9 novembre 2016

Thorium, la face gâchée du nucléaire (docu Arte)


 Source : www.youtube.com

Une énergie nucléaire "verte" ? Au début de la série Occupied, diffusée par ARTE fin 2015, le nouveau chef écologiste du gouvernement norvégien, pour mettre un terme à l'exploitation pétrolière, inaugurait une centrale fonctionnant au thorium. Une hypothèse nullement fictive, selon ce documentaire, qui montre combien ce combustible alternatif, découvert à la fin du XIXe siècle et répandu sur toute la planète, représente une piste sérieuse pour échapper aux dangers et à la pollution induits par l'utilisation du plutonium par l'industrie atomique. Si le nucléaire n'avait pas été inventé pour bombarder Hiroshima et propulser des flottes militaires, nos centrales fonctionneraient sans doute aujourd'hui avec des réacteurs à sels fondus de thorium. Tchernobyl et Fukushima seraient peut-être restés des points anonymes sur la carte du monde. La surexploitation de l'énergie fossile aurait probablement cessé beaucoup plus tôt, et le changement climatique se révélerait moins alarmant qu'il ne l'est aujourd'hui...

La Chine à l'avant-garde ?

Pour réaliser ce scénario, qui semble aujourd'hui utopique, il aurait peut-être suffi de s'intéresser vraiment aux travaux visionnaires du physicien américain Alvin Weinberg qui, après avoir participé à la fabrication de la bombe atomique, a voulu travailler sur une utilisation civile et pacifique de l'atome. Il s'est acharné de 1945 à sa disparition, en 2006, à inventer les conditions d'une énergie nucléaire propre reposant sur des réacteurs révolutionnaires et sur l'extraction du thorium. Mais les intérêts liés aux lobbies de l'énergie et de la défense en ont décidé autrement. Les États qui ont opté pour l'énergie atomique ont longtemps cherché à étouffer l'éolien et le solaire, et aucun n'a voulu prendre en compte les problèmes bien connus d'enfouissement des matières fissiles. Aujourd'hui, pourtant, l'idée d'un recours à des combustibles nucléaires liquides et à des réacteurs à sels fondus refait surface, défendue par le monde de la recherche et même par des écologistes combattant l'industrie nucléaire. Le gouvernement chinois a décidé d'investir 350 millions de dollars pour étudier cette filière révolutionnaire. La Fondation de Bill Gates s'y intéresse aussi. L'Europe va-t-elle rester à la traîne ? Un voyage teinté d'espoir vers la face gâchée du nucléaire.
 
 

24 décembre 2014

Un cadeau pour l'éternité (image)

 

27 mai 2014

Catastrophe nucléaire en cours aux USA



USA : une catastrophe nucléaire en cours à 655 mètres sous terre au centre de stockage de déchets radioactifs du Nouveau Mexique

 

20140206__WPPnidnt-0206_p2.jpgDepuis le 5 février 2014, une catastrophe nucléaire est en cours au centre de stockage profond de déchets radioactifs au Nouveau Mexique (USA). Un incendie dans la zone nord puis, 9 jours plus tard, un relâchement de radioactivité dans la zone sud se sont produits au WIPP (Waste Isolation Pilot Plant) qui est prévu pour entasser 176 000 m3 de déchets transuraniens contenant notamment de l’Américium et du Plutonium, issus d’activités nucléaires de défense (recherches militaires et production d'armes nucléaires). Un ou plusieurs containers se sont ouverts, à 655 mètres sous terre, suite à une explosion d’origine chimique. La radioactivité la plus terrible - Plutonium, Americium - s’est échappée et s’échappe encore. (...)

suite ...

8 novembre 2013

Nous sommes tous les otages d’AREVA !


Mali, Niger, Françafrique : nous sommes tous les otages d’AREVA !


ACDN | 7 novembre 2013


Fin octobre, début novembre 2013, trois événements graves, l’un heureux, les deux autres tragiques, sont survenus dans la même semaine. Deux ont fait la Une des journaux et des médias français.


C’est le troisième événement, rapporté par l’AFP et un large panel de journaux mais éclipsé dans les médias par la libération des otages d’Arlit, qui permet de faire le lien entre les deux autres. Nous y viendrons plus loin. Il met en lumière le triste rôle, en Afrique comme en France, du "leader mondial de l’industrie nucléaire" à capitaux français : AREVA.

Toutes les vies ne se valent pas

Mardi 29 octobre, on apprend la libération, après trois ans de captivité et d’angoisse, des quatre derniers otages français enlevés au Niger le 16 septembre 2010, sur le site uranifère d’Arlit exploité par AREVA, et encore retenus par Al Quaïda au Maghreb Islamique (AQMI). Ramenés à Niamey, capitale du Niger, depuis le nord Mali où ils étaient détenus, ils retrouvent bientôt leurs familles en France. Enfin ! Sains et saufs ! On partage la joie de Thierry Dol, Marc Féret, Daniel Larribe, Pierre Legrand et de leurs proches.

Dimanche 3 novembre, on apprend l’enlèvement la veille à Kidal (nord Mali) de deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, et leur assassinat presque immédiat. Brutal rappel à l’ordre. L’horreur et l’incompréhension saisissent la communauté nationale. Pourquoi cet acte barbare ?

De fait, le dénouement heureux pour "Thierry, Marc, Daniel et Pierre", comme dit AREVA sur son site Internet, ne saurait faire oublier d’autres réalités beaucoup moins réjouissantes.

D’abord, l’assassinat probable d’autres otages d’AQMI : Edwin Dyers, Michel Germaneau, et Philippe Verdon, exécuté par les ravisseurs des "sept d’Arlit" après la mort de leur chef Abou Zeid, tué pendant l’opération Serval.

Ensuite, le maintien en détention d’autres otages, français ou étrangers, en Afrique, en Syrie, en Asie, en Amérique latine et ailleurs. Leur liste ne cesse de se renouveler et ne se limite ni aux Français, ni aux salariés d’AREVA ou Vinci. Ne les oublions pas.

Et maintenant, l’assassinat de deux journalistes français chevronnés, de 55 et 57 ans, qui faisaient remarquablement, de l’avis général, leur métier d’observateurs éclairés et d’informateurs honnêtes en Afrique.

Début du questionnement. Que vaut la politique de la France, liée à celle d’AREVA en Françafrique ?

Il faut l’avouer, dans leur malheur les "sept d’Arlit" ont eu une chance insigne : travailler, directement ou indirectement, pour AREVA. Ils ont été enlevés parce qu’ils étaient les employés d’AREVA ou d’un sous-traitant du groupe VINCI, mais conservés en vie et libérés pour la même raison. En effet, malgré les démentis officiels, la presse, le Monde en tête, s’accorde à dire que leur employeur a versé 12,5 ou 13 millions d’Euros pour obtenir en février 2011 la libération de trois premiers otages d’Arlit, dont Françoise Larribe, et 20 à 25 millions pour les quatre derniers. Au moins 4,5 millions d’Euros, telle était la valeur marchande attribuée à chacun d’eux, négociée et consentie par AREVA.

Ghislaine Dupont et Claude Verlon ne valaient sans doute pas tant, car RFI n’a ni les moyens financiers ni l’autonomie de décision dont dispose AREVA. Mais ils représentaient, eux aussi, la France aux yeux de leurs ravisseurs, et ils l’ont payé de leur vie. On en apprendra sans doute davantage sur l’identité et les motivations des assassins et leurs liens éventuels avec AQMI, mais un fait est déjà sûr, qui peut servir de leçon : désormais, nul Français n’est à l’abri d’un enlèvement et d’un assassinat.

A cet égard, la responsabilité d’AREVA est immense. Certes, à en juger par la rançon qu’elle a versée à AQMI, la multinationale de l’uranium attache un grand prix à la vie humaine. Rien de moins sûr pourtant. Qu’on en juge.

Le prix d’une rançon

Au même titre que la prime d’assurance "K & R" (Kidnapping and Rescue) et les 35 millions d’Euros supplémentaires remis par AREVA au Niger en mars 2013 pour renforcer la sécurité de ses sites, les 33 millions (ou plus) versés à AQMI entreront dans le coût de revient du kilowattheure nucléaire payé par les clients d’EDF, à côté de nouvelles taxes éventuellement concédées au président Mahamadou Issoufou (on s’en réjouirait pour le Niger...) à l’occasion ou à la suite des tractations conduites par son homme de confiance, Mohamed Akotey, pour obtenir la libération des derniers otages d’Arlit.

En ce sens, en tant que consommateurs d’électricité d’origine nucléaire, les Français sont devenus, financièrement, solidaires des otages d’AREVA. On ne s’en plaindra pas. Mais il y a plus grave.

Alimentant les caisses d’AQMI, ces 33 millions (ou plus) vont renforcer son armement et ses moyens logistiques pour procéder à de nouveaux enlèvements de Français. Les guerres de l’uranium ne faisant que commencer, nous sommes tous potentiellement exposés à devenir les otages des ennemis d’AREVA. Que nous soyons collaborateurs d’AREVA, de VINCI, d’EDF, ou journalistes, ou simples touristes en Afrique ou ailleurs.

Plus grave encore (au moins collectivement), nous sommes devenus les otages politiques d’AREVA.

Car AREVA décide des affaires du Niger comme de celles de la France. Mohamed Akotey préside le conseil d’administration d’Imouraren SA, la filiale d’AREVA qui prépare au Niger l’exploitation de la plus grande mine d’uranium du monde. Quant à Mahamadou Issoufou, c’est un ingénieur des mines formé en France. Il fut directeur national des Mines au ministère nigérien des Mines et de l’Énergie de 1980 à 1985, puis directeur d’exploitation de la mine d’Arlit (appartenant à AREVA), puis secrétaire-général de la Société des mines de l’Aïr (SOMAIR, filiale d’AREVA) jusqu’en 1991. Il interrompt alors ses activités minières pour se lancer dans la politique, fondant le parti socialiste nigérien... Le lui a-t-on suggéré ? Parvenu à la tête du Niger le 12 mars 2011 -cela mérite bien un avion présidentiel- Mahamadou Issoufou est "l’homme d’AREVA".

François Hollande, placé à la tête de la France, l’est aussi.

AREVA, un Etat dans l’Etat

Lorsque le PS signe en novembre 2011 un accord de mandature avec EELV incluant la fermeture de la filière dite de retraitement (visant en fait à séparer le plutonium des autres sous-produits de nos centrales) et de fabrication du MOX, AREVA fait savoir à François Hollande, d’un simple coup de fil, que ce point est inacceptable. Aussitôt celui-ci l’abroge unilatéralement, puis le rétablit pour un week-end, le temps d’obtenir l’aval du Conseil fédéral d’EELV à l’accord, et l’abroge derechef sitôt après, se déclarant seul juge, s’il est élu, de l’application de l’accord.

Soutien résolu d’AREVA, partisan acharné du nucléaire sous toutes ses formes, il n’est pas étonnant que François Hollande ait reçu à bras ouverts à l’Elysée le 11 juin 2012, le 13 novembre 2012, le 10 mai 2013, son homologue nigérien, par ailleurs vice-président de l’Internationale socialiste, "un ami" qu’il connaissait bien avant que chacun d’eux devienne président. Pas étonnant qu’il lui rende un hommage appuyé après la libération de "Thierry, Marc, Daniel et Pierre". On est en famille.

Le 10 mai 2013, François Hollande, déclare : "C’est la troisième fois que je reçois M. Mahamadou ISSOUFOU, le Président du Niger. C’est vous dire la qualité de la relation entre nos deux pays et la confiance que nous nous témoignons mutuellement. Cette confiance nous l’avons également retrouvée au moment de l’intervention de la France au Mali... Nous avons des relations bilatérales qui sont également de très bonne tenue - j’allais presque dire « teneur » puisque nous avons la relation avec AREVA ! Nous en discutons régulièrement avec le Président... Il y a également une coopération économique qui est forte... Et puis, il y a une coopération militaire qui était engagée avant même l’opération Serval et qui se poursuit, là encore, sur des bases solides." (Source). Bref, un concentré de Françafrique à faire rêver.

Que nous soyons tous, Nigériens ou Français, otages d’AREVA, en voici d’autres preuves.

Les mensonges d’AREVA

D’après ce qu’elle raconte sur son site Internet, la firme veille sur "la santé et la sécurité des travailleurs et des populations environnantes", "la préservation de l’environnement", "la limitation des impacts", et pratique "un engagement sociétal fort".

"Sécurité des travailleurs" ?

Les otages enlevés à Arlit en juin 2008, en octobre 2009, et dans la nuit du 15 au 16 septembre 2010 ont pu l’apprécier. Ou la quinzaine de blessés dont AREVA faisait état parmi ses salariés nigériens lors de l’attentat-suicide du 23 mai 2013, toujours sur son site d’Arlit, tandis qu’un attentat simultané faisait à Agadez plus de 20 morts parmi de jeunes soldats nigériens en formation. (Premier résultat des 35 millions d’Euros donnés en mars par AREVA à l’Etat nigérien : l’assassinat de nouvelles recrues.)

"Santé des travailleurs" ?

"A Arlit et Akokan, les concentrations en uranium dans certains puits dépassent d’un facteur 10 les normes de l’Organisation Mondiale de la Santé." Ceci a été démontré par la CRIIRAD mais aussi par les laboratoires officiels (Algade et IRSN) commandités par AREVA pour faire des contrôles.

"Préservation de l’environnement" ?

En juin 2009, au moment où Areva annonçait, sous la pression des ONG, la création d’"Observatoires de la santé" sur ses sites d’exploitation, la CRIIRAD écrivait : "L’exploitation de l’uranium à Arlit et Akokan (Niger) a conduit à soutirer plus de 270 millions de m3 d’eau dans une nappe fossile. La mise en exploitation du gisement d’Imouraren conduira au soutirage de 12 à 13 millions de m3 par an. AREVA reconnaît que la nappe souterraine sera asséchée à la fin de l’exploitation dans une quarantaine d’années. De plus l’exploitation nécessitera l’excavation de près de 4 milliards de tonnes de roches et produira des montagnes de déchets : stériles miniers amoncelés en verses de 40 mètres de haut sur 20 km2 et 245 millions de tonnes de déchets radioactifs à très longue période dont personne ne sait comment garantir le confinement."

On notera que ces stériles miniers, lorsqu’ils sont utilisés comme remblais, entraînent une élévation considérable de la radioactivité du sol : dans les rues d’Akokan par exemple, ou devant l’hôpital de la COMINAK, où on a pu relever des niveaux de radioactivité jusqu’à cent fois supérieurs à la normale (Lettre de la CRIIRAD à Anne Lauvergeon, présidente d’AREVA, le 15 mai 2007).

"Limitation des impacts" ?

Outre les impacts directs, chimiques, radiologiques et phréatiques, la CRIIRAD dénonçait en 2009 "les impacts indirects liés à l’utilisation de charbon pour fournir l’énergie aux complexes d’extraction de l’uranium. En 2006, au Niger, 85 % de l’électricité commercialisée par la SONICHAR était achetée par SOMAÏR et COMINAK. La mise en exploitation des nouveaux gisements d’uranium va faire passer la consommation de charbon de 160 000 tonnes à 400 000 tonnes en 2011. La population de Tchirozérine, commune où sont implantées la mine de charbon et la centrale thermique se plaint de l’impact de la pollution atmosphérique et de la pollution des eaux."

Là encore, on voit ce que vaut la "santé des travailleurs et des populations environnantes"... et l’argument "environnemental" en faveur d’un combustible nucléaire censé nous éviter l’emploi du charbon, la pollution atmosphérique et la production de CO2 !

"Engagement sociétal fort" ?

Selon Areva, "depuis la création des sociétés minières de SOMAÏR et de COMINAK il y a une quarantaine d’années, AREVA a déployé une politique sociétale ambitieuse... Au Niger, le groupe soutient des programmes d’aide au développement et mène également des actions de solidarité dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la formation et de l’accès des populations locales à l’eau et à l’énergie... Face aux situations d’urgence, famines, inondations... AREVA vient en aide aux populations sinistrées du Niger. AREVA participe activement au développement économique du Niger, dont il est le principal partenaire industriel."

AREVA, qui déclare pour 2012 un Excédent Brut d’Exploitation d’un peu plus de 1 milliard d’Euros, dont 425 millions dans le secteur minier, se vante sur son site de consacrer 3 millions d’Euros par an à ses "contributions sociétales" au Niger - moins du 1/10e de sa "contribution" à AQMI. Et "plus de 37 millions d’Euros de taxes diverses payées au Niger en 2009" - à peine plus que la "taxe" versée à AQMI. Pas de quoi changer la face du pays.

Mourir au Niger

Les 113 migrants clandestins partis d’Arlit en octobre 2013 par familles entières n’ont pas su profiter du modèle de "développement économique" promis au Niger, l’un des pays les plus pauvres du monde, par son "principal partenaire industriel". Ces Nigériens-là étaient exclus de la manne d’AREVA.

Car voici le troisième événement de la dernière semaine d’octobre, le moins connu, le plus tragique : le 28, juste avant la libération des otages d’Arlit, on apprend que 87 cadavres décomposés, en partie dépecés par les chacals, ont été retrouvés dans le désert nigérien entre Arlit et la frontière algérienne, ainsi que les camions en panne qui auraient dû les conduire vers l’Algérie et le mirage d’une vie meilleure. Ils s’ajoutent aux dépouilles de 5 femmes et fillettes découvertes précédemment. Il s’agit de migrants clandestins partis d’Arlit quelques semaines plus tôt. Ils sont morts de soif. Essentiellement des femmes et des enfants. Au total, 21 rescapés et 92 victimes : 7 hommes, 35 femmes, 50 enfants.

"Sadafiou, un rescapé d’une trentaine d’années qui a perdu trois de ses proches dans le voyage, avait expliqué il y a quelques jours à la radio privée Sahara FM que le groupe dont il faisait partie, originaire du Sud nigérien, fuyait de mauvaises récoltes à venir" (Le Parisien, 31.10.13).

Il est vrai qu’AREVA n’est pas à Arlit pour faire le bonheur des Nigériens. Ni le nôtre. Elle y est pour fournir de l’uranium aux centrales françaises et des profits à ses actionnaires, étatiques à 83 %. Le minerai d’uranium extrait d’Arlit pollue l’environnement sur place et tout au long du cycle de transfert, traitement et retraitement qui le transforme en combustible, puis en plutonium (utilisable dans le combustible MOX et comme explosif militaire) et en déchets nucléaires. Pour l’éternité.

Nigériens ou Français, "nous sommes tous des otages d’Areva".

La pieuvre
AREVA n’étend pas seulement ses tentacules de la France au Niger ou au Gabon, elle les étend des Etats-Unis à la Chine et au Japon, en passant par le Kazakhstan, la Finlande, l’Afrique du Sud ou les Emirats Arabes unis. La firme s’en vante sur son site et le souligne même : "AREVA fait bénéficier ses clients d’une présence commerciale dans plus de 100 pays et industrielle dans 43 pays. Le groupe a élaboré une stratégie de développement pérenne, s’appuyant sur une implantation équilibrée entre l’Europe, les Amériques et l’Asie."

Une "implantation équilibrée", tout à fait comparable à la "stricte suffisance" dont se vantent les stratèges et dirigeants français, nos "têtes pensantes", à propos de leurs 300 "têtes nucléaires" conçues par le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), actionnaire d’AREVA à 61,52 %, commandées par l’Etat français, actionnaire d’AREVA à 21, 68 % - braves "têtes nucléaires" modestement capables, sur simple décision d’une seule tête pensante aujourd’hui appelée François Hollande, de faire un petit milliard de morts. Et bien sûr, de dissuader les terroristes de nous prendre en otages.

Une stratégie économique aussi "pérenne" que notre stratégie militaire puisque, pas plus du côté des centrales que du côté des armes, il n’est prévu de renoncer au nucléaire. Les réacteurs initialement prévus pour durer de 25 à 30 ans le sont désormais pour 40 ans et vont le devenir pour 50, voire (dernière revendication d’EDF) 60 ans. En attendant la relève par la série des EPR qui ont bien du mal à sortir de terre et à diverger mais qui seront d’emblée destinés à vivre au moins 60 ans. Quant aux armes que la France s’est engagée à éliminer en ratifiant il y a plus de vingt ans le Traité de Non Prolifération, elle consacre chaque année près de 4 milliards d’Euros à les moderniser. AREVA, CEA, même combat.

Tous otages

Les otages d’AREVA, ce sont tous les Français, mais aussi tous les humains d’aujourd’hui soumis en permanence à la menace de nouveaux Fukushima, Tchernobyl, Three Mile Island, Tcheliabinsk, Hiroshima, Nagasaki, et ceux de demain condamnés à gérer pendant des millénaires les déchets issus de l’uranium d’Arlit et d’ailleurs.

Français, révoltons-nous. Exigeons la fin de la dictature d’AREVA.

Et vous, Mesdames, Messieurs les journalistes, ne vous contentez pas de pleurer vos collègues assassinés. La meilleure façon d’honorer leur mémoire, c’est de donner la parole à ceux qui combattent la pieuvre, qui revendiquent pour les Français le droit d’échapper à son emprise, de faire un choix lucide et éclairé en matière de politique énergétique et stratégique.

Un monde vivable pour tous, un monde pacifié, c’est un monde sans armes ni centrales nucléaires.

Saintes, le 7 novembre 2013

Jean-Marie Matagne, président de l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire
ACDN 31 Rue du Cormier 17100 SAINTES
contact@acdn.net
www.acdn.net

Autres articles sur le site d’ACDN :
Accord PS-EELV : la soupe et les lentilles seront radioactives
Société nucléaire, société insécuritaire
Nucléaire : François Hollande, le triple C.
Lettre ouverte au Président de la République


 

20 août 2012

"L'atome de la paix prépare l'enfer sur terre"



AIPRI | samedi 18 août 2012

 

 

 

 

De la grandeur sale


Les déchèteries nucléaires civiles mondiales ont à ce jour en stock une masse de combustible éteint de l'ordre de 350 mille tonnes, environ 8478 desquelles ont été fissionnées (2,4%), pour un volume d'environ 17700 m3 tenant dans un infernal cube de Babel de quelque 26 mètres de côté. A l'heure actuelle cette masse fissionnée grossit chaque année de l'ordre de 348 tonnes puisque quelques 2,7 milliards de Mwé électronucléaires sont produits par an dans le monde. Ces déchets de l'industrie civile mondiale émettent à ce jour une colossale activité résiduelle de 142,8 milliards de Curie, à savoir 20 Curie par habitant de ce monde (1,43E11 Ci/7E9 = 20,40 Ci soit presque 755 milliards de Bq par personne pour environ 51 gr de déchets chacune). 88,84% de cette radioactivité artificielle relève des produits de fission "longs" comme le strontium (111,27 t.), le césium (229,37 t.) ou le prométhium (14,8 t.) et 11,16% est le fait des produits d'activation "très longs" comme le plutonium (1600 t. de Pu239), l'américium (103,65 t. d'Am241) ou le curium (342 kg de Cm244). Ces déchets éparpillés du Nord au Sud et d'Est en Ouest, dont la radioactivité occupera des millénaires avant de s'estomper de manière significative, concentrent un innommable potentiel radiotoxique de plus de 191 mille milliards de doses létales par inhalation dont 179 mille milliards dépendent des très perdurables produits d'activation et de 11 mille milliards de doses létales par ingestion. Il y a en définitive là en réserve assez de poisons "man made" pour, de science officielle, tuer chaque être humains plus de 27000 fois par inhalation et plus de 1500 fois par ingestion. Chacun des 7 milliards d'êtres humains vit en somme sans abri sous la menace perpétuelle d'une silencieuse attaque atomique sale déclenchée par l'atome de la paix. 

11 juin 2012

Les 3 réacteurs en fusion de Fukushima Daichi

Source image : Mémoire Online
AIPRI | Dimanche 10 juin 2012


Les 3 réacteurs en fusion de Fukushima Daichi contenaient ensemble 257 tonnes de combustible nucléaire enrichi à 3,7% en uranium 235 et subdivisées en 1496 assemblages d'environ 172 kg chacun. Le réacteur n°3 contenait également 32 assemblages MOX enrichis à 6% de Pu239. Au moment de l'accident autour de 6,19 tonnes de ces 257 tonnes de combustible avaient été fissionnées, à peu près 3 fois Tchernobyl. Les piscines de stockage de ces réacteurs comportaient en outre au moins 239 tonnes de carburant éteint et 31 t. de carburant neuf. D'une puissance globale de 2028 Mwé, ces réacteurs fissionnaient en une journée 6,272 kg de matière à savoir autant qu'une bombe atomique de 110 kt ne fissionne. Autrement dit à eux seuls ces 3 réacteurs de Fukushima Daichi produisaient 8 Hiroshima de déchets par jour et détenaient en stock 7752 Hiroshima en tout.

Ref. Radionuclide Release to Stagnant Water in Fukushima n°1 Nuclear Power Plant. Kenji NISHIHARA, Isao YAMAGISHI, Kenichiro YASUDA, Kenichiro ISHIMORI, Kiwamu TANAKA, Takehiko KUNO, Satoshi INADA, Yuichi GOTOH, 2012.

Indirectement accessible ici. https://www.jstage.jst.go.jp/browse

Un article sur lequel nous reviendrons et qui outre a enfin dévoilé le taux d’enrichissement (3,7%) et de combustion moyen des 3 centrales explosées (23,57 GwJ/t) nous signale que les eaux qui baignent ces centrales contiennent 43 kg de Cesium 137 (1,39E17 Bq) sur les 216 kg des 3 coeurs… 20% du cesium a fui dans l’eau. C’est la plus flagrante preuve que les cuves des réacteurs ne sont plus que des passoires, probablement vides ou presque maintenant. Incontinent vessels.

PS. Nous doutons que le réacteur n°3 ne fusse chargé qu'avec 32 assemblages au MOX (autour de 330 kg de Pu239).

22 avril 2012

La chambre à gaz atomique.

AIPRI | samedi 21 avril 2012

L’AIPRI a le plaisir d’informer ses lecteurs de la publication de son pamphlet sur les conséquences environnementales des « essais atomiques » aériens intitulé La chambre à gaz atomique. Traité de physique sur la contribution des essais nucléaires à la contamination finale de l’atmosphère. Nous en reproduisons ici le quart de couverture. L’ouvrage publié par les courageuses éditions V.F.F. Research Institute “ Mare Nostrum “ e.V. (Autriche) est d'accès libre ici.


Comment les hommes se sont concocté une discrète chambre à gaz radioactive en disséminant dans l’atmosphère plus de 110 tonnes d’uranium, de plutonium, de produits d’activation et de fission (dont 22,6 tonnes au plus sont retombées au sol) et comment la radioactivité actuelle de ces 110 tonnes, auxquelles il conviendra d’ajouter au moins 10.000 tonnes d’uranium « appauvri » disséminé par les guerres récentes, se multipliera inéluctablement par au moins 12 au cours du temps.

10 avril 2012

Un avion avec 180 kg d’uranium au dessus de nos têtes

Stop Nucléaire 31 | jeudi 5 avril 2012, par Frédéric Boutet
On apprend par voie de presse qu’un transport "classifié", c’est-à-dire secret, de 180 kg d’uranium enrichi à 93% a eu lieu par voie aérienne pour se terminer à Grenoble. La radioactivité de cette masse métallique est comparable à celle des 4,8 kg de Plutonium 238 expédiés dans l’espace par la NASA en décembre 2011. On a franchi un pallier dans la prise de risques : à croire qu’ils veulent vraiment une catastrophe nucléaire majeure.

1 avril 2012

Effacer Fukushima

Vigilance informative


Les faits présentés ci-dessous sont réels. Ils ont servi et servent à atténuer l’impact d’informations dramatiques sur l’industrie nucléaire, voire à faire oublier aux hommes qu’une catastrophe de grande ampleur a lieu sur la Terre, celle qui a commencé il y a un an à Fukushima.
Toutes les astuces utilisées pour cacher les données, pour minimiser les dangers, pour éviter de reconnaître les responsabilités seront évidemment réutilisables pour la prochaine catastrophe qui ne manquera pas d’arriver bientôt, selon les lois statistiques, à l’un des 440 réacteurs répartis tout autour de la planète.


Alors voyons, quelles sont ces astuces ?(...) suite sur le blog de Fukushima

7 mars 2012

11 mars : Journée mondiale d'action Fukushima 2012


Pour qu'à jamais cette industrie ruineuse et mortifère soit éradiquée de la surface du globe et en solidarité avec les innombrables victimes de Fukushima, de Tchernobyl et d'ailleurs,


Pour que cesse la production et l'accumulation de déchets hautement à risque, dont la durée de vie dépasse tout entendement et jusqu'à présent entreposés à ciel ouvert dans l'attente d'une hypothétique solution de stockage ou de retraitement,

Rejoignons partout les chaînes humaines et les rassemblements prévus samedi et dimanche.


En France:


- Chaîne Humaine de Lyon à Avignon (Lyon - Vienne - Roussillon - Saint Vallier - Tain l’Hermitage - Valence - Livron - Montélimar - Bollène - Orange - Avignon); Heure: 13:30; Contact: contact@chainehumaine.org ; Téléphone: 0777 202 771 ; http://chainehumaine.org/ ; Secrétariat national, 9 rue Dumenge, 69317, LYON, cedex 04, FRANCE, Téléphone: 04 78 28 29 22, Fax: 04 72 07 70 04, contact@sortirdunucleaire.fr ; opale.crivello@sortirdunucleaire.fr ; laura.hameaux@sortirdunucleaire.fr ;

- Chaîne humaine sur les quais de Bordeaux; Commence à la Maison écocitoyenne (près du pont de pierre), Porte de la Bourgogne; Heure: 14:30; Apportez pique-nique pour la nourriture du collectif; Contact: http://www.facebook.com/TchernoBlaye?sk=wall ; https://www.facebook.com/events/138595972916992/ ; http://gironde.demosphere.eu/node/1471 ; http://cerclelibertairejb33.free.fr/?p=2375 ; http://tchernoblaye.free.fr/ ; http://www.facebook.com/TchernoBlaye ; gironde.demosphere@mailoo.org ;

- Chaîne humaine de Vallée du Rhône, en Finistère, Bretagne; Heure: 14h; Contact: nukleelermaez2012@gmail.com ; http://bretagne.eelv.fr/agenda-eelv/#chaine-humaine-au-faou-29-contre-le-nucleaire ; http://bretagne.eelv.fr/tag/nukleel-er-maez/ ;

- A Paris le 11 mars à 15h sur la Place de l'Hôtel de ville. Brisons l'omerta sur Fukushima. Les anti-nucléaires font du bruit. Apporter fûts, casseroles, tambours, etc.
Contact: Rézo Zéro nucléaire Arrêt immédiat; herve.courtois@yahoo.com ; jeanlucvialard@gmail.com ; 06 09 71 64 03; 07-86-51-73-45; https://www.facebook.com/events/194832890617466/ ;

- Normandie: Débat "Fukushima, un an plus tard", entrée libre; Flamanville, Le Rafiot, organisé par CRILAN, avec le soutien de COORDINATION ANTINUCLÉAIRE BASSE NORMANDIE, avec la participation de Haruko Sakaguchi (témoin du Japon), Pierre Barbey (acro) - www.acro.eu.org , e Didier Anger (CRILAN) - 50340-Piles; Horário: 15:00; Contato: Andre Jacques, 06 08 84 22 22; http://leblogdejeudi.wordpress.com/ ; acro@acro.eu.org ; paulette.anger@wanadoo.fr ; 02 33 52 45 59; 02 33 52 53 26; 06 80 23 39 45; 02 33 87 66 66; 02.31.94.35.34;

- CHAMPAGNE / Chalons-en-Champagne (Marne) "FUKUSHIMA 1 an, et la France ne sort toujours pas du nucleaire!"; Samedi 10 Mars, Place de la Mairie; Manifestation-Ironie "Vive le nucléaire". A détourner avec humour: déguisements, nez rouges, pancartes, masques… le nucléaire est propre, sûr…; Heure: 11:00; Contact: cedra.org@orange.fr ; https://www.facebook.com/groups/149715985046348/ ; http://www.burestop.eu ; http://www.stopbure.com/ ; http://www.villesurterre.com/ ; (33) 03 25 04 91 41 / (33) 06 66 959 777; elisa-belle@orange.fr ;

- Journée "Non au nucléaire civil et militaire"; Lieu: sur les quais, Le Faou; Débats, ateliers, happenings; Heure: 11:00-17/00; Contact: bucher.christian@free.fr ; Téléphone: 0618851316; http://groupes.sortirdunucleaire.org/Journee-Non-au-nucleaire-civil-et?date=2012-03 ;

- Manifestation pacifique, le samedi 10 Mars Fessenheim: Manifestation pour la fermeture immédiate de la centrale nucléaire de Fessenheim, face à la maison de l'énergie;
Heure: 14:00; Contact: www.stop-fessenheim.org ; csfr68@gmail.com ; http://groupes.sortirdunucleaire.org/Marche-de-protestation?date=2012-03 ;

Chaîne humaine Nord-Pas de Calais, samedi, Mars 10, la place principale de Lille; Heure: 15:00 - 17/00; Contact:
http://groupes.sortirdunucleaire.org/Chaine-humaine-locale,3586?date=2012-03 ;

- Corrente humana de Angouleme, sábado 10 de março; Local: rdv à l’Hôtel de ville d’Angoulême; Horário: 15:00 - 17:00; Contato: Collectif sortir du nucléaire,
colsn16@laposte.net ; http://groupes.sortirdunucleaire.org/Chaine-humaine-locale,3637?date=2012-03 ;

- Chaîne humaine à Conflans-Andrésy (Yvelines), Rendez-vous sur le pont de l’Oise entre Conflans et Andrésy; Heure: 11:00 - 14:00; Contato: Confluence pour sortir du nucléaire, confluenceantinuclea@free.fr ; Téléphone: 0671641184; http://groupes.sortirdunucleaire.org/Chaine-humaine-locale,3625?date=2012-03 ;

- Action nationale - 5 minutes contre le nucléaire: éteindre vos lampes et appareils consommant de l’électricité; Heure: 19:55 - 20:00; Contact:
http://www.cinqminutescontrelenucleaire.fr ; http://groupes.sortirdunucleaire.org/Action-nationale-5-minutes-contre?date=2012-03 ;

- Solidarité Fukushima Paris : Rassemblement le samedi,10 mars, 2012, à Paris; Heure: 15:00; Contact: http://erreurhumaine.wordpress.com ; solidaritefukushimaparis@yahoo.fr ;

- Chaîne humaine à Nantes, Place du Commerce, le samedi Mars 10, Heure: 14:00; Contact: coordarn@laposte.net ; www.sortirdunucleaire.org ;

- Rassemblement à Avignon, Vaucluse, Parking des Italiens; Heure: 15:00; Contact: collectifantinucleaire84@hotmail.fr ;

- Manifestation à Metz; 10 de mars; à la colonne de Merten suivi d'un défilé et actions de sensibilisation dans les rues de Metz clôturé par un village associatif place des
Charrons; Heure: 15:00; Contact: André Burger, sdn57@alternametz.org ; http://sdn57.alternametz.org ;

- Manifestation à Cahors; Place du Marché; Heure: 10:30; Contact: Jean-Luc Vialard (Secrétaire du RZN), jeanlucvialard@gmail.com ; 0951143819, 0609716403, http://www.sanurezo.org/ ;


Pour les autres pays, voir ici


Sources: Blog de Fukushima

Articulação Antinuclear Brasileira

7 janvier 2012

Envoyez une lettre à Asako House !

par Asako House | janvier 2012

Il était une fois une vieille dame dénommée Kumagai Asako qui habitait au bord de la mer. Comme elle adorait son paysage et connaissait les dangers de l’atome, elle lutta de son vivant contre l’implantation d’une centrale nucléaire. En refusant de se séparer de son terrain, elle contraignit un constructeur à déplacer de 250 mètres l’emplacement d’un futur réacteur car le projet était trop proche de sa maison. Elle savait que si elle les laissait construire l'usine, la mer serait contaminée. 

Malgré des menaces et des tentatives de corruption, elle a tenu bon contre la volonté de la compagnie d’électricité japonaise J-Power. Après sa disparition en 2006, sa fille et sa petite-fille ont conservé cette propriété afin de perpétuer le combat d’Asako. Elles ont dénommé la maison "Asako House".
 

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La maison de la résistance "Asako House" (Oma, Préfecture d’Aomori)
source photo : Kiyoshi Ota/Bloomberg

Aujourd’hui, la maison est entourée par les terrains achetés par J-Power. L’opérateur essaie de faire fermer la route d’accès à la maison en comptant le nombre de personnes qui l’utilisent. Si plus personne n’emprunte cette route, ils pourront ainsi démontrer qu’on peut la fermer.

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La route qui mène à Asako House

Afin de contrer cette menace, la fille et la petite-fille d’Asako lancent un appel afin que chaque jour, quelqu’un emprunte cette route. Et cette personne sera le facteur. Pour se faire, elles demandent simplement qu’on leur envoie une lettre.

A l’heure où il ne reste plus que 6 réacteurs nucléaires en activité au Japon (contre 54 au début de l’année), il est important de soutenir le peuple japonais pour se débarrasser de cette énergie dangereuse et polluante. Et pour s’en débarrasser, il faut déjà empêcher les nouvelles implantations.


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Centrale d’Oma en construction
source photo : Kiyoshi Ota/Bloomberg

C’est pourquoi je vous propose aujourd’hui de participer à cette action qui ne vous coûtera qu’un timbre et quelques minutes de votre temps. Si vous envoyez une carte ou une lettre à Asako House, vous pourrez freiner la construction d’une centrale nucléaire !

Adresse où envoyer votre courrier (pour un envoi au Japon depuis la France, tarif normal à moins de 20 grammes, carte postale ou lettre, ce sont des timbres mauves à 0.89 €) :
Asako House
aza-kookuto 396
Oma-machi
Shimokitagun
Aomori Pref.
039-4601
Japan

 Voici le message original de la famille :
"If you sympathize, please send them a letter.
Against nuclear energy!!
No more Fukushima!!
Save Japan!!! And your country.
Do you know Asako House?
If you send a letter or a card,
You can stop to build the atomic power plant.
This house was build to stop to construct Oma atomic power plant of Aomori, northern of Fukushima.
The house is nearby Oma nuclear power plant which is not operation yet.
The road of photo is almost blockade.
The plate of fence is written "Keep out"
but actually, this road is for Asako House and her field.
Why this road is watched by some atomic power plant?
We can't understand.
They want to shut and to break the house.
This state is serious inva of human rights, and Japanese constitution,
If you send some letter, this road is used by postman, so the atomic power plant can't shut it.
Pray for Japan, pray for Fukushima,
And now send your thought!"
"Si vous sympathisez, envoyez leur une lettre.
Contre l'énergie nucléaire !!
Plus de Fukushima !!
Sauvez le Japon !! Et votre pays.
Connaissez-vous la maison de Hasako ?
Si vous y envoyez une lettre ou une carte,
Vous pouvez arrêter la construction d'une centrale atomique.
Cette maison a été bâtie pour arrêter la construction de la centrale d'Oma à Aomori, au nord de Fukushima.
La maison est près de la centrale d'Oma qui n'est pas encore en activité.
La route sur la photo est presque un blocus.
L'écriteau sur la barrière indique ''Eloignez-vous'' mais en réalité la route mène à la maison d'Hasako et à son terrain.
Pourquoi cette route est-elle guettée par une centrale atomique ?
Nous ne pouvons le comprendre.
Ils veulent fermer la maison et la démolir.
Cet état représente un sérieux empiétement sur les droits humains et la constitution japonaise.
Si vous envoyez une lettre, cette route est empruntée par le facteur, la centrale atomique ne pourra pas la faire fermer.
Priez pour le Japon, priez pour Fukushima.
Et envoyez vos pensées."

La centrale nucléaire d’Oma (大 间 原子 力 発 电 所) est actuellement en cours de construction. Elle sera exploitée par la société Electric Power Development (aussi nommée J-Power). Le réacteur, si jamais il devait être un jour utilisé, sera unique en son genre car il sera capable d'utiliser un cœur constitué à 100% de MOX. Les travaux actuels sont réalisés pour rendre la centrale résistante à un fort tremblement de terre. Elle devrait commencer à être opérationnelle en novembre 2014.

En envoyant une lettre à Asako House, vous participerez à la lutte contre le développement de l’énergie nucléaire et vous contribuerez à l’abandon de la fabrication du MOX en France par Areva.

Si chacun des mille lecteurs réguliers de ce blog accepte d’envoyer une carte à Asako House, le facteur passera tous les jours, pendant 3 ans, sur la route que le lobby nucléaire tente de fermer.
Pour se faire, je vous propose d’indiquer la date prévue de votre envoi dans les commentaires, en vérifiant auparavant que cette date n’a pas déjà été choisie. Le mieux est de faire ces envois de manière chronologique. Une fois votre engagement pris, notez cette tâche sur votre calendrier ou votre agenda afin de ne pas rompre le fil de cette action.

Asako, disparue en 2006, appartenait à une génération qui connaissait les dangers de la radioactivité en raison d’Hiroshima. Ne se souciant pas de l’argent, elle a refusé une offre d’achat de sa propriété à 2 millions de dollars. Depuis 1982, date à laquelle la construction de la centrale a été décidée, près de 136 millions de dollars ont été distribués en subventions publiques pour acheter la conscience des habitants d’Oma.

Faites comme Asako, ne vous laissez pas corrompre par l’industrie de la mort !

Et merci à Iori Mochizuki d’avoir relayé cette lutte exemplaire !

Source : http://fukushima.over-blog.fr/article-envoyez-une-lettre-a-asako-house-94972903.html

5 octobre 2011

La Hague : secrets et mensonges d'une usine nucléaire française


A l’usine nucléaire de La Hague, un simple toit de tôle abrite dix mille tonnes de combustibles radioactifs. Une attaque terroriste pourrait provoquer un accident équivalant à six Tchernobyl. Où l’on apprend aussi que l’usine a caché pendant trente ans au gouvernement les causes du plus grave incident de son histoire.


(suite sur les inrocks ... )

1 octobre 2011

Fukushima: le fil de l'Information: Les Dernières Infos

Par 2000 watts.org | vendredi 30 septembre

A cause de la difficulté de trouver des informations, je ne peux compléter cette rubrique que 2 à 3 fois par semaine au lieu de tous les jours. Mes excuses.



Samedi 1 octobre 2011
Du Plutonium a été décelé à 45 km de la Centrale de Fukushima. Les mesures montrent des contaminations de 0,82 becquerels par m2 de plutonium-238 à 45 km de la Centrale et 4,0 becquerels de plutonium-239 et 240 à 30 km de la Centrale dans les villes de Futaba et Namie. Du plutonium avait déjà été décelé sur le site de la centrale, mais à 45 km, c'est une première!

Alors que d'un côté un département du Gouvernement annonce du plutonium, un autre département autorise les habitants de 5 communes situées entre 20 et 30 km à retourner chez eux. Il ne leur reste qu'à souhaiter un retour des plus rayonnants.

Takashi Oizumi, le Responsable du Panel d'experts mis sur pied par le gouvernement, a souligné que le Gouvernement japonais a intentionnellement manipulé l'opinion publique au sujet de l'énergie nucléaire. Vue d'occident, cela ressemble à l'enfoncement d'une porte ouverte. Mais pour les Japonais, et surtout les médias qui n'ont pas toujours éclairés la population sur l'accident de Fukushima, il s'agit d'une prise de conscience douloureuse.

Vendredi 30 Septembre 2011
Tepco a fait sonner les trompettes: pour la première fois depuis la catastrophe, les températures des 3 Réacteurs en perditions sont passées sous la barre des 100 degrés Celcius. Ho! pas de beaucoup. Le Réacteur 2 flirte a 99,7 degrés, mais c'est une belle réduction alors que le thermomètre indiquait 110 degrés au début du mois de septembre. Les Réacteurs 1 et 3 se maintiennent en-dessous de 100 degrés depuis le mois d'août. Tepco espère pouvoir maintenir la température des réacteurs d'ici à la fin décembre. Mais l'entreprise se trouve toujours devant une montagne d'eau hautement radioactive.

Jeudi 29 Septembre 2011
A 19h00 heure locale, la Centrale de Fukushima a subit un nouveau tremblement de terre de 5,4. Il n'y a pas de grosse casse selon les autorités.

De grandes quantités d'hydrogène ont été découvertes dans les tuyaux du Réacteur 1. Souvenez-vous, c'est justement à cause de l'hydrogène que les bâtiments 1 et 3 avaient explosé début mars. Tepco va tenter de réduire ce gaz et éviter une nouvelle explosion.

Mercredi 28 Septembre 2011
Un panel d'experts du Gouvernement japonais vient d'enfoncer une porte ouverte en déclarant: "Tepco n'était pas préparé pour une catastrophe du type de Fukushima et encore moins pour la résoudre". C'est sympa d'avoir mis une brochette d'experts autour d'une table pour arriver à cette constatation. Mon labrador était arrivé à la même conclusion il y a 3 mois déjà!
Le président de ce panel, Yotaro Hatamura, a ajouté qu'ils allaient encore enquêter afin de savoir pourquoi Tepco n'a pas su maîtriser cette catastrophe et qu'une réponse serait donnée d'ici à la fin 2011. Ben, s'ils donnent les véritables raisons, il y a des hommes politiques qui vont avoir du mal à dormir ces prochaines semaines.

Les niveaux de contaminations radioactives à Fukushima-city, (ville de 300'000 habitants à 60 km de la Centrale) sont en train de se détériorer au point que les autorités sont prêtes à évacuer des quartiers de la ville. Certaines familles, qui craignent pour leurs enfants, ont déjà quitté leur maison.
La municipalité envisage un plan de nettoyage des parties radioactives comme les toits des maisons, d'enlever une partie du goudron des routes ainsi que de la terre. Cependant, les autorités ne savent pas comment recycler ou stocker ces déchets contenant ces traces radioactives.

Il est paradoxal, qu'à 60 km de la Centrale, les autorités pensent à évacuer, alors que le Gouvernement japonais veut donner le feu vert pour faire retourner les habitants dans 5 villes situées à 30 km des Réacteurs accidentés. Certainement une question d'indemnisations.

Lundi 26 Septembre 2011
Le gouvernement japonais va lever la recommandation d'évacuation qu'il avait émise concernant cinq municipalités situées hors de la zone interdite de 20 à 30 kilomètres autour de la centrale nucléaire Fukushima Dai-ichi. Lors de la catastrophe, leurs résidents avaient reçu la recommandation d'évacuer ou de rester calfeutrés chez eux si un incident devait se produire. Quelque 29'000 d'entre eux, soit la moitié de la population des zones concernées, avaient opté pour l'évacuation. Les habitants devraient retourner en mars 2012, mais le gouvernement doit encore décontaminer les zones contaminées et remettre en services les infrastructures.

Le Japon va probablement geler un projet de recherche et développement lié à la mise en service d'un surgénérateur nucléaire. Le ministère de l'Education, de la Science et de la Technologie avait prévu de demander plus de 260 millions de dollars, dans le cadre de son budget pour l'année 2012, pour la maintenance et la gestion du prototype de réacteur surgénérateur endommagé de Monju.
Le ministère prévoit cependant de ne demander que 20 à 30 pour cent des quelque 130 millions de dollars alloués au projet en recherche et développement dans le budget actuel. Le Japon hésite a continuer dans la voie nucléaire et c'est tout à fait compréhensible.

Samedi 24 Septembre 2011
Voici une nouvelle qui n'est pas une surprise mais qui va changer la vie des japonnais: du Riz récolté à Nihonmatsu (56 km de Fukushima) a été mesuré avec un niveau de césium radioactif de 500 bequerels par kilogramme. Ce riz est dangereux pour la santé. La récolte vient de commencer et la région de Fukushima produit des tonnes de riz, j'ai comme l'impression que ce n'est pas dans la poche. En tout cas en ce moment, vivre au Japon, ce n'est pas une mince affaire pour manger.

Concrètement, ce taux de césium radioactif implique que la radioactivité des rizières de la région de Fukushima est trop élevée pour produire du riz et le manger. Le Césium a une demi-vie de 28 ans.

De nouvelles révélations du Département Américain de la Sécurité Intérieure donnent une idée de l'ampleur de la contamination radioactive dégagée par la centrale nucléaire de Fukushima. La contamination ne se limite pas au Japon, Chine, Russie et aux Corées. Ainsi un certain niveaux de radioactivité a ainsi été mesuré dans les eaux de pluie du nord de la Californie, USA en mars dernier deux semaines après la catastrophe.

Jeudi 17h00
Selon Tepco, la Centrale a bien passé le cap du Typhon Roke. Suite aux violentes pluies, le niveau de l'eau dans les sous-sols du Réacteur 1 est monté de 44 cm, et de 10 centimètres dans les Réacteurs 2 et 3.

Le Gouvernement annonce que des doses importantes de Iode-131 ont été détectés au sud de la Centrale. Auparavant, la contamination se dirigeait vers le Nord, Nord-Est.

Jeudi 22 Septembre 2011

Le typhon Roke s'est éloigné de la Centrale de Fukushima et la Tepco web cam est à nouveau en service. Tepco annonce de problèmes majeurs pour l'instant, mais les employés doivent retourner sur le site. Il reste à déterminer l'impact du tremblement de terre de hier soir (5,3) ainsi que des pluies torrentielles et la quantité d'eau qui a pénétré dans les sous-sols des Réacteurs et qui a filtré dans le Pacifique.

Les vents ont brassé l'air et des particules radioactives ont été transportées au sud de la Centrale en direction de la capitale Tokyo. Il faudra attendre quelques jours pour déterminer l'impact sur la capitale japonaise.

Mercredi 23h00
Le Typhon Roke s'est transformé en tempête tropicale et apporte des trombes de pluies et de forts vents sur la Centrale de Fukushima. Les employés se sont retirés de leur poste de travail car les conditions météo sont trop mauvaises.

Mercredi 20h00
Le Typhon Roke se trouve actuellement sur la Centrale de Fukushima qui a subi un nouveau tremblement de terre d'une magnitude de 5,3 (22h30 heure locale)! C'est vraiment pas de bol!
Mais sérieusement, quel est l'abruti qui a eu l'idée d'installer 6 Réacteurs Nucléaires sur une plaque tectonique, assez proche de l'Océan pour se faire engloutir par un tsunami, dans une région balayée par 10 typhons en moyenne par année et des millions d'habitants dans la région!

La Tepco web cam, qui filme les Réacteurs, est tombée en panne.

Mercredi 18h00
Le Typhon Roke vient d'arriver dans la préfecture de Fukushima. Depuis hier, il a déversé plus de 200 litres d'eau au m2 depuis mardi. Les prévisionnistes annoncent que 250 litres d'eau supplémentaire devraient tomber jusqu'à jeudi. Tepco annonce que de l'eau s'est infiltrée dans le sous-sol du Réacteur 6 et la salle des pompes. De plus, l'eau s'est également infiltrée sur les toits des salles des machines des Réacteurs 1 et 2.

Mercredi 06h00
Le Typhon Roke se dirige, entre autre, sur la Centrale de Fukushima. Il devrait atteindre le site d'ici au 23 septembre. Les employés de la Centrale sont en train de préparer les réacteurs face aux pluies torrentielles et aux vents violents qui sont annoncés.

Je vais suivre de manière continue la progression de ce typhon géant qui a fait déjà de gros dégâts et plus d'un million de personnes ont été évacuées sur sa première incursion sur les îles japonaises. Pour suivre la trajectoire cliquez ici.

Mercredi 21 septembre 2011

L'opérateur de la Centrale annonce qu'il sera en avance sur son programme afin de "refroidir de manière stable" la température des Réacteurs 1, 2 et 3. Initialement la date prévue était janvier 2012, mais elle pourrait être avancée au 4ème trimestre 2011.

Tepco va également installer d'ici à la mi-octobre, la première structure en polyester au-dessus du Réacteur 1. Cette tente géante aura pour but de limiter les émanations de poussières radioactives et de protéger les réacteurs des pluies. Ca tombe bien, car c'est justement la saison des pluies. Durant la première partie de septembre, les réacteurs ont laissé échapper 200 millions de becquerels par heure. Si tout fonctionne, les mêmes structures seront installées sur les autres réacteurs.

Dans la suite de bonnes nouvelles savamment distribuées par Tepco, l'opérateur va également installer un système de ventilation qui va permettre de filtrer l'air et de réduire les émanations radioactives. Bon ça c'est dans la brochure de pub, sur le terrain ça risque d'être une autre chanson.

Mardi 20 septembre 2011

Tepco annonce qu'une grande quantité d'eau souterraine entre tous les jours dans les bâtiments des Réacteurs 1, 2 et 3. Entre 300 et 500 tonnes d'eau de pluie ont pénétrés dans les bâtiments fissurés par la catastrophe. Tepco redoute que cette eau de pluie vienne s'ajouter à l'eau hautement contaminée utilisée pour refroidir les réacteurs. L'opérateur estime que les sous-sols des réacteurs contiennent 80'000 tonnes d'eau radioactive.

Le typhon Roke s'approche de la Centrale de Fukushima et va apporter de fortes pluies ainsi que des vents très violents. Le typhon devrait atteindre la centrale d'ici à quelques jours.

Dimanche 18 septembre 2011

Tepco, l'opérateur de la Centrale envisagerait de créer un mur souterrain en acier pour diminuer la propagation de la fuite radioactive dans l'océan Pacifique. Cette barrière de 800 mètres longera la côte et aura une profondeur de 22 mètres. La durée de vie de ce mur souterrain serait prévue pour une durée de 30 ans. Un système supplémentaire permettra de capter les eaux contaminées.
Bon il faudra encore trouver du personnel pour construire cette paroi et prier pour que le Corium (combustible nucléaire qui a fondu) ne s'enfonce pas encore plus bas dans les couches géologiques.

Jeudi 15 septembre 2011

Quatre ouvriers ont été fortement irradiés alors qu'ils s'occupaient du système de décontamination de l'eau hautement radioactive. 17 de leurs collègues pourraient être dans la même situation. Vous vous en doutez, Tepco a annoncé que ce n'était pas grave et que tout va à merveille et leurs employés rayonnent. Au pire, ils ne risqueraient "qu'une mauvaise grippe".

Tepco annonce que les liquidateurs ont dû augmenter la quantité d'eau afin de refroidir le Réacteur 2. La température de ce réacteur est montée à 114, 4 degrés, ce qui est une mauvaise surprise.
Actuellement, le Réacteur No 1 est à 84,9 degrés et le Réacteur 3 à 101,3 degrés.

Tepco pense que l'eau ne refroidit pas précisément le lieu ou se trouve le combustible nucléaire qui a fondu dans le Réacteur 2. Mais bon, pour savoir où se trouve le très dangereux Corium (le combustible fondu), il faut envoyer des hommes. Mais avec le niveau élevé de la radiation, le plus difficile est de trouver 1 volontaire. Tepco espère toujours pouvoir stabiliser la température des réacteurs en-dessous de 100 degrés d'ici à janvier 2012. A cette température, l'eau est en ébullition et les vapeurs s'échappent hors du bâtiment.

Mardi 13 septembre 2011

Yukiya Amano, le Directeur de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique a annoncé que la situation des réacteurs de Fukushima sont "essentiellement" stabilisés. Selon lui, "la situation va rester très sérieuse pendant encore plusieurs mois". Tepco espère toujours pouvoir stabiliser la température des Réacteurs 1, 2 et 3 ainsi que la piscine du Réacteurs 4 d'ici à janvier 2012.

Cet optimisme contraste avec les messages des ingénieurs qui travaillent sur le site. Bien que les employés ont l'interdiction de parler aux médias, certains tentent de parler aux journalistes étrangers. Voici un cours passage d'une interview (Le Nouvel Observateur) qui apporte un éclairage différent.
Quelles sont les nouvelles de la situation de la centrale ?
TEPCO dit que la situation est en train de se stabiliser. Que la première étape est complétée. Mais je ne le crois pas.

Pourquoi ?
Il faudrait pour ça que tous les tuyaux endommagés aient été remplacés. Or on en est loin… TEPCO dit aux ouvriers qui sont chargés de ce travail : il faut avoir tout fini à telle date. Mais ces dates ne correspondent pas à la réalité. Cette situation est absolument inédite, et on voit bien qu’ils ne savent pas réellement combien de temps prennent les choses…

Mais vous faites confiance à TEPCO pour y arriver ?
- (Après un moment de silence) Je pense qu’ils ne font pas tout ce qu’on pourrait faire, ils ne font pas le maximum. Ils pourraient essayer d’autres méthodes. Pour l’instant, ils s’en tiennent à nos méthodes japonaises. Je trouve qu’on n’a pas assez de contacts avec des ingénieurs étrangers. Il n’y a pas une atmosphère d’échanges et de discussion, qui pourrait donner l’idée de nouvelles méthodes…

Dimanche 18h00

Des milliers d'habitants de Tokyo ont protesté devant le HQ de Tepco et ont formé une chaîne humaine autours du bâtiment de l'opérateur de la Centrale Nucléaire de Fukushima.

A Fukushima, la température des Réacteurs 1,2,3 et la piscine du Réacteur 4 semblent être stabilisée en-dessous de 100 degrés. Mais cette information donnée par Tepco est à prendre avec les précautions nécessaires. Les réacteurs sont toujours refroidis avec de l'eau et l'opérateur se trouve toujours devant une montagne d'eau de 100 millions de litres d'eau hautement radioactive à décontaminer. Le système "made in Areva" pour traiter cette eau ne répond toujours pas aux promesses faites par l'entreprise française et à l'importance de la tâche.

Dimanche 11 septembre 2011
Deux anniversaires en ce jour. New York et ses 10 bougies, Fuskushima et sa moitié de bougie. Deux catastrophes majeures dans le monde. Si pour le premier 2'726 victimes ont été dénombrées, c'est l'inconnu pour Fukushima. A ce jour, plus de 200 liquidateurs et des milliers d'habitants ont été irradiés, mais le Gouvernement n'a annoncé aucune mort officielle d'employé ou de citoyens irradiés par la catastrophe nucléaire. Nous savons juste que 3 liquidateurs sont décédés. Les morts suspectes ont reçu l'étiquette: "mort d'une mauvaise grippe". Ca rappelle forcément le sketch des Inconnus (voir dessous)



Dim lights

Vendredi 9 septembre 2011
Les rejets radioactifs dans le Pacifique sont 3 fois plus élevés que précédemment annoncés. C'est ainsi que 15'000 terabecquerels ont été rejetés dans l'océan par la Centrale de Fukushima. A l'époque, quand les médias du monde entier suivaient encore les péripéties de Tepco, l'opérateur de la Centrale Nucléaire avait estimé 4,720 Terabecquerels de Iode-131 et de Césium-137. Selon la Japan Atomic Energy Agency, de l'Université de Kyoto souligne qu'une importante quantité de particules radioactives ont été apportées dans le Pacifique par la pluie. Pas facile d'être un poisson et d'habiter cette région.

Jeudi 8 septembre 2011
Le mystérieux homme qui est apparu pendant 20 minutes, le 27 août, pointant son doigt devant la Tepcam a expliqué son geste. Il a voulu alerter les pouvoirs publics et le peuple japonais sur les conditions de travail très dures des ouvriers de Fukushima. Il dénonce les problèmes de sécurité, de fatigue, du manque de sommeil et l'absence de contrôle réel sur leur état de santé. Il explique ainsi que certains liquidateurs ont plusieurs jobs et ne dorment que très peu. Il a également ajouté que les déclarations d'un ouvrier peuvent être modifiées par son superviseur, de peur d'attirer l'attention sur un dysfonctionnement. Ainsi, alors qu'il avait déclaré 4 h de sommeil, son superviseur en met mis 6 h. A ce jour, 3 liquidateurs sont morts à cause des radiations.



Voir la vidéo

Mercredi 7 septembre 2011
Dans une interview au journal Tokyo Shimbun de mardi, l’ancien Premier Ministre japonais Naoto Kan a confié "qu’il a eu peur qu'à la suite à la catastrophe de Fukushima, Tokyo ne devienne inhabitable. Il aurait été impossible d’évacuer 30 millions de personnes. Je pensais que les centrales nucléaires étaient sûres car elles étaient supportées par la technologie japonaise. Mais j’ai changé mon avis depuis le 11 mars".

Dans une autre interview au journal Asahi Shinbun Daily, il a ajouté : « Quand vous pensez à la probabilité qu'un accident rendre la moitié de votre pays inhabitable, vous ne pouvez pas prendre ce risque, même s’il n'arrive qu’une fois par siècle.» Il a également souligné que les dirigeants de Tepco voulait abandonner le Réacteur 1 le 15 mars et qu'il avait refusé cette option.
A la question: pourquoi pensez-vous que les japonais font une confiance aveugle au nucléaire, Naoto Kan a répondu: "Le principal responsable est la pression sociale qui se conforme au point de vue de la majorité. Si un expert nucléaire exprimait une crainte, cette personne était écartée. Chacun a suivi le troupeau de peur de se faire exclure."

L'attitude de cet ex-Premier Ministre est paradoxale, lui qui aujourd'hui crache dans la soupe qu'il a lui-même servis à son peuple! Comme disait Jacques Dutronc, je retourne ma veste...

Il est remarquable de voir que le simple fait de ne plus être premier ministre permette de contempler la situation sous un autre jour. Comme si M. Kan avait quelque chose à se faire pardonner maintenant qu'il est "hors du troupeau".

Dimanche 13h00

Tepco annonce par communiqué de presse la confirmation que le Plutonium 238, 239, 240 ainsi que du Strontium 89 et 90 qui ont contaminé les sols autours des Réacteurs provient bien de la Centrale nucléaire. Initialement, Tepco avait mis ces contaminations sur d'anciennes explosions d'après guerre. Tepco vient d'avertir le Gouvernement et la Sécurité Nucléaire (liens sur le communiqué).

Dimanche 4 septembre 2011
Selon Arnie Gudersen, qui se base sur les rapports de Tepco, la situation dans les Réacteurs 1, 2 et 3 n'est pas bonne. Les quantités de Césium 137 et 135 qui se trouvent dans l'eau des Réacteurs sont très élevés. Ce niveau est atteint à cause de dommages sérieux du combustible nucléaire qui a fondu dans les réacteurs. La photo de cette page montre le bâtiment No 3. Les jours passent et la situation ne s'améliore vraiment pas.

Les mesures du niveau de contaminations radioactives prises par le Gouvernement à 1m de hauteur montrent qu'une zone de plus de 20 km autours de la Centrale de Fukushima va devoir devenir un no man's land, si le gouvernement japonais fait son travail. Les mesures montrent une contamination de 1,2 million de microsieverts/an à Ottozawa (1 km de la Centrale) ou 3,2 millions de microsieverts/an à Matsuzaku (4 km de la Centrale) ou à Hirusone 360'000 microsieverts/an à 22 km. Bref, des niveaux à vous tuer un boeuf avant qu'il ne finisse dans votre assiette et cela pour 50 années à venir au minimum.

Samedi 3 septembre
Les préfectures de Chiba et Saitama annoncent que leurs feuilles de thé ont atteint 2'720 becquerels par kg de Césium radioactif, ce qui représente 5 fois la limite légale. Cerise sur le gâteau, ce thé est actuellement vendu sur les marchés japonnais (et européens?).

Depuis la catastrophe le 11 mars, le Japon a réduit de 28% sa consommation d'électricité! Pas mal, alors que nos hommes politiques refusent de réduire de 1% notre consommation.

Vendredi 2 septembre 2011
Alors que des radiations s'échappent continuellement de Fukushima, de plus en plus de voix demandent pourquoi Tepco ne construit pas un sarcophage autours des 3 Réacteurs en périls.

Photo du Réacteur No 3 (26 août 2011)


13 août 2011

Ce cher nucléaire

par Olivier Cabanel | cabanel.7duquebec.com | mercredi 10 août 2011




Au moment ou les opinions mondiales se détournent petit à petit de l’option nucléaire, sous la pression populaire, après la catastrophe de Fukushima, il serait temps de s’interroger sur le vrai prix du kilowatt nucléaire.

A la lumière d’un article paru dans « le Canard Enchaîné », qui évoquait le démantèlement de « super » Phénix, à Creys Malville, on apprenait que la facture allait être salée.

Cette installation prévue pour être révolutionnaire n’aura fonctionné que 176 jours en dix ans, avec un parcours parsemé de fuites et d’accidents divers.

Ce surgénérateur, heureusement abandonné en 1997, est en cours de « déconstruction » et celle-ci parait complexe puisque depuis 12 ans on n’a pas encore réussi à le vider totalement de son sodium, produit très instable puisqu’il s’enflamme spontanément au contact de l’air, et explose au contact de l’eau.

Sur cette vidéo on peut constater le résultat plutôt détonnant de quelques grammes de sodium lorsqu’il est rentre en  contact avec l’eau.

A Malville, il y en a 5500 tonnes, et aucun pompier dans le monde ne peut éteindre un feu de plus d’une tonne de sodium. lien

Alors pour neutraliser le sodium, on le fait tomber goutte à goutte dans un environnement d’azote afin de le neutraliser.

Aujourd’hui, au rythme de 5 tonnes par jour, le sodium est transformé en soude, puis coulé dans des cubes de béton, dont EDF nous assure qu’ils ne seront pas plus radioactifs qu’un bloc de granit.

On ne demande qu’à le croire.

Cela représente un millier de jours de travail, soit en comptant les jours fériés, au moins 4 à 5 ans de travail, si tout se passe bien.

En effet, s’il y avait un départ de feu de sodium on n’imagine pas ce qui pourrait se passer car tout le combustible nucléaire étant resté sur place, (14 tonnes de plutonium) la situation deviendrait délicate.

En avril 1994, à Cadarache le prototype de Superphénix, « Rhapsodie », que l’on tentait de vidanger, avait joué une bien mauvaise partition, provoquant la mort d’un homme. lien

Revenons à Malville.

Sa construction a couté 9 milliards d’euros, et le démantèlement, prévu pour finir en 2026, coutera entre 9 et 18 milliards d’euros, alors qu’à l’époque, comme le rappelle Isabelle Barré dans son article du « Canard », il était estimé à 900 millions d’euros. lien

Certes, cette centrale nucléaire n’est pas une centrale ordinaire, mais à la lumière des 58 autres réacteurs, on commence à deviner le prix du démantèlement de l’ensemble du parc français.

Aujourd’hui EDF estime le démantèlement d’une  centrale nucléaire à 260 millions d’euros, (lien) mais à la lumière de ce qui se passe à Malville, on serait tenté de rajouter un zéro au chiffre estimé, soit 2,6 milliards d’euros, pour une facture totale de 150 milliards d’euros pour tout le parc français.
Mais démanteler n’est pas tout, il faut encore s’occuper des déchets.

Rien qu’à Malville, il y aura 70 000 tonnes de béton plus ou moins radioactif, sans oublier les 14 tonnes de plutonium stockées sur place dans une piscine de refroidissement, plutonium dont 1 millionième de gramme inhalé suffit à provoquer un cancer.

En France, annuellement, ce sont 840 millions de tonnes de déchets qui sont produits, et 0,05 % de ceux-ci sont des déchets radioactifs, ce qui représente tout de même annuellement 16 800 tonnes, soit pour 40 ans 672 000 tonnes de déchets radioactifs. lien
A la fin 2007, l’Andra estime à 1 153 000 m3 la quantité de déchets radioactifs. lien

Bien sur, ils n’ont pas tous la même dangerosité, et il faut séparer les déchets issus du cœur des réacteurs, des autres déchets de faible à moyenne activité (matériaux contaminés). lien
La première centrale nucléaire française est celle de Chinon, dont l’exploitation a commencé en 1963, cela fait donc près de 50 ans que l’industrie nucléaire produit des déchets dont nous ne savons que faire.
Jusqu’en 1973, la France a rejeté à la mer 770 tonnes de déchets nucléaires. lien

Ils étaient dans des conteneurs en béton censés rester étanches pendant 500 ans, mais d’une part, certains déchets, notamment ceux contenant du plutonium ont une période (demi vie) de 24 000 ans, et la protection de béton parait bien illusoire, d’autant qu’il a été constaté que certains étaient fissurés ou ouverts 29 ans après leur immersion. lien

Après le tsunami de décembre 2004, des containers nucléaires ont refait surface en Somalie provoquant des « saignements de la bouche, hémorragies abdominales, infections dermatologiques,  difficultés respiratoires…, tout cela porte la signature du nucléaire » lien

Ceux qui sont stockés à La Hague, sont dans d’immenses hangars qui ne résisteraient pas à la chute d’un avion (photos) avec, comme l’ont constaté des enquêteurs, des piscines de « refroidissement »  peu ragoûtantes. lien

En 1981 un incendie s’était déclaré dans un silo de l’usine de retraitement. lien
Pour garantir le meilleur résultat possible, il faudrait limiter à 2 ou 3 kilos la matière radioactive dans une enveloppe de verre de quelques millimètres, au cœur d’une masse de béton d’un mètre cube, ce qui rend illusoire une solution raisonnable lorsque l’on songe aux 672 000 tonnes de déchets à traiter.

Si l’on s’en tenait aux règles évoquées plus haut (3 kg de matière radioactive pour un mètre cube de béton) cela ferait théoriquement 224 millions de mètres cubes à stocker…mais ou ?

Certains préconisent l’enfouissement.

Mais, même en superposant ces cubes d’un mètre cube empilés par couches de 10, cela représente une superficie de 224 hectares définitivement perdus, soit une surface de près de 5 km de coté uniquement pour stocker des déchets de combustible nucléaire usé.

Comme certains déchets ont une période de 24 000 ans ils seront dangereux pendant ~100 000 ans et dans quel état sera le béton au bout de quelques milliers d’années ?

A cela, il faut ajouter les déchets du démantèlement : du béton, de l’acier plus ou moins contaminés…ce qui est une masse au moins 10 fois plus importante.

Le site d’enfouissement profond de Bure a déjà couté plus de 35 milliards d’euros. lien

Alors certains on évoqué la solution d’envoyer les déchets les plus dangereux dans l’espace.

Mais est-ce bien raisonnable ?

La fusée Ariane 5 peut charger près de 10 tonnes en orbite de transfert géostationnaire lien et chaque vol coute 160 millions d’euros. lien

Il faudrait donc plus de 67 000 envois dans l’espace afin d’évacuer le combustible usagé, soit une facture de  10 720 milliards d’euros, ce qui est totalement irréaliste.

Mais c’est sur le prix de la santé qu’il faut aussi se pencher.

En France, plus de 500 000 personnes meurent  tous les ans, et pour un français sur trois, le cancer en est la cause, ce qui représente  annuellement ~150 000 français. lien

Or s’il est vrai qu’on ne peut pas imputer tous les cancers à la radioactivité, une étude internationale réalisée par le CERR (comité européen sur le risque de l’irradiation) en 2003 affirme que, depuis 1945, sur 123 millions de cancers dans le monde, la moitié d’entre eux est imputable au nucléaire. lien

On constate par exemple que le taux de leucémie autour de La Hague est en augmentation, même si officiellement ce résultat est attribué au hasard. lien
Selon une étude parue en 2007, l’impact de la maladie se situe dans une large fourchette entre 35 et 88 milliards d’euros. lien

Soigner un cancer coute entre 3000 et 6000 euros mensuellement et la sécurité sociale estime que le cancer lui coute 11 milliards d’euros (lien), ce qui n’arrange pas son déficit lequel a atteint en 2010 plus de 20 milliards d’euros. lien

Voila donc la facture théorique du nucléaire en France : 150 milliards d’euros pour le démantèlement, 10 720 milliards pour se débarrasser des déchets dans l’espace, et 11 milliards pour traiter les cancers, soit un total de 10 881 milliards d’euros.

Pour faire bon poids, il faut y ajouter le prix de fabrication de l’électricité nucléaire, qui est pour l’instant quasiment le seul à être répercuté sur nos factures d’électricité.

Et puis, dans ces calculs théoriques, les conséquences des accidents prévisibles ne sont pas prises en compte, et depuis Tchernobyl et Fukushima, on a une idée plus précise du prix d’une catastrophe.

Tchernobyl a couté plus de 500 milliards de dollars, et la catastrophe de Fukushima estimée, pour l’instant, à 130 milliards devant dépasser largement Tchernobyl, l’addition nucléaire commence à être lourde, et on sait d’avance qui devra la payer. lien

Ce qui n’empêche pas Eric Besson d’affirmer sans la moindre hésitation : « sortir du nucléaire coûterait cher, très cher à la France ».

En attendant, les séismes récents qu’a connu le sud de l’Ardèche, entre Marcoule, le Tricastin, et Cruas-Meysse (lien) ont provoqué des fissures dans les murs de l’enceinte de confinement de la centrale nucléaire de Cruas Meysse (lien) et au Japon, le corium des trois réacteurs continue son petit bonhomme de chemin contaminant toujours plus l’eau, et l’air, et la chaine alimentaire…

Comme dit mon vieil ami africain :
« je ne sais pas si Dieu existe, mais s’il existe, j’espère qu’il a une bonne excuse » à moins que ce ne soit de Woody Allen ?

L’image illustrant l’article provient de « gilblog.fr »

 

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