12 janvier 2021

Francis Dupuis-Déri - Black Blocs, Non-Violence, Révolutions

 


Entretien avec Francis Dupuis-Déri, professeur en sciences politiques à l'Université du Québec à Montréal. Chercheur et auteur de l'ouvrage "Les Black Blocs: la liberté et l'égalité se manifestent".

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25 avril 2017

Deuxième tour de la présidentielle, un dessin vaut mieux qu'un discours

#SansMoiLe7Mai

 

24 avril 2017

Plus de 60% des électeurs français ont voté pour des connards en connaissance de cause !


Le résultat de ce premier tour de la présidentielle française (s’il est validé) confirme nos pires cauchemars : au second tour seront opposés une ringarde raciste et un abruti propulsé sur le devant de la scène politique par les lobbies financiers et une oligarchie décadente. Pire encore le score du voyou de la droite, François Fillon avoisine les 20% ! 20 % d’électeurs français qui ont voté pour un truand...

Suite sur le blog du Yéti 
 

29 décembre 2015

Démocratie, la fin du rêve

La fin du rêve

28 déc. 2015 Par Laurent Chemla
Voir en ligne : Blog Les conséquences sociales d'Internet, et les chats.


Que n'a-t-on pas lu sur la «crise démocratique», après le 1er tour des élections régionales de 2015. Et que ne lira-t-on pas sur ce sujet pendant les prochaines présidentielles. 
 

Les "causes profondes" de cette crise sont connues, nous dit-on: crise économique, chômage de masse, trahison des promesses de campagne, perte La fin du rêve des repères, terrorisme, populisme, désespoir de la jeunesse, souhait d'une recomposition politique ou même d'une nouvelle constitution... et j'en oublie certainement. À croire que chaque commentateur a sa propre grille de lecture, capable d'expliquer l'abstention massive et le vote FN tout à la fois.

J'ai ma propre explication, mais elle risque de ne pas vous plaire. Moi, elle ne me plait pas.

Selon moi, toutes ces causes n'en sont pas: ce ne sont que des symptomes de quelque chose d'autre.

Pas besoin de débattre de la dérive monarchique de la Vème république, inutile d'en appeler au déni de démocratie que fut l'adoption du traité constitutionnel européen malgré son rejet par referendum: ce ne sont là encore que des symptomes, et non des causes.

Mais des symptomes de quoi ?

Pour qu'il y ait crise démocratique, il faut qu'il y ait - sinon démocratie (ne rêvons pas) - au moins l'impression qu'in fine le peuple dispose du pouvoir de plus ou moins choisir le modèle de société dans lequel il souhaite vivre. Dans ce cas, et si l'offre politique ne répond pas à ses attentes, alors, oui, il y aura crise.

Nous n'en sommes plus là, et depuis longtemps.

Pas une démocratie

On sait depuis Sieyès que la France n'est pas une démocratie, et "ne saurait l'être". Sa vision, qui limitait le pouvoir du peuple au seul choix de ses représentants (et qu'il nommait honnêtement "état représentatif" par opposition à un "état démocratique" qui aurait permis le mandat impératif) est à l'origine de notre république, et de beaucoup d'autres. "Les citoyens qui se nomment des représentants", disait-il, "n'ont pas de volonté particulière à imposer". Ce qu'on pourrait résumer, en français moderne, par "si tu donnes ta voix à quelqu'un, tu n'as plus qu'à fermer ta gueule". Les mots ont un sens. Même s'il est commode de l'oublier, la France n'est pas, et n'a jamais été, une démocratie.

Et il est d'autant plus facile de l'oublier que ceux qui se présentent au suffrage n'hésitent pas à le faire au nom de la "démocratie", et de "programmes" et de "valeurs" qu'ils peuvent bien promettre d'appliquer quand ils savent mieux que tout autre qu'ils ne les appliqueront pas. C'est là le mensonge fondamental de toutes les élections, la manipulation triviale qu'appliquent tous les pervers narcissiques qui aspirent à nous gouverner.

Par principe, nous élisons les meilleurs menteurs. Par principe, en tant que peuple, nous nous mentons à nous-mêmes depuis des générations pour éviter de voir que nous incombe la responsabilité de notre déchéance politique. C'est d'ailleurs un déni dans lequel s'enferment d'abord les principales victimes de nos pervers élus: ceux qui adhèrent au parti du chef, et qui restent ensuite "partisans" envers et contre toutes les évidences de ses trahisons. Ça se traite.

À ceci, il n'est qu'une seule réponse adulte: le boycott des urnes, seul choix permettant de ne plus donner la moindre légitimité "populaire" à ceux qui prennent le pouvoir, jusqu'à ce qu'enfin ceux-ci se révèlent n'être que ce qu'ils sont: des petits despotes capables de tout pour vivre dans les ors de la république.

Jusqu'à ce qu'enfin disparaîsse une fois pour toutes la fable pour grands enfants de l'existence d'un "peuple souverain". Ce mythe populaire n'a que trop vécu.

Pour autant, aussi nécessaire qu'elle soit, cette prise de conscience ne sert à rien en tant que telle. Accepter de voir notre organisation sociale telle qu'elle est n'est qu'un préalable: ce n'est pas parce qu'un enfant accepte l'inexistence du père noel qu'il devient un citoyen actif.

Dans ce deuil de la légende démocratique, la phase suivante, après celle du déni, est celle de la colère. De la révolte.

Mais c'est là que ça devient triste.

D'abord parce que cette colère, cette révolte, est tout à fait inutile. Ceux qui croient que la révolution (qu'elle se fasse dans la rue ou qu'elle reste "numérique") permettra à la fable de devenir une réalité n'ont pas tout à fait saisi le sens du mot "fable". Au mieux, ce type d'insurrection ne permet que de changer de constitution, le temps pour la génération suivante de dirigeants d'apprendre à utiliser les failles du nouveau texte (qui lui permettront à son tour de se maintenir au pouvoir).

Au pire, ça ne sert qu'à précipiter la marche inexorable vers l'état policier terminal.

Ensuite parce que les grands groupes d'influence (qui se satisfont très bien de notre aveuglement) ne sont pas dirigés, eux, par des imbéciles. Suivant l'exemple des peuples qui, croyant encore au père noel, avaient créé vers la fin du 18ème siècle des institutions transnationales capables - croyaient-ils - de protéger leurs droits nouvellement acquis, ils ont su, depuis, établir à leur tour les traités qui font du totalitarisme un fantome du passé.

Le totalitarisme, c'est quand l'État prend la totalité de l'espace social. En ces temps troublés, certains en rêvent et votent FN.

Mais dans notre monde, dans le monde des grands traités internationaux, c'est l'inverse qui se passe: les États n'ont plus aucune place. Le peuple peut bien se révolter, descendre dans la rue, bouter le tyran hors de ses palais, au final il devra toujours respecter ses engagements internationaux, ceux qui garantissent la rente des oligarques. TTIP, Convention de Berne, Traité de Lisbonne, OMC, FMI et tant d'autres sont là pour y veiller. La Grèce peut bien élire Alexis Tsipras, grand bien lui fasse: du moment qu'elle paye ses dettes et qu'elle s'engage à détruire un système social trop protecteur des plus faibles. Et sinon qu'elle crève de faim: ses banques y veilleront ou, sinon elles, les banques centrales sont là pour s'en assurer.

Les États ne sont qu'un leurre de plus, et depuis longtemps. L'espace de liberté des peuples s'est peu à peu réduit, jusqu'au point où un Junker peut désormais sans honte se permettre d'affirmer que « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Et il aura raison de le dire.

Le droit des peuples a disposer d'eux-mêmes, c'est du passé, camarade. Ce droit a succombé au droit des plus riches à le rester.

Que la France élise Le Pen si elle est bête à ce point là: ça ne changera strictement rien à ce principe de base. Au pire la France se prendra une "Tsipras" dans la tronche: fermeture des banques, arrêt brutal de l'économie, et reptation servile devant la toute-puissance des Traités. Faisons allégeance à la Sainte-Croissance et que TINA soit notre dieu à tous.

Le dernier rêve

Mais rêvons un peu avant de conclure.

Les révolutions ayant de tout temps été le fait des bourgeois (les pauvres, eux, n'en ont pas le temps, trop occupés à trouver de quoi manger), rêvons que nos bourgeois modernes se détournent, pour un temps, du choix de leurs nouveaux smartphones, de leur vélos et de leur alimentation bio, pour se préoccuper de renverser un gouvernement devenu trop ostensiblement corrompu.

Rêvons que cette révolution permette l'avènement d'une Constitution moderne, capable de garantir une séparation des pouvoirs réelle, un revenu universel, la légalisation du canabis, et des macarons dans toutes les cantines du pays.

Et puis réveillons-nous, sur une planète au bord de l'asphyxie, qui va voir des millions de déplacés climatiques venir finir de consommer le peu d'eau pure qui restera, là où elle sera, pendant que des milliards mourront ailleurs. Sur un monde dévasté par une humanité qui n'a su progresser qu'à coup de guerres, dans une économie mondiale en plein effondrement, avec tout ce que ça comporte de certitude de la fin prochaine de toute civilisation "avancée".

Réveillons-nous et admettons l'importance toute relative (mais Ô combien essentielle, ne serait-ce que pour la postérité) de nos petits combats politiques.

Réveillons-nous, et tâchons de préparer l'avenir pour que les rares survivants de l'espèce puissent reconstruire un monde meilleur.

Ou pas.



12 décembre 2015

Régionales, l'embarras du choix






9 décembre 2015

Les 23 millions qu’on n’écoute pas


Dimanche, ils étaient 21 941 750 à s’être abstenus. 526 595 ont choisi de voter blanc et il y a eu 347 111 votes nuls (chiffres du Ministère de l’Intérieur le 7/12). Cela représente plus de 54% des électeurs inscrits. Plus de la moitié du corps électoral de la nation. Que la classe politique et médiatique traite avec mépris.

On s’interroge – trop peu et trop superficiellement – sur trois ou quatre motivations du vote FN. Mais aucune interrogation sur les abstentions et les votes blancs, sur ce rejet massif d’un système politique et d’une classe politique qui n’inspirent plus confiance. Pire, aucune interrogation sérieuse sur la conviction, partagée par des millions de citoyens, qu’il ne sert à rien de voter...
 
 

2 décembre 2015

« Des gens sont morts pour que tu votes ! » Est-ce si vrai ?


Nous sommes de plus en plus nombreux à faire le choix de la pêche à la ligne les dimanches où tout le monde se rend à l’isoloir, dépités par un monde politique qui ne nous semble plus vraiment adapté à la volonté populaire. Ayant eu la chance de co-écrire l’épisode de Doxa sur la démocratie (malheureusement plus actuel encore qu’à sa sortie), je ne vais pas cacher mes positions abstentionnistes en la matière.

Mais s’abstenir, aujourd’hui, c’est se heurter à plusieurs critiques plus ou moins étayées de ceux qui continuent à croire à l’utilité de leur bulletin. Je ne m’étendrai pas sur l’argument du « ton abstention fait monter le FN », déjà maintes fois démonté, en premier lieu par les actes de la classe politique actuelle. Il est en revanche une répartie totalement stupide contre laquelle mon expérience d’historien peut vous fournir des arguments : le fameux « mais enfin, des gens sont morts pour ça… Donc il faut voter ! » Déconstruisons cette idée.
 

 

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