23 juillet 2011

L'involution silencieuse

par Marc Fontan, publié sur Au bout de la route| juin 2011



Lorsqu'ils ont bombardé la Corée, le Vietnam, le Laos, le Cambodge, El Salvador et le Nicaragua, je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.

Lorsqu'ils ont bombardé la Chine, le Guatemala, l'Indonésie, Cuba et le Congo, je n'ai rien dit, je n'étais pas au courant.

Lorsqu'ils ont bombardé le Liban et la Grenade, je n'ai rien dit, je ne comprends rien à la politique internationale.

Lorsqu'ils ont bombardé le Panama, je n'ai rien dit, je ne suis pas un trafiquant de drogue.

Lorsqu'ils ont bombardé l'Irak, l'Afghanistan, le Pakistan, la Somalie et le Yémen, je n'ai rien dit, je ne suis  pas un terroriste.

Lorsqu'ils ont bombardé la Yougoslavie, la Libye et la Côte d'ivoire pour des raisons « humanitaires » je n'ai rien dit, cela avait l'air d'être une bonne raison.

Lorsqu'ils ont décidé que les graines OGM devaient doubler les récoltes et qu'on devait en semer partout, je n'ai rien dit, c'est sûrement pour le bien de tous.

Lorsqu'ils ont dit qu'il fallait étendre plus d'engrais, plus de pesticide sur les fourrages et donner plus d'antibiotiques et de faine animale au bêtail, je n'ai rien dit, je ne suis pas paysan.

Lorsqu'ils ont dit d'arrêter de faire pousser des jardins et des herbes médicinales je n'ai rien dit, j'habite en ville et j'achéte ma bouffe au supermarché.

Lorsqu'ils ont dit que toutes les maladies qu'on attrape viennent de notre génétique et non des additifs et autres saloperies qu'ils ajoutent dans notre nourriture, je n'ai rien dit, je ne suis pas nutritioniste.

Lorsqu'ils ont dit qu'il fallait prendre des médicaments de plus en plus forts pour combattre des maladies de plus en plus infectieuses, je n'ai rien dit, je ne suis pas pharmacien.

Lorsqu'ils ont décidé de nous vacciner massivement pour une épidémie inexistante de grippe je n'ai rien dit, je ne suis pas médecin.

Lorsqu'ils ont annoncé que fumer peut nuire aux spermatozoïdes, je n'ai rien dit, à 6 euros le paquet, j'avais déjà mal aux couilles.

Lorsqu'ils ont décidé de faire l'Europe malgré un référendum populaire qui disait massivement non, je n'ai rien dit, je ne suis pas un juriste.

Lorsqu'ils ont décidé que je payerai plus d'impôts qu'une personne qui gagne 80 fois mon salaire, je n'ai rien dit, je ne suis pas un économiste.

Lorsqu'ils ont dit qu'il fallait se serrer encore la ceinture pour repayer des trous financiers crées par des banques qui ont joué de l'argent qui n'était pas eux à la loterie de la Bourse mondiale, je n'ai rien dit, je ne suis pas comptable.

Lorsqu'ils ont décidé de faire tout le contraire une fois élu de ce qu'ils ont promis pour se faire élire, je n'ai rien dit, je ne suis pas politicien.

Lorsqu'ils ont décidé de nous ficher dans des dizaines de banques de données , je n'ai rien dit, je n'ai rien à me reprocher.

Quand ils ont annoncé que le Taser était sans danger, je n'ai rien dit, je me suis dit que le courant passerait mieux entre la jeunesse et les forces de l'ordre.

Lorsqu'ils ont dit qu'il fallait contrôler encore plus internet, je n'ai rien dit, je ne suis pas un hacker.

Lorsqu'ils ont décidé de faire des rafles en pleine rue pour vérifier des papiers d'identité, je n'ai rien dit, je suis d'ici.

Lorsqu'ils ont dit que c'était notre faute si il y avait un réchauffement climatique mondial je n'ai rien dit, je ne suis pas un scientifique.

Lorsqu'ils ont dit que les radiations des tests d'explosion nucléaires et les incidents nucléaires civils  n'occasionnaient aucune retombée radioactive sur  notre pays je n'ai rien dit, je ne suis pas météorologiste.

Lorsqu'ils ont pollué tous les océans avec leur pêtrole, leur Corexit, leur radioactivité, leur plastique , leurs poubelles, et empoisonné toute la chaîne alimentaire des poissons je n'ai rien dit, je ne suis pas océanographe.

Lorsqu'ils ont dit qu'il n'y avait aucun danger à se coller un téléphone mobile à l'oreille et à baigner dans une soupe d'ondes émises par des milliers d'antenne, je n'ai rien dit, je trouvais ça trippant de pouvoir parler à quelqu'un tout le temps.

Lorsqu'ils ont décidé de couper l'info sur l'actualité internationale à la TV pour du People,  je n'ai rien dit, j'aime le foot et les seins nus.

Lorsqu'ils ont dit qu'il fallait être plus productif pour moins de salaire et bosser plus longtemps dans ma vie pour une retraite qui n'existerait plus , je n'ai rien dit, je travaillais à deux emplois pour essayer de survivre.

Lorsqu'ils ont dit que la Terre était en surpopulation, je n'ai rien dit, j'étais enfin mort, le cerveau fondu  par une vie passée à stresser entre la pauvreté et mon boulot  pour des entreprises qui m'ont finalement jeté avant d'avoir à payer ma retraite, nourri aux anti-dépresseurs pour tenir le coup et combattre mes insomnies, bourré d'OGM , d'additifs alimentaires ce qui a rallongé la liste de médicaments à prendre que j'ai noyé dans des apéros en regardant mon match de foot à la  télévision, sans questionnement sur ma place dans la Vie et mon rôle dans la société.
Mais mes enfants, eux, ont peut être quelque chose à dire ?

Fin de transmission via Skynet (lorsqu'ils ont dit que Skynet était safe pour contrôler les drônes nucléaires...)
Marc Lafontan - juin 2011

1 mai 2007

La Ligue des droits de l’Homme appelle à voter et à faire voter, le 6 mai 2007, contre Nicolas Sarkozy.




LDH 138, rue Marcadet 75018 PARIS - e-mail : ldh@ldh-france.org TEL : (33) 01 56 55 51 00 - FAX : (33) 01 42 55 51 2

COMMUNIQUÉ Paris, le 28 avril 2007

Le 6 mai, barrons la route à l’autoritarisme,
votons pour défendre les droits et les libertés

Contre-pouvoir et association civique luttant contre l'arbitraire, l'injustice et l'intolérance, la Ligue des droits de l’Homme n’intervient dans le débat électoral que si le bon fonctionnement de la démocratie, l'effectivité de la citoyenneté et le respect des principes de liberté, d'égalité et de fraternité sont en jeu.

Nous venons de vivre cinq années de régression des libertés, de l’égalité et de la fraternité. Tous les pouvoirs ont été accaparés par un seul courant politique. L’autoritarisme, le recours aux moyens d’exception ont accompagné le renforcement du contrôle social, le choix du tout répressif, le recul des droits des justiciables, les attaques contre l’indépendance des juges. L’insécurité sociale a été renforcée pour les plus faibles, la protection sociale fragilisée, la précarité du travail encouragée. Les « marginaux », les « différents », les jeunes des quartiers défavorisés, ont été traités en boucs émissaires, les étrangers traqués jusque dans les écoles maternelles, les familles les plus démunies sanctionnées pour leur pauvreté.

Si Nicolas Sarkozy se voyait confier la plus haute charge de l’Etat, nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas : loi durcissant encore la répression pénale, nouvelle loi anti-étrangers, contrat de travail « unique » se substituant au CDI, sans parler du ministère de l’« identitaire » et de l’immigration… Il est de notre devoir d’alerter les citoyennes et les citoyens de ce pays : la poursuite et l’amplification de la politique menée depuis cinq ans ne serait pas un «rêve» mais un cauchemar. Nous ne voulons pas d’une démocratie muselée qui, parce qu’elle laisserait sur le bord de la route des millions de personnes, attiserait le communautarisme, le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie et ouvrirait la voie aux révoltes sociales.

Nous voulons une autre France : fière de sa diversité, soucieuse que chacun puisse réaliser ses aspirations, porteuse des libertés et rénovant sa démocratie. La France n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle met ses actes en accord avec son ambition séculaire de voir tous les droits valoir pour tous. Pendant qu’il en est temps, la LDH appelle les électeurs à choisir la solidarité et non la peur, le respect et non les menaces, l’égalité et non les discriminations.

La Ligue des droits de l’Homme appelle à voter et
à faire voter, le 6 mai 2007, pour Ségolène Royal.

 

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