30 juillet 2011

Les indignés arrivent à Cahors

La marche française des indignés partie de Toulouse le 24 juillet, ralliera Bruxelles le 17 septembre en convergence avec d'autres marches internationales.
 
A l'arrivée de chaque étape se tient une Assemblée. Le débat s'instaure avec la population. Le soutien aux marcheurs s'organise. Le mouvement s'amplifie... 
 
Pour Cahors : ce soir
RDV Place François Mitterrand. Assemblée à 19h.
 
Ce dimanche soir 31 juillet, les marcheurs arriveront à Labastide-Murat, place de la Mairie. Assemblée à 19h. 
La présence du plus grand nombre sera un signe encourageant pour cet événement qui annonce une rentrée sociale intense. 
 
Venez, et faites venir votre réseau pour que le débat public prenne l'ampleur qu'il mérite. Merci également pour le soutien que vous pourrez proposer aux marcheurs : repas, hébergement....... 
 
Retrouvez les infos sur cette marche : http://roadtobrussels.blogspot.com

29 juillet 2011

Israël s'en prend maintenant au "Freedom Theatre"

Appels de l'UJFP : Les « Amis du Théâtre de la Liberté » dénoncent vigoureusement l’attaque très grave du Freedom Theatre. 

 
LE FREEDOM THEATRE DE JENINE VIVRA
LIBERATION IMMEDIATE DE ADNAN NAGHNAGHIVE ET BILAL SAADI

Les « Amis du Théâtre de la Liberté » dénoncent vigoureusement l’attaque très grave du Freedom Theatre.
Le matin du 27 juillet à 3.30 une force spéciale de l’armée israélienne a attaqué le Freedom Theatre à Jenine. Le régisseur général des lieux, Adnan Naghnaghiye, a été arrêté et emmené vers une destination inconnue, ainsi que Bilal Saadi, un des membres du Conseil d’administration. Aujourd’hui, le 28 juillet, nous ignorons où ils sont détenus, nous n’avons plus des nouvelles d’eux.

Le directeur par intérim du théâtre, le Britannique Jacob Gough, et le co-fondateur du FT, le Suédois Jonatan Stanczak, ont été menacés à leur arrivée sur les lieux en expliquant aux cinquante soldats cagoulés, qu’ils attaquent un lieu culturel et qu’ils ont arrêté les animateurs du Théâtre.
 
Il y a dix jours encore, une troupe de huit jeunes acteurs du Freedom Theatre achevait une tournée en France, lors de laquelle elle a joué « Sho Kman – Et quoi encore ? », une pièce qui met en scène de façon tragique et artistique les dangers et la violence auxquels sont confrontés les jeunes. Le public, ému et impressionné, a pu apprécier le travail de qualité de la troupe. Le public et la troupe ont retrouvé l’espoir d’un avenir pour le Freedom Theatre.
Nabeel Al Raee, le metteur en scène, témoignait alors : "Les rencontres de Grenoble ont été très importantes notamment grâce aux échanges avec les autres compagnies. Celles-ci ont exprimé leur volonté de participer à des échanges culturels avec le Freedom Theatre en animant des ateliers à Jénine. Le CREARC (Centre de Création de Recherche et des Cultures) de Grenoble nous a invité à nouveau pour les prochaines rencontres internationales. Notre spectacle a été très applaudi, nous avons même vu des larmes chez certains de nos spectateurs."
 
Rappelons les principaux objectifs du Freedom Theatre qui dérangent le gouvernement israélien et qu’il tente de détruire par cette intervention armée.
Il offre :
• aux enfants et aux jeunes du Camp de réfugiés de Jénine et des environs, l'aptitude à se connaître soi-même et à avoir confiance en soi, ce qui les dote du pouvoir de défier la réalité actuelle en prenant en mains leur propre avenir.
• un espace où des enfants, adolescents, jeunes adultes et adultes de la région de Jénine peuvent jouer comme acteur et créer du théâtre, s'exprimer librement et imaginer de nouvelles réalités en défiant les barrières sociales et culturelles qui leur entourent.
• la possibilité de sortir de l'isolement culturel qui sépare Jénine d’autres régions de la Palestine et du monde.
• un moyen de résistance non violente à l’occupation, permettant aux jeunes d’exister en tant qu’individus, en tant que peuple et en tant qu’entité culturelle.
 
Cette attaque est une honte et un crime de la part de l’ÉTAT ISRAÉLIEN qui brise tout espoir de liberté, à travers le théâtre, des jeunes palestiniens de Jénine.
 
Le Freedom Theatre doit continuer à être un lieu de résistance culturelle contre l’occupation israélienne.
L’armée israélienne doit cesser de semer la terreur et « dégager » du Freedom Théâtre, de Jénine et de toute la Cisjordanie.
 
« Il n’y a pas de liberté sans savoir.
Il n’y a pas de Paix sans liberté.
La paix et la liberté sont inséparables »
Arna Mer Khamis
 
Les Amis du Théâtre de la Liberté de Jénine
Le 28 juillet 2011
 
 

Les indignés marchent en Quercy


Bonjour,
    Des"indignés" en marche depuis Toulouse vers Bruxelles feront halte ce vendredi soir à Lascabanes. 

          Je vous propose de venir les rencontrer, partager le repas et participer à une assemblée. 

          Rendez-vous à Durand à partir de 19h (emportez un plat à partager et vos couverts)

          Au plaisir de vous retrouver. 

          Sophie 

              Itinéraire en Quercy

              28 juillet 2011

              Pourquoi je porte plainte contre la fachosphère




              Pierre Henry, le directeur général de l'association France terre d'asile, vient de déposer plainte contre X. En cause : des menaces de mort postées sur le site Fdesouche.com, ainsi que des commentaires qu'il juge diffamatoires et insultants.

              Cette fois c’en était trop.

              J’ai longtemps supporté d’être maltraité par les sites d’extrême-droite, insulté à cause de l’action articulée autour de valeurs humanistes et universelles que l’organisation que je dirige, France terre d’asile, mène en faveur des migrants. L’immigration est un thème qui déclenche les passions - surtout quand il est délibérément et faussement associé à l’islam et à l’insécurité - et je savais que tenter le dialogue ou la pédagogie avec des individus fermement chevillés à leur xénophobie serait improductif.

              Alors je laissais passer. Jusqu’à ce que l’audace des extrémistes du net atteigne des sommets d’infamie avec des attaques visant Stéphane Hessel - parrain de l’un de nos centres pour demandeurs mineurs étrangers isolés - et certains de mes collaborateurs aux noms à consonance maghrébine.

              Jusqu’à ce qu’une déferlante de haine et de violence suive l’une de mes interviews : me voilà, entre autres gracieusetés, "méritant "une balle" ou encore la pendaison "au bout d’une corde de piano accroché à un réverbère". Cette fois la coupe était pleine, suffisamment pour avoir envie de dire stop à la haine.
              J’ai donc porté plainte. Contre X. Contre la "fachosphère" et son représentant le plus actif, le site François de souche.
              Ce site est un modèle dans le genre radical avec figurants "courageux" sous plumes anonymes qui écrivent sans tabous et se relayent la haine en cherchant l’escalade. Ces X, hors la loi républicaine, hors la démocratie, répandent en toute impunité sur la toile leurs propos haineux qui finissent par se banaliser. Et ce, dans un contexte politique qui l’autorise.

              Ces conversations du net ressemblent à celles qui sévissaient dans les "café du commerce" des années soixante-dix, quand une partie de la France s’affichait raciste avec ses "ratonnades" et ses "Dupont Lajoie" capables de "torturer un arabe pour se distraire", de le passer par la fenêtre d’un train, de l’incendier dans son logement, de mener des expéditions punitives en meute contre les immigrés.

              Nous aimons à penser que cette époque est révolue. Gardons-nous de tout idéalisme. Les défilés racistes, antisémites, se tiennent aujourd’hui sur les forums, bras tendus droits vers la haine et celui qui le tend n’a ni nom ni visage jusqu’au moment ou de virtuel, le crime devient bien réel.
              Déposée, la plainte doit maintenant être instruite pour que l’on sache vraiment au nom du bien public qui se cache derrière le site François de souche.

              L’intérêt général le commande pour tenter de stopper la déferlante xénophobe et raciste qui s’abat sur l’Europe. L’alternative commence d’abord par la maîtrise des mots et des représentations.
              Pierre Henry

              Le Plus, le 26/07/2011


              27 juillet 2011

              Les pyromanes saluent le plan anti-incendie de la zone euro

              Attac France

              Réuni le 21 juillet à Bruxelles, le sommet de la zone euro a élaboré un nouveau et nième “plan de sauvetage” de la Grèce. Outre le déblocage à court terme de nouveaux prêts pour la Grèce, ce plan comporte une nouveauté principale: le Fonds européen de stabilité financière pourra être autorisé à acheter les obligations grecques, irlandaises et portugaises sur le marché secondaire. En clair, les États et donc les contribuables européens vont pouvoir débarrasser les banques et les fonds d'investissement de ces titres, considérés comme « pourris » puisque les pays débiteurs sont en voie de faire défaut sur leur dette.

              La Banque centrale européenne, jusqu'à présent seule à pouvoir décharger les banques de ces créances douteuses, exigeait que l'Union européenne prenne le relais: elle a eu satisfaction. C'est donc une nouvelle étape de la socialisation des pertes, que les banques européennes auraient théoriquement dû prendre en charge pour avoir prêté de façon inconsidérée à des pays surendettés. Une socialisation par anticipation, à la différence de celle de 2008-2009 : brillante manière de tirer les leçons de la crise financière, puisqu'aujourd'hui les États déchargent les banques de leurs pertes avant même qu'elles ne soient réalisées !

              Certes, l'accord européen prévoit une « participation volontaire » des banques privées sous la forme d'un renouvellement des prêts, d'un rééchelonnement (allongement de la durée du prêt) ou d'un rachat. Mais les spéculateurs ne s'y sont pas trompés : ce défaut sélectif et volontaire ne coûtera pas cher aux banques, dont les actions ont spectaculairement grimpé jeudi à Paris, Londres, Milan, Francfort... Les pyromanes saluent ainsi le plan anti-incendie de la zone euro.

              Enfin l'accord organise un certain allègement du fardeau de la dette des pays attaqués par les marchés, avec un allongement des durées de prêt (à 15 ans minimum) et une diminution d'un point (de 4,5% à 3,5%) du taux d'intérêt consenti par le Fonds de stabilité financière à l'Irlande, au Portugal et à la Grèce. Il s'agit d'un « défaut sélectif » qui ne coûtera qu'aux contribuables européens. Les dirigeants européens prennent ainsi acte de l'échec de la ligne dure qui consistait à punir les pays en difficulté par des conditions de crédit draconiennes. La Grèce en particulier s'enfonçait manifestement dans une crise sans issue, et il fallait adoucir un peu ce traitement de choc.

              Cependant les chefs d'État et de gouvernement européens réitèrent leur engagement à une austérité sans faille: ils appellent à l'adoption rapide par le Parlement européen du « Pacte pour l'euro - plus »et exigent explicitement « le retour des déficits publics au dessous de 3% du PIB dès 2013 ». Ceci implique un tour de vis draconien sur les finances publiques partout en Europe et notamment en France, où le déficit dépasse encore les 6%.

              Le sommet de la zone euro a donc confirmé le choix politique des dirigeants européens: faire payer aux contribuables et aux peuples européens le coût de la crise via le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et les plans d'hyper-austérité. Nous exigeons au contraire que soit mis un terme au diktat des banques et des marchés financiers. Une véritable solution à la crise de l'euro passe par l'arrêt des plans d'austérité et l'annulation partielle des dettes, des réformes fiscales revenant sur les cadeaux faits depuis vingt ans aux entreprises et aux riches, la possibilité donnée à la Banque centrale européenne de prêter directement aux États-membres, la régulation stricte et la mise à contribution des marchés financiers.

              Attac France propose à toutes les forces sociales de s’inspirer des initiatives des « indignés » pour mettre la démocratie à l'ordre du jour. Nous voulons décider tous ensemble de Europe de nos vies. Attac propose ainsi la mise en place d'un Comité pour l'audit citoyen de la dette publique pour mettre en débat l'origine de la dette publique, travailler à des alternatives aux plans d'austérité, évaluer qui doit payer pour cette dette et à quelle hauteur celle-ci est réellement légitime. Nous refusons la socialisation des pertes des banques et des fonds d'investissement : c'est à leurs actionnaires de supporter tout le coût des nécessaires restructurations et dénonciations des dettes publiques en Europe.

              Attac France,
              Paris, le 22 juillet 2011

              LES INDIGNES à LAUZERTE

              JEUDI 28 JUILLET - 20 HEURES
              PLACE DES CORNIERES
              A LAUZERTE (82)
              PIQUE-NIQUE/DEBAT




              Les Indignés français, à l' instar de leurs homologues espagnols, sillonnent le pays pour aller à la rencontre de leurs concitoyens. Leur but est d' initier des débats-échanges sur l' état actuel de nos "démocraties".
               
              L' un de ces groupes est en train de traverser le Tarn & Garonne. Le Jeudi 28 JUILLET 2011, ils partiront de Moissac le matin en direction de Lauzerte par le GR 65. 
              Si vous voulez participer à la "Marche des Indignés" sur cette étape, voir les liens www.facebook.com/home.php?sk=que...4895216590 
              ou
              http://www.editgrid.com/user/fabus/itinérairetoulousebruxelles.
              Ils vous donnent RDV pour un piquenique-débat le soir place des Cornières.

              Chacun apporte son repas.



              photo: Attac l'Alter-village en soutien aux indignés de Bayonne

              26 juillet 2011

              On a retrouvé le corium de Fukushima

              par Olivier Cabanel |




              On le sait, depuis le premier jour de la catastrophe de Fukushima, les trois cœurs des réacteurs ont fondu, formant le corium, agglomérat de combustible nucléaire, et d’éléments d’assemblage.

              On sait qu’il atteint de très hautes températures (~3000 °C) et peut faire fondre la plupart des matériaux. lien

              On sait aussi que les cuves des réacteurs sont devenues des passoires, et que le corium s’est déjà attaqué à l’épaisse dalle de béton de 8 mètres d’épaisseur.
              Logiquement cela ne devrait pas empêcher sa progression en direction du sol, une fois passé l’obstacle du béton, et le faire rencontrer à un moment à un autre, la nappe phréatique.

              A ce moment,  il y aura une explosion chimique avec un important dégagement de matières radioactives dans l’atmosphère.

              Dans cette vidéo, on peut découvrir le processus de la formation du corium.

              Selon Hiroaki Koide de l’Université de Kyoto « la situation de la centrale de Fukushima est désespérée (…) il y a à peu près cent tonnes de corium. Les cuves de pressurisation et les métaux utilisés pour l’enceinte du bâtiment fondent à 1500 °. Il est donc probable que le corium soit tombé au fond des cuves, qu’une partie ait attaqué le sol et qu’une partie se soit mélangée avec l’eau contaminée, entraînant la fonte des murs ». lien

              Il pense qu’il aurait fallu depuis longtemps construire une enceinte souterraine autour de la centrale afin de protéger les nappes phréatiques du corium et des sols contaminés, mais c’est manifestement bien trop tard.

              Alors bien sur, le service de communication de Tepco affirme « les plans sont en cours d’élaboration. Tepco prévoit de construire une enceinte afin de protéger les nappes phréatiques des infiltrations contaminées », mais quelle crédibilité peut-on donner encore à Tepco, toujours dans la dissimulation ou la manipulation ?

              Si l’on observe cette vidéo, (à partir de 1’ 30 ‘’) prise le 19 juillet dernier, cette soudaine importante fumée qui se dégage de la centrale pourrait indiquer que le corium est bel et bien en contact avec l’eau souterraine.

              Un autre problème vient de surgir, celui de « pluies noires ».
              C’est l’expert nucléaire Arnie Gundersen, qui nous explique que celle-ci, radioactive et chaude, est responsable de l’importante pollution des sols et des cultures, bien au-delà de la zone d’exclusion, ce qui explique le problème que connaissent maintenant les bœufs japonais.

              Il y en a eu pour l’instant 130 de contaminés, et ça ne devrait s’arrêter là, car la paille de riz qui sert à nourrir les bovins est elle-aussi contaminée à 500 000 bq/k de césium radioactif, et qu’elle provient d’une zone se trouvant a 72 km de la centrale. lien

              Il y a donc bien contamination de la chaîne alimentaire.

              Il évoque le témoignage de quelques uns de ses amis biologistes, qui ayant travaillé sur le dossier Tchernobyl, se sont rendus au Japon pour y analyser la situation. « Ils ont bien vu que les choses allaient mal tourner (…) ils ont dit que la situation était très mauvaise. A vrai dire ce sont des scientifiques endurcis qui sont habitués à traiter avec la radioactivité et ils croient que les conditions sont bien pires que ce qu’ils avaient pensé ».

              Comme le dit Gundersen, au lieu de minimiser le tragique de la situation, le gouvernement japonais serait bien inspiré de minimiser plutôt leur exposition aux radiations.

              Comme on s’en doute, jour après jour depuis bientôt 5 mois, la centrale continue à rejeter des quantités considérables de radioactivité ainsi que le prouve ce lien.

              On sait maintenant que la pollution radioactive de Fukushima a largement dépassé la zone d’exclusion : à 88 km au sud de la centrale, près d’Hitachi, des retombées en césium ont été mesurées à plus de 50 000 Bq/m2 et à 160 km au sud-sud-ouest de la centrale, à Ishioka, les retombées en césium sont de plus de 48 000 Bq/m2. lien

              De nombreux citoyens alarmés par ces informations se sont dotés de compteurs afin de mesurer eux même la radioactivité.
              Sur ce lien, on peut suivre la déambulation de l’un d’eux dans une ville située à 220 km de Fukushima, le 7 juin dernier, au moment où il découvre sur le sol 5,58 µSv. lien

              A Tokyo, 32 millions de japonais vivent sans se douter pour certains que le taux de radioactivité en progression a été mesuré à 1,36 µSv/h. lien

              Au sujet de la « décontamination » de l’eau radioactive, il y a un décalage important entre les promesses et la réalité puisque le procédé « miraculeux » d’Areva semble ne fonctionner que sur la base de 35 h par semaine, et que le 24 juillet la machine a été totalement mise hors service pendant 7 h. lien

              Pour toutes ces raisons, le « projet 47 » est en train de se mettre en place : avec l’aide de la CRIIRAD, et de nombreuses associations locales, Wataru Iwata va pouvoir mesurer gratuitement la radioactivité dans les zones polluées. lien
              Rama C. Hoetzlein nous propose une animation étonnante montrant ponctuellement tous les points irradiés au Japon au mois mars 2011. lien

              Il n’y a plus que 17 réacteurs nucléaires sur 54 qui fonctionnent encore et les japonais, hostiles maintenant à 70% à cette énergie dangereuse réclament une zone d’exclusion élargie, et demandent des comptes. lien
              Dans cette vidéo, des citoyens japonais s’adressent à Akira Sato, directeur du département des urgences nucléaires locales, n’obtenant comme seule réaction qu’une magnifique « langue de bois ».

              Extraits :
              « Ne pensez vous pas que les gens de Fukushima, comme les autres gens, ont le droit de s’échapper pour ne pas être exposées à la radioactivité ? »

              Réponse :
              « Le gouvernement essaye de réduire le taux d’exposition autant que possible »
              -Vous ne répondez pas à la question !
              -Comme cela, vous dites qu’ils n’auraient pas ce droit ?
              -Ils ont bien ce droit, n’est-ce pas ? »

              Réponse :
              « Je ne sais pas s’ils ont ce droit » (…)
              -Alors vous aussi, vous-même, vous pensez que vous n’avez pas le droit de vivre une vie en bonne santé ?
              -Répondez-moi ! (…)
              -Vous voulez dire qu’il existe une différence de standard d’exposition à la radioactivité pour la préfecture de Fukushima, et pour les autres préfectures ? »

              Réponse
              « Ce que je dis c’est que le gouvernement a essayé de réduire autant que possible le taux d’exposition ».
              «Vous n’avez pas répondu à la question» Etc.

              Devant l’assaut de questions sans réponse, Akira Sato, finira par s’enfuir lâchement poursuivi par un citoyen qui lui demande en vain  d’analyser un flacon d’urine.

              Alors maintenant le gouvernement Japonais vient de promulguer une loi qui censurera sur Internet les mauvaises nouvelles provenant de Fukushima. lien

              Mais supprimer le thermomètre n’empêchera pas la température de monter.
              Du côté de l’OMS, (organisation mondiale de la santé) c’est aussi la loi du silence.

              Comme l’explique Christophe Elain, membre du collectif «independentwho» sur l’antenne de TV5 monde: «l’OMS  ne peut prendre aucune initiative concernant la santé et le nucléaire, et toutes les informations qui pourraient nuire au développement du nucléaire sont passées sous silence (…) toute sorte de décision qui pourraient être prise par l’OMS ou l’AIEA (agence internationale à l’énergie atomique) doivent être prises d’un commun accord (…) et l’AIEA a une possibilité de véto sur d’éventuelles déclarations de l’OMS ». lien

              En effet, l’Aiea s’occupe la promotion des activités nucléaires civiles et l’OMS qui est normalement en charge de la santé publique a signé avec l’Aiea, dès 1959 un accord qui dispose que les deux agences « agiront en coopération étroite et se consulteront régulièrement ». lien

              Et puis, comme chacun s’en doute, le Japon n’est pas le seul touché par la catastrophe : depuis Tchernobyl on sait qu’une frontière n’arrête pas la pollution.

              Dans la région de Princeton, au Canada, des taux importants ont été mesurés comme le prouve cette vidéo où on découvre des niveaux allant jusqu’à 0,79 mcSv/h.

              Le Physicien Chris Busby expert en nucléaire, affirme que les conséquences de la catastrophe de Fukushima ont été largement sous-évaluées, en terme de santé : il estime que dans les 50 prochaines années, il y aura 200 000 cas de cancer de plus au Japon, et que les retombées de l’accident dépasseront largement celles de Tchernobyl. lien

              Jeremy Rifkin l’a compris : le nucléaire est mort, il est urgent de tourner la page et il est essentiel d’écouter ses arguments imparables, parce qu’il fait vraiment le tour de la question (lien) et pourtant le gouvernement Japonais devrait rester insensible à la  jolie chanson anti-nucléaire de ces collégiennes japonaises. lien

              Car comme dit souvent mon vieil ami africain : « si tu vis dans la peur, tu ne vis qu’à moitié »

              L’image illustrant l’article provient de forum-rpcirkus.com

              24 juillet 2011

              Pluie noire

              Blog de Fukushima, 23 juillet 2011

              Bœufs japonais radioactifs : un expert nucléaire accuse « la pluie noire » 

              Arnie Gundersen, expert nucléaire étatsunien, suit avec régularité la situation au Japon. Depuis le début de la catastrophe, il nous fait part de ses analyses et de ses questionnements par l’intermédiaire de vidéos qu’il diffuse sur le site de Fairewinds. Ses commentaires sont toujours pertinents, et ils sont précieux car c’est l’un des rares scientifiques au monde qui s’exprime sur la catastrophe de Fukushima Daiichi. C’est pourquoi il est important de donner aux francophones la traduction de ses propos, car aucun scientifique de son envergure ne s’exprime en France sur ce sujet. Il est vrai que l’Hexagone est encore plus nucléarisé que le Japon et qu’il ne serait pas de bon ton de parler de pluie noire, ce qui ternirait l’image de cette énergie « propre ». Cette « black rain » est aussi une pluie « chaude », radioactive, qui contamine faune, flore et humanité pour des dizaines d’années.
               
              Cette vidéo a été éditée par Fairewinds Associates le 19 juillet 2011 sous le titre original « Ex Japanese Nuclear Regulator Blames Radioactive Animal Feed on "Black Rain” ». On peut la visionner sur le site de Fairewinds, ou sur Youtube avec un sous-titrage automatique (qui présente certains défauts de transcription).
                 


               
              « Bonjour, je suis Arnie Gundersen, de Fairewinds, et nous sommes le mardi 19 juillet.
               
              Aujourd'hui, j'ai l'intention de parler de l’état des réacteurs à Fukushima, et plus important encore, de la radioactivité qui a été détectée à travers le Japon, pas seulement sur le site. Enfin, j’aimerais parler de ce que les Japonais commencent à appeler « Black Rain » (pluie noire).

              La première chose est la situation actuelle site même. Les trois réacteurs de Fukushima qui sont en cause, 1, 2 et 3, et la piscine de combustible du réacteur 4 continuent à libérer de la radioactivité.

               
              Actuellement, vous ne pouvez pas la voir dans la journée, car les jours sont chauds, mais vous pouvez la voir durant la nuit. J'ai reçu énormément de courriels à ce sujet, où les gens pensent que le site est en train de sauter. En fait, c’est de la vapeur sortant de ces réacteurs qui rencontre l'air froid du Pacifique.
               
              Alors, ils continuent à libérer de la radioactivité. Mais la plupart du rayonnement de Fukushima a été produit en mars et en avril. A l’heure actuelle, il y a beaucoup moins de radioactivité quotidiennement qu'il n'y en avait en mars et avril. Environ 90 à 95% de la radioactivité de Fukushima a été libérée dans les 6 premières semaines de l'accident.
               
              Alors que des radiations continuent à être relâchées, en quantité journalière, il n'y en a plus autant qu'avant. Mais d’un autre côté, Fukushima peut continuer à libérer de la radioactivité pendant une longue période.

              Les Japonais ont programmé de construire de grandes tentes pour couvrir chacun de ces réacteurs. La première tente est en cours de fabrication et couvrira le réacteur 1, puis ils passeront au réacteur 2, puis au réacteur 3, et enfin au réacteur 4. Ces tentes sont conçues pour empêcher la vapeur de sortir et de la recueillir sous forme d’eau pour la traiter. Donc à partir de septembre, la plupart des radiations atmosphériques seront éliminées de Fukushima, au moins pour un réacteur.

               
              Cependant, de plus en plus, cela débouchera sur la contamination de l'eau souterraine et des liquides qui sont sur le site. On ne peut rien prévoir dans l’avenir qui permettrait d'éliminer cette contamination.
               
              En fait, les Japonais ont annoncé qu'il faudra 10 ans avant qu'ils ne commencent à démanteler les cœurs à partir du bas de l'enceinte. Il n'y a pas de technologie en ce moment pour les enlever. N'oubliez pas qu'ils ont fondu à travers le réacteur nucléaire et ils se sont répandus à la base de l’enceinte nucléaire.

              A Three Mile Island, ils avaient fondu au fond de la cuve du réacteur, mais n’avaient pas traversé le réacteur. Donc, c'est tout nouveau. C'est un peu comme essayer de peler un œuf au fond d'une poêle à frire. S’il cuit trop longtemps, c'est un processus très, très compliqué et difficile. Et c'est ce à quoi nous sommes confrontés à Fukushima, un nettoyage à long terme. Alors en attendant, il y aura énormément de déchets radioactifs liquides qui devront être traités pendant 10 ou peut-être 20 ans.


              Eh bien, dans mon esprit, la chose la plus préoccupante est l'information provenant du site dernièrement. Certains de mes amis sont des biologistes qui ont travaillé à Tchernobyl et qui se sont rendus au Japon pour y faire quelques travaux scientifiques. Ils ont bien vu que les choses allaient mal tourner. J'ai reçu un appel de leur part cette semaine et ils ont dit que la situation était très mauvaise. A vrai dire ce sont des scientifiques endurcis qui sont habitués à traiter avec la radioactivité et ils croient que les conditions à Fukushima sont bien pires que ce qu'ils avaient pensé.


              Il existe des preuves qui confirment cela. La première est que des champignons qui se trouvent à 30-40 miles des réacteurs se sont révélés être contaminés bien au-delà de ce que les normes japonaises le permettent. Ce qui est intéressant est que ces champignons n’ont pas été cultivés à l’extérieur. Alors, comment est-ce possible de dépasser les normes de rayonnement pour des champignons cultivés en intérieur ? C’est une préoccupation majeure, et encore, ce n’est qu’à 35 miles de la centrale  accidentée.


              La deuxième preuve, c'est que des bovins ont été contaminés dans toute la préfecture de Fukushima et au-delà. La semaine dernière, ça a commencé avec 8 vaches contaminées, puis c'est passé à 40 vaches et maintenant il s’agit de plus de 130 vaches qui sont contaminées, et je suis sûr que le nombre va augmenter avec le temps.

               
              Maintenant il y a quelques éléments intéressants ici. Le premier est que les vaches étaient à 30-40 miles de la centrale et que leurs niveaux de césium vont bien au-delà de ce qui est déjà toléré pour la consommation humaine. Quand les vaches sont arrivées sur le marché, les Japonais n'ont pas goûté la viande, ils ont frotté la peau de l’animal pour voir s’il n'y avait aucune contamination. Et sur cette base, ils l'ont mise sur le marché. C'est seulement après cela que l'on a découvert que la viande était contaminée. Ce n'est pas une façon acceptable de contrôler la viande de bœuf.
               
              Mais la question la plus importante ici est de savoir comment les vaches ont été contaminées alors que tout le monde pensait qu'elles étaient nourries avec de l’ensilage, en d'autres termes, le foin qui avait été sauvegardé d'avant l'accident ?
              Il s'avère que les Japonais utilisent les tiges de riz pour nourrir leurs vaches. Et les agriculteurs, à 45 miles et au-delà, coupaient leur tiges de riz pour l’expédier vers les fermes qui étaient à l'intérieur de la préfecture de Fukushima. La paille a été contaminée à 500 000 désintégrations par seconde, dans un kilogramme de paille. Maintenant, il s’agit de césium. Il a une demi-vie de 30 ans. Mais au bout de 30 ans, il se désintégrera à 250 000 désintégrations par seconde. Et 30 ans plus tard, à 125 000 désintégrations par seconde. C'est ce que ce terme de « demi-vie » signifie.


              Cela s'est produit à 45 miles. Rappelez-vous, la Nuclear Regulatory Commission avait suggéré l'évacuation au-delà de 50 miles. Cela semble indiquer que la NRC avait raison. Les Japonais auraient dû évacuer leur population au-delà de 50 miles et à la place de cela, ils se sont contentés d’évacuer jusqu’à environ 12-18 miles.


              Cette contamination s’est ensuite propagée au-delà de la préfecture de Fukushima. Pourtant, la préfecture elle-même semble être le seul endroit pour lequel les Japonais sont inquiets au sujet de cette exposition à la radioactivité.


              La dernière chose dont je voudrais vous parler aujourd'hui, c'est ce qui arrive en dehors des 50 miles dont nous venons de parler. Il est déjà assez clair, sur la base de la radioactivité qui a été découverte dans la paille, que le rayonnement, même à 50 miles, est aussi élevé qu’il l’était dans certaines régions de Tchernobyl.


              Eh bien, que dire de plus ? Jetons un œil sur Tokyo qui me préoccupe aussi. Tout d'abord, les stations d'épuration à Tokyo ont leurs boues contaminées. Normalement, cette matière est utilisé dans la construction de matériaux de construction. Mais elle est tellement radioactive qu'elle doit être stockée à l'extérieur sous des bâches, jusqu'à ce que quelqu'un trouve un moyen de s’en débarrasser.


              La deuxième chose, c’est un rapport de laboratoire qu’un japonais m'a envoyé. Cette personne a pris sur ses propres deniers pour payer un laboratoire afin d’analyser les données sur une rue près d'un terrain de jeux à Tokyo.


              Voici le rapport du laboratoire. Il montre qu'il y a 53 000 désintégrations par seconde dans un kilogramme, à partir de 2,2 kilos de matière prélevée sur le côté d'une rue près d'un terrain de jeux à Tokyo.


              Cette personne était si préoccupée qu'elle est allé à la mairie de cette ville et le maire lui a répondu : je ne suis pas inquiet à ce sujet. Voici un citoyen qui, avec son propre argent, paye pour un rapport de laboratoire et ne peut rien obtenir de son gouvernement local.


              Eh bien, il y a d’autres données. C’est celles que l’on obtient du National Cancer Center, hôpital également près de Tokyo. Ca a été publié sur leur site web quelques jours après l'accident. Le rapport montre que le 24 mars, soit 9 jours après l'accident, le fond radioactif en dehors de l'hôpital a été 30 fois plus élevé que le fond radioactif à l'intérieur de l'hôpital. Il y avait un dépôt de particules chaudes sur le sol. Et il était assez important pour augmenter la quantité de rayonnement que les détecteurs ont évalué à un facteur 30. A vrai dire, un hôpital national du cancer sait clairement comment mesurer le rayonnement, car ce sont des scientifiques expérimentés.


              La dernière information que je veux partager avec vous provient d’un rapport que je reçois quotidiennement par courriel d'un éminent physicien japonais nommé le Dr Glen Saji. Il était secrétaire de la Commission de réglementation nucléaire au Japon. Il a écrit il y a deux jours ce qui suit, et cela a à voir avec la paille qui a été découverte près de Fukushima : « Je pense qu'ils ont dû stocker la paille dans un champ au moment du passage du panache, au cours de la première semaine de l'accident, en particulier à cause de la pluie noire ».


              A vrai dire, « black rain » n'est pas un terme dont je sois sûr qu'il utilise à la légère. Mais cela a été clairement expérimenté au Japon après l'accident. Ce à quoi il fait référence est qu’il y a eu des nuages ​​de particules radioactives chaudes qui se sont déposées partout dans le nord du Japon.


              Eh bien, les Japonais sont des gens débrouillards, comme en témoigne leur victoire en Coupe du monde ce dimanche. Mais ils ont besoin de connaître l'ampleur du problème auquel ils font face afin de le traiter correctement. Plutôt que de limiter l'information, il est important qu'ils limitent la radioactivité.


              Je vous remercie beaucoup et à bientôt. »

              Lois sécuritaires: 42, v’la les flics!

              OWNI | par Jean Marc Manach

              La LOPPSI 2 est la 42e loi sécuritaire adoptée par le parlement depuis 2002. Occasion de rappeler dans une application que l'obsession sécuritaire de Nicolas Sarkozy avait été initiée par Charles Pasqua, et... validée par Lionel Jospin.

              Evolution des lois sécuritaires depuis 2002


              Il y a quelques mois, le Canard Enchaîné évoquait 33 lois sécuritaires. Ce mercredi 19 janvier 2011, alors que le Sénat venait d’entamer la discussion sur la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, le Canard qualifie cette LOPPSI 2 de “37e loi sécuritaire en sept ans“.
              François Zocchetto, sénateur centriste, avait évoqué, de son côté, “près de trente lois en matière de sécurité et durcissant les peines depuis 2002“. Nicole Borvo Cohen-Seat, sénatrice communiste, en avait dénombré 23. Melcalex, blogueur politique, en avait, lui, répertorié 17. Dans la petite anthologie des lois sécuritaires que j’avais compilée pour les Big Brother Awards en 2008, j’en avais décortiqué 12.
              En se plongeant dans les archives de l’Assemblée, du Sénat, ainsi que dans les dossiers, très complets, de vie-publique.fr, l’équipe d’OWNI en a pour sa part recensé 41 depuis la Loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (dite “loi LOPSI 1“), première mesure phare de la législature élue en juin 2002, et donc de la décennie sécuritaire incarnée par Nicolas Sarkozy.
              Le Parlement ayant adopté 402 lois depuis juin 2002, la politique sécuritaire a donc monopolisé 10% de la production législative française, le Parlement votant, en moyenne une nouvelle loi sécuritaire tous les deux mois et demi. Et encore, cette estimation ne mesure que le nombre de lois, pas leur importance en terme de poids politique, symbolique, de temps d’antenne, ni le nombre des articles qu’elles ont créé, ou modifié.
              Nous avons volontairement écarté les lois qui, s’inscrivant dans ce paysage sécuritaire ambiant, prenait ouvertement le parti de la liberté sur celui de la sécurité, telle que la loi instituant un contrôleur général des lieux de privation de liberté (qui sera, cela dit, dissous par la loi sur le Défenseur des droits en cours de débat), celles sur les juges de proximité et le renforcement de l’équilibre de la procédure pénale, ou encore la loi portant création d’une délégation parlementaire au renseignement.
              Nous avons également mis de côté une bonne partie des lois visant à valider des accords passés avec des pays étrangers, telles que la toute récente loi relative à la lutte contre la piraterie maritime, ainsi que les lois autorisant l’approbation d’accords sécuritaires entre la France et des pays comme la Belgique, Andorre ou encore le Suriname (mais nous avons gardé ceux passés avec la Chine, la Russie, l’Algérie et le Tadjikistan, dont les bilans, en matière de droits de l’homme, ne sont guère reluisants).
              Si nous avions compté large, le chiffre serait monté à 67 lois sécuritaires. Et puis 41, c’est bien, et cela fait de la LOPPSI 2, fourre-tout législatif visant à lutter tout autant contre les nomades (Rroms ou non), les vendeurs à la sauvette, filtrant le Net et consacrant la “vidéoprotection” la 42e loi sécuritaire de Nicolas Sarkozy. 42, comme la réponse ultime à “la grande question sur la vie, l’univers et le reste“…
                      suite..

              23 juillet 2011

              L'involution silencieuse

              par Marc Fontan, publié sur Au bout de la route| juin 2011



              Lorsqu'ils ont bombardé la Corée, le Vietnam, le Laos, le Cambodge, El Salvador et le Nicaragua, je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.

              Lorsqu'ils ont bombardé la Chine, le Guatemala, l'Indonésie, Cuba et le Congo, je n'ai rien dit, je n'étais pas au courant.

              Lorsqu'ils ont bombardé le Liban et la Grenade, je n'ai rien dit, je ne comprends rien à la politique internationale.

              Lorsqu'ils ont bombardé le Panama, je n'ai rien dit, je ne suis pas un trafiquant de drogue.

              Lorsqu'ils ont bombardé l'Irak, l'Afghanistan, le Pakistan, la Somalie et le Yémen, je n'ai rien dit, je ne suis  pas un terroriste.

              Lorsqu'ils ont bombardé la Yougoslavie, la Libye et la Côte d'ivoire pour des raisons « humanitaires » je n'ai rien dit, cela avait l'air d'être une bonne raison.

              Lorsqu'ils ont décidé que les graines OGM devaient doubler les récoltes et qu'on devait en semer partout, je n'ai rien dit, c'est sûrement pour le bien de tous.

              Lorsqu'ils ont dit qu'il fallait étendre plus d'engrais, plus de pesticide sur les fourrages et donner plus d'antibiotiques et de faine animale au bêtail, je n'ai rien dit, je ne suis pas paysan.

              Lorsqu'ils ont dit d'arrêter de faire pousser des jardins et des herbes médicinales je n'ai rien dit, j'habite en ville et j'achéte ma bouffe au supermarché.

              Lorsqu'ils ont dit que toutes les maladies qu'on attrape viennent de notre génétique et non des additifs et autres saloperies qu'ils ajoutent dans notre nourriture, je n'ai rien dit, je ne suis pas nutritioniste.

              Lorsqu'ils ont dit qu'il fallait prendre des médicaments de plus en plus forts pour combattre des maladies de plus en plus infectieuses, je n'ai rien dit, je ne suis pas pharmacien.

              Lorsqu'ils ont décidé de nous vacciner massivement pour une épidémie inexistante de grippe je n'ai rien dit, je ne suis pas médecin.

              Lorsqu'ils ont annoncé que fumer peut nuire aux spermatozoïdes, je n'ai rien dit, à 6 euros le paquet, j'avais déjà mal aux couilles.

              Lorsqu'ils ont décidé de faire l'Europe malgré un référendum populaire qui disait massivement non, je n'ai rien dit, je ne suis pas un juriste.

              Lorsqu'ils ont décidé que je payerai plus d'impôts qu'une personne qui gagne 80 fois mon salaire, je n'ai rien dit, je ne suis pas un économiste.

              Lorsqu'ils ont dit qu'il fallait se serrer encore la ceinture pour repayer des trous financiers crées par des banques qui ont joué de l'argent qui n'était pas eux à la loterie de la Bourse mondiale, je n'ai rien dit, je ne suis pas comptable.

              Lorsqu'ils ont décidé de faire tout le contraire une fois élu de ce qu'ils ont promis pour se faire élire, je n'ai rien dit, je ne suis pas politicien.

              Lorsqu'ils ont décidé de nous ficher dans des dizaines de banques de données , je n'ai rien dit, je n'ai rien à me reprocher.

              Quand ils ont annoncé que le Taser était sans danger, je n'ai rien dit, je me suis dit que le courant passerait mieux entre la jeunesse et les forces de l'ordre.

              Lorsqu'ils ont dit qu'il fallait contrôler encore plus internet, je n'ai rien dit, je ne suis pas un hacker.

              Lorsqu'ils ont décidé de faire des rafles en pleine rue pour vérifier des papiers d'identité, je n'ai rien dit, je suis d'ici.

              Lorsqu'ils ont dit que c'était notre faute si il y avait un réchauffement climatique mondial je n'ai rien dit, je ne suis pas un scientifique.

              Lorsqu'ils ont dit que les radiations des tests d'explosion nucléaires et les incidents nucléaires civils  n'occasionnaient aucune retombée radioactive sur  notre pays je n'ai rien dit, je ne suis pas météorologiste.

              Lorsqu'ils ont pollué tous les océans avec leur pêtrole, leur Corexit, leur radioactivité, leur plastique , leurs poubelles, et empoisonné toute la chaîne alimentaire des poissons je n'ai rien dit, je ne suis pas océanographe.

              Lorsqu'ils ont dit qu'il n'y avait aucun danger à se coller un téléphone mobile à l'oreille et à baigner dans une soupe d'ondes émises par des milliers d'antenne, je n'ai rien dit, je trouvais ça trippant de pouvoir parler à quelqu'un tout le temps.

              Lorsqu'ils ont décidé de couper l'info sur l'actualité internationale à la TV pour du People,  je n'ai rien dit, j'aime le foot et les seins nus.

              Lorsqu'ils ont dit qu'il fallait être plus productif pour moins de salaire et bosser plus longtemps dans ma vie pour une retraite qui n'existerait plus , je n'ai rien dit, je travaillais à deux emplois pour essayer de survivre.

              Lorsqu'ils ont dit que la Terre était en surpopulation, je n'ai rien dit, j'étais enfin mort, le cerveau fondu  par une vie passée à stresser entre la pauvreté et mon boulot  pour des entreprises qui m'ont finalement jeté avant d'avoir à payer ma retraite, nourri aux anti-dépresseurs pour tenir le coup et combattre mes insomnies, bourré d'OGM , d'additifs alimentaires ce qui a rallongé la liste de médicaments à prendre que j'ai noyé dans des apéros en regardant mon match de foot à la  télévision, sans questionnement sur ma place dans la Vie et mon rôle dans la société.
              Mais mes enfants, eux, ont peut être quelque chose à dire ?

              Fin de transmission via Skynet (lorsqu'ils ont dit que Skynet était safe pour contrôler les drônes nucléaires...)
              Marc Lafontan - juin 2011

              21 juillet 2011

              Adoption de la loi sur la mobilisation des milices en cas de "crise majeure"‏


              dimanche 17 juillet 2011

              Complétant les dispositions de la Loppsi, et en particulier son article 113 instituant des milices para-policières, le Parlement a adopté une loi "tendant à faciliter l’utilisation" de ces "réserves", "en cas de crise majeure". Rappelons que dans sa version d’origine ce texte prévoyait que les dites "réservistes", mobilisables ponctuellement pour des périodes de trente jours, soient rémunérés par leurs employeurs d’origine au titre de ce qui était appelé un "mécénat patriotique" bénéficiant de dégrèvements d’impôts sur le modèle des dispositions encadrant le mécénat. Cette dimension financière a été écartée par le Sénat, semble-t-il du fait d’objections du Medef. Et la question a été renvoyée à la loi des finances qui doit être votée en fin d’année.

              Soulignons ici que ce texte, présenté après l’accident nucléaire de Fukushima, bien qu’il ait déjà été en préparation avant a été présenté comme une disposition permettant de faire face à ce type de catastrophes. Or, il fait l’économie de préciser ce qu’il entend par "crise majeure", n’excluant aucunement qu’il puisse s’agir de crises politiques ou sociales.

              Il n’est pas interdit de mettre en rapport ceci avec le décret datant du 30 juin 2011 qui autorise l’utilisation d’armes à feu contre des manifestants. Là encore, ce décret, s’il précise que l’usage de la force doit être "proportionné" à la menace, n’en prévoit pas moins que des armes de guerre puissent être employées dans le cadre de manifestations publiques y compris lorsque les manifestants sont désarmés.

              C’est bien sûr dans le contexte des soulèvements auxquels on assiste depuis la révolution tunisienne qu’il faut lire l’ensemble de ces dispositions qui permettent au gouvernement de mobiliser sans limite, et y compris gratuitement, autant de citoyens qu’il le souhaite pour faire face à des mouvements politiques et sociaux. Ainsi que le prévoit l’article 113 de la Loppsi, et ainsi que cela a pu être dénoncé par le Syndicat général de la police, ces "citoyens volontaires" (ou même pas volontaires "en cas de crise majeure" comme le stipule le texte de loi ci-dessous), "réservistes" de la police ou de la gendarmerie, sont susceptibles d’être armés (et même dotés de pouvoirs de police judiciaire pour certains d’entre eux).

              En temps ordinaires, en dehors de "crises majeures", des brigades de miliciens peuvent être amenées à intervenir contre des manifestations pacifiques, ainsi que le DAL semble en avoir fait l’expérience, il y a deux semaines, lors d’une manifestation à la mairie du XIème pour une dizaine de familles ayant un problème de logement. La délégations des mères de familles aura été évacuée de la mairie par une trentaine d’individus munis de brassards "police" dont le comportement – expressions racistes, attitudes "incontrôlables" – indique bien ce que sont de telles "réserves civiles et militaires" : de véritables milices au service de l’État, comme en Egypte, en Syrie ou en Tunisie. Comme en France pétainiste.

              Cette énorme construction d’un État milicien – qui repose sur une dizaine de textes différents depuis le livre blanc de la défense et de la sécurité intérieur de 2008 –, restera vraisemblablement comme la plus grande œuvre de l’actuel quinquennat. Il importerait que les forces politiques d’alternance se démarquent de cette politique et s’engagent à abroger l’ensemble de ces dispositions, pour rétablir la possibilité d’un ordre démocratique. Or, il semble bien qu’au contraire le Parti socialiste trouve intéressante cette faculté de mobiliser des citoyens dans de tels contextes, ainsi qu’on a pu le voir lorsqu’il a refusé de mettre en cause l’article 113 de la Loppsi devant le Conseil constitutionnel, et ainsi qu’on le vérifie avec ces premières manifestations de milices devant la mairie du XIème arrondissement de Paris.

              Peut-on espérer que la campagne présidentielle qui s’ouvre soit l’occasion des clarifications nécessaires sur ces questions essentielles ?

              ms
               
              source photo: Fragment de tags

              Jeûne de solidarité anti-nucléaire

               

               Vingt sixième jeûne organisé par Les Jeûneurs Vigilants de Taverny avec les concours des villes de Taverny et de Bessancourt.





              20 juillet 2011

              Vigueur et développement de la solidarité internationale avec la Palestine

              Agoravox 18 juillet 2011


              Les missions humanitaires, d’amitiés et de solidarité internationales avec la Palestine « Flottille pour Gaza II » et « Bienvenue en Palestine » qui ont été empêchées de se réaliser ces dernières semaines ne sont pas ressenties par les participants, les organisations et associations qui en étaient parties prenantes, comme un échec ou la fin de la montée dans, l’opinion publique mondiale, d’un mouvement de soutien à la Cause palestinienne.

              Ce soutien se nourrit chaque jour et partout du besoin grandissant de justice et de dignité pour tous les peuples, à commencer par les Palestiniens qui subissent, depuis plus de 60 années, les conséquences du besoin de soulagement de la mauvaise conscience de l’Occident vis à vis des juifs.

              L’Etat d’Israël, né de la partition de la Palestine par un vote des Nations Unies en 1948, s’appuie sans vergogne sur ce fond de commerce pour brimer et écraser, dans l’impunité la plus totale, des populations qui ne sont en rien responsables des persécutions, pogroms et exterminations dont les juifs ont souffert pendant des siècles sous d’autres cieux que ceux de la Palestine, tout en lui déniant le droit à une existence nationale.

              Une possibilité se fait jour aujourd’hui pour la reconnaissance de l’Etat Palestinien dans les termes que les Palestiniens eux-mêmes définiront lors de la présentation de leur requête en ce sens aux Nations Unies.

              C’est une belle opportunité pour les énergies qui se sont mobilisées et se mobilisent chaque année pour soutenir les Palestiniens, de rebondir sur cette perspective en donnant aux liens tissés, depuis deux ans en ces occasions, la forme d’un groupe de pression citoyen international pour faire campagne et agir dans le sens d’un vote positif.

               
              En mai 2010, la marine israélienne arraisonnait, avec une brutalité dénoncée par le monde entier, un convoi maritime composé de huit cargos, la « Flottille de la liberté », dans les eaux internationales de la Méditerranée.

              Ce convoi acheminait un important tonnage d’aide humanitaire et de matériaux de construction pour les populations de la bande de Gaza soumises, depuis la prise de contrôle de ce territoire palestinien par le Hamas en juin 2007, à un implacable blocus israélien et égyptien, et durement éprouvées par ailleurs par l’offensive de destruction et de tueries massives, connue, de sinistre mémoire, sous le nom d’ « Opération plomb durci » de l’hiver 2008/2009.

              L’intervention de la marine israélienne contre la « Flottille de la liberté » avait coûté la vie à 9 des 682 passagers originaires de 42 pays qui participaient à cette mission humanitaire internationale.

              Un an à peine après ce massacre, deux autres évènements témoignant à la fois de la vigueur et de la montée du mouvement de soutien et de solidarité pour la Palestine au sein de l’opinion publique internationale ont, de nouveau, occupé le devant de la scène ces dernières semaines. Il s’agit de la 2ème flottille pour Gaza ou « Flottille pour Gaza II » et de la mission internationale appelée « Bienvenue en Palestine".

              La « Flottille pour Gaza II » comprenait une douzaine de bateaux sur lesquels s’activaient plusieurs centaines de participants de 22 nationalités différentes en vue d’appareiller pour Gaza, avec, tout comme précédemment, dans les soutes de leurs bâtiments, un chargement d’aide humanitaire.

              Cette entreprise de solidarité avec la Palestine a été immobilisée dans les ports de Grèce, grâce au zèle du Premier ministre ‘’socialiste’’ grec et de son gouvernement, confrontés, par ailleurs, à la résistance acharnée de leurs concitoyens à la politique d’austérité imposée par le FMI et l’Union européenne, face à une crise économique et financière profonde dont ils ne veulent, en aucun cas et à juste titre, accepter de faire les frais.

              Parallèlement, un autre projet de solidarité internationale avec la Palestine a été porté à la connaissance du grand public, début juillet, par le retentissement médiatique des conditions dans lesquelles sa réalisation a été empêchée. Le théâtre des opérations n’était pas, cette fois, les ports grecs, mais les aéroports européens et d’Amérique du Nord.

              Il s’agit de la mission internationale « Bienvenue en Palestine » Ce projet devait voir arriver par avion, via l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, 650 participants dont 300 Français, à bord d’une cinquantaine de vols réguliers, en provenance de plus d’une quinzaine de capitales et de villes européennes et d’Amérique du Nord.

              Dès le 7 juillet, dans tous les aéroports européens et d’Amérique du Nord d’où devaient partir ces voyageurs, les autorités aéroportuaires et les compagnies aériennes ont refusé, avec l’aide musclée des forces de l’ordre, l’embarquement à des centaines de voyageurs dont les noms figuraient sur une liste noire de personnes indésirables, fournie par les services israéliens.

              L’image de provocateurs, de hooligans, de fauteurs de troubles et d’extrémistes que les autorités israéliennes ont collée à ces voyageurs est évidemment un mensonge éhonté.

              Il suffit de visiter le site internet www.BienvenuePalestine.com consacré à ce projet pour s’en rendre compte et mesurer, par la même occasion, l’inquiétude de l’Etat d’Israël devant la montée du mouvement de solidarité internationale en faveur des Palestiniens à travers le monde.

              La mission internationale « Bienvenue en Palestine » consistait, en effet, en une invitation lancée par une quinzaine d’associations palestiniennes à tous ceux des sympathisants de cette Cause de par le monde, qui désiraient faire, à des fins d’information, l’expérience concrète de la vie dans les territoires occupés, en effectuant un séjour de 8 à 10 jours dans des familles palestiniennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

              Suite aux incidents, nombreux et parfois très durs, qui se sont déroulés aux guichets d’enregistrement et aux postes des derniers contrôles avant l’accès aux avions, en raison des protestations des participants refoulés, et la détention, plusieurs jours durant, de ceux d’entre eux qui avaient quand même pu arriver à Tel-Aviv, c’est de l’intérieur même de la classe politique et de l’exécutif israélien que des critiques se sont élevées.

              Dans son édition du 8 juillet, le quotidien français Libération mentionnait celles dont les médias israéliens se sont faits l’écho. Ainsi, le quotidien à grand tirage Yédiot Aharanot titrait, au sujet de ces événements : « Nous sommes devenus cinglés » Ou encore Haaretz, un autre quotidien qui dénonce, par la voix d’un écrivain, Gidéon Levy, « Les réponses hystériques d’Israël qui ont donné de l’importance à un mouvement de protestation qui serait passé presque inaperçu (…) » « Cela menace Israël, plus que toute invasion de militants étrangers, en le privant de son arme la plus importante : le fait d’être une société ouverte et éclairée »

              Ce que certains médias, comme Le Monde, ici en France, ont donc présenté comme étant deux succès diplomatiques et politiques du gouvernement israélien, en relatant la collaboration pleine et entière dont il a bénéficié auprès des pays européens pour faire échec à la réalisation de ces deux projets est, en fait, l’illustration des difficultés croissantes auxquelles Israël se trouvera confronté dans son entreprise démentielle d’étouffement et de mise à mort de la Cause palestinienne.

              A considérer ce qu’il s’est passé pour la « Flottille Gaza II » dans les ports grecs et chypriotes, et la mission « Bienvenue en Palestine » dans les aéroports de Genève, Zurich, Rome, Bruxelles, Francfort, Budapest, Londres, Vienne, Istanbul, Athènes, Bucarest, Paris, sans compter les aéroports d’Amérique du Nord, l’image de l’extension du blocus israélien en Europe et dans le monde n’est pas exagérée. Et ce blocus concerne aujourd’hui, non plus seulement la bande de Gaza, mais toute la Cisjordanie et Jérusalem-Est.

              Succès politico-diplomatique israélien, on peut en douter. Ces évènements sont la preuve de la vigueur et de la montée d’un mouvement mondial de soutien et de solidarité avec la Palestine. Ils interviennent dans un contexte où la question de la reconnaissance et donc de la création de l’Etat de Palestine avec Jérusalem-Est pour capitale fera l’objet d’un vote aux Nations Unies en septembre prochain.

              La Palestine est actuellement reconnue par 98 pays sur près de 200 que compte cette organisation. Mais de nombreux autres pays comme la France, le Royaume Uni, l’Allemagne, les Etats Unis et bien d’autres, ne lui accordent qu’un statut diplomatique particulier sans aller jusqu’à une reconnaissance réelle en bonne et due forme.

              Cette perspective est d’ores et déjà, et depuis des mois, au centre d’une offensive diplomatique israélienne très active et très agressive en vue de faire échec à cette initiative émanant de l’Autorité Palestinienne. De toutes parts s’exercent des pressions énormes pour faire perdurer la voie de l’impasse, archi-bétonnée par Israël, du processus sans fond des négociations et des pourparlers de paix.

              L’une des satisfactions qu’il faut tirer des expériences des « Flottilles pour Gaza » et de la mission « Bienvenue en Palestine » est qu’elles ont permis de tisser l’amorce d’un vaste réseau citoyen international en faveur de la Cause palestinienne, de la paix, du développement et de la démocratie.

              Je propose à tous ceux qui se sont mobilisés pour ces missions de réfléchir à la possibilité de se fédérer sur le plan national et international, au travers de leurs organisations et associations respectives et avec elles, afin d’ériger un groupe de pression international, ayant pour objectif de contribuer à la victoire d’un vote positif, en septembre prochain, dans le Palais de verre à New-York.
               
              Il me semble urgent qu’une telle proposition soit diffusée le plus largement possible et donne lieu, dans le court terme, à des concertations pour étudier sa mise en œuvre dans les conditions et modalités propres à chacun des pays de résidence des participants.

              Ma conviction est que les associations et organisations qui se sont impliquées en mobilisant leurs adhérents et en allant au devant du public, dans leurs régions et pays respectifs, tant pour informer, sensibiliser et collecter des fonds, ont fait preuve de suffisamment de maturité pour relever ce challenge. Il faut maintenant mettre à profit ces capacités organisationnelles pour aller encore de l’avant.

              Jean-Marie TOKO, sociologue-démographe.
               

              Les assos pour l'environnement se font entuber en douce

              Rue 89. 18 Juillet 2011
               

              Des tubes (Sean Rogers1/Flickr/CC).

              Les mauvais coups se font généralement le 14 juillet ou le 15 août. C'est encore plus tentant en période de crise majeure, comme actuellement. C'est sans doute pour cette raison que le Journal officiel du 13 juillet publie un nouveau décret concernant les associations.

              Celui-ci fixe les modalités d'application au niveau national de la condition prévue au premier point de l'article R.141-21 du code de l'environnement, concernant les associations et fondations souhaitant participer au débat sur l'environnement dans le cadre de certaines instances.

              Pour pouvoir participer, une association devra désormais compter au moins 2 000 adhérents. Quant aux associations d'utilité publique, elles devraient exercer leur action sur la moitié des régions au moins, et disposer d'un minimum de 5 000 donateurs, pour pouvoir se faire entendre.

              Les seuls organismes ayant le droit de le faire entendre leur voix sur les politiques environnementales sont des organismes publics au sein desquels seules ces grandes associations ont le droit d'être représentées. De plus, l'Etat s'octroie le droit de vérifier les conditions de financement des associations pour s'assurer « de leur indépendance ».

              Les assos les plus gênantes pour les lobbies handicapées


              Ce texte est liberticide au regard de la liberté d'association ou plus précisément du droit des associations à se faire entendre. Il exclut en particulier toutes les associations d'experts qui ont fait l'essentiel du travail en termes d'alerte au cours des dernières années.

              Mouvement des générations futures – Criirad, Criigen, réseau santé environnement, Inf'OGM, pour n'en citer que quelques-uns – n'auront aux termes de ce texte plus le droit de participer, voire plus le droit d'être agréés puisque c'est l'agrément au titre de l'environnement lui-même qui est touché par ce décret scélérat.

              Autrement dit, non seulement aucun texte de protection des lanceurs d'alerte n'a jamais été pris par ce gouvernement, du temps de monsieur Borloo comme a fortiori du temps de madame Kosciusko-Morizet, mais plus encore, c'est la capacité des associations les plus dérangeantes pour les lobbies défendus par le gouvernement qui est ici mise en cause. En effet, sans agrément, la capacité de porter plainte avec constitution de partie civile reste très réduite. Dans ces conditions, les procès mettant en cause ces lobbies deviennent beaucoup plus difficiles.

              De la même manière, le fait que les agréments soient conditionnés par le nombre de personnes rendra très difficile la tâche des associations locales, constituées contre tel ou tel projet, telle ou telle infrastructure. Les préfets pourront toujours soutenir qu'elles ne remplissent pas les conditions.

              Ainsi le gouvernement s'est-il attaqué avec efficacité, une fois encore, aux modestes contre-pouvoirs que notre pays compte encore.

              ► Référence concernant l'arrêté du 12 juillet 2011 fixant les modalités d'application au niveau national de la condition prévue au 1° de l'article R. 141-21 du code de l'environnement concernant les associations et fondations souhaitant participer au débat sur l'environnement dans le cadre de certaines instance (JORF n°0161 du 13 juillet 2011, page 12 154).

              Photo : des tubes (Sean Rogers1/Flickr/CC).
               

              19 juillet 2011

              SkyTruth: l’anti-Yann Arthus Bertrand

              Owni

              Depuis 2001, John Amos déploie ses compétences d'analyste
              d'imagerie satellitaire
              pour évaluer l'impact environnemental réel des activités humaines.

              Interview avec celui qui espère faire de SkyTruth un modèle de vérification des données écologiques, par Sylvain Lapoix







              Lancée en 2001, l’ONG SkyTruth a décodé des centaines d’images satellitaires de toute une panoplie de désastres provoqués par les activités industrielles, agricoles ou immobilières : nappes de pétrole, déforestation, glissement de terrain et autres inondations. Loin de l’imagerie esthétisante de Yann Artus Bertrand ou de Nicolas Hulot, John Amos livre en Creative Commons des clichés expertisés à destination du public. Découvert sur FlickR dans nos recherches de photographies sur les gaz de schiste, ce géologue a accepté de répondre à quelques questions pour OWNI.

              - Comment vous est venue l’idée de SkyTruth ?
              - L’idée m’est venue au milieu des années 1990 : à l’époque, j’étais géologue consultant pour deux sociétés de conseil en imagerie satellitaire qui décryptaient des photos pour le compte de compagnies pétrolières, minières ou d’agences gouvernementales. Après quelques années à travailler pour BP, Shell, Exxon, Texaco et autres, j’avais vu des milliers d’images terribles qui racontaient des histoires de catastrophes environnementales qui, pour moi, relevaient de l’intérêt général : des déforestations massives si isolées que personne ne pourrait jamais les découvrir, des mines à ciel ouvert gigantesque, des nappes de pétrole immenses qui traversaient des océans entiers…

              La mine à ciel ouvert de Cerro de Pasco (Perou) au coeur d'une ville de 70000.

              Or, les seules personnes qui avaient accès à ces clichés étaient ceux qui pouvaient les payer : de grandes agences gouvernementales ou de grandes entreprises. Qui plus est, elles nécessitaient une expertise importante pour révéler leur gravité. J’ai commencé à réfléchir à une manière de résoudre ce problème et pour rendre ces photos accessibles et compréhensibles à n’importe quelle personne intéressée par les problématiques environnementales et dotée de deux yeux.

               

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