28 septembre 2011

Fukushima et la bataille pour la vérité

Bistro Bar Blog | 27 sep 2011

De larges franges de la population japonaise accumulent des niveaux conséquents de contamination interne.


Par Paul Zimmerman
Global Research, 27 septembre 2011
La catastrophe nucléaire de Fukushima est un cauchemar. Des rejets fantômes de radioactivité hantent la terre japonaise. Les vies, une fois en sécurité, sont maintenant confrontées à un fléau ineffable promettant de sales maladies et la mort.
De larges franges de la population accumulent des niveaux signifiants de contamination interne, préparant le terrain à une tragédie de santé publique.
Un accroissement subtil dans le nombre de fausse-couches et de morts de foetus seront la première manifestation que quelque chose cloche. Une incidence élevée d'anomalies de naissance commenceront à l'automne et continueront dans un futur indéterminé. Des maladies de la thyroïde et des taux élevés de bébés et d'enfants leucémiques suivront. Les cas de cancers monteront en flèche d'ici 10 ans et plus.
Tchernobyl fut le précurseur de ce scénario d'épreuves. Il a enseigné à l'humanité les vérités biologiques inéluctables qui émergent dans les populations contaminées de l'intérieur par des niveaux élevés de produits de fission. Et pourtant les tricheurs du gouvernement et de l'industrie attaquent ces vérités comme des alarmes sans fondement. Avec une froide indifférence, ils nient que Tchernobyl a occasionné un grand nombre de victimes. Ils tournent leur regard aveugle vers l'immense corps de la recherche et proclament sournoisement qu'aucune preuve n'existe pour dire que plus d'une poignée de gens ont souffert de préjudices de la catastrophe ukrainienne. Ils publient de la propagande, drapée au nom de la science, qui rejette le risque de bas niveaux de contamination interne. Pensant que leur subterfuge a réussi et intoxiqué par leur arrogance, ils se positionnent déjà pour mettre en scène-gérer la perception du public pour Fukushima.
Le gouvernement japonais, sa commission de sécurité nucléaire, et Tokyo Electric Power Company ont déjà démontré qu'ils feront tout en leur pouvoir pour laisser les habitants ignorant de ce qu'il se passe. La crise sanitaire qui émerge est programmée pour être gommée. Suivant un plan directeur éprouvé, calculé selon les précédentes retombées de radiations autour du monde, des données pertinentes pour évaluer l'impact médical de l'accident ne seront pas compilées.

Les doses de radiations reçues par la population seront terriblement sous-estimées. Les risques associés à de faibles niveaux de contamination interne seront supprimés de toute discussion sur le risque. Les journaux académiques qui soutiennent l'agenda nucléaire seront noyés dans des études bidon qui démontrent qu'aucun détriment de santé n'a été subi par la population. L'incidence élevée de leucémie infantile sera attribuée à quelque virus non encore identifié provenant du mélange de population à la suite des évacuations causées par le tsunami. (cette théorie est actuellement en vogue pour nier que l'incidence élevée de leucémie parmi les enfants de moins de 5 ans vivant près des réacteurs nucléaires est induite par la radioactivité.) Les anomalies de naissance seront sommairement rejetées comme impossibles parce que les modèles de risques soutenus par la commission internationale sur la protection contre la radiation ne les prédit pas. La possibilité que les modèles soient élaborés frauduleusement échappe à la considération.

Comment la VÉRITÉ va-t-elle remonter quand elle est bloquée par cette matrice institutionnalisée de tromperie ? Quelle agence peut prendre l'initiative d'un document précis de l'étendue de la catastrophe, identifier ses victimes et celles à risque, et publier aux gens une information sanitaire digne de foi ? Qui va prendre la responsabilité de protéger les enfants ? Attendre que le gouvernement vienne à la rescousse est naïf. L'histoire des accidents radioactifs témoigne que les gouvernements trompent régulièrement ses citoyens en égard à leur programme d'armes nucléaires et à l'industrie nucléaire. Non, une seule alternative s'offre au peuple japonais. Ils doivent devenir proactifs. Ils doivent prendre l'initiative et retirer le contrôle du gouvernement et de l'industrie sur la ''perception'' de la catastrophe.

L'accident de Fukushima demande qu'une campagne populaire soit initiée pour dégager une évaluation honnête de la situation actuelle, faire un catalogue des conséquences médicales au fur et à mesure de leur émergence et offrir des conseils avisés sur la manière dont les habitants peuvent se protéger. A l'aide de la plate-forme d'Internet, des scientifiques de toutes disciplines pertinentes doivent se regrouper avec des profanes intéressés, avec quelque chose de valide pour pouvoir créer un projet de recherche d'accès libre largement diffusé. Une encyclopédie en ligne évolutive archivera toutes les données pertinentes et les préserveront de falsifications futures. L'accident doit être documenté dès son départ. Avec des rapports contradictoires publiés fréquemment, toutes les informations disponibles, qu'elles viennent de sources gouvernementales, d'enquêtes citoyennes ou de témoignages doivent être rassemblées pour une future évaluation. Les données météo mondiales depuis le 11 mars 2011 doivent être réunies. Toutes les mesures officielles et officieuses de radioactivité de l'environnement, à la fois au Japon et dans le reste du monde, doivent être collectées et comparées. Ce sont des informations essentielles requises pour des études épidémiologiques futures. Les zones agricoles contaminées doivent être recensées. Des échantillons de tout produit comestible pour l'homme et les animaux doivent être évalués sur le plan de la sécurité. Lorsqu'une maladie causée par les rayonnements est suspectée de démarrer dans la population, les professionnels de santé et les victimes doivent rendre publiques leurs expériences. Au début, cette information sera anecdotique mais néanmoins inestimable. Elle identifiera des tendances morbides et mortelles à leur départ et définira des sous-groupes de population requérant une investigation scientifique plus systématique. Des chercheurs indépendants ou en groupe doivent prendre l'initiative de poursuivre l'étude dans leurs champs d'expertise et d'intérêt. (une excellente suggestion de Gordon Edwards de la coalition canadienne pour la responsabilité nucléaire est une collecte étendue de dents de lait pour fournir des données objectives sur la dispersion géographique et l'absorption de strontium-90)
Les méthodologies, données et résultats devront être postés en ligne dès leur disponibilité. Un libre accès au corps de travail en son entier doit être garanti afin de permettre un examen par les gens du monde entier. La transparence est primordiale. Un dialogue ouvert permettra à des points de vue divergents d'être équitablement représentés. Les désaccords sur les protocoles de recherche ou l'interprétation des résultats montreront le chemin vers de nouvelles voies d'investigation où clarification et consensus pourraient se faire. Une investigation objective via une méthode scientifique sera l'arbitre final de la vérité. Le but ultime de cet effort sera de fournir une détermination impartiale des conséquences radioactives pour la santé des gens, estimer la justesse des standards actuels pour la sécurité en matière de radiations et identifier la manière d'améliorer le bien-être commun de l'humanité.
Il est urgent que cette initiative commence immédiatement. Les données doivent être capturées tant qu'elles sont encore non polluées. Une importance particulière est la mise en sécurité des statistiques de santé des japonais antérieures à l'accident. Les taux de résultats de diverses grossesses ; la fréquence de différents types d'anomalies de naissance ; l'incidence de problèmes thyroïdiens, les problèmes cardiaques, les cancers et ainsi de suite, tout doit être catalogué. Il y a une bonne raison pour que ces données basiques aient besoin d'être préservées. L'histoire des accidents radioactifs est remplie d'exemples de falsifications totales de données qui ont empêché une évaluation juste des effets de faibles niveaux de contamination interne sur la santé humaine. Par exemple, une preuve existe que les donnée de morbidité et de mortalité publiées par les services de santé publique gouvernementaux ont été altérées en raison de rejets radioactifs venant d'installations d'armement nucléaires et de centrales nucléaires commerciales qui ont fait cacher des morts par cancers dans la population. L'accident de Three Mile Island, dépeint avec persistance par le gouvernement et les porte-paroles de l'industrie comme un événement bénin, a produit en fait maladies et morts chez les humains et les animaux d'élevage qui se trouvaient sous le vent. Après l'accident de Tchernobyl, des centaines de milliers de dénommés ''liquidateurs'' ont participé aux opérations de nettoyage tout près des réacteurs détruits et ont aussi construit un sarcophage de béton autour des bâtiments du réacteur pour ensevelir la radioactivité.

Selon le comité européen sur les risques radioactifs, ces populations dans les années suivantes ont été décrites avec un taux plus faible de leucémie que la population générale. Ce n'est que plus tard qu'il a été mis en lumière que les médecins soviétiques avaient interdiction d'enregistrer la leucémie dans leurs diagnostics. L'enregistrement des cancers au Pays de Galles a été cité par ce comité comme des cas à enlever de ses bases de données afin d'empêcher l'installation de traitement du combustible nucléaire de Sellafield en Grande-Bretagne d'être accusée de causer des maladies à la population. Également mentionné par le comité l'altération des cas de mortalité infantile en Allemagne après Tchernobyl pour masquer l'impact de l'accident sur la santé du public.

Les méfaits ne se sont pas confinés à falsifier les enregistrements concernant la santé. En 1957 un incendie s'est déclaré dans le réacteur de graphite de Windscale en Angleterre sur le site maintenant occupé par l'installation de Sellafield. La somme de radiations libérée et l'incidence des cancers induits dans la population de l'Irlande sont restés des questions profondément litigieuses. Selon le comité, à un endroit précis après l'incendie, les enregistrements météo ont été changés ''avec le motif apparent de dissimuler l'endroit- source probable ''. De manière similaire, le réacteur prototype surgénérateur de Monju à Tsuruga, au Japon, a souffert d'un incendie dévastateur en 1995. La préfecture et les officiels de la ville ont découvert que l'opérateur avait trafiqué les images vidéo de l'incendie pour cacher l'échelle de la catastrophe.

Si une documentation exacte des conséquences sanitaires de Fukushima doit réussir, une condition est primordiale : le projet DOIT garder son indépendance vis à vis des agences internationales qui dominent actuellement la discussion sur les effets des radiations. Le mandat tacite de ces organisations est de soutenir les programmes d'armes nucléaires et l'industrie du nucléaire, et elles le font donc en publiant des études scientifiques frauduleuses qui minimisent les risques pour la santé des matériaux radioactifs libérés dans l'environnement.
Par exemple, l'organisation mondiale de la santé, l'agence internationale de l'énergie atomique, le comité scientifique des Nations-unies sur les effets des radiations atomiques, et autres organisations des Nations-unies ont publié conjointement L'héritage de Tchernobyl : impacts sur la santé, l'environnement et socio-économiques. Cette étude est traditionnellement citée comme preuve que Tchernobyl n'a eu que peu d'impact sur la santé des gens. Elle concluait que seuls les 28 premiers à être intervenus sont morts de syndrome aigu de radiations et que 4000 enfants avaient développé un cancer de la thyroïde, quinze d'entre eux étant morts en 2002. En outre, elle estimait que 4000 autres cancers fatals pourraient se déclarer dans la population totale. Cette version stérilisée de la catastrophe l'a été par des méthodes sournoises par consultation unique de 350 sources d'information, la plupart publiées en anglais, tout en ignorant les 30.000 publications et les 170.000 sources d'information disponibles en d'autres langues que l'anglais. Un résumé de cette abondante littérature, publiée sous le nom de Tchernobyl : conséquences de la catastrophe pour les hommes et la nature, a conclu que les victimes de radiations ont approché les 980.000.


Un autre exemple, un nombre de prestigieuses institutions ont publié de la désinformation sur les risques pour la santé des armes à uranium appauvri. Elles ont toutes conclu que l'uranium en tant qu'arme ne crée aucun effet de santé adverse quand il est à l'intérieur du corps des soldats sur les champs de bataille et sous le vent des populations. La justification pour ces conclusions sont venues d'une enquête sur la littérature scientifique au sujet de la contamination par l'uranium parmi les ouvriers des industries de l'uranium et du nucléaire et des populations exposées à des niveaux élevés d'uranium dans leur eau de boisson. Historiquement les deux seuls types d'effets adverses pour la santé documentés parmi ces populations est une fonction altérée du rein due à la toxicité chimique de l'uranium et un cancer du à la radioactivité de l'uranium.

Mais des études sur les vétérans souffrant de syndrome de la Guerre du Golfe ne révèlent aucune preuve de maladie rénale. Et selon les modèles promulgués par la commission internationale de protection radiologique, la dose de radiations venant de l'uranium des champs de bataille est trop faible pour démarrer un cancer. La conclusion ? Cas réglé ! L'uranium appauvri ne peut être le facteur des souffrances sévères des vétérans ou l'incidence croissante de cancer et d'anomalies de naissance à Fallujah et autres régions d'Irak. Aussi convaincante soit la logique de cette tentative d'études, elles souffrent toutes de lacunes fatales. Elles échouent toutes à connaître que les micro et nano-particules d'uranium dérivées d'une combustion ont des biocinétiques uniques quand elles sont internalisées qui ne sont pas comparables aux expositions des types historiques d'uranium, et qu'elles échouent adroitement à prendre en compte la recherche la plus à jour sur la toxicologie de l'uranium.

De nouvelles recherches conduites depuis la première guerre du golfe ont démontré que l'uranium est génotoxique (capable d'endommager l'ADN), cytotoxique (poisons pour les cellules), mutagéniques (capable d'induire des mutations), tératogéniques (capable d'interférer avec le développement normal de l'embryon) et neurotoxiques (capable d'endommager le tissu nerveux). Cette recherche doit encore déloger le mantra périmé que l'uranium est seulement capable de causer une maladie rénale et le cancer.

La communauté pour la protection contre les radiations est également malintentionnée. La fondation sur la recherche des effets des radiations d'Hiroshima mène des recherches perpétuelles sur la santé des survivants des bombes atomiques de la fin de la deuxième guerre mondiale. La Life Span Study (étude de l'estimation de vie) est l'unique élément de preuve importante utilisée par la commission internationale sur la protection contre les radiations pour mettre en place des guides mondiaux pour la sécurité contre les radiations. Cette sécurité contre les radiations pour tous les types d'exposition et toutes les sortes de maladie induites par les radiations reliée si lourdement à cette recherche est incroyablement dérangeante parce que la Life Span Study est profondément et irréparablement imparfaite. Démarrée cinq ans après les bombardements, après que des dizaines de milliers de victimes aient succombé à une exposition non identifiée de niveaux de radiations, ses résultats sont désespérément faussés au profit de radiations moins dangereuses qu'elles ne le sont en fait. De plus, l'étude ne peut fournir aucune information significative sur les résultats à la naissance des foetus exposés in utero. Plus problématique est le fait qu'aussi bien l'étude que les groupes de contrôle ont été contaminés de l'intérieur par la pluie noire qui est retombée sur les villes détruites après les explosions. La contamination passée sous silence du groupe de contrôle compromet totalement toute conclusion significative des taux de maladies induites par radiations dans le groupe d'étude. La Life Span Study est affectée de nombreuses imperfections qui soulèvent de sérieuses questions quant à la raison de son devenir en tant que pièce maîtresse des standards de radioactivité.

Les japonais ont été victimes de l'horreur nucléaire davantage que tout autre peuple sur Terre. Ils sont aujourd'hui plongés dans une tragédie imperceptible qui apportera lentement mais inévitablement la maladie et les épreuves à des millions d'entre eux. En réponse à ce crime, une opportunité rare et courageuses existe. En entreprenant une campagne nationale pour documenter honnêtement la catastrophe qui les submerge, ils peuvent mener toute l'humanité à sortir du bourbier de déception et de tromperie qui a permis à des armes et des réacteurs nucléaires de proliférer. La vérité a finalement une opportunité de triompher sur le mensonge. De manière faible mais signifiante, ceci réparerait la malveillance d'Hiroshima, Nagasaki et Fukushima.


Paul Zimmerman est l'auteur de : Une première dans l'art de décevoir : le culte des nucléaristes, des armes à l'uranium et de la science frauduleuse. Une présentation plus technique, mieux référencée de la nature frauduleuse des normes actuelles pour les radiations et la dissimulation des effets de l'uranium appauvri peut être trouvée dans ses pages. Des extraits, en téléchargement gratuit, sont disponibles à www.du-deceptions.com

SOURCE
Note de alter du Lot :
Merci à Hélios (Bistro Bar Blog) pour la traduction française

Les cartes  proviennent de EX-SKF , publiées sur ce blog suite aux conclusions rendues le 27-09- 2011 par le Ministère Japonais de l'Education et des Sciences.
La fresque murale est emprunté à Fragment de tags

 

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