Notre époque est décidément marquée par le règne de la
confusion, du faux et de l’inversion. Depuis trois jours, l’intégralité
des médias et de la classe politique nous impose un récit unilatéral qui
s’avère plus mensonger à chaque heure qui passe.
Quentin Deranque, décédé à Lyon,
est présenté comme un «jeune choriste et philosophe chrétien», qualifié
de «non-violent», qui aurait été «lynché» voire «poignardé par les
antifas». Il serait même tombé dans un «guet-apens» selon le récit
imaginaire de France Info, le Nouvel Obs et CNews. Non seulement cette
version est largement mise à mal – il semble s’agir d’une bagarre
opposant une vingtaine d’activistes d’extrême droite à une vingtaine
d’antifascistes qui aurait très mal tournée – mais le profil de Quentin
se précise.
La guerre en Ukraine a atteint son septième mois. Les partis
d’extrême droite ont récemment progressé en Suède et en Italie. Et le
changement climatique continue d’avoir des conséquences dévastatrices à
un rythme toujours plus rapide. Noam Chomsky aborde ces questions et
bien d’autres dans une récente conversation radiophonique avec
l’animateur de Radio Alternative David Barsamian, réalisée le 26 septembre 2022, un jour avant la sortie de leur nouveau livre Notes on Resistance.
Noam Chomsky parle des mensonges, des crimes et du capitalisme sauvage.
Les agressions et les violences d’extrême-droite explosent dans le pays. L’extrême-droite s’entraîne à tirer sur des caricatures de juifs, de noirs, de musulmans. L’extrême-droite menace de mort un candidat à la présidentielle, une députée, des journalistes, des syndicalistes. L'extrême-droite dessine une cible sur la tête d’Anne Frank. L'extrême-droite fournit des tutos expliquant comment se procurer des armes. Et l'extrême-droite passe à l'action : agression de la manifestation Nous Toutes à Paris à coup de ceintures et de poteaux métalliques, passage à tabac ultra violent des militants pacifiques de SOS Racisme au meeting d'Éric Zemmour ce dimanche 5 décembre 2021, etc.
En partenariat avec l’Observatoire de l’extrême-droite, l'insoumission a fait une carte listant ces agressions en France depuis le début de l’année. Constat : les groupuscules d’extrême-droites sont en roue libre dans le pays.
L'insoumission a donc reçu Thomas Portes, président de l'Observatoire de l'extrême-droite, dans un entretien filmé de 58 minutes pour prendre le temps de préciser cette menace d’extrême-droite : parler de ses différents groupuscules, la sociologie de ses militants, décortiquer son idéologie, le « grand remplacement », la « re-migration », le virilisme, son anti-Républicanisme, son histoire, caractériser la menace terroriste, la menace envers les journalistes, comment on vit quand on est menacé, pour caractériser la zemmourisation médiatique, politique, les liens de l'extrême droite avec le champ médiatique et la bourgeoisie, mais aussi penser la bataille culturelle et la riposte antifasciste. Entretien réalisé par Pierre Joigneaux.
Nous recevons de nombreuses questions et commentaires sur l’actualité
électorale, nous demandant de prendre parti dans la campagne. Alors que
faire ? Précisons d’abord que nous sommes un média, pas un parti
politique. Nous ne donnerons pas de consignes de vote : chacun est assez
intelligent pour construire ses choix. Ensuite, nous ne chercherons pas
à culpabiliser qui que ce soit : nous refusons l’injonction
insupportable au «devoir électoral» une fois tous les 5 ans, mais aussi
le discours classique «anti-vote» stérile s’il ne s’accompagne pas
d’actes.
Ceci étant posé, quelques réflexions avant le Premier Tour :
« Tuer les envahisseurs » pour « sauver l’environnement », « sauvez les abeilles pas les migrants »...
L’extrême droite se réapproprie les fondements de l’écologie pour
légitimer ses discours de haine. L’écofascisme se propage en France, et
le péril est imminent.
Attaque de l’extrême-droite à la fac de Montpellier" : J’ai vu l’administration applaudir face au sang d’étudiants en lutte pour leurs droits"
A Montpellier, sous les coups de minuit, ce 22 mars, le doyen de la
faculté de droit et de science politique a envoyé une milice d'extrême
droite déloger les lycéens et étudiants mobilisés contre le Plan
Étudiants, ils occupaient pacifiquement un amphi. Matraque, taser, des
étudiants sont blessés à la tête. Le tout sous le regard du doyen et sa
sécurité. Le bilan fut de quatre blessés graves, dont deux à la tête.
Nous relayons ci-dessous un plusieurs témoignages, ainsi que plusieurs
vidéos.
Notre rapport aux animaux est parfois un bon indice pour évaluer notre perception de la vie en général, celle des animaux mais également celle des hommes. Ce n’est pas avant tout au nom de la souffrance animale que nous éprouvons un profond dégoût face aux images d’abattoirs industriels : ce qui s’exprime dans ces pratiques, c’est avant tout l’exploitation effrénée de tout ce qui vit, hommes comme bestiaux - et la possibilité que des hommes, à terme, reçoivent le même traitement. Les camps d’extermination de la Seconde Guerre mondiale l’ont prouvé. Ce qui se joue actuellement à Septfonds, petite bourgade du Tarn-et-Garonne (82), nous invite à voir les choses encore différemment : presque en lieu et place de l’ancien camp de concentration des Judes, où on été enfermés plus de 15 000 soldats espagnols anti-franquistes de 1939 à 1942, la préfecture vient d’autoriser le doublement de la taille d’un élevage de porcs industriel. C’est donc le mouvement inverse qui se produit ici : en lieu et place du parcage des hommes avant leur transfert vers les camps d’extermination, ce sont des porcs que l’on enferme avant de les envoyer à l’abattoir. Rien de particulièrement étonnant dans cette énième manifestation du cynisme ambiant : sauf qu’en s’installant à 500 mètres du mémorial qui rend hommage aux républicains espagnols, l’exploitation agricole vient souiller la mémoire de ceux qui ont refusé le fascisme en 1936, ainsi que de tous ceux qui furent internés entre 1939 et 1946 (juifs, communistes, polonais, etc). Des lecteurs de lundimatin, qui entendent se souvenir avec dignité des combats et des abjections de l’époque et doivent faire face aux tendances fascistes actuelles, nous ont envoyé cet article qui résume les prémisses d’une lutte contre ce projet d’agrandissement...
Il y a des moments où la réalité se simplifie. Ce n’est plus l’heure de faire la part de la vérité et du mensonge dans les arguments qui prétendent défendre l’unité d’Espagne ou proclamer l’indépendance de la Catalogne. Il n’est pas non plus nécessaire de remonter à l’année 1714 [1] ni de chercher dans les griefs plus récents. Quand on en appelle à ’la Loi et l’Ordre’, tout à coup, tout s’éclaire et chaque position apparaît parfaitement définie sur la table de jeu. Puis, de façon viscérale, ceux d’entre nous qui restaient silencieux savons où nous situer : nous serons toujours face à ceux qui veulent imposer la consigne de rétablir l’autorité. Nous connaissons bien une phrase forgée en France avant la révolution de 1848 qui disait : ’La légalité tue’.
Effectivement nous sommes, donc, contre l’État espagnol et sa légalité, bien que pour cela nous ayons à prendre partie entre des drapeaux qui nous étouffent, parce qu’ils nous pompent l’air..
Les manifestations de policiers, parfois cagoulés et armés, se
sont multipliés ces derniers jours – en plein Paris mais aussi dans
plusieurs villes de France – pour réclamer toujours plus de moyens et de
liberté pour réprimer ; comme si l’état d’urgence n’avait pas accru
dramatiquement l’arbitraire policier, particulièrement dans les
quartiers populaires sous la forme d’assignations à résidence, de
contrôles au faciès et de violences policières multipliés. Alors que les agents de la Brigade anti-criminalité (BAC) sont
manifestement en première ligne dans cette mobilisation au croisement
entre le renforcement autoritaire de l’État et la dynamique fasciste,
il est utile de revenir sur l’origine de ce secteur des appareils
répressifs d’État. C’est ce à quoi s’emploie ici Mathieu Rigouste, dans
cet extrait du premier chapitre – intitulé « La ségrégation
endocoloniale » – de La Domination policière(La
Fabrique, 2012), montrant que le quadrillage sécuritaire des quartiers
populaires imposé au cours des quarante dernières années prolonge – par
d’autres moyens – la guerre coloniale. (...) Suite sur Contretemps
Article du Lot en Action mis en ligne le 17 septembre 2016 (paru dans le numéro 104 d'octobre).
Fachosphère lotoise : Christine Tasin, la « bouffeuse d'Islam », vient vomir dans le Lot
L'info nous est parvenue par l'intermédiaire d'Henri Mulleman, de l'association scientifique CQST (Cercle quercynois des sciences de la Terre), qui organise une conférence le samedi 8 octobre à Cahors (Hôtel Kyriad à 15h30), « Sciences humaines et sociales, laïcité en danger », avec pour invitée Christine Tasin. Le communiqué est sans ambiguïté : « Une conférence de Christine Tasin, ouverte à tous pour répondre aux questions des scientifiques, des élus et des familles préoccupés par le recul de la laïcité ». À la lecture de ce communiqué (1), bourré de fautes, on comprend vite que par « recul de la laïcité » les organisateurs entendent « colonisation par l'Islam ».
Alors qui est cette illustre invitée ? Avec son sourire, sa voix douce et égale, Christine Tasin ne fait pas peur et se présente comme une « laïque de gauche ». Si elle n’a pas le côté bulldozer et grande gueule de Marine Le Pen, elle est cependant la fondatrice de l’association Résistance républicaine et la compagne de Pierre Cassen, fondateur du site Riposte laïque. À l'évocation de Résistance républicaine et de Riposte laïque, on se sent déjà en pleine fachosphère. D'ailleurs leurs faits d'armes les plus connus sont les fameux « apéro saucisson-pinard » et les « Assises contre l’islamisation de l’Europe » qui ont défrayé la chronique. Et les propos de cette « laïque de gauche » sont également sans équivoque possible : « La vocation de l’islam est d’imposer ses rites, règles, iniquités, inégalités, monstruosités à tous, qu’ils le veuillent ou pas». Les musulmans modérés, ça n’existe pas » (2). No comment… Si, un ! Remplacez dans la phrase précédente « Islam » par « église catholique » et « musulman » par « catho » et vous vous rendrez compte de l'absurdité crasse de ce type de propos criminel.
Quand les sympathisants du Front National commencent à s'afficher sans
aucune pudeur, on peut légitimement penser que le cochon est dans le maïs… Coïncidence ou pas, le jour suivant cette intervention, l'hôpital de Gourdon organise une conférence sur le thème de la laïcité dans les soins, animée par le sulfureux gynécologue Jean Thévenot (3). Ce toubib s'est rendu célèbre par son coup de gueule concernant l'intrusion de l'Islam dans le monde hospitalier (4), repris par tous les sites de l'extrême droite. Bref, signe des temps ou pas, fait pas bon avoir la peau basanée, même si vous n'êtes pas musulman, que vous ayez un prénom « bien français » et soyez apprécié dans votre village et par vos collègues. À quand le retour des ratonnades criminelles ou des lynchages en place publique ? Avant les prochaines élections ? En tout cas il y en a qui se frottent les mains du côté de Daesh, parce que c'est exactement ce qu'ils souhaitent...
Notes
(1) Communiqué en ligne plus bas (in extenso), sous la carte de la fachosphère.
(2) propos relevé dans l'interview donnée par Christine Tasin à Libération en mars 2011 : http://bit.ly/2ceDs8N
(3) Jean Thévenot a également pris position pour la GPA (gestation
pour autrui) en plein débat sur le « mariage pour tous ». Lire sa lettre
ouverte : http://bit.ly/2cyrmuf
(4) Lire son interview sur le site du syndicat des médecins généralistes : http://bit.ly/2clom4G
Conférence de presse de Guillaume Vadot, prof à La Sorbonne. Victime de violences policières jeudi soir à la gare de Saint Denis Source
Guillaume Mazeau, Maître de conférences en Histoire
et civilisations à la Sorbonne vient de partager sur son compte FB le
témoignage ahurissant d'un enseignant à Paris 1 victime d'une
interpellation policière…
Il vient d'arriver cela à un collègue enseignant à Paris-1. Une scène
horrible et impensable il y a quelques années. Le discours anti-flic
primaire me fatigue. Mais à un moment il faut ouvrir les yeux.
"Je sortais d’une gare de banlieue avec une copine, en fin de
journée. Au moment de passer les tourniquets, on entend des hurlements.
Pas un cri normal, mais un cri de douleur, intense, et l’on comprend
immédiatement qu’il se passe quelque chose. Comme tous les autres à côté
de nous, mon regard est capté par la scène qui se déroule...
(...) La députée Isabelle Attard prononçait ces mots dans l’hémicycle :
Nous assistons, depuis la nuit de jeudi à vendredi, à une surenchère
sécuritaire jamais vue. C’est à celui qui proposera le plus de mois
d’état d’urgence, jusqu’à l’état d’urgence permanent. Le plus d’armes,
le plus de guerre, le plus de surveillance de masse, le plus de prison,
le plus d’enfermement préventif, le plus de camps d’internement.
Le compte rendu des débats indique qu’à cette phrase, « plusieurs
députés du groupe Les Républicains » lui rétorquèrent : « Et alors ? » (...)
« Toujours un poing levé et une main tendue, Jean Ortiz est un internationaliste assumé » dit l’Humanité où cet universitaire, fils d’un guérillero espagnol, publie régulièrement des chroniques remarquables qu’il envoie également au Grand Soir, site sur lequel il a publié à ce jour 130 articles.
Je te hais Valls (deux)
Par Jean ORTIZ
Chacun croyait que le matamore de Matignon avait touché le fond du cynisme et de « l’horreur politicienne »... Que nenni !
Tout fait ventre à ce « chicago-boy » à la française pour se refaire la cerise dans l’opinion. Quitte à la caresser dans le sens le plus crasseux du poil. Quitte à créer une atmosphère irrespirable. Quitte à enfanter de nouveaux monstres, utiles pour en appeler à « l’union nationale », à « l’union sacrée », et reléguer la lutte des classes, la question sociale..., livrées aux compétences de ses amis du MEDEF. Quitte à jouer avec des barils de poudre. Quitte à diviser durablement les peuples. Quitte à attiser les haines et la déshumanisation. Quitte à recevoir les encouragements intéressés de la droite. Quitte à accélérer le « génocide » des valeurs de « la gauche », à faire table rase de son patrimoine, à plonger des millions de braves gens dans la déshérence, le désespoir. Quitte à instrumentaliser des colères légitimes vers des objectifs au plus haut point dangereux.
Les poubelles de l’histoire retiendront qu’un premier ministre « socialiste » s’est essayé, par calcul, à reprendre le discours fascisant de l’extrême droite sur « la guerre de civilisation », théorie développée surtout depuis le « best seller » (1997) du spécialiste américain en relations internationales Samuel Huntington, reprises par le médiocre, mais va-t-en guerre président George W. Bush, et son petit élève français, N. Sarkozy. G. Bush, le papa du liberticide « Patriot Act », qui a inspiré Manuel Valls pour sa « loi de renseignement » et de flicage généralisé... Valls serait-il un « néoconservateur » à la française ?
L’amalgame (volontaire) suggéré, entre Islam et terrorisme, Islam et barbarie, n’est pas nouveau, mais n’en demeure pas moins dévastateur. Quant à l’opposition entre civilisation et barbarie, elle n’est pas nouvelle non plus dans l’histoire, la « civilisation » étant bien entendu le « monde occidental ». Elle a servi toutes les mauvaises causes, tous les satrapes, tous les impérialismes, tous les saigneurs de peuples, depuis des siècles.
En réveillant « l’esprit de croisade », en jouant politiciennement sur les amalgames, les réactions viscérales, le matamore M. Valls avance et amplifie des valeurs antinomiques aux traditions humanistes et progressistes françaises. A vouloir copier Marine, il risque d’ouvrir la voie à des eaux fangeuses, et à des flots mortels pour la démocratie.
Exposé vulgarisé. Comprendre simplement les institutions de l'Union
européenne, quelle place la France y tient et quelles en sont les
conséquences.
1) Précision :
- La commission propose les
lois au parlement européen et au conseil de l'UE (article 251 et 289 du
TFUE). Le Parlement et le Conseil de l’Union peuvent demander à la
Commission qu’elle légifère dans un domaine. Mais la commission, qui a
le monopole du droit d'initiative, peut ignorer cette demande.
-
Aucun référendum n'a de valeur "intrinsèque" vis-à-vis de l'UE car SEULE
la commission a le droit de légiférer et d'exécuter...
- Le parlement de l'UE est exclu de tout avis sur la fiscalité et les recettes de l'UE (article 311 du TFUE)
-
Pour que le parlement censure ou démette la Commission, il faut la
majorité des membres du parlement et les 2/3 des suffrages exprimés
(Articles 17-8 et 234 du TFUE)
- L’article 293 du TFUE stipule
que le Conseil de l’Union « ne peut prendre un acte constituant,
amendement de la proposition que statuant à l’UNANIMITE». Le Conseil de
l’Union ne peut donc s'opposer à la Commission qu’à l’unanimité!
-
Les traités européens ne peuvent être modifiés (sauf cas mineurs) qu'à
l’unanimité (article 48 du TUE). Comme aucun Etat n'a les mêmes intérêts
(ex: fiscalité du Luxembourg, monnaie pour l'Allemagne, différences
entre pays de l'est et de l'ouest, du nord et du sud...)... les traités
ne peuvent être modifiés.
Message d'un contributeur :
-
Raw Dog nous a fait remarquer qu’il serait plus juste de parler de
« Cotisations » plutôt que de « charges sociales ». Entendons-le donc
ainsi durant la video.
La discussion fait avancer le débat. Merci à lui.
2) C'est encore mieux quand c'est source :
- Articles du Traité sur l’Union Européenne (TUE) et du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne (TFUE) : http://eur-lex.europa.eu/legal-conten...
- Recommandation du Conseil en date du 14 juillet 2015 (tout un symbole pour les français en matière de liberté , lol !!!) : http://ec.europa.eu/europe2020/pdf/cs...
Le président français a décidé de changer la République. Durablement. Cette nouvelle orientation n’est pas une simple lubie présidentielle qui disparaîtra à la prochaine élection présidentielle, puisque la Constitution devrait être modifiée dans un mois. Il est difficile de comprendre quel est le sens exact de cette politique qui ne semble pas directement reliée à une doctrine établie et connue. Pourtant, si une analyse des déclarations, décisions, et propositions de François Hollande est effectuée, un tableau idéologique et politique assez précis prend forme. Il doit être nommé et expliqué, sinon, le risque d’une paralysie démocratique guette la société dans son ensemble.
Le collectif Calais Migrant Solidarity revient sur les journées des 5 et 6 janvier 2016, où les résident-e-s
de la Jungle doivent faire face aux assauts répétés des fascistes locaux
et des CRS qui les noient sous les gaz lacrymogènes... Solidarité avec
la Jungle !
On ne comprend pas l’enjeu véritable de la prolongation de l’état d’urgence [jusqu’à la fin février] en France, si on ne le situe pas dans le contexte d’une transformation radicale du modèle étatique qui nous est familier. Il faut avant tout démentir le propos des femmes et hommes politiques irresponsables, selon lesquels l’état d’urgence serait un bouclier pour la démocratie.
Les historiens savent parfaitement que c’est le contraire qui est vrai. L’état d’urgence est justement le dispositif par lequel les pouvoirs totalitaires se sont installés en Europe. Ainsi, dans les années qui ont précédé la prise du pouvoir par Hitler, les gouvernements sociaux-démocrates de Weimar avaient eu si souvent recours à l’état d’urgence (état d’exception, comme on le nomme en allemand), qu’on a pu dire que l’Allemagne avait déjà cessé, avant 1933, d’être une démocratie parlementaire.
Or le premier acte d’Hitler, après sa nomination, a été de proclamer un état d’urgence, qui n’a jamais été révoqué. (....)