12 mars 2026

Dix jours de guerre ont empoisonné le golfe Persique pour une génération

 


120 incidents environnementaux dans 11 pays en 72 heures. Comment la guerre contre l’Iran contamine l’air, l’eau et les écosystèmes marins du Golfe pour des décennies.
Mohammed Omar, House of Saud, 10/3/2026
Traduit par Tlaxcala
 

RIYAD — Dix jours de missiles iraniens, d’essaims de drones et de frappes aériennes de représailles ont tué des dizaines de personnes et poussé le pétrole au-dessus de 110 $ le baril. Mais la victime la plus durable de la guerre est peut-être invisible aux caméras satellites et aux radars de poursuite de missiles : le golfe Persique lui-même. L’Observatoire des conflits et de l’environnement (CEOBS) a déjà catalogué 120 incidents environnementaux dans onze pays en à peine soixante-douze heures de combats, et ce nombre continue d’augmenter. Les raffineries en feu à Téhéran, Ras Tanura, Fujaïrah et Abou Dhabi déversent des milliers de tonnes de particules cancérigènes dans un ciel partagé par 150 millions de personnes. Des pluies noires acides sont tombées sur des villes iraniennes. Du pétrole brut fuit de pétroliers endommagés dans des eaux si peu profondes et fermées qu’une seule marée noire majeure met des années à se disperser. Les usines de dessalement — l’unique source d’eau potable pour des dizaines de millions de personnes — se trouvent à portée de missile d’un belligérant qui a déjà démontré sa volonté de frapper des infrastructures civiles. Les dommages environnementaux causés par la guerre de 2026 contre l’Iran pourraient prendre une génération à être réparés, et la facture de la remise en état n’a même pas encore commencé à être chiffrée. (..)

Suite de l'article 

4 février 2018

Nord de la Syrie : La nouvelle guerre de l’empire global … Par Richard Labévière

Photo Reuters/Osman Orsal via RFI
 
Nous avons encore eu droit à trois heures de propagande lamentable – mardi 16 janvier sur Arte -, avec la diffusion du documentaire des « journalistes » américains Michael Kirk et Mike Wiser – « La revanche de Poutine », présenté par une petite speakerine littéralement entrée en pamoison, puis commenté par Christine Ockrent, une grande amie connue de la Russie… Trois heures de Fake News et de délires complotistes sans contrechamp ni contradiction ! Bravo pour le mieux disant culturel et informatif… d’autant qu’Arte multiplie, depuis plusieurs mois, une présentation tout aussi unilatérale et propagandiste de la guerre en Syrie.


En Syrie justement, les Etats-Unis et leurs alliés – pays de l’Union européenne et du Golfe, ainsi qu’Israël – ont perdu la guerre et bien perdu ! Ils ont échoué à démanteler l’Etat-nation syrien, comme ils l’ont fait de l’Irak et de la Libye, comme ils n’ont cessé de le faire en Afghanistan, dans d’autres pays d’Asie et d’Amérique latine. Comme l’explique Alain Joxe dans ses Guerres de l’empire global1 : sur le plan conventionnel, les américains ont perdu toutes les guerres qu’ils ont initiées depuis la fin de la Guerre froide. Mais ces défaites tactiques se sont transformées en autant de victoires stratégiques, multipliant les zones dites « d’instabilité constructive »..
 
 

11 octobre 2016

Etasunis Russie, ils sont tous devenus fous !


 

Photos: Le général Mark Alexander Milley, chef d'état-major de l'US Army
et le général de fiction « Buck » Turgidson, du film de Stanley Kubrick

 

NOTE D'ACTUALITÉ N°456

AUTOUR DES CONFLITS SYRIEN ET IRAKIEN

ETATS-UNIS ET RUSSIE, ILS SONT TOUS DEVENUS FOUS !

Plus que jamais, la parole n'est plus aux discours pacifiques, ni en Syrie, ni en Irak ces deux pays formant un seul et même front pour Daech. Les bombardements intenses, les multiples appels aux offensives diverses et variées, les condamnations politiques lancées sur un ton incantatoire se succèdent à un rythme effréné. Personne ne semble vouloir calmer les choses, chaque partie - et elles sont nombreuses - souhaitant en découdre. Comme d'habitude dans les guerres civiles qui n'obéissent à aucune loi et surtout pas à celles de la guerre, ce sont les civils qui souffrent le plus car ils sont pris en étau entre plusieurs camps. Quoiqu'en disent les différents intervenants, ils ne semblent pas vouloir le « bonheur » des peuples syrien et irakien dans leur globalité, mais défendent les intérêts d'une partie d'entre eux, suivant des clivages politico-religieux : alaouites et minorités religieuses contre sunnites, chiites contre sunnites - et inversement -, Turcs contre Kurdes, etc. Enfin, des intérêts qui dépassent largement la situation de régionale sont aussi en jeu : Washington contre Moscou, Riyad contre Téhéran (et Ankara entre les deux), etc. Dans ce grand jeu, l'Europe occupe juste un rôle de figurant même si le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle lui donne un peu de panache.

Le problème réside dans le fait que tous les dérapages sont désormais possibles, pouvant allant jusqu'à une confrontation armée entre les Etats-Unis et la Russie. Le général Mark Alexander Milley (photo de gauche), le chef d'état-major de l'US Army a ainsi déclaré le 4 octobre qu'« un tel conflit est quasiment certain ». Le parallèle avec le personnage de fiction, le général « Buck » Turgidson (photo de droite) dans le film de Stanley Kubrick Docteur Folamour ou « comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer la bombe est tentant. (...)
 
 

17 mai 2016

Sale temps pour les Seoud


Empêtrés dans le bourbier yéménite dont ils ne voient pas le bout du tunnel (chose que nous avions annoncée il y a bien longtemps), paniqués par le retour de l'Iran, giflés en Syrie où leurs plans se sont effondrés, les Saoudiens ont dégainé leur ...



21 novembre 2015

Une vidéo de 3 minutes pour comprendre les dessous de la guerre en Syrie


La Vie, septembre 2013
En sous-main du conflit syrien, la rivalité entre le Qatar et l'Iran autour du champ gazier le plus important du monde et les intérêts géostratégiques des pays du Golfe. Explications en 3 minutes avec notre carte interactive...

 

18 octobre 2015

L’exemple du confédéralisme démocratique kurde du Rojava…

Source photo : Occupy
Le Rojava désigne la région historiquement kurde de Syrie. Dans les affres de la révolution syrienne, y est née une forme d’organisation que les habitant-e-s par « révolution ». Cette révolution n’arrive pas de n’importe où, elle est le résultat du mouvement kurde de Turquie et des réflexions d’A. Öcalan. L’organisation porte le nom de confédéralisme démocratique.
Traduire vers l’imaginaire politique européen ce qu’est la révolution du Rojava demande de comprendre les bouleversements idéologiques et pratiques qui ont eu lieu depuis une quinzaine au Kurdistan et plus spécifiquement dans la lutte lancée par le PKK à la fin des années 1970. Première précision, on n’y parle pas d’autogestion, mais d’autonomie démocratique, de démocratie radicale et de confédéralisme démocratique.

Les Kurdes, comme entité historique, ont été bafoués du droit à l’autodétermination, alors même qu’il s’agit de leur territoire historique. Ils-elles sont resté-e-s exclu-e-s du concert des États-nations nées dans la première moitié du XXe siècle après que les empires français et britanniques aient trahi la promesse de permettre la création d’un État kurde. Ils se sont alors trouvés séparés entre quatre États : Iran, Irak, Turquie, Syrie, dans lesquels ils ont été opprimés (...)
 
Suite sur Résistance 71 ....
 

11 mars 2014

Pensée blocus

20090811175506-bloqueo-vs-cuba 
 
 Oulala.info | 11 mars 2013

Bon, y a d’abord un paquet de gens qui n’ont rien à foutre de rien, qui ne veulent rien entendre, et qui te cracheraient à la gueule plutôt que de s’engager dans la lutte.
Puis, y en a encore plus qui veulent bien défendre leur bout de gras, mais qui arrêtent leur volonté à des frontières. Quand ça se passe à l’autre bout du monde (et en dehors de mon bifteck, tout est à l’autre bout du monde), on n’y pige que dalle et on veut pas le savoir. C’est déjà assez la merde ici hein…
Il y a des gens de gauche. Quelques-uns quand même… Eux, ils savent ce qu’ils veulent, et en plus ils ont une opinion sur ce qui se passe au-delà de l’hexagone (où le roi des cons sur son trône, tatata…). Une opinion bien souvent fabriquée par des magazines et des émissions juste un tout petit peu à gauche quand ils causent France et carrément à droite quand ils causent Ukraine, Venezuela, Syrie, Cuba, Palestine, bref tous les bouts du monde…

Enfin, il y a de mauvais esprits, qui poussent le vice à exercer leur analyse de classe au-delà des limites où leur ticket n’est plus valable, c’est-à-dire sur les terrains minés de « l’étranger », où tout est complexe et compliqué, et où les intérêts de la France commandent qu’on ferme sa gueule et qu’on soutienne nos « courageux soldats » (Fabius, Laurent, social-démocrate va-t’en guerre des XXème et XXIème siècles, considérant sur France Inter le 10 mars 2014 que le parti nazi ukrainien est juste « un peu plus à droite » que les autres partis ukrainiens…).
 
Donc, en dehors de quelques mauvais esprits, vilipendés par la presse et certains milieux de gauche (voir paragraphe 3, au début), chacun se doit de considérer que, puisqu’il n’y a pas grand-chose à comprendre, il est évident que ceux qui comprennent pour nous (voir paragraphe 3, à la fin) ont raison : les nazis ukrainiens sont des libérateurs, les takfiris en Syrie des rebelles, Cuba une dictature, Maduro un ennemi du peuple, les Palestiniens des terroristes, BHL un philosophe, et l’Europe c’est la paix bien sûr, sinon ce serait à n’y rien comprendre.
Où en étions-nous ? Ah oui… Admettons qu’un blocus inhumain frappât en quelque bout de monde, tout un peuple démuni pour le punir de sa résistance, l’amener à céder voire à disparaître. Les gens qui n’en ont rien à foutre s’en foutent, ceux qui trouvent que c’est trop loin soupirent en vous gratifiant d’un regard dédaigneux, et les gens de gauche vous répondent que les Palestiniens doivent aussi faire des efforts et que Cuba « ah bon ? »…
C’est que le blocus, en plus d’être une arme subtile d’écrasement des peuples, fonctionne à double sens. Il s’exerce aussi sur la pensée des habitants qui sont de l’autre côté du bout du monde, c’est-à-dire très exactement au centre. Qu’est-ce à dire ? Eh bien ce blocus, regardez bien les écrans et les pages de papier imprimé qui vous environnent, ce blocus, tout simplement n’existe pas.
Si toutefois, au détour des pages internationales (de droite) d’un journal (de gauche, faut suivre…), il est fait mention du blocus, il sera justifié, expliqué, compris, toléré, et pas loin d’être voulu. Si (mais là, on va loin…), si donc, vous voyez passer des informations concrètes sur les causes et les effets du blocus, et sur la nécessité de le combattre, y compris dans votre propre intérêt de classe exploitée décérébrée par les medias de l’impérialisme (de gauche), alors, vous êtes tombés sur de mauvais esprits de la pire espèce. Ou alors, vous êtes sur Radio Campus, et c’est l’heure de l’mettre. 
Ce mercredi, nous serons en direct de Gaza et, dans nos studios, nous recevrons des militants de Génération Palestine, investis dans la semaine contre l’apartheid israélien ; puis, avant la Semaine à Cuba, nous entendrons Salim Lamrani évoquer Cuba, les medias face au défi de l’impartialité (titre de son dernier ouvrage, voir ici. )
(Quelles sont les trois règles permettant de prouver que Fabius est un menteur ? La première, euh…)
« l’heure de l’mettre »
radio campus lille 106,6
 
en direct sur www.campuslille.com
 
 

21 décembre 2013

Comment l’Iran a instauré un revenu de base sans le vouloir



En remplaçant les subventions aux combustibles et aux aliments par des transferts directs à la population, l’État iranien fournit depuis 2010 un revenu à chaque citoyen résidant dans le pays.


suite ...

28 novembre 2013

Iran, une page est tournée




Le blog de comaguer 27 novembre 2013

Nucléaire iranien, un moment de vérité ! 


L’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Genève le 24 Novembre est en soi-même un événement politique.

Observons la scène :

D’un côté (tous représentés en personne par leur Ministre des Affaires étrangères)
5 puissances atomiques et membres permanents du Conseil de Sécurité
L’Allemagne
L’Union européenne en la personne de sa « ministre » des affaires étrangères : Catherine Ashton

De l’autre, seul : L’Iran

Sur le papier, un extraordinaire déséquilibre
Economique : PIB annuel de l’Iran 2012 environ 500 milliards de dollars, 21° rang mondial , au niveau de la Suède
Démographique : 2 milliards d’habitants chez les 6 contre 75 millions en Iran
Militaire : un budget annuel de l’ordre de 10 milliards de dollars

(Moins qu’Israël et les Emirats arabes unis autour de 15 milliards de dollars chacun et moins que l’Arabie Saoudite qui avoisine 50 milliards – France : 62 milliards – Etats-Unis : environ 700 milliards))

Pourtant il va y avoir une négociation et à son issue un accord, un accord écrit. Certes un accord transitoire de 6 mois au terme duquel chacune des parties vérifiera si l’autre a respecté sa signature et ses engagements.

Là est le premier événement !


Collectivement la Chine, les Etats-Unis, la Russie, l’Allemagne, la Grande Bretagne et la France se sont engagés à débloquer de l’argent iranien déposé dans diverses banques de leur pays. Il est question de 6 à 8 milliards de dollars, soit une fraction de l’ensemble des avoirs iraniens bloqués dont le montant est de l’ordre de 50 milliard de dollars.

Collectivement les 6+1 (Union européenne) reconnaissent le droit à l’Iran d’utiliser l’énergie atomique à des fins civiles ou plutôt ils le confirment puisque l’adhésion de l’Iran au traité de non prolifération nucléaire était en soi une reconnaissance internationale de ce droit.

L’Iran s’est engagé à suspendre l’enrichissement de l’uranium à 20% (ce matériau ne permet pas de fabriquer des bombes atomique mais est utilisé dans des applications médicales) et pourra poursuivre la production d’uranium enrichi entre 3,5% et 5 % utilisé comme combustible dans les centrales nucléaires (L’Iran en possède une et veut en commander une autre).

En signant cet accord, les 6 puissances reconnaissent que l’Iran respecte le Traité de non prolifération nucléaire , qu’il n’ a pas d’armes nucléaires, qu’il ne cherche pas à en fabriquer et elles mettent donc fin en un seul geste à une propagande mondiale massive et prolongée contre « le nucléaire iranien » fondée sur une confusion entretenue à dessein entre nucléaire civil et nucléaire militaire où le passage de l’un à l’autre serait simplissime et échapperait aux regards vigilants et avertis des inspecteurs de l’AIEA et sur l’insinuation permanente que l’Iran « pays voyou » mentait en permanence lorsqu’il proclamait à tous les niveaux de la République islamique qu’il ne voulait pas l’arme nucléaire.

C’est le second événement ! Les 6+ 1 ont reconnu officiellement que l’Iran n’avait pas menti.

L’éclatement de cette vérité met à mal les membres du camp sioniste avec ses bases à Tel Aviv, Washington et Paris et il marque la réinsertion de l’Iran dans la communauté des nations, retour que sa présidence du Mouvement des Non Alignés ne pouvait que favoriser et qui met fin à une longue période de mise à l’index ouverte en 1979.

La chute de la dynastie Pahlévi avait alors été perçue en Occident comme une catastrophe politique, la perte du principal gendarme de l’ordre impérialiste au Moyen Orient. Si le pire que l’Occident pouvait redouter, à savoir la création d’une république socialiste, avait été évité grâce à la prise de contrôle du mouvement révolutionnaire par les mollahs, l’hostilité de l’occident est depuis restée entière face à un régime qui a rejeté, en même temps que le Shah, l’impérialisme sous sa face la plus répressive.

Depuis 35 ans l’Occident a tout fait pour faire tomber la République islamique.


Il a encouragé l’Irak à attaquer l’Iran l’a armé et soutenu autant qu’il a pu pendant une effroyable guerre de dix ans. Il a ensuite mis le pays sous embargo et tenté diverses formes d’ingérence dans les affaires intérieures du pays et il a fini par lancer sa grande campagne contre le « nucléaire iranien » non sans avoir en plus complété l’encerclement militaire complet du pays par les forces de l'OTAN, l’Afghanistan, 2001 et l’Irak 2003 venant s’ajouter à la Turquie. Menacé à longueur d’années de bombardements et d’invasion militaire, l’Iran a tenu, sans peur, arcbouté sur sa vérité : « Nous ne voulons pas l’arme atomique ! ».

Énorme force politique de la vérité !


Qu’est-ce qui aurait pu empêcher un Iran machiavélique, tortueux et menteur de se doter de l’arme nucléaire « par la bande » comme l’ont fait les 3 non signataires du Traité de non Prolifération nucléaire : Israël, Inde et Pakistan qui eux n’ont pas été mis au ban de la communauté des Nations ? Le mensonge était chez l’adversaire et il allait de pair avec la menace.

Le camp du mensonge, de la menace et des sanctions, obligé de s’accorder avec la Chine et la Russie, a perdu le 24 Novembre à Genève.

Quoi qu’il arrive maintenant et d’autres péripéties sont probables, un page importante de l’histoire contemporaine a été tournée et les futures négociations sur la sortie de la crise syrienne porteront la marque de ce tournant.
 


15 septembre 2013

De Hiroshima à la Syrie, le nom de l’ennemi dont Washington n’ose pas parler



J. Pilger :

Cette fois, c’est la Syrie. La dernière fois c’était l’Irak. Obama a choisi d’accepter l’ensemble du Pentagone issu de l’ère Bush : guerres et crimes de guerre inclus.

Sur mon mur est affiché la première page du Daily Express datée du 5 Septembre 1945 avec les mots : « Ceci est un avertissement au monde entier. » 
 

10 décembre 2012

SYRIE IMPASSE AVANT IMPLOSION


  
Conscience Citoyenne Responsable | le 10 décembre 2012

Pour ma part je condamne le régime syrien, Assad est de la même trempe que Kadafi, mais je condamne avec la même fermeté ceux qui s’apprêtent à nous rejouer le coup de l’intervention en Libye. Bien sûr qu’Assad n’est pas un démocrate, et que le régime syrien est un bon régime policier à la Franco ou à la Pinochet. Il avait même pris un tournant très libéral, ce qui a d’ailleurs été la cause du mécontentement des petits paysans au début de la révolte.

Ensuite, les mouvements de résistance démocratiques furent vite récupérés et exploités par des organisations financées par les émirats du golfe, et en sous main les occidentaux. On a donc exploité les débuts de troubles sociaux et les premières réactions brutales du régime pour alimenter une campagne de déstabilisation ethnique et religieuse du pays dont, on ne peut nier maintenant qu’elle a été largement alimentée par le Qatar, l’Arabie Saoudite, des mercenaires jihadistes locaux mais aussi venus de nombreux pays comme la Libye, l’Irak, la Turquie, l’Egypte, l’Afghanistan, voire même de France ; de nombreuses forces spéciales Arabes et Occidentales ont agi sur le terrain comme ce fut le cas en Libye.

On nous sert le même scénario que les débuts de la guerre afghane, avec les talibans héros contre les russes, armés par l’occident, puis devenus ensuite les diables de l’enfer contre la population civile, et combattus par l’occident. Quelle est la bonne version ? On connaît nos classiques, on se souvient des mensonges pour inciter l’opinion à soutenir les interventions humanitaires, à la Bush, à la Kouchner ou à la BHL… ; et justement  maintenant, comme pour l’Irak, on nous parle d’armes  chimiques. La zone d’exclusion aérienne se prépare, les bases de l’Otan sont en alerte, les navires de guerres croisent au large, et les systèmes « Patriot » à la frontière seront là pour protéger les populations civiles. Les mêmes méthodes, les mêmes mensonges ! Assad, les occidentaux ou les jihadistes, quel que soit le vainqueur, le peuple syrien n’a rien à y gagner…

Prochaines étapes : intervention des forces spéciales pour neutraliser les fameux gaz, incidents puis interventions et bombardements aériens. Suivant les réactions russes, l’étape finale sera l’attaque de l’Iran par l’aviation Israélienne, puis celle des occidentaux avec la destruction de tout le potentiel économique du pays, comme on l’a fait en Serbie.

Alors, a-t-on un autre choix que de soutenir la frange progressiste des opposants au dictateur afin de ne pas laisser le champ libre à la frange islamiste ou pro-occidentale, afin d’essayer d’éviter de passer d’une dictature à une autre ? Il me semble qu’il est important de se positionner contre la dictature capitaliste et fasciste d’Assad et au côté du soulèvement populaire. Soutenir le peuple syrien dans sa lutte pour une vie meilleure n’empêche pas de dénoncer ceux qui profitent de la situation pour avancer leurs pions, ceux qui ont contribué à transformer cette lutte pour la démocratie en guerre civile. Car qui peut nier que maintenant l’on a une guerre civile qui ne pourra finir, si tout le monde laisse faire, que par la destruction et l’éclatement de la Syrie. Qui peut nier que les pays occidentaux y participent de plus en plus visiblement… et que la France de Hollande en est partie prenante !

Mais pour  l’instant, c’est bien un peuple qui affronte un régime fasciste, quoi qu’en disent certains « anti-impérialistes » pro Bachar, ou pro Frédéric Chatillon, l’ami de Marine qui dirige le site InfoSyrie ? Non, soutenons la révolution des forces progressistes syriennes et ne nous laissons pas abuser par nos gouvernements qui s’accommodent parfaitement des dictateurs lorsque cela leur convient et qui ne s’offusquent des atteintes aux droits de l’homme que lorsque cela va à l’encontre de leur intérêt.

La preuve en est qu’au moyen et proche Orient, nous entretenons de bonnes relations avec l’Arabie Saoudite, le Qatar ou  Le Bahreïn, et tous ces pays ne sont pas spécialement des exemples de démocratie ! Et ne parlons pas des hommes de paille ou des différents « amis » que l’occident et les USA soutiennent en Afrique, en Asie ou en Amérique Latine. Tous ces tyrans sanguinaires et milliardaires « qui se sont fait tout seul », illustrent bien que ce qui coute le plus cher à une nation, ce sont ses riches !

Jean Pierre ACASOCA

Lire également : PUNIR LES MAUVAIS ELEVES


« Celui qui contrôle les médias, contrôle les esprits »…Jim MORRISON

17 avril 2012

réunion 5+1 à Istanbul


Agoravox | mardi 17 avril 2012, par Christian Tallon

Iran : réunion 5+1 à Istanbul : bom bom bomb Iran ? 

Résumé des articles précédents : Tandis que la superpuissance hégémonique et unilatérale téléguidée par la petite puissance sioniste et par le précédent empire déchu continue son agenda de domination des matières premières et des routes maritimes, les puissances d'Asie et d'Amérique-du-Sud, fédérées par une Russie renforcée s'organisent pour faire face. Les pays d'Europe vassalisés font ce que la superpuissance leur dit de faire, avec quelques particularités locales tenant au caractère de tel ou tel satrape mis en place ici où là. La seconde réplique de la crise financière et économique qui arrive aussi sûrement qu'un nouveau séisme à Fukushima sur le réacteur 4 inciterait les quelques personnes lucides (les militaires pour une fois) à se replier avant l'orage mais d'autres (les politiques) au contraire à « finir le job » tant qu'il en est encore temps. Entre ces deux tendances, la paix tangue.


Dans un article précédent, j'avais écrit que le secrétaire d’État américain (l'équivalent du ministre des affaires étrangères), Mme Clinton avait déposé un ultimatum à l'Iran via la Russie disant en gros « si vous ne faites pas de concessions sérieuses à la prochaine réunion des 5+1 (cinq membres permanents du conseil de sécurité + Allemagne), nous vous attaquerons ».
Tout est prêt pour l'attaque. A l'(invincible ?) armada américaine, anglaise, israélienne (via les sous-marins Dolphin (ThyssenKrupp Marine Systems) vendus ou donnés par l'Allemagne à titre de réparations) s'ajoutent les bombes anti-bunkers, le MOAM (Mother Of All Bombs), le MOP (Massive Ordnance Penetrator) et les bombes atomiques tactiques, les obus à uranium appauvri, et le reste. L'énumération serait trop longue et devient fastidieuse. C'est comme en Irak mais en plus gros.
Face à ce déploiement de force, l'Iran terrorisé devrait renoncer à fabriquer la bombe atomique. L'ennui est qu'il n'en fabrique pas et qu'on lui demande comme en Irak de prouver une inexistence. La fable du loup et de l'agneau à l'âge atomique ou « qui veut tuer son chien … "
L’Iran a d'ailleurs prévenu qu'il ne ferait aucune concession (on ne voit pas laquelle d'ailleurs) : tout pays signataire du traité de non prolifération atomique a le droit de développer son programme civil selon l'article IV(1) de ce traité et les puissances nucléaires doivent même l'aider(2). L'hypocrisie n'est plus à démontrer.
L'arsenal de l'Iran qui comme tout pays a le droit de se défendre, est composé de missiles sol mer et sol-air S-300 (embargo contourné via le Venezuela), de frégates rapides, de la profondeur stratégique de son territoire, d'une armée courageuse et bien équipé en armes mobiles et difficiles à localiser ou à détruire, de millions d'hommes et de femmes, des capacités quasi illimitées des russes de fournir des armes . Ce champ de bataille sera un enfer pour les deux côtés. On comprend que les militaires américains ne soient pas chauds. Elle sera de type Irak ou Afghanistan avec des drones qui risquent d'avoir un retour à l'envoyeur puisque les iraniens savent déjà en prendre les commandes.
Tant il est par définition impensable pour les États-Unis (concept d'indéfectibilité) de ne pas gagner une guerre de façon écrasante, il y aurait escalade, extension des hostilités aux pays d'où transiteraient les armes et in fine la tentation d'utiliser les armes atomiques stratégiques, ou plus probablement leur utilisation par erreur au paroxysme d'une tension.
Le front afghan se réactiverait immédiatement, l'Irak se soulèverait. La destruction de centres atomiques iraniens produirait probablement des représailles contre Israël via le sud-Liban. Les israéliens tués devraient être vengés au centuple.
Les sites atomiques touchés dégageraient dans l'atmosphère encore un peu plus de radionucléides qui rendraient l'hémisphère nord définitivement irradié. Le champignon de style atomique des bombes anti-bunkers capables d'exploser à 60 m sous terre (MOP) enverraient dans la haute atmosphère des quantités de poussières radioactives qu'il faudrait chiffrer en millions de m3 / bombe. Les pluies les feraient ensuite retomber sur Londres, Paris, Berlin, New-York une ou plusieurs années après, contaminant tout. Il n'y a aucune raison pour ce qui s'est passé à Tchernobyl et Fukushima ne se produise pas à Bushehr où à les cancers et malformations arriveraient ensuite en épidémie au moment même d'une crise qui aurait affaibli la population et engorgé les hôpitaux. Il faudrait choisir qui serait soigné et qui pas.
Les pétroliers coulés ne manqueraient pas de provoquer des marées noires d'autant plus que les 39 supertankers iraniens ont déjà déconnecté leurs systèmes de détection pour que les États-Unis ne puissent pas savoir à qui ils vendent leur pétrole. Silence radio et cybernétique avec complicité chinoise.
Avec des bateaux fantômes de cette taille, nul doute que les primes d'assurances pour le passage du détroit d'Ormuz et de Malacca vont exploser et le prix du super à la pompe avec.
La raison et l'opinion publique mondiale voudraient que les États-Unis sachent s'arrêter, quittent l'Afghanistan, consolident leurs positions en Irak et s'en tiennent là. Cependant, l'armada déployée et les ultimatums adressés, les réflexes manichéens du bon et du méchant qui traversent l'histoire américaine, donnent à penser que les États-Unis ne voudront pas perdre la face de façon si cinglante et attaqueront et que ceci dégénérera à terme en conflit avec la Russie, qui a officiellement fait savoir que ses intérêts vitaux seraient atteints en cas d'invasion de l'Iran et qui a déjà renforcé ses troupes à la frontière. A ceci s'ajoute le renforcement considérable des forces navales et terrestres russes en Syrie dans sa base de Tartus.
C'est dans ces moments qu'on espère que les français auront un peu de lucidité et qu'ils ne referont pas l'erreur de donner 5 ans de plus de droit de nuisance au « président » actuel et à ses sbires avides de pouvoir et prêt à mettre en jeu la survie de la planète pour leur ambition personnelle. Pas en notre nom ! Plus de Libye ou de Syrie : ça suffit. 
Au contraire, l'élection d'un candidat, soit honnête, soit qui ne croie pas aux propres mensonges du système, soit qui ne se croit pas obligé de faire semblant de les croire, peut faire s'effondrer le château de cartes de mensonges sur laquelle serait fondée une attaque. L'Iran n'a pas de programme de fabrication d'arme atomique depuis 2003. C'est maintenant avéré. De ce point de vue un candidat comme Mélenchon devrait mieux s'informer. En bien des aspect, ce pays ressemble à la France gaullienne dans sa volonté d'indépendance nationale et de développement culturel et technologique. L'Iran ne fait pas qu'importer, mais conçoit, fabrique, cherche, invente. C'est pourquoi il fait peur à l'Arabie Saoudite et aux petits émirats de rente pétrolière. La France encore une fois se coupe d'un partenaire culturel, commercial et technologique majeur en se mettant à la remorque des Etats-Unis.
Les français auront un pouvoir immense pour la paix aux élections prochaines. Si un candidat qui veut sortir de l'OTAN1 est élu et qu'il prend immédiatement une initiative diplomatique audacieuse sur l'application effective et graduelle du volet « désarmement » du traité de non prolifération nucléaire (TPE), il est probable qu'il n'y aura simplement pas de guerre. Et sans guerre, il y aura peut-être des moyens pour le logement et les besoins fondamentaux humains.
Une autre option sera alors « autour de la table » : la paix. Il semble que celle-ci ait juste été oubliée de discussions en discussions. 
Pour la paix, on espère ministre des affaires étrangères un homme (ou femme) dont chaque acte ait en vue la survie de l'humanité et non le but de s'en mettre plein les poches ou faire des parties fines dans des hôtels de luxe. C'est lamentable bien que supportable en temps normal mais en temps de crise, il faut d'urgence un personnel politique d'un tout autre niveau.
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1 : On rappelle que l'existence et l'extension de l'OTAN qui n'avait plus de raison d'être après la dissolution du pacte de Varsovie a poussé naturellement des pays d'Asie à recréer une alliance militaire l'Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC) à laquelle l'Iran souhaiterait adhérer tandis que la Chine et la Russie sont liées par l'Organisation de Coopération de Shanghai, dont l'Iran est observateur. Le scénario 1914 avec deux blocs et des petits pays pour allumer la mèche est déjà bien en place. Quand à la diplomatie secrête, on en a une idée quand un micro reste ouvert alors qu'il aurait du être éteint.

16 avril 2012

Débat sur la culpabilité a priori de l’Iran

Dedefensa | 16 avril 2012


Dans la rhétorique de l’interminable (depuis 2005) crise iranienne, de l’interminable (depuis 2005) spéculation sur le nucléaire iranien, de l’interminable (depuis 2005) menace d’attaque “surprise” de l’Iran, il y a eu peu de place pour débattre de la légalité de toutes ces perspectives. On accueille donc avec intérêt un article du Guardian du 12 avril 2012, qui traite de ce problème à l’aide d’avis évidemment autorisés de divers juristes ou supposés l’être ; et on le complète avec un très intéressant article de Teymoor Nabili, le 13 avril 2012 sur Aljazeera.News.

Mais l’article de Nabili mérite d’être consulté en tête parce qu’il reproduit un extrait d’un entretien avec le Vice-Prempier ministre et ministre du renseignement et de l’énergie atomique israélien Dan Meridor, avec une déclaration du même Meridor qu’on peut qualifier, à l’instar de Nabili, d’extraordinaire. En quelques mots, Meridor pulvérise la narrative générale, mille fois répétée et brandie comme un signe absolue de la culpabilité démoniaque de l’Iran, selon laquelle le président iranien Ahmadinejad avait déclaré que l’Iran avait l’intention de “rayer Israël de la carte”, pour la remplacer par la réalité des déclarations iraniennes, qui ne disent pas cela du tout…

«…An able and experienced politician, Meridor was mostly happy to skirt the direct questions and recite approved talking points. It’s when I challenged him on the biggest talking point of all, Iran’s supposed determination to “wipe Israel off the face of the map,” that Meridor seemed to stumble outside the lines of the agreed narrative.

»Meridor: [Iran's leaders] all come basically ideologically, religiously with the statement that Israel is an unnatural creature, it will not survive. They didn't say ‘we'll wipe it out’, you are right, but [that] it will not survive, it is a cancerous tumor, it should be removed;

»Nabili: Well, I am glad you acknowledged they didn't say they will wipe it out, because certainly Israeli politicians…

»Meridor: … they say it will be removed, needs to be removed …»

Namibi met du temps à s’en remettre… Mais ce qui est dit (par Meridor) est dit. Namibi prend le temps, avant de passer à un commentaire de l’article du Guardian cité plus haut, de convoquer une des nombreuses sources qui ont relevé la complète désinformation largement colportée de l’annonce par Ahmadinejad de l’intention de l’Iran de “rayer Israël de la carte”. Il citera donc le professeur Gary Leupp, Professeur d’Histoire à l’université Tufts, aux USA… «Ahmadinejad himself has repeatedly said that his remark was misinterpreted. In January 2006, complaining about the ‘hue and cry’ over his statement, he said: ‘Let the Palestinians participate in free elections and they will say what they want.’ In July 2008, he told a meeting of the D-8 nations (Bangladesh, Egypt, Indonesia, Iran, Malaysia, Nigeria, Pakistan, and Turkey) that his country would never initiate military action but that the Israeli regime would eventually collapse on its own.»

Revenu de sa surprise, Nabili passe donc au Guardian. C’est pour tomber sur une seconde surprise, qui est une citation d’un éminent professeur de droit, expert éminemment reconnu, qui répond avec enthousiasme par l’affirmative à la question sur la légalité de l’attaque “surprise” contre l’Iran pas encore lancée… Mais oui, dit le professeur Anthony d’Amato, ils peuvent y aller et bombarder l’Iran, tous les droits, du Droit canon au Droit international, les y autorisent, – les y invitent même… Après avoir cité d’Amato, Nabili prend le soin de décortiquer sa déclaration pour exposer toutes les extrêmement stupéfiantes énormités qu’elle contient, bobard sur bobard, les uns après les autres, exemple extrêmement inverti de la rigueur intellectuelle, cette fois mise au service de l’indifférence complète et d’un cynisme inconscient et presque automatique pour la vérité du parti pro-Système, de sa seule considération pour la narrative qui décrit et justifie à la fois son action.

«[…H]ere's Anthony D'Amato, a professor of international law at Northwestern University: “Iran says it wants to push the Israelis into the sea and that they are constructing nuclear weapons. That’s enough for me to say that cannot be allowed. If the US or Israel takes the initiative to block that action, it can hardly be said to be violating international law. It can only be preserving international law for future generations.”

»The combination of factual error and partisan analysis here is remarkable. Firstly, his characterisation of Tehran's policies is almost unique. If “Iran” (and he doesn't actually clarify who he means here) has ever actually said that it wants to “push Israelis into the sea” he doesn't point us to the source.

»Secondly, he doesn't explain why such comments from Iran should cause more existential anguish than similarly belligerent comments made by Israel's Foreign Minister Avigdor Lieberman in reference to Palestinians, or by Hillary Clinton in reference to Iran.

»As for the concept of “preserving international law for future generations,” he does not clarify his thoughts on whether Russia and China might also be justified in unilaterally attempting such a feat, or in deciding what can and cannot be allowed in international politics.

»But what's most bizarre is his completely erroneous belief that Iran itself has said it's constructing nuclear weapons.

»It hasn't.

»There's no reason to believe that a man of D'Amato's standing should lie, bare-faced, to an internationally respected newspaper; therefore it's more likely that he's simply accepted what someone with an anti-Iran agenda has told him. So if a man who “has argued cases before the European Court of Human Rights” can fall prey to hearsay and mis-information…» (…Imaginez combien le pékin, comme vous et moi, est prêt à gober encore plus tous ces bobards !).

L’article du Guardian comprend tout de même d’autres avis que celui, extrêmement stupéfiant, du professeur d’Amato, dont il nous est bien précisé par ailleurs que cet homme respectable et extrêmement compétent a “soutenu des causes devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme” (satisfaction, en vérité, de savoir nos droits défendus avec une si haute compétence). L’article du Guardian expose donc quelques avis divergents d’hommes également chargés d’honneurs et de compétences, qui, lorsqu’ils sont développés (ces avis), ridiculisent extrêmement celui du Professeur d’Amato qui a “soutenu des causes devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme”. L’article se termine sur une dernière citation de Bruce Ackerman, présenté comme un professeur de droit constitutionnel influent à l’université de Yale. On sent que l’affirmation d’Ackerman clôt le débat un peu sur le territoire du bon sens et de l’évidence, plus que sur celui de l’argutie juridique…

«…But Ackerman notes that riding roughshod over international law carries dangers. For a start, Iran could make a reasonable case that it is the one under threat, with all of the bellicose rhetoric out of Washington and Jerusalem – and therefore it has a right of pre-emptive self-defence. “Where does this kind of radically expanded notion of pre-emptive attack stop?” asked Ackerman. “What's going to happen when China feels threatened by Taiwan, or India by Pakistan, or vice versa? We would be setting a precedent here which be a very serious blow to the rule of international law.”»

Poursuivons notre débat à nous en reprenant la phrase complète de Nabili sur l’éminent professeur d’Amato (“Si un homme qui a ‘soutenu des causes’…”, bla bla bla) ; elle se lit comme ceci : «So if a man who “has argued cases before the European Court of Human Rights” can fall prey to hearsay and mis-information, can we be surprised that the average consumer of mainstream media can buy into this “big lie”?» Mais justement, “le pékin, comme vous et moi” (“the average consumer of mainstream media”), s'il s'intéresse à cette sorte d'information, n’est pas ou plus prêt du tout “à gober encore plus tous ces bobards”, et même il ne les gobe pas du tout. S’il a un peu de sagesse et d’expérience, dans un premier temps (la première fois où le bobard est lancé), il s’abstient, attend, laisse venir, parce qu’il sait parfaitement comment fonctionne le Système et combien la déclaration-bidouillée d’Ahmadinejad est du type “un peu trop belle pour être vraie” ; puis, très vite, s’il sait s’aventurer au-delà des mainstream media comme c’est de plus en plus le cas, il repère ici et là les indications qu’il faut et sa religion est faite : bobard il y a, c’est évident. D’ailleurs, l’affaire était entendue dès lors que le Système exposait sa satisfaction, sa communication en carpet bombing, et ainsi de suite ; rien que le comportement de la chose, appuyé sur le “un peu trop belle pour être vraie”, et l’affaire était entendue. Cette description d’une occurrence désormais courante montre que les personnes courantes, hors du cercle du Système et en principe sans moyens exceptionnels, ne sont nullement plus vulnérables à la narrative ; qu’elles peuvent au contraire fort bien tirer leur épingle du jeu et reconnaître la vérité de leur côté, selon leur propre démarche, après une enquête assez facile à mener et fondée sur une volonté défensive d’inconnaissance au départ, lorsqu’il apparaît évident que les premiers éléments de communication ont été diffusés par le Système et nécessitent une approche révisionniste.

Le cas ne fait que confirmer une fois encore, si besoin en était, le naufrage total de l’objectivité de l’information, et par conséquent la rétrogradation de l’information officielle et de l’information-Système dans le champ du reste, c’est-à-dire des informations sans crédit formel ni légitimité, et elle-même, l'information-Système, soumise au crible de l’appréciation critique comme toute autre source. Cette plongée dans la subjectivité est dévastatrice pour l’information-Système, lorsqu’on dispose du système de la communication qui permet d’explorer toutes les sources disponibles pour se forger une opinion. Le cas étrange de Meridor montre que même les membres les plus impliqués dans la dynamique du Système peuvent céder à la faiblesse de dire la vérité…

Le paradoxe poursuivi malgré tout et réactivé étant que, malgré cette démonstration faite par Meridor, on peut être sûr que la narrative du “il faut rayer Israël de la carte” d’Ahmadinejad poursuivra son chemin sans l’ombre d’une embardée ni du moindre doute. Le processus est du type robotisé, qui résulte d’un cloisonnement hermétique dans les psychologies, et l’activité des individus asservis de même, et qui le restent malgré les incidents type-Meridor. Cette pérennité mécanique dans le négationnisme de la vérité qui pourrait apparaître comme une marque de la puissance du Système est, par ailleurs, profondément destructrice pour le Système lui-même. Elle en expose sur le terme le vice irrépressible de son incapacité à rencontrer la vérité, même lorsque l’évidence est là pour réclamer cette démarche, même lorsque la vérité a été suffisamment proclamée, y compris par un Meridor même si par inadvertance ; elle mine progressivement et irrémédiablement le crédit du Système, dont la surpuissance dans l’affirmation répétée du mensonge finit donc par l’habituelle dérive autodestructrice. 
 

10 avril 2012

La guerre est dans l’air

Horizons et Débats | 27 février 2012, par Eberhard Hamer


La presse mondiale de la haute finance américaine renforce chaque semaine ses attaques contre l’Iran et essaie de persuader le monde que l’Iran représente le plus grand des dangers terroristes. Elle ne cesse d’affirmer que l’Iran travaille à la production d’une bombe atomique et est à la veille d’y parvenir alors que la commission de l’ONU a constaté il y a une année que l’Iran avait encore besoin d’au moins 10 ans. Mais la campagne de presse est méthodique.
• La guerre en Irak avait également été préparée par une campagne de presse mensongère sur de prétendues armes de destruction massive et d’un prétendu terroriste, Saddam Hussein, alors qu’il était jusque-là un ami des Américains et qu’il était devenu impopulaire parce qu’il ne voulait plus vendre son pétrole en dollars et avait l’intention d’augmenter les prix du pétrole.
• Puis l’Afghanistan a été déclaré «Etat voyou», nid de terroristes et considéré comme un danger mondial. On a même embrigadé les troupes auxiliaires de l’OTAN dans la lutte des Etats-Unis pour l’hégémonie en Afghanistan. L’étau devait être serré des deux côtés.
• L’ami des Etats-Unis Moubarak a soudain été considéré comme un terroriste et chassé par un «mouvement de libération» dont le succès a valu à la CIA les remerciements du président Obama. Depuis, L’Egypte est déstabilisée et le sud d’Israël ne risque plus une guerre sur deux fronts.
• Maintenant, tout à coup, la presse s’acharne sur le président syrien Assad considéré comme un grand voyou et le pays se voit déstabilisé par des puissances étrangères via la Turquie. De plus en plus furieuse, la presse mondiale le pousse à s’en aller afin de céder la place aux insurgés. Ce n’est que lorsque cet objectif sera atteint qu’Israël n’aura plus rien à craindre sur son flanc nord et qu’il pourra se diriger entièrement vers l’est.
• La presse de la haute finance américaine a réagi furieusement lorsque les Russes et les Chinois ont empêché une résolution de l’ONU par laquelle les Etats-Unis et leur satellites de l’OTAN se seraient estimés justifiés à intervenir en Syrie.
• Depuis le succès de la «Révolution orange» en Ukraine dirigée par Madeleine Albright, financé par la CIA, exécuté par Ioulia Timochenko représentante de la haute finance britannique, la CIA n’a pas seulement orchestré le modèle jusqu’ici efficace en Afrique du Nord et en Syrie, mais l’essaie maintenant aussi en Russie contre Poutine parce qu’il peste contre l’encerclement, reconnu ouvertement par les Etats-Unis, de son pays par des missiles et qu’il s’allie avec l’Iran, qu’il s’est opposé à une intervention américaine en Syrie par un veto à la résolution de l’ONU.
Outre ces préparatifs stratégiques indirects, voire subversifs d’une guerre contre l’Iran, des opérations directes ont déjà commencé, qui visent manifestement à provoquer une réaction de l’Iran et une déclaration de guerre:
• Les Etats-Unis stationnent depuis six mois la plus grande flotte de l’histoire autour de l’Iran, ils ont même pénétré dans le golfe d’Oman avec des navires de guerre et ont déclaré que tout obstacle à leurs préparatifs de guerre serait interprété comme une raison d’attaquer.
• Ils ont, au moyen d’attaques d’ondes courtes (virus Kuznez), fait sauter la commande centrale des ordinateurs militaires et ceux du programme nucléaire de l’Iran et mis hors service les systèmes d’alerte. Ils ont donc déjà mené avec succès une attaque directe d’ondes courtes.
• Le Mossad a déjà assassiné trois physiciens nucléaires iraniens dans le pays.
• Israël, avec l’aide de Chypre, a préparé depuis longtemps un raid aérien contre l’Iran au cours de grandes manœuvres et il pourrait, selon le ministre américain de la Défense, l’effectuer entre avril et juin de cette année, quand la Syrie aura été «libérée».
Le caractère explosif de la situation ne concerne pas seulement Israël et l’Iran mais déjà toute la région et atteint la Russie.
Si une invasion de l’Iran par Israël et les Etats-Unis avait lieu, une troisième guerre mondiale serait sans doute inévitable, car:
• l’Iran a des accords pétroliers et des traités d’assistance avec la Russie, l’Inde, la Syrie et la Chine. On ne sait pas dans quelle mesure ces pays vont intervenir, mais il est possible qu’ils le fassent;
• L’«Israel connection» aux Etats-Unis ferait immédiatement en sorte que les Etats-Unis se joignent à l’attaque d’Israël contre l’Iran. Cela mobiliserait alors l’OTAN, car celle-ci a abandonné sa doctrine purement défensive depuis l’Afghanistan et s’est transformée en une troupe auxiliaire inconditionnelle des Etats-Unis également en vue d’agressions militaires. Et l’Europe serait entraînée dans la guerre;
• Les conséquences économiques d’une guerre contre l’Iran toucheraient le monde entier: Non seulement le prix de l’or, mais surtout celui du pétrole augmenteraient massivement en raison de la pénurie et cela nuirait à tous les pays du monde qui sont dépendants des importations de pétrole;
• Ce sont surtout les Etats-Unis qui profiteraient d’une guerre contre l’Iran, car ils concentrent environ 70% de la production d’armements et attendent depuis longtemps de nouveaux débouchés afin de relancer la conjoncture. Comme après les deux guerres mondiales, ils espèrent résoudre leurs difficultés financières grâce à leur butin de guerre (le pétrole) et retrouver une nouvelle force économique.
 
A vrai dire, à part Netanyahu, personne au monde ne souhaite qu’un conflit mondial se déclare à partir de l’Iran et qu’il en découle une guerre, mais souvent déjà de petites causes ont déclenché une guerre dans une situation de préparatifs de guerre, comme l’assassinat de Sarajevo à la veille de la Première Guerre mondiale. Ainsi la manipulation de l’ONU, créée pourtant pour garantir la paix, par les projets belliqueux américains et surtout la campagne de presse mondiale orchestrée par les Etats-Unis entraînent un durcissement de la crise au lieu d’une détente. La question de savoir si Obama, détenteur du Prix Nobel de la paix, pourra, malgré la campagne électorale, résister à la pression en faveur de la guerre de la haute finance américaine, de sa presse mondiale, de l’industrie pétrolière, du lobby de l’armement, des militaires et d’Israël. •
(Traduction Horizons et débats)

4 avril 2012

Günter Grass : Israël et sa puissance atomique menacent la paix mondiale

Al-OufoK |mercredi 4 avril 2012





Le prix Nobel de littérature allemand Günter Grass a publié mercredi un poème dans lequel il défend l’Iran et estime qu’Israël, avec ses armes atomiques, "menace la paix mondiale déjà si fragile".
Intitulé "Ce qui doit être dit", le poème en prose paru dans le journal allemand Süddeutsche Zeitung dénonce d’éventuelles frappes préventives israéliennes contre des installations nucléaires iraniennes comme un projet qui pourrait mener à "l’éradication du peuple iranien parce que l’on soupçonne ses dirigeants de construire une bombe atomique".
Dans le même temps, il y a "cet autre pays, qui dispose depuis des années d’un arsenal nucléaire croissant - même s’il est maintenu secret -, et sans contrôle, puisque aucune vérification n’est permise", poursuit le Nobel de littérature 1999, en visant Israël sans le nommer au début de son texte.
Le Nobel de littérature 1999 affirme que ce projet pourrait mener à "l’éradication du peuple iranien".
Grass, qui jouit d’une grande autorité en Allemagne, évoque "cet autre pays, qui dispose depuis des années d’un arsenal nucléaire croissant - même s’il est maintenu secret", qui bénéficie de livraisons de sous-marins nucléaires qui pourraient rendre les Allemands, "déjà suffisamment accablés", complices d’un "crime prévisible".
L’Allemagne et Israël ont conclu en 2005 un contrat de vente de sous-marins conventionnels de type Dolphin, dont un sixième exemplaire doit être livré prochainement. Ces sous-marins peuvent être équipés d’armes nucléaires.
Grass dénonce "le silence généralisé sur ce fait établi" - qu’il qualifie de "mensonge pesant" -, parce que "le verdict d’antisémitisme tombera automatiquement" sur qui le rompra.
"Pourquoi ne dis-je que maintenant (...) que la puissance atomique d’Israël menace la paix mondiale déjà fragile ? Parce qu’il faut dire ce qui pourrait être trop tard demain", explique l’auteur.
"Je ne me tairai plus, parce que j’en ai assez de l’hypocrisie de l’Occident" vis-à-vis d’Israël qui est le vrai "responsable de cette menace", selon Grass.
Il demande également "un contrôle sans obstacle et permanent de l’arsenal atomique israélien et du programme nucléaire iranien par une instance internationale reconnue par les deux gouvernements".
Le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seibert a refusé de commenter le texte, au nom de la "liberté de création".
 

28 mars 2012

L’idée d’Israël de frapper l’Iran est une pure folie

Al-Manar | 28 mars 2012

ElBaradei: l’idée d’Israël de frapper l’Iran est une pure folie

L’ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohammad elBaradei a déclaré que si l’entité sioniste « mène une attaque militaire contre l’Iran, elle sera dans une situation folle » !

Dans une interview avec l'agence allemande d’informations (D. B. A) à Berlin, Mohamed ElBaradei, a déclaré- en réponse à une question de savoir si l'entité sioniste lancera une attaque prochainement : « Franchement, je ne pense pas que personne n'a l'intention de lancer une attaque contre l'Iran, à moins qu’il soit atteint d’une folie totale » !

M. ElBaradei a ajouté que, si l'entité sioniste se décide à frapper l’Iran, Téhéran sera encouragée à développer rapidement des armes nucléaires avec le soutien de tous les Iraniens, et de presque tout le monde dans le Moyen-Orient voir de nombreux pays dans le monde » !

Et de souligner : « Je prie pour cela n'arrive pas du tout .. Je pense que les Israéliens sont assez intelligents pour comprendre qu’un tel acte ne fera qu’affaiblir leur sécurité nationale et non la renforcer »…

Interrogé sur les Israéliens qui affirment ne pas croire les déclarations iraniennes, Baradei a répondu : « Pourquoi devraient-ils (les Iraniens) croire Israël » ?

Et de rappeler : « Israël est assise sur 200 bombes (nucléaires) , il y a un sentiment d'insécurité au Moyen-Orient, il faut faire preuve de bonne foi et établir un Moyen-Orient exempt d'armes de destruction massive »..

Cela dit, le ministre allemand de la Défense, Thomas de Maizière, a déclaré au journal "Bild" que sa rencontre, la semaine dernière, avec son homologue israélien, Ehoud Barak, ne l'a pas rassuré quant à une éventuelle intervention israélienne contre l'Iran, car, selon lui, Israël ne croit pas en l'efficacité des sanctions contre la république islamique.


13 février 2012

Sarko ment au CRIF pour justifier la guerre contre l'Iran

Par JahRaph | Black Mariane |11 février 2012


Sarkozy ment au CRIF pour justifier la guerre contre l'Iran

 
Du discours de Nicolas Sarkozy au CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) prononcé le mercredi 8 février, les médias et les commentateurs n'auront retenu que deux phrases absurdes, deux phrases choc : « Israël est un miracle », et « l'Europe a eu l'idée folle de la Shoah. La France et l'Allemagne ».

Toute personne qui s'intéresse à la Géopolitique et à l'Histoire sait qu'Israël n'est pas un miracle, mais un problème pour la paix et la stabilité régionale. Elle sait également que l'Europe dans son ensemble et la France en particulier n'ont pas eu l'idée de la Shoah. C'est absurde, c'est dit pour choquer. Une analyse rapide peut conduire à penser qu'il s'agit pour Sarkozy de draguer un certain électorat juif, et de faire culpabiliser au passage les français. En réalité, il s'agit de dévier l'attention de l'essentiel.

C'est la technique dite de l'enfumage.

Car dans ce discours, la phrase réellement importante, c'est un mensonge préparatoire à la guerre :

« Lorsque Ahmadinejad ou M. Khomeynei parlent de rayer Israël de la carte, Israël doit savoir qu'elle ne sera pas seul dans ce combat pour la sécurité, que la France ne permettra jamais que l'on remette en cause la sécurité d'Israël. »

Une étude même rapide de l'actualité internationale permet de se rendre compte que l'Iran est dans la ligne de mire d'Israël et de l'occident. Avec lucidité, on peut craindre que le conflit à venir se transforme en véritable 3ème guerre mondiale. Dans ce contexte, la petite phrase de Sarkozy résonne comme une justification préliminaire au positionnement guerrier et agressif de la France.

J'avais expliqué assez longuement, dans un article sur le sujet, que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad n'avait jamais dit qu'il souhaitait rayer Israël de la carte. A ma connaissance, et jusqu'à présent, ce mensonge n'a été répété que par des journalistes, jamais par un chef d'État. Le colportage par Nicolas Sarkozy de ce mensonge constitue donc une première.

Ce mensonge digne de la pire propagande a été orchestré et propagé par le lobby sioniste à partir de 2006 aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et en Israël : l'AIPAC, le JCPA, mais aussi l'Israel Project et le B'nai B'rith. Sur ce sujet, je vous recommande l'article « La campagne contre l'Iran : le lobby sioniste et l'opinion juive » de Yakov M. Rabkin professeur d'histoire à l'Université de Montréal, paru dans le n°70 de la Revue Internationale et Stratégique.

En réalité, le président iranien parle du régime sioniste qu'il souhaite voir disparaitre des pages du temps ; afin qu'il n'y ait pas de doute sur ses propos quand il parle d'Israël (le régime sioniste), il fait la comparaison avec l'URSS (le régime soviétique), qui a disparu, sans que ne disparaisse la Russie. Il faut vraiment être d'une mauvaise foi évidente pour traduire ses propos par "rayer Israël de la carte"...

Voici ce que dit l'historien du sionisme Boaz Efron à propos de la nature temporelle de toutes les organisations politiques :
« L'État d'Israël, et tous les États du monde, apparaissent et disparaissent. L'État d'Israël aussi, bien évidemment, disparaîtra dans cent, trois cents, cinq cents ans. Mais je suppose que le peuple juif existera aussi longtemps que la religion juive existera, peut-être pour des milliers d'années encore. L'existence de cet État ne représente aucune importance pour celle du peuple juif... Les juifs dans le monde peuvent très bien vivre sans lui. »

Pour contredire l'analyse de Nicolas Sarkozy sur la menace que l'Iran ferait planer sur Israël, je citerai à nouveau l'article de Yakov M. Rabkin :

« L'ancien chef du Mossad Efraïm Halévy et l'expert en affaires militaires à l'Université hébraïque de Jérusalem Martin van Creveld s'entendent pour dire que l'Iran ne représente pas véritablement une menace pour la sécurité d'Israël. »

Et vous, qu'en pensez-vous ? Partagez-vous les craintes de Nicolas Sarkozy, ou bien l'analyse d'Efraïm Halévy, Martin van Creveld et de Yakov M. Rabkin ?

7 février 2012

Frappes contre l’Iran avant les présidentielles françaises ?

Solidarité & Progrès |6 février 2012 (Nouvelle Solidarité)

Le parti de la guerre que dirigent les Britanniques a pu donner de la voix la semaine dernière lors de la conférence annuelle de Herzliya en Israël, où de nombreux orateurs israéliens ainsi que des néo-conservateurs américains et britanniques ont pratiquement appelé à des frappes contre l’Iran avant qu’il ne soit « trop tard ».

Le ministre de la Défense israélien Ehud Barak a prononcé l’un des discours de clôture de la conférence, et ses remarques ont été largement relatées dans la presse. Au programme de la conférence, on peut signaler d’autres personnages d’importance : l’ancien chef d’Etat major Moshe Ya’alon, actuellement ministre des Affaires stratégiques du Premier ministre Benjamin Netanyahou ; l’ancien directeur de la CIA James Woolsey ; Danielle Pletka de l’American Enterprise Institute (AEI), ardente supporter de la guerre d’Irak ; Harold Rhode, l’un des architectes de la guerre d’Irak au département de la Défense sous Donald Rumsfeld ; et Sir Mark Allen, présenté comme un conseiller senior de la multinationale British Petroleum. Notez surtout que ce dernier dirigeait encore récemment le bureau pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord du contre-espionnage britannique MI-6 et qu’il fut l’intermédiaire discret entre Tony Blair et Mouammar Kadhafi en 2003.

Déjà, lors du dernier sommet annuel du Forum économique mondial de Davos en Suisse, Barak avait prévenu que l’Iran, qui œuvre à protéger ses installations nucléaires en les enterrant dans des bunkers souterrains, allait « entrer dans une zone d’immunité » dans laquelle seuls les Etats-Unis pourraient anéantir ou endommager sévèrement les capacités d’enrichissement iraniennes.

A Herzliya, le ton de l’attaque contre l’Iran avait déjà été bien installé quand Barak fit ses remarques. Pour le ministre de la Défense, il n’y a pas de doute que le programme nucléaire iranien est à but militaire comme le « prouve » le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Pourtant, ce rapport a été fortement remis en cause par la plupart des experts internationaux qui y voient une manipulation.

Pour Barak, « il existe une compréhension largement partagée que si les sanctions n’atteignent pas le résultat escompté, celui d’arrêter le programme de nucléarisation militaire, il faudrait envisager une action. » Se retenir d’agir maintenant « conduirait à un Iran nucléarisé, et traiter avec un Iran nucléarisé serait beaucoup plus complexe, beaucoup plus dangereux et beaucoup plus coûteux en sang et en argent que de le stopper aujourd’hui ».

Parmi ceux qui avaient aidé à dresser le décor pour le discours de Barak il y a eu le général Aviv Kochavi, chef du renseignement militaire israélien. Il estime que « l’Iran continue de prétendre qu’il conduit son plan à des fins pacifiques et civiles, mais une quantité d’éléments d’information, de source sûre, détenus par Israël, prouve que l’Iran n’a pas cessé de travailler au développement de ses armes nucléaires ». Lors d’une table ronde, Kochavi a déclaré que l’Iran avait « accumulé quatre tonnes d’uranium enrichi à 3,5% et près de 100 kilos à 20% », une quantité suffisante selon lui pour construire quatre bombes.

Notez qu’une bombe atomique nécessite de l’uranium enrichi à 90% bien que selon des experts occidentaux, franchir ce seuil ne requièrt pas de compétences techniques supplémentaires. Reconnaissant implicitement le fait que l’Iran ne dispose pas de l’arme atomique, Kochavi a précisé que « si (le guide suprême iranien Ali Khamenei ) donne l’ordre d’accélérer la fabrication d’une première bombe, nous estimons qu’il ne faudra qu’un an pour y parvenir ».

Kochavi a repris à son compte le credo du chef du Mossad, Tamir Pardo, qui, lors d’un récent déplacement aux Etats-Unis a confié à la Commission du renseignement du Congrès américain qu’Israël disposait d’un laps de temps très court pour pouvoir lancer une attaque efficace contre les sites nucléaires iraniens.

Faisant monter les enchères, Moshe Ya’alon a affirmé que l’Iran travaille sur un missile à longue portée capable de frapper les Etats-Unis. Ceci a été rendu manifeste, a-t-il affirmé, par une explosion sur une base de missiles iranienne à l’extérieur de Téhéran à la fin de l’année dernière, qui a coûté la vie au chef du programme iranien de missiles. Selon le New York Times, les officiels américains estiment que les affirmations de M. Ya’alon sont au mieux prématurées, et au pire très exagérées. La portée maximum des missiles iraniens est de 1900 kilomètres, et l’on pense qu’ils travaillent sur un missile de 3200 kilomètres de portée, mais même cela est loin d’être en mesure d’atteindre le continent américain.

De toute évidence, l’équipe Netanyahou-Barak a voulu utiliser la conférence annuelle d’Herzliya pour accélérer la poussée vers la guerre. La veille de l’événement, dans le pur style des spindoctors de Tony Blair à l’origine des mensonges sur des prétendus armes de destruction de masse en Irak, le gouvernement israélien a diffusé à des journalistes présélectionnés sa propre évaluation d’une telle guerre prétendant qu’Israël pouvait infliger sans trop de représailles des coups décisifs au régime de Téhéran et que l’Iran sera incapable de répliquer.

Suite à la rencontre d’Herzliya, le ministre de la Défense américain Leon Panetta, interrogé à Bruxelles où il assistait à une conférence de l’OTAN, a confié au journaliste David Ignatius du Washington Post qu’il estime qu’Israël pourrait lancer des attaques contre l’Iran entre avril et juin cette année. Le Washington Post écrit encore que le report de manoeuvres militaires communes entre Américains et Israéliens initialement programmées pour ce printemps peut être vu comme le signe d’une attaque israélienne en préparation.

Sans surprise, sur le site du Daily Beast, le géopoliticien d’Oxford Niall Ferguson écarte vigoureusement tous les arguments que l’on puisse opposer à des frappes contre l’Iran : « La guerre est un mal. Mais parfois une guerre préventive peut être un mal moindre qu’une politique d’apaisement. Les gens qui ignorent cela sont ceux qui vivent dans le déni de réalité en ce qui concerne ce que nous coûtera à nous tous un Iran disposant de l’arme nucléaire. J’ai le sentiment que nous vivons à la veille d’une sorte de destruction créatrice. »

22 janvier 2012

Pourquoi le silence sur ce qui se passe dans le Détroit d’Ormuz ?

par Raoul Marc Jennar | 22 janvier 2012

Jusqu’il y a peu consultant en relations internationales, je continue à recevoir des informations sur certains grands dossiers du monde. Hier, j’ai pris connaissance d’une note de synthèse sur la situation militaire dans le Détroit d’Ormuz. Après avoir procédé aux recoupements d’usage lorsqu’on reçoit une information aussi sensible, je peux confirmer que cette note décrit bien ce qui se passe réellement dans cette région hyper sensible du monde.

Mais d’abord il n’est pas inutile de rappeler pourquoi il y a lieu de s’intéresser au Détroit d’Ormuz .

Comme le pas de Calais en Europe, comme les Détroits de Malacca, de la Sonde et de Lombok en Asie du Sud-Est, le Détroit d’Ormuz, au Moyen-Orient, est un point de passage d’une importance stratégique de première importance puisqu’il voit transiter 30% du commerce mondial de pétrole. C’est l’accès au Golfe Persique. Il est bordé par trois pays : les Emirats Arabes Unis et le Sultanat d’Oman au sud, l’Iran au nord. C’est l’Iran, qui, en vertu de la convention des Nations Unies sur le droit de la mer, doit assurer avec le Sultanat d’Oman, le libre passage, même si, pour des raisons liées à la profondeur des eaux, l’essentiel du trafic maritime se fait le long des côtes omanaises du détroit.

En décembre 2011, l’Iran a menacé de fermer le détroit si de nouvelles sanctions contre son programme nucléaire frappaient ses exportations de pétrole.

Concentration exceptionnelle de moyens militaires nucléaires

Voici la note qui m’a été communiquée le 20/1.

« Il y a trois jours, un avion Dassault Mirage 2000D (ou 2000N selon les sources) français, équipés pour des missions de frappe nucléaire à grande distance de leur base, a percuté un Boeing F-15* de la Royal Saudi Air Force, dans le nord du royaume saoudien, lors d’un exercice aérien. Les trois pilotes (un saoudien et deux français) n’ont souffert que quelques égratignures légères.
 
« Il s’agit d’un exercice conjoint entre un Mirage appartenant aux armées françaises et un F-15 saoudien, peut-on lire dans une dépêche officielle, et les deux pilotes se sont éjectés sans encombre **».



Question : l’OTAN prépare t-il une intervention en Syrie ou en Iran ? Pourquoi avoir utiliser ce Mirage 2000, spécialement équipé pour des frappes nucléaires à grande distance ?
 


Rappelons que l’OTAN dispose dans le détroit d’Ormuz depuis trois semaines du USS Carl Vinson, du USS John C. Stennis et du USS Abraham Lincoln***, quatre ou cinq croiseurs et destroyers anti missile Aegis, plus un nombre important de sous marins, frégates et destroyers et navires de soutien. Plus les navires d’assaut USS Makin Island, capables de lancer des assauts sous marins, le USMC Harriers avec des hélicoptères d’attaque et d’assaut.

Plus encore, le USS New Orleans et le USS Pearl Harbor.*
***


En outre, la marine français a dépêché sur place le Charles De Gaulle, la marine britannique a renforcé sa flotte avec le porte avions HMS Daring.

En tout, environ le tiers des avions de frappe nucléaire du monde entier se trouve en ce moment basé près du Détroit d’Ormuz. »

* produit par Boeing depuis que McDonnel-Douglas qui l’a créé a été absorbé par Boeing ; l’aviation saoudienne possède 87 exemplaires du F-15 C, une version monoplace.

** le communiqué cité évoque le sort des deux pilotes français.

*** il s’agit de trois porte-avions, ce qui implique au moins deux groupes de combat aéronaval, sinon trois.

**** transporteurs d’engins amphibies.

Pourquoi une telle concentration d’armes occidentales de destruction massives ?

On le sait, le programme nucléaire iranien inquiète les Occidentaux et Israël directement menacé dans des déclarations incendiaires des dirigeants iraniens. L’armée israélienne, dont l’aviation a déjà détruit le réacteur nucléaire d’Osirak (en Irak) en juin 1981, a mis au point des plans de destruction des principaux sites nucléaires iraniens. Et nombreuses sont les indications qui confirment que la tentation est grande à l’Etat-Major des forces israéliennes comme dans le plus à droite des gouvernements israéliens de passer à l’acte, au nom de la survie de l’Etat d’Israël et du peuple juif.

Aux Etats-Unis, où on a assisté à une inversion complète de la politique annoncée dans le célèbre discours du Caire, l’Administration Obama se retrouve sur des positions pro-israéliennes identiques à celles de son prédécesseur. Début de ce mois a commencé le déploiement de 9.000 soldats américains en Israël sous prétexte d’un test de missiles. Parmi ces milliers de soldats, bien sûr des marine’s, mais aussi des aviateurs, des équipages intercepteurs de missiles, des marins, des agents de renseignement.

En septembre dernier, les USA avaient installé un système de radars en Israël. De nouveaux types d’armements ont été fournis à l’Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis, fidèles alliés et fournisseurs de pétrole.

En Europe, France et Grande-Bretagne s’alignent sur les USA comme relevé dans la note ci-dessus.

On apprend que des officiers américains ont rejoint tous les centres de commandement de l’armée israélienne et que des officiers israéliens viennent d’arriver à Stuttgart où se trouve le centre de commandement en Europe des forces américaines. Ce centre (EUCOM) se confond avec le SACEUR, le Commandement suprême des forces alliées en Europe, responsable du commandement général des opérations militaires de l’OTAN.

Un bruit de bottes que la presse conventionnelle n’entend pas

Il ne faut pas être un spécialiste des relations internationales ou des questions stratégiques pour se rendre compte qu’une attaque contre l’Iran, qu’elle soit le fait d’Israël seul ou d’une coalition incluant Israël, les Etats-Unis et l’Europe aurait d’immenses répercussions militaires, politiques et économiques dans la région, mais également dans le monde entier. Et pourtant, très peu de médias se saisissent du sujet. Très peu d’acteurs politiques soulèvent la question. Une des plus formidables concentrations d’armes de destruction massive s’opère à des fins soigneusement cachées et personne ne s’en inquiète. Alors que le déclenchement éventuel d’un nouveau conflit au Moyen-Orient concerne toutes les populations de la planète, vu les suites difficilement mesurables aujourd’hui qu’il pourrait entraîner.

Le régime qui impose sa dictature en Iran ne m’inspire aucune sympathie. Les théocraties islamiques, chrétiennes ou hébraïques me répugnent. Mais le recours à la guerre comme méthode de résolution des conflits est toujours un recul de la civilisation. Et un immense malheur pour les peuples. Il faut l’empêcher en réclamant un débat public dans les parlements nationaux, au Parlement européen, à l’ONU.

Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage (Jean Jaurès).

Raoul M. Jennar
 

 

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