25 octobre 2016

La marche de femmes israéliennes et palestiniennes pour exiger la paix

 
(...) La marche de l’espérance exige la relance des négociations entre les gouvernements israéliens et palestiniens pour que la paix existe entre les générations futures.

Plus de trois mille femmes palestiniennes et israéliennes ont marché durant des semaines jusqu’à la résidence du dirigeant israélien, Benjamin Netanyahu, pour exiger un accord de paix entre les deux nations .
(...)

 

16 décembre 2015

Une réponse à la COP21 et à son monde : Construire la zad


Automne 2015.
 
A l'heure du grand jeu théâtral de la COP21, cette vidéo présente ce qui se construit collectivement sur la zad de Notre-Dame-des-Landes.
Elle a été réalisée par des personnes habitant sur place, depuis le mouvement d'occupation de la Zone à Défendre, pour être projetée à chaque étape du convoi en vélo et tracteur depuis la Zone à Défendre jusque Paris.
Ne pouvant présenter en 25 minutes tous les aspects de ce qui se vit, se tente, se veut et se concrétise sur place, cette première vidéo montre surtout les chantiers collectifs autour de projets agricoles ou de construction, qui autonomisent le mouvement vis-à-vis de l'économie marchande.
Mais cette seule approche ne suffit pas à résumer ce qu'est politiquement la zad – qui n'est d'ailleurs pas unitaire. D'autres aspects de cette lutte qui manquent dans ce film (liés notamment à l'autogestion, à la construction d'un vivre ensemble et sans chef, dans toute notre diversité) feront l'objet de prochaines vidéos.

De l'occupation aux constructions, en passant par les projets agricoles et les moments de fêtes, à peu près tout ce qui se vit dans cette lutte est hors-cadre légal, et constitue une nécessaire réponse au ravage généralisé que produit la société économique occidentale.
Les solutions ne sont pas à attendre d'en haut, de la bureaucratie, de l'approche gestionnaire : elles résident dans les luttes visant à s'émanciper des lois du marché aussi bien que des lois légales qui protègent l'ordre économique.

Des habitant-e-s de la zad de Notre-Dame-des-Landes
http://zad.nadir.org/
 

2 décembre 2015

L'ONG-isation de la résistance (par Arundhati Roy)


 Extrait d'une conférence donnée à San Francisco, Californie, le 16 août 2004 (traduit de l’anglais).

Le développement des associations, des ONG, désamorce la colère politique des peuples, crée une zone tampon entre le gouvernement et le public, régule la contestation…

... ou comment la société industrielle capitaliste, en créant le Complexe Industriel Non-Lucratif, qui sert à contrôler, à limiter, tout en encourageant la résistance, assure sa propre survie. ESSENTIEL, pour comprendre pourquoi beaucoup de mouvements sociaux, militants, échouent.


 

30 novembre 2015

anticop21 Aux portes de Paris, le banquet des ZAD (vidéo 7mn)

Partis sur les routes depuis parfois de longues semaines, les convois à vélo et tracteurs en provenance des zad et autres territoires en luttes ont enfin convergé à Versailles le 28. Un banquet royal, joyeux, festif et résistant s'est déployé face au château.

Banquet des ZAD et autres territoires en lutte // Versailles // 28 novembre 2015 from stéphane trouille on Vimeo.

Note (3-12) : Voir aussi article et vidéo sur Politis ..

27 novembre 2015

La marche des zads face au blocus de Paris


Quatre convois se sont rejoints pour célébrer samedi 28 novembre un « banquet » contre les « grands projets inutiles », malgré les interdictions.

Un peloton qui serpente tranquillement sur les routes d’Eure-et-Loir, encadré par des tracteurs décorés aux couleurs des zads de France, des riverains souvent enjoués et des gendarmes à cran : le convoi « cap sur la Cop21 » s’approche de son but, à quelques heures de l’ouverture de la conférence climatique. (...) 

suite sur Politis ..
 

Comment manifester pour le climat ce 29 novembre malgré l’état d’urgence

source de l'affiche : http://anticop21.org/

La COP21 s’ouvre ce dimanche à Paris. Les principales manifestations pour le climat ont été interdites à Paris mais aussi dans d’autres villes de France. Certaines organisations appellent à se mobiliser de manière virtuelle, d’autres contournent l’interdiction par la formation d’une chaîne humaine ou appellent à braver l’état d’urgence ce 29 novembre. Une déclaration signée par une large coalition de mouvements internationaux demandent également à François Hollande de lever les interdictions de manifester durant la conférence internationale : « Il est impossible pour les politiques d’effectuer les changements nécessaires sans des mobilisations et mouvements massifs, créateurs d’espaces politiques et de volonté. »

Suite aux attentats du 13 novembre, les autorités ont déclaré l’état d’urgence et interdit la marche pour le climat initialement prévue le 29 novembre à Paris, réduisant au silence citoyens et société civile (...)
 
Suite sur Basta!...
 

24 novembre 2015

cop21 Le banquet des irréductibles face au sommet des irresponsables !

Anticop21 | 24 novembre 2015

Le 28 novembre 2015 les convois de territoires en lutte convergeront vers Paris à la veille de la COP21, la conférence intergouvernementale souvent présentée comme le « sommet de la dernière chance » pour « sauver la planète » du réchauffement climatique. Les convois viendront y dénoncer l’hypocrisie flagrante du gouvernement. Hypocrisie à prétendre lutter contre le réchauffement climatique tout en menaçant de revenir quelques semaines plus tard vider la ZAD de Notre-Dame-des-Landes pour y construire un nouvel aéroport. Hypocrisie à déclarer vouloir « préserver la planète » d’une main, et de l’autre raser des forêts pour y faire des Center Parks à Roybon, Poligny et ailleurs. Hypocrisie à prôner la biodiversité et vouloir détruire des terres agricoles pour construire des technopoles comme à Saclay ou Agen, des méga-poubelles nucléaires à Bure, des zones commerciales à Gonesse, des centrales à biomasse, des incinérateurs, etc. Enfin, hypocrisie à prétendre « réduire les inégalités » tout en développant des métropoles « compétitives » où les rénovations urbaines éliminent les derniers quartiers populaires, comme à Ivry-sur-Seine ou en Seine-Saint-Denis.
Converger ensemble vers Paris, c’est réaffirmer la force collective et la détermination des territoires en lutte à se tenir ensemble dans leur grande diversité et à bloquer concrètement l’avancée de leurs projets nuisibles, imposés et climaticides. Il est temps de sortir enfin du productivisme industriel, de la privatisation des biens communs, de la destruction des terres nourricières et de la marchandisation du vivant, pour qu’émergent d’autres possibles.
 
Après la jonction des convois et une marche commune, nous occuperons l’espace public le temps d’un après-midi avec un grand banquet des territoires en lutte, convivial et joyeux, pour montrer notre détermination à ne pas céder aux aménageurs et à leur monde. Nous prendrons place ensemble pour continuer de renforcer concrètement la solidarité des luttes - qu’on les appelle « territoriales », « sociales », « migratoires », « environnementales »... - unies contre la folie destructrice du système marchand. Nous réaffirmerons notre détermination à libérer des espaces où se réapproprier nos conditions d’existences, des espaces où puissent s’inventer d’autres formes de vie communes ! 
 
Nous appelons à une convergence des convois à 11h30 au Rond point de la division Leclerc à Châtillon, pour marcher ensemble vers Paris, à pied, à vélo, en tracteurs, en musique et en chansons ! 
Venez nombreux.euses !
Et que les rues résonnent de notre joie de vivre et de notre appétit de lutter !
 (...)
suite ....

Toulouse : plus de 15000 personnes réunies dans une marche contre la barbarie et pour la paix



Correspondants à Toulouse

Ce samedi 21 novembre a eu lieu une marche à Toulouse, suite aux attentats de Paris et à la politique d’état d’urgence lancée par le gouvernement. Appelée par plusieurs organisations, notamment les trois principales organisations syndicales : CGT31, FSU31 et Solidaires31.
 
La jeunesse en tête de cortège

Une banderole au début de cortège était là pour rappeler les mots d’ordres de la marche "contre la barbarie, contre les amalgames, pour les libertés et la paix". Juste derrière, un cortège "jeune" et une grande banderole où était inscrit "Leurs guerres, nos mort-e-s. Contre l’état d’urgence, intensifions nos luttes", des pancartes "L’impérialisme tue", "A bas l’état d’urgence" ou encore "Union nationale, union du capital". Ce cortège n’a pas plu à tout le monde, et notamment aux médias dominants. Bien que beaucoup de manifestants était en accord avec ces slogan (...)



18 juillet 2014

Vivre et lutter au matin du 21ème siècle, ZAD, Val de Suse



Constellations | juillet 2014

Vivre et lutter au matin du 21ème siècle

un texte du collectif mauvaise troupe sur la ZAD et le Val de Suse

Un ancien maquisard nous racontait que si aujourd’hui une révolution éclatait, il ne saurait sans doute pas la reconnaître comme telle. C’est un genre similaire de cécité, la lucidité en moins, qui frappe notre époque et ses ’analystes’ figés dans une grille de lecture qui ne sait plus voir la révolte, aveugle à ces éclats, insensible à sa puissance. Le regard doit s’affûter à la meule du présent, desceller les paupières dogmatiques de ce qui a vécu. Les révoltes n’existent pas « encore », elles existent tout court.

Mais parce qu’elles désertent les autoroutes du grand soir, les TGV de LA révolution et les tours de contrôle des partis politiques, elles dessinent une géographie que les vieilles phraséologies ignorent, et dont la langue s’ébauche à fleur d’existence, avec dans la bouche toujours le goût de l’inconnu.

Avec l’ouvrage Constellations, nous avons tenté de déplier cette carte nouvelle et foisonnante, celle d’une génération politique des années 2000 (la nôtre, quel que soit notre âge) qui réinvente ses propres pistes révolutionnaires. Ce ciel-là est parsemé de fêtes sauvages arrachées aux rues pacifiées, de hackers aux prises avec la toile, de savoir-faire regagnés sur la dépossession, ou de tentatives d’organisation politique sans Organisations. Ciel menaçant, que nous entendons bien contribuer à précipiter sur la tête de l’ordre existant.

NOTRE-DAME-DES-LANDES ET VAL SUSA

Nous vivons un temps qui exige que la question révolutionnaire soit reposée depuis les combats en cours, depuis leur force, depuis les victoires qui font bégayer la voie du Progrès, que d’aucuns voudraient linéaire et sans tache. C’est au cœur de ces combats que les mots justes s’énoncent, que les pensées s’élaborent, çà et là ; c’est donc leur écho qu’il convient de répercuter ici. Aux deux extrémités de l’Hexagone, deux luttes - parmi tant d’autres - deux épopées, deux territoires en ébullition parviennent aujourd’hui à agréger des constellations multiples et à les faire consister en foyers indéracinables. Côté Atlantique, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Là-bas, depuis quarante ans, un projet d’aéroport « vert » menace d’atterrir sur 2000 hectares de terres agricoles, bocages et hameaux. À partir de la fin des années 2000, des dizaines de personnes sont venues s’installer sur cette Zone À Défendre à l’appel d’habitants et de paysans qui avaient choisi de résister. Ce sont ces occupants sans droits ni titres que l’opération César d’octobre 2012 a tenté d’expulser avec la plus grande difficulté pendant plusieurs semaines. Le 17 novembre suivant, 40 000 manifestants venaient témoigner leur solidarité en participant à la réoccupation du bocage et à la construction d’un ensemble de nouvelles cabanes.

« Dès lors commença, plus qu’un chantier : une œuvre, une œuvre commune. Tel jour au son d’un duo de saxo et d’accordéon grimpé sur un toit, tel autre sous une pluie battante ; toujours dans la boue et sous les espèces d’une fraternité communicative. Un de ces moments de pur bonheur où l’on pourrait croire qu’un tel déploiement de forces libres est facile et durerait toujours. Pourtant, tout a été accompli sous la pression jamais relâchée des gendarmes, des hélicoptères, des déclarations menaçantes des notables, et dans la conscience que le reste du monde n’avait pas changé, qu’il regorgeait de dispositifs hostiles, braqués contre nous dès lors que nous démontrions par l’exemple que nous n’avions pas besoin d’eux pour nous conduire. […]

Auprès [des édifices de Vinci, constructeur de l’aéroport], quoi de plus frêle que ces assemblages de bois, de paille et d’argile, que nous façonnons : des châteaux de cartes gonflés de sève, de vie, qui ressemblent à nos rêves mais sculptés dans la matière, et que nous défendrons comme on défend sa peau [1].
»

Côté alpin, la lutte No TAV [2] contre le projet de TGV reliant Lyon à Turin fait rage depuis plus d’une dizaine d’années. Le foyer majeur de contestation se situe juste de l’autre côté de la frontière française, dans la vallée occitane de Susa déjà balafrée par l’autoroute du Fréjus. C’est là que les autorités italiennes et européennes tentent de faire démarrer les travaux de forage nécessaires au percement d’un nouveau tunnel. Après une féroce bataille en 2005, la vallée bénéficia de cinq ans de répit. Mais depuis le début de l’année 2011, les porteurs de projet tentent à nouveau de reprendre l’initiative...

« La libre république de la Maddalena a commencé à la fin du mois de mai [2011]. Un jour on apprend que les flics allaient venir dans la nuit pour occuper des terrains. Dans l’après-midi, on organise un débat et on part faire des barricades. La première barricade était à Ramats, et d’autres étaient dressées jusqu’à la centrale électrique. Notre « check-point » se trouvait là. De l’autre côté, la zone barricadée s’étendait jusqu’à Clarea. On était un millier, et toute la nuit on a barricadé. Les flics sont arrivés à minuit, à Clarea, on les a empêchés d’entrer et ils sont partis. Cette nuit-là, on a déclaré la libre république, et on est resté sur place. On avait le bar et le four à pizza, les avocats, les médecins, ainsi qu’un espace multimédia. […] Ça devait ressembler à quelque chose comme la commune d’Oaxaca [3]. Chaque jour on était plus organisé, et ça a duré 45 jours. Les flics ne pouvaient pas entrer, ni l’État, on a fait la même chose que les maquisards, sans les mitraillettes [4]... » 

HABITER UN TERRITOIRE

Ces kystes [5] se sont métastasés, au grand dam de ceux qui s’en voyaient déjà les habiles chirurgiens et qui redoutent explicitement que ceux-ci viennent contaminer tous leurs autres projets [6]. Ils n’ont pas subi la quarantaine des marginalisations, car la solidarité de ceux qui habitent et luttent là-bas ne permet pas aux États de faire moisson d’ivraie, en dialoguant avec le bon grain. Leurs échecs se lisent sur les lèvres des habitants du Val Susa scandant « nous sommes tous des black-blocs » après une manifestation particulièrement agitée le 3 juillet 2011. Accepter la diversité des pratiques de lutte, avoir un but commun mais des moyens différents pour y parvenir, telle est la force de ces deux combats, telle est leur intelligence. Dont la source est peut-être à chercher dans le lien que ces habitants ont su tisser au territoire qu’ils défendent.

« Nous habitons ici, et ce n’est pas peu dire. Habiter n’est pas loger. Un logement n’est finalement qu’une case, dans laquelle on « loge » de gré ou de force les gens après leur journée de travail et en attendant la suivante. C’est une cage dont les murs nous sont étrangers. Habiter, c’est autre chose. C’est un entrelacement de liens. C’est appartenir aux lieux autant qu’ils nous appartiennent. C’est ne pas être indifférent aux choses qui nous entourent, c’est être attaché-e-s : aux gens, aux ambiances, aux champs, aux haies, aux bois, aux maisons, à telle plante qui repousse au même endroit, à telle bête qu’on prend l’habitude de voir là. C’est être en prise, en puissance sur nos espaces. C’est l’opposé de leurs rêves cauchemardesques de métropole où l’on ne ferait que passer.
Habiter ici, c’est ne plus pouvoir imaginer comment tout ça pourrait disparaître : parce que ça, c’est ce qui fait nos vies [7].
»

Ces vies se mêlent si profondément à la lutte qu’elles en deviennent inséparables. Il ne s’agit plus ici de seulement militer pour ou contre une cause, ou en réaction à un grand projet nuisible, mais de rendre poreux l’existence et le combat jusqu’à en affaler les frontières. « Ce qui fait nos vies » est alors tissé d’un écheveau qui refuse tout dénouement. Ce qui voyage avec le slogan « ZAD partout », c’est cette réalité contagieuse : la possibilité effective d’existences antagonistes.

Dans un présent qui partout se défausse, il n’est pas paradoxal que ce soient les luttes les plus ancrées dans un territoire qui prennent des dimensions universelles. Car ces territoires ne se referment pas sur eux-mêmes, leurs frontières sont poreuses, traversées par ce que chacun peut y amener, et venir y puiser. Leurs échos se rencontrent à travers le partage de pratiques, de stratégies et d’un certain style (des ZAD sont nées dans le Tarn, le Morvan ou le Vaucluse) comme à travers les gestes de solidarité. C’est ainsi qu’à Nantes, le 22 février 2014, lors d’une manifestation rassemblant 50.000 personnes durant laquelle des locaux de Vinci et de Nantes Métropole ont été pris pour cibles, des opposants à l’aéroport s’en sont également pris à une agence SNCF en chantant les slogans italiens du No TAV. Si ces luttent rayonnent tant aujourd’hui, c’est qu’en ces territoires et dans leur au-delà se trouvent condensées et enchevêtrées les constellations de nos vies (les manières d’habiter, cultiver, se soigner, de constituer des « communs », mais aussi de retrouver des formes d’intervention politiques offensives ou de générer des imaginaires décolonisés).

ZONES DE NON-DROIT

La ZAD ou le Val Susa ne sont pas des « zones de non-droit » dans le sens où elles constitueraient de petits espaces au sein desquels le droit ne serait plus respecté, elles le sont dans la mesure où à travers chacune de leurs actions, elles déposent le droit, rendent caduque la loi et ridicules ses thuriféraires. Lorsque le 23 avril 2014 le préfet de Loire-Atlantique fait repartir ses troupes avant même qu’elles arrivent jusqu’aux tracteurs et barricades qui protègent la ferme nouvellement occupée de Saint-Jean-du-Tertre, lorsque ses arrêtés « interdisant de cultiver » ou de « reconstruire un hangar » sont et demeurent lettres mortes, lorsque même ses plus hargneuses tentatives restent couronnées d’échec, quelque chose se produit qui est davantage qu’une résistance locale, qui se transforme en démonstration, en porte ouverte dont le courant d’air traverse l’Europe. Lorsqu’à Venaus en 2005, les carabiniers vaincus doivent marcher au milieu d’une haie de déshonneur composée des habitants qui les ont acculés, c’est un euphémisme que de dire qu’un tel événement constitue un dangereux précédent.

Ces luttes éveillent la détermination à la fois des révoltés et des pouvoirs en place, car elles portent en elles, irréductiblement, concrètement, la possibilité d’un renversement de l’ordre en vigueur. Certains d’ailleurs ne s’y trompent pas : « On a pris un territoire et on a déclaré que ce territoire était libéré, que les lois de l’État italien n’avaient plus cours, que seules avaient cours les lois que nous partagions dans l’assemblée générale chaque soir. Le chef des industriels italiens est la personne qui a le mieux compris tout cela. Il a dit à la télé : ce n’est pas seulement la question du TAV, c’est pire, c’est la question de la déclaration d’un espace autonome de l’État italien [8]. » Voici donc la face totalitaire de la démocratie, voici donc ce qu’elle ne peut souffrir : que ses administrés décident de se passer d’elle, lui échappent en assumant – en actes – leur antagonisme. Manuel Valls l’a parfaitement bien énoncé : « La colère, la violence, ne sont pas possibles dans une démocratie comme la nôtre [9]. » Seules sont tolérées la colère platonique et l’indignation sans conséquences. La vie tout autre que la ZAD et le Val Susa esquissent est donc, qu’on le veuille ou non, une vie en guerre.

DROIT D’EXCEPTION

Le 22 mai dernier s’est ouvert en Italie le procès de Chiara, Claudio, Niccolo et Mattia, au sein d’un bunker judiciaire aménagé au sein de la prison de Turin. Si contrairement à l’annonce précédente d’un jugement par visioconférence, les prévenus sont effectivement présents sur place, le dispositif par lequel ils ont été auparavant tenus à distance dans trois prisons différentes, tout autant que la pression policière qui s’exerce sur leurs soutiens, ou encore le fait que le ’public’ ne peut assister au procès que maintenu derrière des parois en plexiglas, montre bien comment l’État contemporain compte traiter les existences qu’il ne peut contrôler. Leur chef d’inculpation : « acte de terrorisme à l’aide d’engins pouvant entraîner la mort ou explosifs, dégradations par voie d’incendie, violence contre agents de police, détention et transport d’armes de guerre ». C’est cette accusation de terrorisme, déjà utilisé contre les maquisards, que l’État emploie pour désigner le sabotage lorsqu’il devient nécessaire d’abattre une résistance irréductible. Car c’est bien de sabotage qu’il s’agit, ces quatre personnes ayant été arrêtées à la suite d’une action menée par une trentaine de personnes qui ont pénétré dans l’enceinte du chantier du TGV Lyon-Turin pour y incendier un compresseur et un générateur électrique, tandis que les forces de l’ordre étaient maintenues à distance à l’aide de cocktails Molotov (ne causant aucun blessé). Le lendemain de leur arrestation, la coordination de tous les comités No Tav déclarait : « Les inculpés sont des fils du Val de Susa, le sabotage est un acte de résistance légitime, les terroristes sont ceux qui imposent le TAV. » Les quatre inculpés risquent plus de vingt ans de prison, mais la vallée ne désarme pas [10]. Erri de Luca déclarait au Huffington Post : « Il faut saboter le TAV. […] Pour l’heure, la vallée entière est militarisée, l’armée surveille le chantier et ses résidents doivent montrer leurs papiers pour aller travailler la vigne. Les tables rondes avec le gouvernement ont échoué, les médiations ont échoué : le sabotage est la seule option [11]. » L’écrivain a été mis en examen pour ses propos.

En France, où le plomb de la répression a pesé moins lourd que de l’autre côté des Alpes dans la défaite du mouvement révolutionnaire des années 70, le pouvoir ne se permet pas tout à fait cette brutalité. Reste que la logique est la même et la police nationale n’est pas en reste. Ici aussi, le profilage politico-policier tente d’imposer sa performativité, avec l’arrestation plusieurs mois après les faits de manifestants du 22 février sur la seule base de photos ou vidéos floues et de fichages plus ou moins officieux.

Il ne semble pas que cela suffise cependant, puisque la solidarité reste intacte et que les appels et les gestes de soutien aux personnes ciblées par la répression se multiplient. Par la maîtrise d’une certaine forme d’aïkido politique, il se pourrait bien que les mauvais coups de la police reviennent plus vite que prévu aux visages des gouvernants. Car à trop vouloir circonscrire la révolte, pour l’extirper au scalpel ou la contenir par cordon sanitaire, le pouvoir est condamné à passer à côté de cette vérité : on n’expulse pas les rêves et les espoirs qui ont pris racine dans les plis de chaque existence et de chaque espace libéré. À la ZAD, on agit d’ores et déjà pour étendre l’idée de victoire au-delà du strict abandon du projet en communisant les terres et en pensant les conditions d’une zone libérée et contagieuse.

Au-delà de ces territoires, c’est dans cette réouverture des imaginaires, cette chair donnée à l’espoir, cette diversité assumée des formes de sabotage de l’hégémonie marchande et gestionnaire que se niche la possibilité actuelle d’un réel bouleversement. Car de leurs puissances éclosent des vies en devenir plus éloignées que jamais d’un retour à l’ordre.

Dans une atmosphère collective aiguë rien n’est impossible à l’homme ; il ne perçoit plus les barrières sociales et matérielles, celles-ci disparaissent effectivement, la puissance humaine est alors réellement décuplée. […]Une protection surnaturelle paraît acquise à ceux qui ont franchi la frontière de leur ordinaire timidité. À la réflexion, ce qui est surnaturel, c’est que des millions d’êtres acceptent de vivre au-dessous de leurs possibilités dans l’ignorance de la puissance qu’ils renferment.
Pierre Mabille, Le miroir du merveilleux

[1] « Une brèche ouverte à Notre-Dame-des-Landes » in Constellations, p. 618.
[2] « Treno Alta Velocità », TGV en italien.
[3] Le 14 juin 2006, dans cette ville mexicaine, la répression du traditionnel piquet de grève des instituteurs en grève déclenche l’insurrection de toute la cité.
[4] Interview d’un habitant du Val Susa, ibid., pp. 613-614.
[5] « Il est hors de question de laisser un kyste s’organiser », affirmait Manuel Valls à propos de Notre-Dame-des-Landes le 19 septembre 2012 à la sortie du Conseil des Ministres.
[6] Comme s’en alarme un économiste pro-aéroport : « Si on cède sur Notre Dame des Landes, il sera impossible de mener un projet d’infrastructure enFrance pendant quinze ans. »
[8] Interview d’un habitant du Val Susa, Constellations, pp. 613-614.
[9] Manuel Valls interviewé sur RTL le 4 mars 2013.
[10] Le procès s’annonce long et coûteux, c’est pourquoi pour faire face à ces dépenses et à leur maintien en détention, un compte a été ouvert. Destinataire : FRANCESCA CAMICIOTTOLI. IBAN : IT27A0316901600CC0010722513
Données à ajouter pour les dons venant de l’étranger. BIC : INGDITM1XXX SWIFT : CIPBITMMXXX
[11] Interview accordée le 1er septembre 2013 sur le site de la version italienne du Huffington Post.

Adresse de cet article :   https://constellations.boum.org/spip.php?article112
Le télécharger au format pdf
 

21 septembre 2011

Les indignés matraqués à Paris

Paris s'éveille | 20 septembre 2011


Delanoë et Gaudin doivent démissionner


Les indignés matraqués à Paris
deux blessés à l’hôpital Cochin

A Paris, la démocratie réelle ne passe pas. La police de Guéant-Sarkozy est intervenue – illégalement – pour empêcher le rassemblement – légal, déclaré en Préfecture –, qui devait se tenir là après des mois de marche à travers l’Espagne et la France.

De Madrid, de Barcelone, de Toulouse, de Bayonne, de Tours, et de partout, la marche des indignés passait par Paris, sur le chemin de Bruxelles où elle doit arriver le mois prochain.

Depuis l’arrivée en France de cette marche, elle aura été en butte à un harcèlement policier constant, les flics empêchant les marcheurs de camper le soir, ceux-ci ayant dû rester à plusieurs reprises sous la pluie, sans même la possibilité d’installer leurs tentes.

A Paris, les marcheurs ont demandé à être hébergés dans des gymnases. Aucun gymnase de la ville ne leur aura été ouvert, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, ayant donné instruction aux mairies d’arrondissements de leur refuser tout hébergement.

Et c’est pourquoi les indignés avaient dû demander à toutes les communes des environs l’ouverture d’un gymnase refusée dans la grande ville de Paris…

Seule la ville de Champigny leur aura accordé l’ouverture d’un gymnase, mais c’était compter sans la persécution policière.

Au résultat, il y a deux – ou trois – blessés graves, à l’hôpital Cochin à ’heure où nous écrivons. Des dizaines d’autres ont été malmenés, et embarqués dans divers commissariats.

Dans l’après-midi, on aura vu le maire faire sa tournée d’inspection – avant de donner ses instructions. Interpelé par un vidéaste, il déclarait « ne pas être d’accord sur tout » avec les indignés, mais ne pas être « indifférent » non plus… On aura oublié demander en quoi il n’était pas d’accord… De toute évidence l’idée d’une démocratie réelle, par exemple, ne lui convient en rien… Et s’il n’était pas « indifférent », c’est surtout que la protestation des indignés demandant la justice sociale ne peut que déranger un « socialiste » qui a gouverné la ville au bénéfice des riches au point d’en chasser tous les pauvres – et même une grande part de ce qu’on appelle les « classes moyennes ».

Or, c’est précisément ce que dénoncent les indignés. A Madrid comme à Tel Aviv et ailleurs, ils s’insurgent d’abord pour réclamer le droit au logement contre lequel Delanoë et les flics de Sarkozy n’ont de cesse de taper aussi fort que possible.

Cette nuit, ils se sont déchaînés, contre les manifestants pacifiques qui voudraient seulement un peu de justice… La justice, en France, il n’en est pas question. A Paris moins qu’ailleurs.

Dans les jours qui viennent, il va falloir demander des comptes à ces gestionnaires de « l’ordre » – le Maire socialiste comme le Préfet sarkozyste. Non seulement ils auront porté atteinte au droit de manifester, mais il y a eu des blessés. Delanoë et Gaudin en portent l’entière responsabilité.

Il y a dix ans, le maire socialiste, élu un 18 mars, portait l’espérance d’une revanche sur le scandale de la semaine sanglante de 1871. Rarement espérance aura été autant déçue. C’est la droite versaillaise qui gouverne encore sous sa houlette, la mairie agissant en totale complicité avec la Préfecture – et l’Elysée.

On a pu voir Delanoë exonérer Chirac de ses malversations municipales – concluant un pacte honteux pour éviter à l’ancien maire d’avoir à répondre. Non seulement il aura perpétué la politique immobilière de celui-ci et l’aura portée à des niveaux dégueulasses où plus personne ne sait comment survivre dans sa ville où les sans abris se sont multipliés de façons incroyable. Mais maintenant il s’oppose même à l’expression de toute revendication de justice.

Il faudra bien virer Delanoë et refonder la liberté municipale. Et pour ça, il faudra aussi en finir avec la Préfecture de police de Paris, cette anomalie imposée à la ville depuis 140 ans – depuis la Commune de Paris – pour amputer la capitale de sa liberté politique.

Car il nous faut une démocratie réelle, maintenant.

Paris s’éveille
La police intervient:




French police detain “over a hundred” indignados in Paris By Jérôme E. Roos On September 20, 2011

After a weekend of provoking and intimidating peaceful protesters, French police tonight escalated their oppression : 60+ arrested, at least 3 wounded.

Via La Informacion

About 130 indignados, members of the popular march that is scheduled to arrive in Brussels on October 8, have been detained by French police tonight at 21:30 on the Boulevard Saint Germain in Paris.

Lainformacion.com has contacted one of the detainees, who at the time was stuck in a police van. According to the protester, three cars have been loaded with his companions to be taken to different police stations in Paris.

“We were walking together when the police blocked the passage and teargassed us. We just sat on the floor, we weren’t violent at any moment, all we said is that we wanted to go to Brussels, but they just began to beat us.”

Also, according to the 15-M movement in Madrid, two people were seriously injured.

The sources said members of the march are mostly Spanish, although there are also detainees of French and other nationalities.

“There was a lot of pressure from the police these days, but today’s repression is indescribable,” the 15-M movement claims in its communications, noting that since their arrival in Paris last Friday, the police continued to follow the indignados.

[Note from the ROAR editor : throughout most of the weekend, there was just about as much fully-geared riot police as there were protesters].

Meanwhile, a police spokesman claimed that the detainees were involved in an “unauthorized demonstration” and had hindered the circulation of traffic in the area, so they were taken to various police stations. French police said the number of detainees was sixty, and claimed that there were no injuries and that, once identified, the detainees would be released.

[Another note from the ROAR editor : these are the same intimidation tactics that we saw with Saturday’s kettle : trying to scare the populace into submission through mass police presence, full riot gear appearance, random arrests (without charges), and hard-handed physical removals].

The people detained by police came to the capital last Friday to hold popular assemblies whose main objective, according to participants, was the ”coordination of the 15-M movement at the international level.”

28 juillet 2011

Pourquoi je porte plainte contre la fachosphère




Pierre Henry, le directeur général de l'association France terre d'asile, vient de déposer plainte contre X. En cause : des menaces de mort postées sur le site Fdesouche.com, ainsi que des commentaires qu'il juge diffamatoires et insultants.

Cette fois c’en était trop.

J’ai longtemps supporté d’être maltraité par les sites d’extrême-droite, insulté à cause de l’action articulée autour de valeurs humanistes et universelles que l’organisation que je dirige, France terre d’asile, mène en faveur des migrants. L’immigration est un thème qui déclenche les passions - surtout quand il est délibérément et faussement associé à l’islam et à l’insécurité - et je savais que tenter le dialogue ou la pédagogie avec des individus fermement chevillés à leur xénophobie serait improductif.

Alors je laissais passer. Jusqu’à ce que l’audace des extrémistes du net atteigne des sommets d’infamie avec des attaques visant Stéphane Hessel - parrain de l’un de nos centres pour demandeurs mineurs étrangers isolés - et certains de mes collaborateurs aux noms à consonance maghrébine.

Jusqu’à ce qu’une déferlante de haine et de violence suive l’une de mes interviews : me voilà, entre autres gracieusetés, "méritant "une balle" ou encore la pendaison "au bout d’une corde de piano accroché à un réverbère". Cette fois la coupe était pleine, suffisamment pour avoir envie de dire stop à la haine.
J’ai donc porté plainte. Contre X. Contre la "fachosphère" et son représentant le plus actif, le site François de souche.
Ce site est un modèle dans le genre radical avec figurants "courageux" sous plumes anonymes qui écrivent sans tabous et se relayent la haine en cherchant l’escalade. Ces X, hors la loi républicaine, hors la démocratie, répandent en toute impunité sur la toile leurs propos haineux qui finissent par se banaliser. Et ce, dans un contexte politique qui l’autorise.

Ces conversations du net ressemblent à celles qui sévissaient dans les "café du commerce" des années soixante-dix, quand une partie de la France s’affichait raciste avec ses "ratonnades" et ses "Dupont Lajoie" capables de "torturer un arabe pour se distraire", de le passer par la fenêtre d’un train, de l’incendier dans son logement, de mener des expéditions punitives en meute contre les immigrés.

Nous aimons à penser que cette époque est révolue. Gardons-nous de tout idéalisme. Les défilés racistes, antisémites, se tiennent aujourd’hui sur les forums, bras tendus droits vers la haine et celui qui le tend n’a ni nom ni visage jusqu’au moment ou de virtuel, le crime devient bien réel.
Déposée, la plainte doit maintenant être instruite pour que l’on sache vraiment au nom du bien public qui se cache derrière le site François de souche.

L’intérêt général le commande pour tenter de stopper la déferlante xénophobe et raciste qui s’abat sur l’Europe. L’alternative commence d’abord par la maîtrise des mots et des représentations.
Pierre Henry

Le Plus, le 26/07/2011


15 juillet 2011

Fresque humaine contre l’aéroport de Notre Dame Des Landes

Amitié entre les peuples


 
Ce dimanche 10 juillet 2011, il a fallu environ 14 000 personnes pour réaliser cette fresque humaine en signe de protestation contre la construction "en force " de l’aéroport de Notre Dame Des Landes au nord de Nantes. La réalisation d’une telle fresque nécessite une organisation certaine en plus d’une réelle auto-discipline des participant(e)s.

On a trouvé trois catégories d’opposants à l’aéroport . Ce sont d’abord les agriculteurs qui refusent de perdre leurs outils de travail. Ce sont ensuite les habitants, dont l’environnement immédiat va être massacré, et les associations et partis politiques qui se battent pour un autre choix de société.

CD
 

28 juin 2011

l'indignation réduite au silence

 
Rendormez vous citoyens ! Il n’y a plus rien à voir. L’indignation s’en est allée dans les bus de la police. L’indignation va devoir s’expliquer.. gardée à vue dans les commissariats. Silence on embarque!



photo DR

Paris, parvis de Notre Dame. Il est 17h ce dimanche 19 juin. Partout en Europe des centaines de milliers d’indignés sont dans la rue. Les plus gros cortèges sont bien sur en Espagne où l’on comptera prêt de 300 000 manifestants à Barcelone, des milliers d’autres dans une cinquantaine d’autres villes. Des milliers encore à Athènes, lesquels seront bientôt rejoints par des indignés Spartiates qui ont décidé d’entamer une marche similaire à celle des Espagnols, vers la capitale Grecque. Des indignés se sont aussi rassemblés en France, beaucoup moins médiatisés cette fois ci. C’est évident, on ne médiatise pas les arrestations arbitraires de manifestants pacifistes. Indépendance de l’information.. jusqu’à un certain point. Il est donc 17h et les indignés Parisiens, quelques centaines, après avoir manifesté et partagé un bon pique nique se rendent sur le parvis de Notre Dame pour y tenir une assemblée. Peu de temps après, quelques 500 CRS (si peu que ça) bouclent le parvis et demandent aux touristes de quitter les lieux. Les indignés sont sommés de se disperser. La raison ? Troubles à l’ordre public ! Et oui, de nos jours, débattre en pleine rue est un trouble à l’ordre publique. En 1h, une centaine de personnes refusant de se disperser est arrêtée manu militari. Les images de ces arrestations courent les pages internet, mais pas les médias qui ont bien décidé d’en faire le black out. Les médias ont d’autres préoccupations. Bien plus importantes celles là; DSK, Bettancourt, les baigneurs.. Nous n’avons pas les mêmes valeurs nous diraient-ils.

Vous vous en êtes sans doute aperçus, quand vient l’été et que les sujets d’actualité viennent à manquer (c’est ce qu’il faut croire), les médias font les poubelles. On nous ressort les vieilles affaires, lesquelles n’ont pas le moindre intérêt pour nous, si ce n’est celui de nous mettre les nerfs devant de telles absurdités. Tel un récit, on a droit à toutes les étapes qui vont des péripéties souvent dramatique à l’épilogue interminable. Ceux-ci ne s’en cachent même pas. L’Express titre ainsi un article : « Epilogue probable de l’affaire Bettencourt-Banier le 29 juin », 20 minutes montre sa différence : « Affaire Bettencourt-Banier: Epilogue probable le 29 juin ». Bon, il faut dire que la source est la même, l’agence Reuter.

Pour continuer dans le dramatique, une autre dépêche de Reuter (ils ont l’air d’être très forts là dedans) est largement publiée le 12 juin. « Liliane Bettencourt juge sa fille « un peu dérangée ». Ne vous y trompez pas, vous avez bien lu. On en arrive à ce point de la bêtise. S’il faut appeler les choses par leur nom, je ne qualifierai pas le journal de TF1 ou France2 d’information. De plus en plus, ce genre de programme dérive vers une sorte de télé réalité ou il faut tenir en haleine le téléspectateur. Les faits divers prennent autant sinon davantage de temps que l’information utile. Il serait sûrement très intéressant de comparer le temps d’un journal télévisé alloué à l’information au temps alloué aux faits divers.

Et DSK dans tout ça ? On en entend presque plus parler. Mais rassurez vous, ça reviendra sûrement. On constate que du jour au lendemain, les médias parviennent à passer sous silence certains sujets de l’actualité.

Prenons l’exemple de la catastrophe de Fukushima. Dans les premières semaines, les médias ne cessent d’en parler, une grande partie des journaux télévisés y sont consacrés. Puis viennent les critiques sur le nucléaire français, les manifestations qui se multiplient et d’un seul coup comme par magie, plus un mot à la télé ! Tout est donc réglé à Fukushima ? Loin de là.. la situation est même toujours aussi grave. Helen Caldicott, Australienne experte en nucléaire estime d’ailleurs que la catastrophe de Fukushima est pire que celle de Tchernobyl.. Sur place, les taux de radioactivité restent très élevés, de petites quantités d’iode et de césium ont été retrouvées dans les urines de quinze résidents de Kawamata (préfecture de Fukushima). Tepco poursuit quand à elle ses opérations de décontamination des eaux radioactives dans la hâte et souvent au mépris de la sécurité de ses travailleurs, ou plutôt candidats à l’enfer nucléaire..

Décidément, au royaume des borgnes, la désinformation se fait reine.

Raphaël Rezvanpour

24 juin 2011

Stop FESSENHEIM

Chaîne humaine le 26 juin 2011


Écrit par AssStopFessenheim

06-06-2011

EN-FERMONS LA CENTRALE NUCLEAIRE DE FESSENHEIM !

L 'Alliance En-Fermons Fessenheim appelle à une chaîne humaine dimanche 26 Juin autour de Fessenheim. Cette mesure est à la fois une protestation générale pour la sortie du nucléaire, et plus spécifiquement pour la fermeture de la plus vieille centrale de France, Fessenheim. C'est en juin/juillet que l'ASN doit rendre son verdict quant à la prolongation d'exploitation de la centrale de Fessenheim, d'où le choix de cette date du 26 juin, pour que les voix des deux côtés du Rhin puissent se faire entendre.

Le PDF ICI à imprimer en A5 pour diffuser sous forme de tract, ou en A4/A3 sous forme d'affiche.

Plan de la chaîne telle qu'elle est prévue : ici

Voir le programme...

21 juin 2011

NON au Pacte pour l'euro !

Par Attac

Non à la gouvernance économique du pacte pour l'euro!



La crise financière a provoqué l'envolée des dettes publiques. Au lieu d'envoyer la facture à l'industrie bancaire et financière, les gouvernements et la Commission européenne veulent faire payer les peuples, à travers des coupes dans les allocations sociales, les pensions, les services publics et la flexibilisation du marché du travail.

La crise de l'Euro est devenue un prétexte pour mettre en place une «gouvernance économique» ultralibérale qui imposera des politiques d'austérité pendant des années. La commission européenne se verra octroyer des pouvoirs exorbitants pour surveiller les politiques nationales, et sanctionner les Etats qui dérogeraient a la règle de la rigueur - sans le moindre contrôle démocratique (notamment des parlements européen et nationaux).

Il existe pourtant des alternatives à ces politiques d'austérité, qui fassent payer la finance et non les peuples : à commencer par l'introduction d'une taxe sur les transactions financières, une régulation drastique des marchés financiers et une restructuration des dettes publiques illégitimes.

Le parlement européen se prononcera fin juin sur les propositions législatives de gouvernance économique, en lien avec le Pacte pour l'euro. Dans cette perspective, le réseau des Attac d'Europe, et le Corporate Europe Observatory lancent une initiative d'interpellation à destination des députés européens... Il est encore temps de dire non!

Passez à l'action ! Et signez la pétition européenne contre cette «gouvernance économique» antisociale et antidémocratique, sur le site de la plateforme européenne ou grâce au formulaire ci-dessous. Les résultats de la pétition européenne seront présentés aux formations politiques européennes au moment du vote au Parlement européen début juin.

Faites circuler la pétition!



La version papier est par ailleurs disponible ici.

"Nous ne paierons pas leurs dettes"... Et pas que sur Facebook ! Même si c'est une manière (comme une autre) de faire circuler l'info :

18 juin 2011

Appel pour le 19 juin : Peoples of the World, rise up!

 par Democracia Real Ya Toulouse | 13 juin 2011
Nous sommes les indignés, les anonymes, les sans-voix. Nous étions silencieux, à l’ecoute. Nous observions. Non pas ceux d’en-haut, ceux qui tiennent les rênes, mais un peu partout, là où nous sommes toutes et tous à l’attente du moment pour nous unir.
Les partis, associations ou syndicats ne nous représentent pas. Ce n’est d’ailleurs pas ce que nous souhaitons, car tout un chacun est son propre représentant. Nous voulons réfléchir tous ensemble à un monde où individus et nature priment sur les intérêts économiques. Nous voulons concevoir et construire le meilleur des mondes possible. Ensemble nous le pouvons et nous le ferons. Sans peur.
Les premières étincelles se sont embrasées dans les pays arabes, où des centaines de milliers de personnes ont occupé les places et les rues afin de rappeler à leurs gouvernements que le peuple détient le véritable pouvoir. Peu après les islandais se sont emparés des rues pour s´exprimer et décider de leur avenir; le peuple espagnol n´a pas tardé à emplir les places des quartiers, des villages et des autres villes.
Actuellement, la flamme de la contestation s’est propagée rapidement à d´autres pays comme la France, la Grèce, le Portugal, l’Italie et la Turquie. Entre temps des échos surgissent en Amérique, en Asie et de nouveaux foyers de contestation apparaissent un peu partout. Les problèmes sont globaux et la révolution sera globale également, sans quoi notre appel ne saurait subsister. Le moment est venu de récupérer nos espaces publics pour discuter et construire tous ensemble l’avenir.
Le 19 juin nous faisons un appel à la #Globalrevolution. Nous vous invitons à agir pacifiquement sur les places publiques, nous vous invitons à la création d’espaces de rencontre, de débat et de réflexion. Il est de notre devoir de récupérer l’espace public et de décider ensemble du monde que nous voulons.
Empare-toi de la place! Empare-toi des rues!!
Peuples du monde, levez-vous!!!
Évènement Facebook français et liste des rendez vous : cliquez ici

16 juin 2011

No Gazaran (suite)

L'antenne du Pays Bourian de l'association Non au Gaz de Schiste Permis de Cahors reste vigilante, mobilisée et active.

Cette semaine deux rendez-vous importants.

Vendredi 17 juin à 20h30 à la salle des fêtes de Marminiac ( canton de Cazals) réunion de travail, d'information et de proposition.
A l'ordre du jour : la loi, l'exploration du gaz de schiste dans le monde, actions "locales pour un enjeu global".

Samedi 18 juin à 11h00 devant la sous-préfecture de Sarlat, à l'initiative du collectif de Dordogne, rassemblement " APPEL du 18 JUIN" suivi d'une manifestation dans Sarlat.

Covoiturage à partir de Gourdon : rendez-vous à 10h00 au parking du plan d'eau "écoute s'il pleut".

Pourquoi cet appel du 18 juin " résistons à l'exploitation du Gaz de Schiste : ni ici, ni ailleurs" ?

Le Parlement ( le 11mai ), puis le Sénat ( le 9 juin ) ont adopté un texte de loi qui permet l'utilisation de la " fracturation hydraulique ou des techniques alternatives dans le cadre de projets scientifiques expérimentaux".

L'expérimentation a déjà eu lieu , entre autres, aux États-Unis, au Canada, et la preuve des nuisances occasionnées n'est plus à apporter : c'est une catastrophe écologique pour l'eau, l'air, la santé,la faune, la flore, les paysages, la Terre et ses habitants.


En France le gouvernement a choisi la procédure d'urgence pour faire voter un texte de loi.

La version commune aux deux assemblées sera donc très rapidement présentée au Parlement pour un vote définitif.

Avant ce vote définitif RÉSISTONS pour que les permis soient abrogés et que l’exploration et l'exploitation du gaz de schiste soient définitivement INTERDITES

6 mai 2011

Indignez-vous contre Stéphane Hessel !

Par Agoravox

Monsieur le Président de la République,
A l’occasion de la sortie du livre - je devrais dire du torchon - de M. Stéphane Hessel, indignez-vous ! je viens de découvrir avec horreur que le Général de Gaulle était vraisemblablement un anti sarkozyste de la pire espèce.
Je soutiens la clairvoyante politique que vous menez pour faire sortir la France de l'ornière de ses rigidités gauchistes en traquant sans merci les immigrés illégaux, les privilégiés, les fonctionnaires et en incitant les forces vives de la nation à abandonner la pensée unique pour reprendre enfin le vertueux chemin du travail, désormais protégées par le bouclier fiscal.
Or, que n'ai-je pas découvert en consultant le programme du Conseil National de la Résistance, lui-même dirigé par le Général de Gaulle ?

Vous ne le croiriez pas, Monsieur le Président : ce livre est un brulôt d'assistanat socialo-communiste ; les "braves" et les "justes" qui se battirent pour libérer la France du joug nazi sont en fait de dangereux bolcheviks fanatiques qui professent une politique honteuse et contraire à celle que vous menez en ce moment même avec votre gouvernement. Vos conseillers ont sans doute oublié de vous en avertir.
Pire encore, en 2004, sous Chirac, à l'occasion du 60ème anniversaire de l'établissement de ce mortifère programme anti réaliste, ces quelques cacochymes trublions survivants - dont le susnommé Hessel - avaient même lancé un appel solennel à l'insurrection ! Et le voici qui recommence !
Leurs idées immorales font frémir, j'ai surligné les plus révoltantes :
"Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération (...) nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, (...) à transmettre l'héritage de la Résistance (...) :
Ces billevesées trotskystes ? Alors là, certainement pas !
(...) Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques (...)

Vous voyez, Monsieur le Président, il ne peuvent pas s'en prendre à vous alors ils s'en prennent à vos amis ! les lâches !
sarkopresident.jpg
(...), la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères (...)
Non, les journalistes, comme vous l'avez déclaré si justement : "il faut les piétiner"... et j'ajoute : avec des chaussures de ski.
(...) Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? (...)

Parce que les caisses sont vides ! On n'arrête pourtant pas de leur répéter mais eux, ils ne pensent qu'à gaspiller.
(...) Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie (...)

Qu'est-ce qu'ils ont tous contre les marchés ? (moi, j'y vais tous les dimanche matin).
(...) Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences (...)

Vous allez voir qu'ils vont recommencer leurs grèves d'otages si ça continue !
(...) Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. (...)

Voyez : Ils n'aiment ni la télé ni la compétition entre eux : des bobos communistes, je vous dis !
(...) Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944." (...)

Qu'est-ce qu'ils veulent qu'on fasse ? il faut bien qu'on la contrôle sinon elle serait contre nous !
Et regardez bien les signataires, M. le Président : que de la racaille ! : Lucie Aubrac [1], Raymond Aubrac [2], Henri Bartoli [3], Daniel Cordier [4], Philippe Dechartre [5], Georges Guingouin [6], Stéphane Hessel [7], Maurice Kriegel-Valrimont [8], Lise London [9], Georges Séguy [10], Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant [11], Maurice Voutey [12]
C'est tout le contraire de la courageuse politique de rupture que vous menez en accord avec les organisations patronales, Monsieur le Président et cela n'est guère étonnant puisque, lors du vote de ce programme en 44, ces organisations n'avaient même pas été consultées, sous le fallacieux prétexte de collaboration avec l'ennemi. Je vous enjoins donc à ne plus célébrer l'appel du 18 juin et à vous méfier de ce sulfureux général de Gaulle et de ces cochons du C.N.R.qui votèrent à l'unanimité la mise en place de l'abomination que vous démantelez aujourd'hui avec tant d'à-propos.
Vous qui avez déclaré vouloir solder l'héritage de mai 68, il serait sans doute temps de solder prioritairement celui de la Résistance.
En attendant, veuillez recevoir mes républicaines salutations.
Vive la France. Vive vous !
Eric la Blanche

 

Programme du CNR (source wikipedia) :

  • En 1944 (dès la libération) : couv_cnr-420.jpg
    • Vote des femmes,
    • Profit illicite (contre les paradis fiscaux),
    • Emprunt de libération.
    • Ordonnance sur la liberté de la presse
  • En 1945 :
    • Création des Comités d'entreprise,
    • Création de la Sécurité sociale
    • Nationalisation des crédits (banques et assurances),
  • En 1946 :
    • Semaine de 40 heures,
    • Nationalisation du gaz et de l’électricité,
    • Augmentation de +18 % des salaires.
  • En 1947 :
    • Création du SMIG,
    • Prélèvement exceptionnel des hauts revenus.

31 mars 2011

Village Éphémère d’Actions et d’Alternatives

Le comité du Lot contre la loi LOPPSI 2 appelait ce dimanche 27 mars a une réunion dans l’idée d’un prochain  » village éphémère d’actions et d’alternatives ».
Chacun a pu évoquer par un tour de parole ses envies et ses désirs au sein du collectif et pour le collectif.
Des premières idées sur ce que pourrait etre le village :
-Quelques yourte, tipis, tente, voir des camions.
-De l’information sur la loi loppsi 2, sur l’habitat, la sécurité, vidéo-surveillance, fichage etc
-Activités vivante, repas populaire, jeux, animation pour enfants etc
-Réflexion autour de vidéo-projection et de discussions.
De nombreuse idées ont fleuri lors de cette réunion autour du projet de village «  éphémère d’actions et d’alternatives » et des commissions ont ainsi vu le jour.
De fait l’installation du village a été décidée pour le weekend du 06,07,08 Mai. Le lieu est encore inconnu, il sera décidé dans les jours et semaines qui suivent.
Il en va de soit que chaque personnes peut apporter sa pierre a l’édifice!
La prochaine réunion  est  fixée  le Dimanche 10 avril a 15h au Mont st Cyr

suite et source...

15 décembre 2010

Cahors Bataille à Seattle


Ciné-débat convivial, organisé par le CAJ, jeudi 16 décembre, 18h à la Bourse du Travail de Cahors.

Apportez victuailles et boissons!

11 ans après la bataille de Seattle, qu'en est-il des jeunes et de l'altermondialisme face à la (plus que jamais) toute puissante OMC (?)...

 

blogger templates