31 mai 2017

Trouver 200 milliards par an sans réformer le code du travail n'est pas un problème

 

23 mai 2017, Par Patrick Cahez, source :Blog : L'Europe sociale des droits de l'Homme

ATTAC trouve 200 milliards par an sans réformer le code du travail

A quelques jours de la semaine mondiale d'action contre l'évasion fiscale, Dominique Plihon présente le rapport publié cette semaine par Attac intitulé «Rendez l'argent». Ce rapport démontre qu’il est possible – et urgent ! – de récupérer près de 200 milliards d’euros par an en France.  

https://blogs.mediapart.fr/attac-france/blog/290317/nous-avons-trouve-200-milliards-pour-financer-la-transition-ecologique-et-sociale

Attac vient de publier un rapport « rendez l’argent », soutenu par plusieurs dizaines d’organisations du mouvement social et citoyen. Ce rapport déconstruit le discours dominant selon lequel l’Etat serait en faillite en raison de ses dépenses excessives. Prolongeant les conclusions du rapport d’audit citoyen sur la dette, il montre que les déficits publics ne viennent pas de dépenses excessives, mais de l’argent public qui échappe aux caisses de l’Etat parce qu’il est détourné et confisqué au profit d’intérêts particuliers. Ce rapport montre qu’au moins 200 milliards d’euros peuvent être récupérés chaque année.Comment ? Par des mesures balisées et crédibles, qui pourraient être mises en œuvre par un gouvernement volontariste et poussé par les citoyen.ne.s, associations, mouvements et syndicats mobilisés en ce sens. Fiches techniques rigoureuses à l’appui, ce rapport détaille six mesures permettant d’atteindre cet objectif :
  • une lutte efficace contre l’évasion fiscale (80 milliards d’euros)
  • une taxation de l’ensemble des transactions financières (36 milliards d’euros)
  • des réformes fiscales visant une plus juste distribution des revenus et des richesses (20 milliards d’euros)
  • la suppression des niches fiscales les plus injustes et inefficaces (15 milliards d'euros, hors Pacte de responsabilité et CICE)
  • parmi ces niches, en particulier, la suppression du Pacte de responsabilité et du CICE (40 milliards d’euros)
  • la suppression des subventions directes et indirectes aux énergies fossiles (10 milliards d'euros)
Les mesures pointées dans le rapport ne sont pas uniquement destinées à remplir les caisses de l’Etat en récupérant plus de 200 milliards d’euros. Elles ont aussi pour objectif de lutter contre les inégalités, l’injustice fiscale, la spéculation, le réchauffement climatique.

19 octobre 2016

Que faire de la présidentielle quand on est (vraiment) de gauche ?


Gazette Debout | 19 octobre 2016

Le site Hors-Série, dédié aux entretiens filmés avec des personnalités artistiques ou intellectuelles, a organisé un débat intitulé « À gauche de la présidentielle » avec Laurent Lévy, membre du mouvement Ensemble et Christophe Aguiton, l’un des animateurs d’ATTAC, animé par Judith Bernard.

Depuis des mois, la gauche critique – celle qui ne se reconnaît pas dans le prétendu « socialisme » du gouvernement – a manifesté une vitalité spectaculaire, s’incarnant dans la très vigoureuse mobilisation contre la Loi Travail, dans la persistance de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, dans l’expérience inédite de Nuit Debout : des forces qu’on n’avait pas vues si dynamiques depuis longtemps se sont mises à converger, et semblaient capables d’ouvrir de nouvelles perspectives.


Mais voici que l’agenda de l’élection présidentielle vient poser sa grille disciplinaire sur cette effervescence politique, et semble sommer chacun de prendre position : en être, ou ne pas en être ? La gauche critique est-elle concernée par cette échéance électorale ? Doit-elle soutenir un candidat ? Si oui, lequel et à quelles conditions ? Peut-on envisager un soutien critique, comme en son temps Sartre voulut faire avec le Parti Communiste ?

Ce sont des questions qui nous agitent, à Hors-Série, et nous avons saisi le prétexte d’un appel à faire Front commun autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, et de la critique quasi-immédiate que cet appel a suscitée dans les rangs de la même gauche, pour soulever cette question : que faire de la présidentielle quand on est (vraiment) de gauche ?

Pour explorer cette problématique, deux invités : Christophe Aguiton, l’un des animateurs du mouvement ATTAC France, fait partie des signataires de l’appel pour un « Front Commun » invitant à soutenir la candidature de Mélenchon sans s’enrôler dans les rangs de la France Insoumise ; face à lui, Laurent Lévy, membre d’Ensemble et auteur d’une tribune publiée sur le site Contretemps, dans laquelle il dénonce cet appel comme une « dangereuse résignation », un repli derrière un candidat dont il faudrait au contraire combattre le discours. Lévy et Aguiton sont voisins, dans la vie comme dans les idées ; ils s’estiment, s’apprécient, et se contestent donc avec une vigueur toute amicale : c’est un dispositif idéal pour explorer les contradictions qui divisent la gauche radicale, tant sur la campagne de Jean-Luc Mélenchon en particulier que sur l’enjeu de la présidentielle en général. La discussion est passionnante, galope d’accords en discordes, et l’on aurait volontiers débattu beaucoup plus d’une heure si nous n’avions dû libérer l’un de nos invités, appelé à d’autres obligations. Peut-être n’est-ce là que le premier épisode d’une série que nous serons amenés à poursuivre dans les semaines et les mois qui viennent, histoire de peupler cette fichue campagne présidentielle de nos passions politiques propres.

Un entretien à visionner sur le site de Hors-Série.
 
 

15 juillet 2015

Déclaration de l'AlterVillage d'Attac, soutien au peuple Grec


---------------------- communiqué de presse ----------------------

L’AlterVillage d’Attac France soutient la lutte du peuple grec.

Le dimanche 5 juillet 2015, 61,3% des grecs ont dit « OXI » - « Non » en grec - au plan imposé par la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international[1]). Ne pas en tenir compte est un déni de démocratie.

Depuis 6 ans le peuple de Grèce vit de terribles mesures d’austérité, au nom d’une dette publique pourtant reconnue comme illégitime (cf. rapport des experts internationaux sur la dette grecque). Le Parlement d’Athènes avait voté vendredi dernier des mesures allant dans le sens des créanciers ; ces derniers les ont refusées en exigeant encore plus.

Le mémorandum est un chantage odieux. Il prévoit notamment la suppression du minimum retraite dans un délai de 4 ans, alors que 45% des retraités sont déjà sous le seuil de pauvreté (vivant avec moins de 655 euros par mois).

79% des grecs sondés (sondage Bridging Europe) refusent l’étranglement que constitue ce troisième plan d’austérité. Face à cette situation, la population grecque se révolte et se met en mouvement. Un appel à la grève générale est en lancé ce mercredi 15 juillet 2015.

Ce n’est pas qu’une affaire grecque, c’est aussi l’avenir des peuples d’Europe qui se joue actuellement : les mesures d’austérité imposées à la Grèce sont les mêmes que celles qui nous menacent. Nous appelons donc à des manifestations de solidarité partout en Europe.

Communiqué de l’AlterVillage[2] d’Attac France, à la ferme de la Borie-Haute (Lot), mardi 14 juillet 2015

Contact : altervillage@attac.org


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[1] http://cadtm.org/Synthese-du-rapport-de-la

[2] L’AlterVillage est un village alternatif organisé par Attac France sur les formes d‘actions et les pratiques militantes. L’objectif de l‘AlterVillage est double :
· d’un côté, il s’agit de nous donner un temps de réflexion et de regard critique sur les manières de mener des actions en rapport avec les analyses altermondialistes ;
· de l’autre, il s’agit de se former à des techniques militantes, simples, mais nécessaires pour gagner en efficacité.
Des militant-e-s de différentes organisations sont présent-e-s et échangent leurs expériences et réflexions pendant quatre ou cinq jours, à travers des ateliers, des débats, des entraînements à des techniques militantes, etc.
 

9 février 2015

Entrez dans le monde des banques françaises, là où la finance a un visage


Voici un livre enquête qui vous fera découvrir la face obscure des grandes banques françaises. Pour la première fois des journalistes et des économistes évaluent le coût exorbitant, mais passé sous silence, de leurs activités. De l’évasion fiscale à la spéculation sur les matières premières, de la « finance de l’ombre » aux produits dérivés opaques, des projets polluants aux emprunts « toxiques », ce livre co-écrit par Basta ! et Attac, dresse un panorama complet des effets néfastes de la finance toute puissante. Il sort en librairie le 11 février. Vous pouvez également le commander en ligne, ce qui vous permet de soutenir financièrement Basta ! (voir « Où acheter le Livre noir des banques ? »).

En 2008, la folie spéculative des banques a provoqué une crise qui ne cesse, depuis, de s’aggraver. Les banques n’ont dû leur salut qu’aux centaines de milliards d’euros injectés par les États et les banques centrales. Que s’est-il passé depuis ? Que sont devenues les grandes promesses de régulation du secteur bancaire ? Pourquoi les responsables politiques ont-ils accepté, sans exception, de maintenir un système qui privatise les profits et socialise les pertes ? Quelles réformes sont nécessaires ? Ce livre retrace l’histoire de conflits d’intérêts, de collusions et d’aveuglements incroyables. Entrons dans le monde des banques françaises. Là où la finance a un visage. Celui d’une oligarchie bancaire grassement rémunérée, complice d’un hold-up planétaire.

Suite sur Bastamag ...
   

3 janvier 2015

Plans de sauvetage de la Grèce : 77 % des fonds sont allés à la finance


Une étude d’Attac montre que les « plans de sauvetage » mis en œuvre par les institutions de l’Union européenne et les gouvernements européens sauvent les banques, pas la population.

Depuis mars 2010, l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont attribué 23 tranches de financement au prétendu « sauvetage de la Grèce », pour un total de 206,9 milliards d’Euros. Ils n’ont cependant fourni presque aucune précision sur l’utilisation exacte de ces énormes sommes, provenant de fonds publics

C’est pourquoi Attac Autriche a entrepris une étude sur cette question : au moins 77% de l’argent du plan de sauvetage ont bénéficié directement ou indirectement au secteur de la finance.
 
  

14 octobre 2014

« Prix nobel » d’économie : des cocoricos déplacés


Par Attac France | lundi 13 octobre 2014

Le « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en l’honneur d’Alfred Nobel », improprement appelé prix Nobel d’économie, vient d’être attribué au français Jean Tirole. Alors qu’un déluge de commentaires élogieux en forme de « cocoricos » se propage dans les médias, Attac déplore ce choix qui s’inscrit dans la lignée des prix attribués à Hayek, Friedman et autres économistes néolibéraux en grande partie responsables de la crise actuelle.
 
Présenté comme « un des économistes les plus influents de notre époque » par la Banque de Suède, Jean Tirole est récompensé par « son analyse de la puissance des marchés » et ses recommandations en faveur d’une déréglementation dans les domaines de l’industrie, de la finance et du travail.

C’est ainsi que Jean Tirole, dont on peut penser que le nouveau ministre de l’économie Emmanuel Macron est un admirateur fervent, propose une réforme du marché du travail, dont l’une des mesures doit être d’alléger le code du travail et, en particulier, de supprimer les contrats à durée indéterminés (CDI).

Ce n’est pas tout : Jean Tirole est depuis longtemps un fervent partisan d’un marché mondial des permis d’émission de gaz à effet de serre. Le prix et la concurrence seraient ainsi les principaux instruments mobilisés pour limiter les émissions. Pourtant le marché européen du carbone est un échec retentissant en même temps qu’un nouveau théâtre de spéculation !

Dans le domaine de la finance, Tirole s’est illustré par une approche – fondée sur la théorie des jeux et de l’information – selon laquelle la stabilité des marchés peut être obtenue par la transparence de l’information et la concurrence sur les marchés. Ignorant le caractère fondamentalement instable des marchés, Jean Tirole a cautionné les politiques de dérégulation financière et encouragé les autorités de régulation à négliger la nécessité d’une régulation globale de la finance.

Le caractère global et systémique de la crise a montré qu’il s’agissait là d’une erreur tragique… démontrant par là le caractère inadapté et dangereux des analyses de Jean Tirole et du courant de pensée qu’il représente : un néolibéralisme dogmatique pour lequel la fonction économique essentielle de l’État est d’étendre la logique des marchés à l’ensemble des domaines de la vie sociale.
 
 


27 février 2014

Négociations transatlantiques : la France doit écouter les exigences citoyennes !


Attac et l’AITEC publient cette lettre ouverte envoyée à Nicole Bricq, ministre du commerce, en vue du conseil des ministres du commerce de l’Union européenne qui se tiendra le 28 février à Athènes. Les deux associations interpellent la ministre quant aux négociations sur l’accord de libre-échange et d’investissement entre l’Union européenne et les Etats-Unis.


Madame la Ministre,

Les Ministres du Commerce des 28 États membres de l’Union européenne se réunissent demain 28 février à l’invitation de la Présidence grecque du Conseil de l’UE.

Lors de cette réunion, la Direction générale du Commerce de la Commission européenne informera les 28 ministres quant au résultat de la rencontre entre le Commissaire au commerce De Gucht et le représentant américain au commerce Michael Froman.

Cette réunion s’était tenue les 17 et 18 février derniers pour évaluer les progrès effectués dans les discussions sur le Partenariat transatlantique et préparer les prochaines sessions de négociation, dont celle prévue du 10 au 14 mars à Bruxelles.

A cette occasion, nos organisations souhaitent rappeler leurs nombreuses inquiétudes face à la perspective d’un accord transatlantique fondé sur le mandat de négociation tel qu’il a été défini en juin 2013 par les Ministres du Commerce des 28.

Nous sommes particulièrement préoccupés par :

L’introduction d’un mécanisme d’arbitrage des différends entre investisseurs et États, qui constituerait un puissant outil pour contester et décourager toute décision politique affectant leurs stratégies et leurs profits,

Le volet agricole de la négociation. Un rapport commandité par la Commission ENVI du Parlement européen met ainsi en garde l’Europe sur le risque de disparition des protections qu’elle offre à ses citoyens dans le domaine de l’environnement et de la sécurité alimentaire, au vu des différences en matière de législation entre les deux régions (OGM, régulation des produits chimiques, volailles chlorées, bœuf aux hormones, émissions du secteur aérien...). En outre la suppression des droits de douane menace le modèle agricole européen, mais surtout la perspective de soutenir sa transition vers des modes de production durables et écologiques.

Les implications environnementales d’un possible accord : la libéralisation accrue du marché de l’énergie, l’augmentation des flux commerciaux et surtout la toute-puissance conférée aux firmes multinationales pour contester les politiques existantes (comme l’interdiction de la fracturation hydraulique ou les quotas d’émission de CO2) entraveront toute perspective de transition énergétique, dont pourtant nous connaissons l’impératif.

L’urgence affirmée par les Présidents Obama et Hollande lors de leur rencontre à Washington les 9 et 10 février n’a fait qu’exacerber notre inquiétude. Elle n’est pas conciliable avec l’objectif d’un débat véritablement démocratique et ouvert à l’égard du projet d’accord transatlantique, que vous-mêmes avez pourtant maintes fois réaffirmé.

Dans ce contexte, la prochaine consultation annoncée par le Commissaire De Gucht sur le volet « Protection des investissements » du futur accord fait figure au mieux de diversion, voire de manque de sérieux. Les consultations publiques organisées par la direction générale du commerce s’adressent principalement aux entreprises, et promeuvent toujours, dans leurs formulations, la doxa de la croissance, du libre-échange et de la compétitivité externe en vigueur à Bruxelles ; pourtant l’annonce d’une prochaine suspension de ce volet des négociations pour une durée de trois mois pouvait laisser penser que toutes les composantes de l’opinion publique auraient la chance de faire valoir leurs craintes et leurs propositions.

Mais de rencontre bilatérale en session de négociations, l’attention accordée à la parole des citoyens et les risques portés par ce projet d’accord connaissent le même sort : une reconnaissance embarrassée, la promesse d’une prise en compte prochaine, et la garantie que tout sera mis en œuvre pour protéger les citoyens européens... sans qu’une décision concrète – publication des textes et des positions de négociations, organisation d’un débat public large, moratoire sur les négociations d’un certain nombre de sujets sensibles - ne soit proposée pour le garantir.

C’est pourquoi, Madame la Ministre, nous comptons que vous portiez la voix des associations et des citoyens lors de ce Conseil des Ministres européens, et que vous rappeliez fermement :

La nécessité d’organiser la publication de tous les documents relatifs aux négociations, et d’organiser un processus de consultation démocratique authentique, exigence à laquelle ne répond pas l’organisation trimestrielle des « Civil society Dialogue » de la DG Commerce.

L’impératif de consultation régulière des instances démocratiquement élues à la fois au plan communautaire et dans les États membres ; ils pourront ainsi se prononcer sur toutes les protections et sauvegardes qui devront être introduites dans le mandat en vue de garantir qu’aucun des règlements ou normes en vigueur dans l’UE ne pourra être négocié à la baisse pour satisfaire les exigences des entreprises.

Le refus, exprimé par les citoyens de toute l’UE, de l’introduction de deux dispositifs en particulier dans le futur accord : le mécanisme ad hoc de règlement des différends Investisseur/État et le Conseil de coopération réglementaire. C’est la seule condition à laquelle les gouvernements et les Parlements conserveront leurs prérogatives souveraines quant à la définition des normes et lois protectrices de l’intérêt général.

Nous espérons pouvoir dire aux mouvements sociaux et citoyens français, européens et américains avec lesquelles nous nous réunirons à Bruxelles en parallèle du prochain cycle de négociation que le gouvernement français a porté les préoccupations des citoyens auprès de la DG Commerce et de ses homologues des 27.

Amélie CANNONE, Présidente de l’AITEC-Ipam
Geneviève AZAM, Porte-parole d’Attac France

17 février 2014

48h pour sauver la taxe sur les transactions financières en Europe



A deux jours d’une échéance cruciale, Attac participe à une vaste mobilisation pour que le gouvernement français cesse de saper le projet de taxe européenne sur les transactions financières.
 

Le 19 février prochain, la France et l’Allemagne doivent annoncer leur position commune sur le projet européen de taxe sur les transactions financières (TTF) proposé par la Commission.

Ce projet, sous la forme d’une coopération renforcée entre 11 États membres de l’Union européenne, représenterait une avancée importante pour réduire la spéculation financière et dégager des ressources publiques non négligeables.

D’après les chiffres fournis par la Commission, avec un taux de 0,1 % sur les actions et obligations et de 0,01 % sur l’ensemble des produits dérivés, cette taxe pourrait rapporter 57 milliards d’euros par an.

La proposition de TTF européenne est soutenue par l’Allemagne, mais plusieurs signaux indiquent que le gouvernement français, sous la pression des banques et lobbies financiers, cherche à affaiblir la portée de cette proposition.

Des fuites ont révélé que les négociateurs français s’opposent ainsi à l’inclusion de l’ensemble des dérivés dans l’assiette de la taxe. Pierre Moscovici a par exemple lui-même publiquement déclaré que le projet de TTF européenne était « excessif ». En fait, Bercy souhaite prendre pour modèle la prétendue « TTF » française, qui n’est qu’un simple impôt de bourse ré-introduit en 2011 sous la présidence de N. Sarkozy.

l'Élysée à l’écoute des banques et non des citoyens européens ?

Devant la menace de voir la France tirer vers le bas le projet de TTF européenne, 305 associations, ONG et syndicats européens ont signé une lettre ouverte à François Hollande pour l’enjoindre de ne pas céder au lobby des banques et de mettre en œuvre une véritable taxe sur les transactions financières.

En France, cette lettre a été relayée depuis trois jours par plus de 12 000 personnes qui l’ont envoyée en leur nom à François Hollande. Pourtant, à cette heure, ni Attac France ni aucun des signataires n’a reçu de réponse, même symbolique, de la part de l’Élysée.

François Hollande qui déclarait « mon véritable adversaire, c’est la finance » aurait-il oublié ses promesses de campagne en faveur d’une TTF « large » ?

À défaut de répondre à l’inquiétude des citoyens européens, il rencontre aujourd’hui grandes banques, entreprises multinationales et investisseurs internationaux pour leur promettre des aménagements aux petits soins, notamment fiscaux, afin d’attirer les investissements étrangers.
Ils ont dit...

Dans la perspective du sommet franco-allemand du 19 février, des organisations citoyennes allemandes et françaises (Attac, Oxfam, Weed), ainsi que la Confédération européenne des syndicats, ont organisé le 12 février dernier une conférence de presse au Parlement européen à Bruxelles afin d’interpeller les euro-députés du Parti socialiste européen (PSE), des Verts et de la Gauche unitaire européenne (GUE).

Les participants ont déploré l’offensive virulente des lobbies bancaires et financiers contre le projet de TTF européenne. Ils ont soutenu le projet de la Commission et fait part de leurs inquiétudes face aux critiques injustifiées de la directive par les autorités françaises.

Dominique Pilhon (Porte-parole d’Attac France) :
« Les banques se mobilisent contre la taxe sur les transactions financières, car elle luttera efficacement contre la spéculation et leur enlèvera une partie de leur activité. »

Isabelle Thomas (Députée européenne, tête de liste PS dans l’Ouest aux élections européennes) :
« Il y a eu des engagements pris, nous devons les appliquer. » (référence à la campagne du PSE pour une taxe de 0,05 % sur l’ensemble des transactions financières)

Bernadette Ségol (Secrétaire générale de la Confédération européenne des Syndicats) :
« La taxe sur les transactions financières est un des leviers pour relancer la croissance. »

Udo Bullmann (Député européen, membre du Parti social-démocrate allemand) :
« Nous ne pouvons fermer les yeux sur les dérives de la finance. Il nous faut la taxe sur les transactions financières. »

Dans une réponse écrite à Attac, les têtes de liste Europe-Ecologie - Les Verts pour les élections européennes ont affirmé : « Inlassablement, publiquement, concrètement, nous avons soutenu sans réserve la proposition de la Commission [...]. François Hollande et Angela Merkel doivent donc définitivement s’engager à adopter la proposition de la Commission européenne dans les plus brefs délais. »

La mobilisation européenne pour une véritable TTF en Europe ne cesse de grandir. François Hollande doit répondre aux exigences citoyennes et cesser de jouer la partition du lobby des banques !

P.-S.
Informations complémentaires
Note Attac France — Taxe Tobin européenne : pourquoi veulent-ils la saboter ?
Lettre ouverte — M. Hollande, ne cédez pas à la finance !
 
Source, ATTAC France

16 février 2014

Solidarité avec les victimes des microcrédits de Ouarzazate



ATTAC/CADTM Maroc | via Le Grand Soir | 11 février 2014 | Communiqué de presse

Condamnation inique pour Amina Morad et Benacer Smaïni, les 2 militants de l’association de défense des victimes des microcrédits de Ouarzazate :

1 an de prison ferme et 30 000dh d’amende et 10 000dh comme indemnité à l’association Inmaa; ils ont 10 jours pour se pourvoir en cassation.

Ce mardi 11 février 2014 a été prononcé le verdict devant la Cour d’Appel de Ouarzazate

Le procès de Amina Morad et Benasser Ismaïni, les 2 militants de l’association de défense des victimes des microcrédits de Ouarzazate s’est tenu ce mardi 11 février 2014 sous une présence policière importante.
Dès 9h30 ce matin le juge, venu spécialement de Rabat, a rapidement prononcé le verdict et réclamé 1 an de prison ferme et une amende de 30 000 dh chacun et 10 000 dh comme indemnité à l’association Inmaa.
Les victimes des microcrédits, venues en nombre de toute la région, ont manifesté tôt ce matin devant le Tribunal de Ouarzazate, montrant ainsi leur solidarité entière avec les responsables de leur association.

Amina Morad et Benasser Ismaïni ont 10 jours pour faire appel en cassation contre ce jugement inique

Ce jugement est non seulement d’une lourdeur invraisemblable, mais il est inique.
Alors que les témoins à charge ne se sont pas présentés et que l’avocat d’INMAA, l’organisme de microcrédit qui avait déposé plainte, ne s’est pas présenté au tribunal lors de la séance du 28 janvier 2014.
Alors que les avocats de la défense ont présenté des preuves concernant les abus et les dérapages du système du microcrédit (notamment en ce qui concerne les taux d’intérêts usuriers qui sont pratiqués).
Alors que les témoignages accablants se multiplient et que le mouvement contre les abus des organismes de microcrédit se développe dans plusieurs régions.

Ce jugement, qui intervient après un procès entaché de multiples vices de forme, montre bien comment la « Justice » défend des organismes bancaires qui se situent au-dessus des lois et aggravent la pauvreté de leurs soi-disant « bénéficiaires » et condamne les victimes de ces agissements et leurs défenseurs.
Il ne fait pas de doute qu’en condamnant aussi lourdement Amina et Benasser la justice aux ordres cherche à faire peur aux victimes et à briser leur mouvement.

Nous appelons à la plus large solidarité nationale et internationale pour que justice soit rendue à Amina et Benasser et à toutes les victimes des microcrédits.
Et pour faire connaître les dérives des organismes de microcrédit et la lutte de leurs victimes

Contre la criminalisation de la lutte des victimes des microcrédits
Pour l’acquittement pur et simple de Amina Mourad et Benasser Ismaïni, défenseurs des droits de ces victimes

Rappel : Les quatre organismes de microcrédit qui avaient porté plainte contre Amina Morad et Benasser Ismaïni pour escroquerie, diffamation et menaces avaient retiré leur plainte et les deux militants avaient été blanchis lors du procès en 1ère instance. Mais un nouvel organisme, INMAA, lié à l’ONG AMSED et à Planet Finances a relancé l’affaire en appel. Le Procureur avait requis le maximum de la peine, soit 5 ans de prison ferme pour Amina Morad et Benasser Ismaïni, militants de l’association de défense des victimes des microcrédits, devant la Cour d’appel de Ouarzazate lors de la 3ème séance du procès en appel le 12 novembre 2013.

ATTAC/CADTM MAROC
11 février 2014
 
 http://cadtm.org/Solidarite-avec-les-victimes-des
 
  


16 janvier 2014

Ensemble, traquons les banques et les multinationales prédatrices


Attac France | Janvier 2014

Malgré la crise, les banques et les multinationales se comportent de plus en plus comme des « super-prédateurs » exploitant partout les peuples et la nature pour mieux satisfaire leurs exigences de profit. Ces requins n’ont désormais plus rien à craindre – sinon leurs propres semblables. Face à eux, les citoyen.ne.s sont des proies sans défense.

Pourtant, il suffirait que nous unissions nos forces et agissions ensemble pour mettre un terme à leur impunité, et remettre en cause leur pouvoir destructeur. Car ces requins ont leurs points faibles ! À nous de les exploiter pour porter atteinte à leurs intérêts, à leur image de marque ou, tout simplement, à leur sacro-saint chiffre d’affaires.

Pour cela, nous avons besoin de vous

Nous vous proposons de participer à une opération de communication et d’action citoyenne inédite et de grande ampleur autour de l’édition d’un « kit anti-requins » contenant les outils pour traquer trois multinationales prédatrices : BNP Paribas, Société Générale et Unilever.

Cette opération est basée sur des exigences concrètes, avec des cibles spécifiques. L’objectif : obtenir des victoires qui seront autant de premiers pas vers la mise sous contrôle citoyen des banques et multinationales prédatrices !

Comment participer ?

La première étape de cette mobilisation inédite est le financement participatif de la réalisation des kits anti-requins. Chacun.e peut contribuer à hauteur de ses moyens, à partir de 5 € pour 10 kits.

Notre objectif est ambitieux : produire 100 000 kits avant le samedi 15 mars 2014 première journée commune d’action dans au moins 100 villes de France.

Pour vous impliquer, rendez-vous sur le site http://www.lesrequins.org/
Attac France, le 10 janvier 2014

28 novembre 2013

Guide de navigation pour affronter le grand marché transatlantique


Les dessous de Bruxelles | 28 novembre 2013

Le 8 juillet 2013, l’Union européenne et les Etats-Unis ont entamé des négociations en vue de conclure un accord commercial bilatéral, le Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement (PTCI/TAFTA). C’est l’aboutissement de plusieurs années de lobbying des groupes industriels et financiers, européens et états-uniens.(Ce document publié par Attac est disponible en PDF ici)
Le partenariat transatlantique serait un des accords de libre-échange et de libéralisation de l’investissement les plus importants jamais conclus, représentant la moitié du PIB mondial et le tiers des échanges commerciaux. Comme d’autres accords bilatéraux signés récemment ou en cours de négociations – notamment l’accord UE-Canada – le PTCI ne se contentera pas d’abolir les barrières douanières ; il s’étendra aussi aux « barrières non-tarifaires ».

En effet, toute réglementation, même décidée démocratiquement, peut être considérée comme un obstacle au commerce. Le PTCI va donc viser le démantèlement, ou l’affaiblissement, de toutes les normes qui limitent les profits des entreprises européennes ou états-uniennes, en fonction de leurs intérêts respectifs.
Le volet « investissement » du mandat de négociation du PTCI prévoit en outre un mécanisme particulièrement menaçant dit « de règlement des différends » qui pourraient survenir entre des acteurs économiques privés et l’un des gouvernements. L’accord UE-Canada, qui n’est pas encore ratifié, contient une telle procédure.
L’introduction d’un tel mécanisme ad-hoc, à travers la nomination d’experts « arbitres » qui délibéreraient indépendamment des juridictions publiques nationales ou communautaires, permettrait aux transnationales de poursuivre des Etats dont les normes sanitaires, écologiques ou sociales, ou toute autre réglementation protectrice des consommateurs ou des économies locales, apparaîtraient comme des entraves aux investissements étrangers. L’objectif : étendre le champ possible des investissements et « sécuriser » la liberté et les bénéfices des investisseurs.

Le PTCI pourrait avoir des conséquences considérables dans bien d’autres domaines qui dépassent largement le périmètre du commerce. Il renforcerait par exemple drastiquement les droits de propriété intellectuelle des acteurs économiques privés et du domaine du brevetable, et pourrait donner aux multinationales des nouvelles technologies de l’information un pouvoir accru de contrôle des données de l’internet, notamment celles relatives aux citoyens. Pour la Commission européenne, qui négocie au nom de tous les pays de l’Union européenne, il s’agit d’aligner le PTCI sur « le plus haut niveau de libéralisation » qui soit. Elle souhaite même ériger l’accord en modèle.
Ce Guide de navigation pour affronter le grand marché transatlantique décrypte les principaux risques émanant de ce projet d’accord.

Alerte 1 - La diminution des droits de douane et les attaques sur les normes sociales, sanitaires et écologiques
Le mandat donné à la Commission européenne par le Conseil des ministres européen du commerce du 14 juin 2013 appelle à une « réduction substantielle des tarifs douaniers ». Si les droits de douane sont en moyenne assez faibles de part et d’autre de l’Atlantique, ils restent élevés dans certains secteurs.
Dans l’agriculture par exemple, les droits de douane moyens sont de 7% côté Etats-Unis et de 13% côté Union européenne. Ces droits de douane protègent certains secteurs vis-à-vis d’une agriculture états- unienne plus industrielle et plus « compétitive », du fait notamment de la médiocrité des protections sociales et environnementales outre-Atlantique. Les droits de douane permettent également à l’UE de se protéger d’un taux de change plus favorable pour les productions états-uniennes. Que se passerait-il si ces droits de douane étaient démantelés ? Face à l’arrivée massive de nouveaux produits agricoles américains, notre propre agriculture n’aurait d’autre possibilité que de généraliser le modèle agro-exportateur défendu par les transnationales européennes.

La concurrence accrue aboutirait à la contraction des coûts de production, qui exigerait d’affaiblir les standards environnementaux, alimentaires, sociaux. Les perspectives de promotion des circuits courts et de la relocalisation des activités agricoles, de l’agro- écologie et de l’agriculture paysanne disparaîtraient.
Outre les barrières douanières, l’Union européenne et les Etats-Unis présentent des règles sanitaires, environnementales – et notamment de bien-être animal dans le secteur agricole et alimentaire – très dissemblables. Les Etats-Unis utiliseront l’opportunité du PTCI pour contraindre l’Union européenne à l’abandon de ses mesures « protectionnistes » et à l’adoption des normes américaines.
L’argument principal des promoteurs du PTCI porte sur les retombées économiques. Pourtant, d’après une étude de la Commission européenne, le gain en terme de PIB est estimé à 0,1% pour 10 ans, soit moins de 0,01% par an… Des « retombées » en vérité tout à fait insignifiantes comparées aux risques qui pèsent sur l’emploi et les droits sociaux. Ceux-ci pourraient en effet être revus à la baisse dans le cadre de l’« harmonisation » des normes sociales.
Ainsi, par exemple, d’après la Confédération syndicale états-unienne AFL-CIO, l’ALENA (accord similaire entre le Mexique, les Etats-Unis et le Canada) a déjà coûté 1 million d’emplois du fait notamment de l’abaissement des tarifs douaniers et des restructurations d’entreprises devenues « non-compétitives ». Par cette extension géographique de la compétition économique, le marché transatlantique favoriserait les fusions/acquisitions d’entreprises, donnant aux firmes multinationales un contrôle de plus en plus grand de l’économie et de la finance.
Concrètement 
Le bœuf aux hormones représente la plus grande partie de la production et de la consommation de bœuf aux Etats-Unis ; la production et l’importation en sont interdites dans l’UE, pour des raisons de risques sanitaires. L’OMC avait déjà donné raison aux Etats-Unis et au Canada dans le cadre de leur plainte contre l’UE, en autorisant la mise en place de mesures de rétorsion. Qu’en sera-t-il dans le cadre du PTCI ?
La question se pose aussi pour les volailles désinfectées avec des solutions chlorées, que les Etats-Unis souhaitent pouvoir exporter dans l’UE. L’accord UE-Canada, s’il était ratifié, autoriserait les firmes à porter plainte contre les Etats qui refusent le bœuf aux hormones, et ouvrirait directement la voie à un accord UE-US.
A ce jour, 52 variétés d’OGM sont autorisées à l’importation dans l’UE ; les puissantes multinationales semencières et lobbies agro-industriels européens et américains font pression pour que la liste soit élargie. Les clauses de sauvegarde décidées par certains pays comme la France, qui refusent la plantation d’OGM sur leur territoire, pourraient être attaquées par une multinationale via le mécanisme de règlement des différends.
Pour l’industrie européenne comme états-unienne, et notamment pour les industries extractives, les négociations du PTCI et l’accord UE-Canada sont une aubaine : l’occasion d’obtenir la remise en cause d’un certain nombre de protections ou de régulations écologiques, par exemple sur l’exploitation des gaz de schiste qui demeure interdite en France et en Bulgarie, ou encore de la réglementation européenne REACH sur les produits chimiques, jugée trop contraignante.
Les banques et assurances se frottent les mains : le PTCI sera aussi l’occasion pour les lobbies financiers d’amoindrir les instruments de régulation financière et bancaire et d’approfondir la libéralisation des services financiers. Il deviendra impossible de renforcer le contrôle des banques, de taxer les transactions financières, de lutter contre les fonds spéculatifs.

Alerte 2 - La marchandisation de nouveaux pans de l’économie
Les négociations du PTCI ne consistent pas uniquement à abattre les barrières tarifaires et non tarifaires. Il s’agira aussi d’étendre le domaine du libre-échange, notamment dans les secteurs des services. La distribution d’eau et d’électricité, l’éducation, la santé, la recherche, les transports, l’aide aux personnes… ces secteurs qui pour beaucoup relèvent encore du service public, pourraient ainsi être ouverts à la concurrence.
Les négociations du PTCI risquent notamment de conduire à l’ouverture des marchés publics en Europe mais aussi aux Etats-Unis, comme le souhaitent les lobbies européens ; les collectivités locales pourraient être contraintes de lancer des appels d’offre ouverts aux multinationales. Avec à la clé des règles strictes qui ne leur permettront plus de favoriser les entreprises, emplois et produits locaux (et donc le développement local), ni d’adopter des normes environnementales ou sociales élevées.
Le gouvernement français s’est targué d’avoir préservé l’“exception culturelle”, qui permet de subventionner en partie la création artistique, audiovisuelle notamment. Mais l’exception incluse dans le mandat de négociations ne concerne que le secteur de l’audiovisuel : aucune restriction n’a été prévue pour les autres secteurs de la culture et du numérique. Cette exclusion partielle du mandat de négociation n’est par ailleurs pas définitive : à tout moment, la Commission peut demander l’élargissement de son mandat de négociations. Et ces secteurs ne seront pas à l’abri du mécanisme de règlement des différends.
Dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, le PTCI pourrait reprendre les éléments présents dans le projet “ACTA” (Anti-counterfeiting Trade Agreement ou Accord commercial anti-contrefaçon), qui prévoyait de fortement renforcer les droits de propriété intellectuelle et qu’une large mobilisation avait conduit à l’échec en juillet 2012. Au nom de la lutte contre le “piratage” il pourrait en effet permettre une surveillance généralisée du réseau et réduire la liberté d’expression sur internet. Autre conséquence, l’accès des consommateurs à des médicaments abordables (génériques) pourrait être menacé.

Concrètement : une nouvelle étape décisive dans l’histoire de la dérégulation
Depuis les années 90, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a été le moteur de la libéralisation du commerce. En son sein, plus de 150 pays négocient la baisse des droits de douane sur de nombreux biens et services, la suppression des barrières non tarifaires, ainsi que l’extension du domaine du libre-échange et du marché, par exemple aux services publics et à la propriété intellectuelle.
La marche de l’OMC vers la dérégulation totale du commerce s’est rapidement heurtée à de nombreux obstacles : mobilisations de la société civile, d’une part, qui récusait les conséquences dramatiques du libre-échange, dénonciation de la mainmise des grandes puissances par les pays en développement, d’autre part. Constatant le relatif blocage de l’OMC, les grandes puissances, et notamment l’Union européenne et les Etats-Unis, se sont engagés dans une stratégie bilatérale et birégionale avec leurs partenaires commerciaux. Elles profitent alors d’un rapport de force très défavorable aux pays les plus pauvres. Lorsque les accords bilatéraux se négocient entre économies de puissance comparable, l’avantage consiste alors pour les négociateurs, à l’abri du regard du public, à pouvoir aller beaucoup plus loin que dans le cadre de l’OMC dans l’instauration d’un système commercial conçu pour et avec les firmes multinationales.
Alerte 3 - Une attaque sans précédent contre la démocratie : les transnationales à la manœuvre, le contrôle citoyen à la trappe
Les multinationales européennes et leurs lobbies, comme Business Europe, ont déployé un lobbying intense en perspective de l’ouverture des négociations du PTCI. Les intérêts industriels prévalent auprès des institutions européennes, comme en témoignent la composition et le fonctionnement du groupe de travail de haut niveau mis en place par l’Union et les Etats-Unis pour examiner les effets de l’accord et faire des recommandations.
La Commission a multiplié les consultations auprès des transnationales européennes. Ainsi, parmi les 130 rendez-vous pris par la Commission pour discuter avec les parties-prenantes de l’accord, 119 concernaient des transnationales ou des lobbies industriels de premier plan. Dans le même temps, le public demeure dans la désinformation la plus totale. Sans forte mobilisation citoyenne, l’opacité des négociations restera la règle, puisque pour l’heure le mandat de la Commission européenne n’a pu être connu que grâce à des fuites.
Mais le premier danger pour la démocratie concerne le mécanisme d’arbitrage « investisseur-Etat » prévu dans le mandat donné à la Commission européenne. Ce mécanisme de règlement des différends, qui figure déjà dans l’accord UE-Canada, permettrait aux transnationales de porter plainte contre un Etat ou une collectivité territoriale dès lors qu’une loi ou qu’une réglementation fera entrave au commerce et à l’investissement.
Pour les multinationales, l’enjeu est immense. Il s’agit d’obtenir la possibilité d’agir en véritable « police de l’investissement », d’obliger les Etats à se conformer à leurs règles et de pouvoir éliminer tout obstacle à leurs profits présents mais aussi futurs ; des obstacles tels que des normes sanitaires, écologiques, sociales, votées démocratiquement, et remises en cause au nom du principe sacré du droit des investisseurs !
On trouve de nombreux exemples de plaintes de multinationales dans le cadre d’accords bilatéraux d’investissement déjà conclus. Certains Etats ont ainsi été condamnés à des amendes très dissuasives, se chiffrant souvent en millions, voire en milliards, de dollars (Nouvelle Zélande, Uruguay, Argentine…).
Lone Pine et les gaz de schiste
Dans le cadre d’un mécanisme similaire au mécanisme d’arbitrage « investisseur-Etat » envisagé dans le PTCI, la multinationale Lone Pine poursuit le gouvernement canadien et demande 250 millions de dollars de réparation pour des investissements et des profits qu’elle ne peut réaliser en raison du moratoire sur l’extraction des gaz de schiste mis en place par le Québec. En France, grâce à des mobilisations populaires importantes, la fracturation hydraulique est pour l’instant interdite. Mais régulièrement, les industriels du secteur reviennent à la charge pour convaincre les autorités des bienfaits économiques de cette extraction ultra-polluante. Que se passera-t-il si les géants de l’énergie européens ou américains utilisent le PTCI pour poursuivre le gouvernement français ?

Conclusion
En 1998, une mobilisation citoyenne internationale avait réussi à mettre en échec un projet d’accord international négocié dans le cadre de l’OCDE, qui visait une libéralisation de l’investissement pour les firmes transnationales, l’Accord multilatéral pour l’investissement (AMI). L’Accord commercial anti-contrefaçon (ACTA) a lui aussi été refusé en juillet 2012 par les eurodéputés suite à une large mobilisation des citoyens européens. Il est donc possible de stopper cette soumission des sociétés et de la nature aux intérêts marchands des multinationales.
Nous devons obtenir la non-ratification du traité entre le Canada et l’Union européenne car il contient déjà l’essentiel des dispositions que nous refusons, et le blocage des négociations sur le PTCI car il représente une menace pour les citoyen.ne.s européen.ne.s et états-unien.ne.s.
En France, Attac est à l’initiative de la constitution d’un collectif qui s’oppose à ce projet d’accord et qui rassemblent des dizaines de réseaux citoyens, organisations associatives, syndicales et politiques.
Nous mènerons une campagne de longue haleine qui mobilisera toute l’association (réunions publiques, documents d’information, site internet, interpellation des élus et candidats aux élections européennes, initiatives publiques…) afin que la négociation de cet accord soit remise en cause !

A lire
Le mandat de la Commission du 17 juin 2013, sur le site Contre la cour http://bit.ly/18fh8Y4
Une déclaration transatlantique des droits des multinationales, traduction française du rapport rédigé par le réseau Seattle to Brussels, Corporate Europe Observatory et Transnational Institute www.france.attac.org/TAFTA
Dossier TAFTA sur le site de la Quadrature du net www.laquadrature.net/fr/TAFTA

14 novembre 2013

Le secteur privé prend le contrôle des négociations sur le climat en Pologne


L'Union européenne veut étendre les marchés du carbone, au profit des plus grands pollueurs, lors des négociations sur le climat en Pologne (COP19 - Varsovie – 11 – 22 novembre), selon une déclaration (ci-joint et à lire sur http://attac.org/l/a) signée par près de 140 groupes, mouvements et réseaux du monde entier, dont près d'une trentaine français1. La déclaration dénonce la mainmise par le secteur privé sur la COP19, par ces mêmes entreprises qui veulent en tirer profit2. « La Commission européenne et les escrocs du carbone, qui profitent du défaillant marché carbone européen, veulent sauver la mise en reliant les marchés existants, préfigurant un marché mondial du carbone » selon Tamra Gilbertson de Carbon Trade Watch.



1 août 2013

Notre Dame des Landes : enterrons définitivement le projet d'aéroport


Attac France | 1er août 2013

Malgré un débat national sur la transition énergétique, des commissions de « dialogue », une commission censée évaluer le « bien fondé » des projets d’infrastructure, un plan d’investissement d’avenir présenté comme écolo-compatible, le projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes demeure, pour le gouvernement, une priorité.

A tel point qu’en plein débat national sur la transition énergétique, le préfet de Loire-Atlantique a évoqué l’hypothèse d’une reprise des travaux dès septembre. Les commissions passent mais le projet ne trépasse pas !

Et la mobilisation citoyenne est à la hauteur de l’entêtement du premier ministre. Les 3&4 août prochains, des milliers de citoyen-ne-s seront à Notre-Dame des Landes pour contester ce projet d’aéroport ainsi que le bien-fondé des grands projets inutiles qui demeurent d’actualité.

Afin de stimuler une activité économiques atone, les décideurs usent et abusent des mêmes recettes appliqués depuis plus de 50 ans faisant ainsi fi des contraintes écologiques, climatiques, sanitaires et énergétiques.

La France n'a plus tant besoin de nouvelles infrastructures inutiles que de penser et d'organiser la transition écologique. Alors que la France devrait accueillir la Conférence onusienne sur le climat (COP 21) en 2015, les décideurs politiques optent parallèlement pour des grands projets climaticides et énergivores.

Associations et syndicats appellent les responsables politiques à sortir de la duplicité climatique. La transition écologique réclame cohérence, ténacité et ambition. Comme des milliers de citoyennes et citoyens mobilisé-e-s, nos associations et syndicats appellent à participer au grand rassemblement des 3&4 août prochain à Notre-Dame des Landes pour enterrer définitivement ce projet.


Le programme du rassemblement les 3&4 août : http://www.notredamedeslandes2013.org/





9 juin 2013

Altersommet, 7-8 juin Athènes Notre Europe est en marche !



Attac France, 9 juin 2013

Trois mille militant-e-s européen-ne-s et plus de 180 mouvements associatifs, syndicaux, indignés, étudiants, précaires, féministes, écologistes venus de toute l’Europe se sont rencontrés à l’Alter Sommet d’Athènes du 7 au 9 juin[1].

Plus d’une douzaine d’assemblées étaient organisées autour de thématiques telles que les luttes contre l’extrême-droite, pour le logement, la régulation financière ou encore les biens communs[2]. Elles ont permis de discuter de la construction des résistances et des alternatives européennes à l’austérité.

L’objectif : déterminer des initiatives et stratégies communes sur la base du Manifeste des peuples, élaboré collectivement au sein du réseau Alter Sommet, et qui rassemble des revendications fortes pour une autre Europe démocratique, sociale, écologiste et féministe[3].

Le manifeste a été rendu public à l’occasion de la grande plénière du vendredi 7 juin au cours de laquelle sont intervenus de nombreux représentants des mouvements européens avec notamment Aurélie Trouvé d'Attac ou encore Alexis Tsipras de Syriza, ainsi que des représentants de mouvements sociaux et syndicats du Portugal, d’Espagne, de Grèce, Hongrie, Norvège, Allemagne, France, mais aussi de Turquie, de Tunisie et d’Equateur…

L’Alter Sommet s’est conclu dans les rues d’Athènes, avec une grande manifestation européenne de solidarité avec toutes les résistances contre l’austérité.

Parmi les suites envisagées à donner à cette mobilisation ont été évoquées une mobilisation européenne à l’occasion du Semestre budgétaire (soumission à la Commission européenne des budgets nationaux en octobre 2013) et de l’inauguration du nouveau bâtiment de la Banque centrale européenne avec les mouvements sociaux allemands courant 2014.

Attac France,
A Athènes, le 9 juin 2013

Les photos d’Athènes : http://www.flickr.com/photos/attac-france/sets/72157634005365042/ ;

[1] La liste des membres du réseau Alter Sommet est disponible ici ;

[2] Les assemblées de l’Alter Sommet : http://www.altersummit.eu/athenes/article/programme ;

[3] Le manifeste des peuples est disponible ici ;

La coalition française de l’Alter Sommet : AITEC, Appel des appels, Ars Industrialis, Association autogestion, ATTAC-France, CAC Collectif Audit Citoyen, CGT, Convergence de Défense et Développement des services publics, Economistes Atterrés, Espace Marx/transform! europe, A.C !, Fédération de la Maison des Potes, Féministes pour une autre Europe, Fondation Copernic, FSU, IERPE, LDH – Ligue des droits de l’Homme, Marche Mondiale des Femmes France, Roosevelt 2012, SNES – FSU, Union syndicale Solidaires, SUD BPCE *, Mémoire des luttes, Marche Mondiale des femmes France, Mouvement de la Paix, Résistance sociale.

En savoir plus : http://www.altersummit.eu/?lang=fr

14 décembre 2012

Union bancaire : un accord incomplet et dangereux

Creative commons AlphaTangoBravo / Adam Baker Flickr


Les 27 membres de l’Union Européenne, représentés par leurs ministres des finances, viennent de signer un compromis sur l’Union Bancaire européenne, présenté (une fois n’est pas coutume !) comme un accord « historique ». Le point principal de l’accord est l’organisation d’une supervision directe des banques par la Banque centrale européenne.


A priori, un contrôle direct et unifié des banques dans l’espace européen est souhaitable, pour prévenir les crises systémiques, qui proviennent de la défaillance de banques individuelles se propageant à l’ensemble du système bancaire européen. Mais dans la réalité, cet accord est incomplet et dangereux.

Incomplet parce que la supervision unifiée prévue ne concernera que les 150 ou 200 grosses banques dont le bilan dépasse 30 milliards d’euros, alors qu’il y a 6 000 banques dans la zone euro. Or on sait que la crise bancaire espagnole a été provoquée par les Caisses d’épargne de petite taille. Ce nouvel accord ne résout donc en rien la crise bancaire espagnole qui menace la zone euro. Il été imposé par l’Allemagne qui souhaitait que ses banques régionales échappent au contrôle de la BCE, et que les mécanismes de solidarité entre pays soient réduits au mimimum (les contribuables allemands ne veulent pas payer pour les banques slovènes ou espagnoles).

Dangereux parce qu'il pose deux autres problèmes graves. En premier lieu, il n’impose aucune règle contraignante pour interdire la spéculation par les banques, à l’origine de cette crise. Ce qui laisse présager de nouvelles crises financières dans un proche avenir. En second lieu, les nouvelles responsabilités données à la Banque centrale européenne ne s’accompagnent d’aucune réforme de son statut. Or la crise a montré que la BCE est d’abord au service des intérêts des banquiers, et non pas au service de l’intérêt général et des États dont elle reste indépendante. Une fois de plus, les décisions prises à Bruxelles à l’écart des peuples tournent le dos à la démocratie.

Attac France, le 13 décembre 2012

8 mai 2012

Après la défaite de Sarkozy : vers un juin 1936 européen

Attac France | 6 mai 2012

Attac se réjouit de la défaite de Nicolas Sarkozy, qui pourrait représenter la première défaite politique en Europe pour les tenants de l' hyperaustérité. Elle sanctionne l’arrogance d’un président au service d’une oligarchie insatiable. Elle exprime la résistance populaire aux politiques d’austérité, qui s’est manifestée en France par le grand mouvement de 2010 contre la réforme des retraites. Elle suscite l’espoir des peuples d’Europe du Sud, confrontés aux terribles ravages des politiques de la « Troïka », Commission européenne, BCE et FMI. Surtout qu’au même moment se dessine une percée historique de la gauche de résistance aux élections législatives en Grèce, avec une chute des deux partis de gouvernement qui ont mené aux plans d’austérité et à la débâcle du pays.

Mais si le soulagement est grand, l’espoir est fragile. La pression des marchés financiers va monter dans les semaines qui viennent pour contraindre François Hollande à ratifier le Pacte budgétaire imposé par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, avec en guise de « renégociation » quelques vagues déclarations et mesurettes européennes sur la croissance. Ce nouveau traité qui interdit les déficits publics et impose une austérité sans limite, doublée d'un productivisme aveugle qui met à mal la nature, le travail et le travailleur, va pourtant enfoncer l’Europe dans la dépression.

La social-démocratie française et européenne n’a pas encore pris la mesure des ruptures nécessaires pour inverser la tendance. Pourtant les forces progressistes n’ont aucun droit à l’erreur. En cas d’échec en France, la droite et l’extrême droite, dont les convergences xénophobes et autoritaires s’affirment aujourd'hui sans ambigüité, ramasseront la mise de la déception et du désespoir.

Il y a un moyen, et un seul, pour les citoyens d’empêcher cela : la mobilisation sociale, l’intervention directe dans les affaires de la cité. A l’image de juin 1936, mais dans une dynamique d’emblée européenne, nous pouvons imposer nos exigences pour répondre aux urgences sociales, écologiques et démocratiques mises à mal par les politiques actuelles. Renforçons nos syndicats, nos associations, nos partis progressistes ; occupons les places, les espaces publics ; imposons un débat démocratique sur les politiques économiques et sociales, en particulier au plan européen, avec un référendum sur le Pacte budgétaire. Les 18 et 19 mai nous serons des dizaines de milliers à Francfort, à l’appel des mouvements sociaux allemands, pour dire à la Banque centrale européenne : stop à l’austérité, oui à la solidarité !

Attac France, le 6 mai 2012

31 janvier 2012

Un Traité pour enfoncer l’Europe dans la crise

Attac | 30 janvier 2012 

« Tourner la page de la crise de la dette », c’était le mot d’ordre du Sommet européen qui s’est achevé lundi à Bruxelles. Tout porte à croire qu’il s’apprête au contraire à enfoncer d’un cran supplémentaire l’Europe dans l’austérité, la récession, la crise économique, sociale et démocratique.

A l’issue du Sommet, les chefs d’Etat et de gouvernement sont tombés d’accord sur le nouveau Traité. Ce « Pacte fiscal » est censé peaufiner un arsenal anti-crise dont on a jusqu’à présent pu constater l’efficacité avec le naufrage sans fin de la Grèce. Il s’apprête en fait à en imposer et en généraliser les « potions amères » à l’ensemble de l’Europe.

L’austérité s’avère-t-elle à la fois destructrice et injuste, partout où elle est mise en œuvre ? Elle sera désormais gravée dans le marbre d’un Traité qui organise la surveillance des budgets nationaux par des instances technocratiques, au mépris de principes démocratiques élémentaires. Et qui impose, au prétexte de « rassurer les marchés », l’inscription dans les législations nationales d’une politique économique qui mène l’Europe droit dans le gouffre.

Inutile de préciser que l’adoption de ce nouveau Traité ne fera pas l’objet d’une consultation démocratique. Il faut dire que les dirigeants européens ne semblent plus faire grand cas de la démocratie. En témoigne l'arrivée au pouvoir, dans les pays en crise, de dirigeants ayant la confiance des marchés pour leur capacité à imposer la mise en œuvre de plans d'austérité… ou encore les déclarations récentes du ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, qui évoque une nécessaire mise sous tutelle européenne de la Grèce avec droit de véto sur les décisions de politiques économiques.

« Tourner la page de la crise de la dette » ? C’est tout le contraire. Véritable krach démocratique, le nouveau Traité de Sarkozy et Merkel enferme l’Europe dans un cercle vicieux et destructeur, qu’il est désormais urgent de rompre. A cet effet, les mouvements sociaux, porteurs de véritables alternatives économiques, sociales, écologiques et démocratiques, doivent se mobiliser massivement en France et en Europe pour changer la donne.

C’est pourquoi Attac développe en France, avec le collectif d’audit citoyen de la dette, une vaste campagne d’éducation populaire pour avancer de véritables alternatives à la crise, et c’est pourquoi Attac sera au côté des mouvements sociaux européens, réunis la deuxième quinzaine de Mai à Francfort, pour protester devant la BCE contre les politiques iniques de l’austérité généralisée.

Attac France,
A Paris, le 31/01/12



En savoir plus sur la campagne d’Attac sur l’audit citoyen de la dette publique : http://www.france.attac.org/sortir-du-piege-de-la-dette

30 janvier 2012

les mauvais comptes du président-candidat

Attac |

TVA=13, TTF=1 : les mauvais comptes du président-candidat

Nicolas Sarkozy a tranché : avec la hausse prévue de la TVA, les patrons verront leurs coûts salariaux diminuer de 13 milliards d'euros. En revanche, la fameuse taxe Tobin à la française ne rapporterait qu'1 milliard d'euros. Même en y ajoutant la hausse de la CSG sur les revenus du capital (qui devrait rapporter moins de 2 milliards), le compte n'est pas bon pour la justice fiscale.

En effet qui va payer la hausse de la TVA ? Pour l'essentiel, les consommateurs. Certes, le candidat-président s'est dit « prêt à prendre tous les paris » qu'il n'y aurait pas de hausses de prix. Malheureusement, il est vraisemblable que les entreprises en profitent pour améliorer leurs marges en ne baissant pas les prix hors taxes. Telle est sans doute l'intention des chefs d'entreprise ou du Medef, qui réclament depuis bien longtemps cette mesure à cor et à cri.

La TVA « sociale » réduira donc la consommation et aggravera la récession dans laquelle la France est engagée depuis quelques mois. C'est la première raison de la rejeter. La deuxième tient à son injustice : en augmentant la TVA, on réduit encore la progressivité du système fiscal. Car la TVA pèse plus lourdement sur les ménages populaires, qui consomment tout leur revenu, que sur les ménages aisés qui en épargnent une bonne partie.

Cette stratégie de TVA « sociale » s'inscrit dans la logique de dumping social et fiscal caractéristique de l'Union européenne et de la mondialisation néolibérale : or c'est précisément la course vers le bas des coûts salariaux qui entraîne l'Europe et son modèle social vers le gouffre. La hausse de TVA, déjà pratiquée en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, n'est qu'un volet des plans d'austérité qui sont en train d'enfoncer l'Europe dans la dépression.

Quant à la taxe sur les transactions financières, elle rapportera certes plus que le dérisoire impôt de Bourse, qu'avait supprimé le même Nicolas Sarkozy en 2008. Mais elle ne s'appliquera ni aux transactions sur les obligations, ni à celles sur les devises, et de façon marginale aux produits dérivés, qui sont surtout échangés à Londres et à Francfort. Le produit servira à combler les déficits et pas à financer les politiques de solidarité et de préservation de la planète : ce qui sera prélevé à la finance lui sera redistribué en intérêts de la dette publique. On est bien loin d'un projet crédible et efficace, qui suppose une réelle volonté de désarmer la finance et de redistribuer les richesses.

Attac France, le 30 janvier 2012

Pour plus d’information :

- Le dossier d’Attac France sur la TVA Sociale

- Le dossier d’Attac France sur la TTF

1 novembre 2011

Référendum grec: une première avancée démocratique

Par ATTAC France | 1 er novembre 2011

L'annonce (hélas trop tardive) par M. Papandréou de l'organisation d'un référendum sur le plan européen « d'aide » à la Grèce est une première avancée de la démocratie face aux plans d'austérité qui s'abattent partout en Europe. Tout dépendra de la question posée et des conditions du débat pour que ce référendum ne soit pas une manipulation politique. Mais c'est aussi l'occasion d'un réel débat citoyen, qui fasse écho aux revendications populaires pour plus de démocratie... à l'image du référendum en Islande, qui s'est soldé par un rejet du vaste plan d'austérité sociale prévu.

Le plan européen d'aide à la Grèce, même s'il organise un défaut partiel et de toutes façons inévitable de la Grèce sur sa dette, ne résout aucun des problèmes de fond posés par les incohérences de la zone euro et l'irresponsabilité de la finance. Il aggrave encore l'austérité et la tutelle de la « troïka » - Commission, BCE, FMI - sur le peuple grec. Les oligarchies européennes pensaient pouvoir imposer à leurs peuples les exigences des banques et des prêteurs en s'abritant derrière des majorités parlementaires. Mais les politiques d'austérité qui sont en train de détruire la Grèce, et qui s'étendent progressivement dans le reste de l'Europe, suscitent de trop fortes résistances sociales.

Les citoyens ne se reconnaissent plus dans une classe politique inféodée aux dogmes et aux intérêts de la finance. « Vous ne nous représentez pas ! », ce cri des Indignés à la classe politique, est devenu une évidence. La décision de M. Papandréou, pourtant représentant archétypique de l'oligarchie politique grecque, de donner la parole au peuple est donc une bonne nouvelle. Même si Nicolas Sarkozy, à l'image de la plupart des dirigeants européens, est "consterné" par cette décision où il ne voit que démagogie et irresponsabilité...

Bien sûr, la machine médiatique va se mettre en branle, en Grèce et en Europe, comme en France en 2005 à propos du traité constitutionnel européen. Les droites et une certaine gauche vont fustiger l'archaïsme et le nationalisme des Grecs qui voudraient soit-disant quitter l'Europe et briser l'euro. Mais c'est rigoureusement l'inverse: le peuple grec, en défendant ses droits sociaux et sa souveraineté démocratique, défend les droits de tous les peuples européens. Les mouvements sociaux européens doivent soutenir le mouvement grec qui rejette ces politiques d'hyperaustérité destructrices et mortifères. La victoire du « non » au référendum grec ne résoudra pas à elle seule la crise actuelle. Mais elle posera concrètement la nécessité d'une alternative au modèle néolibéral, qui devra commencer par la dénonciation des dettes illégitimes, le refus des politiques de régression sociale, la reconquête de la souveraineté démocratique sur notre monnaie commune, l'euro. Attac mettra dans les semaines à venir toute son énergie pour construire la solidarité européenne avec le peuple grec, faire triompher le non à l'austérité, et poser les premiers jalons de la refondation d'une Europe démocratique et solidaire.

Attac France

Nice, le 1er novembre 2011

9 octobre 2011

Dexia : le contribuable repasse à la caisse

Attac | 7 octobre 2011

La banque franco-belge Dexia est en situation de faillite, les gouvernements français et belges ont apporté en urgence leurs garanties aux dépôts et organisent la disparition de la banque. Avec son ratio de 11 % de fonds propres Dexia semblait être bien capitalisée. Dés lors quelle valeur accorder aux propos lénifiants du Premier ministre sur la santé des banques françaises si une banque de cette importance peut s’effondrer du jour au lendemain ? Quelle est la situation réelle de nos banques ?

Le parcours de Dexia illustre les turpitudes du néolibéralisme bancaire et les errements de l’État. Jusqu’à la fin des années 80, le Crédit Local de France, partie intégrante du secteur public car alors filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), assurait en toute sécurité les crédits aux collectivités locales. Sa privatisation et son entrée en Bourse , puis la fusion avec le Crédit Communal de Belgique belge pour former Dexia en 1996, ont ouvert la voie à une recherche frénétique de profits dans des opérations hasardeuses. Dexia n’a raté ni les subprimes américains, ni la spéculation sur les produits dérivés, ni l’arnaque des prêts « toxiques » aux collectivités locales. En septembre 2008, pris dans la tourmente des subprimes, le groupe a été sauvé in extremis par les gouvernements français et belges qui ont allongé plus de 6 milliards d’euros. Sauvetage sans conditions au seul profit des actionnaires, qui ont continué à engrangé les profits, alors que les actifs douteux ont été maintenus au bilan et se sont accrus de 23 milliards euros, qui sont autant de dettes publiques pour les États européens. Aujourd’hui sauvetage acte 2, dont le prix pour le contribuable risque d’être salé.

Le problème central est le devenir des actifs de Dexia dont une grande partie est suspectée d’être toxique. Le gouvernement ne voulant pas faire apparaitre un accroissement de la dette publique, demande à la Banque Postale et à la CDC d’entrer dans la danse en les alléchant avec l’activité prêt aux collectivités locales. Mais ni la Banque postale, ni surtout la CDC, déjà sollicitée en 2008 par l’État pour acheter des actions de Dexia à 9,90 euros qui valent aujourd’hui moins d’un euro, ne veulent devenir une bad bank. Celles-ci réclament une garantie de l’État, qui sera appelé à éponger les pertes.

Cette situation est directement liée à l’irresponsabilité de l'État français, qui suite à la crise de 2008 a renfloué de façon spectaculaire les principaux groupes bancaires sans jamais exiger en contrepartie de droit de regard sur leurs affaires. Dexia – et bien d’autres – ont pu continuer leurs pratiques à hauts risques, sachant que l’État – et les contribuables – seront toujours là pour éponger les pertes. Nous n'avons donc ni droit de regard, ni droit de cité dans les affaires bancaires, alors même que nous assumons leurs faillites. Les banques et leur gestion doivent être l'affaire de tous. Aussi, Attac et Les Amis de la Terre ont lancé au printemps une interpellation citoyenne des banques. Partout en France, les agences bancaires se sont vues remettre des questionnaires leur demandant de rendre des comptes précis sur les principaux aspects de leurs activités. De ces réponses, nous avons tiré un rapport d'analyse, que nous publierons à la fin du mois. Politiques de crédit aveugles, gestion humaine catastrophique, irresponsabilité environnementale, absence de démocratie interne, ce que nous y découvrons du monde bancaire permet de confirmer l’idée que seule une mise sous contrôle des banques par l’État et les citoyens peut résoudre l’ampleur de la crise actuelle.

Le 15 octobre, dans le cadre des actions du mouvement des indignés, nous invitons tous nos comités locaux et adhérent-e-s à agir, à montrer leur indignation, de manière unitaire, en dénonçant les banques et le déni de démocratie que représente la soumission des politiques aux intérêts financiers fauteurs de crise.

Attac France,
Paris, le 7 octobre 2011

 

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