25 septembre 2019

Prise de terre(s)


 Que se passe-t-il sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes depuis l’abandon du projet d’aéroport ?

 paru dans lundimatin#209, le 23 septembre 2019 

Si l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a constitué une indéniable victoire pour un mouvement protéiforme et courageux, cette concession de l’appareil étatique s’est accompagnée d’un assaut hors norme contre tout ce qui s’était déployé positivement sur la zone et avait permis au fil des années une résistance de longue haleine. Depuis, certains habitants ont quitté la ZAD pendant que d’autres ont choisi de rester et de négocier en espérant préserver et développer la plus large part d’autonomie possible. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la continuation de la ZAD par d’autres moyens a suscité son lot de désaccords, de conflits et souvent de polémiques auxquels s’ajoutent autant de blessures et de déchirements. Cet été, nous avions publié un article intitulé Zombie-walk à la ZAD - Des fantômes et des fantasmes, dans lequel des participants à la défense du bocage exprimaient leur regret de voir cette zone d’expérimentation s’institutionnaliser. En guise de réponse, nous publions cette semaine ce long texte d’analyse et de prospective rédigé par des habitants au cours de l’été ; et qui tente de clarifier ce qui s’est joué là-bas ces dernières années et comment cela pourrait s’inscrire dans les années à venir. (..)
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14 avril 2018

Comment j’explique « la ZAD » à ma Mère


L’évacuation de la Zone à Défendre de Notre-Dame-des-Landes est dans tous les débats cette semaine. Alors qu’affluent ce weekend des centaines de citoyens français venus prêter main-forte aux agriculteurs et militants, il est pratiquement impossible d’offrir une autre version que celle froide et aseptisée fournie aux médias par le gouvernement. Sous le regard du président, il n’y a qu’une et seule version admise : les zadistes sont des perturbateurs violents qui occupent des terres dans l’illégalité et l’État, en bon sauveur, vient rétablir l’ordre et la paix. Après tout, si la majorité des médias le disent, pourquoi en serait-il autrement ? Allez maman, éteins deux minutes TF1 que je t’explique la ZAD.
NB : le choix d’une mère est tout personnel. Ceci fonctionne avec n’importe qui d’autre.

Chère maman. Petite mise en situation. Imagine-toi vivre avec ta petite famille sur vos propres terres depuis plusieurs générations. C’est beau, naturel, un rare espace préservé de l’urbanisation. Un jour...

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5 février 2017

Le pillage hier et aujourd'hui de l'Afrique par l'occident : deux vidéos


L'origine de la pauvreté en Afrique et en Amérique du Sud - Documentaire ARTE (25'30'') Piqûre de rappel quant à l'histoire de la colonisation et de la fabrication du tiers monde par les européens. 



L'utilisation des ONGs Occidentales pour le pillage des ressources de l'Afrique  
https://www.youtube.com/watch?v=dz5sOeD53Rc&feature=youtu.be

Un extrait de la présentation TEDX de Mallence Bart Williams, en 2015 à Berlin, à propos du pillage de l'Afrique par l'Occident et de l'utilisation, pour cela, des ONG. (4'23")

Pour aller plus loin, un article essentiel: http://partage-le.com/2016/01/pourquo...
& https://www.youtube.com/watch?v=2N9dw...

13 octobre 2016

ZAD : Valls sans retour

8 cotobre 2016 : Le Chant des Bâtons (empruntée à ValK)

Par le Collectif Mauvaise Troupe, le 12 octobre 2016 | Source Indymedia Nantes 

Alors que nous écrivons ces lignes, le bruit de l'hélicoptère tente de briser notre concentration. Il tourne, désormais quotidiennement, là-haut où les avions ne volent pas, répandant sa rumeur de guerre et de reconquête. César1 guette et cherche à impressionner. Parfois il se met légèrement sur le flanc, pour nous mieux observer. Est-il surpris par la ronde des tracteurs qui depuis quelques jours déposent des balles de foin aux carrefours ? Par ces comités de soutien qui viennent repérer les lieux les plus stratégiques où ériger leurs barricades ? Par les formations qui chaque fin de semaine regroupent plus de cent personnes venues se préparer aux expulsions annoncées ? Peut-être l'est-il davantage encore de tous ces gestes qui perdurent. Sylvie et Marcel qui soignent leur troupeau, les moissons du sarrasin, un fest-noz célébrant la récolte de patates, quatre-vingt charpentiers bâtissant l'ossature d'un gigantesque hangar ou une bibliothèque tout juste inaugurée. Son regard peut-il embrasser avec les 2000 hectares toute la richesse de la vie qui les peuplent ? Celle qu'il prétend détruire dans le mois à venir...
 
 Les préparatifs d'une nouvelle opération d'occupation et de destruction du bocage à sept mois des élections présidentielles ont quelque chose d'irréel. Après un printemps de grèves, de blocages économiques, d'agitation de rue contre la loi travail, en plein état d'urgence, quel serait l'enjeu de transformer ce coin de campagne mais aussi la ville de Nantes en véritables poudrières ? Ce n'est certes pas seulement pour construire un aéroport de plus et ainsi honorer les « accords public-privé » avec la multinationale Vinci. S'il est vital pour les gouvernants d'écraser la zad, c'est qu'elle constitue une démonstration insolente d'une vie possible sans eux. Et d'une vie meilleure. À l'heure où la seule prise politique qui nous est proposée consiste à choisir, le nez bouché, le moins pire des affairistes en mesure de battre le FN (mais d'en appliquer le programme), le surgissement d'un territoire hors et contre le principe même de gouvernement leur est insupportable.

Car ici, l'expression « zone de non droit », qu'ils voudraient effrayante, a pris une acception radicalement positive. Contrairement à ce qui a lieu dans les rues des villes « policées », à la zad, personne ne dort dehors et chacun mange à sa faim. De grands dortoirs accueillent les arrivants, un « non-marché » hebdomadaire propose les légumes, la farine, le lait, le pain et les fromages produits sur place, sans qu'un prix ne vienne en sanctionner la valeur. Dans les nombreuses infrastructures collectives, mais aussi dans les échanges ou les travaux collectifs, les relations se basent sur la confiance et la mise en commun, à l'envers des logiques ayant cours qui s'appuient sur le soupçon et l'individualisme. Ce que les cyniques de tous bords taxent d'utopie irréalisable est éprouvé dans les gestes et la matière. Même l'absence de police et de justice - les gendarmes ne fréquentant plus la zone depuis 2013 - n'a pas produit le chaos que d'aucuns auraient imaginé et souhaité. Les opposants à l'aéroport ont démontré qu'ils étaient capables de vivre ensemble sans aucune tutelle les surplombant. Une communauté de lutte a donc patiemment vu le jour, nouant des liens tissés pour résister aux attaques comme au pourrissement. Tout ceci ne va pas sans heurts, évidemment, si déshabitués que nous sommes à décider nous-mêmes de nos devenirs. Nous réapprenons, nous apprenons, et rien n'est plus joyeux et passionnant que de se plonger dans cet inconnu.

C'est pour toutes ces raisons que la zad représente une véritable expérience révolutionnaire, de celles qui redessinent radicalement les lignes de conflit d'une époque. Le mouvement anti-aéroport s'étend aujourd'hui dans des pans de la société habituellement plus sensibles au chantage à l'emploi et à la crise qu'à la défense d'un bocage. Les salariés de Vinci, mais aussi de l'actuel aéroport, ont clairement exprimé, via leurs sections CGT, qu'ils rejoignaient la lutte et ne seraient jamais des « mercenaires ». De même, les lycéens et étudiants mobilisés au cours du mouvement contre la loi travail s'apprêtent à bloquer leurs établissements dès l'arrivée des troupes. Trop d'espoirs sont condensés ici pour que nous puissions être vaincus, il en va de notre avenir, de nos possibilités d'émancipation. Nombreux sont ceux qui le pressentent, se tenant prêts à transformer la bataille de Notre-Dame-des-Landes, si elle a lieu, en véritable soulèvement populaire, capable de rabattre l'arrogance d'un État qui pense pouvoir impunément casser les travailleurs, précariser la population, mutiler les manifestants, tuer Rémi Fraisse, Adama Traoré et tant d'autres, donner un blanc-seing à sa police et continuer allègrement sa chasse aux migrants.

Face à leurs fusils semi-létaux, face à leurs blindés à chenilles, nous aurons les armes séculaires de la résistance : nos corps, des pierres, des tracteurs et des bouteilles incendiaires, mais surtout notre incroyable solidarité. Peu importe que la partie soit inégale, elle l'était tout autant en 2012, quand après des semaines dans la boue, derrière les barricades, nous leurs avons finalement fait tourner les talons. Il y a quelques semaines déjà, alors que sous le hangar de la Vacherit l'assemblée du mouvement touchait à sa fin, un octogénaire se lève, un éclat de malice dans le regard et des cartons plein les bras. Il déballe fièrement les mille lance-pierres qu'il a fabriqués avec quelques complices pour projeter des glaçons de peinture. Tous rient, mais en essaient l'élastique. Car s'il faut à nouveau prendre les sentiers de la guerre pour défendre ce bocage, nous serons nombreux à le faire, ici, partout. C'est ce que nous avons affirmé ensemble une fois de plus lors de la grande manifestation du 8 octobre. Brandissant nos bâtons, nous avons scellé ce serment : nous défendrons ce bocage comme on défend sa peau ; policiers, soldats, politiciens, vous pouvez venir raser les maisons, abattre le bétail, détruire les haies et les forêts, ne vous y trompez pas : la fin de votre mandat ne suffirait pas à éteindre ce que vous embraseriez à Notre-Dame-des-Landes.

Collectif Mauvaise Troupe
 

25 avril 2016

Mange et tais toi!


Un très bon docu réalisé dans le Lot, dans lequel il est surtout question de santé publique et d'écologie, mais aussi de démocratie.
 

21 janvier 2016

Le terreau fertile où s’enracine la lutte de Notre-Dame-des-Landes


Des « occupant(e)s » de la zad de Notre-Dame-des-Landes publient ce lundi un appel à « défendre la zad ». C’est un texte d’urgence, face aux menaces renouvelées du pouvoir, mais aussi une tentative de donner le vrai sens de ce qui se cultive dans le bocage : l’autonomie, l’émancipation, la solidarité.


C’est un joli texte sur Notre-Dame-des-Landes qui paraît ces jours-ci aux Editions de l’Eclat, mais un texte d’urgence : alors que le pouvoir ronge son frein pour détruire la zad (zone à défendre) située sur le site du projet d’aéroport et défaire le mouvement populaire qui s’oppose, des habitant.e.s de la zad et des proches ont écrit cet « appel à défendre la zad partout, et, à travers elle, tout l’espoir contagieux qu’elle contient dans une époque aride ». Il s’agit de donner à voir et à sentir, non seulement l’énergie prête à se déployer dans la bataille qui semble de nouveau s’annoncer, mais surtout l’enjeu qui n’est pas tant la défense d’une espérance que la possibilité de la cultiver et de la multiplier. (...)
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Note: Localement dans le Lot, si vous souhaitez participer à (ou proposer) des actions de soutien à NDDL, contactez le collectif Testet46,  testet46[arobase]riseup.net 
 

16 décembre 2015

Une réponse à la COP21 et à son monde : Construire la zad


Automne 2015.
 
A l'heure du grand jeu théâtral de la COP21, cette vidéo présente ce qui se construit collectivement sur la zad de Notre-Dame-des-Landes.
Elle a été réalisée par des personnes habitant sur place, depuis le mouvement d'occupation de la Zone à Défendre, pour être projetée à chaque étape du convoi en vélo et tracteur depuis la Zone à Défendre jusque Paris.
Ne pouvant présenter en 25 minutes tous les aspects de ce qui se vit, se tente, se veut et se concrétise sur place, cette première vidéo montre surtout les chantiers collectifs autour de projets agricoles ou de construction, qui autonomisent le mouvement vis-à-vis de l'économie marchande.
Mais cette seule approche ne suffit pas à résumer ce qu'est politiquement la zad – qui n'est d'ailleurs pas unitaire. D'autres aspects de cette lutte qui manquent dans ce film (liés notamment à l'autogestion, à la construction d'un vivre ensemble et sans chef, dans toute notre diversité) feront l'objet de prochaines vidéos.

De l'occupation aux constructions, en passant par les projets agricoles et les moments de fêtes, à peu près tout ce qui se vit dans cette lutte est hors-cadre légal, et constitue une nécessaire réponse au ravage généralisé que produit la société économique occidentale.
Les solutions ne sont pas à attendre d'en haut, de la bureaucratie, de l'approche gestionnaire : elles résident dans les luttes visant à s'émanciper des lois du marché aussi bien que des lois légales qui protègent l'ordre économique.

Des habitant-e-s de la zad de Notre-Dame-des-Landes
http://zad.nadir.org/
 

 

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