5 septembre 2011

François Hollande et Ségolène Royal en faveur de la stupide « règle d’or » ?

le blog de Gérard Filoche 
François Hollande et Ségolène Royal en faveur de la stupide « règle d’or » ? Cette même règle appliquée au Portugal par Salazar pendant 40 ans de 1934 à 1974 et qui a fait de son pays le plus pauvre d’Europe

Selon le monde.fr, Hollande et Royal se sont déclarés le 4 septembre, favorables à la constitutionnalisation de la règle d’or… après l’élection présidentielle (LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 04.09.11 | 20h29 • Mis à jour le 04.09.11 | 20h33) : François Hollande et Ségolène Royal n’ont pas exclu le principe d’une « règle d’or » constitutionnelle sur l’équilibre budgétaire, mais ont réitéré leur refus de la voter avant le scrutin présidentiel de 2012. Position partagée par Ségolène Royal, qui ne s’est pas privée de prendre le contre-pied du PS en déclarant que « la règle d’or est une très bonne règle. Je l’inscrirai dans la Constitution, mais en début de mandat, en 2012″, a-t-elle dit sur BFM TV.
Pour Martine Aubry, sur France info, « rien n’est fait depuis trois ans » (c’est-à-dire la dernière crise boursière et financière), et « la pseudo règle d’or voulue par le président de la République n’est qu’un rideau de fumée pour masquer ses propres échecs ». Elle n’a de cesse de répéter que le PS voterait contre cette prétendue « règle d’or » .

Votez Martine Aubry aux primaires le 9 octobre !
Emmanuel Maurel dans son discours de clôture de l’Université PS de la Rochelle était clair :
« La règle d’or, ça n’est rien d’autre qu’une chape de plomb – Oui, une chape de plomb, qui marquerait l’abdication absolue du politique face aux marchés, le symbole navrant de l’impuissance des élus face aux diktats des agences de notations et autres institutions financières qui se moquent du sort des peuples. Il n’y a rien de plus antidémocratique que d’inscrire dans notre loi fondamentale qu’en matière économique, il n’y aurait qu’une seule politique possible. Et il n’y a rien de plus stupide que de décider aujourd’hui, alors que la récession est déjà à nos portes, d’ajouter l’austérité à l’austérité. Voilà ce que propose les libéraux aujourd’hui : face à une crise d’une ampleur effrayante, qui charrie précaires et chômeurs par millions, et qui lève chaque jour, légitimement, des centaines de milliers d’indignés en Europe, il faudrait sauver l’essentiel, c’est à dire une poignée de boursicoteurs et de détenteurs du capital. »Alors oui, chers camarades, profitons de ce débat pour dénoncer un système qui marche sur la tête autant qu’un pouvoir qui échoue lamentablement. »
 Il faut, il peut y avoir l’unité de toute la gauche contre cette « règle d’or »
Cette règle n’a aucun sens à part donner des garanties aux banques et à la spéculation.

Même Christine Lagarde en 2009 présentant le budget 2010 envisageait le retour a l’équilibre budgétaire en 2018… Même Michel Sapin envisageait en présentant le projet socialiste en avril-mai 2011, envisageait un déficit de 3 % en 2014…

Quel sens à cette course soudaine et absurde à un « équilibre » stupide qui équivaudrait à l’austérité et à la récession ?

En matière d’équilibre, Sarkozy en est le fossoyeur lui qui a augmenté la dette totale de 63 à 85 % du PIB en 5 ans… Sarkozy respecte t il sa prétendue « règle d’or » quand il pulvérise de 100 % le budget des « OPEX » opérations guerrières extérieures ?

Quel gourou a décidé de 3 % de déficit ? Et quel autre gourou a décidé que ce serait dorénavant 0 % ? D’autant que même le traité de Maastricht envisageait 3 % de déficit… Chiffre fixé à l’époque au doigt mouillé dans un bureau bruxellois (il semblerait que ce soit un certain Guy d’Abeille sous la houlette de Roland de Villepin) alors que les déficits étaient autour de 2 % et que le gouvernement allemand proposait 5 %…

Le dictateur Salazar et son successeur Caetano, au Portugal, de 1934 à 1974, pendant 40 ans professaient qu’un « état, c’est comme un ménage, il ne doit pas dépenser plus que ce qu’il gagne ». C’est stupide, un état n’est justement pas un ménage et il doit dépenser plus que ce qu’il gagne. Salazar a fait en appliquant cette « règle d’or », de son pays, le plus pauvre d’Europe.

Il y a de bonnes dettes et de bons déficits. Dettes et déficits qui visent à investir dans l’éducation, la santé, les équipements collectifs, sont bons. Ce sont des dettes légitimes.

Mais il y a aussi des dettes illégitimes et des dettes odieuses : dettes et déficits qui visent à faire des cadeaux aux riches en baissant leurs impôts, qui concèdent des emprunts à forts taux usuriers aux banques, qui vont à des dépenses somptuaires et des rémunérations abusives, sont mauvais.

Il faut faire le tri de la dette : moratoire, audit public, tri des dettes légitimes, restructuration annulation des dettes odieuses, et fixer les déficits en fonction des besoins de relance de l’économie. Car déficit et dettes peuvent contribuer à la relance économique par la redistribution des richesses. Tandis que la prétendue « règle d’or » impose l’austérité qui étrangle toute l’économie et aggrave dettes et déficits. On le voit en Grèce ou la priorité au remboursement de la dette et règle d’or enfoncent le pays dans la crise.

à paraitre début octobre 2011 « La dette indigne » dix questions dix réponses, par Jean-Jacques Chavigné et Gérard Filoche (Ed. JC Gawsevitch, 9,90 euros)
Cet article a été écrit par Gérard Filoche, publié le 5 septembre 2011

 

 

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