3 février 2015

Dérive autoritaire Les signes qui doivent alerter

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  www.laquadrature.net

5 octobre 2014

Raymond, 89 ans, rescapé des camps, victime de violences policières



Raymond Gurême, 89 ans, rescapé des camps de la mort, victime de violences lors d’une intervention policière.
" Y'a une limite à tout " ...

" Y' a un policier qui est renté chez moi " ... " Alors il a pris la matraque " " il m'a tapé sur la tête sur les bras ... " il m'a jeté dehors et il re-continuais à me taper " " ils ont tout matraqué tout le monde " .... " ils ont tapé les enfants, les femmes, ... " " J'ai porté plainte à la police de la polices " ... j'ai 90 ans bientôt ..."
29 septembre 2014 Après une intervention policière, le mardi 23 septembre 2014 sur son terrain et des terrains voisins appartenant à sa famille, Raymond Gurême, âgé de 89 ans, présente des marques de coups et des traumatismes physiques et psychologiques importants.

Quatre membres de sa famille - deux de ses fils, un petit-fils et une petite-fille - qui se sont interposés ont également subi des violences, ont été placés en garde à vue et sont passés en comparution immédiate mercredi pour "outrage et rébellion" contre des policiers.


Si ce type de violences contre une personne âgée choque dans tous les cas, l'affaire prend un relief particulier étant donné le profil de la victime:

Raymond Gurême est l'un des derniers survivants de l'internement des tziganes et forains en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Raymond Gurême est l'un des derniers survivants d'une page occultée de l' histoire de la France.

L'homme, le vieil homme, est écrivain, et fut, dans un passé récent, décoré, et ce très officiellement par l'alors Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui, dans l'un de ces discours dont ce Ministre, immensément cultivé et très brillant homme de lettres et non-moins brillant cinéaste, a le secret, officialise, de la sorte, la reconnaissance du génocide Tzigane, perpétré, lors de la seconde guerre mondiale, par l'administration allemande et les nazis, quand le pouvoir allemand entreprit l'internement systématique de tous les Tziganes et leur destruction en masse dans les camps de la mort. 
 
 

23 avril 2014

Les nouveaux parias



Pourquoi les Roms attirent-ils toutes les haines, les suspicions, les comportements de rejet, d’exclusion, etc. ? Les Roms apparaissent comme les parias des parias alors que numériquement, ils ne représentent pas grand-chose. Pourquoi une telle focalisation politique et médiatique, en France et en Europe, autour de communautés que l’on a tôt fait d’amalgamer pour en faire un « problème rom » ? En quoi leur « traitement » en France est-il symptomatique de la politique à l’égard des étrangers, faite d’ostracisme et de déni des droits ? À moins que leur « particularité », du fait de leur citoyenneté (européenne), de leur mobilité (supposée, érigée en principe et alimentée par les expulsions), de leur résidence (autorisée... aux marges et forcément conditionnée), ne pose de manière abrupte la question de la légitimité des migrations...
 
 

1 mars 2014

Patricia, 8 ans, arrêtée et expulsée, son cartable sur le dos


Saint Fons, mardi 25 février, 7 heures du matin. Des dizaines de policiers investissent un bidonville de l’agglomération lyonnaise. Alors qu’une maman s’active dans sa petite cabane pour préparer ses enfants qui vont à l’école, un bruit sourd retentit et le porte s’ouvre. C’est la police qui vient arrêter toute la famille pour les expulser. Patricia avait 8 ans. Elle avait 5 frères et sœurs comme Léonarda. Elle allait à l’école tous les matins comme Léonarda. Elle était Rom comme Léonarda.
 

8 février 2014

Roms: des prêtres se dressent contre la politique de Valls (blog Mediapart)


 

Blog I am Spartacus | |  Par philippe alain

 Mardi 4 février 2014, 7 heures du matin, Villeurbanne. Une centaine de policiers investissent un immeuble occupé depuis juillet 2013 par environ 150 Roms. En moins de temps qu’il n'en faut pour l’écrire, tous sont jetés à la rue comme des chiens. Vieillards, femmes enceintes, nourrissons compris. Tous ? Non, pas exactement. Un petit groupe d’une cinquantaine de personnes se voit proposer quelques nuits d’hôtel par l’officier de police qui dirige l’opération. Les autres doivent déguerpir.

Cette expulsion, comme toutes les autres sur Lyon, se fait en violation de la circulaire du 26 août 2012 qui prévoit que les préfets doivent procéder à des diagnostics individuels avant de traiter les gens comme du bétail. S’il avait envoyé le moindre travailleur social faire son travail, le préfet Carenco se serait immédiatement rendu compte que ces Roms là étaient en France depuis plus de 10 ans, que certains travaillaient et payaient des charges sociales, que d'autres étaient inscrits à pôle emploi, que tous les enfants étaient scolarisés et qu'ils pouvaient prétendre à un autre traitement que celui qu'on réserve habituellement en France aux chiens et aux Roms.

Un groupe décide donc de se diriger vers l’église du quartier. Si plus personne ne veut d’eux alors peut-être que Dieu, lui, est encore décidé à les accueillir, doivent-ils penser. A l’église de la Nativité, une discussion s’engage avec le prêtre. Un jeune homme costaud aux grand yeux clairs qui doit bien avoir une idée de la volonté de Dieu puisqu’il lui parle tous les jours. Sans hésiter, il ouvre une salle paroissiale pour mettre ces familles qui viennent de tout perdre à l’abri.

La salle n’est pas très grande mais au moins, elle protège de la pluie. Les enfants ne dormiront pas dehors ce soir et ils pourront aussi reprendre le chemin de l’école demain. La plupart de ces familles qui sont en France depuis plus de 10 ans ont des enfants scolarisés qui parlent parfaitement le Français. On est loin des clichés véhiculés par Valls et ses porte-voix racistes affirmant que les Roms ont vocation à retourner en Roumanie. Certain d’entre eux travaillent, d’autres sont en recherche d’emploi. Quand on croise les enfants dans la rue avec leur cartable, rien ne permet de les distinguer des autres enfants.

Vendredi 7 février, 3 jours après leur arrivée, alors qu’ils se demandent bien comment tout cela va se terminer, un homme pas comme les autres vient leur rendre visite. C’est le Cardinal Barbarin qui vient « exprimer le soutien de l’église catholique». (1) Le Cardinal s’exprime avec des mots simples et directs. Il remercie Dieu de lui avoir permis de les rencontrer et leur promet qu’il reviendra les voir.

Pour des raisons d’organisation, les familles doivent déménager vendredi soir. Elles se rendront dans une autre église, celle du Curé de Gerland. Il y a 3 ans, ce prêtre avait accueilli une centaine de Roms dans son église. Malgré les injonction du préfet qui lui ordonnait de les jeter dehors, il les a gardé jusqu’à ce qu’une solution digne soit trouvée. Alors tenir tête à un état raciste qui traite les plus pauvres comme des chiens, ça ne lui fait pas peur. A l’époque, un juge avait ordonné à Hollande de tenir ses promesses. (2) Hollande, vous savez ? Celui qui affirmait de façon péremptoire que son comportement serait, à tout moment « exemplaire ». Celui qui écrivait qu’il ne procéderait plus à des expulsions sans proposition de relogement.

Si ces situations se répêtent à Lyon comme ailleurs, c’est simplement parce que les préfets violent la loi. Le Code de L’Action Sociale et des Familles prévoit dans son article 345-2-2 que : « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. »

Il n’est pas encore précisé que les Roms, ces parias de la terre, boucs-émissaires du gouvernement socialiste et têtes de turcs préférées de Manuel Valls ne sont pas concernés.

Grâce aux soutiens de prêtres courageux ces familles vont donc attaquer le préfet au tribunal pour faire valoir leurs droits.

Qu’on ne vienne pas raconter qu’ils ont vocation à retourner en Roumanie. Ils sont là depuis plus de 10 ans et mettent leurs enfants à l’école. Qu’on ne vienne pas raconter qu’ils sont les responsables de la délinquance et de la fraude fiscale tant qu’on y est. Aucun d’entre eux n’a été condamné pour quoi que ce soit par la justice Française.

Les Roms en ont marre d’être les otages perpétuels des ambitions politiques de petits hommes en mal de reconnaissance narcissique. Ils ne veulent qu'une seule chose: qu’on leur foute la paix.

(1) http://www.rue89lyon.fr/2014/02/07/a-villeurbanne-cinquantaine-roms-accueillis-par-eglise-catholique/
 (2) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/060413/roms-un-juge-condamne-le-prefet-tenir-la-promesse-de-hollande
 

17 octobre 2013

Valls doit démissionner (vidéo)



Manuel Valls fait honte à la République... par lepartidegauche

8 septembre 2013

Roms: Déconstruire les préjugés




Par le Collectif National des Droits de l'Homme ROMEUROPE

Ceux qu’on appelle « les Roms » : Luttons contre les idées reçues


Le Collectif National Droits de L’Homme Romeurope publie un livret pour déconstruire les principaux préjugés ancrés dans l’opinion publique sur les ressortissants européens vivant en condition de grande précarité en France et que l’on appelle « Roms ». Cet outil vise aussi à permettre au public de s’informer davantage sur les réalités vécues par ces personnes afin de changer le regard porté sur elles.

Ce livret s’inscrit dans un projet de sensibilisation du grand public mené par le Collectif et financé par le Conseil régional d’Ile-de-France dans le cadre du programme régional « Lutte contre les discriminations ».
 
télécharger le livret (format pdf) 


16 mai 2013

La France construit sa politique anti-roms sur des cadavres


Par Philippe Alain, blog I am Spartacus, 15 mai 2013


Depuis lundi 13 mai 2013, la politique de stigmatisation menée par le gouvernement français contre les roms ne se chiffre plus seulement en nombre de reconduites à la frontière ou en nombre de destruction de bidonvilles. Elle se chiffre désormais en nombre de cadavres. Beni, un garçon de 12 ans, ainsi que 2 femmes, Pamela et Patrina sont morts, brûlés vifs, dans l’incendie de l’immeuble dans lequel ils vivaient à Lyon depuis 8 mois.

Il y a quelques jours, en prévision d’une expulsion à venir, la mairie de Lyon, dirigée par le très socialiste Gérard Collomb coupe l’électricité, tenez-vous bien, pour des raisons de sécurité… Les squatteurs ont osé se brancher sur un distributeur de courant et monsieur Collomb craint probablement que des enfants s’électrocutent. Bien lui en a pris, personne n’est mort électrocuté. Il oublie juste que les Roms sont comme nous, ils ont besoin de lumière. (1) Faute de courant, ils s’éclairent donc à la bougie et trois d’entre eux en sont morts.

Quelques heures après l’incendie, alors que les pompiers travaillent toujours sur les lieux du sinistre et que de nombreux journalistes sont présents, les familles se regroupent sur la place voisine. C’est toute la communauté rom de Lyon qui vient présenter ses condoléances aux familles endeuillées. Un peu plus tard dans la matinée, des hommes en noir affublés d’oreillettes blanches descendent de grosses berlines. Les journalistes quittent la place et le bruit commence à courir que Manuel Valls arrive sur les lieux du drame. Dans la confusion la plus totale et en évitant soigneusement les familles, Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur, Christine Taubira, Ministre de la Justice, Gérard Collomb, maire de Lyon, Jean-François Carenco, Préfet de la région Rhône-Alpes vont se présenter devant le bâtiment qui fume encore.

Pas une de ces personnalités qui représentent les plus hautes institutions de la République et élevées dans le sérail des grandes écoles françaises où on n’enseigne visiblement pas la politesse la plus élémentaire, ne va venir présenter ses condoléances aux familles qui attendent à quelques mètres. Les roms sont-ils dangereux ? Manuel Valls aurait-il peur de femmes et d’enfants tétanisés par la douleur ? Un geste, une parole, un simple regard d’un ministre pour dire aux familles que la République Française s’incline devant leur douleur ? Non, rien, rien de rien. Roms vous êtes, roms vous resterez. Au contraire, Valls, oubliant la souffrance dans laquelle sont plongées les familles endeuillées va réaffirmer le leit-motiv de sa pré-campagne présidentielle qui est également devenu le fondement de la politique du gouvernement français contre la minorité rom: « Il faut poursuivre le travail de démantèlement et d’évacuation des campements », « comme l’a si bien commencé Nicolas Sarkozy » aurait-il pu ajouter. Aucune pudeur, aucune retenue. Alors qu’il a sous les yeux le résultat de plusieurs années d’expulsions à répétition, il répète inlassablement les même paroles et promet la même politique qui est responsable de la mort de 3 personnes. Valls tient absolument à continuer la chasse aux femmes, aux enfants, aux vieillards. Il tient absolument à les condamner à vivre dans des endroits de plus en plus dangereux quitte à ce qu’ils en meurent.

Madame Taubira, qu’on a connu plus inspirée se contente d’approuver les propos de son ministre de tutelle, comme si elle n’avait plus aucun rôle politique et humain à jouer après sa loi sur le mariage homosexuel.

Au moment de repartir, Valls se fait interpeller par un homme. Le ministre refuse de parler à un père et une mère qui sont submergés par la douleur d’avoir perdu un fils, mais il n’hésite pas à venir serrer la main d’un riverain qui demande l’expulsion des familles depuis des mois. Le voisin se plaint de vivre dans des « conditions épouvantables », abandonné de tous (rassurez-vous, il n’a jamais mis les pieds dans le squat, il parle seulement de la vue depuis son balcon). Valls vient le saluer et tenter de répondre à ses critiques. Alors que la discussion s’engage et que les journalistes commencent à enregistrer l’échange, monsieur Carenco, préfet de région, visiblement sur-excité repousse violemment plusieurs d’entre eux afin d’éviter une médiatisation des propos le mettant en cause.

Carenco. Préfet sous Sarkozy, préfet sous Hollande. Préfet pour toujours ? On garde les mêmes pour appliquer la même politique raciste de stigmatisation des étrangers. A Lyon, on gaze les enfants roms (2) on les parque dans des classes ghetto (3) et on met en garde-à-vue des bébés (4). En revanche on n’applique pas la circulaire inter-ministérielle censée apportée d’autres solutions que les expulsions. Carenco sera-t-il aussi préfet sous Le Pen ? « Le préfet de région a une grande part de responsabilité… Sur le terrain les expulsions se poursuivent malgré la circulaire du 26 août 2012 » accuse le sénateur Guy Fischer.

Dans l’après-midi, alors que journalistes et politiques sont partis, les proches des victimes attendent que les pompiers sortent les corps du bâtiment. L’ambiance sur la place est lourde. L’odeur âcre de la fumée fait mal à la gorge. Certains espèrent toujours et demandent désespérément s’il est possible qu’il y ait encore des survivants : « Il ne sont peut-être pas morts… ». Alors que la grande échelle s’approche d’une fenêtre afin de permettre à un pompier de prendre des photos, plusieurs dizaines de personnes s’approchent du bâtiment en criant le nom de l’enfant: « Béni, Béni » Face à ce mouvement de foule, un policier bien formé à l’école de Valls se fait menaçant et sort de son gilet une bouteille de gaz lacrymogène histoire de montrer aux femmes et aux enfants de quel bois il se chauffe. Pendant plusieurs heures, les familles sont totalement abandonnées à leur sort. Une femme perd connaissance plusieurs fois. La police municipale, à quelques mètres reste les bras croisés. Il n’y a aucun médecin, aucun psychologue, aucun soutien.

Mardi matin, alors que les corps calcinés de Beni, Pamela et Patrina viennent à peine d’être sortis des décombres fumants de l’immeuble, le préfet Carenco ordonne l’expulsion d’un nouveau squat. Une trentaine de personnes dont 15 enfants sont jetées à la rue, sans aucune proposition d’hébergement. Elle dormiront dans la rue, avec des enfants en bas âge, dans les conditions d’insécurité que l’on peut facilement imaginer, avant de retrouver un autre squat, probablement encore plus dangereux et insalubre. Valls nous expliquera à nouveau qu’il faut les expulser pour leur plus grand bien. Voilà une preuve de plus du discours mensonger du ministre qui, quelques heures auparavant, soulignait qu’il fallait poursuivre les expulsions tout en proposant des « solutions dignes ». Pour Valls, la rue est plus digne que le cimetière. Je n’en suis pas sur.

L’extrême droite à de beaux jours devant elle. Après Sarkozy, elle peut compter sur Hollande, Valls et les socialistes pour tenir le même discours de haine contre les étrangers et appliquer la même politique discriminatoire et hors la loi contre les roms. La France profonde applaudit, l’Union Européenne, pas son silence est complice. Marine Le Pen se frotte les mains. Manuel Valls, lui, ne pense qu’aux présidentielles. Le fait que son chemin soit désormais parsemé de cadavres ne le perturbe pas un seul instant. « Il faut continuer le travail » ose-t-il dire.

Mardi soir, la préfecture du Rhône fait savoir que les expulsions vont s’accélérer dans les jours à venir. La chasse aux Roms est ouverte. La campagne des municipales également.

Valls prétend que les roms n’ont pas vocation à s’intégrer en France. En les obligeant à vivre comme des chiens errants à la rue ou à brûler vifs dans des squats ils est certain d’avoir raison.

(1) http://www.mediapart.fr/journal/france/130513/les-roms-sont-comme-nous-ils-ont-besoin-de-lumiere
(2) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/120113/la-police-gaze-des-enfants-et-saccage-un-camp-de-roms
(3) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/260113/une-classe-reservee-aux-enfants-roms-dans-un-poste-de-police
(4) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/050113/un-bebe-en-garde-vue-accuse-d-avoir-mendie

22 mars 2013

Le vrai visage de la « chasse aux Roms »



En bordure de Paris, un camp de Roms est menacé d’expulsion sans relogement, tandis que les élus UMP se mobilisent pour empêcher la construction d’une aire d’accueil, 700 mètres plus loin. Reportage.

suite sur Politis.fr ...

31 janvier 2013

"Moi président.." la tirade d’Hollandréou retranscrite


Les Dessous de Bruxelles | 24 janvier 2013


« Moi président de la République » : la tirade d’Hollandréou

C’était en mai 2012. Le candidat à la présidence de la République F. Hollandréou se lançait, lors d’un débat télévisé, dans une longue tirade en forme d’anaphore qui restera gravée dans les mémoires. S’ensuivit une brutale chute de popularité qui couta la victoire au candidat socialiste - une victoire jusqu’alors pourtant quasiment acquise. Nous avons retranscrit ici la tirade du candidat malheureux :

Moi Président de la République, je signerai des deux mains le traité budgétaire européen, qui justifiera a posteriori le renoncement à toute politique de « changement ».

Moi Président de la République, je couperai dans les dépenses et services publics au nom de la rigueur budgétaire et j’exonérerai encore davantage les grandes entreprises de cotisations sociales au nom de la compétitivité.

Moi Président de la République, je taxerai les riches de manière symbolique - pour ne pas les « étrangler » - et j’augmenterai en contrepartie la TVA, parce que les pauvres sont certes pauvres, mais ils sont plus nombreux.

Moi Président de la République, je soutiendrai les propositions du MEDEF, au nom de la « compétitivité », pour faciliter les licenciements, et faire prévaloir les accords particuliers sur le droit du travail.

Moi Président de la République, je prendrai garde à ce que les groupes qui licencient en France puissent le faire en l’absence de toutes entraves, si ce n’est la signature d’accords qu’ils seront libres de ne pas tenir.

Moi Président de la République, je demanderai à mon ami Didier Migaud de la Cour des comptes, d’agiter le chiffon rouge des déficits de l’assurance chômage et des caisses de retraites pour préparer le terrain à la remise en cause de la protection sociale et la financiarisation des retraites.

Moi Président de la République, je persisterai et signerai dans la mise en œuvre des projets écologiquement, socialement et économiquement contestés de Notre-dame-des-Landes et de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin, au plus grand bénéfice du secteur privé.

Moi Président de la République, je préparerai de nouvelles loi de décentralisation et une réforme de la fiscalité locale pour défiscaliser encore davantage les entreprises au nom de la compétitivité territoriale, au risque d’asphyxier financièrement collectivités locales et services publics.

Moi Président de la République, je porterai le nombre d’expulsion de Roms à des niveaux records et n’organiserai pas de régularisation massive de sans-papiers, je ne contribuerai pas à l’égalité des droits en proposant le vote des étrangers aux élections locales.

Moi Président de la République, je placerai un proche à la tête du CSA, débaucherai des syndicalistes peu scrupuleux, et maintiendrai en poste un Ministre poursuivi pour fraude fiscale, malgré un conflit d’intérêt évident.

Moi Président de la République, je ne ferai rien pour empêcher l’évasion fiscale, quand bien même celle-ci représenterait de l’ordre de 80 millliards d’euros de recettes en moins dans le budget de l’Etat.

Moi Président de la République, je prendrai soin de ne jamais bousculer les intérêts des banques, de ne pas séparer strictement leurs activités de dépôt et de spéculation, de ne pas encadrer les stocks options, les bonus des traders, les activités des banques dans les paradis fiscaux, ni les pratiques spéculatives les plus dommageables à l’économie.

En résumé, moi Président de la République, je m’appliquerai à rassurer les marchés financiers en appliquant les mêmes recettes que la Troïka impose dans les pays d’Europe du sud, et conduirai à ce titre une politique économique et sociale de droite, dans la droite ligne de celle de mon prédécesseur.
 
Retranscrit par les Dessous de Bruxelles

28 janvier 2013

Une classe réservée aux enfants Roms... dans un poste de police



Blog de Philippe Alain | 26 janvier 2013


Ils sont une vingtaine, ils ont entre 6 et 12 ans et se rendent au poste de police. C’est un policier en uniforme qui leur ouvre la porte. Il s'agit d'une convocation ? Non. Ils vont en classe. Ce sont tous des enfants Roms.

La ville de Saint-Fons s'est fait connaître pour le traitement policier qu’on inflige aux Roms qui jettent des cailloux: saccage des baraques, casse des voitures et gaz lacrymogène (1). Aujourd’hui, c’est au tour de la municipalité de se distinguer particulièrement pour le traitement qu’elle réserve aux enfants Roms.

Après avoir refusé catégoriquement de scolariser les enfants du bidonville sous prétexte de classes saturées, la sénatrice-maire socialiste, a trouvé une idée extraordinaire pour appliquer la politique d’exclusion prônée par Hollande et Valls: la classe réservée exclusivement aux Roms dans le bâtiment de la police municipale.

On peut difficilement imaginer mieux en termes de ségrégation et de discrimination. En tout cas en France. On a connu pire, c’est vrai, mais c’était en Afrique du Sud du temps de l’apartheid.

Les enfants sont privés de cantine scolaire, probablement pour leur faire comprendre, au cas où ils ne l’auraient pas déjà compris qu’ils ne sont pas vraiment des enfants comme les autres. La mairie leur accorde déjà l’immense faveur de les regrouper dans une salle avec une maîtresse, vous ne croyez pas qu’elle va les nourrir en plus ? Vous prenez les mairies socialistes pour quoi ? C’est pas écrit « Ecole » sur le fronton du bâtiment, c’est écrit « Police ». Non mais !

En fin de matinée, ils retournent donc dans leurs baraques et reviennent l’après-midi, souvent le ventre vide. Parfois ils sont encadrés par des bénévoles ou des parents. Parfois, ils sont lâchés dans la nature sans personne pour les encadrer. Chaque jour, les enfants doivent ainsi marcher environ 5 kilomètres dans une zone industrielle fréquentée par de nombreux camions pour se rendre au commissariat, pardon, à l’école de la République.

Quand ils arrivent à l’école, c’est un policier qui leur ouvre le bâtiment et qui le referme. Si un enfant arrive en retard, il trouvera porte close, il peut rentrer chez lui. La salle de classe se situe au deuxième étage du bâtiment où il n’y a ni eau, ni toilettes. La vingtaine d’enfants est encadrée par une seule maîtresse. Le plus jeune à 6 ans, le plus âgé 12 ans. Les niveaux scolaires sont donc très différents. Certains sont scolarisés depuis longtemps et parlent bien le français, d’autres viennent d’arriver et ne parlent pas un mot de français. On se demande bien ce que peut faire l’enseignante à part s’arracher les cheveux.

Cette classe a été ouverte avec l’accord du Préfet et de l’Education Nationale. En octobre 2012, le gouvernement a pourtant sorti 3 circulaires pour favoriser la scolarisation des enfants Roms, mais dans le Rhône, les circulaires ministérielles, le préfet s’assoit dessus. Comme celle du 26 août 2012, pourtant signée par 7 ministres. A Lyon et dans sa banlieue, pas un seul terrain n’a fait l’objet d’un diagnostic.

Il est très inquiétant de constater la stratégie du pouvoir actuel dans le traitement de la minorité Rom en France. Le cas de Saint-Fons n’est pas isolé. Il y a quelques jours, on apprenait que le maire, socialiste lui aussi, de Ris-Orangis parquait les élèves Roms … Dans un gymnase. (2)

L’école est pourtant un des plus puissants facteurs d’intégration qui puisse exister. Cette belle école à la française que le monde entier nous envie. Républicaine, oui, obligatoire, oui, pour les enfants Roms, non.

A Saint-Fons comme dans beaucoup d’autres villes, les socialistes ont aujourd’hui tous les pouvoirs. De la Présidence de la République aux mairies en passant par l’Assemblée Nationale et le Sénat. Il est clair, aujourd’hui, que chacun de ces échelons s’applique consciencieusement à appliquer la politique du gouvernement qui a été parfaitement définie par Manuel Valls :

« Les Roms ont vocation à rester en Roumanie ou a retourner en Roumanie ». (3)

Vous ne comprenez pas le français ? Et bien, vos enfants n’iront pas dans nos écoles pour l’apprendre. On ne veut pas de vous en France, un point c’est tout. DE-GA-GEZ.



(1) http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/120113/la-police-gaze-des-enfants-et-saccage-un-camp-de-roms

(2) http://www.liberation.fr/societe/2013/01/25/un-maire-ps-relegue-les-eleves-roms-dans-un-gymnase_876499

(3) Canal Plus, 20 janvier 2013, émission Dimanche + de Anne-Sophie Lapix

adresse de cet article:   http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/260113/une-classe-reservee-aux-enfants-roms-dans-un-poste-de-police


18 septembre 2012

Roms : la commune humanité bafouée


La bande passante | Appel et Pétition en faveur des roms

Le nouveau gouvernement a choisi la continuité avec l’ancien : la politique d’expulsion des camps de « Roms » étrangers continue de plus belle. Aux mêmes motifs. Avec à peu près les mêmes mots, les mêmes images. Avec les mêmes présupposés et les mêmes conséquences. À commencer par l’ethnicisation de familles issues de lieux et d’histoires multiples, qui ne se reconnaissent pas nécessairement de destin commun, sauf celui auquel on les assigne : le cercle vicieux de la misère et de l’exclusion.

Cela, nous ne voulons, nous ne pouvons pas l’accepter. Il y a deux ans, il importait déjà de se dresser en opposition à la politique de stigmatisation et de persécution menée sous la houlette de Nicolas Sarkozy, dans l’esprit du discours de Grenoble, contre les Roms et les gens du voyage. C’est avec la même détermination que nous nous élevons aujourd’hui contre la politique menée aux dépens des Roms sous la responsabilité du président de la République et de son premier ministre par leur ministre de l’Intérieur.

(lire la suite...)

18 mai 2008

De véritables pogromes anti-Roms ont enflammé la région de Naples

Traduction depuis le quotidien italien "Il Corriere della Sera" du 15 mai 2008
http://www.corriere.it/

De véritables pogromes anti-Roms ont enflammé Ponticelli, à l'est de Naples où des campements de tziganes ont été incendiés ces derniers jours, dans le quartier, surnommé le "Bronx de Naples".Un article de Marco Imarisio pour le Corriere della Sera témoigne de ce déferlement de haine et de violence,

NAPLES - Au début il y a seulement une colonne de fumée, un signal que personne ne lie à l'essaim de cyclomoteurs qui traversent le croisement de rue Argine, deux garçons en selle sur chaque scooter. L'explosion arrive quelque instant après : ce sont les bouteilles de gaz entreposées dans une baraque prise par le feu.. Les flammes arrivent jusqu'à à la limite des lampadaires, la fumée devient un nuage noir et toxique, gonflée d'ordures et de plastiques calcinés Les baraques des Rom de la rue Malibrand forment un bûcher énorme.

Ponticelli, 13h30, le règlement de comptes avec les "tziganes" est définitif et sans pitié. La circulation qui devient folle, le son des sirènes, les camions des pompiers, des papiers noircis qui voltigent dans l'air, les agents de garde au camp qui se regardent, perplexes. Ils restaient devant, ceux à cyclomoteur sont arrivés par derrière. Ils ouvrent les bras, ensuite, ce n’est pas si grave, beaucoup des rom étaient partis dans la nuit. "Cela aurait été mieux mieux" s'ils avaient été là”, regrette un homme en polo noir Adidas. "Ceux-là on devrait tous les tuer." Il parle depuis l'habitacle de sa Fiat Punto, où est accroché bien en évidence un crucifix où  est écrit , "Sainte Maria delle Arco protégez -moi."

Le premier acte du spectacle, parce qu'il y en aura d’autres, s’est déroulé devant la Villa communale, l’unique oasis de verdure, avec piste cyclable annexe, de ce quartier à la périphérie orientale de Naples, où l'horizon est délimité par de vieux Hlm, filles de la spéculation immobilière voulues par Achille Lauro. Un homme grisonnant avec un blouson de jeans sur les épaules est le plus enthousiaste. “Qui travaille honnêtement peut rester, mais pour les autres il faut prendre des mesures, même avec le feu." Le feu purifie, il bonifie le terrain”."de ces merdes qui ne se lavent jamais", ajoute un garçon avec des lunettes de soleil, cheveux gominé, tee shirt à la mode avec un coeur dessiné dessus, celui produit par Vieri et Maldini. Il y n'a pas de démocratie et l'État ne nous protège pas. Il ajoute, “la purification ethnique est nécessaire" mais comprend-il vraiment le sens de cette phrase ?

Quand ils sont devant les télévisions, la réalité devient plus présentable, on embellit. La grosse femme avec le sac à provisions qui l’instant d’avant applaudissait et invectivait les pompiers -"laisse les brûler, autrement ils reviennent ”- “Sainte Vierge quel désastre, pauvres diables, heureusement qu'ils ne reste personne là-dedans”. Le garçon aux lunettes de soleil devient soudainement plus calme: "c’est juste de les chasser, mais pas de cette manière." La caméra de télévision s'éteint, il éclate de rire.

Sous à un arbre, de l'autre côté de la rue, il y à un groupe de garçons qui observe la scène. Ils regardent tout et tous le monde, personne ne les regarde. Ils semblent invisibles. Leur scooter est garé sur le trottoir. Le chef est un garçon avec un tee shirt moulant noir, les cheveux coupés courts sur le côté. Tous les présents savent qui il est, ils en connaissent avec précision sa parenté. C'est un des petits-enfants du cousin du "maire" de Ponticelli, ce Ciro Sarno qui même depuis la prison continue à être le signore du quartier, chef d'un clan de camorra qu'il a fait de l'enracinement dans le quartier sa force. Quand il voit que la confusion est à son maximum, il fait un signe aux autres. Ils s’activent et, ils démarent leurs cyclomoteurs. Dix minutes après, du camp adjacent, celui en face des immeubles de douze étages appelés les Cinq tours s'élèvent un autre nuage de fumée dense et épais. Le camp est délimité par un tas d'ordures et de bâches. Ce sont les premiers à brûler, la fumée enveloppe les Hlm. La claque se déplace, à moins de 200 mètres il y a un nouvel incendie à applaudir. Les garçons en cyclomoteur disparaissent.

La radio de Police secours informe qu'il y a aussi des flammes dans les deux camps de rue Virginia Woolf, à la frontière avec la commune de Cercola. Sur le sol détrempé il y a une paire de bombes incendiaires rudimentaires. Les roms se sont échappés à la hâte. Dans les baraques il y a encore des marmites sur les fourneaux, les cartables des enfants. À l'entrée d'une de ces habitations en tôle et contre-plaqué, tenu ensemble par une gomme spongieuse il y a un tableau encadré qui contient la photo agrandie d'un enfant souriant, habillé en Polichinelle. Florin, carnaval de 2008, la fête de l’école élémentaire de Ponticelli. A 14h50 il commence à pleuvoir à torrents, une pluie battant qui éteint tout. "Il valait mieux finir le travail", dit un homme âgé pendant qu'il se réfugie sous un auvent de la Villa communale. Une demi-heure plus tard, dans le quartier De Gasperi on voit beaucoup de ces visages jeunes qui montaient et descendaient des cyclomoteurs. C'est le fortin des Sarno, des maisons agglomérés ceint par un vieux mur, avec une seule rue pour entrer et une pour sortir, avec des guetteurs qui feignent de lire le journal sur un banc et par contre qui sont payées pour signaler qui va et surtout qui vient. Mais cette chasse à l'homme ne s'explique pas seulement par la camorra. Cela serait rassurant, mais il n'est pas ainsi. En dessous de l’échangeur de l’autoroute Naples-Salerne, il y a encore les trois derniers camps Rom habités. Des plaques de ciment de l'autoroute tombent des flots d'eau marron sur les baraques. Vous êtes entourées par une série de panneaux en bois. Un groupe de femmes et de garçons qui habite dans les maisons les plus délabrées, celles de la rue Madonnelle traverse la place et se mettent devant " venez dehors pour que nous vous tuons", “nous avons préparés les bâtons." La police se démène, un inspecteur tâche de raisonner ces femmes en furie. “Est-ce que vous n’êtes pas des braves gens, c’est ce qu’il leur dit,“Vous allez à l’ église le dimanche, et maintenant vous voulez jeter de pauvres enfants à la rue?” Ouiiii répond le coeur.

De derrière les panneaux apparaît une fille, la tête couverte d’un foulard trempé de pluie, elle tremble, de froid et de peur. Comme pour se protéger, elle tient sur son sein une fillette de quelques mois. Elle salue une des femmes les plus exaltée, une dame bien en chair. Elle la connaît. "Cette nuit nous partons. S'il vous plaît, ne nous faites pas de mal." La dame écoute en silence. Puis elle fait un pas vers la rom, et elle crache. Elle rate la cible, elle atteint en pleine figure la fillette. L'inspecteur qui restait sur la trajectoire du crachat incendie du regard la femme. Tous les autres applaudissent. "Bien, très bien."


Texte reçu par "mail list".
 

 

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