18 août 2024

Gaza : le génocide, aussi dans les têtes

 

Source: réseaux sociaux

Dans le déferlement estival ininterrompu d’informations et d'images atroces en provenance de Gaza, surnage un texte, hors du commun. Son auteur est un journaliste palestinien francophone, Ramil Abou Jamous, qui tient son journal depuis quelques mois sur le site indépendant Orient XXI.

Encore des atrocités, après les viols de détenus palestiniens, après l'histoire, racontée sur France 2, de ce jeune père dont les deux nouveau-nés sont morts bombardés alors qu'il allait déclarer leur naissance ? Dépêchons-nous de zapper, pour profiter de ce qui reste d'été !

Eh bien non, justement.

Suite sur Arrêt sur image

Lien vers le journal de Ramil Abou Jamous

 https://orientxxi.info/fr/auteur1342.html

20 avril 2022

Un expert de l’ONU rédige un dossier complet sur Julian Assange : "Journalistes, ceci vous concerne"

Nils Melzer, rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, avait refusé de rendre visite à Julian Assange avant 2019. Il était totalement d'accord avec la version des médias, jusqu'à ce qu'il commence à y regarder de plus près, à lire les rapports et rende visite à Assange. Trois ans plus tard, il écrit "The Trial of Julian Assange - A Story of Persecution", un appel urgent à tous les journalistes. "Ce qui arrive à Assange vous concerne tous".

12 mars 2022

Guerre Ukraine Anne-Laure Bonnel voici le Documentaire Censuré par tous les médias Français


 


2 mars 2022

INTERDICTION DE LA CHAÎNE RT FRANCE : un communiqué de presse du SYNDICAT NATIONAL DES JOURNALISTES

 


On ne défend jamais la liberté en attaquant les journalistes

Quelques jours après le début de l'offensive russe contre l'Ukraine, de nombreux travailleurs des médias sont aujourd'hui pris pour cibles par plusieurs puissances politiques ou militaires.

Les premiers visés sont évidemment nos consœurs et confrères présents en Ukraine qui tentent courageusement, sous les bombes, d'accomplir au mieux leur mission d'information.

Ce sont aussi nos consœurs et confrères en Russie qui font face à la censure et aux menaces à grande échelle d'un régime liberticide.

Le SNJ leur apporte son plein soutien confraternel.

L'Union Européenne et les Etats membres ont adopté plusieurs mesures de sanctions à l'encontre de la Russie, notamment sur le plan économique et financier.

Ils s'apprêtent également à interdire plusieurs chaînes et sites internet financés par la Russie, désignant notamment ceux de Russia Today (RT), qualifiés "de machines médiatiques" pratiquant "une désinformation toxique".

La rédaction de RT France, composée très majoritairement de journalistes professionnels français passés par différents médias, est clairement montrée du doigt.

Cette équipe d'une centaine de journalistes est déjà la cible d'insultes intolérables sur les réseaux sociaux ("collabos", "ennemis de l'intérieur", etc...), mais également de menaces physiques.(..)
 

28 janvier 2022

Anticor Le prix éthique anticorruption décerné à Julian Assange

Copie d'écran
 

Anticor | 23 janvier 2022

Julian Assange, combattant de la liberté, prix éthique Anticor

En janvier 2008, WikiLeaks publie des documents d’une banque suisse, et les relevés bancaires des clients qui avaient un compte dans une filiale aux Îles Caïmans. C’était la première grande fuite qui dévoilait la richesse confisquée aux nations.

En 2010, WikiLeaks publie une vidéo de l’armée américaine montrant des civils tués gratuitement par un hélicoptère à Bagdad. D’autres documents permettent de savoir que la guerre a fait 66 000 victimes civiles et que l’armée américaine avait livré plusieurs milliers d’Irakiens à des centres de détention pratiquant la torture. Ces documents révèlent des crimes de guerre et les mensonges de l’histoire officielle.

En 2015, Wikileaks révèle que des présidents français ont été espionnés par les États-Unis: Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande étaient sur écoutes. Et les informations étaient partagés avec l’Australie et le Royaume-Uni. L’ampleur des pratiques d’espionnage entre pays qui se disent amis était inconnue jusqu’alors.

Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks est un combattant de la liberté.
Il s’est battu pour nous, pour notre droit de savoir. Il s’est battu contre la raison d’État. Il s’est battu pour mettre en place un système de renseignement au service de la vérité et des citoyens.

Il a fait tomber des mises en scène dans lesquelles des pouvoirs s’autorisent la transgression des lois et le refus des règles communes. Il a exposé le pouvoir a la lumière du soleil.

Il paie aujourd’hui prix de son courage. Contraint de se réfugier à l’ambassade de l’Équateur à Londres en juin 2012, il y reste 6 ans et 9 mois sans voir la lumière du jour. Il est depuis dans une prison de haute sécurité, prisonnier politique dans un pays qui se dit respectueux des droits fondamentaux. Le rapporteur aux droits de l’homme de l’ONU a pourtant constaté qu’il était détenu dans des conditions d’oppression, d’isolement et de surveillance non justifiées.

Celui qui dénonce un crime ne peut être traité comme celui qui commet un crime. Sauf quand le pouvoir est criminel.

Sans doute, la justice permet cette suprême injustice. Cela nous renvoie à ce qu’écrivait Montesquieu: « Il n’est pas de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et sous les couleurs de la justice ».

Nous soutenons Julian Assange, car il a eu le courage de chercher la vérité et de la dire, et de refuser la loi du mensonge triomphant.
Nous le soutenons parce qu’il n’a pas seulement dénoncé l’injustice. Il a donné sa vie pour la combattre.
Nous le soutenons parce que les hommes qui se taisent alors qu’ils devraient protester, deviennent des lâches.

Journaliste et lanceur d’alerte, il incarne la cause de la justice, de la liberté et de la vérité. C’est donc aussi une cause pour nous tous, citoyens français..

Car la déclaration des droits de l’homme de 1789 proclame que « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme ».

Car le préambule de la déclaration de 1946 proclame, au sortir d’un des moments les plus tragiques de notre histoire que : « Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République ».

Car enfin, nous nous souvenons de ce que proclamait la Constitution de 1793 : « Tout étranger qui a bien mérité de l’humanité sera admis comme citoyen français. »

Nous pensons que nos dirigeants successifs, en refusant d’accorder l’asile a Julian Assange, ont trahi l’honneur et les principes qui fondent la République.

Pour finir, je vous rappellerai le destin d’un autre homme, qui a été jugé comme déserteur et condamné à mort par l’État français. Il nous disait que la flamme de la résistance ne doit pas s’éteindre et qu’elle ne s’éteindra pas. Cet homme était à Londres en 1940. C’était Charles de Gaulle.

C’est pourquoi nous avons aujourd’hui l’honneur de remettre cette petite Marianne, symbole de notre pays, à celui qui nous a montré une voie pour changer le monde et le rendre meilleur. Car nous savons qu’il porte toujours en lui et pour nous tous cette flamme de la résistance.

Source :

 https://www.anticor.org/2022/01/23/julian-assange-prix-ethique-anticor/

14 janvier 2021

La saga Assange: Le vrai journalisme est criminellement fou


L’objectif ultime de l’inquisition post-vérité du lanceur d’alerte Julian Assange est son renvoi dans le système pénal du goulag américain.

Par Pepe Escobar
 

La synchronicité aime décidément bien les murs de miroirs.

La saga Julian Assange semble être entrée dans un nouveau chapitre car il était, en théorie, en route vers la liberté – conditionnelle – lundi dernier, un jour seulement après le premier anniversaire de l’événement qui a démarré les Années Folles : l’assassinat du major général iranien Qassem Soleimani.

Le sort du journaliste que l’Empire cherche à supprimer a ainsi été juxtaposé au sort du guerrier/diplomate que l’Empire avait déjà supprimé.

Deux jours plus tard, Assange a été réincarcéré de facto exactement au moment où l’Empire était frappé par une « insurrection »  ...

 

20 octobre 2020

La campagne sans précédent et illégale pour éliminer Julian Assange (The Intercept)

Charles GLASS 

Assange ne bénéficierait jamais d’un procès équitable aux États-Unis, mais il n’en bénéficie pas non plus en Grande-Bretagne.

Pendant les 17 jours de l’audience d’extradition de Julian Assange à Londres, les procureurs ont réussi à prouver à la fois les crimes et la conspiration. Le coupable, cependant, n’était pas Assange. Au lieu de cela, les contrevenants et les conspirateurs se sont avérés être les gouvernements britannique et américain. Les uns après les autres, les témoins ont décrit en détail les mesures illégales prises pour violer le droit d’Assange

 (...) 

Suite sur LGS..


6 mars 2020

"Un système meurtrier est en train de se créer sous nos yeux"

Une allégation de viol inventée et des preuves fabriquées en Suède, la pression du Royaume-Uni pour ne pas abandonner l’affaire, un juge partial, la détention dans une prison de sécurité maximale, la torture psychologique - et bientôt l’extradition vers les États-Unis, où il pourrait être condamné à 175 ans de prison pour avoir dénoncé des crimes de guerre. Pour la première fois, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, parle en détail des conclusions explosives de son enquête sur le cas du fondateur de Wikileaks, Julian Assange.

25 février 2020

#FreeAssange : Signez contre l’extradition de Julian Assange vers les États-Unis !


À quelques jours de son procès, RSF s’oppose fermement à la menace d’une extradition de Julian Assange vers les États-Unis, où il risque jusqu’à 175 ans de prison pour avoir transmis des informations d’intérêt général à des journalistes.


Le recours à “l’Espionage Act” par l’administration Trump pourrait entraîner la condamnation de Julian Assange à 175 ans de prison. Cette procédure marque un dangereux précédent pour tous les journalistes ayant publié des informations classifiées d’intérêt général.(..)


11 février 2020

Appel : « Il faut remettre Julian Assange en liberté »

Le 6 février, Günter Wallraff (journaliste d'investigation), Sigmar Gabriel (ancien ministre fédéral des Affaires étrangères), Gerhart Baum (ancien ministre fédéral de l'Intérieur) et Sevim Dagdelen (membre du Parlement fédéral) ont présenté l'appel « Il faut remettre Julian Assange en liberté » lors d’une conférence de presse fédérale à Berlin, qui a été signé par plus de 100 personnalités de la politique, des sciences, de la culture et des médias.15 500 personnes ont signé l'appel depuis lors.


Nous sommes profondément préoccupés pour la vie du journaliste et fondateur de Wikileaks, Julian Assange, qui est détenu depuis plus de six mois dans la prison britannique de haute sécurité de Belmarsh, dans un état de santé critique, dans l’attente d’une extradition vers les USA. Nous soutenons l'appel du rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, à la libération immédiate de Julian Assange pour des raisons médicales et pour des raisons d'État de droit.

De 2012 à 2019, Julian Assange a obtenu l'asile politique à l'ambassade équatorienne avant d'être menacé d'extradition vers les USA, mais il a été là aussi rapidement surveillé, isolé et harcelé de manière systématique. Le rapporteur spécial des Nations unies avait rendu visite au fondateur de WikiLeaks emprisonné à Belmarsh le 9 mai 2019 avec une équipe de médecins et avait par la suite rapporté qu'il présentait « tous les symptômes typiques des victimes de torture psychologique prolongée ».

Six mois plus tard, M. Melzer a averti que le gouvernement britannique avait ignoré son appel et n'avait au contraire « rien montré d'autre que du mépris pour les droits et l'intégrité de M. Assange ». Il a continué à être isolé et surveillé dans des conditions inutilement stressantes, qui ne sont pas justifiées pour une simple détention en vue d'une extradition et qui pourraient même mettre sa vie en danger. Julian Assange, par exemple, devait passer 22 à 23 heures par jour seul dans sa cellule sans aucune raison valable. Tout contact humain normal avec d'autres prisonniers est strictement interdit et sa préparation au procès est systématiquement compromise. Dans une lettre ouverte, plus de 60 médecins ont demandé qu'Assange soit transféré au CHU, son état de santé étant désormais considéré comme une menace pour sa vie.
Julian Assange est actuellement emprisonné uniquement dans le but d'empêcher son évasion dans le cadre de la procédure d'extradition en cours vers les USA, où il est accusé d' « espionnage » pour avoir révélé des crimes de guerre et est menacé de 175 ans de détention en isolement.

Il est clair que dans les conditions actuelles de détention, Julian Assange ne pourra pas se rétablir ni préparer sa procédure d'extradition, qui doit commencer le 24 février 2020. Tous deux constituent de graves violations des droits de l'homme fondamentaux et des principes de l'État de droit, rendent impossible un procès équitable et exposent Julian Assange à des souffrances et des risques sanitaires considérables.
Nous rappelons aux médias allemands qu'Assange est l'un des leurs et que la défense de la liberté de la presse est une question fondamentale de la démocratie.

Nonobstant les allégations faites contre Assange, pour les raisons médicales et de droits humains exposées ci-dessus, nous demandons instamment à la Grande-Bretagne de libérer immédiatement Julian Assange afin qu'il puisse se rétablir sous surveillance médicale spécialisée et exercer ses droits fondamentaux sans entrave.

Nous demandons également au gouvernement allemand de faire des démarches auprès du gouvernement britannique à cet effet.



 
http://tlaxcala-int.org/upload/gal_21505.jpg

  

 Source : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=28059
 

28 avril 2019

Bercoff et Didier Maïsto: débat autour du droit d'informer dans les manifs


André Bercoff et Didier Maïsto - Toute vérité est bonne à dire invitent des journalistes, des web-vidéastes et des forces de l'ordre pour débattre sur le droit d'informer au sein des manifestations des Gilets Jaunes.

  
  

9 janvier 2019

Gilets jaunes : des violences policières jamais vues - David Dufresne


Le journaliste indépendant David Dufresne recense les violences policières depuis le début du mouvement des gilets jaunes. Invité d'Aude Lancelin dans l'Entretien Libre (Le MédiaTV), il revient sur l'intensité inédite de la répression policière subie par les gilets jaunes.


28 décembre 2018

Julian Assange seul face au silence médiatique


Il était une fois un informaticien lanceur d’alerte qui, avec une poignée de cyber-activistes, avait fondé un média d’information – Wikileaks – révélant au monde entier des crimes de guerre, des intrigues géopolitiques et des stratégies d’espionnages de grande ampleur..
 
Lire sur Acrimed
 

30 mai 2018

Lycée Arago, une journaliste en garde à vue


Après 44h de garde à vue, suite à l’occupation du lycée Arago, « l’entièreté de mon matériel de vidéaste est sous scellé, à l’heure actuelle, je ne possède plus rien. En octobre 2018, je serai jugée. »

DOC du réel en garde à vue

 DOC du réel est vidéaste et documentariste, elle contribue régulièrement à lundimatin, en nous faisant parvenir des reportages qui, du mouvement contre la loi travail en 2016 aux expulsions récentes à la zad, nous ont toujours parus pertinents, décalés (dans le bon sens du terme), et échappant à certains écueils (notamment le sensationnalisme) de la vague actuelle de journalisme alternatif et documentarisme citoyen. Le 22 mai 2018, alors qu’elle était présente dans le cortège de la fonction publique pour filmer, elle a suivi les groupes de manifestants qui se sont rendus dans le lycée Arago pour y tenir une assemblée. Avec tous les autres occupants elle a été arrêtée...

Suite sur lundimatin 
  

2 avril 2018

Emmanuel Macron inaugure le ministère de la Vérité Vraie

Le poisson d’avril de Mr Mondialisation qui s’arrête net en plein milieu de l’article car très fortement plausible …
 

Emmanuel Macron l’avait suggéré à demi-mots dans ses vœux 2018. Le gouvernement vient d’annoncer la création d’un tout nouvel organe d’État : Le Ministère de la Vérité Vraie. Celui-ci sera doté d’une milice à la répression des fakes-news. Objectif : surveiller et filtrer les publications des médias non-officiels pour préserver la démocratie....


Suite sur Mr Mondialisation

14 mars 2018

Ghouta : Défense du Media !

Copie d'écran

De l’école il me reste quelques souvenirs fondamentaux. Ainsi l’eau bout à cent degrés, la boussole indique le nord, le chameau blatère, le mètre étalon en platine iridié digère son avoine au Pavillon de Breteuil et la phtaléine du phénol est un révélateur. Le révélateur ? Parlons en puisque « Le Média » vient d’être trempé dans un bouillon de phtaléine, et que ça révèle, ça révèle ! Pire qu’un article de Plenel, ce qui n’est pas peu dire. Oui mais quoi ? Eh bien la vraie nature des bons apôtres qui protestent et se dé-socio-alisent du « Média », au prétexte que son correspondant à Beyrouth, Claude El Khal, a refusé de passer des images de la Ghouta en Syrie, renvoyant dos à dos les propagandistes des deux camps.

Suite sur Proche &Moyen-Orient.ch
  

26 janvier 2018

Aude Lancelin, entretien avec Emmanuel Todd - Le Media

Copie d'écran
L'ENTRETIEN LIBRE #1 - E. TODD

voir sur Le Media..


21 mars 2017

Le journaliste indépendant Gaspard Glanz menacé de mort par des policiers

© Marin Driguez, Taranis News
Gaspard Glanz fait partie de l’équipe de Taranis News, un journal indépendant engagé spécialisé dans les reportages vidéos des mobilisations sociales. Il a ainsi particulièrement suivi les mobilisations contre la loi-travail, les actions dans la ZAD de Notre Dame des Landes ainsi que les mobilisations de soutiens aux migrants, que ce soit à Calais ou Vintimille. Journaliste de terrain, ses reportages couvrant des manifestations où la répression policière était très importante a rapidement fait de Taranis News un média alternatif de référence dans la couverture des manifs. Cependant, filmer les violences policières n’est pas de tout repos, et le journaliste est systématiquement harcelé en manifestation...
Lire la suite sur Révolution Permanente 

Voir aussi sur Taranis news :

AVALANCHE DE MENACES DE MORT DEPUIS UNE PAGE FACEBOOK PRO-POLICE 

20 mai 2016

Vol Egyptair : "Ne pas céder au journalisme de sensation au mépris du journalisme d’information"


« Il est primordial que nous soyions ceux qui restaurions la confiance perdue des lecteurs. »



Aujourd’hui, je ne suis plus la correspondante au Caire du journal Le Soir. Hier, suite à la disparition de l’avion Egyptair entre Paris et Le Caire, on m’a demandé de ne pas proposer d’article « factuel », mais d’insister sur la « tristesse des familles » et de parler (remettre en cause) la sécurité de la compagnie aérienne égyptienne. J’ai refusé en expliquant n’avoir eu aucun accès aux familles (elles ont refusé de parler aux médias), puis que, la cause de l’accident n’étant pas connue (nous n’avons même pas d’indices), je ne pouvais accuser ni suggérer la responsabilité d’Egyptair. Aujourd’hui, on me « remercie ». Je ne suis pas « opérationnelle ». Soit.

Dans ce temps où les gens accusent les journalistes..
 
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16 septembre 2014

Gaza : le silence tue, la désinformation rend complice


Acrimed | 16 septembre 2014

Nous publions, sous forme de tribune [1], un texte signé par plusieurs chercheurs, intellectuels, et par le Secrétaire général de la Fédération Européenne des Journalistes. Ce texte a été rédigé en Belgique et adressé en priorité aux médias belges, mais aucun des titres de presse sollicités n’a souhaité le publier. Il dénonce des mécanismes également identifiables dans les médias français (Acrimed).


Quel bilan tirer de l’opération israélienne « Bordure Protectrice », 3 semaines après l’accord d’un cessez-le feu ? C’est avec amertume, indignation, mais aussi avec inquiétude que nous nous interrogeons sur le traitement médiatique de la tragédie qui a frappé la Bande de Gaza. En faisant - consciemment ou non - usage d’expressions communément acquises, la presse s’est rendue coupable de désinformation.

Nous, citoyens belges et européens, accusons la majorité des médias d’appliquer – délibérément ou non – la politique des « deux poids, deux mesures » lorsqu’il s’agit d’aborder ces événements atroces. Ainsi, parler de « guerre » est-il correct alors que le conflit oppose David à Goliath ? L’histoire atteste que nous sommes face à une répression de type colonial contre une population en résistance face aux occupants. Nous sommes consternés par la représentation d’un « conflit » où oppresseurs et opprimés se valent. Le principe d’« équidistance » a-t-il quelque sens dans un affrontement qui oppose l’armée israélienne - considérée comme la cinquième armée la plus puissante au monde - à des roquettes palestiniennes, pour la plupart artisanales ?

Il ne s’agit pas ici de reprocher aux médias de parler « des deux camps », mais bien leur représentation systématique, toujours au nom de l’« équidistance », des opérations des uns et des autres. Cette approche crée chez le lecteur, l’auditeur ou le téléspectateur le sentiment d’une égalité entre protagonistes. Ainsi, les roquettes palestiniennes, qui pour près de 87% sont interceptées, en arrivent à être présentées comme l’équivalent des chars, drones, F16, hélicoptères et missiles dernier-cri israéliens. Les 1,7 million de Gazaouis, eux, n’ont pas de Dôme de fer… Ils connaissent par contre une densité démographique supérieure à celle du Bangladesh sur 365 km2 (la moitié de la superficie du littoral belge). Une telle densité permet d’apprécier à sa juste valeur le leitmotiv propagandiste des « boucliers humains » du Hamas et la prétention d’Israël à s’en tenir à des « frappes chirurgicales ».

Nous dénonçons cette prétendue égalité entre protagonistes, renforcée par un traitement le plus souvent purement événementiel de l’actualité. Il faut rappeler que la Bande de Gaza est occupée depuis 1967 et assiégée depuis l’arrivée au pouvoir du Hamas, il y a 7 ans. Depuis, la population entière en fait les frais : encerclée par mer, terre et air pour avoir « mal choisi », dit-on, ses dirigeants. On l’a souvent dit : « Gaza est une prison à ciel ouvert ». Ce qui explique que l’ONU considère toujours le territoire comme étant sous occupation. Ni sortie de secours, ni lieu sûr. Pas même au sein des hôpitaux ou des écoles. Dans cette atmosphère oppressante, toute tentative de révolte des Palestiniens est présentée comme « activité terroriste » par des journalistes qui se font ainsi les porte-voix de la propagande israélienne. Faut-il rappeler que les résolutions de l’ONU et principalement la résolution 37/43 légitiment la lutte armée contre la domination coloniale ? Trop souvent, nos médias présentent exclusivement le Hamas comme un mouvement « islamiste radical », jamais comme un mouvement de libération nationale, déclenchant ainsi de façon pavlovienne des réflexes de peur et de rejet.

C’est l’enlèvement de trois jeunes Israéliens retrouvés morts en Cisjordanie occupée qui est systématiquement présenté comme l’élément déclencheur des hostilités entre Israël et Gaza. Le Hamas, accusé sans preuves de ce rapt a vu des centaines de ses militants et cadres locaux arrêtés. Malgré l’humiliation et les privations quotidiennes que subissent les Gazaouis, ce n’est que suite à ces arrestations d’envergure que les premières roquettes ont été tirées depuis la Bande de Gaza. Les premières du Hamas depuis… 2012. C’est aussi l’élimination, le 7 juillet, de sept combattants du Hamas qui a mené celui-ci à considérer que le cessez-le-feu avec Israël, négocié en novembre 2012 et qui engageait chaque partie à ne pas mener d’opérations militaires contre l’autre, était rompu.

Les finalités de l’opération israélienne « Bordure Protectrice » se voient tout à fait discréditées : mener des attaques de « représailles légitimes » afin d’éradiquer les tirs de roquettes. Or l’on sait que ce sont les opérations militaires israéliennes qui engendrent davantage de tirs de roquettes et font donc des victimes israéliennes. La boucle est bouclée, le cercle vicieux installé. Israël dit vouloir arrêter la violence contre ses citoyens, mais, contribue paradoxalement à la provoquer.

Nous accusons la plupart des médias de manipuler l’opinion en présentant le Hamas comme « l’organisation qui n’a pas accepté la trêve » ou « qui la viole constamment ». Et qui par conséquent, ne protège pas ses civils. Rappelons que la première proposition de cessez-le-feu a été discutée entre le gouvernement israélien et le gouvernement égyptien dirigé par le maréchal Al-Sissi, fervent opposant au Hamas. Peut-on imaginer la négociation d’une trêve si toutes les parties concernées ne sont pas présentes aux discussions ou si aucune des conditions demandées, par les représentants du peuple palestinien, n’a été évoquée ?

Des médias comparent les statistiques des morts civils palestiniens à celles des soldats israéliens tombés. Comparaison honteuse. D’autres médias cultivent la peur des « djihadistes » belges ou français partis combattre en Syrie, mais épargnent l’image de ces autres Belges ou français enrôlés dans l’armée d’occupation israélienne.

Cette approche médiatique, ce constat flagrant de sympathie première envers Israël se révèlent consternants et nous poussent à nous interroger sur les fondements d’une « osmose culturelle » avec cet État, alors que ce dernier piétine de manière constante les principes démocratiques et le droit international.

« Bordure protectrice » a fait plus de 2.100 victimes palestiniennes dont 500 enfants.

Nous, lecteurs, auditeurs, et téléspectateurs belges et européens, accusons une partie de la presse, de désinformation lorsqu’il s’agit de traiter des crimes de guerre commis par Israël à Gaza et en Palestine occupée.

Des gouvernements en passant par la population, toute la société dépend du Quatrième pouvoir, celui des médias, pour se forger son opinion. Jusqu’à présent, le travail indispensable d’investigation journalistique a souvent fait défaut. Sous couvert de neutralité, beaucoup de médias désinforment. Ils se rendent et nous rendent complices de la tragédie de Gaza.

Comme l’affirmait Desmond Tutu, « rester neutre face à l’injustice, c’est choisir le camp de l’oppresseur ».


- Anissa Amjahad - Docteure en sciences politiques et sociales (ULB)
- Frank Barat - Militant et auteur
- Sébastien Boussois - Docteur en sciences politiques
- François Burgat - Politologue, Aix-en-Provence
- Paul Delmotte - Professeur retraité de politique internationale à l’Institut des Hautes Études des Communications Sociales
- Ricardo Gutiérrez - Secrétaire général de la Fédération européenne des Journalistes
- Imane Nachat - Étudiante en dernière année de Master en Sciences de la communication - VUB
- Julien Salingue - Chercheur en science politique

Pour l’analyse d’Acrimed sur le traitement médiatique de la dernière offensive israélienne contre Gaza, voir notre article : « Offensive israélienne contre Gaza : les partis pris du traitement médiatique ».

 

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