24 avril 2018

"Les Etats doivent-ils vraiment rembourser leur dette ? "


59 % de la dette publique est illégitime et vient de cadeaux fiscaux et d’intérêts

Le CADTM est un réseau international qui lutte depuis 30 ans pour l’abolition des dettes illégitimes afin de favoriser l’émancipation des peuples et la mise en place d’alternatives socialement et écologiquement soutenables. Ils font des audits dans le monde entier avec une question politique centrale : les Etats doivent-ils vraiment rembourser leur dette ?

L’illégitimité des dettes

Comme le souligne l’Expert des Nations-unies sur la dette, Juan Pablo Bohoslavsky, la signature d’un contrat n’entraîne pas automatiquement le paiement de la dette : « L’idée qu’un État et sa population doivent rembourser la dette en toute circonstance, quelles que soient les fins auxquelles les fonds ont été empruntés, la manière dont ils ont été dépensés, ou les efforts consentis pour les rembourser, repose de toute évidence sur une conception trop simpliste de la souveraineté et du contrat »...

Suite sur La Relève et la Peste
  

18 octobre 2016

Grèce : François Hollande et sa fausse légende


Dans le livre de confidences paru la semaine dernière, François Hollande se dresse un portrait de "sauveur de la Grèce". La réalité pourrait être différente.

Derrière le bruit médiatique qui s'est concentré depuis la sortie du livre de « confidences » du président de la République sur les « gaffes » de l'hôte de l'Elysée et ses «erreurs de communication », il convient de ne pas oublier que l'essentiel de l'ouvrage vise bien à construire l'image d'un président en action, dans toute la splendeur et l'étendu de son pouvoir. Nulle part cet effort n'est si visible que dans les pages consacrées à la politique étrangère, et en particulier à la troisième crise grecque du premier semestre 2015.(...)
 
Suite sur La Tribune 
 

20 juillet 2015

“Grèce : une guerre qui ne dit pas son nom” (vidéo)



Arme de destruction massive, armes légères, armée de réservistes, victimes, perte de souveraineté, complices et résistants, conquête et appropriations… Tout y est !
Dans quelques instants sur votre écran, le dernier MiniShow :
“Grèce : une guerre qui ne dit pas son nom” avec Gérard Foucher
https://www.youtube.com/watch?v=A8u2daNS49o


2 juillet 2015

Grèce : Ruth Elkrief, représentante de la Troïka, questionne Jacques Sapir


Le lundi 29 juin au soir, Ruth Elkrief recevait, sur le plateau de BFMTV, l’économiste Jacques Sapir. Ce dernier, connu pour ses positions hétérodoxes, entre autres et notamment sur la question de la construction européenne et de l’Euro, a pu faire entendre un autre son de cloche que celui auquel nous avons été accoutumés ces derniers jours. Tant mieux pour le pluralisme.

Mais, et quand bien même il ne s’agit pas ici de juger du bien-fondé des opinions de Jacques Sapir, force est de constater que les questions posées par Ruth Elkrief ne ressemblaient guère à celles d’une intervieweuse, mais plutôt à celles d’une avocate des institutions européennes. Un cas exemplaire de ces interviews « made in Troïka », dont la motivation principale ne semble pas être celle d’informer, mais plutôt de défendre un point de vue anti-Tsipras sous couvert de « questions » largement inspirées par les aficionados de l’eurocratie. (...)

Lire sur Acrimed ...
 

3 janvier 2015

Plans de sauvetage de la Grèce : 77 % des fonds sont allés à la finance


Une étude d’Attac montre que les « plans de sauvetage » mis en œuvre par les institutions de l’Union européenne et les gouvernements européens sauvent les banques, pas la population.

Depuis mars 2010, l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont attribué 23 tranches de financement au prétendu « sauvetage de la Grèce », pour un total de 206,9 milliards d’Euros. Ils n’ont cependant fourni presque aucune précision sur l’utilisation exacte de ces énormes sommes, provenant de fonds publics

C’est pourquoi Attac Autriche a entrepris une étude sur cette question : au moins 77% de l’argent du plan de sauvetage ont bénéficié directement ou indirectement au secteur de la finance.
 
  

27 mai 2014

L'arnaque de la dette publique enfin dévoilée




Le collectif pour un audit citoyen de la dette publique publie aujourd’hui son premier rapport d’audit. Celui-ci est disponible ici : http://www.audit-citoyen.org/?p=6291

Sa principale conclusion : 59% de la dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs. Vous en trouverez un résumé ci-dessous.

- Le rapport est par ailleurs en Une de Mediapart : http://www.mediapart.fr/journal/france/270514/sous-la-dette-publique-larnaque-neoliberale

- Une vidéo est disponible sur le site de Marianne : http://www.marianne.net/Thomas-Coutrot-59-de-la-dette-publique-est-illegitime_a239104.html

L’équipe du Collectif Audit Citoyen (CAC).

* * *

59% de la dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs

Tout se passe comme si la réduction des déficits et des dettes publiques était aujourd’hui l’objectif prioritaire de la politique économique menée en France comme dans la plupart des pays européens. La baisse des salaires des fonctionnaires, ou le pacte dit « de responsabilité » qui prévoit 50 milliards supplémentaires de réduction des dépenses publiques, sont justifiés au nom de cet impératif.

Le discours dominant sur la montée de la dette publique fait comme si son origine était évidente: une croissance excessive des dépenses publiques.

Mais ce discours ne résiste pas à l’examen des faits. Dans ce rapport nous montrons que l’augmentation de la dette de l’État – qui représente l’essentiel, soit 79%, de la dette publique – ne peut s’expliquer par l’augmentation des dépenses puisque leur part dans le PIB a chuté de 2 points en trente ans.

Si la dette a augmenté c’est d’abord parce que tout au long de ces années l’État s’est systématiquement privé de recettes en exonérant les ménages aisés et les grandes entreprises : du fait de la multiplication des cadeaux fiscaux et des niches, la part des recettes de l’État dans le PIB a chuté de 5 points en 30 ans.

Si l’État, au lieu de se dépouiller lui-même, avait maintenu constante la part de ses recettes dans le PIB, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 24 points de PIB (soit 488 milliards €) à son niveau actuel.

C’est ensuite parce que les taux d’intérêt ont souvent atteint des niveaux excessifs, notamment dans les années 1990 avec les politiques de « franc fort » pour préparer l’entrée dans l’euro, engendrant un « effet boule de neige » qui pèse encore très lourdement sur la dette actuelle.

Si l’État, au lieu de se financer depuis 30 ans sur les marchés financiers, avait recouru à des emprunts directement auprès des ménages ou des banques à un taux d’intérêt réel de 2 %, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 29 points de PIB (soit 589 milliards €) à son niveau actuel.

L’impact combiné de l’effet boule de neige et des cadeaux fiscaux sur la dette publique est majeur : 53% du PIB (soit 1077 milliards €). Si l’État n’avait pas réduit ses recettes et choyé les marchés financiers, le ratio dette publique sur PIB aurait été en 2012 de 43% au lieu de 90 % comme le montre le graphique ci-contre.

Au total, 59% de l’actuelle dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêts excessifs.

La hausse de la dette publique provient pour l’essentiel des cadeaux fiscaux et des hauts taux d’intérêt


Source : Insee, comptabilité nationale ; calculs CAC

Le rapport d’audit propose aussi une évaluation des impacts des paradis fiscaux ainsi que de la crise financière de 2008 dans l’envolée de la dette publique.

Au total, il apparaît clairement que la dette publique a été provoquée par des politiques économiques largement favorables aux intérêts des créanciers et des riches, alors que les sacrifices demandés aujourd’hui pour la réduire pèsent pour l’essentiel sur les salariés, les retraités et les usagers des services publics. Cela pose la question de sa légitimité.

Le rapport se conclut par une série de propositions destinées à alléger le fardeau de la dette (près de 50 milliards d’euros d’intérêts par an et plus de 100 milliards de remboursements) pour rompre avec le cercle vicieux des politiques d’austérité et financer les investissements publics dont l’urgence sociale et écologique n’est plus à démontrer.

La réalisation d’un audit de la dette publique effectué par les citoyens ou sous contrôle citoyen, devrait permettre d'ouvrir enfin un véritable débat démocratique sur la dette publique. Ce débat devrait amener à déterminer quelle partie de cette dette est jugée par les citoyens comme illégitime. Les premières évaluations ici proposées par le groupe de travail du Collectif pour un audit citoyen se veulent une contribution à ce débat. 
 

31 mai 2012

Après Debtocratie voici Catastroïka

 Catastroïka.com

Les créateurs du Debtocracy, le documentaire vu par plus de 2 millions de spectateurs, reviennent avec une nouvelle production. CATASTROIKA cherche les conséquences de la liquidation totale de la Grèce.

Révisant des exemples de privatisations dans des pays développées, CATASTROIKA essaie de prévoir ce qui va se passer si le même modèle s΄applique à un pays sous surveillance économique. Plus de détails…

Un documentaire avec permission de libre distribution et retransmission, auquel tu peux participer. Deviens co-producteur.



CATASTROIKA - Multilingual par infowar

URL de cet article : http://www.catastroika.com/indexfr.php

12 mars 2012

Grèce : Pourquoi nous avons occupé l’Hôpital de Kilkis

Mille Babords | via CADTM | par Lela Zotakis | 12 mars 2012


L’occupation de l’hôpital de Kilkis par ses travailleurs-ses a commencé le lundi 20 février 2012. Cette occupation entend défendre non seulement les droits de tous–tes les salariéEs de Kilkis (médecins, infirmiers-ères, aides-soigants-tes, personnel administratifs) mais aussi le système national de santé qui est durement attaqué. Cette lutte s’inscrit aussi dans la volonté de défendre les Droits de l’Homme des classes moyennes et des classes populaires qui sont gravement menacés . La situation actuelle en Grèce donne l’image de ce que sera le futur pour les peuples du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie et de tous les pays du monde.

Celles et ceux qui travaillent non seulement à l’hôpital de Kilkis mais aussi dans la majorité des hôpitaux et des centres médicaux en Grèce ne sont plus payés à l’heure. Quelqu’unEs subissant une baisse tragique de leurs salaires, ne recevant même plus de quoi vivre. Par exemple, un de mes collègues fut transféré au service de cardiologique en situation de choc quand il a appris qu’au lieu de recevoir comme d’habitude sa paie de 800euros, il a reçu une notice l’informant qu’il ne serait pas payé mais qu’au contraire il devait à l’Etat 170 euros. D’autres collègues sont payés 9 euros par mois. Celles et ceux d’entre nous qui continuent à recevoir leur salaire normal, organisent le soutien de nos collègues.

Il est évident qu’il s’agit d’une guerre déclarée contre le peuple, contre la société entière. Ceux qui disent que la dette publique de la Grèce est la dette du peuple grec, ils mentent. Ce n’est pas la dette du peuple. Par contre cette dette est créée par les gouvernements successifs avec la collaboration des banquiers pour qu’ils mettent en esclavage les êtres humains. Les prêts donnés à la Grèce ne sont pas destinés pour les salaires, les retraites ou la sécurité sociale. En fait c’est l’inverse : les salaires, les retraites et la sécurité sont mis au service du remboursement de la dette aux banquiers.

Ils mentent parce qu’en effet ils ne veulent pas « une société libre de dettes » comme ils déclarent. Eux-mêmes provoquent l’apparition de la dette (avec l’aide des gouvernements pourris et des hommes politiques corrompus) pour leur propre profit. Ils ont placé comme premier ministre de la Grèce, un banquier pour qu’il gèrent notre spoliation. Ce premier ministre ne fut pas élu. Il a été placé par la FMI et les banquiers, avec la contribution des politiciens grecs et européens corrompus. Voilà comment ils perçoivent le terme « démocratie ».

Les banquiers, avec la participation des gouvernements, causent les dettes en créant de l’argent virtuel et s’emplissent les poches avec les taux d’intérêts prohibitifs. Et malgré tout, ils insistent que ceux et celles qui doivent payer cette dette, c’est nous, vous, nos enfants et nos petits enfants avec nos « fortunes » et nos vies. Mais nous ne leur devons rien. Par contre c’est eux qui doivent au peuple la plus grande part de leurs fortunes, nourris dans le lit de la corruption politique.

Si on n’ouvre pas les yeux devant cette vérité, on va bientôt devenir des esclaves en travaillant pour gagner juste 200 euros ou moins et sous la condition bien sûr qu’on sera capable de trouver un travail. Fini la sécurité médico-pharmaceutique, plus de retraites, nous seront sans abri et tous affaméEs. Cette réalité commence à prendre corps en Grèce avec des milliers de mes concitoyens qui vivent dans la rue et qui ont faim, et c’est à côté de chez vous !

Nous ne voulons pas apparaître comme désespéréEs mais la vérité est là. Cette « crise » ne peut être attribuée à une erreur financière ou monétaire. Non, c’est le début d’une phase extrêmement désagréable et qui va être de longue durée. Cette phase-là suit un chemin attentivement étudié qui fut élaboré il y a des décennies. Il nous faut lutter tous et toutes ensemble contre ce plan néolibéral. Voilà ce que nous voulons faire ici, à Kilkis mais aussi avec les gens de beaucoup d’autres villes dans le monde.

Pour le moment nous ne pensons pas ouvrir un compte pour un soutien économique. Cependant, une telle perspective est tout de même possible dans les semaines à venir, si la situation s’aggravait. Maintenant ce dont nous avons le plus besoin est d’un soutien moral et de la diffusion de notre situation. Les luttes régionales partout dans le monde doivent être propagées et obtenir un aide massive si nous voulons gagner cette guerre contre ce système corrompu. Ce serait magnifique si vous pouviez réfléchir à d’autres façons de diffuser de nos idées et nos nouvelles.

15 février 2012

Athènes - CS 199

 

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13 février 2012

Grèce : le jour d’après

Par Michel Koutouzis | Agora Vox | 13 février 2012


« Les manifestations et actions violentes ne sont pas dignes d’un pays démocratique »,vient de déclarer le premier ministre grec Papadimos. 
Mais qu’est-ce qui est démocratique dans cette histoire ? Le premier ministre ? Jamais élu à la moindre fonction de la Cité et qui a fait toute sa carrière dans les instances de la finance internationale ? Le gouvernement, formé par le club des caciques responsables de ce désastre ? 
La moitié du conseil des ministres a farouchement combattu les premières mesures qui ont abouti à celles qu’ils ont voté cette nuit. Leur représentativité ? Avant de « joindre leurs efforts » ils ont été élus sur des programmes diamétralement opposés, et en aucune manière pour voter une convention qui enlève à leur pays toute liberté d’action, toute indépendance, tout recours classique reconnu à tout autre pays. La notion même de « gouvernement d’union nationale » ? Il n’inclut pas les oppositions de gauche qui rassemblent, selon les derniers sondages, plus de quatre électeurs sur dix. Quant à la droite orthodoxe et extrême qui participa au gouvernement, elle l’a quitté votant contre. Les procédures démocratiques ont été respectées quant au vote lui-même ? Présenté comme un texte « urgent », sous l’épée de Damoclès du Marché, du FMI, et de l’UE, il ne fut pas discuté malgré le fait qu’il engage sur le chemin de la dépendance le pays pour au moins quarante ans. Les positions, les débats (qui n’ont pas eu lieu) : manichéens à l’extrême opposant deux manières de traîtrise et un choix unique entre l’aliénation au marché et à la technostructure européenne d’une part, le chaos et la faillite d’autre part.

La convention elle-même est-elle « démocratique », procède-t-elle des principes de l’égalité, de l’objectivité, de la proportionnalité et de l’attachement à l’objectif énoncé qui sont à la base de tout acte contractuel ? Bien sûr que non. L’objectivité d’abord : ce « contrat » est la continuité conforme du précédent tout en rendant évidente son échec : 169 % de dette publique, alors même que le citoyen grec a été ponctionné à l’extrême. Par contre l’attachement à l’objectif énoncé, réduire le déficit et la dette, s’est transformé dans les faits par une série de mesures permettant le déplacement des ressources et de l’épargne populaires vers le secteur financier qui s’accélère encore plus avec le nouveau « contrat ». La dette était le fait de l’Etat. Les reformes consistant à mettre à mal la fraude fiscale, l’hypertrophie du secteur de l’Etat et sa modernisation, la lutte contre la corruption, étaient conformes au contrat et souhaitables. Mais elles n’ont pas eu lieu, sauf à la marge et à un niveau purement symbolique. Qu’en est-il des monopoles /oligopoles dans la production, la distribution, dans la prédation des ressources naturelles, des services, de l’économie parallèle et/ou parasitaire qui n’ont jamais payé d’impôts : ils sortent renforcés, ne serait-ce qu’à cause de la paupérisation des secteurs de l’Etat sensés les contrôler. Par contre, les mécanismes des privatisation, mis en place à la va-vite, créent de nouveaux prédateurs locaux ou étrangers. Les mesures visaient (but énoncé) la « croissance » : elles ont produit, tout naturellement, une récession durable, la marginalisation de l’économie grecque, l’affaiblissement de sa représentation politique aussi bien à l’intérieur (dépréciation de ses organes politiques, des lois fondamentales, constitution maintes fois bafouée), qu’à l’extérieur par la destruction de ses outils géopolitiques et diplomatiques, la perte des défenses élémentaires en tant qu’Etat, le refus de faire appel à sa propre justice. L’acceptation de la part du premier ministre, d’abandonner pour son propre pays, tout recours à sa propre justice au profit du duché du Luxembourg (par ailleurs paradis fiscal pour les protagonistes du « marché ») ne trouve de similitude que dans des accords signés en Grèce sous l’occupation. Loin de l’objectif énoncé, plus loin des principes d’égalité et d’équité et de ceux de la proportionnalité, encore plus loin des règles élémentaires de la démocratie, les deux contrats, qui s’annonçaient comme réponse à l’inégalité structurelle des richesses de ce pays, n’ont fait que les concentrer, chaque jour un peu plus, vers les plus hautes strates de l’échelle sociale, celles qui de l’aveu même de la troïka avaient la plus grande part de responsabilité dans cette « crise ».


Par Michel Koutouzis | Agora Vox| son site


7 février 2012

Crise humanitaire sans précèdent en Grèce

CADTM | 1er février | par Sonia Mitralia


Ce discours de Sonia Mitralia, membre du Comité grec contre la dette et du CADTM international, a été prononcé devant la Commission Sociale de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe qui s’est tenue le 24 janvier 2012 à Strasbourg sur le thème : « Les mesures d’austérité - un danger pour la démocratie et les droits sociaux".

 Devant le Ministère de la Santé - Athènes 03/02/2012
 
Presque deux ans après le début du traitement de choc imposé par la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le Fonds monétaire international à la Grèce, son bilan est catastrophique, révoltant et inhumain.

Tout d’abord, même les inspirateurs de ces politiques admettent maintenant ouvertement non seulement leur échec patent, mais aussi que leurs recettes étaient dès le début totalement erronées, irréalistes, inefficaces et même contre-productives. En voici une illustration qui concerne non pas une question secondaire mais le cœur du problème, la dette publique grecque elle-même. Selon tous les responsables du désastre grec, si leurs politiques (d’austérité plus que draconienne) s’avéraient efficaces à 100%, ce qui est d’ailleurs totalement illusoire, la dette publique grecque serait ramenée en 2020 à 120% de PIB national, c’est-à-dire au taux qui était le sien … en 2009 quand tout ce jeu de massacre a commencé ! En somme, ce qu’ils nous disent maintenant cyniquement, c’est qu’ils ont détruit toute une société européenne… absolument pour rien !

Mais, comme si tout cela ne suffisait pas, ils persistent à imposer aux Grecs – mais aussi pratiquement à tout le monde - exactement les mêmes politiques qu’eux-mêmes admettent qu’elles ont échoué. C’est ainsi qu’on est désormais en Grèce au septième « Mémorandum » d’austérité et de destruction de services publics, après que les six premiers ont fait preuve d’une totale inefficacité ! On assiste au Portugal, en Irlande, en Italie, en Espagne et un peu partout en Europe à l’application de ces mêmes plans d’austérité draconienne qui aboutissent partout au même résultat, c’est-à-dire enfoncer les économies et les populations dans une récession et un marasme toujours plus profonds.

En réalité, des expressions telles que « austérité draconienne » sont absolument insuffisantes pour décrire ce qui est en train de se passer en Grèce. Les salaires et les retraites sont amputés de 50% ou même, dans certains cas, de 70%. La malnutrition fait des ravages parmi les enfants de l’école primaire, la faim fait son apparition surtout dans les grandes villes du pays dont le centre est désormais occupé par des dizaines des milliers des SDF misérables, affamés et en haillons. Le chômage atteint désormais 20% de la population et 45% des jeunes (49,5% pour les jeunes femmes). Les services publics sont liquidés ou privatisés avec comme conséquence que les lits d’hôpitaux sont réduits (par décision gouvernementale) de 40%, qu’il faut payer très cher même pour accoucher, qu’il n’y a plus dans les hôpitaux publics des pansements ou des médicaments de base comme des aspirines. L’Etat grec n’est toujours pas capable, en janvier 2012 !, de fournir aux élèves les livres de l’année scolaire commencée en septembre passé. Des dizaines de milliers de citoyens grecs handicapés, infirmes ou souffrants des maladies rares se voient condamnés à une mort certaine et à brève échéance après que l’Etat grec leur a coupé les subsides et les médicaments. Le nombre de tentatives de suicide s’accroît à une vitesse hallucinante, comme d’ailleurs celui des séropositifs et des toxicomanes abandonnés désormais à leur sort par les autorités. Des millions de femmes grecques se voient maintenant chargées des tâches normalement assumées par l’Etat à travers ses services publics quand ceux-ci n’étaient pas encore démantelés ou privatisés par les politiques d’austérité. La conséquence en est un véritable calvaire pour ces femmes grecques : non seulement elles sont les premières à être licenciées et sont contraintes d’assumer les tâches des services publics en travaillant de plus en plus gratuitement à la maison, mais elles sont aussi directement visées par la réapparition de l’oppression patriarcale qui sert d’alibi idéologique au retour forcé des femmes au foyer familial.

On pourrait continuer presque à l’infini cette description de la déchéance de la population grecque. Mais, même en se limitant à ce qu’on vient de dire, on constate qu’on se trouve devant une situation sociale qui correspond parfaitement à la définition de l’état de nécessité ou de danger reconnu depuis longtemps par le droit international. Et ce même droit international oblige expressément les Etats à donner la priorité à la satisfaction des besoins élémentaires de ses citoyens et non pas au remboursement de ses dettes.

Comme le souligne la Commission du droit international de l’ONU à propos de l’état de nécessité : « On ne peut attendre d’un État qu’il ferme ses écoles et ses universités et ses tribunaux, qu’il abandonne les services publics de telle sorte qu’il livre sa communauté au chaos et à l’anarchie simplement pour ainsi disposer de l’argent pour rembourser ses créanciers étrangers ou nationaux. Il y a des limites à ce qu’on peut raisonnablement attendre d’un État, de la même façon que pour un individu. »

Notre position, partagée par des millions de Grecs, est claire et nette et se résume au respect du droit international. Les Grecs ne doivent pas payer une dette qui n’est pas la leur pour plusieurs raisons.

Primo, parce que l’ONU et les conventions internationales -signées par leur pays mais aussi par les pays de leurs créanciers- intiment à l’Etat grec de satisfaire en toute priorité non pas ses créanciers mais plutôt ses obligations envers ses nationaux et les étrangers qui se trouvent sous sa juridiction.

Secundo, parce que cette dette publique grecque, ou au moins une part très importante, semble réunir tout les attributs d’une dette odieuse, et en tout cas illégitime, que le droit international intime de ne pas rembourser. C’est d’ailleurs pourquoi il faudrait tout faire non pas pour empêcher (comme l’Etat grec le fait maintenant) mais plutôt pour faciliter la tache de la Campagne grecque pour l’audit citoyen de cette dette afin d’identifier sa part illégitime.

Notre conclusion est catégorique : la tragédie grecque n’est ni fatale ni insoluble. La solution existe et la répudiation, l’annulation et le non paiement de la dette publique grecque en font partie en tant que premier pas dans la bonne direction. C’est-à-dire, vers le salut de tout un peuple européen menacé par une catastrophe humanitaire sans précédent en temps de paix…
 

5 février 2012

10 clips humoristiques sur la crise

Collectif pour un audit citoyen de la dette | 4 février 2012

10 courts clips humoristiques pour illustrer les conséquences de la spéculation des banquiers sur notre vie quotidienne ; Création du comité Attac du Havre

 
travailleur pauvre par jackylemonnier

 J’ai travaillé plus! mais gagné moins !

 
Jeune femme par jackylemonnier

 Vous devez participer à la recapitalisation de votre banque !


déposant par jackylemonnier

Un accueil digne de mon rang : parce que je le vaux bien !

 
Liquidités par jackylemonnier

 Votre banque manque encore de liquidité !

 
Maire par jackylemonnier

 Votre maire ne peut plus rénover l’ école

 
En panne par jackylemonnier

 Votre banque manque de liquidité

 
Discrimination par jackylemonnier

 Comment la répression policière prend le pas sur l’intégration

 
médecin par jackylemonnier

 Le médecin de l’ hôpital public ne peut pas faire réparer son scanner

 
militaire par jackylemonnier

L’ armée pourra acheter des mirages

 
retraité par jackylemonnier

 Les banquiers ont placé en bourse mon plan d’épargne logement


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30 janvier 2012

les mauvais comptes du président-candidat

Attac |

TVA=13, TTF=1 : les mauvais comptes du président-candidat

Nicolas Sarkozy a tranché : avec la hausse prévue de la TVA, les patrons verront leurs coûts salariaux diminuer de 13 milliards d'euros. En revanche, la fameuse taxe Tobin à la française ne rapporterait qu'1 milliard d'euros. Même en y ajoutant la hausse de la CSG sur les revenus du capital (qui devrait rapporter moins de 2 milliards), le compte n'est pas bon pour la justice fiscale.

En effet qui va payer la hausse de la TVA ? Pour l'essentiel, les consommateurs. Certes, le candidat-président s'est dit « prêt à prendre tous les paris » qu'il n'y aurait pas de hausses de prix. Malheureusement, il est vraisemblable que les entreprises en profitent pour améliorer leurs marges en ne baissant pas les prix hors taxes. Telle est sans doute l'intention des chefs d'entreprise ou du Medef, qui réclament depuis bien longtemps cette mesure à cor et à cri.

La TVA « sociale » réduira donc la consommation et aggravera la récession dans laquelle la France est engagée depuis quelques mois. C'est la première raison de la rejeter. La deuxième tient à son injustice : en augmentant la TVA, on réduit encore la progressivité du système fiscal. Car la TVA pèse plus lourdement sur les ménages populaires, qui consomment tout leur revenu, que sur les ménages aisés qui en épargnent une bonne partie.

Cette stratégie de TVA « sociale » s'inscrit dans la logique de dumping social et fiscal caractéristique de l'Union européenne et de la mondialisation néolibérale : or c'est précisément la course vers le bas des coûts salariaux qui entraîne l'Europe et son modèle social vers le gouffre. La hausse de TVA, déjà pratiquée en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, n'est qu'un volet des plans d'austérité qui sont en train d'enfoncer l'Europe dans la dépression.

Quant à la taxe sur les transactions financières, elle rapportera certes plus que le dérisoire impôt de Bourse, qu'avait supprimé le même Nicolas Sarkozy en 2008. Mais elle ne s'appliquera ni aux transactions sur les obligations, ni à celles sur les devises, et de façon marginale aux produits dérivés, qui sont surtout échangés à Londres et à Francfort. Le produit servira à combler les déficits et pas à financer les politiques de solidarité et de préservation de la planète : ce qui sera prélevé à la finance lui sera redistribué en intérêts de la dette publique. On est bien loin d'un projet crédible et efficace, qui suppose une réelle volonté de désarmer la finance et de redistribuer les richesses.

Attac France, le 30 janvier 2012

Pour plus d’information :

- Le dossier d’Attac France sur la TVA Sociale

- Le dossier d’Attac France sur la TTF

19 novembre 2011

Athènes, 17 novembre

par Basta | vendredi 18 novembre 2011

Athènes, 17 novembre : la photo du jour 

 

Athènes, 17 novembre 1973 : les étudiants de l’École Polytechnique déclenchent un soulèvement qui sera noyé dans le sang par les tanks de la junte militaire mais marquera la fin de cette junte et le retour à la "démocratie".

Athènes, 17 novembre 2011 : des milliers d'Athéniens qui n'ont pas la mémoire courte descendent dans la rue pour célébrer les héros de 1973 et appeler à la lutte.
 
 
1ère banderole de la Convergence de gauche pour le renversement (du système):
Mettez la drachme dans la galette des rois (sous-entendu: sortons de la zone Euro)
Bonne année 2011

2ème banderole des jeunes avocats :

Brisons le consensus du front noir (le nouveau gouvernement de Papademos et des fachos)
Pour une nouvelle génération de Polytechnique

15 novembre 2011

« La Grèce entière est entrainée dans une spirale infernale »

Par Sophie Chapelle | Basta | 14 novembre 2011 


Alors que le nouveau Premier ministre grec vient de former un « gouvernement d’union nationale », la vie quotidienne des Grecs continue d’être marquée par des augmentations des taxes sur les biens de première nécessité, la baisse des salaires et la hausse du chômage. Dans un contexte où le nombre de suicides augmente, où l’exode des jeunes Grecs s’intensifie, l’économiste Marica Frangakis, membre d’Attac Grèce, analyse pour Basta ! la situation politique interne et appelle à la solidarité des peuples d’Europe.
 
 


Photo : source

Basta ! : Les études montrent que la crise financière pourrait mener à une crise sanitaire. Dans quel état d’esprit est la population grecque face au plan d’austérité ?

Marica Frangakis : L’austérité en Grèce a un visage. Ce sont des rangées de boutiques fermées et qui affichent « à vendre » ou « à louer ». Des signes que l’on retrouve aussi sur les façades des appartements, alors que le marché immobilier est en chute libre. Ce sont les boutiques d’achat et de vente d’or qui, subitement, prolifèrent. Ce sont des lignes de taxis jaunes attendant les clients. Ce sont les conversations étouffés dans les autobus, les gens se racontant leurs problèmes. Beaucoup sont gênés de dire qu’ils n’ont pas assez d’argent pour leurs besoins quotidiens. Ce sont des enfants qui s’évanouissent à l’école et admettent n’avoir pas eu de repas solide depuis plusieurs jours. Ce sont les manifestations et les marches à travers le centre d’Athènes. Ce sont des grèves qui rendent la vie quotidienne difficile, mais auxquelles les gens font face sans se plaindre. C’est le nombre croissant de suicides de pères au chômage qui ne peuvent pas nourrir leurs familles, d’hommes d’affaires qui ne peuvent pas payer leurs dettes. Athènes est devenu un endroit déprimant pour vivre en ce moment. La situation n’est pas si mauvaise dans d’autres endroits, notamment dans les villes plus petites où les réseaux sociaux sont plus resserrés. Cependant, à mesure que la crise s’aggrave, la Grèce entière est entrainée dans une spirale infernale.

Concrètement, en quoi consistent ces mesures d’austérité ?

Les mesures d’austérité ont changé la vie quotidienne des Grecs à bien des égards. Depuis 2009, le salaire nominal dans le secteur public a été réduit, tout comme les retraites, de 15 à 20 %. Dans le même temps, la taxe sur la valeur ajoutée a été augmentée à 19 % au début 2010, puis à 21 % et à 23 % à la mi-2010. Par ailleurs, les taxes sur les biens de première nécessité ont été revues à la hausse. Le taux d’inflation est donc dû à l’augmentation de la fiscalité. Comme l’OCDE l’a noté, si l’effet de l’augmentation de la fiscalité est retiré, la Grèce entre réellement en déflation, c’est à dire dans une chute persistante des salaires et des prix.
 
Et côté chômage ?

En raison de la contraction de la demande, le chômage est passé de 10 % à plus de 18 %, selon les statistiques officielles. Cela pourrait même être plus de 20 %. Le chômage touche particulièrement les jeunes (15-35 ans), les femmes et les immigrants, alors que le nombre de chômeurs longue durée (plus de 12 mois) ne cesse d’augmenter. La réduction prévue du nombre de fonctionnaires va venir gonfler encore le chômage. On n’avait pas vu de tels chiffres depuis la première moitié du 20ème siècle ! A l’instar des années 1950 et 1960, la Grèce connait un exode des jeunes qui migrent vers d’autres pays. L’augmentation du chômage signifie aussi que les salaires et les conditions de travail dans le secteur privé se détériorent. Cela est particulièrement vrai pour les nombreuses petites entreprises qui sont la norme dans l’économie grecque.
 
Quel est l’impact de la crise sur le paysage politique ?
 
Depuis le milieu des années 1970 et la chute de la dictature, la politique grecque a été dominée par deux grands partis – la Nouvelle Démocratie (conservateur) et le Pasok (socialiste) – dirigeant en alternance et disposant de plus de 80 % des voix, dans un pays où le vote est obligatoire. La Gauche grecque de son côté est fragmentée. Le Synaspismós actuel (Syn) est l’héritier de la coalition entre le Parti communiste grec et sa branche dissidente dite « de l’intérieur ». Le Syn est un des partis fondateurs de la SYRIZA, une large alliance de mouvements politiques de gauche. Au mieux, ces deux partis de l’aile gauche ont obtenu 12 à 14 % des voix. Enfin, un parti de l’extrême-droite – LAOS (Alarme Populaire Orthodoxe) – est apparu au début des années 2000, et recueille aux environs de 5 % des voix. Depuis 2009, la crise a agi comme un catalyseur pour le paysage politique. Selon les sondages, les deux grands partis sont soutenus par moins de 50 % de l’électorat, les deux partis de l’aile gauche par plus de 20 %, l’extrême-droite par environ 8 %, tandis qu’un peu moins de 10 % des votes vont à un certain nombre de nouveaux partis qui se sont établis à la fois au centre-gauche (Verts, Gauche démocratique) et à droite (Alliance démocratique). Ces changements marquent un processus rapide de radicalisation politique de la société grecque et la recherche de nouveaux acteurs dans la politique grecque.
 
Comment est perçu l’accord pour un gouvernement d’union nationale ?
 
C’est dans ce contexte de mécontentement à l’encontre de l’élite politique traditionnelle et la recherche de nouvelles forces politiques, que le gouvernement d’ « union nationale » doit être considéré. Il est à noter que tous les partis de l’aile gauche ont refusé de participer à ce nouveau gouvernement. En ce sens, ce n’est pas vraiment un gouvernement d’ « union nationale », car il ne se compose que de membres des deux grands partis et du LAOS. Le fait que la grande majorité des ministres soient les mêmes que dans le précédent gouvernement PASOK est une indication supplémentaire que ce n’est que la continuation du passé. Enfin, il est clair pour tout le monde que le nouveau Premier ministre, Lucas Papadémos, a été choisi en raison de ses liens avec les marchés financiers et les forces conservatrices de l’Union européenne, en tant qu’ancien vice-président de la Banque centrale européenne (BCE) et président de la Banque centrale de la Grèce.
 
Le gouvernement d’union nationale va-t-il apaiser le mécontentement social ?

La crédibilité des deux grands partis est très faible. Les « indignés » grecs sont des gens ordinaires de tous âges et ils expriment leur frustration à chaque occasion, de manière pas toujours pacifique – en lançant par exemple yaourts et œufs sur des ministres du gouvernement ! Cette tension a augmenté depuis fin 2009, alors que la crise de la dette publique s’étalait et que les banques grecques ont été généreusement soutenues par l’État du fait de la crise financière mondiale. Comme les mesures d’austérité introduites depuis 2009 sont très dures et socialement injustes, la tension sociale grandit. En juin 2011, le ministre des Finances a été remplacé, pour calmer le conflit entre le gouvernement et la grande majorité de la société. En octobre 2011, comme ce conflit devenait de plus en plus vif, le gouvernement a démissionné et un nouveau a été nommé afin de signer le nouveau contrat de prêt et de tenir des élections début 2012. Il est peu probable que cette nouvelle manœuvre politique calme l’agitation sociale. En ce sens, les tensions politiques internes vont non seulement se poursuivre, mais vont aussi augmenter.
 
Quel est le niveau de mobilisation en Grèce ? Et qu’attendez-vous des peuples européens ?

La crise a été un catalyseur de mobilisations. Elle a fait sortir les gens dans les rues. Ces protestations sont croissantes et prennent des formes diverses au fil du temps. C’est une expression de mécontentement social qui évolue et qui n’est pas conforme aux idées préconçues traditionnelles. Il y a eu beaucoup de grèves générales en 2010 et 2011. À ces occasions, les rassemblements organisés par les syndicats ont attiré beaucoup de monde, même si les syndicats en Grèce sont très proches des deux grands partis politiques et dans ce sens, manquent de crédibilité. La gauche est fragmentée, ce qui est une grave faiblesse pour offrir une alternative. Le peuple grec est traditionnellement pro-européen. Ils espèrent trouver la solidarité des peuples d’Europe, alors qu’ils sont profondément déçus par les dirigeants européens.

Propos recueillis par Sophie Chapelle

5 septembre 2011

François Hollande et Ségolène Royal en faveur de la stupide « règle d’or » ?

le blog de Gérard Filoche 
François Hollande et Ségolène Royal en faveur de la stupide « règle d’or » ? Cette même règle appliquée au Portugal par Salazar pendant 40 ans de 1934 à 1974 et qui a fait de son pays le plus pauvre d’Europe

Selon le monde.fr, Hollande et Royal se sont déclarés le 4 septembre, favorables à la constitutionnalisation de la règle d’or… après l’élection présidentielle (LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 04.09.11 | 20h29 • Mis à jour le 04.09.11 | 20h33) : François Hollande et Ségolène Royal n’ont pas exclu le principe d’une « règle d’or » constitutionnelle sur l’équilibre budgétaire, mais ont réitéré leur refus de la voter avant le scrutin présidentiel de 2012. Position partagée par Ségolène Royal, qui ne s’est pas privée de prendre le contre-pied du PS en déclarant que « la règle d’or est une très bonne règle. Je l’inscrirai dans la Constitution, mais en début de mandat, en 2012″, a-t-elle dit sur BFM TV.
Pour Martine Aubry, sur France info, « rien n’est fait depuis trois ans » (c’est-à-dire la dernière crise boursière et financière), et « la pseudo règle d’or voulue par le président de la République n’est qu’un rideau de fumée pour masquer ses propres échecs ». Elle n’a de cesse de répéter que le PS voterait contre cette prétendue « règle d’or » .

Votez Martine Aubry aux primaires le 9 octobre !
Emmanuel Maurel dans son discours de clôture de l’Université PS de la Rochelle était clair :
« La règle d’or, ça n’est rien d’autre qu’une chape de plomb – Oui, une chape de plomb, qui marquerait l’abdication absolue du politique face aux marchés, le symbole navrant de l’impuissance des élus face aux diktats des agences de notations et autres institutions financières qui se moquent du sort des peuples. Il n’y a rien de plus antidémocratique que d’inscrire dans notre loi fondamentale qu’en matière économique, il n’y aurait qu’une seule politique possible. Et il n’y a rien de plus stupide que de décider aujourd’hui, alors que la récession est déjà à nos portes, d’ajouter l’austérité à l’austérité. Voilà ce que propose les libéraux aujourd’hui : face à une crise d’une ampleur effrayante, qui charrie précaires et chômeurs par millions, et qui lève chaque jour, légitimement, des centaines de milliers d’indignés en Europe, il faudrait sauver l’essentiel, c’est à dire une poignée de boursicoteurs et de détenteurs du capital. »Alors oui, chers camarades, profitons de ce débat pour dénoncer un système qui marche sur la tête autant qu’un pouvoir qui échoue lamentablement. »
 Il faut, il peut y avoir l’unité de toute la gauche contre cette « règle d’or »
Cette règle n’a aucun sens à part donner des garanties aux banques et à la spéculation.

Même Christine Lagarde en 2009 présentant le budget 2010 envisageait le retour a l’équilibre budgétaire en 2018… Même Michel Sapin envisageait en présentant le projet socialiste en avril-mai 2011, envisageait un déficit de 3 % en 2014…

Quel sens à cette course soudaine et absurde à un « équilibre » stupide qui équivaudrait à l’austérité et à la récession ?

En matière d’équilibre, Sarkozy en est le fossoyeur lui qui a augmenté la dette totale de 63 à 85 % du PIB en 5 ans… Sarkozy respecte t il sa prétendue « règle d’or » quand il pulvérise de 100 % le budget des « OPEX » opérations guerrières extérieures ?

Quel gourou a décidé de 3 % de déficit ? Et quel autre gourou a décidé que ce serait dorénavant 0 % ? D’autant que même le traité de Maastricht envisageait 3 % de déficit… Chiffre fixé à l’époque au doigt mouillé dans un bureau bruxellois (il semblerait que ce soit un certain Guy d’Abeille sous la houlette de Roland de Villepin) alors que les déficits étaient autour de 2 % et que le gouvernement allemand proposait 5 %…

Le dictateur Salazar et son successeur Caetano, au Portugal, de 1934 à 1974, pendant 40 ans professaient qu’un « état, c’est comme un ménage, il ne doit pas dépenser plus que ce qu’il gagne ». C’est stupide, un état n’est justement pas un ménage et il doit dépenser plus que ce qu’il gagne. Salazar a fait en appliquant cette « règle d’or », de son pays, le plus pauvre d’Europe.

Il y a de bonnes dettes et de bons déficits. Dettes et déficits qui visent à investir dans l’éducation, la santé, les équipements collectifs, sont bons. Ce sont des dettes légitimes.

Mais il y a aussi des dettes illégitimes et des dettes odieuses : dettes et déficits qui visent à faire des cadeaux aux riches en baissant leurs impôts, qui concèdent des emprunts à forts taux usuriers aux banques, qui vont à des dépenses somptuaires et des rémunérations abusives, sont mauvais.

Il faut faire le tri de la dette : moratoire, audit public, tri des dettes légitimes, restructuration annulation des dettes odieuses, et fixer les déficits en fonction des besoins de relance de l’économie. Car déficit et dettes peuvent contribuer à la relance économique par la redistribution des richesses. Tandis que la prétendue « règle d’or » impose l’austérité qui étrangle toute l’économie et aggrave dettes et déficits. On le voit en Grèce ou la priorité au remboursement de la dette et règle d’or enfoncent le pays dans la crise.

à paraitre début octobre 2011 « La dette indigne » dix questions dix réponses, par Jean-Jacques Chavigné et Gérard Filoche (Ed. JC Gawsevitch, 9,90 euros)
Cet article a été écrit par Gérard Filoche, publié le 5 septembre 2011

 

18 août 2011

La crise financière expliquée à ceux qui n’y comprennent rien

illustration: Fragment de tags

Reporterre | Hervé Kempf | 17 août 2011


On ne peut pas durablement dépenser plus qu’on ne gagne.

Depuis les années 1980, les pays occidentaux vivent à crédit. Le déficit public y est devenu permanent. Les Etats-Unis, de surcroît, ont pris l’habitude d’un déficit commercial lui aussi constant et, comme si cela ne suffisait pas, d’un endettement des ménages lui aussi très important.

Cette situation a été créée par la classe dirigeante parce qu’elle était le moyen de faire accepter une inégalité croissante. La croissance économique permise par l’endettement donne l’impression d’un enrichissement de tous. L’enrichissement exagéré du sommet de la pyramide est de ce fait presque insensible.

Ce phénomène a pu durer à cause de la position prééminente des Etats-Unis : leur monnaie, le dollar, sert de référence internationale. Ainsi la Chine, qui vend depuis 1980 beaucoup plus aux Etats-Unis qu’elle ne lui achète, a accumulé des masses énormes de dollars.

Cependant, l’endettement rencontre toujours une limite : à un moment donné, il faut rembourser. En 2007, le système financier avait accumulé des masses de créances de plus en plus douteuses, et un grand nombre sont apparues pour ce qu’elles étaient : de la monnaie de singe. Les premiers craquements se sont produits, avant la crise majeure de l’automne 2008, lorsque nombre d’établissements financiers se sont trouvés incapables de faire face à leurs engagements. Plusieurs d’entre eux ont fait faillite, comme Lehman Brothers. Tout le système financier menaçait de s’écrouler.

Les conséquences en auraient été catastrophiques : les gens se seraient précipités dans les banques pour retirer leur épargne, il aurait été impossible de la leur rendre, la méfiance se serait généralisée, l’économie se serait arrêtée, c’aurait été l’effondrement. Pour parer à ce danger, les Etats et les Banques centrales ont mobilisé leurs fonds, apportant leur caution à l’ensemble du système, nationalisant les établissements les plus fragiles, et surtout prêtant à toutes les banques un argent qu’ils n’avaient pas à des taux extrêmement bas. Dans le même temps, pour relancer l’économie qui avait énormément ralenti, ils y ont injecté des centaines de milliards de dollars, d’euros ou de yuans. Mais cette relance a été financée par un déficit budgétaire encore accru, autrement dit par un endettement supplémentaire.

Les banques ont rétabli leur situation, notamment en prêtant aux Etats les fonds qu’on leur avait avancé. Mais on leur avait prêté à taux bas, alors qu’elles ont reprêté aux Etats les plus fragiles à des taux élevés. La différence leur a permis de reconstituer leur profit. Par ailleurs, les dirigeants des Etats n’ont pas vraiment repris le contrôle de ce système financier qui avait conduit à la crise de 2008 en encourageant la montée de l’endettement. Les « marchés » - c’est-à-dire les banques, les fonds de pension, les compagnies d’assurance et les fonds spéculatifs - ont renoué avec leur comportement spéculatif, notamment contre la dette des Etats, devenue maintenant monumentale. Les paradis fiscaux n’ont pas été réprimés. Incidemment, les dirigeants des banques et des grandes entreprises ainsi que les « traders » se sont alloués de nouveau – après une baisse en 2009 – des émoluments très importants.

En 2011, les Etats sont enserrés dans un goulot d’étranglement. Les plus fragiles, comme la Grèce, le Portugal ou l’Irlande, sont soumis à la pression des « marchés », qui leur demandent de rembourser leurs prêts. Comme ils en sont incapables, les Etats européens plus puissants rachètent aux banques leurs créances tout en s’endettant encore davantage. Et du côté des Etats-Unis, l’Etat fédéral a failli se trouver pendant l’été dans l’incapacité de payer ses dépenses courantes. Le blocage n’y a été évité qu’en augmentant encore l’endettement.

Partout, la situation est très fragile, et comme on ne peut plus augmenter l’endettement, des politiques de relance sont impossibles.

L’oligarchie – c’est-à-dire les dirigeants politiques, financiers et médiatiques qui partagent les mêmes intérêts – fait croire aux opinions que, puisqu’il y a dette, la seule façon de s’en sortir est d’appliquer des politiques d’austérité.

Elle a raison sur un point : les pays occidentaux ne peuvent plus vivre au-dessus de leurs moyens. Mais qui doit payer ? Les populations ? Ou ceux qui profitent le plus du système depuis 1980 ? Car si l’endettement s’est à ce point généralisé, c’est en grande partie parce que les impôts sur les ménages les plus riches ont diminué, que les impôts sur les banques et sur les grandes entreprises ont aussi été régulièrement abaissé, que globalement un transfert des revenus du travail vers les revenus du capital s’est opéré depuis trente ans.

Pour sortir de la crise financière, il y a deux solutions.

Soit on fait payer les sociétés en maintenant inchangée la répartition des richesses. Cela signifie, comme en Grèce, réduction des salaires, licenciements des fonctionnaires, diminution des prestations sociales, privatisations généralisées.

Soit on fait payer ceux qui se sont enrichis au détriment de la société depuis trente ans. Cela signifie s’attaquer à l’inégalité, augmenter les impôts des plus riches, et reprendre le contrôle des banques et des opérateurs financiers. Alors on pourra reconstruire une économie dont le moteur ne soit pas l’endettement, mais le but de satisfaire les besoins sociaux dans le respect de la justice et des équilibres écologiques.
 
Lire aussi : La finance a déclaré la guerre aux peuples européens


4 juillet 2011

Affrontements violents en Grèce

2 juillet,  Paris s'éveille

 

Contre les plans de « rigueur » et d’« austérité », les Grecs veulent se faire entendre




Affrontements violents en Grèce (Vidéos, photos)




Le 29 juin 2011.
Plus de 500 blessés et des milliers avec des problèmes respiratoires.
La police attaque le camp des premiers secours et les médecins.
"More than 500 injured and thousands with breathing problems.
Police attacked first aid camp and doctors."


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