13 février 2024

Gaza • L’innommable génocide

 

Dans les années 1990 se déroulaient devant les yeux du monde entier trois “guer­res” con­tre des Peu­ples, en Ex-Yougoslavie, au Rwan­da, et en Turquie. Les trois avaient en com­mun une volon­té d’épu­ra­tion ethnique.

Nous n’avions pas dans ces années là un réseau Inter­net à ce point dévelop­pé qu’un.e quel­conque citoyen.ne du monde puisse instan­ta­né­ment trans­met­tre les images de ce qui s’y déroulait. Et pour­tant, tant pour l’ Ex-Yougoslavie que pour le Rwan­da, le jour­nal­isme des années 1990 opéra un tra­vail d’in­for­ma­tion digne de ce nom, même si pour la Turquie et les Kur­des, il en fut autrement, déjà.

Sur ces trois mas­sacres en direct, un seul entra dans l’His­toire, après sai­sine d’un Tri­bunal, sous le nom recon­nu de géno­cide, celui com­mis au Rwan­da, con­tre les Tut­sis. Pour l’Ex-Yougoslavie, le Tri­bunal pénal créé pour ce faire fit de l’un des derniers mas­sacres de masse, celui de Sre­breni­ca, un mas­sacre “géno­cidaire”, sans pour autant élargir le terme juridique à l’ensem­ble de la guerre. Pour la Turquie, con­sid­érée zone tam­pon stratégique par l’Oc­ci­dent européen, on par­la et on par­le tou­jours de “con­flit” et de “prob­lème kurde”.

 

suite sur Kedistan..

28 mai 2020

Sans sanctions européennes, ce qui reste de la gauche israélienne ne pourra pas bloquer l’annexion et l’apartheid

Photo, vosizneias.com

Spécialiste de l’histoire du fascisme, Zeev Sternhell, fut l’un des fondateurs de « La paix maintenant » et demeure un critique inlassable de l’occupation et de la colonisation des territoires palestiniens. Il analyse la crise de la gauche israélienne, incapable aujourd’hui de peser sur la scène politique, alors que Netanyahu s'apprête à lancer le processus d'annexion d'un tiers de la Cisjordanie. 

  

2 avril 2019

Israël tue un enfant Palestinien tous les 3 jours dans l'indifférence générale

14 février 2019 - L'ONG Defence for Children International Palestine (DCIP) tire le sombre bilan de 2018 en révélant que 56 enfants Palestiniens ont été tués en 2018 par Israël. Plus d'un enfant tué par semaine ! Les personnes témoins de ces meurtres ont insisté sur le fait que les enfants visés n'étaient pas armés et ne représentaient aucune menace pour l'occupant ou ses citoyens. 
 Les enfants palestiniens ont été tués par des tireurs d’élite, des drones et des forces de sécurité de l’armée israélienne dans les territoires palestiniens occupés.(..)


 

24 avril 2018

Gaza : des blessures par balle inhabituelles et dévastatrices



Depuis le 1er avril, les équipes de Médecins Sans Frontières à Gaza ont accueilli en soins postopératoires près de 500 personnes blessées par balles lors de la « Marche du retour ». En trois semaines, l’association a traité plus de patients que lors de toute l’année 2014, qui avait pourtant connu l’offensive israélienne « Bordure protectrice ».

Le personnel médical de MSF fait état de blessures dévastatrices d’une sévérité inhabituelle, extrêmement complexes à soigner et qui laisseront de lourdes séquelles à la majorité des patients.
 

2 avril 2018

Israël rejette toute enquête indépendante sur les violences à Gaza

Israël a rejeté les appels internationaux à une enquête indépendante après la mort vendredi de 16 Palestiniens tués par l'armée israélienne lors d'une manifestation organisée le long de la frontière entre Gaza et l'Etat hébreu.
L'usage de balles réelles par l'armée israélienne est au coeur des interrogations de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l'Homme.

Vendredi a été la journée la plus meurtrière dans la bande de Gaza depuis la guerre de 2014: 16 Palestiniens ont été tués et plus de 1.400 blessés, dont 758 par des tirs à balles réelles, selon le ministère de la Santé dans l'enclave.
Les Palestiniens accusent les soldats israéliens d'avoir tiré sur des manifestants qui ne représentaient aucun danger immédiat.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, ainsi que la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini, ont réclamé une "enquête indépendante" sur l'usage par Israël de balles réelles, une demande rejetée par l'Etat hébreu.

Par ailleurs, les Etats-Unis ont bloqué samedi soir un projet de déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU appelant "toutes les parties à la retenue et à prévenir toute escalade supplémentaire" et demandant une enquête sur les affrontements.

De son côté, le ministre de la Défense israélien Avigdor Lieberman a qualifié d'"hypocrites" les appels à ouvrir une enquête.
"Il n'y aura pas de commission d'enquête", a-t-il déclaré à la radio publique israélienne. "Il n'y aura rien de tel ici, nous ne coopérerons avec aucune commission d'enquête".


Source  : Assawra
 

8 janvier 2018

Des avions Israéliens pulvérisent des défoliants sur les terres de Gaza

Photo correspondant d'Assawra
Assawra | 7 janvier 2018

  Pulvériser l'espoir...

 Il existe encore à Gaza, malgré tout, quelques terres agricoles. Elles servent à produire des légumes d'une grande variété selon les saisons. On y plante aussi des arbres fruitiers, notamment des agrumes.
Les Palestiniens aiment la terre nourricière.
Nul besoin d'une sensibilisation écologique, ils entretiennent un rapport ancestral avec la terre respectueux de la nature. Cet état d'esprit est culturel. Il est retransmis d'une génération à une autre. Tous savent que la terre est précieuse.
Elle participe à leur résistance au blocus.

Ce matin du dimanche 07 janvier des avions de l'occupant ont survolé des parcelles de terre de l'est de Gaza. Ils les ont pulvérisées de produits chimiques détruisant les milliers de jeunes plants de légumes... espoir de demain.
C'est un autre visage de la guerre menée contre ce peuple viscéralement attaché à sa terre... car elle le nourrit aussi de cet espoir nécessaire à sa résistance.

Ce matin du dimanche 07 janvier des avions de l'occupant ont donc survolé cette terre en vue de pulvériser l'espoir.

Un autre crime au nom du peuple élu.

Al Faraby
Dimanche, 07 janvier 2017





source,
https://assawra.blogspot.fr/2018/01/pulveriser-lespoir.html

Pétition "Libérez A'hed Tamimi"
https://www.change.org/p/benyamin-netanyahou-libérez-l-enfant-a-hed-tamimi



20 décembre 2017

Le jeune palestinien aux yeux bandés et encerclé par 23 soldats israéliens risque 20 ans de prison (vidéo)


Fawzi al-Junaidi, 16 ans, a été photographié le 7 décembre à Al-Khalil/Hébron, en Cisjordanie occupée, pendant des manifestations contre la décision du président des Etats-Unis Donald Trump de reconnaître la ville palestinienne de Jérusalem comme capitale d’Israël. On voit l’adolescent en jeans déchirés propulsé en avant par des soldats équipés de vêtements de protection complets qui empoignent ses deux bras...

Suite sur ISM-France
 

21 février 2017

Adama et Théo au cœur de la présidentielle


Contre ceux qui pensent que quelques abribus cassés mettent en péril l’élection présidentielle, il faut affirmer qu’il est salutaire pour notre avenir commun de prendre enfin au sérieux la souffrance et la colère de nos enfants oubliés. Devant les vraies violences qui nous rongent et qui nous menacent, la rupture dont nous avons besoin n’est pas programmatique mais démocratique.

Quel soulagement de voir enfin de la presse faire sa une sur les drames subis pas Adama et Théo en plein marasme démocratique et électoral. Pense-t-on vraiment que ces drames auraient été à ce point considérés dans les débats publics..

Suite sur le blog d'Alain Bertho
         

7 février 2017

De Pantin à Aulnay, la BST 93 et ses crimes

copie d'écran

À Aubervilliers, à Pantin, à Aulnay-sous-Bois, tout le monde déteste la BST et personne n'oublie ses crimes. Derrière l'acronyme, il y a la police de proximité façon Sarkozy ; la « Brigade Spécialisée de Terrain ». Par « spécialisée » il faut comprendre habilitée à cogner fort, et par « terrain », les quartiers populaires, la banlieue, là où l'État déploie sans états d’âme le pire de sa violence supposée « légitime », là où s’expérimentent les plus détestables techniques de domination policière avant d’être déployées en centre-ville, par exemple lors des manifestations.

À Aubervilliers on connaît bien la BST et ses pratiques ultra-violentes, le Bondy Blog consacrait en 2014 déjà un article à cette police détestée des habitants. En décembre 2015, une famille est passée à tabac à Pantin ; deux enfants de 15 et 18 ans et leur mère. La scène est filmée par une voisine. Zahra Kraiker, la mère de famille, est furieuse ; « Regardez comment ils frappent. Je sépare mon fils parce qu'ils sont en train de le massacrer. On m'a gazé. On m'a mis au sol. » (...)

Suite du reportage sur Radical cinema
 

25 octobre 2016

La marche de femmes israéliennes et palestiniennes pour exiger la paix

 
(...) La marche de l’espérance exige la relance des négociations entre les gouvernements israéliens et palestiniens pour que la paix existe entre les générations futures.

Plus de trois mille femmes palestiniennes et israéliennes ont marché durant des semaines jusqu’à la résidence du dirigeant israélien, Benjamin Netanyahu, pour exiger un accord de paix entre les deux nations .
(...)

 

3 août 2016

Israël soutient Daech mais terrorise les pacifistes israéliens


Menaces de mort, agressions, les opposants israéliens à la politique d’occupation et de colonisation israéliennes sont soumis, en toute impunité, à une politique de terreur en Israël, rapporte le journal Haaretz...

EuroPalestine

11 août 2015

Quelques vérités sur l’opération de propagande « Tel Aviv Sur Seine »

Dessin de Tardi
Quelques éléments d’information suite aux réponses mensongères de la Mairie de Paris face aux larges protestations contre « Tel Aviv Sur Seine » :

1) Tel Aviv est « ouverte et tolérante », il ne faut pas la confondre avec le gouvernement israélien

Tel Aviv a été bâtie sur 7 villages palestiniens détruits. Il y est interdit aux réfugiés palestiniens, expulsés de ces villages, d’y retourner.

Le QG de l’armée israélienne qui bombarde et commet des massacres à Gaza se trouve à Tel Aviv.

A 70 kilomètres de Tel Aviv, soit à peu près la distance entre Paris et Fontainebleau, il y a 1.8 millions de personnes qui meurent à petit feu dans un endroit qui s’appelle la bande de Gaza.

A moins de 50 kilomètres de Tel Aviv, soit à peu près la distance entre Paris et Rambouillet, il y a une charmante construction qui s’appelle le Mur, (...)

 

22 février 2015

Il y a 50 ans mourrait Malcom X


Il y a 50 ans, le 21 février 1965, Malcolm X, l’une des figures les plus puissantes du mouvement noir aux USA était assassinée. Orateur de talent, doté d’un esprit brillant et intuitif, ainsi que d’une grande probité morale et intellectuelle, l’ex-leader de la « Nation of Islam » ne se contentait pas de discours incantatoires. 
 
lire sur Oumma ...
 

23 août 2014

Desmond Tutu appelle au boycott mondial d’Israël


Oumma | 22 août 2014

L’archevêque émérite sud-africain Desmond Tutu appelle à un boycott mondial d’Israël et adresse au peuple israélien le plaidoyer suivant : « Libérez-vous en libérant la Palestine ».

Mon plaidoyer pour le peuple d’Israël : Libérez-vous en libérant la Palestine

Publié initialement sur Haaretz

Les dernières semaines, des membres de la société civile du monde entier ont lancé des actions sans précédent contre les ripostes brutales et disproportionnées d’Israël au lancement de roquettes depuis la Palestine.

Si l’on fait la somme de tous les participants aux rassemblements du week-end dernier exigeant justice en Israël et en Paslestine - à Cape Town, Washington, New-York, New Delhi, Londres, Dublin et Sydney, et dans toutes les autres villes - cela représente sans aucun doute le plus important tollé de l’opinion citoyenne jamais vu dans l’histoire de l’humanité autour d’une seule cause.

Il y a un quart de siècle, j’ai participé à des manifestations contre l’apartheid qui avaient rassemblé beaucoup de monde. Je n’aurais jamais imaginé que nous assisterions de nouveau à des manifestations d’une telle ampleur, mais celle de samedi dernier à Cape Town fut au moins aussi importante. Les manifestants incluaient des gens jeunes et agés, musulmans, chrétiens, juifs, hindous, bouddhistes, agnostiques, athéistes, noirs, blancs, rouges et verts... C’est ce à quoi on pourrait s’attendre de la part d’une nation vibrante, tolérante et muticulturelle.

J’ai demandé à la foule de chanter avec moi : « Nous sommes opposés à l’injustice de l’occupation illégale de la Palestine. Nous sommes opposés aux assassinats à Gaza. Nous sommes opposés aux humiliations infligées aux Palestiniens aux points de contrôle et aux barrages routiers. Nous sommes opposés aux violences perpétrées par toutes les parties. Mais nous ne sommes pas opposés aux Juifs. »

Plus tôt dans la semaine, j’ai appelé à suspendre la participation d’Israël à l’Union Internationale des Architectes qui se tenait en Afrique du Sud.

J’ai appelé les soeurs et frères israéliens présents à la conférence à se dissocier activement, ainsi que leur profession, de la conception et de la construction d’infrastructures visant à perpétuer l’injustice, notamment à travers le mur de séparation, les terminaux de sécurité, les points de contrôle et la construction de colonies construites en territoire palestinien occupé.

« Je vous implore de ramener ce message chez vous : s’il vous plaît, inversez le cours de la violence et de la haine en vous joignant au mouvement non violent pour la justice pour tous les habitants de la région », leur ai-je dit.

Au cours des dernières semaines, plus de 1,7 million de personnes à travers le monde ont adhéré au mouvement en rejoignant une campagne d’Avaaz demandant aux compagnies tirant profit de l’occupation israélienne et/ou impliquées dans les mauvais traitements et la répression des Palestiniens de se retirer. La campagne vise spécifiquement le fonds de pension des Pays-Bas ABP, la Barclays Bank, le fournisseur de systèmes de sécurité G4S, les activités de transport de la firme française Véolia, la compagnie d’ordinateurs Hewlett-Packard et le fournisseur de bulldozers Caterpillar.

Le mois dernier, 17 gouvernements européens ont appelé leurs citoyens à ne plus entretenir de relations commerciales ni investir dans les colonies israéliennes illégales.

Récemment, on a pu voir le fond de pension néerlandais PGGM retirer des dizaines de millions d’euros des banques israéliennes, la fondation Bill et Melinda Gates désinvestir de G4S, et l’église presbytérienne américaine se défaire d’un investissement d’environ 21 millions de dollars dans les entreprises HP, Motorola Solutions et Caterpillar.

C’est un mouvement qui prend de l’ampleur.

La violence engendre la violence et la haine, qui à son tour ne fait qu’engendrer plus de violence et de haine.

Nous, Sud-Africains, connaissons la violence et la haine. Nous savons ce que cela signifie d’être les oubliés du monde, quand personne ne veut comprendre ou même écouter ce que nous exprimons. Cela fait partie de nos racines et de notre vécu.

Mais nous savons aussi ce que le dialogue entre nos dirigeants a permis, quand des organisations qu’on accusait de « terroristes » furent à nouveau autorisées, et que leurs meneurs, parmi lesquels Nelson Mandela, furent libérés de prison ou de l’exil.

Nous savons que lorsque nos dirigeants ont commencé à se parler, la logique de violence qui avait brisé notre société s’est dissipée pour ensuite disparaître. Les actes terroristes qui se produisirent après le début ces échanges - comme des attaques sur une église et un bar - furent condamnés par tous, et ceux qui en étaient à l’origine ne trouvèrent plus aucun soutien lorsque les urnes parlèrent.

L’euphorie qui suivit ce premier vote commun ne fut pas confinée aux seuls Sud-Africains de couleur noire. Notre solution pacifique était merveilleuse parce qu’elle nous incluait tous. Et lorsqu’ensuite, nous avons produit une constitution si tolérante, charitable et ouverte que Dieu en aurait été fier, nous nous sommes tous sentis libérés.

Bien sûr, le fait d’avoir eu des dirigeants extraordinaires nous a aidés.

Mais ce qui au final a poussé ces dirigeants à se réunir autour de la table des négociations a été la panoplie de moyens efficaces et non-violents qui avaient été mis en oeuvre pour isoler l’Afrique du Sud sur les plans économique, académique, culturel et psychologique.

A un moment charnière, le gouvernement de l’époque avait fini par réaliser que préserver l’apartheid coûtait plus qu’il ne rapportait.

L’embargo sur le commerce infligé dans les années 80 à l’Afrique du Sud par des multinationales engagées fut un facteur clé de la chute, sans effusion de sang, du régime d’apartheid. Ces entreprises avaient compris qu’en soutenant l’économie sud-africaine, elles contribuaient au maintien d’un statu quo injuste.

Ceux qui continuent de faire affaire avec Israël, et qui contribuent ainsi à nourrir un sentiment de « normalité » à la société israélienne, rendent un mauvais service aux peuples d’Israël et de la Palestine. Ils contribuent au maintien d’un statu quo profondément injuste.

Ceux qui contribuent à l’isolement temporaire d’Israël disent que les Israéliens et les Palestiniens ont tous autant droit à la dignité et à la paix.

A terme, les évènements qui se sont déroulés à Gaza ce dernier mois sont un test pour ceux qui croient en la valeur humaine.

Il devient de plus en plus clair que les politiciens et les diplomates sont incapables de trouver des réponses, et que la responsabilité de négocier une solution durable à la crise en Terre Sainte repose sur la société civile et sur les peuples d’Israël et de Palestine eux-mêmes.

Outre la dévastation récente de Gaza, des personnes honnêtes venant du monde entier - notamment en Israël - sont profondément perturbées par les violations quotidiennes de la dignité humaine et de la liberté de mouvements auxquelles les Palestiniens sont soumis aux postes de contrôle et aux barrages routiers. De plus, les politiques israëliennes d’occupation illégale et la construction d’implantations en zones tampons sur le territoire occupé aggravent la difficulté de parvenir à un accord qui soit acceptable pour tous dans le futur.

L’Etat d’Israël agit comme s’il n’y avait pas de lendemain. Ses habitants ne connaîtront pas l’existence calme et sécuritaire à laquelle ils aspirent, et à laquelle ils ont droit, tant que leurs dirigeants perpétueront les conditions qui font perdurer le conflit.

J’ai condamné ceux qui en Palestine sont responsables de tirs de missiles et de roquettes sur Israël. Ils attisent les flammes de la haine. Je suis opposé à toute forme de violence.

Mais soyons clairs, le peuple de Palestine a tous les droits de lutter pour sa dignité et sa liberté. Cette lutte est soutenue par beaucoup de gens dans le monde entier.

Nul problème créé par l’homme n’est sans issue lorsque les humains mettent en commun leurs efforts sincères pour le résoudre. Aucune paix n’est impossible lorsque les gens sont déterminés à l’atteindre.

La paix nécessite que le peuple d’Israël et le peuple de Palestine reconnaissent l’être humain qui est en eux et se reconnaissent les uns les autres afin de comprendre leur interdépendance.

Les missiles, les bombes et les invectives brutales ne sont pas la solution. Il n’y a pas de solution militaire.

La solution viendra plus probablement des outils non violents que nous avons développés en Afrique du Sud dans les années 80 afin de persuader le gouvernement sud africain de la nécessité de changer sa politique.

La raison pour laquelle ces outils - boycott, sanctions et retraits des investissements - se sont finalement avérés efficaces, est qu’ils bénéficiaient d’une masse critique de soutien, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Le même type de soutien envers la Palestine dont nous avons été témoins de par le monde durant ces dernières semaines.

Mon plaidoyer envers le peuple d’Israël est de voir au-delà du moment, de voir au-delà de la colère d’être perpétuellement assiégé, de concevoir un monde dans lequel Israël et la Palestine coexistent - un monde dans lequel règnent la dignité et le respect mutuels.

Cela demande un changement de paradigme. Un changement qui reconnaisse qu’une tentative de maintenir le statu-quo revient à condamner les générations suivantes à la violence et l’insécuruté. Un changement qui arrête de considérer une critique légitime de la politique de l’Etat comme une attaque contre le judaisme. Un changement qui commence à l’intérieur et se propage à travers les communautés, les nations et les régions- à la diaspora qui s’étend à travers le monde que nous partageons. Le seul monde que nous partageons !

Quand les gens s’unissent pour accomplir une cause juste, ils sont invincibles. Dieu n’interfère pas dans les affaires humaines, dans l’espoir que la résolution de nos différends nous fera grandir et apprendre par nous-mêmes. Mais Dieu ne dort pas. Les textes sacrés juifs nous disent que Dieu est du côté du faible, du pauvre, de la veuve, de l’orphelin, de l’étranger qui a permis à des esclaves d’entamer leur exode vers une Terre Promise. C’est le prophète Amos qui a dit que nous devrions laisser la justice couler telle une rivière.

À la fin, le bien triomphera. Chercher à libérer le peuple de Palestine des humiliations et des persécutions que lui inflige la politique d’Israël est une cause noble et juste. C’est une cause que le peuple d’Israël se doit de soutenir.

Nelson Mandela a dit que les Sud Africains ne se sentiraient pas complètement libres tant que les Palestiniens ne seraient pas libres. Il aurait pu ajouter que la libération de la Palestine serait également la libération d’Israël."

Desmond TUTU

Voir en ligne: http://oumma.com/203086/desmond-tutu-appelle-boycott-mondial-disrael


25 décembre 2013

La bande de Gaza bombardée

Photo Carlos Latuff

Depuis le 24 décembre au matin, l’armée israélienne bombarde la bande de Gaza ; plus de 12 raids israéliens, avec des bombardements intensifs partout du nord au sud de la bande de Gaza.

Message de Ziad Medoukh | UJFP

Une fille de 3 ans a trouvé la mort et 14 autres sont blessés, dont deux dans un état grave.

Gaza sous blocus subit à nouveau les bombardements israéliens.

Gaza sans électricité ni carburants de nouveau sous les bombes israéliennes. L’armée israélienne a décidé de fermer les passages qui relient la bande de Gaza à l’extérieur.

Peut-être que ces bombes israéliennes envoyées à Gaza le 24 décembre sont le cadeau de Noël aux habitants de cette région sous blocus.

Et en particulier aux Chrétiens de Gaza, qui sont interdits d’aller à Bethléem pour célébrer la Messe de Noël par ordre militaire israélien.

Avec l’impunité de cet Etat d’occupation, Israël va poursuivre ses agressions contre les civils de Gaza.

On ne sait pas encore comment les choses vont évoluer dans cette région en souffrance permanente, mais notre population est toujours confiante malgré toutes les menaces israéliennes.

Gaza sans électricité, Gaza sans carburant, Gaza sans eau potable et Gaza sous les bombes de l’armée israélienne, continue d’exister, de résister et de persister, mais surtout continue d’espérer.

Notre message est clair : malgré tous les bombardements israéliens, les Gazaouis fêterons Noël le 24 décembre et le nouvel an dans cinq jours. 

23 décembre 2013

Présentation de "The Lab", le film qui dérange

Photo: copie d'écran


Dans ce film Yotam Feldman, journaliste israélien, explique en quoi l’économie de son pays dépend en partie de ses ventes d’armes, préalablement testées sur les Palestiniens vivant à Gaza et en Cisjordanie.

Chaque année, Israël utilise l’aide militaire et économique des USA pour financer l’occupation continue et progressive de la Palestine, et pour ses campagnes militaires. Celles-ci, à leur tour, servent de laboratoire pour développer des armes, des technologies de surveillance et des tactiques de contrôle des populations qui sont ensuite vendues dans le monde entier.



Source: UJFP

19 décembre 2013

Israël: Des jeunes Druzes enprisonnés pour objection de conscience



CAPJPO-EuroPalestine | mercredi 11 décembre 2013

L’objection de conscience étant interdite dans la grande démocratie israélienne, plusieurs jeunes israéliens d’origine druze qui refusent de servir dans l’armée israélienne sont actuellement en prison.

C’est la cas de Omar Sa’ad, du village de Mughar dans le nord d’Israël, actuellement emprisonné.

Il a adressé une lettre au ministre israélien de la « défense » expliquant pourquoi il ne se présenterait pas aux tests d’incorporation dans l’armée :

"Je ne viendrai pas parce que je m’oppose à la loi d’incorporation dans l’armée imposée à ma communauté druze.

Je ne viendrai pas parce que je suis un homme de paix et que je hais toutes les formes de violence.

Comment pourrais-je m’imaginer en train de participer à l’élimination de mon peuple palestinien, et à la lutte contre mes frères arabes.

Je hais l’injustice et je m’oppose à l’occupation. Je hais ceux qui emprisonnent des enfants, des femmes et des personnes âgées.

Je suis un musicien, j’ai joué du violon dans de multiples endroits, j’ai des amis musiciens à Ramallah, Jéricho, Jérusalem, Hébron, Naplouse, Jénine, Shfa’amr, Eilabun, Rome, Athenes, Amman, Beyrouth, Damas, Oslo, et nous jouons tous pour la liberté, l’humanité et la paix. Notre seule arme est la musique et nous n’en voulons aucune autre.

Je suis né dans une communauté qui a été traitée de manière injuste par une loi injuste. Pas question d’aller combattre mes proches en Palestine, en Syrie, en Jordanie ou au Liban.

Comment pourrais-je me trouver au chekpoint de Qalandia ou tout autre checkpoint étant donné ce que les soldats israéliens y font ? Pourquoi irais-je empêcher un habitant de Ramallah d’aller visiter Jérusalem ?

Comme pourrais-je devenir le geôlier de mon propre peuple, sachant que la plupart des prisonniers sont des combattants pour la liberté et les droits de l’homme ?

De nombreux jeunes de ma communauté druze ont été enrôlés de force dans l’armée. Qu’ont ils reçu en retour ? La discrimination dans tous les domaines : nos villages sont les plus pauvres, nos terres sont confisquées, il n’y a aucune perspective de développement pour nous en Israël. Le nombre de personnes qui accèdent à l’université dans nos villages est le plus bas de tout le pays, tandis que les taux de chômage y sont les plus élevés.*

Et cette loi sur le service militaire obligatoire nous a coupés de nos liens avec la communauté arabe.

Quoi que vous fassiez contre moi, je vous annonce que moi, Omar Zahr Eldin Mohammad Saad, je refuserai d’alimenter les guerres que vous menez et de servir comme soldat dans votre armée.
"

Omar Sa’ad

Omar Sa’ad a été condamné à 20 jours de prison qu’il effectue actuellement dans la prison N° 6 , près d’Atlit.
 
 
Et Seif Abu Seif, 18 ans, natif du village de Shfaraam, dans le Nord d’Israël, et également Druze, est arrivé le 5 décembre dernier à la base militaire de Tal Hashomer en déclarant son refus de servir dans l’armée.

Il a écrit : « Comment pourrais-je participer à l’emprisonnement et au meurtre de mes frères ? Comment pourrais-je m’identifier à un Etat qui a confisqué nos terres ? N’imaginez pas une seule seconde que je puisse, en tant que Druze Palestinien, combattre ceux qui partagent ma vie, ma tradition et mon destin . »

Etant donné que les autorités israéliennes bloquent tout courrier ou mail pour les objecteurs de conscience, merci de leur envoyer vos message de soutien par l’intermédiaire de l’association New Profile à messages2prison@newprofile.org

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

Source : www.newprofile.org

Pour rappel, concernant les discriminations à l’égard des Druzes, trois d’entre eux se sont vu refuser l’accès à la centrale nucléaire Dimona en Israël, le 29 novembre dernier, alors qu’ils faisaient partie de l’armée et se trouvaient dans un bataillon censé faire un entraînement militaire à l’intérieur de la centrale.

CAPJPO-EuroPalestine


14 décembre 2013

Pourquoi Netanyahu n'était pas aux obsèques de Mandela


10 décembre 2013

Hommage à Mandela : quand la France et ses grandes entreprises investissaient dans l’apartheid



Une classe politique unanime, des médias focalisés sur la commémoration « planétaire » : les funérailles de Nelson Mandela suscitent l’union sacrée autour du combat que le militant de l’ANC a incarné. Pourtant, quand Nelson Mandela est jeté en prison à perpétuité, il n’en était rien. La France et ses grandes entreprises sont l’un des plus fidèles soutiens au régime raciste de Pretoria, lui vendant armements, centrales nucléaires et technologies industrielles, tout en contournant allègrement les sanctions des Nations Unies. A l’époque, les protestations étaient bien rares.
 


8 décembre 2013

Discours historique de Nelson Mandela, le 26 juillet 1991



Le Grand Soir | 6 décembre 2013

En 1991, Nelson Mandela, qui venait de passer 27 ans en prison au nom d’un combat pour la liberté de son peuple, a pris l’avion et a choisi d’atterrir, non pas dans la « plus grande démocratie du monde (USA), non pas dans « la patrie des Droits de l’Homme » (France), non pas dans « la seule démocratie du Moyen-orient » (Israël, complice jusqu’au bout de l’apartheid), mais à Cuba.
Et il y a prononcé, le 26 juillet 1991 le mémorable discours que voici où il explique comment et pourquoi la lutte doit se poursuivre dans son pays et ce qu’il doit au peuple cubain.

Le Grand Soir rappelle ce voyage et donne à lire ce discours de peur que les médias oublient de le faire.

LGS
 
Premier secrétaire du Parti communiste, président du Conseil d’Etat et du gouvernement de Cuba, Président de la République socialiste de Cuba, commandant en chef, le camarade Fidel Castro ;

Internationalistes cubains, qui ont tant fait pour libérer notre continent ;

Peuple cubain, camarades et amis :

C’est un grand plaisir et un honneur d’être présent ici aujourd’hui, surtout pour un si grand jour dans l’histoire révolutionnaire du peuple cubain. Aujourd’hui Cuba commémore le trente-huitième anniversaire de la prise de la Moncada. Sans Moncada, l’expédition du Granma, la lutte dans la Sierra Maestra, la victoire extraordinaire du 1er Janvier 1959, n’auraient jamais eu lieu.

Aujourd’hui, voici la Cuba révolutionnaire, la Cuba internationaliste, le pays qui a tant fait pour les peuples d’Afrique.

Nous avons longtemps rêvé de visiter votre pays et d’exprimer les nombreux sentiments que nous éprouvons pour la révolution cubaine, sur le rôle de Cuba en Afrique, en Afrique australe et dans le monde.

Le peuple cubain occupent une place particulière dans le cœur des peuples d’Afrique. Les internationalistes cubains ont apporté une contribution à l’indépendance, la liberté et la justice en Afrique sans précédent de par ses principes et son caractère désintéressé.
 


Dès les premiers jours la Révolution cubaine a elle-même été une source d’inspiration pour tous les peuples épris de liberté. Nous admirons les sacrifices du peuple cubain pour préserver leur indépendance et souveraineté face à une campagne impérialiste féroce orchestrée pour détruire les avancées impressionnantes réalisées par la Révolution cubaine.

Nous aussi nous voulons contrôler notre propre destin. Nous sommes convaincus que le peuple d’Afrique du Sud construira son avenir et qu’il continuera d’exercer ses pleins droits démocratiques après la libération de l’apartheid. Nous ne voulons pas que la participation populaire cesse avec la disparition de l’apartheid. Nous voulons que la libération ouvre la voie à une démocratie toujours plus profonde.

Nous admirons les acquis de la révolution cubaine dans le domaine de la protection sociale. Nous apprécions la transformation d’un pays d’une arriération imposée à l’alphabétisation universelle. Nous reconnaissons vos progrès dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la science.

Il y a beaucoup de choses que nous apprenons de votre expérience. En particulier, nous sommes émus par votre affirmation du lien historique avec le continent et les peuples de l’Afrique.

Votre engagement constant à l’éradication systématique du racisme est incomparable.

Mais la leçon la plus importante que vous avez à nous offrir, c’est que peu importe les défis, peu importe les difficultés rencontrées dans la lutte, il ne peut être question d’abandonner ! Il s’agit de choisir entre la liberté ou la mort !

Je sais que votre pays connaît de nombreuses difficultés aujourd’hui, mais nous avons confiance que le peuple résistant de Cuba les surmontera car il a aidé d’autres pays à surmonter les leurs.

Nous savons que l’esprit révolutionnaire d’aujourd’hui est né il y a bien longtemps et que cet esprit fut entretenu par de nombreux combattants de la première heure pour la liberté cubaine, et aussi pour la liberté de tous ceux qui souffrent sous la domination impérialiste.

Nous aussi, nous sommes inspirés par la vie et l’exemple de José Marti, qui est non seulement un héros cubain et latino-américain, mais qui est également honoré à juste titre par tous ceux qui luttent pour leur liberté.

Nous honorons également le grand Che Guevara, dont les exploits révolutionnaires, y compris sur notre propre continent, étaient trop puissants pour pouvoir nous être cachés par les censeurs de la prison. La vie du Che est une inspiration pour tous les êtres humains qui chérissent la liberté. Nous allons toujours honorer sa mémoire.

Nous sommes venus ici avec beaucoup d’humilité. Nous sommes venus ici avec beaucoup d’émotion. Nous sommes venus ici avec le sentiment d’une grande dette envers le peuple cubain. Quel autre pays peut se prévaloir de plus d’altruisme que celui dont Cuba a fait preuve dans ses relations avec l’Afrique ?

Combien de pays dans le monde bénéficient des travailleurs de la santé ou des éducateurs cubains ? Combien d’entre eux se trouvent en Afrique ?

Quel est le pays qui a sollicité une aide à Cuba et se l’est vu refuser ?

Combien de pays sous la menace de l’impérialisme ou en lutte pour leur libération nationale ont pu compter sur le soutien de Cuba ?

J’étais en prison lorsque j’ai entendu parler pour la première fois de l’aide massive que les forces internationalistes cubaines fournissaient à la population de l’Angola, une aide d’une telle ampleur qu’elle était difficile à croire, lorsque les Angolais ont été soumis en 1975 à une attaque coordonnée de troupes d’Afrique du Sud, du FNLA financé par la CIA, de mercenaires, de l’UNITA, et de troupes zaïroises.

En Afrique, nous sommes habitués à être victimes de pays qui veulent dépecer notre territoire ou saper notre souveraineté. Il n’y a pas de précédent dans l’histoire de l’Afrique d’un autre peuple qui se lève pour défendre l’un d’entre nous.

Nous savons également qu’il s’agissait d’une action populaire à Cuba. Nous sommes conscients que ceux qui ont combattu et qui sont morts en Angola ne constituaient qu’une faible proportion de tous ceux qui s’étaient portés volontaires. Pour le peuple cubain, l’internationalisme n’est pas un mot creux, mais quelque chose que nous avons vu mettre en pratique en faveur de larges secteurs de l’humanité.

Nous savons que les forces cubaines étaient prêtes à se retirer peu après avoir repoussé l’invasion de 1975, mais l’agression continue de Pretoria a rendue la chose impossible.

Votre présence et le renforcement de vos forces lors de la bataille de Cuito Cuanavale fut d’une importance véritablement historique.

La défaite de l’armée raciste à Cuito Cuanavale fut une victoire pour toute l’Afrique !

L’écrasante défaite de l’armée raciste à Cuito Cuanavale a offert la possibilité pour l’Angola de connaître la paix et de consolider sa souveraineté !

La défaite de l’armée raciste a permis au peuple en lutte de Namibie de finalement gagner son indépendance !

La défaite décisive des agresseurs de l’apartheid brisa le mythe de l’invincibilité des oppresseurs blancs !

La défaite de l’armée de l’apartheid fut une inspiration pour tous ceux qui luttaient à l’intérieur de l’Afrique du Sud !

Sans la défaite de Cuito Cuanavale nos organisations n’auraient jamais été légalisées !

La défaite de l’armée raciste à Cuito Cuanavale a rendu possible ma présence ici aujourd’hui !

Cuito Cuanavale fut un jalon dans l’histoire de la lutte pour la libération de l’Afrique du Sud !

Cuito Cuanavale fut le point tournant dans la lutte pour libérer le continent et notre pays du fléau de l’apartheid !

L’Apartheid n’est pas quelque chose qui a commencé hier. Les origines de la domination raciste blanche remontent à 350 ans, au moment où les premiers colons blancs ont entamé un processus de déstabilisation et ensuite de conquête des Khoi, San, et d’autres peuples africains - les premiers habitants de notre pays.

Le processus de conquête a dès le début suscité une série de guerres de résistance, qui à leur tour ont donné lieu à notre lutte de libération nationale. Dans un rapport de forces extrêmement défavorable, les peuples africains ont essayé de s’accrocher à leurs terres. Mais les conditions matérielles et la puissance de feu conséquente des agresseurs coloniaux ont condamné les chefferies et royaumes tribaux, divisés, à la défaite.

Cette tradition de résistance vit encore et est une source d’inspiration pour notre lutte actuelle. Nous honorons toujours les noms du grand prophète et guerrier Makana, qui est mort alors qu’il tentait de s’échapper de la prison de Robben Island en 1819, Hintsa, Sekhukhune, Dingane, Moshoeshoe, Bambatha, et autres héros de la première résistance à la conquête coloniale.

 
Ce fut dans le contexte de cette saisie de terres et de conquête que l’Union de l’Afrique du Sud fut créée en 1910. A l’extérieur, l’Afrique du Sud est devenue un état indépendant, mais en réalité le pouvoir avait été remis entre les mains des conquérants britanniques blancs qui s’étaient installés dans le pays. Dans la nouvelle Union d’Afrique du Sud, ils ont pu officialiser l’oppression raciale et l’exploitation économique des Noirs.

Suite à la création de l’Union, l’adoption de la Loi sur les terres, qui prétendait légaliser les saisies de terres du XIXe siècle, a donné une impulsion au processus menant à la formation du Congrès National Africain (African National Congress – ANC, NdT), le 8 Janvier 1912.

Je ne vais pas vous raconter toute l’histoire de l’ANC. Qu’il suffise de dire que les quatre-vingts dernières années de notre existence a vu l’évolution de l’ANC depuis ses débuts visant à unir les peuples africains, pour devenir une force de premier plan dans la lutte des masses opprimées pour mettre fin au racisme et à la création d’un état non-sexiste, non-racial et démocratique.

Sa composition s’est transformée depuis ses débuts lorsqu’il était un petit groupe de professionnels et de chefs, etc, en une véritable organisation de masse.

Ses objectifs ont changé, de la recherche de l’amélioration du sort des Africains à la recherche d’une transformation fondamentale de toute l’Afrique du Sud en un état démocratique pour tous.

Ses méthodes employées pour réaliser ces objectifs de plus grande envergure ont au fil des décennies pris de plus en plus un caractère de masse, ce qui reflète l’engagement croissant des masses au sein de l’ANC et dans les campagnes menées par l’ANC.

Parfois, les gens se réfèrent aux objectifs initiaux de l’ANC et de sa composition initiale pour laisser entendre qu’il s’agissait d’une organisation réformiste. La vérité est que la naissance de l’ANC a dés le début eu des implications profondément révolutionnaires.

La formation de l’ANC a été la première étape vers la création d’une nouvelle nation sud-africaine. Cette conception a été développée au fil du temps, trouvant son expression claire il y a trente-six ans dans la déclaration de la Charte de la Liberté (Freedom Charter) selon laquelle « l’Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, noir et blanc." Il s’agissait d’un rejet sans équivoque de l’état raciste qui avait existé et une affirmation de la seule alternative que nous trouvions acceptable, celle où le racisme et ses structures seraient définitivement éradiqués.

Il est bien connu que la réponse de l’État à nos exigences démocratiques légitimes était, entre autres, d’accuser nos dirigeants de trahison et, au début des années 1960, de recourir à des massacres aveugles. C’est ainsi que l’interdiction de nos organisations ne nous a pas laissé d’autre choix que de faire ce que toutes les personnes qui se respectent, y compris les Cubains, ont fait, c’est-à-dire prendre les armes pour arracher notre pays des mains des racistes.

Je dois dire que lorsque nous avons voulu prendre les armes nous avons contacté de nombreux gouvernements occidentaux pour demander de l’aide et que nous n’avons jamais été en mesure de rencontrer plus que des subalternes. Lorsque nous avons visité Cuba, nous avons été reçus par les plus hauts responsables qui nous ont immédiatement proposé tout ce que nous voulions et avions besoin. Ce fut notre première expérience avec l’internationalisme cubain.

Même si nous avons pris les armes, ce n’était pas notre préférence. C’est le régime de l’apartheid qui nous a forcés à prendre les armes. Notre préférence a toujours été pour une résolution pacifique du conflit de l’apartheid.

La combinaison de la lutte de notre peuple à l’intérieur du pays avec la lutte croissante au niveau international contre l’apartheid dans les années 1980, ont crée les conditions d’un règlement négocié du conflit de l’apartheid. La défaite décisive de Cuito Cuanavale a modifié l’équilibre des forces dans la région et sensiblement réduit la capacité du régime de Pretoria à déstabiliser ses voisins. Ceci, en combinaison avec les luttes de notre peuple à l’intérieur du pays, a été crucial pour que Pretoria réalise qu’il devait engager la discussion.

C’est l’ANC qui a initié le processus de paix actuel qui nous espérons aboutira à un transfert négocié de pouvoir au peuple. Nous n’avons pas entamé ce processus pour d’autres objectifs que ceux que nous avions pendant la lutte armée. Nos objectifs sont toujours d’aboutir aux exigences énoncées dans la Charte de la liberté, et nous n’accepterons rien de moins.

Aucun processus de négociation ne pourra aboutir tant que le régime de l’apartheid ne comprendra pas qu’il n’y aura pas de paix s’il n’y a pas de liberté et que nous n’allons pas négocier l’abandon de nos justes revendications. Ils doivent comprendre que nous allons rejeter tout régime constitutionnel qui vise à préserver les privilèges des blancs.

Il y a des raisons de croire que nous n’avons pas encore réussi à le faire comprendre au gouvernement, et nous les avertissons que s’ils n’écoutent pas, nous devrons utiliser notre pouvoir pour les convaincre.

Ce pouvoir, c’est le pouvoir du peuple, et, au final, nous savons que les masses non seulement exigeront, mais obtiendront leurs pleins droits dans une Afrique du Sud non raciale, non sexiste et démocratique.

Mais nous ne sommes pas simplement à la recherche d’un objectif précis. Nous proposons également un chemin précis pour l’atteindre, et c’est un chemin qui tout au long implique le peuple. Nous ne voulons pas d’un processus où un accord serait conclu par-dessus la tête des gens dont le rôle se résumerait à applaudir. Le gouvernement résiste à tout prix parce que la question de comment une constitution est bâtie, comment des négociations se déroulent, est indissociable à une issue démocratique ou pas.

Le gouvernement actuel veut rester au pouvoir pendant tout le processus de transition. Notre point de vue est qu’une telle situation est inacceptable. Ce gouvernement a des objectifs de négociation précis. Il ne peut être autorisé à utiliser ses pouvoirs en tant que gouvernement pour servir sa propre cause et celle de ses alliés et d’utiliser ces mêmes pouvoirs pour affaiblir l’ANC.

Et c’est exactement ce qu’ils font. Ils ont levé l’interdiction de l’ANC, mais nous fonctionnions dans des conditions sensiblement différentes de celles d’autres organisations. Nous n’avons pas la même liberté de nous organiser comme le fait l’Inkatha et d’autres organisations alliées au régime de l’apartheid. Nos membres sont harcelés et même tués. Nous sommes souvent interdits de tenir des réunions et des manifestations.

Nous croyons que le processus de transition doit être contrôlé par un gouvernement qui est non seulement capable et désireux de créer et maintenir les conditions de la liberté politique, mais qui doit aussi agir en vue de s’assurer que la transition s’effectue vers la création d’une véritable démocratie et rien d’autre.



Le gouvernement actuel s’est montré tout à fait réticent ou incapable de créer un climat propice à des négociations. Il renie des accords pour libérer les prisonniers politiques et permettre le retour des exilés. Ces derniers temps, il a permis la création d’une situation où règnent la terreur et le déchaînement de violence contre les communautés africaines et l’ANC en tant qu’organisation.

Nous avons eu dix mille personnes assassinées dans cette violence depuis 1984 et deux mille rien que cette année. Nous avons toujours dit que ce gouvernement qui se vante de sa force de police professionnelle est parfaitement capable de mettre fin à cette violence et de poursuivre les auteurs. Non seulement ils sont réticents, mais nous avons désormais des preuves concluantes, publiées dans des journaux indépendants, de leur complicité dans cette violence.

La violence a été utilisée dans une tentative systématique pour favoriser l’Inkatha en tant qu’allié potentiel du Parti national. Il y a maintenant des preuves concluantes de fonds fournis par le gouvernement - c’est-à-dire l’argent des contribuables - à l’Inkatha.

Tout cela indique la nécessité de créer un gouvernement intérimaire d’unité nationale pour superviser la transition. Il nous faut un gouvernement jouissant de la confiance de larges couches de la population pour diriger cette période délicate, et veiller à ce que les contre-révolutionnaires ne soient pas autorisés à perturber le processus et veiller à ce que la refonte de la Constitution se déroule dans un climat exempt de répression, d’intimidation ou de peur.

Nous croyons que la Constitution elle-même doit être rédigée de la manière la plus démocratique possible. Pour nous, ceci ne peut être réalisée que par l’élection de représentants à une Assemblée constituante ayant pour mandat la rédaction de la constitution. Il y a des organisations qui remettent en question l’affirmation de l’ANC d’être l’organisation la plus représentative du pays. Si c’est vrai, qu’ils le démontrent par les urnes.

Afin de s’assurer que les gens ordinaires soient inclus dans ce processus, nous faisons circuler et discuter nos propres propositions constitutionnelles et le projet de Déclaration des droits (Bill of Rights). Nous voulons que ceux-ci soient discutés dans toutes les structures de notre alliance, à savoir l’ANC, le Parti communiste sud-africain, et le Congrès des syndicats sud-africains, et parmi le peuple en général. De cette façon, lorsque les gens voteront pour l’ANC pour les représenter à une assemblée constituante, ils sauront non seulement ce que représente l’ANC en général, mais aussi quelle constitution nous voulons.

Naturellement, ces propositions constitutionnelles sont soumises à révision sur la base de nos consultations auprès de nos membres, de nos alliés, et le public en général. Nous voulons créer une constitution qui bénéficie d’un large soutien, de loyauté et de respect. Cela ne peut être réalisé que si nous allons vraiment vers les gens.

Afin d’éviter ces justes revendications, diverses tentatives ont été faites pour affaiblir et déstabiliser l’ANC. La violence est le plus grave, mais il existe d’autres méthodes plus insidieuses. À l’heure actuelle, il y a une obsession dans la presse, parmi nos adversaires politiques, et de nombreux gouvernements occidentaux sur notre alliance avec le Parti communiste sud-africain (SACP). Les journaux ne cessent de spéculer sur le nombre de communistes au sein de notre exécutif national et prétendent que nous sommes dirigés par le Parti communiste.

L’ANC n’est pas un parti communiste mais un large mouvement de libération, qui comprend aussi bien des communistes que des non-communistes. Toute personne qui est un membre loyal de l’ANC, toute personne qui respecte la discipline et les principes de l’organisation, a le droit d’appartenir à l’organisation.

Notre relation avec le SACP en tant qu’organisation est fondée sur le respect mutuel. Nous sommes unis avec le SACP sur des objectifs communs, mais nous respectons l’indépendance de l’autre et nos identités distinctes. Il n’y a eu aucune tentative de la part du Parti Communiste sud-africain de subvertir l’ANC. Au contraire, nous tirons une force de cette alliance.

Nous n’avons aucunement l’intention de suivre les conseils de ceux qui suggèrent que nous devrions rompre cette alliance. Qui offre ces conseils que nous n’avons pas demandés ? Pour l’essentiel, ce sont ceux qui ne nous ont jamais fourni la moindre aide. Aucun de ces donneurs de conseils n’a fait les sacrifices pour notre lutte que celles faites par les communistes. Nous sommes fortifiés par cette alliance. Nous allons la rendre encore plus forte.

Nous sommes dans une étape de notre lutte où la victoire est à portée de main. Mais nous devons nous assurer que cette victoire ne nous soit pas arrachée des mains. Nous devons nous assurer que le régime raciste sente un maximum de pression jusqu’à la fin et qu’il comprenne qu’il doit céder la place, que la marche vers la paix, la liberté et la démocratie est irrésistible.

C’est pourquoi les sanctions doivent être maintenues. Ce n’est pas le moment de récompenser le régime d’apartheid. Pourquoi devraient-ils être récompensés pour l’abrogation de lois qui constituent ce qui est reconnu comme un crime international ? L’apartheid est toujours en place. Il faut obliger le régime à le démanteler, et ce n’est que lorsque ce processus deviendra irréversible que nous pourrons envisager la levée de la pression,

Nous sommes très préoccupés par l’attitude adoptée par l’administration Bush à ce sujet. Il était l’un des rares gouvernements à être en contact régulier avec nous sur la question de sanctions, et nous a clairement indiqué que la levée des sanctions était prématurée. Cependant, sans nous consulter, l’administration nous a simplement annoncé que les sanctions américaines allaient être levées. Pour nous, c’est totalement inacceptable.

C’est dans ce contexte que nous apprécions tout particulièrement notre amitié avec Cuba. Lorsque vous, camarade Fidel, avez déclaré hier que notre cause est la vôtre, je sais que cela venait du fond de votre cœur et que c’est le sentiment de tout le peuple de Cuba révolutionnaire.

Vous êtes à nos côtés car nos deux organisations, le Parti communiste de Cuba et l’ANC, se battent pour les masses opprimées, pour veiller à ce que les richesses profitent à ceux qui les produisent. Votre grand apôtre José Marti a déclaré : « Je veux unir mon destin aux pauvres de la terre ».

Nous, à l’ANC, serons toujours aux côtés des pauvres et des sans-droits. Non seulement nous sommes à leurs côté, mais nous ferons en sorte que tôt ou tard ils gouvernent le pays où ils sont nés, et que selon les termes de la Charte de la Liberté : « C’est le peuple qui gouverne ». Et lorsque ce moment arrivera, il aura été rendu possible non seulement grâce à nos efforts, mais aussi grâce à la solidarité, le soutien et l’encouragement du grand peuple cubain.

Je dois conclure mon intervention sur un événement dont vous avez tous été témoins. Le camarade Fidel Castro m’a honoré de la plus haute distinction que ce pays peut accorder. C’est avec beaucoup d’humilité que je la reçois car je ne pense pas la mériter. C’est une récompense qui devrait être accordée à tous ceux qui ont déjà conquis l’indépendance de leurs peuples. Mais cette reconnaissance que le peuple d’Afrique du Sud est debout et lutte pour sa liberté constitue une source de force et d’espoir. Nous espérons sincèrement que dans les temps à venir nous nous montrerons dignes de la confiance que cette récompense exprime.

Vive la révolution cubaine !

Vive le camarade Fidel Castro !

Nelson Mandela

à Cuba, le 26 Juillet 1991

(traduction "souvenirs, souvenirs" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles)


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