13 février 2012

Sarko ment au CRIF pour justifier la guerre contre l'Iran

Par JahRaph | Black Mariane |11 février 2012


Sarkozy ment au CRIF pour justifier la guerre contre l'Iran

 
Du discours de Nicolas Sarkozy au CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) prononcé le mercredi 8 février, les médias et les commentateurs n'auront retenu que deux phrases absurdes, deux phrases choc : « Israël est un miracle », et « l'Europe a eu l'idée folle de la Shoah. La France et l'Allemagne ».

Toute personne qui s'intéresse à la Géopolitique et à l'Histoire sait qu'Israël n'est pas un miracle, mais un problème pour la paix et la stabilité régionale. Elle sait également que l'Europe dans son ensemble et la France en particulier n'ont pas eu l'idée de la Shoah. C'est absurde, c'est dit pour choquer. Une analyse rapide peut conduire à penser qu'il s'agit pour Sarkozy de draguer un certain électorat juif, et de faire culpabiliser au passage les français. En réalité, il s'agit de dévier l'attention de l'essentiel.

C'est la technique dite de l'enfumage.

Car dans ce discours, la phrase réellement importante, c'est un mensonge préparatoire à la guerre :

« Lorsque Ahmadinejad ou M. Khomeynei parlent de rayer Israël de la carte, Israël doit savoir qu'elle ne sera pas seul dans ce combat pour la sécurité, que la France ne permettra jamais que l'on remette en cause la sécurité d'Israël. »

Une étude même rapide de l'actualité internationale permet de se rendre compte que l'Iran est dans la ligne de mire d'Israël et de l'occident. Avec lucidité, on peut craindre que le conflit à venir se transforme en véritable 3ème guerre mondiale. Dans ce contexte, la petite phrase de Sarkozy résonne comme une justification préliminaire au positionnement guerrier et agressif de la France.

J'avais expliqué assez longuement, dans un article sur le sujet, que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad n'avait jamais dit qu'il souhaitait rayer Israël de la carte. A ma connaissance, et jusqu'à présent, ce mensonge n'a été répété que par des journalistes, jamais par un chef d'État. Le colportage par Nicolas Sarkozy de ce mensonge constitue donc une première.

Ce mensonge digne de la pire propagande a été orchestré et propagé par le lobby sioniste à partir de 2006 aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et en Israël : l'AIPAC, le JCPA, mais aussi l'Israel Project et le B'nai B'rith. Sur ce sujet, je vous recommande l'article « La campagne contre l'Iran : le lobby sioniste et l'opinion juive » de Yakov M. Rabkin professeur d'histoire à l'Université de Montréal, paru dans le n°70 de la Revue Internationale et Stratégique.

En réalité, le président iranien parle du régime sioniste qu'il souhaite voir disparaitre des pages du temps ; afin qu'il n'y ait pas de doute sur ses propos quand il parle d'Israël (le régime sioniste), il fait la comparaison avec l'URSS (le régime soviétique), qui a disparu, sans que ne disparaisse la Russie. Il faut vraiment être d'une mauvaise foi évidente pour traduire ses propos par "rayer Israël de la carte"...

Voici ce que dit l'historien du sionisme Boaz Efron à propos de la nature temporelle de toutes les organisations politiques :
« L'État d'Israël, et tous les États du monde, apparaissent et disparaissent. L'État d'Israël aussi, bien évidemment, disparaîtra dans cent, trois cents, cinq cents ans. Mais je suppose que le peuple juif existera aussi longtemps que la religion juive existera, peut-être pour des milliers d'années encore. L'existence de cet État ne représente aucune importance pour celle du peuple juif... Les juifs dans le monde peuvent très bien vivre sans lui. »

Pour contredire l'analyse de Nicolas Sarkozy sur la menace que l'Iran ferait planer sur Israël, je citerai à nouveau l'article de Yakov M. Rabkin :

« L'ancien chef du Mossad Efraïm Halévy et l'expert en affaires militaires à l'Université hébraïque de Jérusalem Martin van Creveld s'entendent pour dire que l'Iran ne représente pas véritablement une menace pour la sécurité d'Israël. »

Et vous, qu'en pensez-vous ? Partagez-vous les craintes de Nicolas Sarkozy, ou bien l'analyse d'Efraïm Halévy, Martin van Creveld et de Yakov M. Rabkin ?

 

blogger templates