitement du métal, les soudures, les adhésifs, les peintures et les papiers autocopiants sans carbone.

La dioxyne issu du tristement célèbre agent orange, le défoliant déversé sur les forêts et les villages vietnamiens par l’armée américaine (ce qui permettra à Monsanto de décrocher au Pentagone le plus gros contrat de son histoire). Sa fabrication a été interdite alors même que Monsanto a savamment nié la toxicité de ce produit en présentant des études scientifiques truquées ;

Les hormones de croissance laitière et bovine - premier banc d’essai des OGM -, dont l’objectif est de faire produire l’animal au-delà de ses capacités naturelles malgré les conséquences avérées sur sa santé et la santé humaine ;

Le désherbant Roundup, vendu prêt à l’emploi aux agriculteurs et jardiniers amateurs et présenté à longueur d’écrans publicitaires comme biodégradable et favorable à l’environnement. Monsanto a ensuite été condamné pour publicité mensongère. Plusieurs études scientifiques ont montré la toxicité de ce produit, notamment l’étude du professeur Gilles Eric Séralini de l’université de Caen, qui a révélé que le produit avait un caractère cancérigène sur des rats en ayant consommé pendant 2 ans. En plus de développer les cancers, le Roundup est notamment accusé d’être à l’origine de troubles de la reproduction. De plus, il est également toxique pour les animaux, les eaux et les sols dont il détruit les micro-organismes.

L’aspartame (le "faux sucre") : Marie-Monique Robin, dans son enquête intitulée "Notre poison quotidien", a révélé les conditions scandaleuses dans lesquelles l’aspartame a été mis sur le marché aux Etats-Unis en 1981 : une étude de toxicité médiocre, des mensonges éhontés, la pression de l’administration Reagan pour autoriser cet édulcorant produit par la firme Searle, alors dirigée par... l’ami républicain Donald Rumsfeld ! C’est en 1985 que Monsanto fait l’acquisition de GD Searle. Aujourd’hui, alors que l’aspartame est présent dans au moins 6000 produits (nom de code E951), plusieurs études révèlent ses effets néfastes sur la santé, et notamment sur les femmes enceintes.

les OGM : La communauté scientifique est très partagée sur les effets de la transgenèse et les retours d’expérience sur les ogm cultivés n’apportent la preuve ni de leur innocuité pour la santé et l’environnement ni de leur capacité à intensifier la production alimentaire pour vaincre la faim. Un scientifique a notamment osé affronter Monsanto : le Pr Séralini. Il a publié en septembre 2012 une étude sur les OGM dans une revue scientifique de référence " Food and Chemical Toxicology " qui montrait que les rats soumis à une alimentation à base de maïs OGM NK603 développaient beaucoup plus de tumeurs que des rats témoins. De plus, l’utilisation de semences hybrides représente un danger pour la biodiversité, en rendant la terre stérile et les agriculteurs dépendants des produits chimiques.

Le brevetage du vivant : Monsanto a toujours avoué que la manipulation génétique était un moyen d’obtenir des brevets et droits de propriété sur les graines, c’est cela son vrai objectif. En contrôlant les semences, la firme peut contrôler la nourriture mondiale. Sur des prétextes d’amélioration de la rentabilité et de la qualité des récoltes, Monsanto a réussi au fil des années à imposer ses OGM et un incroyable processus d’asservissement des producteurs grâce au système des brevets. Et dés qu’un brevet est déposé, il signifie "royalties" et donc augmentation des prix... Après avoir longtemps laissé les paysans de nombreux pays utiliser leurs semences génétiquement modifiées, la firme attaque désormais en justice ceux qui réutilisent ses semences sans avoir payé les royalties, même ceux dont les champs ont été contaminés par pollinisation. Monsanto a ainsi attendu qu’ils en soient dépendants avant de les contraindre à payer de plus en plus cher pour utiliser ses produits. Une stratégie de long terme, très planifiée donc l’objectif est de parvenir à une situation de monopole pour contrôler l’approvisionnement alimentaire mondiale. Car oui Monsanto veut devenir le roi du monde en devenant propriétaire du vivant. Nous dépendrons peut-être bientôt de la firme pour chaque graine que nous semons et chaque champ que nous cultivons. Une sorte de pouvoir de vie ou de mort sur l’être humain.

Le monde contre Monsanto
"Nous refusons d’être mis devant le fait accompli d’une pollution génétique et chimique de notre environnement et de notre santé !" expliquent aujourd’hui sur le site du mouvement "March against Monsanto" les organisateurs de la manifestation mondiale contre Monsanto qui a lieu le 25 mai.
Ils précisent : "Aux Etats-Unis, la FDA - agence chargée d’assurer la conformité des aliments commercialisés- est dirigée par d’anciens employés de chez Mosanto. Ce qui nous amène à soupçonner un conflit d’intérêt qui expliquerait le manque de recherche de la part du gouvernement sur les effets à long terme des produits contenant des OGM. Récemment, le Sénat américain ainsi que le président ont accordé ce que l’on surnomme le " Monsanto ProtectionAct " ; une loi qui, entre autre, interdit aux tribunaux de condamner Monsanto à retirer des graines génétiquement modifiés du marché sous prétexte qu’elles porteraient atteinte à autrui et à l’environnement. Depuis trop longtemps, Monsanto a été le bénéficiaire de subventions et de favoritisme politique. Les petits producteurs et les producteurs bio enregistrent des pertes tandis que Monsanto continue de forger son monopole en approvisionnant le monde entier, y compris en brevetant des semences et des manipulations génétiques."

Comment combattre Monsanto ?
- Le pouvoir est dans l’assiette ! Achetons bio et boycottons les entreprises qui utilisent des OGM dans leurs produits.
- Demandons un étiquetage signalant les OGM dans les produits afin que nous puissions faire nos achats en connaissance de cause.
- Demandons l’abrogation du " MonsantoProtection Act " aux Etats-Unis.
- Diffusons la vérité sur Monsanto autour de nous, notamment via les réseaux sociaux.
- Descendons dans la rue pour montrer au monde et à Monsanto que nous n’allons pas accepter tranquillement ces injustices.

Rendez-vous le 25 mai !
Voici le lien pour participer et connaitre le programme, les lieux et horaires des rassemblements
Source : Bioaddict

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