19 mars 2026

Alerte : les forêts françaises sont rasées pour partir à l’étranger

 

 

Le point le plus stupéfiant du livre : ce désastre n'est pas un sujet. Pas dans les campagnes électorales. À peine dans les médias. 

En Chine, un parquet issu de chênes français. En France, des massifs rasés, des sols dévastés, des promesses creuses. Pillage, lobbies, illusions vertes - nos forêts souffrent en silence. Sophie Coignard signe un livre-enquête sur le saccage programmé de nos forêts.

Chaque année, des milliers de grumes partent de nos campagnes en direction des ports, puis de l’Asie. Elles reviennent sous forme de lames de plancher ou d’objets de bazar — quand elles reviennent.

Suite sur La relève et la Peste ..

28 mai 2020

Plus que jamais déterminés contre les accords de libre-échange



Emmanuel Macron, en Mars dernier parlait de « notre souveraineté », de « la folie de déléguer notre alimentation ». 

Depuis, en pleine pandémie de coronavirus, la Commission Européenne a finalisé un accord de libre-échange approfondi avec le Mexique. Elle enchaîne les négociations avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande et elle prépare une déréglementation de nos échanges avec les Etats-Unis.

14 mai 2020

"Loin de « relocaliser », Bruxelles veut approfondir une mondialisation insoutenable"

Nouvel accord de commerce UE-Mexique : Loin de « relocaliser », Bruxelles veut approfondir une mondialisation insoutenable

Ce mardi 28 avril, la Commission européenne a annoncé avoir finalisé des négociations en matière de commerce et d’investissement avec le Mexique. Alors que la pandémie de coronavirus révèle au grand jour les fragilités économiques, sociales et sanitaires engendrées par la mondialisation, et que chaque jour des voix s’élèvent pour appeler à « produire davantage en Europe », la Commission poursuit, comme si de rien n’était, son agenda agressif d’approfondissement de la mondialisation néolibérale en négociant des accords à tour de bras. Attac France, avec ses partenaires, appelle à cesser immédiatement ces négociations et à procéder à une « relocalisation écologique et solidaire des activités économiques »...

 Suite sur ATTAC-France

  

28 mars 2018

Qu’il soit « éthique » ou de masse, le tourisme épuise le monde

Le secteur touristique mondial vole de record en record. Mais, derrière les injonctions à « faire » tel ou tel pays pour être moderne, le tourisme épuise le monde « impitoyablement », comme l’explique Rodolphe Christin dans son « Manuel de l’antitourisme ».

suite sur Reporterre... 

4 février 2018

Le sens caché du discours d'Emmanuel Macron à Davos




SOURCE - LE DISCOURS D'EMMANUEL MACRON À DAVOS https://www.youtube.com/watch?v=xV0dN...

Par Tatania Ventosa via Tipeee
 

14 mai 2016

Terrorisme et mondialisation : crise ou normalité ?

Richard LABÉVIÈRE

Souffrant, Michel Rocard s’était fait excuser. Malgré tout, s’est tenu – samedi dernier à la Sorbonne – le premier colloque du Centre International de géopolitique et de prospective analytique (CIGPA), consacré à un bilan des « printemps arabes » et aux évolutions de la menace terroriste : une vraie réussite tranchant avec le blabla habituel... Fondé par Mezri Haddad, ancien ambassadeur de Tunisie à l’UNESCO avec un groupe d’universitaires et de chercheurs, ce nouveau centre de recherche dispose déjà d’une quinzaine de bureaux de liaison dans les capitales arabes, africaines, européennes et latino-américaines.

L’ancien premier ministre algérien Sid-Ahmed Ghozali a rappelé la préhistoire de l’organisation « État islamique », soulignant que les égorgeurs des GIA (Groupes islamiques armés) avaient, à l’époque déjà autoproclamé un califat en Algérie. Entre 1988 et 1998, cette terrible guerre civile causa ...
 

26 mars 2016

Greek crisis - Temps reculés


Mois après mois, semaine après semaine c’est l’ouverture vers le chaos qui se confirme. Notre événementialité convergente s’accélère, à travers tant de... démarches terroristes suffisamment parallèles, et notamment celles, du totalitarisme financieriste (occidental et européiste pour notre cas), puis, du totalitarisme islamiste alors vecteur de sa propre variante... de la mondialisation. Sans oublier l’avancée imminente du fameux Traité transatlantique, que plus personne n’évoquera... 

17 janvier 2014

Services publics aux abonnés absents (Acrimed)



Par Gilles Balbastre, le 17 janvier 2014 | Acrimed

Nous publions ci-dessous un appel de Gilles Balbastre (co-réalisateur des Nouveaux chiens de garde), concernant la diffusion très tardive de l’un de ses documentaires. Si la publication sur notre site de ce texte arrive en retard, rien n’empêche de visionner le documentaire en question ici-même. (Acrimed)


Pour information.

Figurez-vous que juste après le documentaire « Les nouveaux chiens de garde », j’ai eu l’occasion de réaliser un documentaire pour France 5, intitulé « Salariés sans frontières ».

Figurez-vous que ce documentaire a été livré en septembre 2012 et que depuis 18 mois, France 5 l’avait « oublié » dans des tiroirs. Il faut dire que les rapports avec France 5 avaient été très tendus lors du montage au printemps 2012, à l’époque où des dizaines de milliers de spectateurs se précipitaient dans les salles pour voir justement « Les nouveaux chiens de garde ». Alors, imaginer qu’il peut y avoir un rapport entre cette censure et le film qui a fait plus de 240 000 entrées au cinéma. Non, quand même pas ! Bon, il est vrai qu’Yves Calvi, un des chouchous de France 5, est plutôt bousculé dans « Les nouveaux chiens de garde »... Mais, non il ne faut pas voir le mal partout !

Officiellement, c’était donc la musique du film et son compositeur, le talentueux et indocile Dick Annegarn, qui ne plaisait pas à la chaîne... Officiellement vous dis-je...

Toujours est-il que je viens par hasard de m’apercevoir cet après-midi en surfant sur le Net que France 5 s’est enfin décidé de diffuser « Salariés sans frontières » jeudi qui arrive, le 16 janvier à... zéro heure dix. Honteusement, en catimini, histoire de préserver l’illusion de démocratie. Le film n’a bien entendu bénéficié d’aucune promotion de presse de la part de France 5. Résultat, aucun article, aucun reportage, aucun son. Un lien avec « Les nouveaux chiens de garde » ? Non vous dis-je !!!

Alors, pour que l’omerta ne soit pas complète, reste à vous tous de diffuser ce message, d’inciter tout un chacun de regarder sur France 5 ce jeudi 16 janvier à zéro heure dix, « Salariés sans frontières », de l’enregistrer et de le montrer autour de vous.

Merci à vous

Gilles Balbastre, co-réalisateur des Nouveaux chiens de garde

En résumé, le film porte sur la destruction du travail ouvrier dans la Grande région (Lorraine, Wallonie, Sarre) qui entoure le Luxembourg et le remplacement des ouvriers de la sidérurgie et des mines de fer par des salariés des services qui tous les matins partent dans le 2ème PIB par habitant du monde nettoyer les bureaux, garder les banques, servir les cafés des golden boys... Une force sociale relativement structurée autour de syndicats, de partis de gauche, regroupée collectivement, a été ainsi supprimée et remplacée par une autre, celle-ci atomisée, esseulée, désorganisée dans ce coin d’Europe. Au bénéfice comme d’habitude de ceux, qui comme les De Wendel, ont toujours été soutenus politiquement pour amplifier encore et toujours plus leurs intérêts et leurs profits. 
 

8 janvier 2014

Rio+20 : Le discours de José Mujica


Conférence des Nations unies sur le développement durable 2012: traduction du discours de Pepe Mujica à Rio+20


Le discours de Pepe Mujica à Rio+20 (Source)

José Mujica, le président de l’Uruguay, lors du sommet à Rio +20 a émis « des vérités brutales » devant un auditoire de chefs d’état médusés. C’est pourquoi, quelques jours seulement après son discours la presse et les médias internationaux commencent à réaliser que ce que le président uruguayen a partagé est plus qu’un simple discours.


« Autorités présentes, de toutes les latitudes et organismes, je vous remercie beaucoup. Merci beaucoup au peuple du Brésil et à son président, Dilma Rousseff. Et merci beaucoup pour l’honnêteté dont ont fait preuve tous les orateurs précédents.

En tant que gouvernants nous tenons à exprimer notre volonté de soutenir tous les accords dans les quels notre pauvre humanité pourra s’engager.

Cependant, nous saisissons cette occasion pour nous poser quelques questions à haute voix. Tout l’après-midi, nous avons débattu du développement durable et du sauvetage des masses humaines de la pauvreté. Mais qu’avons-nous à l’esprit? Ce modèle de développement et de consommation? Celui qui règne dans les sociétés riches actuelles?

Je me pose cette question : que deviendrait la planète si les hindous avaient le même nombre de voitures par famille que les allemands ? Combien d’oxygène nous resterait-il pour pouvoir respirer ?

Notamment, est-ce que le monde a les ressources nécessaires pour permettre que 7 ou 8 milliards de personnes bénéficient du même niveau de consommation et de gaspillage que celui des sociétés les plus riches d’occident? Cela serait-il possible?!

Ou devrions-nous, un jour, focaliser notre attention sur un autre type de discussion?

Parce-que nous avons créé cette civilisation, dans laquelle nous vivons aujourd'hui : nous sommes les enfants du marché, les enfants de la compétitivité, et cette civilisation a engendré un progrès matériel prodigieux et explosif ! Mais cette économie de marché a fini par créer des « sociétés de marché ». Et cela nous a conduit jusqu’à cette mondialisation dont les conséquences atteignent la planète entière.

Mais gouvernons-nous cette mondialisation ? Ou bien est-elle qui nous gouverne?!

Est-il possible de parler de solidarité et de «vivre tous ensemble» dans une économie fondée sur la concurrence impitoyable? Jusqu'où peut aller notre fraternité?

Je ne dis pas tout cela pour nier l'importance de cet événement. Au contraire : le défi que nous devons relever est énorme et la grande crise que nous vivons n'est pas juste environnemental, elle est surtout politique.

L'homme ne maitrise pas les forces qu’il a déchaînées, mais aujourd’hui ce sont ces forces qui gouvernent sur les hommes et ses vies.

Nous ne venons pas au monde juste pour nous développer, juste comme ça, sans discernement. Nous venons au monde pour être heureux. Parce que la vie est courte et que le temps nous file entre les doigts. Et aucun bien ne peut être si important que la Vie : ceci est une évidence…

Mais nous passons notre vie à travailler et travailler encore, pour pouvoir consommer «plus». Et notre société de consommation est le moteur de cette mécanique impitoyable. Parce que, enfin, si la consommation est paralysée, l'économie s'arrête, et si l'économie s'arrête, la peur de la régression s’installe en chacun de nous. Mais c'est justement cette hyper- consommation qui est en train de violenter notre planète.

Ce modèle d’hyper consommation a besoin de produits qui durent peu de temps, des produits avec une vie éphémère, puisque il faut vendre un lot, il faut vendre beaucoup. Alors une ampoule électrique ne peut pas durer plus de 1000 heures. Bien sûr qu’il existe des ampoules qui peuvent durer 100,000 heures! Mais celles-ci, -non ! - on ne doit pas les fabriquer puisque le patron c’est le marché. Parce- que nous devons aussi créer du travail et nous devons entretenir notre civilisation du « jetable » ; nous nous retrouvons ainsi dans un cercle vicieux.

Ce sont des questions notamment politiques qui nous alertent sur l’urgence de combat. Il nous faut inventer une autre culture !

Il ne s’agit pas de retourner à l'époque de l'homme des cavernes, ou de faire de l’apologie du passé.

Mais nous ne pouvons pas continuer indéfiniment à vivre selon les caprices du marché. Nous devons gouverner le marché. Nous sommes donc confrontés à un défi de nature politique.

Les grands philosophes de l’antiquité, Épicure, Sénèque, mais aussi les indiens Aymara affirment : «les pauvres ne sont pas ceux qui ont peu, les pauvres sont ceux qui ont besoin d’infiniment beaucoup et qui désirent toujours plus »

Il s'agit d'une question de nature culturelle.

Je salue les efforts et les accords en cours. Et je vais les soutenir, en tant que dirigeant. Je sais que je dis des choses qui peuvent en gêner certains. Mais nous devons prendre conscience que la crise de l'eau et l'agression de l'environnement ne sont pas les causes principales de cette triste réalité. Non, la cause principale c’est le modèle de civilisation que nous avons conçu. Nous devrons donc remettre en cause notre mode de vie.

J'appartiens à un petit pays bien pourvu en ressources naturelles qui permettent de mener une vie plus que correcte. Nous sommes un peu plus de 3 millions d’habitants. Nous avons environ 13 millions de vaches parmi les meilleurs au monde, nous avons aussi environ 8 ou 10 millions de moutons magnifiques. Mon pays est exportateur de produits alimentaires, de produits laitiers et de viande. Il s'agit d'une presque plaine et près de 90% de son territoire est utilisable. Mes collègues travailleurs se sont battus pour n’avoir que 8 heures de travail. Et maintenant ils revendiquent les 6 heures. Mais celui qui obtiendra six heures va chercher deux emplois, il va donc travailler plus qu’avant !

Mais pourquoi?

Parce qu’il doit payer un certain nombre de choses : le vélo, la voiture qu’il a acheté et toujours les petites mensualités à rembourser, et quand il se rendra compte de cette aberration il sera devenu un vieil homme qui est passé à côté de l’essentiel.

Et l'on se pose alors LA question: est-ce le sort de la vie humaine?

Juste consommer?

Ce sont des choses très élémentaires: le développement ne peut pas aller à l’encontre de notre épanouissement.

En effet, quand nous nous battons pour l'environnement, nous devons toujours avoir à l’esprit que la base de notre développement se nomme « le Bonheur humain » :

L’amour de la terre, les relations humaines, prendre soin de ses enfants, de ses amis. Et avoir bien entendu le minimum vital.

Précisément parce que le Bonheur est le trésor le plus précieux que nous ayons, et l’un des piliers de notre bien-être.

Merci »

José Mujica, lors de la Conférence des Nations unies sur le développement durable 2012, Rio+20, juin 2012
  

 

17 novembre 2013

« C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal »


Les Indigènes du royaume | 16 novembre 2013

Les récents actes racistes [ Rapport de la CNCDH ] et islamophobes [ Carte des actes islamophobes en France ] qui ont frappé de nombreux citoyens issus du continent africain les rappelant à leur origine et à l’histoire de la mise en esclavage et de la colonisation portent en eux plusieurs facteurs. D’une part, ces actes prouvent que les esprits se sont libérés du carcan de l’égalité qu’ils trouvaient trop anachronique, trop lourd à respecter alors qu’il leur avait été imposé - de leur point de vue - par le développement des politiques orientées par les droits de l’homme, dont la non-discrimination et le respect de la dignité humaine. Ces politiques n’ont pas réussi à anéantir l’impensé raciste, même après les indépendances africaines ; elles ont juste permis de cacher le racisme basé sur l’essentialisme biologique et de focaliser sur l’essentialisme culturel. Ce déplacement conceptuel a conforté le néo racisme en lui conférant une invisibilité face aux outils de la lutte anti raciste adaptés au racisme universaliste et non au racisme différentialiste.


Et cela, évidemment, n’a pas permis de mettre à distance la croyance d’une « civilisation supérieure ». L’Occident gardant pour nombre de personnes, dont les élites politiques et intellectuelles, l’auréole qu’il brandit depuis le Siècle des Lumières et qui justifie en elle-même l’idée de la suprématie d’une pensée « blanche ».

D’autre part, c’était sans compter avec les ravages de la mondialisation. Si dans les années 70-80, le rôle de l’État, en tant que régulateur des rapports sociaux, était ouvertement revendiqué, de nos jours, ce rôle se trouve profondément érodé par l’offensive idéologique et politique du capitalisme mondialisé. Cette offensive a pour conséquence un vrai recul des fonctions de l’État sur le plan de l’exercice traditionnel de ses compétences. Les pouvoirs publics se contentant de réguler juridiquement les privatisations ainsi que la vente de biens publics aux transnationales, de gérer les « restructurations », les licenciements et les délocalisations qui en découlent.

De fait, en tant que facteur politique et social de régulation, l’État a perdu et son rôle de redistributeur de richesses par la politique fiscale et celui de la mise en place de politiques portant sur l’emploi, l’éducation, la santé, la culture... En un mot, l’État est réduit au rôle de gardien des intérêts privés. Le pouvoir politique, enfoncé dans une profonde crise de crédibilité et de légitimité, devient le facteur qui véhicule « les valeurs » du capitalisme et les mots d’ordre l’accompagnant - compétitivité, récompense au mérite, responsabilité individuelle, égalité des chances, bonne gouvernance, peur de l’autre avec en regard la fabrique d’un ennemi de l’intérieur- sont devenus l’orientation principale des politiques étatiques. L’objectif étant l’accaparement de la richesse au profit d’une minorité. Dès lors, le système désigne à la vindicte populaire toutes les personnes qu’il estime de trop ; trop de migrants, trop de Roms, trop de Chabanis, trop de musulmans, trop de femmes voilées, trop de chômeurs, trop de malades, trop de pauvres, trop de personnes sans logis, trop de sans-papiers… Cette liste peut s’allonger ad libitum.

Le résultat est sans appel : les femmes et les hommes sont traités à la fois, comme une ressource exploitable que l’on peut sélectionner, évaluer, éliminer et comme une marchandise que l’on peut jeter ou remplacer. La forme de gestion portée par le système capitaliste libéral n’est pas sans rappeler la façon dont étaient traités les êtres humains maintenus en esclavage ou sous colonisation.

D’accusations larvées en petits mots stigmatisants, du raidissement sur l’idée phantasmée d’une France de souche, seule capable de sauver cette France, aux agressions physiques empreintes d’islamophobie et de mots orduriers jetés à la face de citoyens français, y compris ayant des fonctions ministérielles, les élites politiques et intellectuelles ont, en donnant le « la », autorisé la libération de l’impensé raciste et ce retour au racisme biologique.

Il devient indispensable que ces élites cessent de favoriser la permanence de la colonialité aussi bien dans les rapports sociaux et dans les institutions que dans les relations internationales de façon à promouvoir des politiques qui font exister « l’agir en commun, égaux et différents » (Hannah Arendt). En définitive, 50 ans après les indépendances, on peut dire que si le colonialisme n’existe plus sous ses formes directes et brutales, la colonialité n’a jamais disparu des esprits et particulièrement de ceux qui dominent et organisent le monde en fonction de leurs intérêts.


Mireille Fanon-Mendes-France

5 décembre 2012

Au Mozambique, un méga projet menace de déplacer des millions de paysans


Photo RFI

 UNAC - Via Campesina Africa - GRAIN | 29 novembre 2012 |


Le gouvernement et le secteur privé brésiliens collaborent avec le Japon pour lancer un vaste projet agroalimentaire dans le nord du Mozambique. Le projet, qui porte le nom de ProSavana, doit mettre 14 millions d’hectares à la disposition de l’agrobusiness brésilienne : l’objectif est de produire du soja, du maïs et d’autres denrées agricoles qui seront exportées par des multinationales japonaises. Cette région du Mozambique, connue sous le nom de Couloir de Nacala, est peuplée de millions de familles paysannes qui risquent de perdre leurs terres au cours de la mise en œuvre de ce projet.
  


(lire la suite...)

17 octobre 2011

Communiqué mondial du 15 octobre

www.facebook.com/g7billion
 
Communiqué mondial du 15 octobre
 
Le 15 octobre, unis et unies dans notre diversité pour un changement global, nous exigeons une démocratie mondiale : un gouvernement mondial du peuple et pour le peuple. Inspirés par nos soeurs et frères de Tunisie, d'Égypte, de Libye, de Syrie, du Bahreïn, de Palestine-Israël, d'Espagne, du Chili et de Grèce, nous exigeons aussi un changement de régime : un changement de régime mondial. Selon les mots de Vandana Shiva, la militante indienne, nous exigeons le remplacement du G8 par celui de toute l'humanité : le G7 000 000 000.

Les institutions internationales non démocratiques sont notre Moubarak global, notre Assad mondial, notre Kadhafi international. Elles incluent : le FMI, l'OMC, les marchés mondiaux, les banques multinationales, le G8/G20, la Banque centrale européenne et le Conseil de sécurité de l'ONU. Nous ne permettrons pas que, comme Moubarak et Assad, elles dirigent nos vies sans notre assentiment. Tous, nous sommes nés égaux, pauvre ou riche, femme ou homme, Chaque Africain ou Asiatique est égal à chaque Européen ou Américain. Nos institutions doivent refléter cela ou être renversées.

Aujourd'hui plus que jamais, les forces mondiales déterminent nos vies. Nos emplois, notre santé, notre logement, notre éducation et nos retraites sont contrôlés par les banques internationales, le marché, les paradis fiscaux, les corporations et les crises financières. Notre environnement est détruit par la pollution dans les autres continents. Les guerres et le commerce des armes, des drogues et des ressources naturelles, dont les bénéficiaires sont loin de nos frontières, déterminent notre sécurité. Nous perdons le contrôle sur nos vies. Cela doit s’arrêter. Cela va s’arrêter. Les citoyens du monde doivent reprendre le contrôle des décisions qui les affectent à tous les niveaux - du mondial au local. C'est cela la démocratie mondiale. C'est ce que nous exigeons aujourd'hui.

Comme les zapatistes mexicains, nous disons aujourd'hui « ça suffit ! Ici le peuple commande et le gouvernement obéit ». Ça suffit ! Ici le peuple commande et les institutions mondiales obéissent. Comme les indignés espagnols, nous disons « démocratie réelle maintenant ! » - démocratie mondiale réelle maintenant.

Nous lançons aujourd'hui un appel aux citoyens du monde : mondialisons la place Tahrir ! Mondialisons la Puerta del Sol !

Assemblée générale populaire de Puerta del Sol, Madrid, Assemblée populaire de Londres, Assemblée populaire de Buenos Aires, Assemblée populaire de Sao Paulo, Assemblée populaire de Vigo, Espagne, Réseau des assemblées populaires, Assemblée populaire de Boston, Occupy Melbourne, ATTAC Espagne, ATTAC France, War on Want - Londres, Globalise Resistance - Londres, Italy Uncut, Democracia Real Ya International, Gaia Foundation, Egality Londres, Egality Berlin, Network Institute for Global Democratization, Naomi Klein, Vandana Shiva, Noam Chomsky, Eduardo Galeano, Michael Hardt.



Comunicado Global del 15 de octubre

El 15 de octubre, unidos y unidas en nuestra diversidad por un cambio global, exigimos democracia global: un gobierno global del pueblo y para el pueblo. Inspirados en nuestros hermanos y hermanas en Túnez, Egipto, Libia, Siria, Bahrain, Palestina-Israel, España, Chile y Grecia, también exigimos un cambio de régimen: un cambio de régimen global. En las palabras de Vandana Shiva, la activista india, exigimos el remplazo del G8 por la humanidad completa- el G7,000,000,000.Las instituciones internacionales no democráticas son nuestro Mubarak global, nuestro Assad mundial, nuestro Gaddafi internacional. Estas incluyen: el FMI, OMC, el comercio internacional, los bancos multinacionales, el G8/G20 y el Consejo de Seguridad de la ONU. Como Mubarak y Assad, no permitiremos que dirijan nuestras vidas sin nuestro consentimiento. Todos nacimos iguales, pobre o rico, mujer o hombre. Africanos y Asiáticos son iguales a Europeos y Americanos. Nuestras instituciones deben reflejar esto o ser derrocadas.Hoy, más que nunca, fuerzas globales determinan nuestras vidas. Nuestros trabajos, nuestra salud, nuestra vivienda, nuestra educación y nuestras pensiones están controladas por los bancos internacionales, el mercado, los paraísos fiscales, las corporaciones y las crisis financieras. Nuestro medio ambiente está siendo destruido por contaminación en otros continentes. Nuestra seguridad la determinan las guerras y el comercio de armas, drogas y recursos naturales que benefician a personas fuera de nuestras fronteras. Estamos perdiendo el control sobre nuestras vidas. Esto debe terminar. Esto va a terminar. Los ciudadanos del mundo debemos recuperar el control sobre las decisiones que nos afectan a todos los niveles – de global a local. Esto es democracia global. Esto es lo que hoy exigimos. Como los zapatistas mexicanos, hoy decimos “¡Ya basta! Aquí el pueblo manda y el gobierno obedece” - ¡Ya basta! Aquí el pueblo manda y las instituciones globales obedecen. Como los indignados españoles decimos “¡Democracia real ya!”- Democracia global real ya. Hoy hacemos un llamado a los ciudadanos del mundo: ¡Globalicemos la Plaza Tahrir! ¡Globalicemos la Puerta del Sol!

General People's Assembly Puerta del Sol - Madrid, People's Assembly London, People's Assembly Buenos Aires, People's Assembly Sao Paulo, People's Assembly Vigo, Spain People's Assemblies Network, People's assembly Boston, Occupy Melbourne, ATTAC Spain, ATTAC France, War on Want - London, Globalise Resistance - London, Italy Uncut, Democracia Real Ya International, Gaia Foundation, Egality London, Egality Berlin, Network Institute for Global Democratization, Naomi Klein, Vandana Shiva, Noam Chomsky, Eduardo Galeano, Michael Hardt


United for #globaldemocracy

On 15th October 2011, united in our diversity, united for global change, we demand global democracy: global governance by the people, for the people. Inspired by our sisters and brothers in Tunisia, Egypt, Libya, Syria, Bahrain, New York, Palestine-Israel, Spain and Greece, we too call for a regime change: a global regime change. In the words of Vandana Shiva, the Indian activist, today we demand replacing the G8 with the whole of humanity - the G 7,000,000,000.

Undemocratic international institutions are our global Mubarak, our global Assad, our global Gaddafi. These include: the IMF, the WTO, global markets, multinational banks, the G8\G20, the European Central Bank and the UN Security Council. Like Mubarak and Assad, these institutions must not be allowed to run people’s lives without their consent. We are all born equal, rich or poor, woman or man. Every African and Asian is equal to every European and American. Our global institutions must reflect this, or be overturned.

Today, more than ever before, global forces shape people's lives. Our jobs, health, housing, education and pensions are controlled by global banks, markets, tax-havens, corporations and financial crises. Our environment is being destroyed by pollution in other continents. Our safety is determined by international wars and international trade in arms, drugs and natural resources. We are losing control over our lives. This must stop. This will stop. The citizens of the world must get control over the decisions that influence them in all levels - from global to local. That is global democracy. That is what we demand today.

Today, like the Mexican Zapatistas, we say "¡Ya basta! Aquí el pueblo manda y el gobierno obedece": Enough! Here the people command and global institutions obey! Like the Spanish Tomalaplaza we say "Democracia Real Ya": True global democracy now!" Today we call the citizens of the world: let us globalise Tahrir Square! Let us globalise Puerta del Sol!

General People's Assembly Puerta del Sol - Madrid, People's Assembly London, People's Assembly Buenos Aires, People's Assembly Sao Paulo, People's Assembly Vigo, Spain People's Assemblies Network, People's assembly Boston, Occupy Melbourne, ATTAC Spain, ATTAC France, War on Want - London, Globalise Resistance - London, Italy Uncut, Democracia Real Ya International, Gaia Foundation, Egality London, Egality Berlin, Network Institute for Global Democratization, Naomi Klein, Vandana Shiva, Noam Chomsky, Eduardo Galeano, Michael Hardt

15 décembre 2010

Cahors Bataille à Seattle


Ciné-débat convivial, organisé par le CAJ, jeudi 16 décembre, 18h à la Bourse du Travail de Cahors.

Apportez victuailles et boissons!

11 ans après la bataille de Seattle, qu'en est-il des jeunes et de l'altermondialisme face à la (plus que jamais) toute puissante OMC (?)...

29 novembre 2010

SMALL IS BEAUTIFULL Un film d’Agnès FOUILLEUX


Attac Cahors - La Confédération Paysanne - La Libraithèque

SMALL IS BEAUTIFULL

« C’est par où demain ? » 

Un film d’Agnès FOUILLEUX

Cinéma Le Quercy Cahors

Mardi 30 Novembre 2010 à 20h30

Suivi d’un débat en présence de la réalisatrice


Le film d’Agnès Fouilleux nous révèle pas à pas les mécanismes et les enjeux de la mondialisation et de la financiarisation de l’agriculture, face auxquels des résistances commencent à apparaître.
Après le Grenelle de l’environnement, alors que le “bio” a le vent en poupe, la réalité paysanne  prouve que l’agriculture industrielle et la politique agricole commune nous amènent droit dans le mur...
Du paysan au chercheur, de la semence précieusement conservée au lobbyiste sans état d’âme de Bruxelles, ce tour d’horizon exhaustif suggère clairement, travaux pratiques à l’appui, que ce qui est petit, ou du moins pas trop grand est beaucoup plus “joli “pour notre avenir...
 Pourtant tout ça risque d’être difficile à modifier... du moins tant qu’une minorité aura tant d’argent à gagner !

Alors réveillons-nous !! Venez en débattre avec nous !!


Date de sortie cinéma : 10 novembre 2010


Réalisé par Agnès Fouilleux


Long-métrage français . Genre : Documentaire
Durée : 01h46min Année de production : 2010
Distributeur : Les Films Bonnette et Minette

Synopsis : Au delà des discours et des bonnes volontés politiques affichées, les conséquences de l’évolution de notre agriculture sont là : malbouffe, dégâts environnementaux irréversibles, conséquences sociales ...
Le constat de la mise à mal des quatre éléments fondamentaux qui assurent la souveraineté alimentaire à venir : l’eau, la terre, les semences, et la biodiversité est aujourd’hui alarmant.
Le film d’Agnès Fouilleux nous révèle pas à pas les mécanismes et les enjeux de la mondialisation et de la financiarisation de l’agriculture, face auxquels des résistances commencent à apparaître.

26 mai 2010

«Des enfants meurent à cause des gangsters de la Bourse »

Dans ses livres qui ont marqué l’opinion, Jean Ziegler n’a cessé de dénoncer le caractère absurde et criminel des politiques du capitalisme envers les peuples du tiers monde. Il a été le rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation du Conseil des droits de l’homme aux Nations unies de 2000 à 2008. Michel Collon l'a interrogé à Genève sur la crise, la Bourse, la faim, Obama, Israël…



La crise t’a surpris ?
Dans sa violence, oui. Je ne pensais pas que les truands de la finance allaient ruiner l’économie mondiale à une telle vitesse : 1.800 milliards de valeurs patrimoniales ont été détruites. Pour les pays du tiers-monde, c’est une catastrophe totale. Mais aussi pour les pays industrialisés.
(...)

9 mai 2010

IL FAUT METTRE FIN A LA DICTATURE FINANCIERE MONDIALE

Par Patrick Brousse de Laborde
 
A ce jour Fraternité Citoyenne est le seul parti politique ( club de réflexion ) qui se bat pour que la France retrouve sa souveraineté financière, qu'elle puisse elle-même fabriquer sa monnaie au lieu d'endetter le pays auprès des banque privées comme elle le fait depuis 1973 en raison de la trahison de Giscard, alors ministre des finances sous Pompidou. Il est vital, après cette faillite financière généralisée orchestrée pour instaurer le nouvel ordre mondial financier, de réfléchir de manière pertinente, de ne plus craindre de remettre en question tout ce système monétaire, afin de ne plus être le jouet de la finance internationale.
 
La plupart des gens sur la planète reproduisent malheureusement et systématiquement le conditionnement général qui veut faire croire que les impôts permettent une juste répartition des richesses produites. En réalité les impôts ainsi que toutes les autres taxes prélevés ne servent qu’à alimenter les banques qui récupèrent ainsi l'argent-dette qu'elles produisent alors que cela ne leur a rien coûté. C'est une escroquerie mondiale organisée, gigantesque et inouïe, tous les partis politiques "groupements privilégiés et avantagés" ferment les yeux et sont complices de cette fabuleuse et monstrueuse manipulation.
 
Jamais le cartel mafieux bancaire tout puissant: FMI, Banque Mondiale, Federal Reserve et autres Banques Centrales n’a autant tenu en laisse les nations, les forçant à suivre la politique la plus perverse et antisociale qui soit. Aussi il est impératif d'abolir cette finance internationale parasite en nationalisant les banques dont la seule finalité est d’endetter les nations et chaque citoyen de la planète. Les banques fabriquent systématiquement les guerres appuyées par les lobbies industriels et d'armements dans le seul but de valoriser l'argent. Ce sont les guerres qui redonnent de la valeur à l'argent et empêchent son écroulement en périodes fastes. Ces guerres jouent un double rôle qui rend la majorité des populations mondiales serviles et dépendantes du travail.
 
L'essentiel de la démarche est que l'Etat soit le seul à exercer le droit de création de la monnaie et du crédit sans intérêts. Ce qui induit que tout le système monétaire ne dépendra plus d'aucune compétition financière ou commerciale. L'Etat se doit de veiller à ce que chaque habitant touche de quoi vivre dignement, compensant les bas salaires en établissant l'équité. Chaque nation doit donc prendre entièrement à sa charge la fabrication de sa monnaie, une monnaie qui ne coûte rien à fabriquer et qui alimente directement les organisme qui sont chargés de l'Habitation, de la Santé gratuite pour tous, de l'Agriculture, de l'Enseignement non élitiste et gratuite pour tous, des Loisirs, des Transports gratuits pour tous, de la Recherche Scientifique et de l'Industrie, de l'Import-Export, des Energies et de la distribution de l'Eau …
 
Chaque humain adulte doit percevoir un minimum mensuel. Ceci sonnera le glas de toute spéculation, mettant fin à l’usure, à l'argent-dette et à l'industrie de la guerre. Les crédits doivent disparaître au profit de « dotations » remboursables partiellement ou entièrement gratuites, selon le cas, mais toutes strictement contrôlées par les organismes de tutelle et des associations.
 
« Le système bancaire moderne fabrique de l'argent à partir de rien. Ce processus est peut-être le tour de dextérité le plus étonnant qui fut jamais inventé. La banque fut conçue dans l'iniquité et est née dans le pêché. Les banquiers possèdent la Terre. Prenez la leur, mais laissez-leur le pouvoir de créer l'argent et, en un tour de mains, ils créeront assez d'argent pour la racheter. Ôtez-leur ce pouvoir et toutes les grandes fortunes comme la mienne disparaîtront et ce serait bénéfique car nous aurions alors un monde meilleur et plus heureux. Mais, si vous voulez continuer à être les esclaves de banques et à payer le prix de votre propre esclavage, laissez donc les banquiers continuer à créer l'argent et à contrôler les crédits. » Sir Josiah Stamp, Directeur de la Banque d'Angleterre 1928-1941, 2ème fortune d'Angleterre.
 

7 novembre 2009

Autour de la question de l’identité collective

(mise au point sur trois schèmas identitaires)

Toute exacerbation idéologique de l’identité nationale dans une société dite civilisée est un glissement vers la barbarie, un terreau fertile au fascisme et au racisme. L’identité nationale exaltée contre autrui, est un accroc au principe d’ouverture à l’autre qui constitue l’un des caractères dominants de l’humanité, cette seule identité supérieure et universelle qui devrait s’imposer.

Je tiens à préciser dès l’abord du concept d’identité, que je n’évoquerai pas dans ce qui suit, l’identité génétique des espèces qu’étudie la phylogenèse ni celle encore génétique des individus des espèces, qui intéresse l’ontogenèse ; mais l’aspect humano-social et politique du sujet.

Pour parler de l’identité, il faut commencer par interroger le concept lui-même dans son sens sémantique. L’identité est ce qui permet de distinguer entre tous les différents et tous les ressemblants, tel être particulier à cause de ses caractéristiques spécifiques et uniques. Derrida nous dit dans l’Écriture et la Différence, de façon ludique mais assez claire : « l’identité, c’est ce qui diffère de la différence ». Pour moi, l’identité est l’inextensible marque emblématique du substratum d’un être pris en soi parmi tous. C’est donc l’altérité unique, c’est-à-dire l’unicité exclusive parmi toutes les altérités possibles. Il s’agit précisément de la dimension expressive et spécifique à l’être identifié.

Voici ma saisie définitionnelle du vocable d’identité, que je tiens à soutenir, et propose comme canevas d’exploration conceptuelle de l’identité collective au moment où l’identité nationale est brandie comme idéologie d’exclusion par des dirigeants d’État au début de ce troisième millénaire.

Au-delà des grandes querelles qui agitent la bannière théorique (philosophique, anthropologique) et pratique (politique) de l’identité comme mode d’être étatico-national, nous devons préciser ce qui suit, l’identité connaît trois grands schèmes de manifestation à l’échelle de la vie collective dans le contexte de ce qu’on appelle abusivement, vu l’irréalisme factuel du vocable, les États-Nations :

A) l’identité culturelle populaire.

B) l’identité culturelle nationale.

C) l’identité politico-étatique.

L’identité culturelle populaire est la composante la plus faible de l’identité des communautés. Il s’agit de cette part flexible et manipulable de l’identité. Elle est constituée des manières d’être dues à l’évolution scientifiques techniques, technologiques qui transforment constamment les aspects pratiques de la vie sociale, tels les moyens de communication (la téléphonie, l’Internet, la télévision interactive), la mode vestimentaire et ménagère (gadgets électroménagers), les formes du transport privé et public (voitures, trains à grande vitesse, métros), la perception du corps (l’obsession de la minceur, par exemple), les soucis écologiques, les droits individuels, le libéralisme sexuel, le féminisme, les droits des minorités, les droits des enfants, les droits des homosexuels, la condamnation formelle du racisme, bref, la démocratie par la liberté d’expression et le respect institutionnel des droits à la différence… Tout cela est désormais aujourd’hui d’expansion sinon planétaire, mais à tout le moins, dans la grande majorité des pays, et ne peut souffrir de répression au moins au niveau des discours officiels, des chartes onusiennes et des revendications juridico-légales nationales et internationales. Les peuples, quoique souvent hypocritement au niveau de leurs plus petits ressortissants, exigent ces acquis et vivent selon eux. C’est la méga-culture populaire standardisée malgré les énormes différences entre les cultures nationales.

L’identité culturelle nationale est d’abord celle de la société, de ses composantes ethniques fondues dans l’histoire, c’est donc celle du rapport à soi de l’ensemble social malgré les particularités internes qui peuvent exister selon que la société soit multiethnique ou non. L’identité culturelle nationale donc, est l’espace de la manifestation de soi d’un peuple en tant que mégalithe social exprimant sa weltanschauung, ses rapports à soi et à autrui par-delà l’assumation différente de cette weltanschauung à l’intérieur des différentes classes sociales. Elle comporte donc le discours du sens de la société à travers les domaines de ce rapport à soi, à la nature et à autrui tel que susdit. Les langues, les mythes, les religions, les manières de penser et de réagir face aux inéluctables existentiels tels la naissance, la mort…, voire les éléments culinaires (malgré l’invasion du fast food ou des flocons de céréales en boîte), la relation entre les sexes etc… Cette face de la culture, la nationale donc, est de loin plus rigide, plus imperméable, et plus durable que la culture populaire extrêmement flexible parce que hypermédiatisée et influencée par la télévision et les autres médiums de communication de masse. Il faut remarquer que l’identité culturelle nationale est si fortement ancrée dans les sociétés que si dans un ensemble étatico-national multiethnique, telle société ou ethnie est trop différente, elle finit par déboucher sur le sécessionnisme, l’indépendantisme voire le nationalisme qui peut aller à la friction politique dans les meilleurs cas (Québec-Canada) mais parfois jusqu’au bellicisme ou au « terrorisme » (Pays Basque-Espagne).

L’identité étatico-nationale est celle politique et juridico-légale que les élites, les gouvernants impriment à l’État. D’abord, elle passe par la Constitution. L’État y dit clairement s’il est une monarchie ou une république. Ensuite, elle est déterminée par la vocation que les politiques en cours donnent à l’État. L’orientation économique, l’organisation de la société, les manières de définir sa diplomatie, voilà l’effigie de cette identité complexe que l’État détermine. D’où elle peut facilement changer par une action d’éclat de l’élite dirigeante ou du peuple. Par exemple, la Russie, d’abord, monarchique sous les tsars Romanov pendant des siècles, est devenue en 1917 une république socialiste sous la houlette de Lénine, phare de la révolution marxiste et centralisatrice de ce qu’on a appelé la fameuse Union-Soviétique. Puis, la même Russie, tout en gardant le tracé républicain, s’est transformée - sous la trique de la perestroïka de Gorbatchev, et ensuite par la politique d’Eltsine - en une république capitaliste hors de l’union qui a éclaté.

Identité nationale, cannibalisme politique d’une idéologie anthropophage !

En considérant l’histoire, je ne peux m’empêcher que l’un des paramètres des plus potentiellement agressifs, soit celui de l’identité. Car l’identité a pour étendard la manipulation des mythes fondateurs et la manipulation des peuples par ces mythes selon le jeu des pervers qui, parfois, les dirigent. L’identité, cette différence de soi affirmée envers l’autrui, devient nettement idéologie contre autrui quand les déchets du racisme s’en emparent au nom de l’État et de la nation. Ce qui est en fait l’affirmation de soi et qui aurait dû être lieu de partage a servi d’alibi aux tyrans et aux dirigeants exaltés des nations pour livrer la guerre à de paisibles phratries, agresser, soumettre, tuer autrui pour sa différence inférieure et sale tout en dominant leur propre société programmée pour obéir, soutenir leur infamie de conquérant et leur privilège de chefs. L’identité comporte ce germe de l’excès et de l’indécence facilement exploitable par les oligarchies pour « légitimer » leur pouvoir acquérir l’appui de leurs peuples les considérant comme défenseurs de leur être collectif. Peuples fanatisés et au sentiment d’appartenance faux et excentrique qui enrichissent à l’extrême leurs oligarques bourreaux, allant jusqu’à tuer et à se faire tuer tout au long de cette réalité géo-temporelle qu’est l’histoire qui voit l’action marquer et transformer le temps et l’espace en enfantant les périodes, les progrès et les âges des sociétés des civilisations et du monde.

L’identité est donc cette forme d’absolu au nom duquel les masses se laissent utiliser par leurs élites et qui fait partir en guerre de conquête de domination contre les différents nécessairement inférieurs. C’est aussi cette référence totalitaire érigée en repères par les colons, les ethnocentristes, les sociocentristes, tous les racistes, les ostracistes, les persécuteurs d’immigrants - malgré l’exploitation coloniale puis impérialiste qui produit cette fracture Nord-Sud engendrant les flots d’immigrations - au nom de l’identité supérieure des pays qui les excluent selon le vœu des grands tenants identitaires au pouvoir.

Quand un imbécile d’un pays ex colonialiste, peut dire par pureté identitaire, que son pays est aux nationaux sous prétexte d’identité, il lui faudrait aussi par pureté morale et par dignité, déclarer la restitution de tous les biens volés et aussi le dédommagement pour toutes les vies et générations sacrifiées pour la gloire de son abominable et criminelle identité ethno-sociale et nationale à travers l’histoire d’agression et de misère jadis infligée aux pays et peuples colonisés, tout en arrêtant les horreurs aujourd’hui imposées sous forme de politiques par le Nord au Sud..

La décence des identités ne se fera que par l’abolition des crimes latents ou patents du nationalisme, de l’ethnocentrisme, du sociocentrisme et de toutes formes de centrismes agressifs. L’identité doit être ouverture à autrui ou elle n’est que haine de l’homme et crime potentiel contre l’humanité suspendu aux basques de l’imbécillité des bouffis du racisme.

Quand l’identité nationale réinvente l’histoire au service de son orgueil, évacuant ses propres bévues, elle n’est que l’hubris des sociétés qui en font une arme meurtrière contre l’altérité. Dans l’occurrence bête et infrahumaine de cette frénésie obsidionale voire paranoïaque de l’identité « pure » à préserver chez les pires néocolonialistes et impérialistes de notre temps, ceux-là même dont les ancêtres, criminels contre l’humanité, ont tout pillé ailleurs tout en tuant et asservissant, on peut traiter de guerre à l’humanité l’attitude des rois proclamateurs de l’identité nationale. La différence ethnique toujours inférieure et donc mauvaise et indigne, jadis transformée en malédiction et raison de colonisation et d’esclavagisation par les ordures de la supériorité raciale, redevient le péché originel dans l’essentialisme identitaire des hommes où le non blanc le non européen est coupable et naît condamné à vivre indignement et en sous-hommes dans la civilisation des ordures supérieures par la peau, la race et la nationalité.

Camille Loty Malebranche

source de l'article

21 octobre 2009

Illusion


Je partage l’esprit de notre époque, en une révolte contre le cynisme horrible de l’occident capitaliste qui se veut mondialisation après avoir été colonialiste.

Cela m’a fait une grande peine en Afrique, quand je reconnaissais ces maux chez eux, et quand je voyais la valeur de leur vie simple ; mon cœur s’est partagé en deux, mon âme s’est ouverte. Et je crois sentir cet esprit, sa souffrance criante se confondant dans l’intimité de ma vie. En même temps je sens cette énergie comme un potentiel créatif, capable de transformer le monde.

Voilà mon illusion, mon intuition, voilà ma volonté de libérer ce voile de mes yeux, de tes yeux. Regardes dans ton cœur, n’y sens-tu pas cet esprit ?

La seule chose positive est quand je me sens proche de quelqu’un, que j’ai l’impression de partager la vie en quelque chose de riche ; mais mon regard se heurte à tant de misères, dont la pire est de souffrir seul et mourir de faim.

Crois-tu que le monde est beau ? Crois-tu que ça va bien ? Crois-tu que ce changement va se faire tout seul malgré nous ?

Ici même je suis humilié ; ça me révolte, et en plus je fais parti de ce système qui humilie la vie, la nature ; ça m’écœure, je voudrais vomir tout ça, mais c’est ma vie, mon monde ; et mon esprit est révolté, tu le sens ?

Tout ça me semble bien réel, bien présent, je ne peux le nier, je ne peux que l’affirmer quand mon esprit voudrait le crier.

Alors oui à côté de cela une rencontre de l’autre qui baignerait dans une lumière de compréhension semble bien illusoire, parce que la lumière nous montre aussi difformes que nous le sommes, et ce reflet on ne veut pas le voir.

Forum liberation.fr "la tête dans le futur"


31 août 2009

Le capitalisme en crise a besoin d’un conflit militaire majeur

Pour Jean-Loup Izambert, journaliste indépendant et écrivain, qui publie son septième ouvrage (1) sous le titre de Pourquoi la crise ? aux éditions Amalthée, la crise du capitalisme est devenue totale. Contrairement aux déclarations de certains économistes et politiciens, il affirme qu’il n’y aura pas de sortie de crise. Pour l’auteur de la seule investigation journalistique sur les origines de la crise(2), le système capitaliste ne peut survivre que par la guerre. Quelle alternative pour les peuples ? Entretien.

Geostrategie : Vous démontrez dans votre livre Pourquoi la crise ? que le capitalisme ne peut plus supporter la démocratie parlementaire avec laquelle il s’est développé. Sommes-nous à un point de rupture avec ce système et les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité ?

Jean-Loup Izambert : C’est évident. Pourquoi et quelles données changent par rapport aux dernières décennies ? Dans ce système les grands propriétaires privés de l’économie contrôlent l’économie et tentent de l’imposer par tous les moyens comme régime aux peuples de la planète, y compris par la guerre. C’est ce qu’ils ont toujours fait avec la seule préoccupation de s’enrichir et de faire main basse sur les richesses des peuples au seul profit des sociétés transnationales qu’ils dirigent. Mais parvenu au stade de l’impérialisme, période actuelle du développement du capitalisme, les grands possédants ont besoin d’un pouvoir politique qui leur soit totalement dévoué pour protéger et accroître encore la concentration des richesses qu’ils cumulent. Il faut bien comprendre qu’il s’agit pour eux d’une question de survie, de rester maîtres du pouvoir et bien sûr de leur privilèges. L’une des contradictions qu’ils doivent gérer vient justement du fait que l’accumulation du Capital et la concentration des richesses qu’ils sont contraints de perpétuer sous peine de perdre pouvoir et privilèges implique aujourd’hui des centres de décisions de plus en plus fermés, dans l’entreprise comme dans la société. Or, cette tendance à la centralisation va à l’inverse de mouvement des sociétés qui pousse vers plus d’ouverture, de démocratie, de participation, de culture notamment avec le développement des sciences et des techniques.

la suite sur géostratégie

16 juin 2009

Nicolas Sarkozy veut-il débaucher des altermondialistes pour son prochain gouvernement ?

Communiqué d'Attac France

Le président de la République a prononcé le 15 juin un discours devant l’Organisation internationale du travail (OIT) qu’à première vue on pourrait croire sorti d’une assemblée du Forum social mondial. Tout, ou presque, y est : le refus de la marchandisation des activités humaines, la soumission du droit des affaires aux normes sociales et environnementales, la condamnation du dumping social, le refus du travail des enfants, la condamnation du tout pour le capital et rien pour le travail, l’appel à une forte régulation financière internationale, notamment par la taxe Tobin, la dénonciation de la cohabitation de l’abondance et de la misère, la critique des pays n’ayant pas ratifié les conventions de l’OIT, la proposition d’une Organisation mondiale de l’environnement, etc.


Il n’y a plus de limites au double langage et aux tentatives de brouillage des repères. En effet, point par point, les envolées humanistes du Président sont démenties par sa pratique politique quotidienne et par l’action de son gouvernement.


Il achève peu à peu la privatisation des services publics et donc il les marchandise. Il a accentué le partage inégal des revenus entre capital et travail en inventant le bouclier fiscal. Il a distribué des dizaines de milliards aux banques spéculatrices, mais reste très avare pour le SMIC et les minima sociaux. Il a accru la pression sur les salariés et les chômeurs en guise de respect des normes internationales. Il projette maintenant de repousser l’âge de la retraite à 67 ans, et il nous assurera plus tard que c’est pour rééquilibrer le partage entre travail et capital. Il a développé une politique anti-immigrés honteuse, au nom sans doute des droits de l’homme dont il se réclame. Il a imposé de force le traité de Lisbonne qui interdit toute taxation des transactions financières. Il a entériné un plan climat-énergie au rabais pour préparer la « bonne gouvernance climatique ».


Attac n’acceptera pas de se laisser désarmer par ce nouveau hold-up idéologique, qui affirme le contraire de ce qui est mis en œuvre dans une France où la part la plus belle est réservée à une minorité, et dans un monde où la loi du profit est le principal obstacle pour que tout ce qui est proclamé à la tribune de l’OIT à Genève devienne réalité.

Le discours du Président Sarkozy a un seul mérite : il désigne très nettement tous les verrous empêchant que la société redevienne maîtresse de son destin. Mais ce n’est certainement pas lui qui les fera sauter !


Attac France,
Montreuil-sous-bois, le mardi 16 juin 2009


Pour en savoir plus :
- Le communiqué en ligne : http://www.france.attac.org/spip.php?article10097
- Le rapport Attac "De la fin des paradis fiscaux aux taxes globales" : http://www.france.attac.org/spip.php?article9738

 

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