9 mai 2020
Air frais
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Thèmes : alternative , anthropocène , avion , capitalisme , consumérisme , déconfinement , décroissance , humour , macronneries , planète
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest29 avril 2020
Alain Damasio : « Pour le déconfinement, je rêve d'un carnaval des fous, qui renverse nos rois de pacotille »
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| mycélium : Wikipedia (The Alpha Wolf/CC BY-SA 3.0) |
Alain Damasio est écrivain de science-fiction. Son dernier roman, Les Furtifs, a été publié en avril 2019 aux éditions La Volte.
Reporterre — Êtes-vous en colère avec ce qui se passe en ce moment ?
Alain Damasio — Clairement, je suis en colère, mais pas contre la pandémie elle-même. Je perçois et vis ce virus comme complètement naturel. Je suis en colère contre la façon dont notre gouvernement gère cette crise d’une façon pathétiquement verticale, centralisée et ultrasécuritaire, en faisant assumer à la population son incompétence crasse. Sur les trois axes clés de la lutte, à savoir les tests, les masques et les lits, la Macronerie a totalement échoué (..)
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Thèmes : #onOublieraPas , Covid-19 , décroissance , démocrature , Gafam , gilets jaunes , Macronie , pandémie , surveillance policière
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest28 mars 2020
Relance
Publié par paco 0 commentaires
Thèmes : #MacronDemission , an01 , art , BD , décroissance , dessin , écologie , humour , Macronie , permaculture
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur PinterestLe monde qui vient n'a rien d'une utopie, c'est un cauchemar
Le monde qui vient n'a rien d'une utopie, c'est un cauchemar.. sur Reporterre
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Thèmes : confinement , coronavirus , Covid-19 , décroissance , néolibéralisme , Orwell , pandémie , surveillance , totalitarisme
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest18 avril 2018
Opposés à la destruction de la ZAD, des architectes appellent à défendre "d'autres manières d'habiter"
Face à l’imminence de la destruction de près de la moitié des cabanes de la zone, une centaine de professionnels et de collectifs ont appelé à la préservation des « formes d’organisation collectives » mises en places durant ces dix dernières années de défense de la zone.
Lire sur tema.archi ..
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Thèmes : alternative , décroissance , éco-habitat , transition , ZAD
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest9 avril 2018
La Zad et la guerre civile mondiale
L’offensive du gouvernement contre la Zad vise à détruire la possibilité de vies alternatives. Et s’inscrit dans une tendance mondiale des classes dirigeantes néo-libérales à imposer un pouvoir fort.
2.500 gendarmes mobiles, des véhicules blindés, des hélicoptères, des camions, des bétaillères... ainsi que quelques centaines de CRS à Nantes et à Rennes, pour couvrir l’arrière... la France sera lundi 9 avril en guerre. Contre qui ? Contre quelques deux cents personnes, vivant dans un paysage de bocage où ils font du pain, de la bière, du maraîchage, et bricolent, discutent, lisent, vont et viennent. L’appareil militaire de la France, qui intervient au Mali, en Syrie, en Irak - sans que le Parlement en débatte, contrairement à ce que prescrit l’article 35 de la Constitution -, s’apprête donc à se déployer sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes...
Suite sur Reporterre
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Thèmes : alternative , Brésil , décroissance , écologie , état policier , Hulot , Macron , NDDL , néolibéralisme , oligarchie , totalitarisme , ZAD , ZAD partout
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest25 février 2018
Effondrement de la civilisation ? Entretien avec Pablo Servigne - Thinkerview
Effondrement de la civilisation ? Pablo Servigne [EN DIRECT]
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Thèmes : Club de Rome , collapse , crise globale , décroissance , économie , effondrement , inégalités , nucléaire , pétrole , réchauffement climatique , réfugiés , transition
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest26 janvier 2018
Bientôt, il sera trop tard… Que faire à court et long terme ?
Pour que l’humanité ne disparaisse pas comme une entreprise en faillite...
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| Source photo |
Le collectif de décroissants à l’initiative de l’appel :
Paul Ariès, Vincent Bruyère, Thierry Brugvin, Vincent Liegey, Stéphane Madelaine, Jean-Luc Pasquinet, Anne-Isabelle Veillot, Christophe Ondet, Michel Simonin, Christian Sunt
Nous avons entendu l’appel de plus de 15000 scientifiques de 184 pays paru le 13 novembre 2017 dans lequel ils tirent la sonnette d’alarme sur l’état désastreux de notre planète. Nous avons compris qu’il s’agit de la dernière mise en garde, car si nous ne prenons pas les mesures adaptées « bientôt il sera trop tard »..
La suite via LGS
Lien vers la pétition...
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Thèmes : altermondialisme , collapse , crise écologique , décroissance , effondrement , pétition , planète , urgence-Terre
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest22 janvier 2018
Cyril Dion : coli-briseur de l'écologie radicale
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Thèmes : Colibri , COP21 , décroissance , écologie , green-washing
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest18 septembre 2017
De la fin d’un monde à la renaissance en 2050
Alors que s’ouvrent les Journées d’été d’EE-LV à Dunkerque, l’ancien ministre de l’Environnement Yves Cochet examine l’effondrement mondial imminent et la nécessité d’un projet décroissant.
Suite sur Libé ...
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Thèmes : anthropocène , capitalisme , crise écologique , décroissance , green-washing , planète
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest4 mars 2017
Défendre le vivant ou défendre la civilisation ?
À propos de savoir ce que l’on veut (par Nicolas Casaux)
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Thèmes : anthropocène , décroissance , environnement , éoliennes , planète , transition énergétique
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest17 novembre 2016
"Démondialiser, décroître et coopérer"
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| © Pawel Kuczynski via Le Comptoir |
Aurélien Bernier : « Il est possible et nécessaire de démondialiser, décroître et coopérer »
Aurélien Bernier collabore régulièrement au Monde Diplomatique. Se revendiquant de la démondialisation, il est auteur de nombreux ouvrages et spécialiste des questions politiques gravitant autour de l’écologie. À l’occasion
de la sortie de son essai La démondialisation ou le chaos aux éditions Utopia, il nous a accordé un entretien lors duquel on a pu discuter du programme qu’une gauche radicale digne de ce nom pourrait défendre. Au menu : démondialisation, sortie de l’Union européenne, écologie politique – l’autre nom de la décroissance – relocalisation et dénonciation des faux-semblants. Le Comptoir : Selon vous, une alternative anticapitaliste doit reposer sur trois piliers : la démondialisation, la décroissance et la coopération internationale. En quoi ces trois composantes sont-elles essentielles ?
Suite de l'interview sur Le Comptoir
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Thèmes : alternative , décroissance , démondialisation , économie , relocalisation
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest4 juillet 2016
Pierre Thiesset : « La décroissance permet de maintenir les braises d’une écologie politique non inféodée »
Journaliste à “La Décroissance”, Pierre Thiesset a également cofondé les éditions Le Pas de côté, qui viennent de publier avec L’échappée “Le Progrès m’a tuer. Leur écologie et la nôtre.” Cet ouvrage collectif regroupe les textes d’une quarantaine d’auteurs, dont Aurélien Bernier, Marie-Jo Bonnet, Jean-Claude Michéa, François Jarrige, Cédric Biagini, Dany-Robert Dufour, Agnès Sinaï, Vincent Cheynet, Serge Latouche et Mohammed Taleb. Nous avons souhaité nous entretenir avec Pierre Thiesset pour en savoir plus sur ce recueil, mais également sur la critique du Progrès qu’il porte, ainsi que sur la décroissance comme projet politique. Compte-tenu de la densité de ses réponses, nous avons décidé de publier cet entretien en deux parties. La première partie était dédiée à la réalisation du livre et au Progrès, alors que cette seconde partie porte plus exclusivement sur la décroissance. (...)
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Thèmes : décroissance , écologie , green-washing , transition
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest6 novembre 2015
Ni protectionnisme, ni néolibéralisme mais une « relocalisation ouverte », base d’une nouvelle internationale
Revenir au protectionnisme ? Tenter d’encadrer les marchés ? Lutter contre le chômage en favorisant la croissance à tout prix ? La gauche semble en panne de projet économique et social cohérent, émancipateur, et écologiquement soutenable. Face à cette absence d’imaginaire, le thème de la relocalisation de l’économie commence à séduire. Mais une relocalisation ouverte et altruiste, à l’opposé de l’anxiogène et dangereux repli sur soi, et en capacité de « retrouver de justes équilibres entre l’efficacité, la puissance et le bien-être, l’autonomie et la convivialité ». Voici une tribune pour lancer le débat.
A chaque crise, le protectionnisme renaît de ses cendres, tel un sauveur. Bien avant, dans le dernier quart du XIXème siècle, les Etats-Nations s’en étaient déjà servi pour se protéger. Ils ne tardèrent pas à s’affronter ... sur le terrain militaire.
Aujourd’hui, nos sociétés traversent une période de doutes et de peurs, et surtout de perte de repères et de sens. Les choses s’accélèrent. Nous faisons face à l’effondrement de notre modèle civilisationnel construit autour du toujours plus. La mégamachine économique s’emballe, avec elle la crise écologique, les inégalités, les souffrances, les violences... Cette société du spectacle et de la communication ne nous laisse plus le temps de comprendre et dialoguer afin d’apporter des solutions politiques cohérentes et efficaces face aux enjeux de ce début de XXIème siècles. On nous dit que la « politique ne peut pas tout ». On a perdu prise sur nos institutions devenues des outils hétéronomes au service d’une oligarchie financière toujours plus forte. (...)
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Thèmes : chômage , consumérisme , crise écologique , crise humanitaire , croissance , décroissance , économie , finance , relocalisation , solidarité internationale
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest21 juillet 2015
Réchauffement climatique, scénario revu à la hausse !
Nous ne sommes pas Dieu : le scénario RCP2.6 du 5e rapport du GIEC d’ores et déjà compromis ?, par Philippe Soubeyrand
A lire sur le blog de Paul Jorion ...Publié par paco 0 commentaires
Thèmes : capitalisme , climat , consumérisme , décroissance , planète , réchauffement climatique
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest8 juillet 2015
Le pape jette un froid avant les négociations de la COP21 sur le climat
Attendue, cette encyclique dresse un constat sans concession de ce qu’il appelle la situation de l’humanité : pollution, chute de la bio-diversité, réchauffement climatique, culture du déchet, épuisement des ressources naturelles ; mais aussi détérioration de la qualité de la vie humaine, dégradation sociale, croissance des inégalités ; et encore faiblesse des réactions. Surtout, il critique le paradigme « techno-économique » et le capitalisme avec cette course effrénée au toujours plus. Le capitalisme est clairement mis sur le banc des accusés. Son modèle de société également. Quelques citations sont sans équivoques : « Étant donné que le marché tend à créer un mécanisme consumériste compulsif pour placer ses produits, les personnes finissent par être submergées, dans une spirale d’achats et de dépenses inutiles. Le consumérisme obsessif est le reflet subjectif du paradigme techno-économique » ; « « L’humanité est appelée à prendre conscience de la nécessité de réaliser des changements de style de vie, de production et de consommation, pour combattre le réchauffement » ou encore « La situation actuelle du monde « engendre un sentiment de précarité et d’insécurité qui, à son tour, nourrit des formes d’égoïsme collectif ». (...)
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Thèmes : capitalisme , consumérisme , crise écologique , décroissance , religion
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest29 mars 2015
Oubliez les douches courtes!
Derrick Jensen (né le 19 décembre 1960) est un écrivain et activiste écologique américain, partisan du sabotage environnemental, vivant en Californie. Il a publié plusieurs livres très critiques à l’égard de la société contemporaine et de ses valeurs culturelles, parmi lesquels The Culture of Make Believe (2002) Endgame Vol1&2 (2006) et A Language Older Than Words (2000). Il est un des membres fondateurs de Deep Green Resistance.
Plus de renseignements sur l’organisation Deep Green Resistance et leurs analyses dans cet excellent documentaire qu’est END:CIV, disponible en version originale sous-titrée français en cliquant ici.Article source: https://orionmagazine.org/article/forget-shorter-showers/
Une seule personne sensée aurait-elle pu penser que le recyclage aurait arrêté Hitler, ou que le compostage aurait mis fin à l’esclavage ou qu’il nous aurait fait passer aux journées de huit heures, ou que couper du bois et porter de l’eau aurait sorti le peuple russe des prisons du tsar, ou que danser nus autour d’un feu nous aurait aidés à instaurer la loi sur le droit de vote de 1957 ou les lois des droits civiques de 1964? Alors pourquoi, maintenant que la planète entière est en jeu, tant de gens se retranchent-ils derrière ces « solutions » tout-à-fait personnelles ?
Une partie du problème vient de ce que nous avons été victimes d’une campagne de désorientation systématique. La culture de consommation et la mentalité capitaliste nous ont appris à prendre nos actes de consommation personnelle (ou d’illumination) pour une résistance politique organisée. Une vérité qui dérange a participé à la prise de conscience du réchauffement climatique. Mais avez-vous remarqué que toutes les solutions présentées ont à voir avec la consommation personnelle – changer nos ampoules, gonfler nos pneus, utiliser deux fois moins nos voitures – et n’ont rien à voir avec le rôle des entreprises, ou l’arrêt de la croissance économique qui détruit la planète ? Même si chaque individu aux États-Unis faisait tout ce que le film propose, les émissions de carbone ne baisseraient que de 22%. Le consensus scientifique stipule pourtant que ces émissions doivent être réduites d’au moins 75%.
Ou bien parlons de l’eau. Nous entendons si souvent que le monde va bientôt manquer d’eau. Des gens meurent par manque d’eau. Des rivières s’assèchent par manque d’eau. Et pour cette raison, nous devons prendre des douches plus courtes. Vous voyez le rapport ? Parce que je prends des douches, je suis responsable de l’épuisement des aquifères? Eh bien non. Plus de 90% de l’eau utilisée par les humains l’est par l’agriculture et l’industrie. Les 10% restant sont partagés entre les municipalités et les êtres humains qui vivent et respirent. Et l’entretien des terrains de golf d’une ville nécessite en moyenne autant d’eau que l’ensemble des êtres humains de cette ville. Les gens (qu’ils soient des gens humains ou des gens poissons) ne sont pas en train de mourir parce que l’eau s’épuise. Ils sont en train de mourir parce que l’eau est volée.
| Une partie d’un golf de Las Vegas (5% de la consommation en eau de la région) |
Ou bien parlons des déchets. En 2005, la production de déchets par habitant (essentiellement ce qu’on dépose sur le trottoir pour les collectes) était de 1660 livres (environ 750 kilos). Disons que vous êtes un activiste radical et intransigeant et que vous voulez réduire ça à zéro. Vous recyclez tout. Vous emportez vos sacs de courses. Vous réparez votre grille-pain. Vos orteils passent au travers de vos vieilles baskets. Et ce n’est pas tout. Comme les déchets municipaux n’incluent plus seulement les déchets des ménages mais aussi ceux des bureaux du gouvernement et des entreprises, vous allez dans ces bureaux, brochures d’information en main, et vous les convainquez de réduire leur production de déchets suffisamment pour en éliminer votre part. J’ai une mauvaise nouvelle. Les déchets des ménages représentent seulement 3 % de la production totale de déchets aux États-Unis.
Soyons clairs. Je ne dis pas que nous ne devrions pas vivre simplement. Je vis moi-même assez simplement, mais je ne prétends pas que ne pas acheter grand-chose (ou ne pas conduire beaucoup, ou ne pas avoir d’enfants) soit un acte politique fort, ni que ce soit profondément révolutionnaire. Ça ne l’est pas. Le changement individuel n’est pas égal au changement social.
Alors, comment, et particulièrement avec cet enjeu planétaire, en sommes-nous arrivés à accepter ces réponses tout à fait inappropriées et insuffisantes ? Je pense que c’est en partie du au fait que nous soyons pris dans une double contrainte. Une double contrainte apparaît lorsque nous faisons face à des options multiples mais que, peu importe laquelle nous choisissons, nous y perdons, et quand ne rien choisir n’est pas une option. Dès lors, il pourrait être assez facile de reconnaître que toutes les actions impliquant l’économie industrielle sont destructrices (et nous ne devrions pas prétendre, par exemple, que les panneaux solaires nous en exemptent : ils nécessitent des infrastructures minières et des infrastructures de transport à toutes les étapes du processus de production ; on peut dire la même chose de toutes les soi-disant technologies vertes). Donc si nous choisissons l’option 1 – si nous participons activement à l’économie industrielle – nous pouvons penser, à court terme, que nous gagnons, puisque nous accumulons des richesses, signe de réussite dans notre société. Mais nous perdons, parce qu’à agir ainsi, nous abandonnons notre empathie, notre humanité animale. Et nous perdons vraiment parce que la civilisation industrielle tue la planète, ce qui signifie que tout le monde est perdant. Si nous choisissons la solution « alternative » de vivre plus simplement, et donc de causer moins de mal, mais sans encore empêcher l’économie industrielle de tuer la planète, nous pouvons penser, à court terme, que nous gagnons, parce que nous nous sentons purs, et que nous n’avons pas eu à abandonner notre empathie (juste assez pour justifier de ne pas empêcher ces horreurs), mais, encore une fois, nous sommes perdants parce que la civilisation industrielle tue toujours la planète, ce qui signifie que tout le monde est perdant. La troisième option, agir délibérément pour stopper l’économie industrielle, est très effrayante pour un certain nombre de raisons, notamment mais pas seulement le fait que nous perdrions ces luxes (comme l’électricité) auxquels nous sommes habitués, ou le fait que ceux qui ont le pouvoir pourraient essayer de nous tuer si nous entravions sérieusement leur faculté d’exploiter le monde – rien de tout ça ne change le fait que ça vaut toujours mieux qu’une planète morte.
En plus d’être inapte à entraîner les changements nécessaires afin de stopper cette culture dans sa destruction de la planète, il y a au moins 4 autres problèmes qu’engendre cette croyance selon laquelle un mode de vie simple est un acte politique (et que ce n’est pas qu’un simple choix de vie personnel). Le premier problème est que cela reposerait sur la notion fallacieuse que les humains abîment inévitablement leur environnement. L’acte politique d’une vie simple consiste seulement à réduire les dégâts, alors que les humains peuvent aider la Terre aussi bien qu’ils peuvent la détruire. Nous pouvons rétablir les cours d’eau, nous pouvons nous débarrasser des nuisibles envahissants, nous pouvons abattre les barrages, nous pouvons déstabiliser ce système politique qui privilégie les riches ainsi que ce système économique extractif, nous pouvons détruire l’économie industrielle qui détruit le véritable monde physique.
Le second problème – et il est important, lui aussi – est que cela amène à blâmer injustement l’individu (et particulièrement les individus les moins puissants) au lieu de ceux qui exercent effectivement le pouvoir dans ce système et pour ce système. Kirkpatrick Sale encore : « Le sentiment de culpabilité individualiste du tout-ce-que-tu-pourrais-faire-pour-sauver-la-planète est un mythe. Nous, en tant qu’individus, ne créons pas les crises, et nous ne pouvons pas les résoudre. »
Le troisième problème est que cela implique de nous redéfinir de manière capitaliste, de citoyens à consommateurs. En acceptant cette redéfinition, nous réduisons nos possibilités de résistance à consommer ou ne pas consommer. Les citoyens ont un panel bien plus large de possibilités de résistance, comme voter ou ne pas voter, se présenter aux élections, distribuer des tracts d’information, boycotter, organiser, faire pression, protester et, quand un gouvernement en arrive à détruire la vie, la liberté, et la poursuite du bonheur, nous avons le droit de l’altérer ou de l’abolir.
Le quatrième problème est que l’aboutissement de cette logique de vie simple en tant qu’acte politique est un suicide. Si chaque action interne à l’économie industrielle est destructrice, et si nous voulons mettre un terme à cette destruction, et si nous ne voulons (ou ne pouvons) pas remettre en question (plus ou moins détruire) toute l’infrastructure morale, économique et physique qui fait que chaque action interne à l’économie industrielle est destructrice, alors nous en viendrons aisément à croire que nous causerions beaucoup moins de dégâts si nous étions morts.
La bonne nouvelle est qu’il y a d’autres options. Nous pouvons suivre l’exemple d’activistes courageux qui ont vécu aux époques difficiles que j’ai mentionnées – l’Allemagne nazie, la Russie tsariste, les États-Unis d’avant la Guerre de Sécession – qui ont fait bien plus que montrer une certaine forme de pureté morale ; ils se sont activement opposés aux injustices qui les entouraient. Nous pouvons suivre l’exemple de ceux qui ont rappelé que le rôle d’un activiste n’est pas d’évoluer dans les systèmes d’oppression avec autant d’intégrité que possible, mais bien d’affronter et de faire tomber ces systèmes.
Traduction: Vanessa Lefebvre
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Thèmes : alternative , capitalisme , crise écologique , décroissance , résistance , sobriété
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest27 avril 2014
L’humanité n’a plus d’avenir
Le Blog de Superno | 18 avril 2014
Quelle étrange idée, me direz-vous ? Tu auras beaucoup plus de lecteurs si tu excites les pro et les anti-Dieudonné, ou si tu sors un scoop que personne n’avait encore osé publier, comme la marque de la brosse à dent de Madame Valls ou la cylindrée du scooter de Hollandréou. Tu seras “mainstream”, comme tes collègues plumitifs, qu’ils soient grassement rémunérés, ou besogneux bénévoles. Tu colleras à l’actu.
Ben oui, mais je préfère revendiquer le droit à la différence, et m’intéresser aux problèmes intéressants. Ceux qui concernent le petit avenir que j’ai encore sur terre, et accessoirement celui de ceux qui vont prendre la suite, auxquels je souhaite sincèrement bon courage et surtout bonne chance.
En théorie, préparer l’avenir, ce devrait être le boulot de ceux que nous élisons pour nous représenter, non ?
Force est de constater que non. Une fois élus, ils ne pensent qu’à jouir et abuser de ce pouvoir, en oubliant subitement leur rôle théorique. Etoffer leur palmarès féminin, alors que “dans la vraie vie”, s’ils étaient, je ne sais pas, moi, plombiers ou, soyons fous, informaticiens, ils auraient vraisemblablement plus de mal à attirer l’attention de jeunes saltimbanques au physique avantageux. Faire fructifier leur compte en banque et celui de leurs amis, au besoin dans les paradis fiscaux. Se faire cirer les pompes dans les palais nationaux. Et politiquement, faire de la comm, lancer des os aux “journalistes” qui les happent et les mâchouillent goulûment, passer leur temps à tenter de se justifier des conneries qu’ils font, ou alors dénigrer celles de leurs adversaires. Leur horizon intellectuel s’arrête aux élections municipales, voire européennes pour les visionnaires. Pour le reste, ben il faut baisser les dépenses publiques pour rembourser les banksters, il faut alléger les charges des zentreprises pour les rendres plus compétitives, et lutter contre la délinquance des zimmigrés et l’antisémitisme de Dieudonné. Et par dessus tout, relancer la croissance pour créer des zemplois. J’ai bon ?
Pour l’anecdote, on notera que certains politiciens s’autoproclament “écologistes”, qu’ils ont plein de bonnes idées pour l’avenir. Hélas, sitôt arrivés au pouvoir, en général en s’alliant avec ceux que je décrivais dans le paragraphe précédent, ils se comportent exactement comme eux. Ils distribuent des légions d’honneur aux copains, et acceptent sans moufter les aéroports inutiles, les EPR, et se taisent, ravalant leur honte, lorsque leurs alliés ne tiennent aucune de ses promesses de démantèlement des centrales nucléaires ou de vote des étrangers, sans même parler de l’invasion de mesures libérales qui ne font que rapprocher le statut de salarié de celui de l’esclave.
De toute façon, Hollandréou se fout totalement de l’écologie, la meilleure preuve c’est qu’il vient de nommer à la tête du ministère son ex, une bouffonne totale, dont le but est davantage de passer à la télé que de sauver la planète.
J’ai commencé à parler de Peak Oil dès les débuts de ce blog en 2007. J’en ai parlé, reparlé, un paquets de fois. Puis, élargissant le problème du “Peak Oil”, j’ai parlé du “Peak Everything” .
Globalement, plus personne ne parle de ça, ou alors dans l’anonymat. L’écologie est passée de mode, Hulot a été remisé au placard, et Duflot repeinte en gris pour ne pas déparer la ligne libérale qui fait désormais l’unanimité chez les politicards qui ont leur rond de serviette dans les médias.
C’est bien, alors, les problèmes ont disparu. Il suffirait donc de “relancer la croissance” et “augmenter la compétitivité des zentreprises” pour faire diminuer le chômage et augmenter le pouvoir d’achat qui va permettre de s’acheter toutes sortes de chinoiseries siglées et hors de prix, ce qui est assurément le but de toute vie.
Hélas, ce n’est pas comme ça que ça se passe. Il ne suffit pas de ne plus parler du problème, et de parler de Dieudonné ou de Gayet à la place, pour qu’il disparaisse.
Le problème, il continue de progresser, de se rapprocher de nous, de bientôt nous envahir de telle sorte que plus personne ne pourra l’ignorer. Sauf les aveugles, bien entendu.
Je vais donc commencer ce billet par la traduction d’un article paru dans le journal britannique “The Guardian”. Il ne s’agit pas d’un brûlot décroissant ou marxiste, mais d’un journal qualifié de “sérieux” et de “centre-gauche”. Ramené chez nous, ça veut dire “très à droite”, plus encore que Hollande, c’est dire. En tout cas pas le genre à contester trop violemment l’ordre établi.
Le contexte, c’est que le néo-Thatchérien Cameron, celui qui se moque de Hollande sous prétexte qu’il ne serait pas assez libéral, alors que ce dernier fait tout pour lui démontrer le contraire, a décidé de se lancer dans le gaz de schiste, pensant, le con, qu’il y va de l’avenir de “son” pays et surtout des dividendes de ses actionnaires. Comme on va le voir, c’est pas gagné…
[les puristes trouveront l’article original ICI ]
Un ancien géologue de British Petroleum (BP) a prévenu que l’âge du pétrole bon marché est terminé depuis longtemps, entraînant un danger de « récession continue » et un risque accru de conflits et de famines.
Lors d’un cours sur les « risques géologiques » ce mois-ci dans le cadre du cours post-universitaire « Catastrophes naturelles pour les assureurs » à l’University College de Londres (UCL), le Dr Richard G. Miller, qui a travaillé pour BP à partir de 1985 avant de prendre sa retraite en 2008, a déclaré que les données officielles de l’agence internationale de l’énergie (AIE), de l’administration américaine de l’information sur l’énergie (EIA), du Fonds Monétaire International (FMI) entre autres sources, montraient que le pétrole conventionnel avait très probablement connu son pic vers 2008.
Le Docteur Miller a critiqué la ligne officielle de l’industrie selon laquelle les réserves globales vont durer 53 ans au rythme de consommation actuel, pointant le fait que le « pic est le résultat d’un déclin de la production, pas du déclin des réserves ». Malgré de nouvelles découvertes et le recours croissant au pétrole et au gaz non conventionnel, 37 pays sont déjà dans l’après-pic, et la production globale de pétrole décline d’environ 4.1 % par an, soit 3.5 millions de barils/jour (b/j) par an :
« Nous avons besoin de produire l’équivalent d’une Arabie Saoudite en plus tous les 3 ou 4 ans pour maintenir et faire croître la production… Depuis 1986, les nouvelles découvertes ont été inférieures à la consommation. Nous sommes en train d’assécher nos réserves, même si ces réserves augmentent en apparence chaque année. Elles augmentent grâce à l’amélioration de la technologie dans les anciens champs, augmentant la quantité que nous pouvons récupérer – mais la production diminue néanmoins de 4.1 % par an.
Le Docteur Miller, qui entre 2000 et 2007 préparait pour BP les projections internes sur l’avenir de la production de pétrole, parle du phénomène comme du « problème du distributeur de billets » – « davantage d’argent, mais des retraits quotidiens toujours plafonnés ». En conséquence : « La production de pétrole liquide conventionnel a été stable depuis 2008. La croissance dans la production liquide depuis cette date est largement due aux gaz naturels liquides [NGL] éthane, propane, butane, pentane et pétrole issu des sables bitumineux.
Le Dr. Miller est le co-éditeur d’une édition spéciale du prestigieux journal « Transactions Philosophiques de la Royal Society A », de ce mois, sur l’avenir de la production pétrolière. Dans un article d’introduction co-écrit avec le Dr. Steve R. Sorre, co-directeur du Sussex Energy Group à l’univerté du Sussex à Brighton, ils affirment qu’au sein des experts de l’industrie pétrolière, « il y a un consensus croissant pour dire que l’ère du pétrole bon marché est terminée, et que nous entrons dans une phase nouvelle et très différente ». Ils s’associent aux conclusions conservatrices d’une précédente étude approfondie du centre britannique pour la recherche sur l’énergie (UKCERC), financé sur fonds publics :
« …un déclin soutenu de la production conventionnelle mondiale semble probable avant 2030, et il y a un risque significatif que cela commence avant 2020… Dans l’état actuel des connaissances, l’apport du pétrole de schiste ne semble pas de nature à modifier significativement cette conclusion, notamment parce que la base de la ressource apparaît comme relativement modeste ».
En fait, la dépendance croissante au pétrole de schiste aggrave le taux de déclin sur le long terme :
« Une dépendance plus grande aux ressources pétrolières de schiste produites par la fracturation hydraulique exacerbera toute accélération des taux mondiaux de déclin, puisque ces puits ne connaissent pas de plateau et déclinent extrêmement vite – par exemple environ 90 % ou plus dans les 5 premières années. »
Les sables bitumineux subiront le même sort, concluent-ils, notant que « les sables pétrolifères du Canada fourniront seulement 5 millions de b/j vers 2030, ce qui représente moins de 6 % des projections de l’AIE pour la production de tous les liquides vers cette date.
Malgré la projection prudente du peak oil mondial global « avant 2020 », ils mettent également l’accent sur la chose suivante :
« La production de pétrole brut a augmenté d’environ 1,5 % par an entre 1995 et 2005, mais a alors atteint un plateau avec davantage d’augmentation récente de la production sous forme de liquides, largement due au gaz naturel liquide, aux sables bitumineux et au pétrole de schiste. On s’attend à ce que ces tendances se poursuivent… La production de pétrole brut est largement concentrée dans un petit nombre de pays et dans un petit nombre de champs géants, 100 de ces champs fournissant la moitié de la production mondiale, 25 d’entre eux en produisant un quart, et un seul de ces champs (Ghawar en Arabie Saoudite) en produisant environ 7 %. La plupart de ces champs géants sont relativement anciens, beaucoup ont largement dépassé leur pic de production, la plupart des autres va probablement se mettre à décliner au cours de la prochaine décennie ou peu s’en faut, et on s’attend à ce que peu de nouveaux champs géants soient découverts. »
« Le pic final sera décidé par le prix – combien pouvons-nous nous permettre de payer ? », m’a dit le Docteur Miller dans une interview à propos de ce travail. « Si nous pouvons nous permettre de payer 150 dollars le baril, nous pourrions certainement produire plus moyennant une période de transition de quelques années pour les nouveaux développements, mais cela briserait à nouveau les économies. »
Miller explique que quoi qu’il en soit, le peak oil est arrivé alors que les conditions sont telles qu’en dépit de la volatilité, les prix ne pourront jamais revenir à leurs niveaux d’avant 2004.
« Le prix du pétrole a continuellement grimpé depuis 2004 jusqu’à aujourd’hui, en partant de 30 dollars. Il y a eu un grand pic à 150 dollars suivi d’un effondrement en 2008/2009, mais il est depuis remonté à 110 dollars et y est resté. L’augmentation du prix a permis beaucoup de nouvelles explorations et de développement, mais ces nouveaux champs n’ont en réalité guère augmenté la production, en raison du déclin des champs plus anciens. Ceci est compatible avec l’idée selon laquelle nous sommes plus ou moins arrivés aujourd’hui au pic. Cette récession, c’est à cela que ressemble le pic ».
Bien qu’il rejette l’idée selon laquelle le pétrole et le gaz de schiste pourraient empêcher un pic et le long déclin de la production globale de pétrole qui s’ensuivrait, Miller reconnaît qu’il y a encore un peu de marge qui pourrait apporter des dividendes conséquents, quoique temporaires, à la croissance économique américaine – même si c’est seulement un phénomène « à relativement court terme ».
« Nous sommes dans une cage de rats de laboratoires qui ont mangé tous les corn flakes et qui ont découvert qu’on peut aussi manger le papier d’emballage. Oui, on peut, mais… Le pétrole de schiste peut atteindre 5 voire 6 millions de barils/jours aux Etats-Unis, ce qui aidera énormément l’économie américaine, tout comme le gaz de schiste. Néanmoins, les ressources du schiste ne sont pas appropriées pour les pays plus densément peuplés, comme le Royaume Uni, car l’industrialisation de la campagne affecte bien plus de monde (avec bien moins d’accès à des espaces naturels alternatifs), et les bénéfices économiques sont répartis plus chichement entre plus de personnes. La production de pétrole de schiste aux Etats-Unis atteindra probablement son pic avant 2020. Il n’y aura absolument pas de production suffisante de pétrole de schiste pour remplacer les 9 millions de barils importés chaque jour. »
A leur tour, en prolongeant la récession économique globale, les prix du pétrole élevés peuvent réduire la demande. Puis un pic de la demande peut maintenir un plateau plus long de production pétrolière ondulante.
« Nous sommes probablement au Peak Oil aujourd’hui, ou du moins dans ses contreforts. La production pourrait pourtant encore augmenter un peu dans les prochaines années, mais pas assez pour tirer les prix vers le bas ; à la place, une récession continue dans la plus grande partie du monde peut conserver la demande à peu près stable pendant des années au prix de 110$/baril que nous avons actuellement. Mais on ne pourra pas faire croître la production d’environ 1,5 % par an aux prix d’aujourd’hui.
La dépendance fondamentale de la croissance économique mondiale à la fourniture de pétrole bon marché suggère qu’alors que nous progressons dans l’âge du pétrole et du gaz bon marché, sans faire les efforts qui s’imposent pour diminuer les impacts et la transition vers un nouveau système énergétique, le monde s’expose à un avenir de turbulences économiques et géopolitiques.
« Aux Etats-Unis, des prix du pétrole élevés sont corrélés avec les récessions, même si toutes les récessions ne sont pas corrélées avec des prix du pétrole élevés. Cela ne prouve pas qu’il y ait un lien de cause à effet mais il est hautement probable que lorsque les Etats-Unis paient plus de 4 % de leur PIB pour le pétrole ou plus de 10 % de leur PIB pour l’énergie primaire, l’économie décline alors que l’argent est aspiré dans l’achat de carburant plutôt que dans d’autres biens et services. Une pénurie de pétrole affectera l’économie toute entière. Je m’attends à ce qu’il y ait plus de famines, plus de sécheresses, plus de guerres pour les ressources et une inflation durable dans le coût énergétique de toutes les matières premières »
Selon une autre étude parue dans l’édition spéciale du journal Royal Society par le professeur David J. Murphy de l’University du Nord de l’Illinois, expert dans le rôle de l’énergie dans la croissance économique, le retour sur investissement dans l’énergie (EROI) pour la production globale de pétrole et de gaz – la quantité d’énergie produite comparée à la quantité d’énergie investie pour obtenir, livrer et utiliser cette énergie – est d’environ 15 et a tendance à diminuer. Aux États-Unis, le EROI de la production de pétrole et du gaz est de 11, en diminution ; et s’agissant des pétroles et biocarburants non-conventionnels, c’est largement moins de 10. Le problème, c’est que plus le EROI diminue, plus le prix de l’énergie augmente. Murphy conclut donc :
« …le prix minimum du pétrole nécessaire pour augmenter la production à court-terme se situe à des niveaux comparables à ceux qui ont provoqué des récessions économiques dans le passé. J’en conclus donc que, puisque le EROI du baril moyen de pétrole diminue, la croissance économique à long terme deviendra plus difficile à atteindre et à un coût financier, énergétique et environnemental croissant.
Le EROI actuel aux États-Unis, dit Miller, est tout simplement « insuffisant pour supporter l’infrastructure américaine, même si les États-Unis étaient autosuffisants, sans augmenter la production à un niveau encore supérieur à la production actuelle ».
Dans leur introduction à leur série d’articles pour le journal de la Royal Society, Miller et Sorrell notent que « la plupart des auteurs » de l’édition spéciale « reconnaissent que les ressources pétrolières conventionnelles » sont à un stade avancé de déplétion et que les carburants liquides vont devenir plus chers et de plus en plus rares.
Ils en appellent à une « réponse coordonnée » à ce défi pour en limiter l’impact, et notamment à des « changements drastiques dans les systèmes de transports mondiaux ». Alors que des « solutions au ‘peak oil’ respectueuses du climat sont disponibles », préviennent-ils, elles ne seront ni « simples » ni « rapides », et impliquent un modèle de développement économique qui accepte des niveaux de consommation et de mobilité plus bas ».
Lors de l’entretien que j’ai eu avec lui, Richard Miller était particulièrement critique vis-à-vis de la politique du gouvernement britannique, notamment l’abandon de projets de grande envergure de fermes éoliennes, la réduction des tarifs de rachat des énergies renouvelables, et le soutien au gaz de schiste. « Le gouvernement fera tout pour favoriser un rebond économique à court terme », mais cela liera plus étroitement la Grande Bretagne à un avenir basé sur le pétrole, et nous le paierons cher.
Voilà, voilà…
Je résume. Après 100 ans d’exploitation forcenée des ressources pétrolières (en fait 150, mais comme en 1862, la production mondiale fut de 3 millions de barils, soit 10 000 fois moins qu’aujourd’hui, mieux vaut avancer de 50 ans) qui ont mis des centaines de millions d’années à se former, nous avons dépensé et gaspillé plus de la moitié de la dotation, et à ce rythme, il n’y en aura plus dans 50 ans, et même bien avant, puisqu’on ne pourra jamais tout pomper.
Un politicien qui verrait plus loin que le bout de son nez aurait commencé à arrêter les frais et cherché des solutions depuis longtemps, mais hélas, comme les fourmis de 18 mètres avec un casque de scooter sur la tête, un politicien visionnaire, ça n’existe pas.
Au contraire, le politicien, plus il voit que ça s’épuise, plus il veut pomper. Or on a bien compris que plus on pompe, plus ça s’épuise vite. C’est alors que des margoulins, irresponsables et cupides, lui expliquent qu’il suffit de creuser le sous-sol, d’y injecter de l’eau sous pression avec force acides et produits chimiques bien dégueu, bref de massacrer irrémédiablement notre environnement, nos nappes phréatiques… pour faire repartir la croissance pour une bonne centaine d’années. Minimum.
Cameron, dont le pays est deux fois plus petit que la France pour une population similaire, a donc décidé de creuser des puits un peu partout, de massacrer le peu de campagne verdoyante dont il dispose et faire sillonner ses routes par des myriades de camions, pour espérer sortir du sous-sol qu’il aura définitivement dégueulassé, non pas 100 ans de production, mais plutôt… 10. C’est consternant de bêtise et de saloperie, j’espère que lui et ses semblables seront jugés pour crime contre l’humanité.
Pourtant le schéma est clair. Le pic de pétrole traditionnel est déjà dépassé, depuis 2008, et la production n’augmente plus. Après une phase de plateau qui ne durera pas longtemps, la production va décliner irrémédiablement, et il faudra dépenser de plus en plus d’énergie et d’argent, creuser de plus en plus profond, pour ramener le plus possible de ce qui reste.
Mais le pétrole de schiste est arrivé, d’abord aux États-Unis, et c’est la fête capitaliste qui reprend. Enfin, restons modestes, cela permet aux États-Unis d’être provisoirement un peu moins dépendants du pétrole extérieur. Sauf que cela éloigne toute notion d’écologie, de baisse de la consommation, sans même parler de décroissance.
Le réveil sera terrible. Car comme le dit l’article, le robinet du pétrole de schiste se fermera déjà dans quelques années, bien plus brutalement que celui du pétrole conventionnel. Et en même temps. Et comme on partira d’un niveau plus élevé, plus dure sera la chute. De toute évidence, l’économie n’y survivra pas, et on verra l’armée américaine saisir n’importe quel prétexte pour aller chercher du pétrole supplémentaire, chez ces terroristes iraniens ou vénézueliens, pourquoi pas.
Cette politique de l’autruche, ce décalage entre une réalité qui devrait être connue de tous, et en tout cas de ceux qui nous dirigent, et le comportement totalement aberrant, stupide et criminel qu’on nous encourage à adopter, le présentant comme le modèle de la réussite sociale (posséder plusieurs villas climatisées avec piscine surchauffée, avec plusieurs bagnoles, 4x4 ou SUV, une télé d’1m50 dans chaque pièce, une tablette numérique et un smartphone par personne (que l’on change tous les 6 moins sous peine d’être ringard) et partir à la moindre occasion à l’autre bout du monde, “faire du shopping” en hiver, et se faire rôtir le cul en été. Cette traque médiatique quotidienne du pouième de point de croissance, cette injonction à consommer coûte que coûte, ces épouvantables centres commerciaux qui continuent malgré la mouise à pousser partout, financés par de la monnaie de singe, en des endroits où l’on ferait assurément mieux de planter des tomates, des courgettes ou des fraises, plutôt que de les faire venir d’Espagne.
Tiens, rien qu’à Metz, deux nouveaux invraisemblables furoncles (ici et là), vont voir le jour. C’est dément et incompréhensible.
L’humanité est en train de crever, il n’y a plus de pétrole, l’économie capitaliste va s’écrouler, les abeilles disparaissent, la calotte polaire fond, dans moins de 100 ans il fera 5 degrés de plus et la planète sera invivable.
Les 67 milliardaires les plus riches possèdent autant que la moitié de l’humanité. Il y a quelques mois, une autre étude parlait de 85 milliardaires. On voit l’évolution. Ce sera bientôt 20, puis 10 et pourquoi pas un seul ?
Et pendant ce temps-là…
… on ne fait rien… au contraire.
Nos dirigeants aveugles, stupides et/ou corrompus, les mêmes qui nous ont refourgué les traités européens à l’insu de notre plein gré, s’apprêtent à adopter dans l’opacité la plus totale le Grand Marché Transatlantique (TAFTA) qui non seulement nous amènera le poulet à l’eau de javel, le veau aux hormones, les gaz de schiste, mais permettra surtout à ces multinationales qui déciment les abeilles, qui salopent le sous-sol, qui réchauffent la planète, de prendre officiellement le pouvoir, empêchant toute réaction des Etats.
Et les mêmes tentent de nous persuader que l’urgence est de “relancer la croissance”, baisser les “charges”, les prestations sociales, les impôts des multinationales et des milliardaires, privatiser à tout va, “booster la compétitivité” en supprimant le SMIC et la réglementation, en officialisant les “petits boulots”…
Je vais vomir et je reviens.
20 avril 2014
Plastique business
Par Jean-Baptiste Auxiètre | Blog de Paul Jorion | 20 avril 2014
L’écologie pour les neuneus. Chapitre 1 : Le plastique, un exemple, par Jean-Baptiste Auxiètre
Nous prendrons ici le cas du plastique. Ce produit est un produit comme un autre et ce qui suit est en fait valable pour la majorité des produits que nous consommons, que ce soit le savon ou les voyages en avion pour aller en vacances.
Le plastique est un sous-produit du pétrole et comme tous les sous-produits du pétrole, la quantité fabriquée est globalement proportionnelle à la quantité de pétrole consommée, qui elle dépend du master produit : l’essence et le diesel.
Donc tant que l’on consommera autant d’essence ou de diesel, il sera fabriqué globalement autant de plastique.
En fin de chaîne, vous triez dans vos poubelles :
Si vous jetez dans la « bonne poubelle » votre sac plastique, il sera réutilisé et transformé en vêtement ou en autre objet en plastique : en gros, si vous le jetez dans la « bonne poubelle », on vous le revendra un jour, et il vous reviendra sous une autre forme, que ce soit « par la porte ou par la fenêtre ». Et sa quantité globale augmentera toujours tant que vous ne le jetez pas dans la « mauvaise poubelle ».
Où de toute façon il finira un jour car si ce n’est pas vous qui le jetez dans cette « mauvaise poubelle », un jour où l’autre quelqu’un d’autre finira par l’y jeter puisque de toute façon sinon le produit vous revient. Dans cette « mauvaise poubelle » il sera enfin brûlé ou enterré.
Donc si vous voulez être écologique, il faut non seulement ne pas consommer ce plastique mais pour cela il faut également ne pas consommer le master produit que sont l’essence ou le diesel. Tant que vous prendrez votre voiture, le reste du discours n’est qu’une autojustification d’un comportement soi-disant écologique mais qui ne l’est pas.
Le plastique business
Votre plastique devient une matière premièreQuand vous jetez votre plastique dans la « bonne poubelle », comme on vient de le voir, votre comportement est en fait écologiquement neutre, par contre, économiquement, il ne l’est pas. Votre tri est en fait un travail qui ne vous rapporte pas d’argent mais en rapporte à d’autres. Par votre action de tri vous fournissez une matière première encore moins chère, le plastique recyclé, que le plastique issu de la transformation directe du pétrole. Vous enrichissez non pas ceux qui demandent de limiter la production en amont mais bien ceux qui augmentent la consommation du produit sous toute ces formes et donc justifie son utilisation. Il faut bien comprendre que l’argent ne va pas du tout à ceux qui pourraient rendre le comportement global plus écologique mais bien à ceux qui ont intérêt à ce que votre comportement le soit globalement le moins, tout en vous laissant croire qu’il l’est, pour vous donner bonne conscience
Le plastique mauvais produit : quand le sac plastique devient un pull
Nous avons jeté l’anathème sur le sac plastique : si vous en prenez un au supermarché plutôt que de venir avec le vôtre, vous serez regardé de travers. Donc c’est vu ! : le sac plastique c’est « cracra », « beurk ». Mais dans la galerie commerciale ou dans le supermarché lui-même on va vous le vendre quand même, ne vous inquiétez pas ! En effet la majorité des vêtements sont tout ou partie fabriqués en plastique (tout aussi mauvais pour les tortues marines !). La laine ou le coton dont on se servait majoritairement auparavant était produits par des agriculteurs ou éleveurs (vous imaginez ?). Ceux-ci ne sont jamais arrivés à se coaliser pour vraiment être un ou quelques intervenants économique importants. Que sont de petits agriculteurs chacun indépendant et ne se connaissant pas les uns les autres : une multitude ! Par contre l’industrie du plastique et pétrolière, ce ne sont que quelques intervenants et leur poids économique est considérable et de plus, politiquement stratégique pour un pays.
Votre produit enfin : la laine, tenait chaud quand il faisait froid et même pas trop chaud quand il faisait une température moyenne, votre pull en plastique est chaud dans le magasin mais comme il n’a pas de vertu thermique à proprement parler, il sera froid quand vous aurez froid ! Là non plus ne vous inquiétez pas : plutôt que de la bonne laine qui tient chaud naturellement, on vous vendra un produit super-design respirant et chaud coûtant encore plus cher mais en plastique, développé par des ingénieurs et qui finalement malgré ses qualités respirantes et / ou thermiques n’a même pas encore toute les qualités du produit original mais sera dit « produit de pointe » que l’on vous vendra une petite fortune, pour rentrer dans les frais des brevets.
Voir en ligne, http://www.pauljorion.com/blog/?p=64189
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Thèmes : décroissance , écologie , économie , pétrole , urgence-Terre
Envoyer par e-mail BlogThis! Partager sur X Partager sur Facebook Partager sur Pinterest19 janvier 2014
"Sans Lendemain": les enjeux du siècle
Information et documentation sur le site http://sansLendemain.mpOC.be.
Titre original étasunien : There's no tomorrow.
Réalisation : Dermot O' Connor (35 minutes, 2012). Incubatepictures.com
http://www.youtube.com/watch?v=VOMWzj...
Version française 2013 due à l'initiative du groupe de Liège du mpOC, Mouvement politique des objecteurs de croissance (le mpOC n'est pas un parti politique).
Avec le soutien de : Amis de la Terre Belgique, ASPO.be (section belge de l'Association for the Study of Peak Oil and Gas), GRAPPE (Groupe de Réflexion et d'Action Pour une Politique Ecologique), IEW (Inter-Environnement Wallonie), Imagine demain le monde, mpOC.
Traduction : Francis Leboutte.
Voix : Caroline Lamarche.
Mixage voix : Margarida Guia.
Sous-titres en néerlandais, allemand, anglais, français, espagnol et italien.
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Thèmes : crise écologique , décroissance , économie , urgence-Terre
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