25 janvier 2016

Notre-Dame-des-landes L'Etat choisit de passer en force! Rassemblement à Cahors


Verdict des procès en expropriation contre les habitants historiques de #NDDL : L'Etat choisit de passer en force!!

- 8 des 11 familles ont 2 mois par partir de leur logement (soit jusqu'au 26 mars)
- 3 familles sont donc expulsables immédiatement; ainsi que toutes les exploitations agricoles
- aucune astreinte financière

Suite  à cette décision  du tribunal qui demande l'évacuation  des occupants  de la  ZAD  dans les deux mois  qui  suivent, le Collectif Testet 46 appelle  à un rassemblement  mercredi 27 janvier, devant  la mairie de  Cahors,  à partir  de  17h30,  nous prolongerons  la  soirée sur le parvis de la mairie par un pique-nique militant. Contact : testet46[at]lists.riseup.net


Dès aujourd'hui préparez-vous également pour la grande manifestation nationale le 27 février  (+ de détails bientôt).
Et consultez régulièrement http://zad.nadir.org/ - http://www.acipa-ndl.fr/

2 mars 2015

Xavier Beulin, l’homme aux mille bras


Au cœur d’Avril-Sofiproteol et de la FNSEA, un homme, Xavier Beulin. Indestructible, faiseur de ministres, lié au grand patronat, il applique la politique de l’industrialisation de l’agriculture française. Au prix de la disparition de dizaines de milliers d’exploitations agricoles et de la destruction de l’environnement.


C’est le symptôme le plus évident de sa puissance : d’« Agricultor » pour Libération à « Agrobusiness man » pour Le Monde, toute la presse nationale a tiré la caricature de cet « homme d’affaires [qui] détonne dans le milieu agricole » selon Le Point. Mais rien n’y fait. Xavier Beulin semble indestructible.

Cheveux gominés, chaîne en or, montre Breitling et villa en Tunisie, son train de vie n’est pas un mystère. M. Beulin n’est plus guère paysan, et il s’en fiche. Difficile de trouver un cliché de lui sur son tracteur ; et quand Reporterre lui propose en juillet dernier une rencontre sur son exploitation de 500 hectares dans le Loiret, il refuse. Son véritable lieu de travail est son bureau installé dans les beaux quartiers du 8e arrondissement de Paris, dans lequel il a de nouveau reçu le quotidien de l’écologie.

« Fossoyeur de l’agriculture », selon Marianne, il ne cache pas sa vision des choses : il n’y a d’autre choix possible que l’industrialisation de l’agriculture (...)

 Lire sur Reporterre ...
  

18 février 2015

Agriculteur, il préserve l’eau… et perd ses subventions !


Interview - Benoît Biteau travaille en bio et a arrêté d'irriguer ses terres. Conséquence inattendue : la PAC a réduit ses subsides ! Pour mettre en lumière cette incohérence, l'homme porte sa cause devant les tribunaux. Témoignage.
 
lire l'article sur Terraeco ...
 

30 octobre 2014

Pendant que la justice cautionne l’élevage industriel, les citoyens font le procès de l’agrobusiness


Le procès des opposants au projet d’élevage industriel des « 1000 vaches » s’est tenu le 28 octobre à Amiens. Poursuivis pour dégradations, vols et recels aggravés, les neuf prévenus ont été condamnés à des amendes et des peines de prison avec sursis. A l’extérieur du palais de justice, un autre procès s’est tenu simultanément, celui de l’industrialisation de l’agriculture, jugé par un tribunal de citoyens. Deux visions du monde agricole et de l’alimentation de demain, résolument incompatibles, se sont affrontées dans et autour de l’enceinte judiciaire. Basta ! était sur place. Reportage.

A lire sur Basta! ...
 

22 octobre 2014

A Cahors le 28, soutien aux 9 militants de la Conf' (1 000 vaches)

clique sur l'image pour agrandir

Le Lot en Action | par Christian Rossi | 15 octobre 2014

En France, 70 000 éleveurs laitier vivent difficilement de leur travail, avec 50 vaches en moyenne. Le prix du lait nécessaire à une juste rétribution est évalué à 350 euros/tonne, celui payé par les laiterie se rapproche plus des 300 euros/tonne, lequel après écrémage est revendu au consommateur, en entrée de gamme, 600 euros par la grande distribution.

Aujourd'hui le maintien d'éleveurs nombreux sur tout le territoire nécessite une revalorisation significative du prix du lait alors qu'il sera mis à mal par la suppression des quotas laitier.

Dans ce contexte, la mise en place d'une usine à lait de 1 000 vaches, qui pourra se permettre de commercialiser le lait à seulement 250 euros/tonne, car ce ne sera que le sous produit d'un méthaniseur géant fortement subventionné pour sa mise en place et son fonctionnement(2 millions et demi d'euros de subventions publiques par an), et qui ne sera qu'un prototype destiné à être multiplié sur l'ensemble du territoire, est la mort programmée des élevages à taille humaine.

Il ne faut également pas perdre de vue les conséquences environnementales, en effet, pour fonctionner correctement, ce méthaniseur doit être approvisionné quotidiennement en matière sèche et les effluents d'élevage étant insuffisants une collecte de déchets divers sera organisée dans un rayon de 120 km autour du site, de même de la culture de maïs est prévue dans le seul but de l'alimenter. On ne peut que se poser la question du bilan énergétique d'un tel projet.

Pour alerter les politiques, qui, influencés par le syndicat majoritaire soutiennent largement cette réalisation, ainsi que l'opinion publique sur les conséquences prévisibles en terme d'emploi, d'occupation du territoire et d'atteinte à l'environnement, la confédération paysanne, dont la position n'est pas entendue, a une nouvelle fois organisé sur le site une action symbolique.

Le 28 mai dernier, une cinquantaine de paysans venus de toute la France dont un membre de la confédération paysanne du Lot, se sont retrouvés, au petit matin après avoir informé la presse, sur le chantier pour démonter, sans violence ni saccage, quelques boulons de la salle de traite (qui est destinée à fonctionner 22h/24) afin de les remettre symboliquement aux ministres de l'agriculture et de l'environnement qui les ont tout aussi symboliquement refusés.

Alors que cette action médiatique s'est déroulée à visage découvert devant les caméras, cinq de nos camarades ont subis, comme de vulgaires délinquants, la répression policière et sont restés 48h en garde à vue; le porte parole national, Laurent Pinatel, a été arrêté avec violence par des policiers en civil qui l'ont plaqué au sol sur le quai de la gare alors qu'il revenait, après avoir rencontré Stéphane Le Foll, soutenir les gardés à vue à Abeville.

Cette réaction policière a entraîné de nombreuses manifestations de soutien, en particulier à Rodez, où la confédération paysanne a retenu en «garde à vue» pendant plusieurs heures le conseiller agricole de François Hollande pendant que ce dernier inaugurait le musé Soulage.

La presse, présente pour suivre le président, s'en est fait largement l’écho.

Le procès qui devait avoir lieu le 1er juillet a finalement été reporté au 28 octobre à Amiens et sera pour le syndicat l'occasion de dénoncer le projet de ferme usine et ses conséquences.

A cette occasion, la confédération paysanne du Lot organise une action ce même jour devant le palais de justice de Cahors sous la forme d'un pique-nique paysan à partir de 11h, nous vous y attendons nombreux !


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Lire aussi : 28 octobre: procès de l'industrialisation de l'agriculture
 

13 octobre 2014

28 octobre : Procès de l’industrialisation de l’agriculture



Par la Confédération paysanne

Venez en masse soutenir les prévenus des 1000 vaches !

 
Le 1er juillet, le procès des neuf militants de la Conf' poursuivis suite aux actions menées sur le site de l'usine des 1000 vaches a été reporté au 28 octobre. Ils devront alors comparaître pour dégradation en réunion, incitation à la dégradation en réunion, vol, recel, ou encore refus de prélèvement ADN.

Il y a clairement une volonté de criminaliser l'action syndicale, et de laisser Michel Ramery poursuivre son projet destructeur en toute impunité. Ce sont les lanceurs d'alerte qui sont poursuivis, pendant que l'agriculture s'industrialise aux dépends des paysans et des citoyens, avec la bénédiction de nos gouvernants.

Face à ce deux poids deux mesures, la Confédération paysanne choisit de convoquer officiellement les fossoyeurs de l'agriculture à leur procès. Il se tiendra en même temps que celui de nos militants, devant le tribunal d'Amiens.
Le 28 octobre, nous avons besoin de vous !
Bus, programme, menu… Toutes les infos pratiques ici....
 

12 décembre 2013

Terres volées : des villageois nigérians veulent reprendre leurs terres à Wilmar


GRAIN | 07 décembre 2013


Des membres des communautés affectées par ces plantations en monoculture et des organisations de la société civile venues d’Afrique, d’Europe, d’Amérique du Nord et du Sud et d’Asie, se sont rencontrés à Calabar, au Nigeria, du 2 au 5 novembre 2013. Ils ont partagé leurs témoignages et leur analyse des conséquences de la rapidité et de la brutalité de cette expansion des plantations d’huile de palme en monoculture imposée par les multinationales dans divers pays et communautés.

Deuxième partie d’une série d'entretiens illustrant la résistance à l’expansion des plantations de palmiers à huile en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.

A lire aussi : l’activiste Nasako Besingi raconte comment il a été battu, arrêté et assigné en justice pour avoir soutenu des villageois camerounais qui défendaient leurs terres contre le fonds de couverture américain Herakles Capital.


Les gens du village d’Ekong Anaku se sont trouvés devant une décision difficile. Leur village, situé dans le sud-est du Nigeria, se trouve dans l’une des rares forêts tropicales restantes du pays. Les associations de conservation et le gouvernement fédéral voulaient conserver cette forêt en tant que réserve naturelle. Les villageois étaient intéressés par cette possibilité de protection supplémentaire contre l’abattage illégal des arbres, mais s ‘inquiétaient aussi à l’idée de perdre leur droit de chasser, de profiter de la nourriture et des plantes médicinales fournies par la forêt, et d’accéder aux terres dont auraient besoin les futures générations pour y faire des cultures.

En 1992, ils ont donc conclu un accord avec le gouvernement. Ils ont ainsi accepté que 10 000 hectares de leur forêt traditionnelle soient convertis en réserve. En échange, le gouvernement a promis des programmes d’agroforesterie et de développement rural et des crédits pour les petites exploitations et les petites entreprises.

« Les promesses du gouvernement sont restées sur le papier, » regrette Linus Orok, un des chefs de village d’Ekong Anaku. « Et ce n’est qu’une petite partie de la trahison dont nous avons été victimes. »

Dix ans après avoir convaincu le village d’Etonk Anaku de consacrer sa forêt à des fins de conservation, le gouverneur de l’État de Cross River a fait cadeau de ces mêmes terres à une entreprise qui appartenait au président du Nigeria à l’époque, Olusegun Obasanjo.

« Ils ne nous ont jamais consultés ; même pas les chefs locaux, » rappelle Orok.

L’entreprise d’Obasanjo, Obasanjo Farms, avait l’intention de convertir les 10 000 ha de forêt en une plantation de palmiers à huile à grande échelle. Mais elle n’en avait pas les moyens et elle s’est rapidement tournée vers des investisseurs externes.

En 2011, après avoir acquis les terres gratuitement et y avoir investi une infime partie de sa fortune personnelle, Obasanjo a changé d’avis et il a vendu les terres à Wilmar International, qui contrôle plus de 45 pour cent de la production mondiale d’huile de palme. Selon les populations locales, cette transaction a rapporté des millions de dollars à l’entreprise d’Obasanjo.

Avec le soutien du Rainforest Resource Development Centre (RRDC), les habitants d’Ekong Anaku se battent pour retrouver leurs terres depuis l’instant où Obajanso a mis la main dessus.

« Obajanso n’avait absolument le droit de vendre ces terres, » explique Orok. « Si vous achetez un bien volé, vous ne pouvez pas dire qu’il vous appartient. »
Mais Wilmar a déjà établi une grande pépinière de palmiers à huile et défriché des terres pour y planter les arbres.

Patrick Chi, un autre habitant d’Ekong Anaku, explique que les villageois sont prêts à mettre en place une forme de partenariat avec Wilmar sur les terres de la plantation existante, mais à condition que les terres appartiennent à la communauté.

« Nous tenons à ce que ce soit notre plantation, » insiste Chi.

Orok explique les trois exigences fondamentales des villageois : la plantation existante doit être gérée en partenariat ; il ne peut pas y avoir d’expansion au-delà des zones qui ont été défrichées pour la culture ; troisièmement, le gouvernement doit identifier, pour la mettre à disposition du village, une zone alternative de même taille sur laquelle les habitants pourront établir des cultures.

« Nous avons besoin de terres, » déclare Chi. « Notre village meurt de faim »
Jusqu’à présent, Wilmar a gardé le silence sur la controverse. Le RRDC a déposé plainte auprès de la Table ronde pour l’huile de palme durable (RSPO) dont Wilmar est membre, mais ni la société ni la RSPO n’ont réagi pour répondre aux griefs spécifiques concernant l’acquisition illégale des terres traditionnelles de la communauté d’Ekong Anaku.

Même si les communautés parviennent à organiser une forme de partenariat avec Wilmar, il n’y a aucune garantie qu’elles pourront en tirer des avantages. Un documentaire, sorti récemment, enquête sur les activités de Wilmar en Ouganda où la société gère une plantation et un programme de sous-traitance en partenariat avec les communautés locales de l’île de Kalangala. Dans le film, des membres de ces communautés décrivent comment le peu de bénéfices qu’ils ont retiré de l’arrangement est très loin de compenser la perte de leurs cultures vivrières et de leurs forêts et la destruction environnementale causées par les activités de Wilmar.

Début décembre, Wilmar a annoncé une nouvelle politique d’entreprise, promettant, entre autres, « de respecter et de reconnaître les droits coutumiers et les droits individuels à long terme des communautés autochtones et locales, et de s’assurer que soient respectées la conformité juridique et les bonnes pratiques internationales en termes de consentement libre, préalable et éclairé. » La déclaration No Deforestation, No Peat, No Exploitation Policy” [Pas de déforestation, pas de tourbe, pas d’exploitation] stipule également qu’aucun nouveau développement foncier ne pourra avoir lieu avant que la recherche et la consultation sur la conversion des « forêts permettant un stockage important de carbone »ne soient terminées.

L’entreprise s’engage à « donner suite à toutes les plaintes et résoudre tous les conflits par un processus de consultation ouvert et transparent. » Cette région du sud-est du Nigeria serait l’occasion idéale de voir si la déclaration de Wilmar va au-delà du simple exercice de relations publiques.

Toutefois les habitants d’Ekong Anaku savent que leurs revendications concernant les terres ont un fondement juridique solide et s’ils ne parviennent pas à faire avancer les choses par le dialogue avec Wilmar, ils affirment qu’ils n’hésiteront pas à attaquer en justice.

Cette année, une autre société appartenant au Dangote Group [un conglomérat nigérian] est apparue dans la région, à la recherche de terres pour une plantation d’ananas dans un autre coin du territoire des villageois d’Ekong Anaku.

« Des ouvriers sont venus en octobre 2013 pour faire une étude et notre chef les a renvoyés, » raconte Chi. « Nous avons dit à Dangote que nous n’avions pas besoin d’eux. »



Le village d’ Ekong Anaku village a besoin du soutien international pour l’aider dans sa lutte foncière contre Wilmar. Patrick Chi peut être contacté à l’adresse suivante : mukotso@yahoo.com. Linus Orok est joignable par téléphone au +234 703 448 9776

Pour plus de renseignements, contacter Odey Oyama, directeur exécutif du Rainforest Resource and Development Centre (RRDC), par email: odeyoyama@hotmail.com

Pour plus d’informations sur le film documentaire No Food No Land No Life, consulter : http://nolandnofoodnolife.com/




18 novembre 2013

Un projet de loi met en péril les droits des agriculteurs


Semons la Biodiversité | Cyberacteurs | 18 novembre 2013


La lutte contre la contrefaçon va t-elle nier les droits des agriculteurs ?

Cette loi va condamner tout agriculteur qui produit à la ferme ses semences, ses plants, ses animaux reproducteurs ou ses préparations naturelles à base de micro- organismes ou d'autres éléments naturels issues de sa ferme ou de l'environnement naturel et destinées à ses productions fermières ou aux soins de ses cultures et des ses animaux.


Plus d'infos

Le Sénat doit examiner le 20 novembre 2013 en procédure accélérée une proposition de loi destinée à renforcer la lutte contre les contrefaçons. Cette loi vise à mettre l'État, sa justice et sa police, au service direct des entreprises privées détentrices de Droits de Propriété Intellectuelle (DPI). Tous ces dispositifs renforceraient le contrôle exercé par les détenteurs des marques commerciales, des brevets, y compris les brevets sur les plantes, les animaux et les micro organismes. Ils sont en outre étendus sans restrictions aux Certificats d'Obtention Végétale (COV).. L’acte millénaire de sélectionner et de ressemer une partie de sa récolte sera considéré comme une contrefaçon, c'est à dire sera mis sur le même plan que la reproduction frauduleuse d'un objet ou d’une monnaie.
Sous prétexte de lutter contre les contrefaçons, cette proposition de loi ouvre la porte d'une appropriation généralisée du vivant à un secteur industriel qui n'en est pas à ses premières actions de bio-piratage. Ainsi, cette appropriation ne relèverait pas seulement d'un hold-up légalisé sur des ressources et savoir-faire communs, mais mettrait aussi en péril toutes les formes de biodiversité que seuls de multiples acteurs qui ne s'enferment pas dans des stratégies d'économie d'échelle et de standardisation, sont à même de préserver et de renouveler.

Cette loi, qui s'ajoute à tout un arsenal juridique d'appropriation du vivant, criminalisera les agriculteurs qui ne payeraient pas tous les ans pour acheter ou reproduire eux-mêmes leurs semences et animaux reproducteurs et interdira de facto la sélection paysanne telle qu'elle existe depuis l'invention de l'agriculture. Il en sera de même des paysans-boulangers qui élaborent leurs propres levains pour faire leur pain, des fromagers fermiers qui utilisent leurs propres ferments, des vignerons utilisent leurs levures indigènes ou encore des agriculteurs qui élaborent avec les ressources de leur ferme et de l'environnement naturel d'autres préparations pour soigner leurs cultures ou leurs animaux. En effet, tout agriculteur qui ne disposera pas de factures d'achat de ses semences, de ses animaux reproducteurs ou de ses préparations naturelles sera considéré a priori comme contrefacteur, ce qui est la négation des fondamentaux de l'agriculture... et des libertés individuelles.

Comment ne pas considérer comme inique une loi qui transforme en contrefaçon la production à la ferme par l'agriculteur de ses semences, de ses animaux ou de ses préparations naturelles ? Cet acte fondateur de l'agriculture est un droit immémorial et inaliénable. Il ne saurait être ainsi dévoyé pour satisfaire l'appétit financier d'industriels qui, pour développer leurs produits, ont puisé gratuitement dans l'immense diversité des ressources et savoir-faire développés depuis des générations par les paysans. Ainsi pour l'exemple des semences, ce sont en fait ces semenciers industriels qui devraient être redevables de cette sélection paysanne plurimillénaire qui sert aujourd'hui de base à toute la sélection contemporaine.

Il est donc urgent de se mobiliser et de mettre le législateur devant sa responsabilité d'interdire formellement ce dévoiement de la loi en encadrant avec suffisamment de clarté cette nouvelle proposition législative.

Collectif Semons La Biodiversité – Novembre 2013 - http://www.semonslabiodiversite.com/  

Les implications concrètes de cette proposition de loi sont développées dans la suite de l'argumentaire.

Le collectif Semons la Biodiversité et ses partenaires défendront auprès des parlementaires l'amendement suivant afin d'éviter que la lutte conte la contrefaçon n'ait comme conséquence de transformer l'agriculteur en délinquant.

Proposition d'amendement à l'attention des sénateurs français :
  • « La production à la ferme par un agriculteur de ses semences, de ses plants ou de ses animaux pour les besoins de son exploitation agricole, ne constitue pas une contrefaçon, et ce quelle que soit l'origine de ces semences, de ces plants ou de ces animaux.
  • La production à la ferme par un agriculteur de ses ferments, levains, levures et autres préparations naturelles à base de micro-organismes ou d'autres éléments naturels issus de sa ferme ou de l'environnement naturel et destinés à ses productions fermières ou aux soins de ses cultures ou de ses animaux, ne constitue pas une contrefaçon.
  • La rémunération de la sélection des végétaux et des animaux destinée à l'alimentation et à l'agriculture fait l'objet de dispositifs particuliers qui ne rentrent pas dans le champ d'application des lois générales de lutte contre les contrefaçons ».

La dénonciation des débordements abusifs de cette proposition de loi contre les contrefaçons s'inscrit dans une campagne plus large pour que « vivent les semences paysannes ». Dans ce contexte, elle s'articule avec un autre combat concernant le projet de loi autorisant la ratification de l’accord relatif à une juridiction unifiée du brevet, que le gouvernement a examiné le 23 octobre et qui doit être voté par le Parlement avant la fin 2013. Cet accord instaure un nouveau tribunal international des brevets qui échappera au contrôle parlementaire, tout comme l'Office européen des Brevets qui accorde des brevets sur des gènes ou caractères naturellement présents dans les plantes et les animaux en opposition totale à la résolution du Parlement européen du 10 mai 2012. Ce tribunal pourrait poursuivre en contrefaçon tout agriculteur victime de la présence fortuite d'un gène ou d'un caractère brevetés dans ses récoltes ou ses animaux. En effet, alors que l'accord international a pris soin de protéger les sélectionneurs victimes d'une telle présence fortuite, il ne prévoit rien pour la protection des agriculteurs qui ne pourraient fournir la facture d'achat de semences ou d'animaux brevetés.

Il faut agir maintenant pour informer les sénateurs avant le vote du 20 novembre ! Chacun doit porter ce combat à la connaissance de son sénateur et de son député.
http://www.semonslabiodiversite.com/wp-content/uploads/2013-11-12-Argumentaire-contre-loi-Contrefaçon-Collectif-Semons-la-Biodiversité.pdf 

Participer à la cyberaction en ligne


3 novembre 2013

La Caravane pour le Droit à la Terre à Cahors

clic pour agrandir

CARAVANE GANDHIENNE POUR LE DROIT À LA TERRE ET POUR L’AGRICULTURE PAYSANNE DU 10 AU 22 NOVEMBRE 2013


Animations, événements militants, projection de films, débats, repas solidaires

 à Cahors le 11 novembre

Plus d'info, voir le programme de la journée sur le Lot en Action ...


1 novembre 2013

Somonte, à l’école des jornaleros andalous


La voie du jaguar | Jean-Pierre Petit-Gras | 27 octobre 2013

Le 4 mars 2012, quelques centaines d’ouvriers agricoles andalous, affiliés au SOC-SAT [1], occupaient la finca [2] Somonte, une terre de 420 hectares proche de Palma del Río [3] (province de Cordoue) que le gouvernement autonome de la région s’apprêtait à vendre aux enchères. Cette action, et les impressionnants résultats obtenus depuis par les occupant•e•s, devraient faire l’objet d’une réflexion approfondie, de la part de celles et ceux qui se posent la question d’une résistance durable et de la recherche d’alternatives concrètes au désastre sans cesse croissant dans lequel, ici et ailleurs, le capitalisme industriel a plongé l’humanité tout entière.

En Andalousie, plus de trente-cinq pour cent de la « population active » est au chômage. Cinquante pour cent chez les moins de vingt-cinq ans. Dans l’agriculture, de récentes mesures, « imposées par la crise », ont porté à trente-cinq journées travaillées le seuil minimal pour toucher pendant six mois une indemnisation de 600 euros. Il faut décompter de ces indemnités les cotisations obligatoires, et savoir que dans le contexte de la mécanisation massive, de l’utilisation d’une main-d’œuvre immigrée très bon marché, et de surcroît l’existence de « listes noires » concernant les femmes et hommes les plus revendicatifs, ces trente-cinq journées travaillées sont souvent hors de portée [4].

Depuis des siècles, le spectre de la faim rôde dans ce vaste et superbe pays.

L’Andalousie est une terre riche. Par ses sols fertiles, le soleil, l’eau, sa biodiversité, l’accumulation millénaire de connaissances du milieu, les savoir-faire. Les géographes et historiens grecs admiraient la civilisation de Tartessos, laquelle, plus de dix siècles avant notre ère, exportait au loin ses huiles d’olive. Les envahisseurs romains y ont trouvé des lieux idylliques, et par la suite les musulmans ont perfectionné les méthodes d’irrigation et de gestion de l’eau, celle des greffes, etc., introduit de nombreuses espèces végétales. La région n’a certes probablement pas été le paradis terrestre chanté par de nombreux auteurs. Mais elle a dû, sous certains aspects, s’en rapprocher un peu. Cela d’autant plus que les migrants venus d’un peu partout (Berbères, Arabes, Juifs, Visigoths, Normands, puis Gitans sont venus s’ajouter aux vieilles populations ibères) y ont enrichi une culture et des mœurs tournés vers la tolérance et la recherche d’une vie plaisante et digne.

L’appropriation des terres par le nouveau féodalisme, militaire et « religieux », implanté à la faveur de la « Reconquête » chrétienne achevée en 1492, a peu à peu détruit la société andalouse. Et le latifundisme, cette spoliation que l’on nomme propriété privée, continue aujourd’hui d’écraser la paysannerie. Celle-ci n’a pourtant cessé de rêver, et de lutter pour que la terre soit à ceux qui la travaillent.

Le bilan provisoire de l’occupation de Somonte est parlant : délogés brutalement par un commando « antiterroriste » de la Garde civile au mois d’avril 2012, les jornaleros [5] sont revenus la nuit suivante. Depuis, ils ont consolidé une installation marquée, dès les premiers jours, par la volonté de faire revivre une terre abandonnée à des monocultures « rentables » tournées vers l’exportation, la captation des primes européennes, la mécanisation à outrance et l’utilisation immodérée de produits chimiques.

Avec peu de moyens (deux tracteurs et quelques machines offerts par leur syndicat et la municipalité de Marinaleda), ils ont préparé et semé, le plus proprement possible, cinquante-cinq hectares de blé, soixante-dix d’avoine, vingt de tournesol, deux de pois chiche, deux de fèves et haricots, un de pommes de terre... Les potagers créés par leurs soins donnent en abondance tomates, piments, oignons, ail, choux et salades. Mille cinq cents chênes verts et caroubiers, deux cents oliviers, des orangers ont été plantés. Brebis, chèvres et volailles participent à l’animation générale...

« Le plus important, disent-ils, c’est que nous avons défendu notre dignité, nous avons conscience d’être des femmes et des hommes libres, et nous croyons fermement à la réforme agraire ! »

Les occupants de Somonte ont reçu, dès les premiers jours, la visite enthousiaste de paysans et urbains de la province de Cordoue, mais aussi de toute l’Espagne, et d’autres pays européens [6]. Ces échanges leur ont permis de bénéficier d’un soutien moral et matériel. C’est pourtant dans l’autre sens que cette solidarité peut réellement s’exercer, et peser sur le destin de personnes et groupes désireux de s’affranchir du système dominant.

Les jornaleros de Somonte, par exemple, ont offert céréales, légumes et fruits à des associations de lutte contre les expulsions qui affectent de nombreuses familles ne pouvant faire face aux échéances des emprunts contractés pour l’achat de leur logement.

Mais plus que ces manifestations, généreusement symboliques, c’est leur action même, jointe à leur parole, qui offrent matière à réflexion pour la reconstruction d’initiatives concrètes de résistance face à la gravité de la situation dans laquelle nous sommes enfermés.

N’est-il pas en effet illusoire de croire que des solutions aux problèmes de la dépendance alimentaire, de l’empoisonnement généralisé, de la « mauvaise vie » en général, vont être trouvées dans des remèdes ponctuels, qui à l’instar de la médecine allopathique ne traiteraient que des symptômes isolés, sans tenir compte de l’ensemble des phénomènes à l’origine de l’apparition et de la progression d’une maladie ?

Le développement des productions « biologiques », des circuits courts et autres AMAP [7], pour intéressant qu’il soit, ne s’effectue en effet qu’à la marge, en comparaison avec la mainmise croissante de l’agriculture industrielle sur tout ce qui touche à la culture, l’élevage et la transformation.

En dessous des trois pour cent de la « population active totale », la main-d’œuvre employée dans l’agriculture française ne peut que se résoudre à suivre la fatalité de la mécanisation, l’utilisation d’intrants chimiques, les choix tactiques en fonction du marché, et les endettements qu’implique toute cette machinerie.

Les quelques agriculteurs accrochés à des pratiques respectueuses de la terre et de leur prochain, ou qui tentent de s’y lancer, sont confrontés à d’imposantes difficultés : un travail très lourd, la concurrence, la bonne « niche » à trouver. Ils n’échappent guère à la loi implacable, absurde, inégalitaire, du marché. La grande distribution et l’agro-industrie sont d’ailleurs entrées dans la danse, et les gondoles de « produits bio » ou « équitables » se multiplient à l’envi.

Et puis, à quoi rime de fournir des paniers, dans le cadre d’une AMAP, à des cadres, ingénieurs ou techniciens travaillant, par exemple, dans le secteur de l’armement (pudiquement appelé la « défense »), à des chimistes, des employés ou autres informaticiens qui participent, consciemment ou non et chacun à son niveau, à la destruction de ce qui reste de diversité, de liberté, d’échanges non marchands ?

Le prix du foncier, prohibitif dans la plupart de nos pays disneylandisés, s’oppose puissamment à ce retour massif vers la terre, qui répondrait pourtant à bien des questions.

La compétition entre individus, dès la période scolaire, le manque de connaissances et d’expériences appropriées, la soumission à des modes de vie et de consommation énergivores, l’addiction aux gadgets en tous genres, aux loisirs destinés, comme les tranquillisants, à masquer les stress de toutes sortes vécus dans un environnement professionnel (ou celui du non-emploi) s’ajoutent à cet obstacle.

L’attachement maladif à la propriété privée, apparu avant la révolution française, et renforcé par celle-ci, a fortement contribué à jeter la paysannerie, par ailleurs décimée par les guerres (depuis les napoléoniennes jusqu’à celle de 1914), dans la spirale de l’industrialisation du monde.

Le retour à la terre, par l’occupation quand les rapports de forces peuvent le permettre (en Andalousie, ou dans certaines ZAD capables d’attirer et de conserver l’installation de populations nouvelles) ou par l’achat collectif voué à la transformer en bien commun, ne s’opérera que par le biais d’une rupture radicale, impulsée par un puissant désir de sortie de ce système aliénant, hiérarchisé, brutal et absurde. Par une recherche de l’autonomisation dans les domaines de l’alimentation, l’habitat, la santé, les relations sociales et la solidarité, l’éducation et, pourquoi pas, celui de la confection même de nos vêtements. Et, nous l’avons déjà dit, par une remise en cause approfondie de la sacro-sainte propriété privée.

Tel est, à mon sens, le contenu fondamental du message que nous délivrent les jornaleros et jornaleras de Somonte .

Une solidarité bien comprise avec leur combat va donc plus loin qu’une manifestation de sympathie. Il en est de même pour les luttes emblématiques qui se mènent actuellement dans d’autres régions de la planète (Chiapas et autres territoires indigènes du Mexique, Colombie, Brésil, « printemps » arabe, grec ou d’ailleurs). Une fois étudiées les leçons qu’elles nous proposent, il convient de laisser de côté les proclamations purement rhétoriques et les luttes par procuration. Le temps est venu de passer un peu plus sérieusement à la réflexion et à l’action commune.

Jean-Pierre Petit-Gras

Notes

[1] Syndicat des ouvriers de la campagne / Syndicat andalou des travailleurs.

[2] Une finca est une propriété.

[3] De cette petite ville le río Genil, né en amont de Grenade, se jette dans le Guadalquivir.

[4] Le travail dans l’agriculture industrielle, notamment sous les serres, signifie, à côté de l’abrutissement inhérent à l’application des principes du management moderne, l’exposition à de nombreux insecticides et fongicides.

[5] L’emploi du masculin ne doit pas faire oublier que les femmes, les jornaleras, sont fortement présentes et impliquées dans l’occupation de Somonte.

[6] En avril, un petit groupe de la région toulousaine, intéressé au projet de terre commune de La Fontié, dans le Tarn, a passé quelques jours en leur compagnie, partageant travail dans les champs et le potager, discussions, films sur le mouvement zapatiste, repas, blagues et chansons. Un ami mexicain était de la partie...

[7] Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne.




5 octobre 2013

Citoyens sur la paille : en route pour Bruxelles !

Le Lot en Action | 4 octobre 2013.

 Suite au récent dossier SAFER de Patrice Ravet (voir l'article paru dans le Lot en Action n°74), un collectif est né : Citoyens sur la paille

Ce collectif est convaincu que, malgré l’arrêt surprise du dossier, il est urgent, indispensable, voire vital pour le monde paysan et surtout pour le citoyen-consommateur, qu’une action dénonciatrice des agissements de la SAFER et des institutions gérant le foncier, soit menée.
Il est urgent de stopper cette politique qui favorise l’agrandissement des exploitations au détriment de l’emploi en milieu rural et d’une alimentation saine pour l’ensemble des citoyens.
Par ces manœuvres souterraines, nous assistons, bras ballants, à un agrandissement constant des exploitations.

Cette politique se rend complice de l’agro-industrie, l’agrochimie et l’industrie pharmaceutique...
Au final, le foncier est accaparé par quelques un, qui, au nom du profit et sans le moindre respect des consommateurs, laissent sur le côté bon nombre de porteurs de projets.
Ces agrandissements anéantissent l’agriculture paysanne et détournent les financements publics ; ils souillent notre terre, notre eau, notre air, empoisonnent notre alimentation par les intrants chimiques et demain... 100% OGM...

De même, la sectorisation géographique des productions (du porc en Bretagne, des céréales dans la Beauce, etc. ) engendre une grande consommation d’énergie due au transport des marchandises.

Fini l’autonomie alimentaire des fermes, des régions, et, pire encore, fini l’autonomie du pays.

        INDIGNONS-NOUS !

 Nous projetons de lancer, le jeudi 17 octobre 2013, une action itinérante partant d’Albi, devant le siège de la SAFALT (Société d’Aménagement Foncier Aveyron-Lot-Tarn), jusqu’à Paris, et pourquoi pas Bruxelles !

Sur notre parcours, nous proposons les étapes suivantes :

ALBI, RODEZ, CAHORS, GRAMAT, BRIVE, TULLE, CLERMONT-FERRAND, et prendre l’axe BOURGES – PARIS, et pourquoi pas BRUXELLES.

Pour cela, toutes les forces doivent être solidaires, nous sommes tous consommateurs victimes de cette agriculture industrielle qui nous est imposée.

Nous comptons sur le soutien des Confédérations Paysannes, des ADEAR et des collectifs qui se battent pour la sauvegarde de la VIE.

        LUTTONS ENSEMBLE, UNISSONS NOS FORCES :

Nous invitons à nous rejoindre chacun des collectifs qui défend l’environnement et les droits du citoyen.
Pour concrétiser cette action et mener cette lutte, nous avons besoin de vous !

        Manifestez-vous :
        Par mail : citoyenssurlapaille@yahoo.fr
        Par téléphone : 06.84.48.67.99
        Sur le blog : citoyenssurlapaille.hautetfort.com


16 septembre 2013

Agen, la furia du béton

Parce qu'un chantier de LGV, c'est ça... (source)


Par Hervé Kempf  | Reporterre  | samedi 14 septembre 2013

Cet article est extrait de

La Chronique Ecologie est de retour

 Un chapitre du désastre ordinaire


Un saut à Agen, en train, pour débattre lors de la Quinzaine de l’écologie. On me raconte une lutte locale, méconnue, révélatrice du désastre ordinaire. La ville d’Agen, environ 40 000 habitants, se situe entre Toulouse et Bordeaux. Elle dispose d’une grande zone d’activité industrielle, qui marche bien, prospère, et qui a de la place pour s’étendre si besoin était. Mais le maire, comme tant de maires des villes moyennes, agglomérations, métropoles, capitales, rêve plus grand, plus beau, plus fort. Et plus grand, plus beau, plus fort, chez tant de maires des villes moyennes, agglomérations, métropoles, capitales, signifie couler du béton.


Dessin de Pierre Fournier (Reporterre)

Donc, plutôt qu’utiliser ce qui existe, il veut créer une autre zone, à dix kilomètres de la ville, à Sainte-Colombe-en-Brulhois - ah, pardon, une "technopole" : deux cent hectares de bonne terre agricole dans ce riche Lot-et-Garonne, deux cent hectares de blé et de maraichage à « consommer » pour faire une nouvelle zone « d’activité » - l’agriculture, ce n’est pas actif, c’est bien connu -, pour poser comme une verrue les habituels batisses d’aluminium et de béton, en « HQE » (haute qualité environnementale), bien sûr, avec trame verte et bleue, et quelques panneaux solaires, parce qu’on est développement durable, n’est-ce pas ?


Plan du gâchis programmé près d’Agen (Reporterre)

Ce désastre absurde est né dans le cerveau reptilien de l’édile agenais (Jean Dionis de Séjour) parce qu’il devait y avoir là une gare TGV. En plein champ, bien sûr, la terre, ça ne compte pas, pour les technocrates. Une gare TGV, donc, comme étape de la ligne à grande vitessse (LGV) Bordeaux-Toulouse.

Oui, mais. Cette ligne devait être construite en complémentarité avec la LGV Bordeaux-Hendaye. Or celle-ci a suscité une telle résistance dans les Landes et en Pays basque qu’elle est quasiment abandonnée. Cependant, nombre de notables continuent à vouloir la LGV Bordeaux-Toulouse : un autre désastre ordinaire. Près de six milliards d’euros – et des terres agricoles dévorées – pour gagner une demie-heure de trajet, alors qu’en rénovant la ligne actuelle, pour deux milliards d’euros, on gagnerait un quart d’heure. Les écologistes et d’autres se bagarrent contre la LGV Bordeaux-Toulouse : pas assez fort, encore. Et pas suffisamment pour empêcher qu’à Agen, le maire veuille bétonner deux cent hectares pour son rêve de gaspillage.

Sur place, beaucoup d’agriculteurs âgés lâchent prise, et vendent, soumis à la pression. D’autres se battent et résistent. Ils sont encore isolés. Ils ont besoin d’aide. On en reparlera.

14 décembre 2011

Xavier Beulin sera dans le Lot ce vendredi, appel à manifester

par Bluboux | Le Lot En Action | 14 décembre 2011


non-aux-ogm.pngXavier Beulin, le président de la FNSEA, sera à Labastide-Murat après-demain, le vendredi 16 décembre.
En plus d'être président de la FNSEA, le garenne est également Président de la FDSEA du Loiret, petit propriétaire "paysan" avec 500 hectares et surtout Président de Sofiprotéol, groupe agro-industriel (chiffre d'affaires 5.5 milliards d'euros en 2009) de la filière oléagineuse et protéagineuse, qui possède l'entreprise Sanders, semencier, qui importe également les fameux tourteaux de soja OGM en provenance du Brésil, à destination des éleveurs français.

La Confédération Paysanne, les Faucheurs volontaires et le Lot en Action appellent tous les militants du Lot (et d'ailleurs !) à faire suivre l'information suivante :

L'assemblée générale de la FDSEA du Lot aura lieu ce vendredi à Labastide-Murat. Une séance publique aura lieu, à partir de 14h, avec la présence de Xavier Beulin. Au moment où le gouvernement vient de voter une loi qui empêche les paysans de ressemer librement une partie de leur récolte, droit pourtant inaliénable, favorisant directement la brevetabilité du vivant, et où les semenciers ainsi que l'industrie des biotechnologies, Monsanto en tête, font plier la commission européenne sur les OGM, il est urgent de réagir.

manifestation-rigolote.jpeg 

Venez manifester devant la mairie de Labastide-Murat, le vendredi 16 décembre à 14H. Co-voiturez et venez avec votre bonne humeur, des casseroles, pancartes, banderoles, dénonçant l'agriculture productivistes, la main mise du lobby de la FNSEA sur le gouvernement (Comment les paysans du Lot peuvent-ils accepter que le président du plus puissant des syndicats agricoles soit également l'un des acteurs principaux du lobby de l'industrie agro-alimentaire ?). Il faut sortir de cette logique purement libérale qui consiste à produire massivement des produits agricoles industriels (semences manipulées (mutagenèse), OGM, intrants chimiques, pesticides), à leur faire faire plusieurs fois le tour de la planète, et à détruire l'agriculture respectueuses de l'environnement et de l'être humain.

Faites suivre ce message au plus grand nombre. Nous n'avons que très peu de temps pour organiser cette mobilisation. Montrons leur que le Lot s'engage dans la transition et envoyons un message fort à destination de tous les paysans productivistes du Lot : "sortez de cette logique financière qui vous écrase, vous empoisonne, fait de vous des victimes mais également des criminels".

Contacts :
Christian Rossi (Confédération Paysanne) : 05 65 40 46 59
Gilbert Costes (Faucheurs volontaires) : 06 37 20 15 48 ou 05 65 27 13 26
Laurent Cougnoux (Lot en Action) : 05 65 34 47 16

plus d'info ...

28 novembre 2011

Taxe sur les semences : l’UMP contre les paysans

Par Sophie Chapelle | Basta! | 28 novembre 2011


La colère gronde devant l’Assemblée nationale ce 28 novembre alors qu’est examinée une proposition de loi qui remet en cause le droit de ressemer librement sa propre récolte. Que s’est-il dit au Sénat lors de son examen en juin dernier ? Quels positionnements ont adopté les différents groupes politiques ? Décryptage.
 
 

« Ce projet de loi remet en cause des siècles d’émancipation paysanne construite sur la contestation du servage ». La colère des membres de la Confédération paysanne ne faiblit pas alors que s’ouvre l’examen du projet de loi sur les « obtentions végétales » à l’Assemblée nationale ce 28 novembre. Une véritable dîme sur les semences (lire notre précédent article) qui entrave le droit de ressemer librement et rend les paysans captifs des multinationales semencières. Derrière cette proposition de loi, on trouve le sénateur UMP Christian Demuynck. Comment ce proche de Nicolas Sarkozy justifie t-il ce projet de loi ?

Ce texte n’aurait pas d’autres buts que de « relancer la recherche agricole en France » et « lui en donner les moyens » par le paiement de droits sur les semences protégées. C’est en tout cas l’argument qu’a avancé Christian Demuynck devant les sénateurs, le 29 juin dernier. Le texte propose ainsi d’autoriser la semence de ferme [1] pour seulement 21 espèces – en échange du paiement d’une « Contribution volontaire obligatoire » (CVO) à l’obtenteur qui a sélectionné la variété – et d’interdire cette pratique pour toutes les autres espèces. « Tous les exploitants du monde agricole » doivent contribuer à l’effort de financement de l’innovation, via la CVO, assurent les sénateurs UMP.

Dans les travées du groupe CRC (communiste), on s’interroge sur l’augmentation de la contribution de 30 à 50 % réclamée par l’Union française des semenciers (UFS). « Une telle augmentation reviendrait à instaurer une distorsion de concurrence et à interdire, de fait, les semences de ferme », argue la sénatrice communiste Annie David. Cette augmentation entérinerait surtout l’influence de l’UFS – qui regroupe Bayer, Limagrain, Monsanto, Pioneer, Vilmorin ou Syngenta – dans l’orientation de la politique agricole française.

Les écologistes, une « bande d’obscurantistes »

Une taxe, pourquoi pas, mais pour quelle recherche ? Le radical de gauche Yvon Collin dénonce une recherche qui « se dirige vers le verrouillage des semences par la sélection de variétés hybrides (non reproductibles, ndlr) ou modifiées ». Et questionne : « Va-t-on assister au contrôle de la totalité des semences et de la nourriture par une poignée de multinationales ? ». En attendant, la recherche agricole publique est à la diète. La révision générale des politiques publiques (RGPP), portée par la droite depuis 2007, s’est traduite pour l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) par le gel de 40 postes en 2011 et la baisse très importante du budget alloué aux départements de recherche. Difficile dans ce cadre de croire que le parti présidentiel tient vraiment à une recherche publique.

Pour le Ministre de l’agriculture Bruno Le Maire, soutenir cette loi c’est se placer « dans le camp du progrès, d’une agriculture moderne ». Les arguments sont connus : seul le « progrès génétique » et « la productivité » pourront nourrir 9 milliards d’individus, explique Rémy Pointereau (sénateur UMP du Cher), alors que chacun sait que le problème n’est pas dans la production agricole, excédentaire, mais dans sa répartition.

Une « redoutable appropriation des semences »

La recherche qui s’annonce, au vu des variétés de plantes déjà autorisées, ressemble davantage à du clonage qu’à une défense de la biodiversité, accuse la sénatrice écologiste Marie-Christine Blandin. La sélection et la multiplication d’une partie de la récolte à la ferme est le seul moyen de pouvoir adapter les variétés à la diversité des terroirs et aux variations climatiques. « Faut-il rappeler que la totalité des semences industrielles sont issues des variétés sélectionnées par des centaines de générations de paysans sans que la moindre rémunération leur ait jamais été versée ? », lance Yvon Collin. Une piqûre de rappel qui n’obtiendra nul écho dans les travées de la majorité.

La proposition de loi viserait à adapter le droit français à une convention internationale ratifiée par la France en 2006 [2]. Un argument qui laisse les opposants à la loi sceptiques. Cette « adaptation » de la loi française arrive justement au moment où la Commission Européenne procède à une évaluation de la réglementation sur la protection des obtentions végétales. Le Parlement français va-t-il voter une nouvelle loi qui peut se retrouver obsolète dans quelques semaines ?

Cette loi risque également de violer des engagements internationaux, comme le souligne le communiste Gérard Le Cam. La France a ratifié la Convention sur la diversité biologique ainsi que le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture, des textes qui garantissent les droits des agriculteurs dans l’accès facilité aux ressources.

La brevetabilité du vivant en jeu

Cette marche forcée vers la privatisation des semences au profit de grands intérêts économiques a surtout pour objectif de conforter le certificat d’obtention végétale (COV). Ce système de propriété, que l’UMP défend âprement, se veut « plus ouvert » que le brevet de propriété intellectuelle. Celui-ci interdit toute libre utilisation des semences référencées, y compris dans un cadre expérimental. Problème : le certificat d’obtention végétale peut très bien coexister avec un brevet sur une même variété. L’un protège une variété, l’autre protège des gènes. « Le cumul des deux protections (...) est un outil d’appropriation des semences bien plus redoutable que le brevet », alerte le communiste Gérard Le Cam.

Les obtenteurs qui développent de nouvelles variétés contenant un gène breveté sont sous la menace permanente de devoir payer des droits de licence, ou d’accepter que leur entreprise soit absorbée, pour pouvoir les commercialiser. « Ce risque est facteur de limitation de l’innovation, explique Gérard Le Cam. Cela favorise une concentration excessive de l’industrie semencière entre les mains des propriétaires des plus gros portefeuilles de brevets ». Quant aux agriculteurs, ils ne savent pas si une éventuelle contamination par des gènes brevetés leur interdit ou non la réutilisation de leur récolte comme semence. Alors que de plus en plus de brevets déposés sur les informations génétiques se multiplient, aucune information n’existe sur les variétés qu’ils protègent.

Défendre le patrimoine de l’Humanité

Si l’information des agriculteurs et des obtenteurs sur les variétés échangées est un préalable, elle n’est pas suffisante. « Il a fallu 3,5 milliards d’années d’interactions du vivant pour engendrer la diversité génétique, rappelle l’écologiste Marie-Christine Blandin. Puis, les sociétés paysannes ont identifié, sélectionné, transporté, échangé durant quelques dizaines de milliers d’années. Ce bien commun naturel et culturel ne saurait être confisqué : il est patrimoine le l’humanité. Le « découvreur » d’une variété ne saurait se l’accaparer ! ».

Dans le cadre de l’accord interprofessionnel autour du blé tendre, les agriculteurs paient une contribution volontaire obligatoire seulement en cas de commercialisation de leurs semences. Ceux qui ne faisaient que la replanter pour nourrir leurs animaux en étaient exonérés. Avec cette proposition de loi, c’en est fini. Tout le monde paiera. le sénateur Daniel Raoul, du groupe socialiste, a ainsi défendu un amendement tendant à exonérer du paiement de cette indemnité les agriculteurs qui produisent des semences de ferme dans un but d’autoconsommation.

Un amendement irrecevable pour le rapporteur UMP Rémy Pointreau qui explique : « Si une variété d’aliment permet d’améliorer la qualité du lait ou de la viande, ou encore d’engraisser plus vite les animaux, pourquoi l’obtenteur ayant permis une telle avancée ne recevrait-il pas une rémunération pour son travail ? ». Résultat, le projet de loi pourrait aussi concerner les agriculteurs qui sélectionnent ou conservent leurs propres semences, les jardiniers amateurs qui produisent pour leur auto consommation et leur plaisir, et ceux qui leurs vendent graines et semences.

Un seul amendement à l’Assemblée nationale changerait la donne

L’amendement relatif à l’autoconsommation n’ayant pas été adopté, les sénateurs socialistes se sont abstenus lors du vote final. Aux côtés des écologistes, le groupe communiste a voté contre le texte, estimant ne pas pouvoir répondre à ces questions « tant que ne sera pas inscrite dans la loi la reconnaissance positive des droits des agriculteurs sur leurs semences ». En revanche, le groupe RDSE – qui rassemble le parti radical de gauche et divers gauche - et l’Union centriste se sont prononcés en faveur de la proposition de loi. Les organisations syndicales et associatives présentes devant l’Assemblée nationale ce 28 novembre espèrent l’adoption d’un amendement. Un seul suffit pour que la proposition retourne au Sénat, qui a changé de majorité depuis juin dernier.

Sophie Chapelle

Notes

[1] Les semences de ferme sont des graines récoltées à partir de variétés sélectionnées par l’industrie semencière, mais multipliées par l’agriculteur lui-même par souci d’économie et d’indépendance.

[2] Convention internationale pour la protection des obtentions végétales de 1991, dite "convention UPOV".
 

 

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