28 novembre 2011

La vérité choquante derrière la répression contre le mouvement Occupy

Le Grand Soir | 27 novembre 2011 

La vérité choquante derrière la répression contre le mouvement « Occupy » (The Guardian)

Les assauts violents de la police à travers les Etats-Unis ne sont pas une coïncidence. 
« Occupy » a touché la corde sensible de notre classe politique : l’argent.


 
 
Les Américains de toutes tendances sont encore choqués par les images cette semaine de brutalités policières sans précédent au cours d’une vague de répression coordonnée contre les manifestants pacifiques d’Occupy Wall Street (OWS) à travers le pays. Des images d’une dame âgée recevant un jet de gaz poivré au visage et d’étudiants pacifiques qui n’offraient aucune résistance arrosés de gaz poivré par des phalanges de policiers antiémeutes ont fait le tour d’internet ; des images de jeunes femmes – apparemment ciblées à cause de leur sexe – hurlant et trainées par les cheveux par des policiers en tenue antiémeutes ; un jeune homme, sonné et saignant à profusion de la tête, ont fait surface au cours de l’évacuation effectuée en pleine nuit du Parc Zuccotti.

Et au moment où les Américains pensaient avoir tout vu – une sur-réaction des maires et des polices municipales dans différentes villes en même temps - l’image s’est assombrie. L’Union Nationale des Journalistes et le Comité pour la Protection des Journalistes ont porté plainte pour une implication possible des autorités fédérales qui semblent viser les journalistes. Le New York Times raconte que « des flics New Yorkais ont arrêté, battu, rossé, jeté à terre et balancé une barrière sur des journalistes et des photographes » qui couvraient les manifestations. La police de NY a demandé à des journalistes de s’identifier : sur ce, la police les a emmenés, sous la menace d’une arrestation, loi à l’écart des évènements qu’ils couvraient. D’autres journalistes portant des laisser-passer ont été arrêtés et brutalisés par les policiers, et après avoir été informés – à tort – par la police qu’il était « illégal de prendre des photos du trottoir ».

A New York, un juge de la cour suprême de l’état et un membre du conseil municipal de la ville ont été tabassés ; à Berkley, Californie, un de nos plus grands poètes, Robert Hass, a été matraqué. L’image s’est assombrie encore lorsque Wonkette et Washingtonsblog.com ont révélé que la Maire d’Oakland a reconnu que le Department of Homeland Security était présent lors d’une vidéo-conférence à laquelle participaient 18 maires pour les conseiller sur « comment se débarrasser » des manifestations.

Pour un Européen, l’énormité de la chose pourrait passer inaperçue. Notre système de gouvernement interdit la création d’une force de police fédéralisée, et interdit un engagement fédéral ou militarisé pour le maintien de l’ordre au niveau municipal.

J’ai remarqué que les politiques et partisans de droite à la télé dans les émissions auxquelles j’ai participé étaient tous synchronisés contre OWS. Le journaliste Chris Hayes a rapporté un circulaire interne qui révèle que des lobbyists se bousculent pour un marché de 850.000 dollars destiné à calomnier le mouvement OWS. Une telle coordination de messages est impossible sans un contrôle au sommet. A l’évidence, il ne s’agissait pas d’une affaire de maires qui se seraient affolés, réagissant au coup par coup contre la pagaille créée dans leurs parcs. Au fur et à mesure que les pièces du puzzle s’assemblaient, est apparue l’image d’une coordination contre OWS, décidée au plus haut niveau du gouvernement.

Pourquoi une telle mobilisation contre ces gens désarmés et pas vraiment bien organisés ? Après tout, des manifestations contre la guerre en Irak, les rallyes du Tea Party, et d’autres ont eu lieu sans provoquer une telle répression. Est-ce vraiment un problème de camping ? A l’heure où j’écris ces lignes, deux cents jeunes, avec des sacs de couchage, des valises et des chaises pliantes, campent nuit et jour devant NBC sur le trottoir – sous l’oeil bienveillant d’un flic new yorkais – dans l’attente de tickets pour Saturday Night Live. Ce n’est donc pas un problème de camping. Je me demandais encore pourquoi ce mouvement s’était attiré une réaction fédérale aussi violente.

Du moins, jusqu’à ce que je découvre leurs revendications.

Les grands médias ont sans cesse répété que « OWS n’a pas de message ». Frustrée, je leur ai simplement posée la question via internet : « Que voulez-vous ? ». En un quart d’heure, j’ai reçu cent réponses. Elles m’ont vraiment ouvert les yeux.

Revendication numéro 1 : la séparation de l’argent et la politique. La mesure la plus souvent demandée était l’instauration d’une loi pour limiter les effets du jugement « Citizens United » qui permet d’injecter des sommes illimitées dans les campagnes électorales.

Revendication numéro 2 : une réforme du système bancaire pour empêcher les fraudes et les manipulations. La mesure la plus souvent demandée était la restauration de la loi Glass-Steagall, une loi de l’époque de la Grande Dépression qui fut abrogée par le Président Bill Clinton et qui établissait la séparation entre les banques d’investissement et les banques commerciales. Cette loi corrigerait les conditions qui ont provoqué la crise récente, en empêchant les banques d’investissement de prendre des risques inconsidérés et basées sur du vent et mettre ainsi en péril les banques commerciales.

Le Revendication numéro 3 était la plus révélatrice : la suppression d’une faille dans la loi qui permet aux Députés et Sénateurs de voter des lois concernant des entreprises basées à Delaware et dans lesquelles ils sont eux-mêmes actionnaires.

Lorsque j’ai vu cette liste – et surtout le 3ème point – mes yeux se sont ouverts. Il était évident que tous ces gens désarmés allaient se prendre une raclée.

La terrible conclusion qu’il faut retirer de la révélation que le Department of Homeland Security coordonne la répression violente est que le DHS n’agit pas de sa propre initiative. Le DHS ne peut pas dire, de son propre chef, « allez, on va se payer quelques hippies ». DHS obéit à une chaîne de commandement. D’abord, au Représentant de New York, Peter King, chef de la sous-commission de sécurité intérieure à la Chambre des Représentants, qui naturellement est influencé par les demandes et les intérêts de ses collègues au Congrès. Au dessus de lui, DHS répond directement au président (ça tombe bien : il se trouvait en Australie à ce moment-là).

En d’autres termes, pour voir le DHS en conférence avec des maires, il a fallu la supervision du Congrès et la bénédiction de la Maison Blanche qui ont demandé au DHS d’autoriser les maires à faire appel à ses forces de police – équipées et formées avec des millions de dollars du DHS – pour mener une guerre contre des citoyens pacifiques.

Ce n’est pas tout : pourquoi diable le Congrès conseillerait-il le recours à la violence paramilitaire contre ses propres électeurs ? La réponse est évidente : aux cours des dernières années, les membres du Congrès sont entrés dans le système comme membres des classes moyennes (ou moyennes supérieures) et sortent pleins aux as, comme nous l’avons vu dans le « scandale » du candidat à la présidence Newt Gingrich qui a touché 1,8 millions de dollars pour quelques heures de « conseils » auprès d’intérêts particuliers. Les tarifs exorbitants des députés qui se transforment en lobbyistes sont bien connus, mais le fait que des élus au Congrès font passer des lois favorables à leurs propres entreprises l’est moins – et si les dossiers devaient s’ouvrir, ils révéleraient sans aucun doute une corruption d’une ampleur comparable à celle de Wall Street. En fait, nous savons déjà que les élus du Congrès profitent massivement des informations confidentielles en leur possession relatives aux entreprises sur lesquelles ils doivent légiférer – ce qui constitue une forme de délit d’initié qui a envoyé Martha Stewart en prison.

Puisque le mouvement OWS est massivement surveillé et infiltré, il est probable que DHS et les indics de la police savent déjà, avant même le mouvement lui-même, ce qui est en train d’émerger du mouvement et à quoi ressemblera son programme. Si nous n’en sommes plus qu’à deux doigts d’un mouvement organisé électoralement et qui aurait comme programme la suppression des privilèges des lobbyistes proches du pouvoir législatif, la réforme du système bancaire et, plus important encore, l’ouverture des dossiers d’un système qui a permis aux membres du Congrès de tirer un profit personnel – et à très grande échelle – de leurs propres lois... alors oui, il est temps d’envoyer les troupes.

Alors, une fois les pièces du puzzle rassemblées et bien assimilées, les évènements de cette semaine deviennent la première bataille d’une guerre civile ; une guerre civile où jusqu’à présent une seule des parties en présence à choisi la violence. C’est une bataille où les membres du Congrès, avec la complicité du Président des Etats-Unis, ont déployé une violence organisée contre ceux qu’ils sont censés représenter. Le mouvement Occupy a touché la corde sensible : les intérêts personnels des élus. Si le mouvement est pour le moment encore inconscient des implications de son action, ceux qui sont menacés ne le sont pas.

Malheureusement, les Américains cette semaine se sont rapprochés un peu plus de leurs frères et sœurs de la Place Tahrir. Comme pour ces derniers, nos propres dirigeants, qui voient leur intérêts personnels menacés par les revendications de transparence et de réforme, mènent désormais une guerre contre nous.

Naomi Wolf

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cifamerica/2011/nov/...

EN SYRIE AVEC UN GROUPE DE JOURNALISTES

Comité Valmy | 26 novembre 2011

Pour contribuer à rétablir la vérité sur la situation dans ce pays,
LE PRÉSIDENT DU COMITE VALMY EN SYRIE AVEC UN GROUPE DE JOURNALISTES


Depuis près d’une semaine, Claude Beaulieu, Président du Comité Valmy, est présent en Syrie où il accompagne le premier groupe de journalistes auxquels le gouvernement syrien a donné la possibilité de venir voir, sur place, la réalité de la situation dans ce pays. Ce voyage est organisé à l’initiative du Centre catholique, des Chrétiens de la Méditerranée, et tout particulièrement grâce au dynamisme de Mère Agnès-Mariam de la Croix, Higoumène du Monastère Saint Jacques l’Intercis à Qâra, en Syrie.

L’objectif de cette initiative, qui répond à un réel besoin d’information honnête, est de contribuer à faire connaître la vérité sur ce qui se passe en Syrie.

Ce voyage est l’occasion d’observer sur place la réalité de la situation et de faire de nombreuses rencontres avec des acteurs et des témoins du combat que mène le peuple syrien contre l’asservissement et pour la survie de la nation. Le premier moment fort que Claude Beaulieu nous a indiqué téléphoniquement concerne la visite du Patriarche Cyrille de Moscou au Partiarcat d’Antioche et sa réception à la Cathédrale de la Dormition à Damas, à laquelle il a assisté. Cette visite, certainement organisée avec l’accord du gouvernement russe, dépasse donc la seule solidarité des chrétiens russes envers les chrétiens d’Orient et présente un caractère géopolitique particulièrement positif.

Aujourd’hui, Claude Beaulieu, depuis la Syrie, apporte un premier témoignage à propos de ce qu’il a constaté sur place. Le texte ci-dessous est réalisé à partir d’une conversation téléphonique.






1) Le scandale de la propagande guerrière véhiculée par les médias occidentaux

A écouter les médias occidentaux, l’armée et la police syrienne seraient devenues des hordes sanguinaires qui massacreraient le peuple. La réalité ridiculise ce grossier mensonge, dont le seul but est de justifier une invasion guerrière.

Sur le terrain, nous constatons que les meurtres et les attentats, mensongèrement attribués par les médias français aux forces syriennes, sont en réalité le seul fait de groupes armés étrangers ou de salafistes syriens extrêmement minoritaires, qui tirent sur la foule et sur les militaires pour créer le chaos et pour fabriquer des images trompeuses, à destination des médias complices des va-t-en-guerre occidentaux.

Les policiers et les militaires syriens doivent à la fois déjouer ces pièges, protéger les populations et mettre hors d’état de nuire ces criminels fauteurs de guerre.

Cette mission est d’autant plus difficile que les groupes en question sont soutenus, armés et financés par les USA et l’Union européenne, comme l’a avoué leur chef, Khaddam. [1]

2) La force de l’union nationale syrienne contre l’éventualité d’une agression occidentale

Il ne se passe pas un jour sans manifestations de masse [2], au cours desquelles les Syriens se retrouvent dans les rues pour exprimer leur volonté unitaire patriotique et pour soutenir le gouvernement légitime.

Cette vigueur à défendre la souveraineté de la nation syrienne transcende les clivages politiques et confessionnels ; elle soude le peuple, fermement décidé à résoudre par lui-même ses difficultés en restant maître de son destin et en respectant la légalité.

Malgré les crimes et les exactions commis par les terroristes, la manipulation visant à exacerber les clivages confessionnels échoue : dans une clairvoyance exemplaire, le peuple syrien se rassemble et démontre encore une fois l’invincibilité et la cohérence de l’attachement à la souveraineté populaire, de la laïcité et de la prééminence du Droit.

Les opposants syriens préfèrent majoritairement éviter à leur pays une intervention étrangère plutôt que rallier le Conseil national syrien, dans lequel ne se regroupent en définitive que des aventuriers instrumentalisés par les ennemis de la Syrie et des extrémistes salafistes qui envisagent de transformer le pays en place forte d’Al Qaïda.

Dans ces conditions, le Président du Comité Valmy appelle les Français à la plus grande vigilance sur les informations et reportages diffusés par les médias français, déjà coupables d’avoir travesti la réalité pour rendre possible les agressions sur la Côte d’Ivoire et la Libye.

Il souhaite, sans illusion, que la diplomatie française prenne conscience que son asservissement aux Etats-Unis - qui construisent une manipulation de plus pour justifier une agression guerrière de plus - n’est pas une erreur, mais une faute.

De par l’Histoire, la France a une responsabilité particulière envers les peuples syriens et libanais. Tout gouvernement qui l’oublierait ne serait pas un authentique gouvernement français mais un pitoyable exécutant états-unien.

Que la faute libyenne ne soit pas répétée en Syrie !



Toujours plus de violences policIères à La Défense

OCCUPONS LA DÉFENSE | 27 novembre 2011

Samedi 26 novembre – destruction du camp et toujours plus de violences policières


Communiqué de presse disponible ici: http://paris.reelledemocratie.com/node/781

Dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 novembre 2011, vers 3 heures du matin, les forces de l’ordre ont à nouveau frappé les Indignés de la Défense.

Alors que le camp dormait paisiblement, de nombreux policiers (dont certains en civil) ont pénétré sur le camp, frappant plusieurs personnes sans réelle raison puis ont détruit le dôme qui avait été fabriqué la veille.

Un des indignés présent a été blessé. Bilan : un bras cassé.

Les personnes sur place notent que les forces de l’ordre sont intervenues de manière beaucoup plus violente que lors de leurs précédentes interventions

Le dôme, avant le passage des forces de l'ordre

Le campement au matin, après l'intervention policière...

Une deuxième action juridique est donc lancée. Si vous étiez sur place, merci de contacter l’équipe juridique pour témoigner des événements.
VIOLENCES DE LA NUIT DU SAM 26/11
VICTIMES, TEMOINS : IL FAUT AGIR
EXPLICATIONS ET PROCEDURES sur http://paris.reelledemocratie.com/node/709
Contact LEGAL TEAM : 06 68 97 37 15
Sur le terrain : Mathilde, Renaud, Pierre, Sophie.
Communiqué de presse disponible ici: http://paris.reelledemocratie.com/node/781

Les saigneurs de la République

Par Olivier Cabanel | centpapiers | 25 novembre 2011

 

Alors que le petit peuple est appelé à se serrer la ceinture, le train de vie du chef de l’état n’a quasi pas changé, et c’est sans compter qu’il dépense depuis plus de 4 ans, encourageant peut être d’autres débordements administratifs.

Déjà, en 2009, c’est par le biais de la presse étrangère que nous avions appris les détails de ce gaspillage éhonté, puisqu’en France, les journalistes semblent bien empruntés pour évoquer ce scandale qui perdure.

L’article du « Bild » était pourtant accablant :

Sous le titre : « en France, Sarközy vit comme un Dieu », le détail des excès présidentiel était étalé sans complexes. image

280 000 € de fleurissement annuels pour 300 m2 de salon Elyséen, 61 véhicules de fonction, 2 avions airbus, 6 jet « Falcon », plus de 1000 employés, dont 44 chauffeurs et 87 cuisiniers, pour une cuisine qui est ouverte 24h sur 24. lien

En 2011, ça continue quasi comme avant et l’aménagement, pour 75 000 euros, de l’intérieur de l’Airbus présidentiel ne semble pas avoir ému grand monde, pas plus que l’achat de deux moteurs neuf de l’avion, montant de la dépense totale à 259,5 millions, ainsi que nous l’a appris en juillet dernier Arnaud Leparmentier, journaliste au « Monde », dans son blog. lien

Sur ce lien, une photo de la cabine présidentielle.

On peut aussi douter de la pertinence de cet achat, car s’il faut en croire Didier Migaud, premier président de la Cour des Comptes, « le prix payé par l’Etat a donc correspondu à la limite haute d’une fourchette applicable à un avion plus récent de 5 ans et ayant trois fois moins d’heures de vol ».

Sans langue de bois, on peut traduire cette déclaration par : l’état a quasiment payé « le vieux au prix du neuf », ce qui permet de douter des qualités de gestionnaire de notre autocrate président.

Grâce au « Daily Mail », nous apprenons aussi que le fameux avion est pourvu d’équipements luxueux ou originaux, comme par exemple ce fauteuil présidentiel équipé d’un dispositif qui permet à « sa majesté » de regarder de haut ceux qui l’accompagnent.

L’article du journal anglais fourmille d’informations croustillantes, comme par exemple l’argent du contribuable utilisé pour régler une amende pour retard de paiement sur les factures d’électricité et de gaz. lien

Lors du G20 récent à Cannes, notre dépensier président lance une nouvelle polémique : il aurait, d’après la presse suisse, dépensé 46 000 francs (suisses) pour une jolie suite présidentielle à l’hôtel « Majestic », faisant gagner à notre président la palme du plus dépensier participant au G20, (lien) ce qu’a rapidement démenti Franck Louvrier, conseiller en communication de l’Elysée, affirmant que la suite présidentielle n’aurait couté que 3500 euros. lien

Qui faut-il croire ? D’autant que la presse anglaise, fière à juste titre d’avoir un premier ministre qui s’est contenté d’une chambre à 2300 euros au « Marriot », n’en démord pas pour autant. lien

Les curieux pourront s’offrir, à défaut d’y dormir un jour, une visite guidée de la suite à 38 000 euros la nuit sur cette vidéo.

Le plus grave, c’est que ce comportement dépensier semble encourager les dérapages dans d’autres administrations.

Une modeste bureaucrate du Conseil Régional d’Aquitaine a dénoncé dans un livre, (« absolument dé-bor-dée », Albin Michel éditeur- mars 2010) sous le pseudo de Zoé Shepard, les disfonctionnements de son administration, ce qui lui a valu une mise à pied de 2 ans, décidée par le président de la Région, Alain Rousset.

Elle avait pourtant évité d’en donner le nom tout comme celui de ses collègues incriminés.

Mais Alain Rousset en a jugé autrement, et sur l’accusation de « manquement à l’obligation de réserve », il a sanctionné la pamphlétaire. lien

De son vrai nom, Aurélie Boullet, ce boulet qu’elle a lancé n’en finit pas de faire des vagues.

De plus, elle avait volontairement autocensuré les anecdotes les plus dévastatrices pour ses collègues et pour l’administration en général.

Elle avait situé l’action dans une mairie de la région parisienne, et malgré tous les efforts qu’elle avait fait pour camoufler sa propre identité et celle de ces collègues, ceux-ci se sont finalement reconnus sous les sobriquets de « Simplet », « Coconne » ou « The Boss », d’autant que l’un de ses anciens camarades l’avait finalement reconnue. lien

Les portraits étaient cruels, évoquant des « cerveaux atrophiés, trou noirs cérébraux, gang de chiottards…etc. » lien

Aurélie avait saisi en vain le tribunal afin d’annuler la sanction et finalement les 2 ans d’exclusion demandés par le Conseil Régional se sont transformés en 10 mois, dont 6 avec sursis, et d’après les services de com. de l’administration, « son retour a été géré de façon normale ». lien

Ce qui est moins sur, car malgré les 220 000 exemplaires vendus, il est probable que ceux qui ont été montrés du doigt dans son livre ne lui aient pas réservé le meilleur accueil, même si on l’a installée dans un autre service. lien

S’il faut en croire l’observatoire des subventions, le mauvais exemple venu d’en haut en incite d’autres d’en faire autant, et l’on pourrait s’inquiéter à juste titre des frais de réception de la Mairie de Montpellier (lien) de celle d’Angers (lien), de la communauté d’agglomération Sud-Est toulousain (lien), et ailleurs. lien

Mais les plus gros gâchis sont ailleurs : La baisse d’impôts sur les dividendes, c’est 1 milliard d’euros que les français devront payer, le bouclier fiscal, c’est 3,5 milliards supplémentaires, la baisse d’impôt sur la fortune, ajoute 1,8 milliard d’euros à l’addition, la baisse des droits sur les grosses successions, ce sont 2 milliards d’euros de plus, la baisse de la fiscalité des entreprises correspond à 20 milliards d’euros qui seront donc à la charge des Français, Coppé a inventé sa niche « baisse d’impôts pour les grands groupes mondialisés », qui nous coute 22 milliards d’euros, bref tous ces cadeaux que les français devront payer font au total 75 milliards d’euros. lien

Ajoutons-y les 190 milliards de gaspillages en tout genre décrit dans cet article, ce sont 265 milliards, qui auraient pu être économisés, ce qui fait mauvais genre alors que la dette de la France a augmenté de 500 milliards en 5 ans et qu’elle vient de dépasser les 1700 milliards lien.

Comme le dit Ségolène Royal dans une interview récente sur l’antenne « d’ Europe 1 » le 23 novembre 2011, depuis que Sarközi est au pouvoir, la France hérite de 1000 chômeurs de plus chaque jour. lien (curseur à 3’20)

Rappelons le discours enflammé du fraîchement élu président de la république « économe et citoyen » prononcé le 19 septembre 2007 à l’Institut Régional d’Administration :

« Le service public a un devoir d’efficacité, il a le devoir de rendre le meilleur service possible sans gaspiller l’argent public qui est l’argent des français. Ne plus gaspiller un seul euro d’argent public, tel doit être l’idéal vers lequel nous devons tendre (…) nous n’avons plus les moyens de gaspiller, nous avons trop de déficits, nous avons trop de dettes (…) le moindre respect que l’on doit aux travailleurs, c’est de ne pas laisser détourner de ce qu’ils ont si durement gagné ». lien

Alors bien sur s’il est vrai que les administrations régionales sont souvent montré du doigt, par exemple pour leur service communication, c’est sans commune mesure avec le budget com. de l’Elysée qui a sauté de 6 millions d’euros sous Chirac à 27 millions aujourd’hui.

Quant aux efforts consentis pour faire quelques économies, ils pourraient faire sourire, comme la suppression de 14 commissions du « comité Théodule », puisqu’il en reste encore 683.

La « commission de déontologie », par exemple, a couté en 3 ans, 940 000 €, occupant 14 membres pour une seule réunion mensuelle. lien

Par contre, on apprend que la « commission consultative des installations nucléaires de base » à zéro membres, budget zéro, n’a jamais siégé, et que la « commission d’examen du plan national d’affectation des quotas d’émission de gaz à effet de serre » comporte 35 membres qui n’ont siégé que 2 fois en 2006.

Et quid de l’attitude peu citoyenne de nos députés, dont l’on peut constater le peu d’assiduité sur les bancs de l’assemblée. lien

N’oublions pas les 15 000 hauts fonctionnaires privilégiés dont on voudrait comprendre la justification des 6000 à 45 000 euros mensuels qu’ils reçoivent. lien

Didier Migaud a noté avec un certain humour « l’importance des progrès accomplis », constatant que le budget de fonctionnement de la présidence est passé de 112,7 millions pour 2010, contre 112,85 pour 2009. lien

D’autant qu’il apparait qu’astucieusement, l’Elysée a reporté des dépenses qui lui incombent sur le compte du budget du premier ministre.

La députée Delphine Batho en remet une couche dénonçant les rémunérations trop chèrement payées des conseillers présidentiels, lesquels sont « les artisans de la campagne 2012 » et signalant que leurs émoluments « devraient être payés sur les comptes de campagne, et non pas par le contribuable à travers le budget de l’Elysée ». lien

Comme dit mon vieil ami africain : « qui prend le coq pour guide aura un poulailler pour refuge ».

Taxe sur les semences : l’UMP contre les paysans

Par Sophie Chapelle | Basta! | 28 novembre 2011


La colère gronde devant l’Assemblée nationale ce 28 novembre alors qu’est examinée une proposition de loi qui remet en cause le droit de ressemer librement sa propre récolte. Que s’est-il dit au Sénat lors de son examen en juin dernier ? Quels positionnements ont adopté les différents groupes politiques ? Décryptage.
 
 

« Ce projet de loi remet en cause des siècles d’émancipation paysanne construite sur la contestation du servage ». La colère des membres de la Confédération paysanne ne faiblit pas alors que s’ouvre l’examen du projet de loi sur les « obtentions végétales » à l’Assemblée nationale ce 28 novembre. Une véritable dîme sur les semences (lire notre précédent article) qui entrave le droit de ressemer librement et rend les paysans captifs des multinationales semencières. Derrière cette proposition de loi, on trouve le sénateur UMP Christian Demuynck. Comment ce proche de Nicolas Sarkozy justifie t-il ce projet de loi ?

Ce texte n’aurait pas d’autres buts que de « relancer la recherche agricole en France » et « lui en donner les moyens » par le paiement de droits sur les semences protégées. C’est en tout cas l’argument qu’a avancé Christian Demuynck devant les sénateurs, le 29 juin dernier. Le texte propose ainsi d’autoriser la semence de ferme [1] pour seulement 21 espèces – en échange du paiement d’une « Contribution volontaire obligatoire » (CVO) à l’obtenteur qui a sélectionné la variété – et d’interdire cette pratique pour toutes les autres espèces. « Tous les exploitants du monde agricole » doivent contribuer à l’effort de financement de l’innovation, via la CVO, assurent les sénateurs UMP.

Dans les travées du groupe CRC (communiste), on s’interroge sur l’augmentation de la contribution de 30 à 50 % réclamée par l’Union française des semenciers (UFS). « Une telle augmentation reviendrait à instaurer une distorsion de concurrence et à interdire, de fait, les semences de ferme », argue la sénatrice communiste Annie David. Cette augmentation entérinerait surtout l’influence de l’UFS – qui regroupe Bayer, Limagrain, Monsanto, Pioneer, Vilmorin ou Syngenta – dans l’orientation de la politique agricole française.

Les écologistes, une « bande d’obscurantistes »

Une taxe, pourquoi pas, mais pour quelle recherche ? Le radical de gauche Yvon Collin dénonce une recherche qui « se dirige vers le verrouillage des semences par la sélection de variétés hybrides (non reproductibles, ndlr) ou modifiées ». Et questionne : « Va-t-on assister au contrôle de la totalité des semences et de la nourriture par une poignée de multinationales ? ». En attendant, la recherche agricole publique est à la diète. La révision générale des politiques publiques (RGPP), portée par la droite depuis 2007, s’est traduite pour l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) par le gel de 40 postes en 2011 et la baisse très importante du budget alloué aux départements de recherche. Difficile dans ce cadre de croire que le parti présidentiel tient vraiment à une recherche publique.

Pour le Ministre de l’agriculture Bruno Le Maire, soutenir cette loi c’est se placer « dans le camp du progrès, d’une agriculture moderne ». Les arguments sont connus : seul le « progrès génétique » et « la productivité » pourront nourrir 9 milliards d’individus, explique Rémy Pointereau (sénateur UMP du Cher), alors que chacun sait que le problème n’est pas dans la production agricole, excédentaire, mais dans sa répartition.

Une « redoutable appropriation des semences »

La recherche qui s’annonce, au vu des variétés de plantes déjà autorisées, ressemble davantage à du clonage qu’à une défense de la biodiversité, accuse la sénatrice écologiste Marie-Christine Blandin. La sélection et la multiplication d’une partie de la récolte à la ferme est le seul moyen de pouvoir adapter les variétés à la diversité des terroirs et aux variations climatiques. « Faut-il rappeler que la totalité des semences industrielles sont issues des variétés sélectionnées par des centaines de générations de paysans sans que la moindre rémunération leur ait jamais été versée ? », lance Yvon Collin. Une piqûre de rappel qui n’obtiendra nul écho dans les travées de la majorité.

La proposition de loi viserait à adapter le droit français à une convention internationale ratifiée par la France en 2006 [2]. Un argument qui laisse les opposants à la loi sceptiques. Cette « adaptation » de la loi française arrive justement au moment où la Commission Européenne procède à une évaluation de la réglementation sur la protection des obtentions végétales. Le Parlement français va-t-il voter une nouvelle loi qui peut se retrouver obsolète dans quelques semaines ?

Cette loi risque également de violer des engagements internationaux, comme le souligne le communiste Gérard Le Cam. La France a ratifié la Convention sur la diversité biologique ainsi que le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture, des textes qui garantissent les droits des agriculteurs dans l’accès facilité aux ressources.

La brevetabilité du vivant en jeu

Cette marche forcée vers la privatisation des semences au profit de grands intérêts économiques a surtout pour objectif de conforter le certificat d’obtention végétale (COV). Ce système de propriété, que l’UMP défend âprement, se veut « plus ouvert » que le brevet de propriété intellectuelle. Celui-ci interdit toute libre utilisation des semences référencées, y compris dans un cadre expérimental. Problème : le certificat d’obtention végétale peut très bien coexister avec un brevet sur une même variété. L’un protège une variété, l’autre protège des gènes. « Le cumul des deux protections (...) est un outil d’appropriation des semences bien plus redoutable que le brevet », alerte le communiste Gérard Le Cam.

Les obtenteurs qui développent de nouvelles variétés contenant un gène breveté sont sous la menace permanente de devoir payer des droits de licence, ou d’accepter que leur entreprise soit absorbée, pour pouvoir les commercialiser. « Ce risque est facteur de limitation de l’innovation, explique Gérard Le Cam. Cela favorise une concentration excessive de l’industrie semencière entre les mains des propriétaires des plus gros portefeuilles de brevets ». Quant aux agriculteurs, ils ne savent pas si une éventuelle contamination par des gènes brevetés leur interdit ou non la réutilisation de leur récolte comme semence. Alors que de plus en plus de brevets déposés sur les informations génétiques se multiplient, aucune information n’existe sur les variétés qu’ils protègent.

Défendre le patrimoine de l’Humanité

Si l’information des agriculteurs et des obtenteurs sur les variétés échangées est un préalable, elle n’est pas suffisante. « Il a fallu 3,5 milliards d’années d’interactions du vivant pour engendrer la diversité génétique, rappelle l’écologiste Marie-Christine Blandin. Puis, les sociétés paysannes ont identifié, sélectionné, transporté, échangé durant quelques dizaines de milliers d’années. Ce bien commun naturel et culturel ne saurait être confisqué : il est patrimoine le l’humanité. Le « découvreur » d’une variété ne saurait se l’accaparer ! ».

Dans le cadre de l’accord interprofessionnel autour du blé tendre, les agriculteurs paient une contribution volontaire obligatoire seulement en cas de commercialisation de leurs semences. Ceux qui ne faisaient que la replanter pour nourrir leurs animaux en étaient exonérés. Avec cette proposition de loi, c’en est fini. Tout le monde paiera. le sénateur Daniel Raoul, du groupe socialiste, a ainsi défendu un amendement tendant à exonérer du paiement de cette indemnité les agriculteurs qui produisent des semences de ferme dans un but d’autoconsommation.

Un amendement irrecevable pour le rapporteur UMP Rémy Pointreau qui explique : « Si une variété d’aliment permet d’améliorer la qualité du lait ou de la viande, ou encore d’engraisser plus vite les animaux, pourquoi l’obtenteur ayant permis une telle avancée ne recevrait-il pas une rémunération pour son travail ? ». Résultat, le projet de loi pourrait aussi concerner les agriculteurs qui sélectionnent ou conservent leurs propres semences, les jardiniers amateurs qui produisent pour leur auto consommation et leur plaisir, et ceux qui leurs vendent graines et semences.

Un seul amendement à l’Assemblée nationale changerait la donne

L’amendement relatif à l’autoconsommation n’ayant pas été adopté, les sénateurs socialistes se sont abstenus lors du vote final. Aux côtés des écologistes, le groupe communiste a voté contre le texte, estimant ne pas pouvoir répondre à ces questions « tant que ne sera pas inscrite dans la loi la reconnaissance positive des droits des agriculteurs sur leurs semences ». En revanche, le groupe RDSE – qui rassemble le parti radical de gauche et divers gauche - et l’Union centriste se sont prononcés en faveur de la proposition de loi. Les organisations syndicales et associatives présentes devant l’Assemblée nationale ce 28 novembre espèrent l’adoption d’un amendement. Un seul suffit pour que la proposition retourne au Sénat, qui a changé de majorité depuis juin dernier.

Sophie Chapelle

Notes

[1] Les semences de ferme sont des graines récoltées à partir de variétés sélectionnées par l’industrie semencière, mais multipliées par l’agriculteur lui-même par souci d’économie et d’indépendance.

[2] Convention internationale pour la protection des obtentions végétales de 1991, dite "convention UPOV".
 

Durban : emballement climatique et inaction gouvernementale

ATTAC |

Durban : face à l'emballement climatique et l'inaction gouvernementale, occupy COP-17 !



Le paysage des négociations climatiques qui s’ouvrent à Durban (28 novembre-9 décembre 2011) est sombre. Les pays industriels ne respectent pas les modestes engagements pris à Kyoto en 1997. Les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 6 % en 2010 par rapport à 2009, dépassant le pire des scénarios du GIEC. Les transferts financiers visant à contenir le changement climatique et à s’adapter sont toujours attendus et aucun accord n’a été trouvé pour l'organisation du Fonds vert pour le climat. Le seul traité international dont nous disposons, le protocole de Kyoto, est vidé de sa substance : aucun engagement contraignant de réductions d'émissions n'est pris pour l'après-2012. L’échéance pour un nouveau traité est repoussée au mieux à 2020, au moment où le GIEC fait le lien entre le changement climatique et les événements météorologiques extrêmes, inondations, ouragans, sécheresse, orages violents !

L’heure est à l’unilatéralisme, rebaptisé stratégie « bottom up ». D'un régime contraignant avec objectif global de réduction des émissions, on passe à l’enregistrement de déclarations d’intention unilatérales. Les pays industriels, États-Unis en tête, refusent un accord politique visant à réduire de manière contraignante les émissions de gaz à effet de serre.

À Durban, les techniciens de la finance climatique vont tenter de mettre en place le Fonds vert et attirer les capitaux privés sous le haut patronage de la Banque mondiale, avancer sur la transformation des forêts en produits financiers (programme REDD+) et sur l’inclusion des sols dans les mécanismes financiers d’attribution des droits à polluer, préserver les marchés du carbone et autres « mécanismes de flexibilité » du protocole de Kyoto. Place donc aux « expert s», pour des arrangements sans traité international, sans ratification des parlements nationaux. Pour eux, le changement climatique n’est pas l’affaire des peuples !

ATTAC et AITEC seront présentes à Durban avec les mouvements sociaux africains et sud-africains, avec le mouvement pour la justice climatique, pour construire des alternatives locales et globales au modèle productiviste responsable de la crise climatique. Pour pérenniser ces résistances et les expériences locales, nous avons besoin d’un traité international, qui leur donne un cadre, qui soit discuté de manière multilatérale, qui permette un débat démocratique et rende la parole aux peuples.

Avec les mouvements sociaux présents à Durban nous disons : Occupy COP17 !

Paris, le 24 novembre 2011

Note de paco: Lire aussi:   
Occupy COP17: A Durban, les négociations climat s'ouvrent sur l'indignation

26 novembre 2011

Fukushima : la pire calamité atomique qui puisse être consume l’humanité en silence.

Par Décroissance ou barbarie |



De Tokyo à Los Angeles les particules radioactives de Fukushima polluent ainsi désormais les eaux du Pacifique. Plusieurs milliards de Sievert éparpillés en plusieurs milliards de milliards de particules nourrissent maintenant poissons et planctons. Les jardins de la mer produisent des aliments toxiques. Des hommes mourront de s’en nourrir. La population marine connaitra sa seconde grande extinction « anthropique » après celle des essais atomiques (voir Sternglass). Les cimetières marins enfleront à nouveau inexorablement. La pire calamité atomique qui puisse être consume l’humanité en silence.

http://aipri.blogspot.com/2011/11/le-cesium-amer-de-fukushima.html



"Je travaille dans un hôpital d'Ibaraki. Il y a eu des patients avec des saignements de nez perpétuels en avril. Il y en a eu sans raison avec de la diarrhée et de la fièvre en juillet. Maintenant même les membres du personnel de l'hôpital souffrent de diarrhée sans raison...Ça commence à craindre." 
Tweet d'un habitant de Fukushima : "Mon ami vit à Iwakashi. Il vient finalement de commencer à avoir de l'hématurie (sang dans les urines, NdT). Mes petits enfants ont des saignements de nez. Ils ne peuvent évacuer parce qu'ils n'ont pas assez d'argent...





http://fukushima.over-blog.fr/article-les-effets-de-la-catastrophe-de-fukushima-sur-la-sante-89854801.html




Nucléaire, Denis Baupin : le discours de Sarkozy est une escroquerie intellectuelle

DANIELLE MITTERRAND : "La démocratie n’existe ni aux USA, ni en France".



hcalvospina | vendredi 28 octobre 2005
Truks en vrak | mardi 22 novembre 2011



Ce qui suit est un extrait de l’entrevue à Mme. Danielle Mitterrand, veuve de l’ex-président français François Mitterrand, et présidente de l’association « France-Libertés ». À sa lecture il est facile de comprendre pourquoi, et ce depuis plusieurs années, les médias politiques et d’informations dans leur grande majorité ont essayé de l’ignorer.
Entretien réalisée par Hernando Calvo Ospina et publié en ligne le vendredi 28 octobre 2005

Hernando Calvo Ospina : Mme. Mitterrand, qu’a signifié pour vous l’arrivée au gouvernement de votre époux François ? Est-ce que les idéaux sociaux et politiques qu’il portait dès sa jeunesse ont été reconnus en ces moments-là ? 

Danielle Mitterrand : Mai 1981 fut un mois de grande activité, car c’était la préparation de l’arrivée au pouvoir de François. J’essayais d’apporter tout ce qu’il y a de meilleur en moi, pour que ces rêves d’avoir une société socialiste, quoique à l’européenne, deviennent réalité. Mais bien vite j’ai commencé à voir que cette France juste et équitable ne pouvait pas s’établir. Alors je lui demandais à François : Pourquoi maintenant que tu en as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais offert ? Il me répondait qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir.

J’appris ainsi que d’être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J’ai vécu l’expérience directement durant 14 ans. Même s’il essayait d’éviter le côté le plus négatif du capitalisme, les rêves ont commencé à se briser très rapidement.

HCO : Vous n’avez pas assumé le rôle de « première dame » comme l’« exige » la tradition protocolaire. Était-ce un simple caprice ? Ou à cause de convictions politiques ?

DM : Je n’ai pas voulu être une « première dame » comme toutes les autres, et en conséquence j’ai refusé le protocole qu’on a voulu m’imposer. J’étais l’épouse du chef de l’État, d’un homme que j’aimais, mais j’étais aussi libre d’avoir mes propres convictions. Je n’allais pas accepter d’être la simple image de la femme française typique, représentative d’un secteur social ; de sourire devant les caméras et les personnalités ; ou de servir d’ornement aux oeuvres de bénéfices. Avant tout, mon rôle devait consister en mon apport pour la construction d’une société juste.

J’ai eu mes critères et mes réflexions politiques, qui ont parfois fait choc avec celles de François. Si le gouvernement n’allait pas sur une bonne voie, je me devais de le dire, de le critiquer. Je sais que ce n’est pas le rôle d’une « première dame », car normalement elles ne sont qu’un instrument du pouvoir. Chaque fois que les autres ont voulu s’opposer à mes tâches militantes pour des « raisons d’État », pour n’être pas « diplomatiquement correctes », François m’a soutenue car il voyait qu’elles étaient justes. Il ne pouvait essayer de m’empêcher de faire ce qu’il disait défendre.

HCO : Mme. Mitterrand, vous avez fondé « France-Libertés », qui s’est distinguée par son engagement politique, social et humanitaire...

DM : Je l’ai fondée non pas dans l’intention d’en faire un contre-pouvoir, ni pour qu’elle serve au pouvoir. Je voulais prendre mes propres initiatives de solidarité politique, indépendantes des desseins du pouvoir, même si je m’attendais qu’avec le gouvernement socialiste nous aurions des objectifs proches. Mais je me suis vite rendu compte que ce ne serait pas facile. Est arrivé le moment où « France-Libertés » voulait aider des populations opprimées, mais le gouvernement socialiste français soutenait d’une manière ou d’une autre leurs bourreaux. Rapidement j’ai dû me poser la question : Jusqu’où peut-on aller sans provoquer d’ « incidents diplomatiques » ?
Dans l’Association s’est présenté pour nous un questionnement qui ne m’a pas du tout plu : sa présidente, épouse du président de la République, devait-elle respecter la sacro-sainte loi de non-ingérence dans les affaires de l’État, et se
priver ainsi de son droit à la solidarité politique et humanitaire, pour ne pas aller à contre-courant ? J’ai continué avec mon projet car je le croyais juste. Alors, même de vieux amis personnels et de lutte ont commencé à m’isoler. Tout le pouvoir et le poids de la diplomatie française ont tenté de m’écraser, usant de tout pour « réparer » mes actions et mes expressions politiques publiques.

J’ai constaté que je ne pouvais pas exercer ma fonction de manière exemplaire si je ne servais pas le marché, le capitalisme. Que mon devoir n’était pas de me préoccuper des torturés ni des affamés. Que si ceux qui étaient écrasés réclamaient l’éducation, la santé ou du travail, je devais tourner la tête de l’autre côté. J’étais la « première dame » et je devais aider, avec mes sourires dans les cocktails, à ce que les intérêts commerciaux de la France progressent. Quand j’écoutais au cours de mes visites aux ambassades les discours du « commercialement correct », où le tout-puissant marché était ce qu’il y avait de fondamental avant la solidarité entre les peuples, cela me donnait l’envie de partir en courant. Je ne pouvais croire que les « bulldozers » du marché pourraient arriver à recouvrir jusqu’aux fondements mêmes de notre culture. Et ils l’ont fait.

Pourquoi un gouvernement qui se disait de gauche ne pouvait-il pas répondre aux attentes qu’il avait créées durant tant d’années dans l’opposition, tant au niveau national qu’international ? Devait-on accepter les impératifs d’un système mercantile jusqu’à la soumission ?

HCO : Ce système du marché sauvage, du capitalisme, du néolibéralisme, a à sa tête les États-Unis. Est-ce que la France se soumettait aux desseins de ce pays ?

DM : Durant la célébration du Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme - juillet 1989 - j’ai pu voir jusqu’à quel point nous étions soumis aux État-Unis. L’État français n’invita pas plusieurs dignitaires, en particulier des Latino-Américains. Comme par hasard c’était ces pays-là que Washington voulait annuler, détruire. Et je ne vais pas citer de noms, mais c’est facile à vérifier. Je me rappelle avoir dit à François : « Jusqu’à quel point allons-nous être dépendants de l’humeur des États-Unis, ne pas pouvoir choisir nos invités pour nos festivités... ? » Ce fut une honte.

HCO : Mme. Mitterrand, si cela arrive en France, vous devez bien savoir ce qu’il en est sous d’autres latitudes...

DM : Je ne suis pas anti-États-Unis, mais je suis avec le peuple de ce pays et non pas avec l’Administration qui le gouverne. Celle qui se sert de ce peuple pour tirer des bénéfices qui servent à quelques uns. Durant toutes ces années de ma vie, spécialement après la Seconde Guerre mondiale, j’ai pu voir comment les États-Unis foulaient aux pieds la liberté et la démocratie des autres pays, particulièrement les pauvres. Ronald Reagan désigna comme terroriste le gouvernement sandiniste du Nicaragua, quand les terroristes, c’était son Administration et cette « contra » qu’il finançait.

J’étais au Nicaragua peu de temps avant qu’ils détruisent la révolution. Fonctionnait encore ce qui avait été atteint au niveau de l’éducation et de la santé, des choses qu’avait le peuple nicaraguayen pour la première fois de son histoire. Je me rappelle que Daniel Ortega me disait : « Daniella, dis à François qu’il ne peut pas nous laisser tomber ; que l’Europe démocratique ne peut pas nous abandonner... ». Je le lui ai dit en effet. Et il n’a pu rien faire : les États-Unis avaient décidé que les sandinistes devaient s’en aller avec leurs plans de développement social, pour faire place au néolibéralisme et au retour de la misère pour le peuple. Tandis que nous, nous étions en train de fêter le Bicentenaire de la Déclaration des droits de l’Homme !

HCO : Au cours de ces mêmes années Washington resserrait le blocus contre Cuba, essayant d’en finir avec la Révolution.

DM : Le Nicaragua ne pouvait compter que sur Cuba. Et Cuba aussi était en train d’être étranglée par l’embargo des États-Unis, qui continue jusqu’à présent et qui n’a eu d’autre but que celui d’en finir avec tout ce qu’il y a de merveilleux que cette Révolution a réalisé au niveau social : quelque chose d’unique en Amérique latine ; presque unique dans un pays du Tiers-Monde.

Quand en 1989 Cuba se trouvait déjà seule face à Washington, car elle n’avait plus l’appui de l’Union soviétique, je m’y suis rendue. À mon retour j’ai dit à François : « Tu ne peux pas laisser tomber Cuba. Cette Révolution a beaucoup fait pour le peuple. La France ne peut être soumise aux États-Unis. » Il me disait que la France toute seule ne pouvait pas, et qu’en Europe personne ne la suivrait. Que les États-Unis détenaient tout le pouvoir économique, politique et de la propagande, en plus des contre-révolutionnaires de Miami. Je continue aujourd’hui à dire que cette révolution a mérité de se maintenir, car elle l’a fait et c’est le peuple qui la maintient. Par conséquent les États-Unis n’ont pas pu la faire plier. Je connais Fidel depuis très longtemps. J’ai passé beaucoup d’heures à discuter avec lui, à nous dire ce que nous pensons. Je lui ai fait part de toutes les critiques que j’ai au niveau politique. Une fois je lui ai demandé pourquoi il me supportait. Et il m’a répondu : « Parce que tu es une amie sincère. Et les critiques des amis on les écoute parce qu’elles sont honnêtes, même si nous ne sommes pas d’accord sur certaines choses. »

La dernière fois qu’avec François nous avons reçu officiellement Fidel à Paris, en le saluant je l’ai embrassé publiquement sur la joue. Ce qu’ « interdit » le protocole et les « politiquement corrects ». Mais c’est que non seulement Fidel était notre ami, mais aussi qu’il est latin, et les Latins sont tendres. Ce fut un scandale que la presse me rappelle encore.

HCO : Que pense Mme Mitterrand du président vénézuélien Hugo Chávez et des projets nationaux qu’il essaie de lancer ?

DM
: Je n’ai jamais aimé les militaires. Mais Chávez, avant d’être un militaire est un homme, un être humain, et il est arrivé au pouvoir par la voie démocratique, et au point de gagner plusieurs élections. Chávez, au milieu de tous les obstacles que mettent sur son chemin les États-Unis et l’opposition dirigée par les riches, tente de faire avancer les programmes sociaux qu’il a offerts au peuple. Évidemment, le monde capitaliste lui est tombé dessus car il ne veut pas qu’un président du Tiers-Monde démontre que le peuple peut effectivement participer aux décisions de l’État et à son développement.

Que ce peuple, avec son leader, marche de l’avant pour ne plus être exploité, ni être analphabète et avoir droit à la santé. C’est ce qui se passe au Venezuela malgré tout. À cause de cela ils veulent éliminer, effacer Chávez. Peu leur importe si c’est le peuple qui l’a élu, et qui doit décider s’il doit le soutenir ou l’enlever de là. Il existe une espèce de rage de la grande majorité de la presse mondiale contre Cuba et le Venezuela. Et c’est parce que ces gouvernements veulent être indépendants, souverains, dignes. Cela dérange. N’oubliez pas que les médias sont dirigés par de puissants capitalistes.

HCO : Mme Mitterrand, est-ce que la France est un modèle de démocratie ? Est-ce une puissance mondiale ?

DM : En France on élit et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. Est-ce la démocratie quand après avoir voté nous n’ayons pas la possibilité d’avoir de l’influence sur les élus ? Je ne crois pas que dans aucun des pays qui se disent démocratiques, ceux-là qui croient avoir le droit d’imposer « leur » démocratie aux pays pauvres, il existe la démocratie, à commencer par les États-Unis et la France. La France est une démocratie ? Une puissance mondiale ?

Je le dis en tant que Française : Cela ne veut rien dire. Si on le dit pour les niveaux d’éducation, de la recherche ou la santé, c’est nul. Pour être capables d’aider la paix mondiale, les peuples opprimés ? Nul.

Hernando Calvo Ospina.

(Traduit par Abacar Fall)



hcalvospina.free | vendredi 28 octobre 2005


21 novembre 2011

Le mensonge nucléaire de Sarközy

Par Olivier Cabanel | AgoraVox | lundi 21 novembre 2011


 

L’annonce d’un accord entre le PS et EELV décrivant un scénario de sortie du nucléaire a semé le trouble chez AREVA et provoqué la colère du camp présidentiel, qui tombant dans les excès du catastrophisme, caricature les conséquences de ce scénario.

Tout est bon pour dénoncer cet accord, même le plus énorme mensonge, comme celui proféré par Sarközy qui a déclaré « vouloir abandonner cette énergie (…) signifie des dommages considérables à l’industrie française ». lien

Serait-il en train de passer sous silence l’énorme quantité d’emplois créés par le développement des énergies propres et renouvelables, ainsi que les emplois automatiquement provoqués par le démantèlement des centrales fermées ?

En effet, une centrale qui ferme, c’est un démantèlement qui commence, et cette opération génèrera de nombreux emplois pendant au moins 25 ans. lien

On se souvient que « Super  » Phénix, fermé fort heureusement en 1997, suite à des pannes à répétitions, est en démantèlement depuis 14 ans déjà, et que le chantier qui devrait durer au moins encore 10 ans procure un emploi à  550 travailleurs. lien

Proglio, le patron d’EDF, en a rajouté une couche dans le mensonge, en affirmant que la fermeture de la filière nucléaire provoquerait la perte d’un million d’emplois.

Il doit être fâché avec les chiffres car en France, seulement 110 000 personnes sont employées dans la filière nucléaire, dont la plus grande partie sont des cadres, qui peuvent tout à fait être « recyclés » dans d’autres secteurs.
Si l’on veut comparer avec l’Allemagne, elle avait 40 000 emplois dans le nucléaire, et son secteur « énergies propres » procure un emploi à 370 000 personnes.
Décidemment, que ce soit à EDF ou chez Areva, on est fâchés avec les chiffres.
L’EPR de Finlande devait couter 3 milliards d’Euros, le résultat final sera de plus du double, payé par la France.

Il faut ajouter que dans notre beau pays, tout n’est pas pris en compte, et que, comme on l’a vu, le démantèlement des centrales est largement sous-estimé. (Facteur 10)

Celui de « Super » Phénix devait couter 900 millions d’Euros, il en coutera au moins 10 fois, voire 20 fois plus. lien

D’une manière générale, EDF estime le démantèlement d’une centrale nucléaire à 260 millions d’euros, et manifestement il faudra y rajouter un zéro.

Jamais à l’abri d’une outrance, Sarközy, pour faire peur aux français, leur annonce qu’à cause de l’abandon du nucléaire, les ménages devraient bientôt payer 67% de plus qu’aujourd’hui pour s’éclairer et se chauffer. lien

Ce qui est manipulateur, car, si l’on considère que, dans les solutions alternatives, figure une meilleure isolation des habitations, le budget des ménages s’en ressentirait avec bonheur, puisqu’un un logement bien isolé consomme beaucoup moins d’énergie.


Un programme ambitieux basé sur meilleure isolation des habitations et des entreprises relancerait les entreprises du bâtiment spécialisées dans l’isolation thermique.

On peut même aller plus loin avec la maison passive, voire même encore mieux le BEPO, leBâtiment à Energie Positive qui permet de diviser par 6 la consommation en éclairage, ramenant la consommation en chauffage de 50 KWh/m2 à 2 KWh/m2lien

On devine le résultat sur la facture.

Aujourd’hui EDF estime le cout moyen de production de KW/h électrique à 2,7 c€, le futur EPR fera déjà doubler ce prix.

Ajoutons pour faire bon poids que le nucléaire et le cancer sont liés, puisqu’une étude allemande réalisée par l’Office Fédéral de Protection contre les Radiations a constaté qu’il y avait un risque statistique nettement plus élevé de souffrir d’un cancer pour un enfant de moins de 4 ans résidant à proximité immédiate d’une centrale nucléaire. lien

Or soigner un cancer coute entre 3000 et 6000 € par mois par personne, alors qu’en France 1 personne sur 3 qui meurt l’est d’un cancer (lien) ce qui aurait couté aux hôpitaux près d’1 milliard d’euros en 2010 (lien) et 11 milliards à la Sécurité Sociale. lien

Enfin, le traitement des 1 153 000 m3 de déchets déjà produits fin 2007 n’est toujours pas résolu, et cela aura un prix. lien
Le site d’enfouissement de Bure à déjà couté plus de 35 milliards d’euros, et la solution n’est pas acceptable. lien

Aujourd’hui même les industriels le dénoncent : le nucléaire n’est pas rentable. lien

C’est le moment de dénoncer le piège qui a été tendu aux consommateurs : en les poussant au chauffage électrique, on justifie l’énergie nucléaire.

Alors qu’en choisissant d’autres sources énergétiques, comme la géothermie de grande profondeur, ou le méthane issu de l’activité animale, on peut produire des quantités d’eau chaude, cette eau chaude que l’énergie nucléaire gaspille honteusement, la renvoyant quasi systématiquement dans le cours des fleuves, au lieu de l’utiliser.

D’autre part, pour rattraper son retard sur le reste de l’Europe en matière d’énergies renouvelables, la France devra « mettre le paquet », et suivant les sources, cela pourrait permettre de recruter 200 000 emplois suivant les uns, (lien) voire plus suivant les autres.

En Allemagne en quelques années, les énergies propres et renouvelables ont crée 250 000 emplois, chiffre en augmentation continuelle, alors que malgré 50 ans d’investissements massifs, le nucléaire, comme on l’a vu, n'emploie que 110 000 personnes en France. lien

Et puis, il serait malhonnête d’oublier que pour le fameux chantier de l’EPR, les 2300 emplois actuels proviennent en grande partie de main d’œuvre étrangère. lien

D’autant que cet EPR souffre de nombreux défauts de conception. lien
Ajoutons qu’avec les 6 milliards d’euros que coutera au moins l’EPR, le nombre d’emplois pérennes créés en « énergies propres » dépasserait le chiffre de 20 000.

Un autre effet induit n’est pas négligeable, en favorisant la consommation sur place de l’énergie produite, on pourrait économiser théoriquement 120 MTEP (millions tonnes équivalent pétrole) puisque sur les 270 Mtep produits annuellement, seulement 150 arrivent chez le consommateur. lien

Dans un article récent, paru dans «  Challenges » Jérôme Lefilliâtre affirme que pour remplacer la totalité du parc nucléaire, il faudrait multiplier par 150 le nombre d’éoliennes, soit 20 000 éoliennes. lien

Mais n’est-ce pas réducteur de n’offrir comme alternative aux 19 centrales nucléaires françaises, que 20 000 éoliennes ? Sachant que 70% du potentiel hydroélectrique français est négligé, sachant aussi que les énergies propres et renouvelables ne se limitent pas aux seules éoliennes, et qu’elles ne représentent que 10,7% de l’électricité commercialisée par EDF.

Comme expliqué dans cet article, il est totalement réalisable de tourner rapidement la page nucléaire, sans pour autant se serrer la ceinture, ou retourner à la bougie et 84 % des français sont prêts à tourner la page. lien

Pourtant Sarközy menace « je ne laisserais pas dilapider l’héritage industriel et énergétique bâti ces 50 dernières années ». lien

Est-ce à dire que s’il perdait la présidentielle, il serait prêt a faire un coup d’état pour reprendre le pouvoir ?

Ou est-ce seulement l’une de ces menaces dont il est coutumier, et dont l’on sait qu’elles ne sont que des « coups de gueule » si l’on se souvient des menaces proférées depuis 4 ans sur les parachutes dorés et les paradis fiscaux ? lien

En tout cas aujourd’hui, la question de sortie du nucléaire n’est plus un tabou.

De la CGT, connue pour son attachement au nucléaire, à la CFDT, en passant par l’Unsa, tous sont favorables à une baisse plus ou moins importante de la part nucléaire en France. lien

Corinne Lepage a une phrase qui résume assez bien l’opinion publique actuelle : «  ce n’est pas sortir du nucléaire qui est suicidaire, mais s’entêter dans le nucléaire qui l’est  ».

Elle rappelle qu’EDF traîne les pieds pour sécuriser ses centrales, et que la mise aux normes va être beaucoup plus couteuse qu’elle l’affirme.

Elle affirme qu’il faudrait payer 400 milliards pour rester dans le nucléaire, et 460 milliards pour en sortir. lien

Benjamin Dessus, économiste et ingénieur, président de « Global Chance », s’exprimant dans les colonnes des « Echos » écrit qu’il est possible de sortir du nucléaire sans pour autant plonger dans le chaos. lien

Alors, faut-il s’exposer à un nouveau Fukushima, en France ou ailleurs, accepter la multiplication des cancers, continuer d’accumuler des tonnes de déchets nucléaires ingérables, continuer à être dépendant énergétiquement et à gâcher des fortunes ?

Ou alors faut-il lancer un vaste programme de créations d’emploi, permettre l’indépendance énergétique du pays, en se tournant enfin vers les énergies propres, et renouvelables, ne produisant pas, ou peu, de déchets ?

Comme dit mon vieil ami africain : « la gazelle qui a vu le lion court plus vite que celle qui ne l’a pas vu  ».

Merci à Corinne PY pour son aide précieuse.

L’image illustrant l’article provient de « fr.altermedia.info »

19 novembre 2011

Athènes, 17 novembre

par Basta | vendredi 18 novembre 2011

Athènes, 17 novembre : la photo du jour 

 

Athènes, 17 novembre 1973 : les étudiants de l’École Polytechnique déclenchent un soulèvement qui sera noyé dans le sang par les tanks de la junte militaire mais marquera la fin de cette junte et le retour à la "démocratie".

Athènes, 17 novembre 2011 : des milliers d'Athéniens qui n'ont pas la mémoire courte descendent dans la rue pour célébrer les héros de 1973 et appeler à la lutte.
 
 
1ère banderole de la Convergence de gauche pour le renversement (du système):
Mettez la drachme dans la galette des rois (sous-entendu: sortons de la zone Euro)
Bonne année 2011

2ème banderole des jeunes avocats :

Brisons le consensus du front noir (le nouveau gouvernement de Papademos et des fachos)
Pour une nouvelle génération de Polytechnique

16 novembre 2011

URGENT: De la construction à la résistance


English version bellow

Intervention musclée le 15/11/2011 à Occupons la Défense

Nous avons visité Occupy Amsterdam, nous leur avons raconté notre quotidien à La Défense, les violences policières tous les jours, la précarité du camp, l'interdiction de poser ne serait-ce qu'une tente... Ils n'y croyaient pas, nous demandant même si La Défense était bien en Europe. Nous avons suivi de près Occupy Wallstreet et leur expulsion ce matin, puis le revirement de situation après une décision de justice contre l'action de la Police new-yorkaise. Nous avons regardé Occupy LSX (Londres), nous avons vu Occupy Berlin... Partout des tentes, des camions, des espaces multimédias, des livestreams avec les autres lieux Occupés. 
 
Les CRS chargent et chargent encore !

Mais aujourd'hui, en France, nous voyons des occupations stratégiques totalement précarisées, que les interventions policières cherchent à montrer désorganisées et gérées par des squatteurs. La réalité est bien différente : depuis le premier jour de Occupons la Défense, à chaque fois que l'occupation se structure, qu'une tente est montée, qu'une bâche est tendue pour se protéger de la pluie... les brigades chargent et chargent encore ! Tous les jours nous subissons des intimidations policières, nous constatons des vols de biens privés par les forces de l'ordre, nous encaissons des coups de matraque et des gaz lacrymo...

Que se passe-t-il en France ?? Dans quelle démocratie moderne sommes-nous pour que de tels ordres soient donnés par des représentants de l'État élus par les français pour les représenter. Et pour qu'ils puissent être exécutés par des êtres humains ?

Ce soir, un niveau supérieur a été franchi.



Ce soir les "Gardiens de la Paix" sont sortis déchaînés et caparaçonnés comme pour se préparer à une guerre civile. Ils ont détruit à nouveau le camp, tapé sur des citoyens non-violents, volé des couvertures et des duvets, détruit une cuisine collective. C'est ici la dignité humaine qui a été clairement visée. Le seul tort des indignés ? Sans doute celui d'avoir la pertinence de viser clairement l'oligarchie financière qui tient les reines du pouvoir aujourd'hui partout dans le monde, et en France en particulier.

Ce sont des parents en transit vers chez eux, des retraités de passage, des consommateurs du centre commercial voisin qui sont venus apporter leur soutien physique contre les brigades d'intervention. Ce sont aussi des centaines d'inconnus qui, tous les jours, apportent un peu de riz, du sucre, du café chaud, des légumes, etc (dommage que nous n'ayons toujours pas la possibilité d'avoir un réchaud sur place). Merci à eux.
Un message d'espoir, un cri d'alerte

Ce communiqué d'urgence est autant un message d'espoir qu'un cri d'alerte. Beaucoup de médias demandent aux indignés de la Défense et d'ailleurs de réagir sur les violences qui ont eu lieu contre Occupy Wallstreet ce matin (15 novembre). Mais combien diffusent au Journal Télévisé de 20h ou dans les premières pages de leurs journaux la réalité de ce qui se passe en bas de leur tour ?

Nous ne lâchons rien : le camp de La Defense est ruiné, mais nous y dormirons ce soir, comme à Nantes, Lyon et ailleurs.

À vous.

English version
Version française ci-dessus

We visited Occupy Amsterdam, we told them what life was like at La Défense including the everyday police violence, the precariousness of the camp, the prohibition from putting up as much as a tent...they couldn't believe it and asked whether La Défense was in Europe or not. We closely followed Occupy Wall Street and their eviction this morning, then the reversal of a judicial decision against the New York City Police Department (NYPD) and Mayor Bloomberg this evening, prohibiting tents in Zuccotti Park. We watched Occupy LSX (London), we saw Occupy Berlin... Tents everywhere, trucks, multimedia set-ups, livestreams from other Occupied spaces.
The CRS (French national police) will not stop charging !

But today, in France, we have some very precarious strategic occupations that police are trying to show as disorganized and run by squatters. The reality is completely different. Since the first day of Occupy La Défense, each time that the occupation builds itself up, each time that a tent is raised, each time that a tarp is unfurled to protect protesters from the rain, the police will not stop charging ! Everyday we are undergoing police intimidation, we are witnessing theft of personal property by the forces of order, we are absorbing baton blows and tear gas...

What is happening in France?? In what sort of modern democracy are we living where these kind of orders can be given by representatives of the state, representatives that were elected by French citizens?
Tonight, it was taken to another level.



Tonight the "Guardians of the Peace" came out raging, and were armored as if they were preparing for civil war. They destroyed the rebuilt camp and beat non-violent citizens, stole their covers and blankets, and destroyed the collective kitchen. Human dignity was clearly the target here tonight. The only mistake made by the "indignés"? Without doubt it was the direct targeting of the French oligarchy that holds the reins of power around much of the world today, and in France in particular.

Many thanks to all the parents on their way home, senior citizens passing by, and consumers of the neighboring commercial center who have come to lend their physical support against the police intervention. There are also hundreds of unknowns who, everyday, bring a little rice, sugar, hot coffee, vegetables, etc. (too bad that we have not always had the possibility to reheat this food).
A message of hope, a warning cry

This message is urgent and is as much a message of hope as a warning cry. Many French media organizations are asking the "indignés" of La Défense and elsewhere to give their response to the violence that took place against Occupy Wall Street this morning (15 november). But how many are reporting the events that are happening just downstairs from their office buildings on the evening news, or on the front pages of their reality-based newspapers ?

We are not letting go: the camp at La Defense is ruined, but we will sleep there tonight, just like in Nantes, Lyon, and elsewhere.

http://www.fruncut.org | 15 novembre 2011


À vous.

15 novembre 2011

La loi Rothschild, cause de l’endettement de la France

Vive la Révolution | jeudi 10 novembre 2011



Extraits d’une biographie de Georges Pompidou :


Georges Pompidou fit parti du cercle restreint des proches du général de Gaulle, et cette proximité lui valut d’être nommé chef de son cabinet d’avril 1948 à 1953.

En 1953, il entra à la banque Rothschild, où il occupa rapidement les fonctions de directeur général et d’administrateur de nombreuses sociétés. Ce fut pour lui l’occasion de participer à la vie économique du pays, d’accroître le champs de ses compétences et d’établir un éventail plus large de relations.

Il rédigea néanmoins, durant cette période d’intense activité, trois présentations de classiques illustrés sur Racine, Taine et Malraux.

Le général de Gaulle élu à la présidence, Georges Pompidou retourna pendant quelques temps vers le monde de l’entreprise en réintégrant la banque Rothschild.

Membre du conseil constitutionnel en 1959, il profita également de cette période pour rédiger une anthologie de la poésie française.

Georges Pompidou s’installa à l’Élysée le 15 juin 1969. Son mandat fut écourté par son décès le 2 avril 1974 à Paris.
 
3 janvier 1973, réforme de la Banque de France

Dans la loi portant sur la réforme des statuts de la banque de France, nous trouvons en particulier cet article 25 très court, qui bloque toute possibilité d’avance au trésor :
« Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France. »

Ce qui signifie que l’article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973 interdit à la Banque de France de faire crédit à l’État, condamnant la France à se tourner vers des banques privées et à payer des intérêts ; alors qu’avant cette loi, quand l’État empruntait de l’argent, il le faisait auprès de la banque de France qui, lui appartenant, lui prêtait sans intérêt.

Autrement dit : auparavant, l’État français avait le droit de battre monnaie, et avec cette nouvelle loi, il perd ce droit qui est du même coup légué aux banques privées, qui en profitent pour s’enrichir aux dépends de l’État en lui prêtant avec intérêt l’argent dont il a besoin.

Cette décision correspond à une privatisation de l’argent et ramène la nation au même rang que n’importe lequel de ses citoyens.

L’accroissement sans fond de la dette publique trouve son origine précisément là. Voici en effet un graphique représentant l’évolution de la dette, avec et sans intérêt. La courbe rouge représente bien sûr la dette constatée, calculée avec les intérêts.
 

Cliquer sur l’image pour l’agrandir.
 
La dette à fin 1979 était de 239 milliards d’euros (*), déjà injustifiables ; la dette à fin 2008 s’établit à 1327 milliards d’euros ! Ainsi, entre 1980 et 2008, la dette a augmenté de 1088 milliards d’euros et nous avons payé 1306 milliards d’euros d’intérêts.

1327 - 1306 = 21 Milliards d’Euros ! : Si nous avions pu créer notre monnaie — faire exactement ce qu’ont le droit de faire les banques privées —, la dette publique serait quasiment inexistante aujourd’hui.

 
Georges Pompidou a été le directeur général de la banque Rothschild ; il en était le valet, il n’est par conséquent pas étonnant qu’il ait fait cette loi du 3 janvier 1973 qui interdit à l’État français de battre monnaie et qui a endetté la France d’une façon structurelle et incommensurable auprès de banques privées comme la banque Rothschild.

C’est pourquoi, cette loi, je propose de l’appeler désormais la loi Rothschild.

NOTE (*) : La dette à la fin 1979 était en réalité de 82,8 milliards d’Euros, soit 21% du PIB ; mais en tenant compte de l’inflation, cela fait aujourd’hui 239 milliards d’Euros.
 
Lire également sur Vive la Révolution :  VOICI COMMENT SUPPRIMER LA DETTE PUBLIQUE

« La Grèce entière est entrainée dans une spirale infernale »

Par Sophie Chapelle | Basta | 14 novembre 2011 


Alors que le nouveau Premier ministre grec vient de former un « gouvernement d’union nationale », la vie quotidienne des Grecs continue d’être marquée par des augmentations des taxes sur les biens de première nécessité, la baisse des salaires et la hausse du chômage. Dans un contexte où le nombre de suicides augmente, où l’exode des jeunes Grecs s’intensifie, l’économiste Marica Frangakis, membre d’Attac Grèce, analyse pour Basta ! la situation politique interne et appelle à la solidarité des peuples d’Europe.
 
 


Photo : source

Basta ! : Les études montrent que la crise financière pourrait mener à une crise sanitaire. Dans quel état d’esprit est la population grecque face au plan d’austérité ?

Marica Frangakis : L’austérité en Grèce a un visage. Ce sont des rangées de boutiques fermées et qui affichent « à vendre » ou « à louer ». Des signes que l’on retrouve aussi sur les façades des appartements, alors que le marché immobilier est en chute libre. Ce sont les boutiques d’achat et de vente d’or qui, subitement, prolifèrent. Ce sont des lignes de taxis jaunes attendant les clients. Ce sont les conversations étouffés dans les autobus, les gens se racontant leurs problèmes. Beaucoup sont gênés de dire qu’ils n’ont pas assez d’argent pour leurs besoins quotidiens. Ce sont des enfants qui s’évanouissent à l’école et admettent n’avoir pas eu de repas solide depuis plusieurs jours. Ce sont les manifestations et les marches à travers le centre d’Athènes. Ce sont des grèves qui rendent la vie quotidienne difficile, mais auxquelles les gens font face sans se plaindre. C’est le nombre croissant de suicides de pères au chômage qui ne peuvent pas nourrir leurs familles, d’hommes d’affaires qui ne peuvent pas payer leurs dettes. Athènes est devenu un endroit déprimant pour vivre en ce moment. La situation n’est pas si mauvaise dans d’autres endroits, notamment dans les villes plus petites où les réseaux sociaux sont plus resserrés. Cependant, à mesure que la crise s’aggrave, la Grèce entière est entrainée dans une spirale infernale.

Concrètement, en quoi consistent ces mesures d’austérité ?

Les mesures d’austérité ont changé la vie quotidienne des Grecs à bien des égards. Depuis 2009, le salaire nominal dans le secteur public a été réduit, tout comme les retraites, de 15 à 20 %. Dans le même temps, la taxe sur la valeur ajoutée a été augmentée à 19 % au début 2010, puis à 21 % et à 23 % à la mi-2010. Par ailleurs, les taxes sur les biens de première nécessité ont été revues à la hausse. Le taux d’inflation est donc dû à l’augmentation de la fiscalité. Comme l’OCDE l’a noté, si l’effet de l’augmentation de la fiscalité est retiré, la Grèce entre réellement en déflation, c’est à dire dans une chute persistante des salaires et des prix.
 
Et côté chômage ?

En raison de la contraction de la demande, le chômage est passé de 10 % à plus de 18 %, selon les statistiques officielles. Cela pourrait même être plus de 20 %. Le chômage touche particulièrement les jeunes (15-35 ans), les femmes et les immigrants, alors que le nombre de chômeurs longue durée (plus de 12 mois) ne cesse d’augmenter. La réduction prévue du nombre de fonctionnaires va venir gonfler encore le chômage. On n’avait pas vu de tels chiffres depuis la première moitié du 20ème siècle ! A l’instar des années 1950 et 1960, la Grèce connait un exode des jeunes qui migrent vers d’autres pays. L’augmentation du chômage signifie aussi que les salaires et les conditions de travail dans le secteur privé se détériorent. Cela est particulièrement vrai pour les nombreuses petites entreprises qui sont la norme dans l’économie grecque.
 
Quel est l’impact de la crise sur le paysage politique ?
 
Depuis le milieu des années 1970 et la chute de la dictature, la politique grecque a été dominée par deux grands partis – la Nouvelle Démocratie (conservateur) et le Pasok (socialiste) – dirigeant en alternance et disposant de plus de 80 % des voix, dans un pays où le vote est obligatoire. La Gauche grecque de son côté est fragmentée. Le Synaspismós actuel (Syn) est l’héritier de la coalition entre le Parti communiste grec et sa branche dissidente dite « de l’intérieur ». Le Syn est un des partis fondateurs de la SYRIZA, une large alliance de mouvements politiques de gauche. Au mieux, ces deux partis de l’aile gauche ont obtenu 12 à 14 % des voix. Enfin, un parti de l’extrême-droite – LAOS (Alarme Populaire Orthodoxe) – est apparu au début des années 2000, et recueille aux environs de 5 % des voix. Depuis 2009, la crise a agi comme un catalyseur pour le paysage politique. Selon les sondages, les deux grands partis sont soutenus par moins de 50 % de l’électorat, les deux partis de l’aile gauche par plus de 20 %, l’extrême-droite par environ 8 %, tandis qu’un peu moins de 10 % des votes vont à un certain nombre de nouveaux partis qui se sont établis à la fois au centre-gauche (Verts, Gauche démocratique) et à droite (Alliance démocratique). Ces changements marquent un processus rapide de radicalisation politique de la société grecque et la recherche de nouveaux acteurs dans la politique grecque.
 
Comment est perçu l’accord pour un gouvernement d’union nationale ?
 
C’est dans ce contexte de mécontentement à l’encontre de l’élite politique traditionnelle et la recherche de nouvelles forces politiques, que le gouvernement d’ « union nationale » doit être considéré. Il est à noter que tous les partis de l’aile gauche ont refusé de participer à ce nouveau gouvernement. En ce sens, ce n’est pas vraiment un gouvernement d’ « union nationale », car il ne se compose que de membres des deux grands partis et du LAOS. Le fait que la grande majorité des ministres soient les mêmes que dans le précédent gouvernement PASOK est une indication supplémentaire que ce n’est que la continuation du passé. Enfin, il est clair pour tout le monde que le nouveau Premier ministre, Lucas Papadémos, a été choisi en raison de ses liens avec les marchés financiers et les forces conservatrices de l’Union européenne, en tant qu’ancien vice-président de la Banque centrale européenne (BCE) et président de la Banque centrale de la Grèce.
 
Le gouvernement d’union nationale va-t-il apaiser le mécontentement social ?

La crédibilité des deux grands partis est très faible. Les « indignés » grecs sont des gens ordinaires de tous âges et ils expriment leur frustration à chaque occasion, de manière pas toujours pacifique – en lançant par exemple yaourts et œufs sur des ministres du gouvernement ! Cette tension a augmenté depuis fin 2009, alors que la crise de la dette publique s’étalait et que les banques grecques ont été généreusement soutenues par l’État du fait de la crise financière mondiale. Comme les mesures d’austérité introduites depuis 2009 sont très dures et socialement injustes, la tension sociale grandit. En juin 2011, le ministre des Finances a été remplacé, pour calmer le conflit entre le gouvernement et la grande majorité de la société. En octobre 2011, comme ce conflit devenait de plus en plus vif, le gouvernement a démissionné et un nouveau a été nommé afin de signer le nouveau contrat de prêt et de tenir des élections début 2012. Il est peu probable que cette nouvelle manœuvre politique calme l’agitation sociale. En ce sens, les tensions politiques internes vont non seulement se poursuivre, mais vont aussi augmenter.
 
Quel est le niveau de mobilisation en Grèce ? Et qu’attendez-vous des peuples européens ?

La crise a été un catalyseur de mobilisations. Elle a fait sortir les gens dans les rues. Ces protestations sont croissantes et prennent des formes diverses au fil du temps. C’est une expression de mécontentement social qui évolue et qui n’est pas conforme aux idées préconçues traditionnelles. Il y a eu beaucoup de grèves générales en 2010 et 2011. À ces occasions, les rassemblements organisés par les syndicats ont attiré beaucoup de monde, même si les syndicats en Grèce sont très proches des deux grands partis politiques et dans ce sens, manquent de crédibilité. La gauche est fragmentée, ce qui est une grave faiblesse pour offrir une alternative. Le peuple grec est traditionnellement pro-européen. Ils espèrent trouver la solidarité des peuples d’Europe, alors qu’ils sont profondément déçus par les dirigeants européens.

Propos recueillis par Sophie Chapelle

 

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