13 octobre 2016

ZAD : Valls sans retour

8 cotobre 2016 : Le Chant des Bâtons (empruntée à ValK)

Par le Collectif Mauvaise Troupe, le 12 octobre 2016 | Source Indymedia Nantes 

Alors que nous écrivons ces lignes, le bruit de l'hélicoptère tente de briser notre concentration. Il tourne, désormais quotidiennement, là-haut où les avions ne volent pas, répandant sa rumeur de guerre et de reconquête. César1 guette et cherche à impressionner. Parfois il se met légèrement sur le flanc, pour nous mieux observer. Est-il surpris par la ronde des tracteurs qui depuis quelques jours déposent des balles de foin aux carrefours ? Par ces comités de soutien qui viennent repérer les lieux les plus stratégiques où ériger leurs barricades ? Par les formations qui chaque fin de semaine regroupent plus de cent personnes venues se préparer aux expulsions annoncées ? Peut-être l'est-il davantage encore de tous ces gestes qui perdurent. Sylvie et Marcel qui soignent leur troupeau, les moissons du sarrasin, un fest-noz célébrant la récolte de patates, quatre-vingt charpentiers bâtissant l'ossature d'un gigantesque hangar ou une bibliothèque tout juste inaugurée. Son regard peut-il embrasser avec les 2000 hectares toute la richesse de la vie qui les peuplent ? Celle qu'il prétend détruire dans le mois à venir...
 
 Les préparatifs d'une nouvelle opération d'occupation et de destruction du bocage à sept mois des élections présidentielles ont quelque chose d'irréel. Après un printemps de grèves, de blocages économiques, d'agitation de rue contre la loi travail, en plein état d'urgence, quel serait l'enjeu de transformer ce coin de campagne mais aussi la ville de Nantes en véritables poudrières ? Ce n'est certes pas seulement pour construire un aéroport de plus et ainsi honorer les « accords public-privé » avec la multinationale Vinci. S'il est vital pour les gouvernants d'écraser la zad, c'est qu'elle constitue une démonstration insolente d'une vie possible sans eux. Et d'une vie meilleure. À l'heure où la seule prise politique qui nous est proposée consiste à choisir, le nez bouché, le moins pire des affairistes en mesure de battre le FN (mais d'en appliquer le programme), le surgissement d'un territoire hors et contre le principe même de gouvernement leur est insupportable.

Car ici, l'expression « zone de non droit », qu'ils voudraient effrayante, a pris une acception radicalement positive. Contrairement à ce qui a lieu dans les rues des villes « policées », à la zad, personne ne dort dehors et chacun mange à sa faim. De grands dortoirs accueillent les arrivants, un « non-marché » hebdomadaire propose les légumes, la farine, le lait, le pain et les fromages produits sur place, sans qu'un prix ne vienne en sanctionner la valeur. Dans les nombreuses infrastructures collectives, mais aussi dans les échanges ou les travaux collectifs, les relations se basent sur la confiance et la mise en commun, à l'envers des logiques ayant cours qui s'appuient sur le soupçon et l'individualisme. Ce que les cyniques de tous bords taxent d'utopie irréalisable est éprouvé dans les gestes et la matière. Même l'absence de police et de justice - les gendarmes ne fréquentant plus la zone depuis 2013 - n'a pas produit le chaos que d'aucuns auraient imaginé et souhaité. Les opposants à l'aéroport ont démontré qu'ils étaient capables de vivre ensemble sans aucune tutelle les surplombant. Une communauté de lutte a donc patiemment vu le jour, nouant des liens tissés pour résister aux attaques comme au pourrissement. Tout ceci ne va pas sans heurts, évidemment, si déshabitués que nous sommes à décider nous-mêmes de nos devenirs. Nous réapprenons, nous apprenons, et rien n'est plus joyeux et passionnant que de se plonger dans cet inconnu.

C'est pour toutes ces raisons que la zad représente une véritable expérience révolutionnaire, de celles qui redessinent radicalement les lignes de conflit d'une époque. Le mouvement anti-aéroport s'étend aujourd'hui dans des pans de la société habituellement plus sensibles au chantage à l'emploi et à la crise qu'à la défense d'un bocage. Les salariés de Vinci, mais aussi de l'actuel aéroport, ont clairement exprimé, via leurs sections CGT, qu'ils rejoignaient la lutte et ne seraient jamais des « mercenaires ». De même, les lycéens et étudiants mobilisés au cours du mouvement contre la loi travail s'apprêtent à bloquer leurs établissements dès l'arrivée des troupes. Trop d'espoirs sont condensés ici pour que nous puissions être vaincus, il en va de notre avenir, de nos possibilités d'émancipation. Nombreux sont ceux qui le pressentent, se tenant prêts à transformer la bataille de Notre-Dame-des-Landes, si elle a lieu, en véritable soulèvement populaire, capable de rabattre l'arrogance d'un État qui pense pouvoir impunément casser les travailleurs, précariser la population, mutiler les manifestants, tuer Rémi Fraisse, Adama Traoré et tant d'autres, donner un blanc-seing à sa police et continuer allègrement sa chasse aux migrants.

Face à leurs fusils semi-létaux, face à leurs blindés à chenilles, nous aurons les armes séculaires de la résistance : nos corps, des pierres, des tracteurs et des bouteilles incendiaires, mais surtout notre incroyable solidarité. Peu importe que la partie soit inégale, elle l'était tout autant en 2012, quand après des semaines dans la boue, derrière les barricades, nous leurs avons finalement fait tourner les talons. Il y a quelques semaines déjà, alors que sous le hangar de la Vacherit l'assemblée du mouvement touchait à sa fin, un octogénaire se lève, un éclat de malice dans le regard et des cartons plein les bras. Il déballe fièrement les mille lance-pierres qu'il a fabriqués avec quelques complices pour projeter des glaçons de peinture. Tous rient, mais en essaient l'élastique. Car s'il faut à nouveau prendre les sentiers de la guerre pour défendre ce bocage, nous serons nombreux à le faire, ici, partout. C'est ce que nous avons affirmé ensemble une fois de plus lors de la grande manifestation du 8 octobre. Brandissant nos bâtons, nous avons scellé ce serment : nous défendrons ce bocage comme on défend sa peau ; policiers, soldats, politiciens, vous pouvez venir raser les maisons, abattre le bétail, détruire les haies et les forêts, ne vous y trompez pas : la fin de votre mandat ne suffirait pas à éteindre ce que vous embraseriez à Notre-Dame-des-Landes.

Collectif Mauvaise Troupe
 

3 février 2016

A Cahors, actions de soutien aux zadistes de NDDL : Communiqué

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Communiqué du Collectif Testet 46
Le président Hollande s’était engagé à attendre la fin des recours juridiques contre le projet d’aéroport de Notre dame des Landes. Ceux-ci ne sont pas épuisés : les recours contre les arrêtés lois sur l’eau et espèces protégées sont en appel, une procédure de pré-contentieux est encore pendante devant la Commission Européenne.

Pourtant au lendemain de la COP21, la multinationale Ago Vinci a relancé l'offensive juridique à l'encontre des paysans vivant sur le bocage dévolu par les élus et le gouvernement au bétonnage et à une construction au coût exorbitant d'un aéroport dont l'inutilité et la redondance ne sont plus à prouver.
En même temps que ce choix financier aberrant vise à la destruction de toute une économie locale, il est une menace écologique vis à vis d'une zone humide abritant une flore et une faune inestimable d'une rare diversité.

Nous, citoyens rassemblés sous le nom de Collectif Testet 46, informons qu'en solidarité avec les habitants-résistants de la zad (zone à défendre), nous menons et continuerons de mener diverses actions sur Cahors et alentours visant à sensibiliser la population quant à la gravité de cette situation.

Plusieurs rassemblements ont ainsi eu lieu en place publique. Un stand de vente de « crêpes solidaires » s'est également tenu sur le marché samedi matin qui a permis de récolter des fonds destinés aux occupants de la zad.

Samedi prochain 6 février nous serons à nouveau présents dans la rue avec notre bonne humeur et nos « vraies crêpes bretonnes » à 30 mètres du marché, au 68 rue Louise Michel (anciennement rue St James). Venez nous rejoindre !
AG à 14h le même jour, même adresse.

Contact : testet46[at]lists.riseup.net

sites info sur la "zad" :
  1. http://zad.nadir.org/
  2. http://www.acipa-ndl.fr/
vidéo sur la zad de NDDL :
  1. une réponse a la cop21 et a son monde : construire la Zad : Film de 26 min
  2. Notre Drame Des Landes film de 47 minutes

1 février 2016

Les dix casseroles de Vinci, bétonneur de Notre-Dame-des-Landes



Il est le deuxième groupe de BTP au monde. Et champion français du béton, concessionnaire d’autoroutes, de parkings, de stades, d’aéroports. Il veut saccager la zone humide de Notre-Dame-des-Landes. Mais Vinci, c’est aussi une liste, non exhaustive, de dossiers destructeurs de l’environnement. Et de juteux arrangements financiers. (...)
 
Suite sur Reporterre ..
 

9 février 2015

Les autoroutes, ou la chronique d’un suspense insoutenable…


Les carnets de Pierre Deruelle, 8 février 2015

Chronique d’un suspense insoutenable… et d’un soulagement !

C’est un peu long à expliquer, comme toutes les angoisses existentielles profondes, désolé par avance, je sais qu’aujourd’hui il est préférable que tout aille vite. Mais quand même.

Pour ce qui est d’aller vite, donc, en France, la plus grande partie des presque 8000km de réseau autoroutier appartiennent à Eiffage ou Vinci, les tronçons restants allant à quelques autres sociétés (Adelac, Albea, Alicorne, Alis, Atlandes, ATMB, SFTRF, SMTPC…) qui se partagent les miettes du gâteau en bitume.

Depuis 2002, l’État s’est désengagé progressivement des sociétés public/privé de gestion des autoroutes alors que celles-ci devenaient justement rentables. Faire faire du bénéfice à l’État avec des biens financés par l’État, quelle idée saugrenue, vous en conviendrez ! Il était bien normal que des infrastructures routières financées par les citoyens, les impôts directs ou indirects, l’argent public donc, rapportent finalement à des sociétés privées. Sur ce point, depuis 2002, PS et UMP sont sur la même longueur d’onde, et tous ceux qui n’ont point les mains sur le volant se les frottent gaiement.

Ces privatisations auront notamment permis d’augmenter les tarifs des péages en moyenne de 1,97% par an entre 2006 et 2013. Les citoyens ont payé pour la construction de ces autoroutes, quoi de plus logique que de les faire payer encore plus cher pour avoir le droit de les emprunter !

L’autorité de la concurrence française s’est penchée sur le sujet, et a constaté en 2014 avec un large sourire, que l’ensemble des sociétés autoroutières sont « très rentables », entre 20% et 24%, suivant les sociétés, une fois qu’on a déduit les investissements, les frais financiers et les impôts. Les actionnaires peuvent souffler. Car vous ne vous en rendez certainement pas compte, mais le prix du plein d’un Falcon 8X de chez Dassault, ce n’est pas exactement le prix du plein de votre Dacia.

Ces 7 principales sociétés ont ainsi engrangé un bénéfice net cumulé de 1,8 milliard d’euros en 2013. Jusque là, vous me direz, pas de quoi s’alarmer pour elles. C’est une affaire qui roule, vous en conviendrez, même si on peut toujours accélérer !

Mais voilà, il a fallu que Ségolène Royal, la bolchévique du Poitou, mette son grain de sel dans l’histoire, et commence à parler récemment de “gel des tarifs en 2015”. Bon certes, pas de quoi déclencher une grève du CAC40, mais tout de même ! Les sept concessionnaires historiques ont distribué 14,6 milliards d’euros de dividendes depuis 2006 à leurs actionnaires, il ne faudrait surtout pas les freiner sur cette lancée. Tu pars en vrille, Ségolène !

D’autant qu’à l’aube du XXIème siècle, quand Pôle Emploi te dit qu’il faut être “mobile”, “flexible”, prêt à “faire des bornes” pour travailler, et que les actionnaires se frottent opportunément les mains, ce n’est pas vraiment le moment de jeter du sable dans les rouages de la machine à cash.

C’est là qu’à commencé mon angoisse existentielle. Je me suis dit : “mais merde, les pauvres, comment ils vont faire pour engranger des milliards de bénéfices si on gèle les tarifs ?”. Je n’en dormais plus la nuit.

La journée, je passais à un maximum de péage, jetant par la fenêtre des billets de 50€, en signe de solidarité. Je tombais parfois volontairement en panne, histoire de leur signer un chèque de 184,26 € TTC pour être dépanné.

La situation était désespérée. Il fallait intervenir.

Je commençais alors à me pencher sur la rédaction d’un projet de taxe carbone sur les véhicules des particuliers, taxe qui pourrait être directement collectée et encaissée par les sociétés autoroutières, pour compenser les émissions de carbone de leurs Falcon.

Envoyer le tout au ministère de la stalinienne du marais poitevin, ou au sémillant Rothschildien décomplexé Emmanuel Macron ? Le dilemme était cruel. Je restais prostré.

Et puis voilà, le soulagement est ENFIN arrivé ce matin, en ouvrant le JDD. Je ne vous dit pas comment je me suis senti enfin déchargé d’un fardeau immense.

Vraiment, merci François.
JDD Hollande autoroutes
Capture d'écran de 2015-02-08 15:00:14
  
voir en ligne :www.pierrederuelle.com/les-autoroutes-ou-la-chronique-dun-suspense-insoutenable/

18 janvier 2015

La "loi Macron" serait une catastrophe pour l'environnement


Par Marie Astier, Reporterre | vendredi 16 janvier 2015

Le préfet employé par un trust immobilier dicte la loi contre l’environnement


Pendant que tout le monde regarde ailleurs, le projet de loi dit Macron avance tranquillement à l’Assemblée nationale. Plusieurs de ses dispositions visent à affaiblir la réglementation protégeant l’environnement. En s’appuyant sur le travail d’un haut fonctionnaire employé par le troisième groupe mondial de l’immobilier commercial...

C’est un simple article, qui pourrait à lui seul bouleverser le droit de l’environnement. Plus précisément, il s’agit de l’article 28 du projet de loi Macron.
Son objectif est une « modernisation du droit de l’environnement », dit le gouvernement dans l’exposé des motifs du projet de loi. Surtout, il voudrait réduire le délai d’obtention d’un permis de construire à moins de cinq mois, pour relancer les secteurs de l’immobilier et du bâtiment.

Une modernisation urgente, apparemment, puisque l’article prévoit qu’elle se fera par ordonnance. Le procédé autorise le gouvernement à écrire des lois sans passer par le Parlement.

Que contiendront ces ordonnances ? L’étude d’impact de la loi nous renseigne sur le sujet. Dans l’explication de l’article 28, il est précisé qu’il servira à mettre en œuvre, entre autres, les mesures conseillées par « la mission sur l’accélération des projets de construction. » Une mission « confiée au Préfet Jean-Pierre Duport », ajoute le texte.


L’ancien préfet travaille pour Unibail-Rodamco

Ce haut fonctionnaire a un CV bien fourni : il a été préfet de Seine-Saint-Denis puis de Paris, président de Réseau Ferré de France, directeur de cabinet de Chevènement quand il était à l’Intérieur, etc.


- Jean-Pierre Duport -

Surtout, fort de cette expérience dans l’urbanisme public, il est désormais conseiller spécial du Président d’Unibail-Rodamco.


Cette entreprise est le « premier groupe européen côté d’immobilier commercial », indique-t-elle sur son site internet. C’est aussi le troisième groupe mondial du secteur : il gère des centres commerciaux, des centres des congrès et des immeubles de bureau.

Parmi les projets en développement, on trouve la rénovation du forum des Halles à Paris, ou, tiens, le projet de centre commercial de Val Tolosa, dont Reporterre vous a déjà parlé. Les opposants à Val Tolosa ont même été invités lors de notre rencontre sur les grands projets inutiles.
 


Celui qui va être le principal inspirateur de la réforme du droit de l’environnement est donc salarié de l’un des principaux promoteurs et gérant d’immobilier commercial en Europe. Un exemple de plus des conflits d’intérêt qui infestent la haute fonction publique, et rappelle, entre autres, l’exemple du préfet Hagelsteen devenu employé de luxe chez Vinci.

La participation du public supprimée ?

Les promoteurs immobiliers ont bien fait en recrutant M. Duport. Car l’article 28 du projet de loi Macron pourrait effectivement leur simplifier la vie. Concrètement, il pourrait par exemple aboutir à ce que, pour certains projets immobiliers, il ne soit plus possible de faire appel une fois d’un décision du tribunal administratif. Par ailleurs, pour les permis de construire, en cas de recours, le dossier serait transmis au préfet alors qu’actuellement c’est le maire qui prend les décisions.

Mais surtout, le processus des enquêtes publiques serait modifié... « Dans certains cas, la participation du public pourrait être tout bonnement supprimée », craint l’avocat Arnaud Gossement, qui a consacré plusieurs articles de son blog à l’article 28. La consultation publique pourrait notamment être limitée « quand le projet est déclaré d’intérêt public », explique l’avocat.

Mais surtout, ce qui met le juriste en colère, c’est que « cette réforme n’est pas née au ministère de l’Ecologie, elle est née à Matignon, quand Manuel Valls est arrivé. (…) Elle est totalement démagogique, elle dit aux constructeurs échaudés par la loi ALUR [loi Duflot – pour l’accès au logement et un urbanisme rénové - NDLR] ’vous voyez on va faire quelque chose’. Sauf que le gouvernement oublie que 85 % du droit de l’environnement est fait par l’Union européenne. »

Les députés n’ont pas pu lire le rapport... qui fonde le projet de loi

Outre le contenu de la réforme, la procédure choisie par le gouvernement fait aussi grincer des dents. Le procédé des ordonnances pose un vrai « problème démocratique », déplore Arnaud Gossement. Car le rapport de M. Duport n’a pas été encore rendu. Certains le croient prévu pour avril, d’autres pour mars. Ce qui est certain, c’est qu’il sortira après l’examen du projet de loi par les parlementaires, qui a déjà commencé en commission et devrait se poursuivre fin janvier en séance publique.

Pour le juriste, cela revient à demander aux parlementaires de voter un texte dont ils ne connaissent même pas le contenu : « Le gouvernement veut un chèque en blanc pour traduire le rapport Duport en mesures juridiques. » Le procédé pourrait même être anticonstitutionnel. « Les ordonnances sont normalement réservées à des domaines techniques et doivent être très précises », poursuit-il. Or l’article 28, au contraire, ratisse large.

La député socialiste Sabine Buis s’insurge elle aussi de la méthode choisie par le gouvernement. Elle a déposé un amendement demandant la suppression de cet article du projet de loi. « On ne peut pas s’asseoir sur la démocratie ! Je suis gênée de savoir qu’il n’y aura pas de débat parlementaire alors que ceux qui prennent les coups sur le terrain, dans ces projets, ce sont les élus », insiste la représentante du département de l’Ardèche.

« J’étais vraiment contente quand j’ai entendu le discours du Président de la République à la conférence environnementale, se rappelle-t-elle. Il disait que le chantier sur la démocratie participative est fondamental. Je déplore qu’il ait fallut le drame de Sivens pour s’en rendre compte, mais j’ai cru qu’ils avaient enfin saisi l’importance du sujet. Et là, je me rends compte qu’il n’y aura pas de chantier. Ils considèrent qu’il est réglé simplement avec cet article 28... »
 
 
L’élue se doute qu’elle n’arrivera pas à faire supprimer cet article 28 lors des discussions en commission, commencées lundi 12 janvier et qui doivent se terminer dimanche. Pour apaiser la critique, le gouvernement a préféré négocier un amendement dit « de repli » : « Il propose que les ordonnances soient rédigées par le Conseil national de la transition énergétique ». Ce conseil doit être consulté sur les projets de loi concernant l’environnement ou l’énergie. « Mais ce n’est pas du tout leur job d’écrire des textes de loi », conteste la députée.

« Ils ont réunit le conseil en urgence il y a quelques jours, confirme Arnaud Gossement, mais en réalité c’est le rapport Duport qui sera pris en modèle. »

Sabine Buis attend donc la discussion en séance publique, à partir du 26 janvier, pour contester à nouveau l’article. Car selon elle, « l’erreur commise par ce projet de loi c’est de croire que l’on fera plus de croissance en s’asseyant sur l’environnement et la démocratie. »

ON ATTEND L’EXPLICATION DE MATIGNON

La société Unibail n’a pas répondu à nos questions.

Quant au service de communication du Premier ministre, il nous promet par courriel une réponse : "Bonjour, Nous accusons réception de votre demande. Nous ne manquerons pas de revenir vers vous dans les meilleurs délais. Bien cordialement. Service Communication. Cabinet du Premier ministre".

UN SOCIALISTE... QUI CACHE SON NOUVEL EMPLOYEUR

Le 24 janvier prochain, l’Institut Tribune Socialiste, qui s’inscrit dans la lignée du PSU (Parti socialiste unifié, qui était, dans les années 1970, un parti à gauche du PS de l’époque, qui était alors beaucoup plus à gauche qu’il ne l’est aujourd’hui), cet institut, donc, organise une journée de réflexion sur la démocratie :
 

Très bien. La journée est animée par Marie-Christine Blandin, sénatrice écologiste et personne très estimable, et rassemble des personnes tout aussi estimables. Et puis, également, M. Duport :

- 


Dont la présentation n’indique pas qu’il est présentement employé par Unibail-Rodamco. Cela serait pourtant un éclairage fort utile pour les auditeurs. Qui pourraient ainsi réfléchir concrètement à la différence entre démocratie et oligarchie...


Source : Marie Astier pour Reporterre : http://www.reporterre.net/Le-prefet-employe-par-un-trust

 

7 septembre 2014

AGRI 2000 et AGRI ENVIRONNEMENT, Vinci soit-il



AGRI 2000 et AGRI ENVIRONNEMENT sont les deux sociétés qui ont réalisé la déforestation pour la ligne LGV Tours-Bordeaux, chantier piloté par… Vinci (voir ici et ici). Et oui, toujours les mêmes !

Depuis mercredi, elles défoncent la zone humide du Testet dans le Tarn. Voici les moyens qu’elles déploient, grâce aux soldats de l’empire.


Lire la suite ici...

20 février 2014

Vinci : la vérité sur un empire (Politis)


Politis | 20 février 2014

De la finance aux autoroutes, des aéroports à la promotion immobilière, en dix ans, Vinci est devenu une machine à aspirer les fonds publics.

Les bétonneurs ne désarment pas à Notre-Dame-des-Landes. Les dernières autorisations préfectorales ont été publiées et Vinci – le constructeur et futur concessionnaire – espère débuter les travaux avant l’été, au prix d’une nouvelle opération d’expulsion des centaines d’opposants installés sur les lieux : 1 500 hectares de terres humides devenus, en quatre ans et demi, le haut lieu de la résistance à la folie bétonnière.

Derrière « l’affaire » Notre-Dame-des-Landes, se cache un groupe à l’appétit insatiable. Vinci, qui étend sa toile comme il multiplie ses filiales, est devenu le leader occidental du BTP. De la finance aux autoroutes, des aéroports à la promotion immobilière, en dix ans, Vinci est devenu une machine à aspirer les fonds publics. Aux côtés d’Eiffage et de Bouygues, avec qui Vinci forme l’oligopole du BTP français, le groupe rafle, en nombre, les juteux contrats de partenariats public-privé (PPP) consistant, pour des collectivités en mal de ressources publiques, à déléguer au privé la construction et la gestion de leurs équipements. Là encore imposées par les politiques d’austérité, les concessions de service public parachèvent cette discrète mais massive privatisation, qui se fait au détriment du contribuable… et au profit de Vinci.

Après le départ d’Antoine Zacharias, son PDG qui a fait scandale avec ses mirobolantes rémunérations, le groupe a su polir son image. À grand renfort de mécénat et de communication, Vinci s’affiche aujourd’hui comme une multinationale responsable et généreuse, parvenant ainsi à garder sous silence ses manœuvres d’« optimisation fiscale », le dumping social qui sévit sur ses chantiers ou le fiasco des PPP pour les finances publiques. L’entreprise peut aussi compter sur le soutien indéfectible de la classe politique, qui assure la survie d’un système de dépendance qu’elle a elle-même installé.

Mais le vent tourne. À Notre-Dame-des-Landes, comme ailleurs en Europe, le mouvement citoyen se renforce contre les projets inutiles et coûteux. Par son opiniâtreté, il ébrèche l’image de Vinci et contribue à exposer au grand jour les rouages de son ascension.
 

11 avril 2013

Vinci et corruption en Russie



Par Camille Martin (Reporterre), mardi 9 avril 2013



En Russie, Vinci participe au projet d’une autoroute très controversée, détruisant la forêt de Khimki. Le montage financier associe la firme française à des entités basées en Chypre. Vinci est accusée de participer à la corruption en Russie. Lors de sa visite à Moscou, François Hollande a dit qu’il parlerait à la direction de la firme.


L’entreprise Vinci est engagée dans un projet d’autoroute en Russie entre Moscou et Saint Petersbourg. Ce projet est vivement contesté par les écologistes locaux, qui s’insurgent contre la destruction de la magnifique forêt de Khimki qu’impliquerait cette autoroute, dont l’utilité n’est au demeurant pas assurée.

Vinci est accusée de s’être associée dans cette entreprise à des partenaires liés à la mafia et au blanchiment d’argent. (...)
 

 

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