28 décembre 2015

Un film à voir absolument !

Je lutte donc je suis (version longue) 

Version longue (spécial internet et lieux de luttes) du film "Je lutte donc je suis" de Yannis Youlountas. Version française pour commencer (les autres langues suivent bientôt...). 
Les projections-débats avec le réalisateur continuent en salles de cinéma un peu partout, avec la version de 1h28 spécial cinéma (pour le plaisir de l'image et du son en qualité cinéma et pour celui de la rencontre avec l'auteur). 
Prochains lieux et dates en présence de Yannis Youlountas (et parfois de musiciens) : http://jeluttedoncjesuis.net Contact distribution-programmation : maud@jeluttedoncjesuis.net (distributeur 3527 anepos).
 

3 février 2014

Europe, la répression s'accentue contre les porteurs d'utopies



Danactu-résistance | 1er février 2014

ALERTE AUX UTOPIES !

Une menace généralisée se précise sur la ligne de front entre les ruines du vieux monde et les premiers jardins du nouveau. En Europe, la répression s’accentue simultanément dans les poches de résistance et de création que sont Marinaleda (Espagne) et Exarcheia (Grèce), sans oublier les irréductibles du Val Susa, du Pays Basque, de Chalcidique ou encore de la ZAD de NDDL. Une répression qui n’a qu’un seul but : nier les alternatives et garder l’imaginaire sous contrôle.

Janvier 2014. Il y a exactement 30 ans, Margaret Thatcher lançait son redoutable TINA : « There is no alternative ! » (il n’y a pas d’alternative). Depuis lors, le repli des utopies des 60’s et 70’s a fait place à la toute-puissance du modèle dominant. Les premières années de l’ère du TINA se sont conclues par la victoire d’un bloc sur l’autre. Les suivantes ont vu le projet altermondialiste affaibli puis dépassé par la montée des nationalismes dans un climat entretenu de peur économique et sociale.

Cependant, depuis quelques mois, l’expérience autogestionnaire de Marinaleda, pourtant ancienne, et les déplacements de ses représentants, ne cessent de susciter le désir de changement. De même, l’archipel d’utopies qu’est le quartier athénien d’Exarcheia, au cœur de la Grèce qui résiste à une austérité inhumaine, fait l’objet d’une attention chaleureuse en France et ailleurs en Europe. Les idées voyagent, les slogans, mais aussi les actes. Des expériences concrètes qui prouvent que des alternatives existent et qu’un autre monde est possible voire même, peut-être, déjà en marche. D’autres territoires s’insurgent contre la tyrannie productiviste et son projet délirant d’avaler la terre et le temps : sur la ZAD de NDDL contre un nouvel aéroport nantais, au Pays Basque et dans le Val Susa (Alpes italiennes) contre des lignes de train à grande vitesse. Autant de grands travaux inutiles et nuisibles qui s’étendent jusque dans les coins reculés de l’Europe, comme si la seule question était comment aller plus vite, sans jamais se poser la question du pourquoi et, par-là même, de l’orientation dans la pensée, dans la vie, dans le monde.
« Étant toujours en train de courir,
nous vivons la tête baissée. »
 
Et c’est en cela que les marges inquiètent le système en place. Elles posent les questions éludées dans la précipitation quotidienne, du matin au soir. Étant toujours en train de courir, nous vivons la tête baissée. Jamais le regard à l’horizon, ou si peu. Toujours dans les objets, outils, médias, miroirs de notre vacuité. Toujours dans le néant de ce monde qui marche à l’envers. L’être humain croît être tout et ne rien avoir, alors qu’il a tout et qu’il n’est rien. Sur ce présupposé mensonger sont bâties nos sociétés. Un mensonge qui nous détourne à la fois des moyens raisonnables d’exister et du projet raisonné d’être.

2014 est une marche de plus dans l’escalier de la peur, dont on redoute la destination. Cette peur nous ramène, à l’instar du Léviathan de Thomas Hobbes, à une société distillant quotidiennement l’idée que l’homme est un loup pour l’homme et un objectif principal, par conséquent : la sécurité. Dès lors, la question de la norme et de la normalité se pose avec insistance. Et en miroir, celle de la marge et de la marginalité. Marginalité qui consiste à vivre ou penser dans la marge, ou plutôt dans les marges. Oui, mais quelles marges ? Celles que définit Foucault. Précisons : Michel Foucault, le philosophe et psychologue… qui a le malheur d’avoir un homonyme, animateur télé, qui est aussi un antonyme, mais qui serait sans doute un bon sujet d’analyse sur ce qu’est la normalité dans notre société du spectacle. Laquelle nous invite partout, à travers lui, à gagner des millions, à devenir riche, puissant, connu, glorieux et même adulé, mais qui ne nous permet pas de vivre autrement qu’en rampant. Le fantôme de la précarité nous hante et nous conduit à désirer la sécurité et le petit confort personnel plus que tout autre projet de société.

À l’extérieur, au-delà, autrement, il y a ce que Michel Foucault appelle les hétérotopies. Ces zones périlleuses, de non-droit pour la plupart, catacombes de la cité ou lieux transitoires, zones tampons, espaces vides ou presque, étapes ou voies de garage, raccourcis, détours ou impasses. Zones d’humanité à part entière, comme les écoles, les maisons de retraites, les hôpitaux, les prisons, ou encore la rue quand on est amené à y habiter. Des zones de mise à l’écart, volontaire ou pas, avec un statut à part entière et une liberté conditionnée, surveillée, et souvent réduite. L’hétérotopie est un lieu d’hétéronomie, c’est-à-dire dans lequel l’individu ne peut pas pleinement être autonome.

Sauf quand l’hétérotopie est une création, une brèche ouverte pour donner un lieu à l’utopie, c’est-à-dire un projet de vie alternatif. Travailler l’utopie de l’intérieur et la donner à voir à l’extérieur. Libérer l’imaginaire colonisé par les mots du pouvoir, l’opinion majoritaire ou s’affirmant comme telle, et les habitudes convenues comme étant les principales références. Ces hétérotopies là sont l’archipel de la marge, un peu comme des îles au large d’un continent, mais qui s’exposent d’autant plus aux intempéries, aux tempêtes, aux cyclones. Marges auxquelles s’oppose également, et plus violemment encore, le fascisme qui n’est pas tant un extrémisme, au sens d’un mouvement visant intensément une utopie (qui peut se révéler être une dystopie) que la radicalité dans la normalité : délire de pureté jusqu’à l’eugénisme social, politique, sanitaire ou ethnique. Marges qui paraissent des en-dehors, alors que la fabrication de l’exclusion est d’abord dans le regard de l’autre. Marges qui permettent parfois de voir, dire et penser autrement, donc de contribuer, même modestement, à changer le monde ; qui posent la question cruciale : est-ce l’individu en rupture qui est inadapté ou bien n’est-ce pas aussi et surtout la société qui est inadaptée à la diversité, à la créativité et à la fragilité des individus ?
« L’heure n’est plus au nombre de Vietnam,
mais de Marinaleda, d’Exarcheia… »
Pour fêter les 30 ans du TINA, l’Europe de la norme vient d’accentuer la répression des marges et projette l’écrasement des hétérotopies qui dérangent ou défient son modèle dominant. Le maire de Marinaleda en Espagne vient d’être condamné à 7 mois de prison ferme, ainsi que plusieurs de ses camarades le 20 novembre. Des dizaines de compagnons viennent de subir le même sort en Grèce, notamment à Exarcheia après les nuits du 17 novembre (189 interpellations), du 6 décembre (135 interpellations), et du 13 décembre (84 interpellations). De même en Chalcidique, territoire du nord de la Grèce où la population lutte contre l’installation autoritaire d’immenses mines d’or sur un site naturel autrefois protégé et se trouve menacée par des peines de prison de plus en plus lourdes. Les opposants basques au TGV pyrénéen ont, pour leur part, écopé de deux ans de prison ferme le 27 novembre pour avoir simplement entarté la présidente de Navarre. Des militants NO TAV contre le LGV italien de Val Susa ont subit de violentes arrestations le 9 décembre dans des espaces sociaux libres de Turin et à Milan. En France, parmi d’autres luttes, celle de la ZAD de NDDL menace également de se durcir du fait d’un pouvoir obstiné dans l’autisme et qui s’apprête à utiliser la violence.

Faisons-le savoir partout, cette répression généralisée n’a qu’un seul but : nier les alternatives et garder l’imaginaire sous contrôle. Pendant qu’il est encore temps, défendons les utopies en actes et multiplions-les. L’heure n’est plus au nombre de Vietnam, mais de Marinaleda, d’Exarcheia et de bien d’autres formes d’alternatives expérimentales à inventer. Il est encore temps de libérer l’imaginaire, dissiper la résignation et mettre fin au TINA. Il est encore temps de choisir la vie.

Y.Y., paru dans Z’indignés (ex-Le Sarkophage), janvier 2014

+ PROJECTIONS DE "NE VIVONS PLUS COMME DES ESCLAVES" EN FEVRIER
 

1 novembre 2013

Somonte, à l’école des jornaleros andalous


La voie du jaguar | Jean-Pierre Petit-Gras | 27 octobre 2013

Le 4 mars 2012, quelques centaines d’ouvriers agricoles andalous, affiliés au SOC-SAT [1], occupaient la finca [2] Somonte, une terre de 420 hectares proche de Palma del Río [3] (province de Cordoue) que le gouvernement autonome de la région s’apprêtait à vendre aux enchères. Cette action, et les impressionnants résultats obtenus depuis par les occupant•e•s, devraient faire l’objet d’une réflexion approfondie, de la part de celles et ceux qui se posent la question d’une résistance durable et de la recherche d’alternatives concrètes au désastre sans cesse croissant dans lequel, ici et ailleurs, le capitalisme industriel a plongé l’humanité tout entière.

En Andalousie, plus de trente-cinq pour cent de la « population active » est au chômage. Cinquante pour cent chez les moins de vingt-cinq ans. Dans l’agriculture, de récentes mesures, « imposées par la crise », ont porté à trente-cinq journées travaillées le seuil minimal pour toucher pendant six mois une indemnisation de 600 euros. Il faut décompter de ces indemnités les cotisations obligatoires, et savoir que dans le contexte de la mécanisation massive, de l’utilisation d’une main-d’œuvre immigrée très bon marché, et de surcroît l’existence de « listes noires » concernant les femmes et hommes les plus revendicatifs, ces trente-cinq journées travaillées sont souvent hors de portée [4].

Depuis des siècles, le spectre de la faim rôde dans ce vaste et superbe pays.

L’Andalousie est une terre riche. Par ses sols fertiles, le soleil, l’eau, sa biodiversité, l’accumulation millénaire de connaissances du milieu, les savoir-faire. Les géographes et historiens grecs admiraient la civilisation de Tartessos, laquelle, plus de dix siècles avant notre ère, exportait au loin ses huiles d’olive. Les envahisseurs romains y ont trouvé des lieux idylliques, et par la suite les musulmans ont perfectionné les méthodes d’irrigation et de gestion de l’eau, celle des greffes, etc., introduit de nombreuses espèces végétales. La région n’a certes probablement pas été le paradis terrestre chanté par de nombreux auteurs. Mais elle a dû, sous certains aspects, s’en rapprocher un peu. Cela d’autant plus que les migrants venus d’un peu partout (Berbères, Arabes, Juifs, Visigoths, Normands, puis Gitans sont venus s’ajouter aux vieilles populations ibères) y ont enrichi une culture et des mœurs tournés vers la tolérance et la recherche d’une vie plaisante et digne.

L’appropriation des terres par le nouveau féodalisme, militaire et « religieux », implanté à la faveur de la « Reconquête » chrétienne achevée en 1492, a peu à peu détruit la société andalouse. Et le latifundisme, cette spoliation que l’on nomme propriété privée, continue aujourd’hui d’écraser la paysannerie. Celle-ci n’a pourtant cessé de rêver, et de lutter pour que la terre soit à ceux qui la travaillent.

Le bilan provisoire de l’occupation de Somonte est parlant : délogés brutalement par un commando « antiterroriste » de la Garde civile au mois d’avril 2012, les jornaleros [5] sont revenus la nuit suivante. Depuis, ils ont consolidé une installation marquée, dès les premiers jours, par la volonté de faire revivre une terre abandonnée à des monocultures « rentables » tournées vers l’exportation, la captation des primes européennes, la mécanisation à outrance et l’utilisation immodérée de produits chimiques.

Avec peu de moyens (deux tracteurs et quelques machines offerts par leur syndicat et la municipalité de Marinaleda), ils ont préparé et semé, le plus proprement possible, cinquante-cinq hectares de blé, soixante-dix d’avoine, vingt de tournesol, deux de pois chiche, deux de fèves et haricots, un de pommes de terre... Les potagers créés par leurs soins donnent en abondance tomates, piments, oignons, ail, choux et salades. Mille cinq cents chênes verts et caroubiers, deux cents oliviers, des orangers ont été plantés. Brebis, chèvres et volailles participent à l’animation générale...

« Le plus important, disent-ils, c’est que nous avons défendu notre dignité, nous avons conscience d’être des femmes et des hommes libres, et nous croyons fermement à la réforme agraire ! »

Les occupants de Somonte ont reçu, dès les premiers jours, la visite enthousiaste de paysans et urbains de la province de Cordoue, mais aussi de toute l’Espagne, et d’autres pays européens [6]. Ces échanges leur ont permis de bénéficier d’un soutien moral et matériel. C’est pourtant dans l’autre sens que cette solidarité peut réellement s’exercer, et peser sur le destin de personnes et groupes désireux de s’affranchir du système dominant.

Les jornaleros de Somonte, par exemple, ont offert céréales, légumes et fruits à des associations de lutte contre les expulsions qui affectent de nombreuses familles ne pouvant faire face aux échéances des emprunts contractés pour l’achat de leur logement.

Mais plus que ces manifestations, généreusement symboliques, c’est leur action même, jointe à leur parole, qui offrent matière à réflexion pour la reconstruction d’initiatives concrètes de résistance face à la gravité de la situation dans laquelle nous sommes enfermés.

N’est-il pas en effet illusoire de croire que des solutions aux problèmes de la dépendance alimentaire, de l’empoisonnement généralisé, de la « mauvaise vie » en général, vont être trouvées dans des remèdes ponctuels, qui à l’instar de la médecine allopathique ne traiteraient que des symptômes isolés, sans tenir compte de l’ensemble des phénomènes à l’origine de l’apparition et de la progression d’une maladie ?

Le développement des productions « biologiques », des circuits courts et autres AMAP [7], pour intéressant qu’il soit, ne s’effectue en effet qu’à la marge, en comparaison avec la mainmise croissante de l’agriculture industrielle sur tout ce qui touche à la culture, l’élevage et la transformation.

En dessous des trois pour cent de la « population active totale », la main-d’œuvre employée dans l’agriculture française ne peut que se résoudre à suivre la fatalité de la mécanisation, l’utilisation d’intrants chimiques, les choix tactiques en fonction du marché, et les endettements qu’implique toute cette machinerie.

Les quelques agriculteurs accrochés à des pratiques respectueuses de la terre et de leur prochain, ou qui tentent de s’y lancer, sont confrontés à d’imposantes difficultés : un travail très lourd, la concurrence, la bonne « niche » à trouver. Ils n’échappent guère à la loi implacable, absurde, inégalitaire, du marché. La grande distribution et l’agro-industrie sont d’ailleurs entrées dans la danse, et les gondoles de « produits bio » ou « équitables » se multiplient à l’envi.

Et puis, à quoi rime de fournir des paniers, dans le cadre d’une AMAP, à des cadres, ingénieurs ou techniciens travaillant, par exemple, dans le secteur de l’armement (pudiquement appelé la « défense »), à des chimistes, des employés ou autres informaticiens qui participent, consciemment ou non et chacun à son niveau, à la destruction de ce qui reste de diversité, de liberté, d’échanges non marchands ?

Le prix du foncier, prohibitif dans la plupart de nos pays disneylandisés, s’oppose puissamment à ce retour massif vers la terre, qui répondrait pourtant à bien des questions.

La compétition entre individus, dès la période scolaire, le manque de connaissances et d’expériences appropriées, la soumission à des modes de vie et de consommation énergivores, l’addiction aux gadgets en tous genres, aux loisirs destinés, comme les tranquillisants, à masquer les stress de toutes sortes vécus dans un environnement professionnel (ou celui du non-emploi) s’ajoutent à cet obstacle.

L’attachement maladif à la propriété privée, apparu avant la révolution française, et renforcé par celle-ci, a fortement contribué à jeter la paysannerie, par ailleurs décimée par les guerres (depuis les napoléoniennes jusqu’à celle de 1914), dans la spirale de l’industrialisation du monde.

Le retour à la terre, par l’occupation quand les rapports de forces peuvent le permettre (en Andalousie, ou dans certaines ZAD capables d’attirer et de conserver l’installation de populations nouvelles) ou par l’achat collectif voué à la transformer en bien commun, ne s’opérera que par le biais d’une rupture radicale, impulsée par un puissant désir de sortie de ce système aliénant, hiérarchisé, brutal et absurde. Par une recherche de l’autonomisation dans les domaines de l’alimentation, l’habitat, la santé, les relations sociales et la solidarité, l’éducation et, pourquoi pas, celui de la confection même de nos vêtements. Et, nous l’avons déjà dit, par une remise en cause approfondie de la sacro-sainte propriété privée.

Tel est, à mon sens, le contenu fondamental du message que nous délivrent les jornaleros et jornaleras de Somonte .

Une solidarité bien comprise avec leur combat va donc plus loin qu’une manifestation de sympathie. Il en est de même pour les luttes emblématiques qui se mènent actuellement dans d’autres régions de la planète (Chiapas et autres territoires indigènes du Mexique, Colombie, Brésil, « printemps » arabe, grec ou d’ailleurs). Une fois étudiées les leçons qu’elles nous proposent, il convient de laisser de côté les proclamations purement rhétoriques et les luttes par procuration. Le temps est venu de passer un peu plus sérieusement à la réflexion et à l’action commune.

Jean-Pierre Petit-Gras

Notes

[1] Syndicat des ouvriers de la campagne / Syndicat andalou des travailleurs.

[2] Une finca est une propriété.

[3] De cette petite ville le río Genil, né en amont de Grenade, se jette dans le Guadalquivir.

[4] Le travail dans l’agriculture industrielle, notamment sous les serres, signifie, à côté de l’abrutissement inhérent à l’application des principes du management moderne, l’exposition à de nombreux insecticides et fongicides.

[5] L’emploi du masculin ne doit pas faire oublier que les femmes, les jornaleras, sont fortement présentes et impliquées dans l’occupation de Somonte.

[6] En avril, un petit groupe de la région toulousaine, intéressé au projet de terre commune de La Fontié, dans le Tarn, a passé quelques jours en leur compagnie, partageant travail dans les champs et le potager, discussions, films sur le mouvement zapatiste, repas, blagues et chansons. Un ami mexicain était de la partie...

[7] Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne.




30 octobre 2013

Guet-apens policier contre le porte-parole national du Syndicat andalou des travailleurs (SAT)



Le Grand Soir | 29 octobre 2013 | Par Jean Ortiz

Diego Canamero Valle, par qui les paysans avaient des terres et les pauvres de la nourriture


L’homme dont il est question ici vous a déjà été présenté par  Le Grand Soir dans une vidéo ("Diego l’insoumis") produite par Jean Ortiz et Dominique Gautier avec le soutien d’Emmaüs-Pau et du Grand Soir.


 Pour tout savoir, on pourra revoir également le documentaire "Marinaleda, l’ardente impatience", également produit avec notre soutien.
http://www.youtube.com/watch?v=pId_Ciwuw3Y&list=PLHID5A81I9vCzR_8y...

LGS


Le 21 octobre 2013, vers 19h, le leader syndical des salariés, des exclus, des paysans, des "sans terre" andalous, a été capturé, comme au temps du franquisme, lors d’un guet-apens tendu par la garde civile, à hauteur de Alcala del Rio, alors qu’il rentrait d’une assemblée syndicale à Burguillos.

Le syndicaliste a été transféré comme un malfaiteur à la caserne Montequinto de la garde civile, et sera mis aujourd’hui 22 octobre "à disposition" du Tribunal n°4 de Utrera, d’une justice de classe, qui le poursuit une nouvelle fois sans doute comme à l’accoutumé pour "occupation illégale de terres"(improductives), opérations de réquisition sociale dans des supermarchés.

Dans une Andalousie où de nombreuses familles ont désormais faim, où la terre est monopolisée par une poignée de grands propriétaires, où le taux de chômage atteint 37% de la population active (57% chez les jeunes), où des milliers de familles sont chassées de leurs logements par l’éclatement de la "bulle spéculative immobilière", où les banques s’empiffrent, les actions du SAT et de son porte parole, victime depuis les années soixante d’une cinquantaine de procès, de dizaines d’arrestations, d’emprisonnements répétés, d’une véritable chasse à l’homme, sont légitimes. Les pauvres, les chômeurs, les salariés, les précaires, les ouvriers agricoles, exercent pacifiquement avec le SAT leur droit à la légitime défense sociale.

Dans une Espagne saignée par les "recortes" (coupes drastiques) massifs, brutaux, imposés par le FMI, la BCE, la Banque mondiale, , l’Union Européenne...où les délinquants "en col blanc", des dirigeants et élus du néo-franquiste "partido popular", sont impliqués dans d’énormes scandales politico-financiers portant sur des centaines de millions d’euros, et paradent cyniquement en toute liberté, où des membres de la famille royale ont trempé dans des affaires de corruption, de détournements de fonds publics,en toute impunité, l’arrestation d’un syndicaliste (à l’éthique exemplaire), pionnier de Marinaleda, qui lutte depuis des décennies, corps et âme, pour les libertés, les droits des exploités, la justice sociale, est intolérable. Elle porte atteinte à la démocratie.

Liberté pour notre camarade Diego Canamero Valle !.

Messages de soutien à envoyer à : marigarci62@hotmail.com
Jean Ortiz
Universitaire, Pau (France)
Source, texte et photos,  http://www.legrandsoir.info/diego-canamero-valle-par-qui-les-paysans-avaient-des-terres-et-les-pauvres-de-la-nourriture.html


8 juin 2013

MARINALEDA, l'ardente impatience (vidéo)




Film de Dominique Gautier & Jean Ortiz
Production : Le Village Emmaüs Lescar-Pau & La Cumamovi
En Partenariat avec : Le Grand Soir http://www.legrandsoir.info & Mémoire des Luttes http://www.medelu.org

 

blogger templates