7 mars 2018

Nos guerres (image)


14 novembre 2016

Lanceur d'alerte (film)


Source Youtube

Court métrage de fiction

En piratant la jeunesse dorée, Manon et Léo tombent par hasard sur un mail qu'ils n'auraient pas du voir...

L'histoire a été inspirée par ce mail :
https://wikileaks.org/clinton-emails/...

Avec Ernst Umhauer, Adrien Melin, Roxane Bret, Jean-Erns Marie-Louise, Christelle Cornil, Guillaume Franchin, Benjamin Haddad, Sophie Kircher, Sidney Zaoui, Elisa Sergent et Elliot Delage.

Scénario : Guillaume, Jeremy, Bastien
Réalisation : Guillaume Desjardins & Jeremy Bernard
Assistant réal : Jeremy Bernard
Producteur exécutif : Bastien Ughetto
Son : Vincent Da Silva & Pierre Hermand
Musiques : Edouard Joguet - edjmusic.com
FX : Arnaud Huck

Pour aider les réalisateurs:
TIPEEE ► http://tipeee.com/les-parasites

SITE ► http://lesparasites.net
 

19 octobre 2016

L'actu animée : Hillary Clinton (vidéo)


https://www.tipeee.com/l-actu-animee
 

16 décembre 2015

« La DGSE a facilité le convoyage de la bombe utilisée au Bd Amirouche »

Interview – Jean-Loup Izambert : « La DGSE a facilité le convoyage de la bombe utilisée au Bd Amirouche »
Algérie Patriotique
  
Algeriepatriotique : Une série d’attentats terroristes, sans précédent, a frappé la capitale française. Quelle analyse faites-vous de ces attaques ?

Jean-Loup Izambert
: Ces attaques ne sont qu’un petit échantillon du drame que vivent chaque jour les citoyens syriens, irakiens, palestiniens et des pays du Maghreb comme l’ont surtout vécu les Algériens dans les années noires de 1990. Elles sont le fait de groupes de la même mouvance idéologique que ceux que les dirigeants occidentaux, tout particulièrement étasuniens, anglais et français, protègent depuis la fin des années quatre-vingt. Ces groupes sont tous, d’une manière ou d’une autre, en rapport avec les services occidentaux des mêmes pays, principalement étasuniens. Dès 1945, les services étasuniens ont utilisé les Frères musulmans contre les pays socialistes. Puis, à la fin des années quatre-vingt, les Anglais et les Français ont collaboré avec la CIA, les services pakistanais et saoudiens pour renverser la jeune République laïque afghane. En 1982, le président François Mitterrand a fait sélectionner et exfiltrer d’Afghanistan des chefs de groupes criminels par la DGSE (...)
 
 

18 novembre 2015

De Pol Pot à ISIS : les racines du terrorisme (par John Pilger)


(...) En transmettant les ordres du Président Richard Nixon de bombardement « massif » du Cambodge en 1969, Henry Kissinger utilisa l’expression: « tout ce qui vole sur tout ce qui bouge ».

Alors que Barack Obama mène sa septième guerre contre le monde musulman, depuis que son prix Nobel de la paix lui a été remis, et que François Hollande promet une attaque « impitoyable » sur un pays en ruine, l’hystérie orchestrée et les mensonges nous rendent presque nostalgiques de l’honnêteté meurtrière de Kissinger.

En tant que témoin des conséquences humaines de la sauvagerie aérienne — ce qui comprend la décapitation des victimes, leurs organes éparpillés sur les arbres et les champs — je ne suis pas surpris de cette méconnaissance de l’histoire et de la mémoire, une fois encore.

La montée au pouvoir de Pol Pot et de ses Khmers Rouges, qui a beaucoup en commun avec celle de l’état islamique en Irak et en Syrie (ISIS), en est un bon exemple. Eux aussi étaient impitoyablement moyenâgeux et n’étaient au départ qu’une petite secte. Eux aussi étaient le produit d’une apocalypse made in USA, mais à ce moment-là en Asie. (...)

Lire l'article sur Le Partage ...
 

Michel Collon : « Eh, Zemmour, je vis à Molenbeek ! Et toi ? »


 L'écrivain Michel Collon répond à la proposition du polémiste Eric Zemmour de bombarder la commune de Molenbeek

Investig'action | 17 novembre 2015, par Michel Collon

Désolé pour le tutoiement, mais le respect, ça se mérite. Or, tu viens de proposer de « bombarder Molenbeek ». Et il se trouve que moi je vis dans cette commune de Bruxelles, puisque notre bureau d’Investig’Action s’y trouve. Donc, le respect, eh bien, je ne suis pas certain que tu y aies droit.

Avant de mourir, puis-je te poser deux ou trois questions qui me tracassent ? D’abord, comptes-tu bombarder l’ensemble de Molenbeek (environ cent mille habitants) et donc aussi mon quartier ? Ou bien procéderas-tu seulement à des « frappes chirurgicales » ?

Tu sais, comme celles de tes potes de l’armée US, dont les missiles et les drones tuent chaque jour des enfants, des femmes et des vieux en Afghanistan et ailleurs. Ou bien comme celles de ton pote Sarkozy qui a massacré plein de petits gosses en Libye, dont j’ai pu, étant sur place pendant les bombardements, voir les « déchets », c’est le seul mot qui convient pour ces morceaux de viande qu’étaient devenus de petits gosses charmants sous les missiles humanitaires de tes amis. Mais as-tu bien réfléchi, Eric ? Bombarder des innocents et semer la haine, ne crois-tu pas que c’est justement cela qui produit des terroristes ?

Ensuite, peux-tu me dire où tu habites afin que nous soyons sur pied d’égalité ? Certains disent que dans les beaux quartiers où j’ai l’impression que tu vis (je ne sais pourquoi, mais je t’imagine difficilement dans une cité ouvrière), dans ces beaux quartiers des Ferrari et du foie gras, c’est là qu’on trouve l’élite française, tu sais, celle des actionnaires du CAC 40 qui tremblent de joie quand Lagardère vend à l’Arabie saoudite les missiles qui tuent les gens au Yémen, ou quand Dassault refile des bombardiers à Netanyahou ?

Enfin, puisque tu sembles avoir des missiles en trop, ne penses-tu pas qu’il faudrait – dans ta logique – prendre pour cibles ceux qui ont armé, financé et acheminé vers la Syrie les terroristes dont certains sont maintenant revenus commettre les mêmes atrocités en France ? Est-ce malin de ta part de frapper des exécutants qui forcément seront remplacés ? Ne ferais-tu pas mieux de t’en prendre plutôt aux commanditaires ? Tu ne sais pas où les trouver ?

Je vais t’aider. Un certain Laurent Fabius (j’ai pas son adresse, mais ça doit se trouver dans l’annuaire) a déclaré en 2012 : « Al-Nosra fait du bon boulot en Syrie ! » Un certain Bernard-Henri Lévy est allé fraterniser avec la section d’Al-Qaida en Libye. Un certain François Hollande a été vu fréquemment en compagnie des cheikhs saoudiens, tu sais ceux qui empoisonnent le cerveau de ces jeunes. Un certain Alain Juppé est allé embaucher pour la sale guerre contre la Syrie le Turc Erdogan : tu sais, celui qui déroule un tapis rouge aux terroristes depuis l’aéroport d’Ankara jusqu’à la frontière syrienne et celui aussi qui aide Daesh à vendre son pétrole ?

Ah oui, en passant, Eric, j’aimerais te dire que Molenbeek est une commune très chouette à vivre, les gens y sont très chaleureux, bien sûr il y a quelques brebis galeuses (à Monaco, aussi, tu ne crois pas ?). Et donc je t’invite à venir la visiter en ma compagnie. Tu rencontreras des gens souvent assez pauvres mais qui essaient de s’en sortir. Parce que c’est curieux, mais quand on s’appelle Mohamed ou Karim, il est plus difficile de trouver un job que lorsqu’on s’appelle Eric ou Michel, tu comprends ça ? Et donc c’est là que se concentre la pauvreté à Bruxelles.

Parce que tes amis du patronat se fichent bien que tout le monde ait un emploi et un avenir, ce qui les intéresse au contraire, c’est de gagner un maximum en payant le minimum, et pour ça, plein de chômeurs qui font pression sur le niveau des salaires, c’est bon pour les affaires, non ? A Molenbeek, si tu veux bien quitter tes beaux quartiers, juste pour un jour, tu rencontreras plein de gens qui ont juste envie qu’on cesse de diaboliser les musulmans, qu’on les reconnaisse dans leur dignité et qu’on donne une chance à leurs enfants.

Quand je demandais ton adresse, Eric, je plaisantais bien sûr, raccroche ton téléphone, le 112 est déjà assez chargé. Non, mes seules armes, ce sont les raisonnements basés sur des faits. Donc, je te lance un défi. N’ayant jamais eu l’honneur d’être invité à débattre avec toi dans les grands médias français, je te propose de combler cette lacune. Examinons ensemble qui est responsable de tout ce carnage. Et laissons le public en juger.

Où tu veux, quand tu veux.

Notes :

1) - http://www.lesoir.be/1045840/articl...

2) - Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie ?, Investig’Action, 2015, chapitres 3 et 4.

3)- 12 décembre 2012, Marrakech.

4) - http://michelcollon.info/Pourquoi-B... Michel Collon, Libye, Otan et médimensonges, Investig’Action, 2011, p. 150-153.

5) - http://www.lefigaro.fr/internationa...

Source : www.francais.rt.com/www.investigaction.net
  

9 septembre 2015

Michel Onfray : «L’Occident attaque, prétendument pour se protéger, mais il crée le terrorisme»


On ne présente plus Michel Onfray, philosophe que l'on dit iconoclaste, grand pourfendeur devant l'Eternel (ou ce qui lui tient d'éternité) des conformismes et autres tables de lois. Il revient pour RT France sur les sujets qui ont, ces derniers temps, vrillé l'actualité.
 
Lire l'interview sur RT ...
  

25 février 2015

Pétition pour la nomination d’un « ambassadeur de choc » en Libye : Bernard-Henri Lévy

Photo : Un char percute son ego : BHL indemne
Le 17 février 2015, décrivant devant le Conseil de sécurité des Nations unies un pays qui pourrait devenir une menace pour l’Europe comme pour l’Afrique, le ministre libyen des affaires étrangères Mohammed Al-Dairi a appelé « à ne pas rester silencieux face au terrorisme en Libye ». Comme en écho, et évoquant le même pays lors d’une réunion de dirigeants sociaux-libéraux européens tenue à Madrid le 21 février, le Premier ministre français Manuel « 49-3 » Valls a estimé que le « djihadisme terroriste » était aux portes de l’Europe.

De fait, depuis la fin de 2011 et l’élimination de Mouammar Kadhafi au terme de ce que l’OTAN présenta en 2012 « comme un modèle d’intervention », la « Libye libre » a quelque peu sombré dans le chaos. Partition, « somalisation », seigneurs de la guerre, clans mafieux… Livré aux milices, le pays est dirigé par deux Parlements et deux gouvernements rivaux. A la multitudes de groupes sanguinaires aux alliances changeantes – Ansar Al-Charia, Majlis Shura Shabab al-Islam, Fajr Libya (Aube de la Libye), etc. –, regroupés pour certains dans le Conseil consultatif de la jeunesse islamique (MCCI), s’est ajouté depuis peu l’Etat islamique (EI), qui s’est récemment distingué par la décapitation de vingt et un travailleurs – il est vrai égyptiens et coptes de surcroît. C’est également dans cet arsenal à ciel ouvert, qu’Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) a pu faire son marché, ce qui lui a permis de porter la bonne parole entre autres au Mali. Pays d’où, depuis l’intervention française, le mouvement djihadiste Mujao s’est replié … dans le Sud libyen – tout étant dans tout et vice-versa.

Nul n’a oublié l’éblouissant rôle de la France, de son aviation et de ses forces spéciales dans cette spectaculaire démocratisation de la Libye. En stratège semi-intégral – son expérience militaire se limitant jusque-là à un service national effectué en 1978 à la « Base aérienne 117 Paris », où il appartenait au Groupe rapide d’intervention (GRI), chargé tous les matins, de 6 à 9 heures, du nettoyage des locaux – le président Nicolas Sarkozy a par chance bénéficié en 2011 de l’expérience de son ministre des affaires étrangères par interim, Bernard-Henri Lévy, un familier de la Control Room, l’état-major de la Libye libre. On n’en est malheureusement plus là…
 
 

16 janvier 2015

L’Occident fabrique des monstres musulmans


Terrorisme musulman : à qui la faute ? (Counterpunch)






Il y a cent ans, il aurait été inimaginable de voir deux hommes musulmans entrer dans un café ou un transport en commun, puis se faire exploser, en tuant des dizaines. Ou de massacrer l’équipe d’un magazine satirique à Paris ! C’eut été inconcevable.

Quand vous lisez les mémoires de Edward Said, ou que vous parlez à des vieux à Jérusalem-Est, il est clair que la grande partie de la société palestinienne était résolument laïque et modérée. On se souciait de la vie, de la culture et même de la mode, plus que de dogmes religieux.

On pourrait dire la même chose à propos de nombreuses autres sociétés musulmanes, dont celles de la Syrie, de l’Irak, de l’Iran, de l’Egypte et de l’Indonésie. Les vieilles photos parlent d’elles-mêmes. C’est pourquoi il est si important d’étudier les anciennes images encore et encore, avec soin.

L’islam n’est pas seulement une religion ; c’est aussi une énorme culture, une des plus grandes de la Terre, qui a enrichi notre humanité avec certaines des réalisations scientifiques et architecturales les plus importantes, et d’innombrables découvertes dans le domaine de la médecine. Les musulmans ont écrit de la poésie magnifique, et composé de la belle musique. Mais surtout, ils ont développé certains des premières structures sociales dans le monde, dont d’énormes hôpitaux publics et les premières universités au monde, comme l’Université Al Quaraouiyine à Fès, au Maroc.

L’idée de « social » était naturel chez de nombreux politiciens musulmans, et si l’Occident n’avait pas brutalement interféré en renversant les gouvernements de gauche et en mettant sur le trône les alliés fascistes de Londres, Washington et Paris, presque tous les pays musulmans, dont l’Iran, l’Egypte et l’Indonésie, seraient probablement socialistes aujourd’hui, sous la houlette de dirigeants très modérés et majoritairement laïcs.

Suite sur LGS ...


18 septembre 2014

Ukraine, Gaza, Syrie, Libye, un point commun entre ces guerres


Pour le géopoliticien mexicain Alfredo Jalife-Rahme, la simultanéité des événements éclaire leur signification : après avoir annoncé la création d’une alternative au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale, donc au dollar, la Russie doit faire face en même temps à l’accusation d’avoir détruit le vol de la Malaysian Airlines, à l’attaque de Gaza par Israël soutenu par les renseignements militaires US et britanniques, au chaos en Libye et à l’offensive de l’Émirat islamique au Levant. En outre, sur chacun de ces théâtres d’opération, les combats tournent autour du contrôle des hydrocarbures, dont le marché était jusqu’ici exclusivement opéré en dollars.
 
 

26 octobre 2013

La désintégration de la Libye




par Polina Lavrentieva | Réseau Voltaire | 9 octobre 2013


À l’été 2011, Thierry Meyssan assurait qu’il n’y avait pas de printemps arabe en Libye, que la population ne se levait pas contre Mouamar el-Kadhafi, mais que les Occidentaux jouaient avec le mouvement séparatiste de la Cyrénaïque. Deux ans plus tard, c’est fait : Tripoli a perdu tout contrôle à la fois sur la Cyrénaïque et le Fezzan, comme l’ont constaté les envoyés spéciaux des Nations Unies. Les richesses du pays sont désormais aux mains des gangs et des seules multinationales US.
 
Réseau Voltaire | Moscou (Russie) | 9 octobre 2013


L’on n’arrive pas à arrêter le processus de désintégration de la Libye commencé depuis l’assassinat de Mouamar el-Kadhafi. Un nouveau rapport de l’ONU en témoigne : sur fond de séparation de provinces au sein de la Libye « libérée du dictateur », ont cours des exécutions expéditives, une oppression politique massive et des tortures.

D’après le rapport commun de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) [1] et du Haut-Commissaire de l’ONU pour les Droits de l’Homme, près de 27 personnes sont mortes en prison dans le pays pour la seule fin de l’année 2011 [2]. 8 000 personnes sont détenues dans les geôles du pays. Elles y ont été jetées en 2011 en tant que « partisans de Kadhafi ». La plupart d’entre elles n’a même pas été officiellement l’objet d’une enquête et personne ne sait combien de temps elles resteront à l’ombre, puisque le système judiciaire ne fonctionne quasiment plus.

Le New York Times indique que des gens sont arrêtés maintenant, pour des raisons religieuses ou ethniques, ou s’ils sont suspectés de ne pas être loyaux envers « la démocratie ». Les prisonniers avec lesquels les inspecteurs de l’ONU ont pu parler ont relaté qu’ils étaient battus et torturés par le feu et par la faim dans les prisons.

En avril de cette année, une loi a été votée en Libye pour interdire les tortures et condamner les enlèvements. Mais elle n’a pas de portée effective. Ce n’est qu’une partie du tableau de la désintégration de l’État libyen. Des régions se retirent peu à peu, comme nous le prévoyions il y a deux ans dans ces colonnes. Et cela ne se passe pas non plus sans effusions de sang.

Ainsi, le 27 septembre, le Fezzan a proclamé son indépendance, ou tout au moins sa complète autonomie [3] ; les chefs tribaux en ont ainsi décidé « du fait du mauvais travail du Congrès ». En juin, c’était la région [riche en pétrole] de la Cyrénaïque [4] qui reprenait sa liberté. Des trois régions historiques de la Libye, seule la Tripolitaine en fait toujours partie. Pour l’heure, il n’y a pas de force capable de réunir à nouveau ces trois États historiques qui formaient la Libye depuis 1951.
Source
Odnako (Fédération de Russie)
Hebdomadaire d’information générale. Rédacteur en chef : Mikhail Léontieff.


[1] Site internet de la Manul en anglais et en arabe.
[2] “Torture and Deaths in Detention in Libya”, Unismil Report, Octobre 2013.
[3] « Libye "nouvelle" : la région de Fezzan proclame son indépendance », Irib, 27 septembre 2013.
[4] « Ливии официально больше нет. Восток объявил "нефтяное государство" » (La Libye officiellement n’est plus, l’Est se déclare en pétro-État), Odnako, 7 mars 2012.

31 août 2013

Les gentilles et les mauvaises armes chimiques


5 avril 2013

Aminata Traoré : « On demande au Mali de gérer les turpitudes de la France ! »



Politis | Par Patrick Piro - 1er avril 2013

 La militante critique l’opportunisme de l’intervention militaire française au Mali, résultat de l’inconséquence de la guerre engagée par Sarkozy en Libye.





Mi janvier, nous avions cherché à contacter Aminata Traoré pour connaître sa position sur l’intervention militaire française au Mali. Sans succès. A-t-elle préféré laisser passer la déferlante médiatique ? Il est vrai que son avis sur la question tranche radicalement avec l’enthousiasme ambiant, qui perdure en France et sur place.

La population malienne manifeste une reconnaissance assez unanime envers l’armée de l’ex-puissance coloniale qui a arrêté la progression des groupes islamistes en marche vers Bamako. Aminata Traoré, femme politique altermondialiste, ex-ministre, écrivaine, est une grande voix du Mali. Elle est très critique envers le débarquement de la « grosse artillerie » française. Mais ne fallait-il pas protéger les populations ?, insiste-t-on.

Aminata Traoré n’a pas la partie facile, argumentant contre la logique humanitaire caressée d’abondance par les discours officiels. Non par dogmatisme anti-impérialiste, mais dans l’intention de dénoncer l’entourloupe. On ne peut pas considérer les droits humains comme une question isolée, défend-elle, « tout est lié ».

« On a bafoué au Mali les droits économiques, politiques et sociaux. (…) J’aurais mille fois applaudi à l’intervention de la France, si elle s’était souciée en amont de la prolifération des armes au Nord Mali », arsenal issu de l’opération militaire en Libye décidée par Sarkozy.

28 février 2013

Tripoli delenda est !


Faire tomber le régime libyen et assassiner son chef n’avait évidemment pas pour objectif la défense des droits de l’homme et le philosophe de pacotille qui a essayé de la faire croire devrait être aujourd’hui inculpé d’apologie et de complicité de crimes de guerre par la Cour pénale Internationale si celle-ci voulait encore garder un minimum de crédibilité internationale

L’implication de Kadhafi dans le politique africaine et sa volonté de promouvoir le panafricanisme, s’ils sont bien connus de nombreux africains ont été soigneusement passés sous silence par les gouvernements et les médias occidentaux alignés.

Parmi les initiatives de Kadhafi, la création d’une organisation internationale à vocation régionale large a certainement été la plus mal perçue et la plus passée sous silence en Occident.
 

4 février 2013

Mali : les véritables causes de la guerre



Tout était en place pour que le Mali s’effondre et que le Sahel explose. Affaibli par les politiques d’austérité du FMI, longtemps paralysé par la Françafrique, victime du réchauffement climatique et de multiples sécheresses, le Mali est devenu l’une des pièces centrales du nouveau grand jeu sahélien. Revendication touarègue, djihadistes enrichis par le narcotrafic, déstabilisation libyenne et ambiguïtés algériennes, financements occultes saoudiens, stratégie à court terme des États-Unis et de l’Union européenne... Voici toutes les raisons de la guerre. (...)


Lire la suite

2 février 2013

La guerre vue par des africains


L'AUT JOURNAL | 28 janvier 2013 | Ferñent / Mouvement des Travailleurs Panafricains-Sénégal

Mali : le point de vue de progressistes africains


Alors qu’officiellement on faisait croire que l’ONU avait été saisie d’une intervention militaire « africaine », voilà que soudain le président Français Hollande lance sa guerre sous le nom de Serval au Mali.

Sarkozy avait fait exactement la même chose en Côte d’Ivoire, là aussi pendant qu’officiellement le mandat onusien et de la force française Licorne était d’empêcher les deux camps de se battre, brusquement le palais présidentiel est bombardé et le président L. Gbagbo est capturé.

Le mandat onusien est encore détourné de « protection aérienne de la ville de Benghazi » en campagne militaire de l’OTAN et ses mercenaires (Aqmi et autres salafistes financés par les Emirs saoudiens, qataris, koweitiens et émiratis), puis assassinat en direct de Khadafi.

Pour se débarrasser de la Jamahiriya Libyenne, l’OTAN et les monarchies intégristes fascistes du Golfe ont littéralement acheté les services d’une partie de l’armée nationale libyenne, formée de ressortissants Touaregs venant notamment du Mali.

Une fois le sale boulot exécuté, les Touaregs armés de l’ex-armée libyenne sont alors revenus dans le nord-Mali avec la complicité de l’ex-président Amadou Toumani Touré (balayé par le coup d’état du 22 mars 2012 lors d’une rébellion populaire et de la base de l’armée malienne).

Trahi par son propre président, le Mali va se retrouver divisé, avec une mainmise sur le nord du pays des groupes dits Touaregs des séparatistes du MNLA, d’Ansar Dine et des terroristes d’Aqmi, du Mujao, de Boko Haram.

C’est alors que Sarkozy fait entrer en scène son valet Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire) qu’il venait de hisser au pouvoir sur les chars français à Abidjan, nouveau président de la CEDEAO, cette communauté économique ouest-africaine dans laquelle les Etats de l’UEMOA et de la zone franc sont des semi-colonies de la Françafric.

Cette entrée en scène de la CEDEAO s’est traduite par le blocage des armes commandées par l’armée malienne dans les ports de Dakar, Conakry, Abidjan, et par la nomination de Dioncounda comme président malien d’une transition imposée d’un an anticonstitutionnelle par la CEDEAO à l’instigation de l’impérialisme français.

La ficelle trop grosse est démasquée ainsi par Aminata Traore, militante altermondialiste malienne : « La demande de déploiement de troupes africaines au nord du Mali, transmise par la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union Africaine (UA) aux Nations Unies, repose sur un diagnostic délibérément biaisé et illégitime. Il n'est fondé sur aucune concertation nationale digne de ce nom, ni au sommet, ni à la base. Ce diagnostic exclue par ailleurs la lourde responsabilité morale et politique des nations, celles qui ont violé la résolution 1973 du Conseil de Sécurité en transformant la protection de la ville libyenne de Benghazi en mandat de renverser le régime de Mouammar Kadhafi et de le tuer. La coalition des séparatistes du mouvement national de libération de l'Azawad (MLNA), de Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) et de ses alliés qui a vaincu une armée malienne démotivée et désorganisée doit également cette victoire militaire aux arsenaux issus du conflit libyen. Le même Conseil de Sécurité va-t-il approuver, dans les jours à venir le plan d’intervention militaire que les chefs d’Etat africains ont approuvé en prétendant corriger ainsi les conséquences d’une guerre injuste par une guerre tout aussi injuste ? ».

La situation de l’impérialisme français dont a hérité le président socialiste Hollande est la suivante:

Défait en Afghanistan, les impérialistes occidentaux (USA, UE) sont en train de fuir le pays qu’ils ont mis à feu et à sang et cherchent à détruire la Syrie en y armant des mercenaires djihadistes financés par leurs alliés des théocraties fascistes des pétrodollars saoudiens, qataris, émiratis et koweitiens.

Mais là aussi les choses semblent aller dans le sens de l’échec de la stratégie de libyannisation de la Syrie d’autant plus que la Russie et la Chine restent ferme au Conseil de Sécurité sur l’exigence du respect de la souveraineté nationale et de l’indépendance nationale des pays, nations et peuples conformément d’ailleurs à la charte de cette institution avec le soutien de la majorité de l’Assemblée Générale de l’ONU.

La crise économique et la nécessité du profit maximum implique une politique d’austérité dont l’axe majeur est la baisse des salaires, des pensions et des prestations sociales des travailleurs de France.

L’intégration de plus en plus grande en position subordonnée à l’impérialisme allemand à l’UE, à ses recettes libérales et à la division du travail au sein de cette prison des peuples européens.

C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre que la guerre déclenchée par Hollande dans le Sahara malien, dans la droite ligne de Sarkozy, est une guerre sur commande de TOTAL et AREVA.

Il s’agit d’accroître la mainmise de l’impérialisme Françafricain sur les richesses minérales et agricoles au profit de ses firmes transnationales en réactualisant un vieux projet du colonialisme français mis en échec dans les années 60 : l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS), projet de colonie détachant et rassemblant les régions sahariennes des futurs Etats indépendants de l’Algérie, du Mali, du Niger, du Tchad, de la Mauritanie.

C’est en 1952 qu’une mission de l’Assemblée Nationale française avait formulé la nécessité de créer un tel « Territoire d’Outre-Mer » (TOM) dès que commencerait l’exploitation du pétrole à Edjélé et à Hassi Messaoud en Algérie.

Le gouvernement français avait même déposé à l’époque un projet de loi faisant des régions sahariennes « un territoire autonome ».

Le ministre Max Lejeune devait déclarer, inaugurant le pipeline n°1 à Toggourt en Algérie, que « dans quelques années, la France, aidée par des concours extérieurs arrivera à obtenir son ravitaillement en carburant et deviendra directement après les USA et l’URSS la troisième puissance énergétique mondiale » (maliweb.net du 15/10/2012).

Ce projet sécessionniste visant en particulier l’Algérie à l’époque avait échoué parce que le Mali progressiste de Modibo Keita avait tenu bon sur la solidarité panafricaine avec la lutte de libération armée du peuple algérien.

Au lendemain de l'intervention militaire au Mali, la presse algérienne a été unanime pour s'inquiéter de ce retour colonial : « La France ne chercherait-elle pas à déstabiliser l'Algérie ? », « l'intervention militaire française au Mali est une des étapes d'un plan visant l'installation de forces étrangères dans la région du Sahel ».

L'analyste Laid Seraghni va plus loin en écrivant que: « Derrière l'enjeu malien, la France coloniale cherche à punir l'Algérie... Cette crise n'est qu'une étape pour atteindre in fine l'Algérie, dont le Sud est cerné par l'armée française qui opère en Libye, en Côte d'Ivoire, au Niger, en Mauritanie, au Tchad et au Mali... la France cherche par les armes à réaliser un ancien rêve colonial ».

Ce rêve colonial, rappelons le, consistait pour la France à conserver toute une partie du Sahara algérien et le sahel, car, déjà à l'époque, elle était au fait des richesses et des potentialités de cette région. Cet enjeu était si énorme que la guerre d'Algérie, qui aurait pu s'arrêter en 1958 a été poursuivie, le FLN historique ne voulant pas entendre parler d'une indépendance partielle c'est-à-dire sans le Sahara.

C’est cette même stratégie impérialiste qui avait pris la forme d’« autonomie » et de « régionalisation » suggérée et imposée au Mali par Edgar Pisani sous Mitterrand dans les années 80 et qui allait préparer à travers le tristement célèbre rallye « Paris-Dakar » et l’image touristique des « hommes bleus », la réémergence de la question des nationalités du nord Mali, et surtout de la minorité Touareg.

Confronté à la double difficulté interne des effets sociaux de la crise, et externe avec la défaite en Afghanistan et celle qui semble se profiler en Syrie, Hollande en se mettant carrément en première ligne et en faisant appel, comme en Libye, à Cameron et à la logistique US ainsi qu’aux « tirailleurs » valets africains de la Françafric vient de lancer sa guerre françafricaine du Sahara.

Hollande cherche là aussi à sauver son président-laquais « de transition » Dioncounda, imposé au peuple malien. Hollande fait d’une pierre trois coups : divertir le peuple Français, cacher les défaites en Afghanistan et en Syrie (en cours), tromper le peuple malien en offrant les richesses du sous sol de ce grand pays africain à Total (hydrocarbures) et Areva (uranium) et préparer la future agression revancharde contre l’Algérie.

Non à L’embargo de la CEDEAO et de la Françafric sur les armes commandées par l’armée malienne ! Troupes Françaises hors du Mali ! Non à la guerre pour les intérêts de Total et d’Areva ! Solidarité panafricaine et internationalistes des peuples pour dire : Françafric, hors d'Afrique!

Janvier 2013

Source:  http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=4341

 

20 juin 2012

La traque des migrants se poursuit en Libye

Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) - Migreurop - Justice sans frontières pour les migrants (JSFM) | 20 juin 2012

Photo FIDH



À l’issue d’une mission d’enquête qui s’est déroulée en Libye du 7 au 15 juin 2012, nos organisations dressent un constat très inquiétant du traitement infligé aux migrants dans le contexte de confusion qui règne actuellement dans le pays.

Riche de ses ressources pétrolières et peu peuplée, la Libye de Kadhafi recourait massivement à la main d’œuvre étrangère pour faire fonctionner son économie. Plus de six mois après la fin du conflit armé, qui avait provoqué la fuite de centaines de milliers de migrants vers la Tunisie, l’Égypte et les pays subsahariens, les migrants et réfugiés qui se trouvent en Libye aujourd’hui font l’objet de graves violations de leurs droits fondamentaux. (lire la suite...)

29 mai 2012

Libye, Afrique et Africom : une catastrophe en cours (Counterpunch)

Le Grand Soir |Par Dan GLAZEBROOK | 28 mai 2012


 La destruction du pouvoir régional indépendant qu’était la Libye a pavé la route pour la reconquête militaire de l’Afrique.




 
 
L’étendue de la tragédie que l’OTAN et ses alliés ont engendrée en Libye devient de plus en plus tristement évidente avec chaque jour qui passe. Les estimation sur le nombre des victimes varient, mais il semble qu’il y en ait eu au moins 50 000 ; à vrai dire, le ministère de la Défense britannique se vantait déjà en mai dernier que la massacre avait fait 35 000 morts. Mais ce chiffre ne cesse d’augmenter. La destruction des forces de l’état par le blitzkrieg Anglais, Français et Etasunien a laissé le pays dans un état de totale anarchie - au pire sens du terme.

Les anciens "rebelles", qui n’avaient rien d’autre pour les unir que la volonté temporaire de servir de soldats au sol à l’OTAN, se retournent les uns contre les autres. 147 ont été tués au cours d’un conflit interne dans le sud de la Libye plus tôt dans l’année, et ces dernières semaines des bâtiments gouvernementaux - dont les quartiers du premier ministre - ont été attaqués par des "rebelles" qui réclamaient leurs salaires. 1,4 milliards de dollars leur ont déjà été versés - ce qui prouve une fois de plus que c’étaient les forces coloniales de l’OTAN, et non Kadhafi, qui employaient des "mercenaires" - mais les règlements ont été suspendus le mois dernier à cause du népotisme généralisé. La corruption devient générale - 2,5 milliards de revenus du pétrole qui devaient être remis au trésor public se sont évanouis. Les ressources libyennes sont maintenant pillées à la fois par les multinationales pétrolières et par une poignée de familles issues des nouvelles élites du pays ; un schéma néocolonial classique. L’utilisation des ressources pour de grands projets d’infrastructure comme la Grande Rivière Artificielle (1) ainsi que la hausse massive du niveau de vie des habitants pendant les quatre dernières décennies (l’espérance de vie des Libyens est passée de 51 à 77 ans depuis l’arrivée au pouvoir de Kadhafi en 1969) ne sont apparemment déjà plus que des souvenirs, hélas.

Mais malheur à celui qui oserait le dire aujourd’hui. Il a été décidé il y a longtemps qu’aucun partisan de Kadhafi ne serait autorisé à participer aux élections à venir mais des décisions encore plus drastiques viennent d’être prises. La loi 38, que le nouveau gouvernement imposé par l’OTAN a votée le mois dernier, a créé un nouveau crime : la "glorification" de l’ancien gouvernement ou de son leader est punie d’une peine qui peut aller jusqu’à l’emprisonnement à vie. Un commentaire aussi vague que de dire que les choses allaient mieux sous Kadhafi tombe-t-il sous le coup de la loi ? La loi est volontairement assez vague pour permettre toutes les interprétations. C’est la porte ouverte à la persécution étatique institutionnalisée.

La loi 38 est encore plus révélatrice du mépris du gouvernement pour l’état de droit - un gouvernement, souvenez-vous, qui n’a toujours pas le moindre mandat populaire et dont le seul pouvoir repose sur les forces armées coloniales. Cette loi accorde l’immunité à tous ceux qui ont commis des crimes dans le but "de promouvoir ou de protéger la révolution". Les responsables du nettoyage ethnique de Tawergha - telle que "la brigade pour purger le pays des noirs" comme elle s’est elle-même nommée - peuvent tranquillement continuer leur chasse aux réfugiés de la ville sachant qu’ils ont la loi de leur côté. Les responsables des massacres de Syrte et d’ailleurs n’ont rien à craindre. Ceux qui ont participé à la torture généralisée des prisonniers peuvent continuer à le faire en toute impunité -tant que cela "protège la révolution" - autrement dit tant que cela maintient la dictature de l’OTAN et du Conseil National de Transition (CNT).

Voilà la Libye d’aujourd’hui : la guerre civile y fait rage, les ressources sont pillées, la société s’effondre et le fait d’exprimer le regret du temps où la Libye était prospère et en paix est puni comme un crime tandis que le lynchage et la torture ne sont pas seulement permis mais encouragés.

De plus le désastre a dépassé les frontières. La déstabilisation de la Libye s’est propagée au Mali où elle a engendré un coup d’état et la fuite d’innombrables réfugiés - notamment parmi les noirs immigrés en Libye - vers les pays voisins ; ces réfugiés en essayant d’échapper à la fois aux attaques aériennes et au lynchage ont ajouté aux difficultés économiques d’autres pays. De nombreux combattants libyens qui ont fini leur travail en Libye sont maintenant transférés en Syrie par leurs maîtres impérialistes pour y répandre aussi leur violence sectaire.

Et chose plus inquiétante encore pour le continent africain, AFRICOM - le commandement militaire étasunien - progresse dans le sillage de l’agression contre la Libye. Ce n’est pas par hasard que seulement un mois après la chute de Tripoli - et au cours du mois où Kadhafi a été assassiné (octobre 2011) - les Etats-Unis ont annoncé qu’ils envoyaient des troupes dans pas moins de quatre pays africains -la République Centre Africaine, l’Ouganda, le Sud-Soudan et la République Démocratique du Congo. Et AFRICOM vient d’annoncer 14 importantes manoeuvres militaires conjointes dans les pays africains en 2012, ce qui ne s’était jamais vu. La reconquête militaire de l’Afrique est en bonne voie.

Rien de tout cela n’aurait été possible avec Kadhafi au pouvoir. En tant que fondateur, principal donateur et ancien président élu de l’Union Africaine, il exerçait une grande influence sur le continent. C’est en partie grâce à lui que les Etats-Unis ont été forcés d’installer le quartier général d’AFRICOM à Stuttgart en Allemagne quand l’organisme a été créé plutôt qu’en Afrique ; ils avaient offert de l’argent et des investissements à des gouvernements africains mais ces derniers ont refusé d’accueillir leurs bases. On estime que la Libye du temps de Kadhafi avait investi à hauteur de 150 milliards de dollars en Afrique et la proposition libyenne, avec un apport de 30 milliards de dollars à la clé, de mettre en place une Banque de développement de l’Union Africaine aurait sérieusement diminué la dépendance financière de l’Afrique à l’Occident. Bref, la Libye de Kadhafi était le seul obstacle notable à la pénétration d’AFRICOM en Afrique.

Maintenant qu’il n’est plus, AFRICOM met les bouchées doubles. L’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan ont montré les guerres qui faisaient des victimes occidentales n’étaient pas populaires en Occident ; AFRICOM est conçu pour que, dans les guerres coloniales qui seront lancées contre l’Afrique, ce soient les Africains eux-mêmes qui se battent et meurent et non des Occidentaux. Les forces de l’Union Africaine doivent être intégrées à AFRICOM sous commandement étasunien. Kadhafi ne l’aurait jamais accepté ; c’est pourquoi il devait être éliminé.

Et pour avoir une idée de ce que sera l’Afrique sous la tutelle d’AFRICOM, il suffit de regarder la Libye, le modèle africain de l’OTAN : un état condamné à des décennies de violence et de traumatisme et complètement incapable de nourrir sa population et de contribuer à l’indépendance de la région ou du continent.

Il faut absolument mettre un terme immédiat au nouveau colonialisme militaire en Afrique.

DAN GLAZEBROOK

Pour consulter l’original: http://www.counterpunch.org/2012/05/25/libya-africa-and-afri...

Notes : 1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Rivi%C3%A8re_Artificiell...

Traduction : Dominique Muselet pour LGS
URL de cet article :
http://www.legrandsoir.info/libye-afrique-et-africom-une-catastrophe-en-cours-counterpunch.html

8 mai 2012

Quid de la politique étrangère après Sarkozy-Juppé ?




Géostratégie | 7 mai 2012

Quid des présidentielles françaises ?



Q – Restons sur le terrain des relations internationales, la position de Paris à propos des printemps arabes va-t-elle évoluer ?

Charlotte Sawyer – Si la précédente administration – celle de Sarkozy je veux dire – avait été prolongée, certainement pas. Ce d’autant que beaucoup (en France) donnaient l’actuel chef de la diplomatie française, Alain Juppé, comme probable locataire de Matignon ! Or, Juppé, en matière d’interventionnisme armé, est un extrémiste de la pire espèce.

En revanche, une administration social-démocrate, sous la houlette de MM. Hollande et Fabius (un homme beaucoup plus réfléchi que l’inconséquent Juppé) va peut être revoir la copie géopolitique de la France.

Q – Pour quelles raisons ?

Charlotte Sawyer – Primo, parce que la France n’a rien gagné à jouer avec le feu en Libye et en Syrie. Idem en Afrique subsaharienne. Or, outre Laurent Fabius aux Affaires étrangères, on donne également l’ancien CEO1d’Areva, Mme Lauvergeon, comme possible ministre d’un futur gouvernement social-démocrate. Or, celle-ci à pu apprécier les effets désastreux de l’aventurisme colonial de l’administration Sarkozy au Mali et au Niger où – par l’entêtement incompréhensible de MM. Sarkozy et Juppé, et des néo-cons frenchies à pousser les Contras libyens et, par ricochet, leur petits camarades d’Aqmi – Areva (et d’autres entreprises françaises de premier plan) se retrouvent encore plus en danger qu’elles ne l’étaient auparavant. Un comble !

Quant au volet syrien, à en croire les voix les plus autorisées chez nous2, ce sont bien les miliciens d’Al-Qaïda qui sont la source du plus grave danger, en Syrie et au Liban. En effet, qu’a dit notre US Secretary of State3, la Sénatrice Hillary D. Rodham Clinton, dans un entretien à CBS ? Que « nous savons que le chef d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, soutient l’opposition syrienne. Devons-nous soutenir cette organisation en Syrie » ?

Et, à écouter notre Director of National Intelligence (DNI)4 le lieutenant général (CR) James R. Clapper Jr., « Les attentats de Damas et Alep portent l’empreinte d’Al-Qaïda, qui a infiltré l’opposition syrienne divisée ». Avis partagé par le Chairman of the US Joint Chiefs of Staff (CJCS, chef d’état major interarmes), le général Martin E. Dempsey, qui est encore plus spécifique que le DNI. Pour lui, « Nous avons des preuves qu’Al-Qaïda participe aux attentats ». Qu’ajouter de plus ? Paris compte-t-il toujours épauler les Wall Srett Fundamentalists à Damas et Alep et les combattre à Kaboul et dans la Kapisa ?

Même au Royaume-Uni – où l’on a longtemps partagé l’extrémisme des néo-cons français sur les volets libyen et syrien – la prudence commence à se faire son chemin. Ainsi, pour l’Independent – support plutôt de gauche, donc plus susceptible d’influencer de l’autre côté du Channel5 – « L’évolution de la situation en Syrie est très dangereuse. Al-Qaïda apparait comme une force grandissante dans une région centrale du Moyen-Orient ».


Q – Mais la gauche française ne risque-t-elle pas de se tenir plus à distance de vous-mêmes, les Américains ?

Charlotte Sawyer – Vous plaisantez, je suppose ? Votre social-démocratie a toujours été atlantiste. De plus, au niveau des Renseignements, il semble qu’il existe une certaine défiance, au sein de la gauche institutionnelle, vis-à-vis du patron de la DCRI, Bernard Squarcini, considéré comme trop proche de la droite. Bien que l’homme soit un excellent professionnel ! Croyez-moi, votre nouvelle administration va beaucoup discuter avec la nôtre. Or, la Contra syrienne a beaucoup moins la cote sur les rives de notre Potomac, qu’il y a un an…

Pour le reste, laissez-moi vous rappeler que Boeing n’a jamais aussi bien casé – au détriment de votre propre avionneur Airbus – ses longs-courriers qu’avec des ministres communistes (ou prétendus tels) aux affaires !…


Q – Que pourraient être, selon vous, les premières décisions que devraient prendre le président de la République (française) nouvellement élu ?

Charlotte Sawyer – Parlons d’espoirs, plutôt ! En ce qui concerne, le président sortant, Nicolas Sarkozy, je ne me serais même pas hasardé pas sur cette voie à l’étroitesse d’un chemin vicinal. M. Sarkozy ayant particulièrement fait sien, au cours de son mandat, les mots de M. Edgar Faure : « les promesses (électorales) n’engagent que ceux à qui elles sont faites », en ce qui le concerne, je dirai donc : « Wait & see » ! Nous verrons bien !

Quid de Hollande, le Mister Flanby des humoristes, alors ? Qu’attendre de lui ? Si j’en avais l’opportunité je lui demanderai bien une ou deux petites choses…


Q – Lesquelles ?

Charlotte Sawyer – Oh ! Simplement de mettre en branle quelques petites commissions d’enquête, pardi. Sur quels sujet ? Voyons, dans le désordre, et deux deux côtés du champ politique :

1° L’affaire de Karachi et ses rétro-commissions ;
2° L’Affaire Merah, bien évidemment ? Que l’on sache, enfin, ce qui s’est réellement passé à Toulouse ;
3° Toutes les affaires de mœurs concernant l’ex-directeur-général du FMI, Dominique Strauss-Khan ;
4° Et pour rester dans un registre qui concerne largement les souffrances faites aux femmes: DEUX commissions d’enquêtes sur les agissements guerriers de l’administration sortante autours de la guerre de Libye et du soulèvement des Contras syriens…


Q – Quel rapport avec les femmes et leurs souffrances ?

Charlotte Sawyer – Très simple ! L’une des particularité des guerres est d’entraîner une montée exponentielle des violences faites aux femmes. Des viols en réunions, commis par les militaires et les paramilitaires, généralement. Or, en jouant les Rodomontes en Libye et en Syrie, par groupes maffieux takfiristes interposés, les membres de votre précédente administration ont massivement déstabilisé ces régions du monde livrant leurs populations aux agissements de groupes armés qui, notamment en Libye, ont tiré avantage de la protection aérienne de votre Armée de l’Air (Pierre Clostermann6 doit se retourner dans sa tombe), pour perpétrer leurs crimes en toute impunité. Ou presque.

Je vous sens dubitatif ! Je vous rappellerai donc les faits suivants :

Actuellement – et Human Rights Watch (HRW) s’en est fait l’écho – un nombre croissant de femmes sont violées par des rebelles touaregs et les groupes armés takfiris qui sévissent au Nord du Mali. Qui peut nier aujourd’hui que cette trainée de violence est la conséquence directe (et, ô combien prévisible) de la Guerre de Libye ?

Or, d’après Human Rights Watch, des viols et violences sexuelles se déroulent au nord du Mali. « Nous sommes très préoccupés par ce qui semble être une augmentation drastique dans le ciblage et l’abus sexuel des femmes et des filles par des groupes armés dans le nord », a, ainsi, déclaré à l’IPS, Corrine Dufka, chercheuse senior Afrique de l’Ouest à HWR. « Puisque les groupes rebelles ont consolidé leur contrôle du territoire du Nord qu’ils appellent le Azawad, Human Rights Watch a documenté plusieurs cas de viol et de nombreux autres cas dans lesquels les filles et les femmes ont été enlevées de leurs foyers, villes et villages, et très probablement abusées sexuellement », souligne Corrine Dufka.

Quant au porte-parole du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Ag Assarid, s’il a nié toute implication du MNLA, il a reconnu qu’il n’était pas possible de « contrôler tous les gens de l’Azawad ».

Quant aux membres du groupe takfiri Ansar Dine, quoi qu’ils en disent, ils ne valent pas mieux. HRW rapporte, qu’au début du mois d’avril 2012, ses membres pro-occidentaux avaient coupé l’oreille d’une femme pour avoir, crime inexpiable, « porté une jupe courte ».

Quant aux exactions des Contras libyens et syriens, reportez-vous aux propos ci-dessus de notre US Secretary of State, Hillary D. Rodham Clinton. À moins de considérer les membres des diverses branches d’Al-Qaïda comme des féministes impénitents, on voit mal en quoi les aider à prendre le pouvoir en Afrique subsaharienne et au Middle East… pardon au Levant a pu participer à l’amélioration du sort des femmes…


Q – Les membres de l’administration Sarkozy, vous pensez à qui, en particulier ?

Charlotte Sawyer – Dans cet ordre : MM. Sarkozy, Juppé et Longuert et le chef d’état-major de l’armée de terre française en poste lors de la Guerre de Libye, le général d’armée Elrick Irastorza si ma mémoire est bonne. Il me semble qu’il serait plus que souhaitable que ces hommes puissent répondre aux questions d’enquêteurs, d’experts, de membres de la société civile pour que soit établie leur, éventuelle, responsabilité dans le chaos induit par leurs décisions en Libye, en Afrique subasaharienne et dans la République arabe syrienne. Cela me semble être un premier pas nécessaire..


Q – Et les « affaires » qui attendent Sarkozy au tournant ?

Charlotte Sawyer – On verra bien. Mais restons prudents, rien n’est joué. Si, par exemple vous prenez l’affaire du financement libyen de la campagne 2007 de Sarkozy, il y a autant de versions que d’intervenants dans et de cette affaire.

Quant à la fameuse missive qui incriminerait Sarkozy, à en croire les Israéliens7, sur la forme, sa rédaction ne correspondrait guère à la formulation de documents de l’administration libyenne. En effet, elle débuterait par un incongru « que la paix soit avec vous », alors que tous les documents de la Jamahiriya libyenne, comme la plupart des pays arabo-musulmans, débutent par le traditionnel Bismillah, Al-Rahman, al Rahim (au nom de Dieu clément et miséricordieux).

Second point, note JSSNews, « le document parle d’euros alors que toute transaction avec la Libye se fait en dollars ».

Tertio, « dans des cas de financement occulte, il n’est pas fait de documents officiels, notamment dans les pays arabes où la tradition orale est forte ». Enfin, « ce n´est pas la signature de Moussa Koussa qui se trouve au bas de cette lettre, même pas une tentative d’imitation, ce qu’a confirmé l’intéressé ».

Au stade où nous en sommes, beaucoup d’impondérables pour fonder un vrai dossier, je le crains !

6 mai 2012

Kadhafi-Sarkozy : la justice tunisienne savait dès octobre 2011


dimanche 6 mai 2012| Par Mathieu Magnaudeix, Fabrice Arfi et Karl Laske


« Oui, en tant que premier ministre, j’ai moi-même supervisé le dossier du financement de la campagne de Sarkozy depuis Tripoli », a déclaré, il y a sept mois, Baghdadi Ali al-Mahmoudi.
Dès le 25 octobre 2011, l’ancien chef du gouvernement libyen, actuellement détenu en Tunisie, avait détaillé le financement par le régime Kadhafi de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, lors d’une audience devant la cour d’appel de Tunis, qui examinait la demande d’extradition déposée par la Libye à son encontre.

Dans un témoignage accordé à Mediapart, deux avocats ont révélé, vendredi, avoir pris note, le 25 octobre 2011, des explications de l’ancien premier ministre sur l’existence d’un circuit occulte de financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Selon eux, l’ancien chef du gouvernement libyen a précisé devant la cour avoir « supervisé » lui-même ces transferts de fonds, passés selon lui par la Suisse.

Leurs témoignages viennent confirmer les déclarations de deux autres avocats de l’ancien premier ministre...

(photo : Baghdadi Ali al-Mahmoudi)
 
La suite de l’article sur mediapart.fr

 

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