17 novembre 2014

Sarkozy-Kadhafi : Le document authentifié dont les médias ne parlent pas

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Agoravox | 17 novembre 2014, par Fatizo

Il y a quelques jours nous apprenions par Médiapart, que le document qui prouverait que Nicolas Sarkozy aurait reçu 50 millions d’euros de la part de Mouammar Kadhafi, a été authentifié par des experts judiciaires en écriture.

Souvenez-vous, entre les deux tours de la présidentielle 2012, le site avait publié un article expliquant que le régime libyen avait financé la campagne de Sarkozy en 2007.

Pour étayer cette information, Médiapart se basait sur un document « officiel libyen » signé par Moussa Koussa, l’ancien chef des services secrets du régime Kadhafi.

Ce papier évoquait un « accord de principe » du versement des fonds. Mediapart y voyait « la preuve du financement ».

Nicolas Sarkozy avait, à l’époque, porté plainte contre Mediapart , pour « faux et usage de faux ». Le site d’informations avait répliqué avec une plainte croisée pour « dénonciation calomnieuse ».

Depuis le début de cette affaire, de nombreux médias ont souvent mis en doute l’authenticité du manuscrit . En septembre dernier c’est Vanity Fair, par l’intermédiaire d’Hevé Gattegno, qui écrivait : « Sarkozy-Kadhafi : le document libyen de ‘Mediapart’ qui accuse l’ex-président pourrait bien être un faux ».

L’article de Gattegno faisait suite à la déclaration de Moussa Koussa, qui avait contesté sa signature, tout en déclarant que ‘le contenu’ du document n’était ‘pas faux’ ».

A l’époque le journaliste du site d’Edwy Plenel, Fabrice Arfi, avait peu apprécié le papier en question, et l’avait fait savoir sur tweeter.

Alors qu’aujourd’hui des experts viennent avaliser que le document « a bien été signé ‘de la main de Moussa Koussa’ », Fabrice Arfi est toujours en colère, mais cette fois-ci après l’AFP, qui n’a pas repris l’information.

Le journaliste nous dit : « l’Agence France Presse (AFP) m’a fait savoir par écrit aujourd’hui qu’ « après lecture attentive » de cet article les conclusions des quatre experts sur l’authenticité du document libyen n’étaient pas une information digne d’être reprise et de faire l’objet d’une dépêche. D’où la faible reprise de cette révélation à la radio, à la télé, dans les journaux ou sur d’autres sites. Il est vrai que la traque d’un faux tigre mérite bien plus toutes les attentions médiatiques… »

Il est vrai qu’il n’est pas question de déranger l’ancien président alors qu’il fait tout ce qu’il peut pour reconquérir la droite, n’hésitant plus à faire dans la surenchère démagogique pour prendre à Hervé Mariton les opposants au mariage pour tous.

L’AFP et nos médias en font des tonnes sur le sujet, ils en font encore plus sur la rencontre Fillon- Jouyet qui serait pour certains une affaire d’Etat, tout cela parce que l’ancien Premier Ministre aurait demandé que l’on accélère la procédure contre son ancien président. François Fillon serait discrédité dans la course à l’Elysée, d’après les éditorialistes de génie qui nous informent.

Mais en ce qui concerne Nicolas Sarkozy, dont le nom apparaît dans de multiples affaires,il a comme une bienveillance ou une crainte de la part de toutes ces belles plumes. Pour lui, pas question de course à l’Elysée interrompue. Il peut tout dire, tout faire, rien n’y fait, il reste en course. On le critique mais point trop n’en faut, comme si on tenait à le ménager.

Mais pourquoi ?

26 octobre 2013

La désintégration de la Libye




par Polina Lavrentieva | Réseau Voltaire | 9 octobre 2013


À l’été 2011, Thierry Meyssan assurait qu’il n’y avait pas de printemps arabe en Libye, que la population ne se levait pas contre Mouamar el-Kadhafi, mais que les Occidentaux jouaient avec le mouvement séparatiste de la Cyrénaïque. Deux ans plus tard, c’est fait : Tripoli a perdu tout contrôle à la fois sur la Cyrénaïque et le Fezzan, comme l’ont constaté les envoyés spéciaux des Nations Unies. Les richesses du pays sont désormais aux mains des gangs et des seules multinationales US.
 
Réseau Voltaire | Moscou (Russie) | 9 octobre 2013


L’on n’arrive pas à arrêter le processus de désintégration de la Libye commencé depuis l’assassinat de Mouamar el-Kadhafi. Un nouveau rapport de l’ONU en témoigne : sur fond de séparation de provinces au sein de la Libye « libérée du dictateur », ont cours des exécutions expéditives, une oppression politique massive et des tortures.

D’après le rapport commun de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) [1] et du Haut-Commissaire de l’ONU pour les Droits de l’Homme, près de 27 personnes sont mortes en prison dans le pays pour la seule fin de l’année 2011 [2]. 8 000 personnes sont détenues dans les geôles du pays. Elles y ont été jetées en 2011 en tant que « partisans de Kadhafi ». La plupart d’entre elles n’a même pas été officiellement l’objet d’une enquête et personne ne sait combien de temps elles resteront à l’ombre, puisque le système judiciaire ne fonctionne quasiment plus.

Le New York Times indique que des gens sont arrêtés maintenant, pour des raisons religieuses ou ethniques, ou s’ils sont suspectés de ne pas être loyaux envers « la démocratie ». Les prisonniers avec lesquels les inspecteurs de l’ONU ont pu parler ont relaté qu’ils étaient battus et torturés par le feu et par la faim dans les prisons.

En avril de cette année, une loi a été votée en Libye pour interdire les tortures et condamner les enlèvements. Mais elle n’a pas de portée effective. Ce n’est qu’une partie du tableau de la désintégration de l’État libyen. Des régions se retirent peu à peu, comme nous le prévoyions il y a deux ans dans ces colonnes. Et cela ne se passe pas non plus sans effusions de sang.

Ainsi, le 27 septembre, le Fezzan a proclamé son indépendance, ou tout au moins sa complète autonomie [3] ; les chefs tribaux en ont ainsi décidé « du fait du mauvais travail du Congrès ». En juin, c’était la région [riche en pétrole] de la Cyrénaïque [4] qui reprenait sa liberté. Des trois régions historiques de la Libye, seule la Tripolitaine en fait toujours partie. Pour l’heure, il n’y a pas de force capable de réunir à nouveau ces trois États historiques qui formaient la Libye depuis 1951.
Source
Odnako (Fédération de Russie)
Hebdomadaire d’information générale. Rédacteur en chef : Mikhail Léontieff.


[1] Site internet de la Manul en anglais et en arabe.
[2] “Torture and Deaths in Detention in Libya”, Unismil Report, Octobre 2013.
[3] « Libye "nouvelle" : la région de Fezzan proclame son indépendance », Irib, 27 septembre 2013.
[4] « Ливии официально больше нет. Восток объявил "нефтяное государство" » (La Libye officiellement n’est plus, l’Est se déclare en pétro-État), Odnako, 7 mars 2012.

28 février 2013

Tripoli delenda est !


Faire tomber le régime libyen et assassiner son chef n’avait évidemment pas pour objectif la défense des droits de l’homme et le philosophe de pacotille qui a essayé de la faire croire devrait être aujourd’hui inculpé d’apologie et de complicité de crimes de guerre par la Cour pénale Internationale si celle-ci voulait encore garder un minimum de crédibilité internationale

L’implication de Kadhafi dans le politique africaine et sa volonté de promouvoir le panafricanisme, s’ils sont bien connus de nombreux africains ont été soigneusement passés sous silence par les gouvernements et les médias occidentaux alignés.

Parmi les initiatives de Kadhafi, la création d’une organisation internationale à vocation régionale large a certainement été la plus mal perçue et la plus passée sous silence en Occident.
 

29 mai 2012

Libye, Afrique et Africom : une catastrophe en cours (Counterpunch)

Le Grand Soir |Par Dan GLAZEBROOK | 28 mai 2012


 La destruction du pouvoir régional indépendant qu’était la Libye a pavé la route pour la reconquête militaire de l’Afrique.




 
 
L’étendue de la tragédie que l’OTAN et ses alliés ont engendrée en Libye devient de plus en plus tristement évidente avec chaque jour qui passe. Les estimation sur le nombre des victimes varient, mais il semble qu’il y en ait eu au moins 50 000 ; à vrai dire, le ministère de la Défense britannique se vantait déjà en mai dernier que la massacre avait fait 35 000 morts. Mais ce chiffre ne cesse d’augmenter. La destruction des forces de l’état par le blitzkrieg Anglais, Français et Etasunien a laissé le pays dans un état de totale anarchie - au pire sens du terme.

Les anciens "rebelles", qui n’avaient rien d’autre pour les unir que la volonté temporaire de servir de soldats au sol à l’OTAN, se retournent les uns contre les autres. 147 ont été tués au cours d’un conflit interne dans le sud de la Libye plus tôt dans l’année, et ces dernières semaines des bâtiments gouvernementaux - dont les quartiers du premier ministre - ont été attaqués par des "rebelles" qui réclamaient leurs salaires. 1,4 milliards de dollars leur ont déjà été versés - ce qui prouve une fois de plus que c’étaient les forces coloniales de l’OTAN, et non Kadhafi, qui employaient des "mercenaires" - mais les règlements ont été suspendus le mois dernier à cause du népotisme généralisé. La corruption devient générale - 2,5 milliards de revenus du pétrole qui devaient être remis au trésor public se sont évanouis. Les ressources libyennes sont maintenant pillées à la fois par les multinationales pétrolières et par une poignée de familles issues des nouvelles élites du pays ; un schéma néocolonial classique. L’utilisation des ressources pour de grands projets d’infrastructure comme la Grande Rivière Artificielle (1) ainsi que la hausse massive du niveau de vie des habitants pendant les quatre dernières décennies (l’espérance de vie des Libyens est passée de 51 à 77 ans depuis l’arrivée au pouvoir de Kadhafi en 1969) ne sont apparemment déjà plus que des souvenirs, hélas.

Mais malheur à celui qui oserait le dire aujourd’hui. Il a été décidé il y a longtemps qu’aucun partisan de Kadhafi ne serait autorisé à participer aux élections à venir mais des décisions encore plus drastiques viennent d’être prises. La loi 38, que le nouveau gouvernement imposé par l’OTAN a votée le mois dernier, a créé un nouveau crime : la "glorification" de l’ancien gouvernement ou de son leader est punie d’une peine qui peut aller jusqu’à l’emprisonnement à vie. Un commentaire aussi vague que de dire que les choses allaient mieux sous Kadhafi tombe-t-il sous le coup de la loi ? La loi est volontairement assez vague pour permettre toutes les interprétations. C’est la porte ouverte à la persécution étatique institutionnalisée.

La loi 38 est encore plus révélatrice du mépris du gouvernement pour l’état de droit - un gouvernement, souvenez-vous, qui n’a toujours pas le moindre mandat populaire et dont le seul pouvoir repose sur les forces armées coloniales. Cette loi accorde l’immunité à tous ceux qui ont commis des crimes dans le but "de promouvoir ou de protéger la révolution". Les responsables du nettoyage ethnique de Tawergha - telle que "la brigade pour purger le pays des noirs" comme elle s’est elle-même nommée - peuvent tranquillement continuer leur chasse aux réfugiés de la ville sachant qu’ils ont la loi de leur côté. Les responsables des massacres de Syrte et d’ailleurs n’ont rien à craindre. Ceux qui ont participé à la torture généralisée des prisonniers peuvent continuer à le faire en toute impunité -tant que cela "protège la révolution" - autrement dit tant que cela maintient la dictature de l’OTAN et du Conseil National de Transition (CNT).

Voilà la Libye d’aujourd’hui : la guerre civile y fait rage, les ressources sont pillées, la société s’effondre et le fait d’exprimer le regret du temps où la Libye était prospère et en paix est puni comme un crime tandis que le lynchage et la torture ne sont pas seulement permis mais encouragés.

De plus le désastre a dépassé les frontières. La déstabilisation de la Libye s’est propagée au Mali où elle a engendré un coup d’état et la fuite d’innombrables réfugiés - notamment parmi les noirs immigrés en Libye - vers les pays voisins ; ces réfugiés en essayant d’échapper à la fois aux attaques aériennes et au lynchage ont ajouté aux difficultés économiques d’autres pays. De nombreux combattants libyens qui ont fini leur travail en Libye sont maintenant transférés en Syrie par leurs maîtres impérialistes pour y répandre aussi leur violence sectaire.

Et chose plus inquiétante encore pour le continent africain, AFRICOM - le commandement militaire étasunien - progresse dans le sillage de l’agression contre la Libye. Ce n’est pas par hasard que seulement un mois après la chute de Tripoli - et au cours du mois où Kadhafi a été assassiné (octobre 2011) - les Etats-Unis ont annoncé qu’ils envoyaient des troupes dans pas moins de quatre pays africains -la République Centre Africaine, l’Ouganda, le Sud-Soudan et la République Démocratique du Congo. Et AFRICOM vient d’annoncer 14 importantes manoeuvres militaires conjointes dans les pays africains en 2012, ce qui ne s’était jamais vu. La reconquête militaire de l’Afrique est en bonne voie.

Rien de tout cela n’aurait été possible avec Kadhafi au pouvoir. En tant que fondateur, principal donateur et ancien président élu de l’Union Africaine, il exerçait une grande influence sur le continent. C’est en partie grâce à lui que les Etats-Unis ont été forcés d’installer le quartier général d’AFRICOM à Stuttgart en Allemagne quand l’organisme a été créé plutôt qu’en Afrique ; ils avaient offert de l’argent et des investissements à des gouvernements africains mais ces derniers ont refusé d’accueillir leurs bases. On estime que la Libye du temps de Kadhafi avait investi à hauteur de 150 milliards de dollars en Afrique et la proposition libyenne, avec un apport de 30 milliards de dollars à la clé, de mettre en place une Banque de développement de l’Union Africaine aurait sérieusement diminué la dépendance financière de l’Afrique à l’Occident. Bref, la Libye de Kadhafi était le seul obstacle notable à la pénétration d’AFRICOM en Afrique.

Maintenant qu’il n’est plus, AFRICOM met les bouchées doubles. L’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan ont montré les guerres qui faisaient des victimes occidentales n’étaient pas populaires en Occident ; AFRICOM est conçu pour que, dans les guerres coloniales qui seront lancées contre l’Afrique, ce soient les Africains eux-mêmes qui se battent et meurent et non des Occidentaux. Les forces de l’Union Africaine doivent être intégrées à AFRICOM sous commandement étasunien. Kadhafi ne l’aurait jamais accepté ; c’est pourquoi il devait être éliminé.

Et pour avoir une idée de ce que sera l’Afrique sous la tutelle d’AFRICOM, il suffit de regarder la Libye, le modèle africain de l’OTAN : un état condamné à des décennies de violence et de traumatisme et complètement incapable de nourrir sa population et de contribuer à l’indépendance de la région ou du continent.

Il faut absolument mettre un terme immédiat au nouveau colonialisme militaire en Afrique.

DAN GLAZEBROOK

Pour consulter l’original: http://www.counterpunch.org/2012/05/25/libya-africa-and-afri...

Notes : 1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Rivi%C3%A8re_Artificiell...

Traduction : Dominique Muselet pour LGS
URL de cet article :
http://www.legrandsoir.info/libye-afrique-et-africom-une-catastrophe-en-cours-counterpunch.html

 

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