29 juin 2016

De quoi Youlountas est-il le nom ?


Si l'on fait abstraction du mépris et de l'arrogance des propos dénigrant la Nuit Debout recueillis dans l'extrait (copie d'écran) ci-dessus, l'ensemble de la critique des aléas en cours de la lutte faite par Yannis Youlountas n'est pas totalement dénuée d'intérêt. 

 Voir sur son blog  (source)

Il n'en reste que l'on ne sait toujours pas au nom de qui, de quoi, de quels collectif ou groupuscule ce monsieur s'exprime, ce qui tend à rendre parfaitement gratuites ses accusations discriminatoires, lesquelles par ailleurs laissent supposer qu'à contrario il existerait une force militante omniprésente (anarchiste..) veillant en toile de fond au grain (et au maintien des dogmes anticapitalistes "purs") telle l'ange gardien. 
Vade retro..

PS: Mais au fait, où diable Yannis était-il lorsque (il n'y a pas 6 ans) les "indignés" d'Europe marchaient à pied -pas en avion-, poussant sur des centaines de km à travers "le root" de cette Europe dévoyée dont EUX contestaient avec limpidité la logique absurde, des caddies de supermarché transportant l'indispensable, et suscitant partout de villes en villages des AG citoyennes conviviales ? https://alter-lot.blogspot.fr/2011/08/marche-des-indignes-appel-soutien.html
https://alter-lot.blogspot.fr/2011/07/les-indignes-arrivent-cahors.html


Et où diable les anarcho.. (..staliniens ?) étaient-ils lorsque le mouvement "#Occupy", porté par un désir de liberté  formidable se faisait littéralement lyncher debout par les brigades sarkosiennes sur le site notamment de (Paris) La Défense ? https://alter-lot.blogspot.fr/2011/11/occupy-la-defense.html
https://alter-lot.blogspot.fr/2011/09/les-indignes-matraques-paris.html
https://youtu.be/KoD7L1FCtqE ?

mystère ...
  

Salut à toi ...



9 avril 2016

Quelques réflexions sur l’actualité « Nuit Debout »…


« Afin que la lutte ait une signification, les opprimés ne doivent pas, en cherchant à reconquérir leur humanité, devenir à leur tour des oppresseurs, mais ils doivent plutôt restaurer l’humanité dans les deux parties. Ceci donc, est le grand objectif humaniste et historique des opprimés: se libérer eux-mêmes ainsi que leurs oppresseurs. »
~ Paolo Freire, 1970 ~

Nuit Debout… Liberté Partout ou Répression Surtout ?

Résistance 71

8 Avril 2016

Note: Nous plaçons sous ce billet une petite bibliographie pouvant être utile à diffuser sans modération surtout aux plus jeunes “nuiteux”. En section commentaire nous plaçons un remarquable documentaire sur l’organisation des collectifs espagnols en Aragon, Andalousie, Castille, Levant et Catalogne dans l’Espagne de la révolution sociale de 1936. A voir en famille et à diffuser également sans modération !
Le mouvement politique populaire français récent nous suggère ces quelques brèves réflexions à mettre dans sa poche, mouchoir par dessus, çà ne mange pas de pain.

Suite sur Résistance 71 ....

10 janvier 2015

Message Important (vidéo): Vous êtes l'évolution

Voici un message important, peut-être même le plus important d'aujourd'hui
Celui de de Charlie ... Chaplin en 1940, plus moderne que jamais !

Prenez le temps de le regarder, notre liberté est en danger !






Norvège 2011:


USA 2001- France 2015:

 

12 octobre 2014

M6R, un rendez-vous historique à ne pas manquer


Les Inénarrables | par Judith Bernard | 11 octobre 2014 (Via le Blog du Plan C)

Le tirage au sort : un rendez-vous historique à ne pas manquer



Il se passe quelque chose. En France, en ce moment, enfin. Le Mouvement pour la 6ème République, dont je suis signataire, a recueilli plus de 45 000 signatures à l’heure où j’écris ces lignes. C’est bien plus que les militants du parti auquel appartient son instigateur, Jean-Luc Mélenchon. Se produit donc ce qu’on pouvait prévoir et espérer : ce mouvement ne sera pas un énième bidule politicien propre à sombrer dans le naufrage électoral qui nous désespère ; il est dès les premiers jours investi en masse par des citoyens soucieux de se réapproprier la souveraineté politique dont ils s’estiment dépossédés.

Parmi eux, de plus en plus font valoir les vertus du tirage au sort comme procédure de désignation des Constituants qui seraient appelés à produire les règles institutionnelles de la 6ème République. Je suis de ceux-là, et je l’ai fait savoir dès les premiers jours, dans ma déclaration d’adhésion au m6r (http://www.m6r.fr/2014/10/souverainete-du-peuple-contre-souverainete-du-capital/) ; Jean-Luc Mélenchon a admis d’emblée que le débat sur la question devait être ouvert dans le mouvement.

Depuis, la polémique fait rage dans les réseaux sociaux, entre détracteurs et défenseurs du tirage au sort. C’est en cela, déjà, qu’il se passe quelque chose : on retrouve un débat à haute teneur politique, animant les fils de discussion des blogs ou de Facebook, d’une spectaculaire intensité… Comme en 2005. Année décisive, où la société s’était emparée du débat sur le Traité Constitutionnel Européen, où de « simples citoyens » s’étaient procuré le texte du projet de TCE, l’avaient lu et étudié, avaient consulté les juristes, les économistes et qui bon leur semblait, là où on pouvait les interpeller – sur la Toile – et en avaient conclu qu’il fallait refuser le TCE. Le peuple français avait voté « non », en dépit d’une machine médiatique puissante au service du « oui ». Puis les gouvernants confisquèrent la souveraineté populaire, et imposèrent le Traité de Lisbonne.

Mais quelque chose était advenu, pourtant, que plus rien ne pourrait défaire : le peuple avait conquis son autonomie de jugement, s’était estimé capable de délibérer et d’arbitrer sur une complexe question institutionnelle ; indépendamment de la pseudo-expertise dont les éditocrates inondaient les médias, le peuple avait produit une analyse pertinente et fondée, et récusé la proposition institutionnelle qui lui était faite – la marche à la fois désastreuse et autoritaire des institutions européennes organisées par ce Traité prouve que la multitude ne s’était pas trompée.

Ce qui est advenu alors ne s’est pas défait depuis. Ce qui a commencé, c’est un processus de subjectivation : celui par lequel la multitude prend conscience de sa puissance de jugement, de sa légitimité à arbitrer le destin commun… et de sa dépossession objective par des institutions qui permettent aux élus de trahir les électeurs qui les ont portés au pouvoir. Les citoyens ont changé de statut ; d’objets qu’ils étaient, assujettis à des politiques indifférentes au bien commun, ils sont devenus des sujets : concernés par la chose commune, estimant avoir voix au chapitre et autant de lumières pour juger de l’intérêt général que les élites qui les condamnaient avec constance au marasme économique et social.

Le peuple français n’a d’ailleurs pas le mérite exclusif de ce processus de subjectivation politique – ni non plus la souffrance exclusive de se le voir dénié : c’est un mouvement planétaire, un rendez-vous historique, que l’année 2011 a rendu particulièrement manifeste : Printemps arabe, mouvement Occupy Wall Street, Indignados, Printemps d’Erable… En d’innombrables points du globe, le même phénomène est apparu : des foules se mobilisaient et exigeaient que la démocratie, ce beau principe, se réalise en effet – que le peuple soit concrètement reconnu dans sa dignité et sa souveraineté, par des politiques réellement soucieuses de l’intérêt général. Au-delà des évidentes différences locales, considérables et sur lesquelles il n’y a pas lieu de s’étendre ici, un point commun émerge, puissamment instructif : ces mouvements sont tous nés en dehors des partis, loin des institutions politiques traditionnelles, que pour la plupart ils récusaient1.

La multitude est entrée dans LE politique, en contestant les formes anciennes de LA politique. Et c’est ce qui se passe en ce moment dans le m6r, et c’est en cela qu’il se passe quelque chose – en France, en ce moment, enfin.

Et comme les Français ne font rien comme les autres, et qu’en matière politique ils ne détestent pas expérimenter des choses nouvelles, nous voici embarqués dans une situation tout à fait inédite et passionnante : le m6r, lancé par un politicien tout ce qu’il y a de plus professionnel (Jean-Luc Mélenchon), suivi par nombre de ses militants (du Parti de Gauche, d’Ensemble…) procède en partie de LA politique ; il s’agit de constituer une force politique qui puisse être candidate à l’élection présidentielle de 2017, sur la base d’un programme explicite – convoquer une constituante, édifier la 6ème République. Mais, offert à la multitude comme un mouvement et non comme un parti, disponible aux propositions de ses membres et ne se fixant pas de ligne idéologique ni méthodologique préalable, il est en position d’être investi par LE politique : tout ce peuple arrivant du dehors des institutions et des partis, qui s’engouffre et réclame une autre manière de faire de LA politique.

Alors évidemment, il y a des frictions. La polémique sur le tirage au sort se situe exactement sur cette ligne de fracture, entre professionnels de la politique et non professionnels, entre partisans des méthodes politiques traditionnelles et défenseurs d’un autre paradigme. Exactement à l’endroit où LE politique et LA politique s’efforcent – avec peine – de s’articuler ensemble. Nul ne sait ce qui ressortira de cette friction, ni si nous parviendrons à surmonter les vives résistances qui se font entendre de part et d’autre. Il me semble pourtant que le jeu en vaut la chandelle, que les circonstances sont favorables, et que l’heure est venue.

Pour ce qui me concerne, comme je l’ai dit, je suis de ceux qui croient nécessaire de changer de paradigme, et de bouleverser la règle du jeu dès la convocation de la Constituante, en introduisant du tirage au sort pour une majorité, voire la totalité, des Constituants. Notre proposition suscite chez les partisans de la politique traditionnelle beaucoup d’effarement et d’exaspération – ce que je comprends fort bien mais sur quoi je ne peux pas faire grand chose ; nous sommes là dans un régime passionnel peu propice à l’analyse rationnelle. On nous oppose aussi des arguments intéressants, et à ceux-là je souhaite répondre ; car ce qui se joue dans cette affaire, au delà des affects qui enveniment les échanges, c’est un débat de philosophie politique exigeant auquel nous ne pouvons pas nous dérober.

On nous oppose par exemple le problème de la lutte des classes (dont le tirage au sort nierait l’existence) ou de la conscience de classe (dont les tirés au sort seraient dépourvus). Postuler aujourd’hui qu’il n’y a pas de conscience de classe spontanée, c’est ignorer le fait historique que j’ai rappelé précédemment : l’émergence du politique, en dehors des partis et des institutions. Les mobilisés d’Occupy Wall Street, les Indignados du 15 de Mayo, tous les individus qui se sont engagés dans des mouvements sociaux exigeant dans la forme et dans le fond la démocratie réelle, n’ont pas attendu d’être formés (et encore moins représentés) par des partis pour comprendre où étaient les intérêts qui les opprimaient, et quels étaient les intérêts qu’ils avaient à leur opposer.

Le fonctionnement oligarchique des « démocraties » contemporaines est de toute façon devenu si spectaculaire qu’il suffit désormais d’être un citoyen quelconque pour s’éprouver comme dépossédé d’une souveraineté visiblement détenue par une toute petite, mais très puissante, classe d’intérêts : celle du capital. Qu’on appelle cela les « 1% », les « ultra-riches », ou « le capital », l’analyse ne change finalement guère : chacun constate que les arbitrages politiques et institutionnels se font toujours en faveur d’une petite classe dominante, et au mépris de l’intérêt des peuples. Proposer le tirage au sort, ce n’est pas nier la lutte des classes : c’est au contraire en prendre acte, considérer qu’elle a lieu en effet, jusque dans les campagnes électorales, les procédures de désignation des représentants et les arbitrages rendus par le corps politique. C’est considérer les institutions politiques contemporaines à l’aune de ce que disait Warren Buffet, parlant au nom des ultra-riches dont il fait partie : « la lutte des classes existe, et c’est nous qui l’avons gagnée ». Oui : jusqu’ici ils l’ont gagnée en effet, les institutions politiques contemporaines sont façonnées en faveur de cette classe, et c’est précisément ce qu’il faut abroger. De cela, de plus en plus de citoyens sont parfaitement conscients.

Certes, tout le monde n’a pas dormi dans un duvet avec les Indignés à la Défense, et la plupart des gens se tiennent à distance de ces actions politiques éprouvantes, coûteuses en temps, en énergie, en espoir, même. Mais ceux qui restent chez eux ne sont évidemment pas indifférents ; lorsqu’ils s’abstiennent de voter, ça ne veut pas dire qu’ils s’abstiennent de penser – loin de là ! -, et ça ne veut surtout pas dire qu’ils sont « incompétents » pour juger du destin collectif.

Bien sûr, ils seraient très impressionnés s’ils se voyaient tirés au sort pour décider des institutions d’un nouveau régime politique. Moi-même, je serais effrayée par l’ampleur de la tâche, la lourdeur de la responsabilité, la peur de me tromper. Nous le serions tous. Pourquoi dès lors faire ce pari redoutable ? Parce que c’est le pari du processus constituant. C’est le principe de la subjectivation politique, appliqué à l’individu. Quiconque se voit en situation de devoir réfléchir sur le destin commun se hisse à la hauteur la responsabilité qui lui échoit. La chose s’observe à chaque fois qu’on se donne l’occasion de la faire advenir : dans les jurys citoyens, tirés au sort pour des consultations spécifiques ou dans le cadre des jurys d’assises, dans les Etats du monde où le tirage au sort a été utilisé pour convoquer des Constituantes ou d’autres assemblées politiques (Islande, Irlande, Ontario, Colombie Britannique).

Comment cela est-il possible ? N’ayant pas été distingué par une procédure électorale, le tiré au sort ne s’estime pas meilleur que les autres ; il arrive avec l’humilité de celui que seul le hasard a promu à cette place. Il ne s’éprouve pas non plus représentant d’un parti dont il aurait à défendre la ligne politique, et encore moins l’image médiatique ; dépouillé de ces effets d’importance ou de spectacle, le tiré au sort se présente comme essentiellement démuni. Il arrive avec sa seule expérience personnelle, son terrain professionnel, son vécu à lui augmenté de celui de ses proches, et n’a plus, pour délibérer et pour arbitrer, que son intelligence propre : c’est énorme, c’est même la seule chose qui soit indispensable pour concevoir des institutions politiques vertueuses. Il entre dans le débat avec les autres tirés au sort avec la seule arme de l’intelligence – dont je crois comme Jacques Rancière2, et comme Jacotot avant lui, que nous en disposons tous à égalité. Si nous ne sommes pas tous également entraînés à l’employer et à l’exprimer, le processus constituant offre les conditions favorables pour ne pas disqualifier les moins entraînés : il suffit d’y appliquer les règles de la délibération qualitative et productive, relatives à la prise de parole dans les assemblées et expérimentées intuitivement dans la plupart des mouvements de démocratie réelle.

Le tiré au sort n’a donc pas à devenir législateur « de but en blanc » : il le devient peu à peu, dans le temps du processus constituant. Car on lui donne le temps et les conditions d’un débat éclairé : les tirés au sort peuvent consulter des experts, disposent d’un long temps d’examen des questions qu’ils ont à trancher, et élaborent dialectiquement le produit de leur intelligence collective. Bien sûr il n’y aura aucun consensus a priori : la dimension dissensuelle de la démocratie se jouera dans ces débats comme ailleurs, et l’arbitrage devra se faire à force de délibération et d’argumentation relative à l’intérêt général – et à celui-là seul.

On nous oppose qu’ils n’auraient aucune responsabilité, puisqu’ils ne seraient mandatés par personne, et que la Constitution ainsi produite n’aurait aucune légitimité. Outre qu’on voit mal quiconque se sentir « irresponsable » en telle circonstance – c’est préjuger très défavorablement des dispositions civiques des citoyens à qui on reconnaît pourtant sans sourciller le droit de vote dans le cadre du suffrage universel, c’est surtout méconnaître les conditions dans lesquelles une telle Constituante serait amenée à travailler : évidemment, sous le regard du peuple qu’elle représente, sous la forme de la transparence des débats (filmés ou retranscrits et diffusés via Internet). Et surtout, sous la forme de la validation (ou non) par voie référendaire, de la Constitution qu’elle aurait ainsi produite. La procédure supposerait de soumettre le résultat du travail de la Constituante article par article, ou module par module, au suffrage de la nation, par la voie du référendum. On ne saurait organiser de conditions plus favorables à la responsabilisation des Constituants que cette sanction in fine par les urnes, et aussi longtemps qu’il sera nécessaire pour produire une Constitution qui obtienne l’assentiment de la nation. On ne saurait non plus discuter de la légitimité d’une telle Constitution, élaborée sous le regard du peuple, et validée par lui par la sanction des urnes.

Où l’on voit qu’un tel dispositif, loin de dépolitiser la société, la politiserait au contraire massivement. Les partis politiques ne disparaissent pas : ils continuent d’animer le débat public sur ce qui leur paraît être l’orientation institutionnelle à privilégier. Ils jouent ainsi un rôle « consultatif », et continuent d’exprimer les grandes orientations idéologiques qui ont à se faire entendre. Ils continuent en outre à former les candidats susceptibles de se présenter aux élections que la Constituante aura jugé de bon de maintenir dans telle ou telle institution de la 6ème République. La multitude, quant à elle, n’est pas évincée non plus : elle est susceptible d’observer la totalité du processus constituant, via la transparence des débats, et surtout, elle a à se prononcer sur le résultat, dans son ensemble ou dans ses parties. Si bien que loin de « jeter le bébé avec l’eau du bain » (soit : jeter le vote avec l’élection de représentants) le processus constituant par tirage au sort amène le peuple à délibérer et arbitrer presque tout le temps ! On ne supprime que l’élection des représentants (et pour la seule Constituante, encore), on garde évidemment, et même le plus possible, le vote… pour les lois !

C’est donc justement parce que nous croyons dans le politique, et que nous entendons l’étendre à l’ensemble de la société, que nous militons pour ce changement de paradigme. C’est, nous semble-t-il, la condition pour faire advenir le « peuple souverain » qui fonde la démocratie authentique, et que le m6r s’efforce d’édifier. C’est surtout, à l’évidence, le moment historique pour le faire.

1 Cf. Sandra Laugier et Albert Ogien : Le principe démocratie, Enquête sur les nouvelles formes du politique, La découverte, 2014.

2 Cf. Jacques Rancière : Le Maître ignorant, cinq leçons sur l’émancipation intellectuelle, 1987. The following two tabs change content below.
 

23 juin 2014

Podemos un parti leurre ?

30 mars 2014

Médias de France : loin de l’Espagne et des mobilisations sociales contre l’austérité


Acrimed | par Blaise Magnin, le 27 mars 2014

Samedi 22 mars, les Espagnols se mobilisaient en masse contre les politiques d’austérité impulsées depuis 2010 par l’Union européenne et mises en musique par les gouvernements socialiste, puis conservateur, suite à la prétendue crise des dettes souveraines. Au-delà de l’information que constituait en elle-même cette combativité sociale dans un pays majeur de l’UE à quelques semaines des élections européennes, ces manifestations fournissaient aussi une occasion idéale pour informer en profondeur sur la situation économique et sociale dramatique que connaît le pays, avec, entre autres indicateurs désastreux, un taux de chômage de plus de 25 % – 55 % chez les jeunes de 16 à 24 ans ! – c’est du moins ce à quoi on aurait pu s’attendre dans un monde médiatique idéal…
Mais les chantres de l’Europe libérale se désintéressent de l’Europe quand elle est sociale [1]. En lieu et place d’un compte-rendu précis et détaillé des forces syndicales, politiques et sociales qui manifestaient, de leurs revendications et des débouchés politiques éventuels à leur mobilisation, les médias français ont surtout retenu que des échauffourées avaient émaillé la fin de la manifestation, comme en témoignent les quelques exemples significatifs qui suivent, tirés de médias dits « de référence ».

Petite revue de presse

- Deux médias se disant « de gauche », pour commencer, ont montré toute l’affection qu’ils portent au mouvement social, en choisissant des titres qui soulignent l’essentiel :

- Le site du Nouvel Observateur s’est fendu de deux articles : « Débordements en marge de la manifestation anti-austérité à Madrid » ; « Espagne. Une centaine de blessés après la manifestation anti-austérité ». Peut-être aurait-il mieux fallu s’abstenir de traiter le sujet…

- Libération également, n’a pas pu s’empêcher de signaler dès le titre que la manifestation ne s’est pas « bien » terminée : « Espagne : défilé monstre à Madrid contre la rigueur, incidents en fin de soirée ». Un aspect de la mobilisation sur lequel l’article de « la maison commune de toute la gauche » revient avec forces détails, aussi précis que non circonstanciés et donc sans intérêt : « Les affrontements, qui ont fait des dizaines de blessés légers, ont éclaté en fin de manifestation, la police chargeant ou tirant des balles en caoutchouc contre plusieurs dizaines de jeunes qui jetaient des projectiles. Les jeunes ont aussi monté des barricades, enflammé des poubelles, cassé les vitres de banques à coup de chaises et de pots de fleurs. Non loin de là, d’autres ont installé des tentes sur une grande avenue dans l’intention d’y passer la nuit. Les incidents ont fait 71 blessés légers dont 30 policiers et 41 manifestants, ont indiqué les services de secours Samur, précisant que 13 personnes avaient été hospitalisées. La police a interpellé 17 personnes.  »

- Sur le site de France Télévisions, le point de vue est à peu près le même : « VIDEO. Espagne : la manifestation contre la rigueur dégénère à Madrid ». La vidéo proposée est un reportage tiré du JT de 13 heures de France 2 du 23 mars, d’une durée… d’une minute et quinze secondes, sur laquelle près de trente secondes sont consacrées « aux violences » de la soirée – ce qui a donc laissé 45 secondes au journaliste du service public pour exposer les motivations des manifestants… Une gageure, assurément !

- Sur lemonde.fr, pas de référence aux échauffourées de fin de manifestation dans le titre, plutôt bien choisi d’ailleurs : « Gigantesque manifestation à Madrid pour dénoncer “l’urgence sociale” ». En revanche, le diaporama qui ouvre l’article compense largement avec 6 photos sur 15 qui illustrent des « incidents » dont traite un tiers du contenu environ.

- Dans Le Parisien (« Madrid : la manifestation contre la rigueur dégénère, une centaine de blessés » ; « Espagne : Madrid compte ses blessés après le défilé record contre l’austérité ») ou Le Point (« Manifestation monstre à Madrid, une centaine de blessés »), les points de vue, sérieusement distordus, sont rigoureusement identiques, ce qui ne surprendra guère.




- Enfin, aux journalistes d’Ouest France, qui procèdent comme leurs confrères (« Espagne. Des incidents après la manifestation des “indignés” »), on accordera des circonstances atténuantes : après le traumatisme causé, il y a quelques semaines, par le désormais fameux et de triste mémoire « saccage de Nantes », les « évènements » de Madrid ont dû être douloureux à couvrir…

Une information sociale rachitique

Certes, ce traitement des mobilisations sociales est coutumier. En France même, les manifestants s’exposent toujours, comme nous l’avons maintes fois démontré, à la myopie partiale et souvent malveillante de la couverture médiatique. Il n’en reste pas moins qu’en ce cas précis, la pauvreté de l’information est particulièrement consternante.

Car au-delà des longs développements sur des débordements marginaux mais ô combien spectaculaires et photogéniques, la plupart des médias se contentent de reprendre de vagues éléments de l’AFP, faisant référence, sans plus de précisions, à des dizaines, parfois à des centaines de milliers de manifestants, à une « marche de la dignité » de personnes venues à pied de tout le pays, à une parenté avec le mouvement des « Indignés » de 2011, et à quelques slogans qui permettent tout juste de comprendre qu’ils se mobilisent pour l’emploi, le logement, la santé, l’éducation, la lutte contre la pauvreté, et contre les politiques d’austérité.

Rien sur la dynamique et l’histoire récente d’un mouvement social bien vivace [2], rien sur les organisations qui le structurent ni sur les figures qui le représentent, rien sur l’arrière-fond politique de la situation, rien surtout, sur la situation économique et sociale catastrophique de millions d’Espagnols frappés de plein fouet par un chômage et une paupérisation de masse.

Et plutôt que de se demander comment vit un pays quand un quart au moins de sa population est privée de revenus, en allant rencontrer par exemple les administrations concernées, les entreprises, ou même les intéressés, bref, en enquêtant, les grands médias relèguent souvent l’Espagne dans leur rubrique macro-économie et continuent à livrer, comme si de rien n’était, l’habituelle « météo du chômage » et ses statistiques désincarnées dont les oscillations paraissent bien dérisoires face aux réalités qu’elles recouvrent : « Rebond du chômage en Espagne » ; « Espagne : le chômage baisse légèrement en février » ; « Espagne : forte baisse du nombre de chômeurs en 2013, selon le gouvernement » ; « Espagne : très légère baisse du chômage ».

Mais sous les chiffres ?
Ce journalisme-là, souvent si près de Bruxelles et de sa commission, à quelques semaines des élections européennes, reste très éloigné des peuples européens…
Blaise Magnin

Notes

[1] Un désintérêt tel, et tellement incongru s’agissant de la situation actuelle en Espagne, que L’Humanité y voit un symbole de « l’info intoxiquée ».
[2] Voir sur ce point l’article éclairant et bien informé, malheureusement payant, publié par Mediapart : « En Espagne, le mouvement social donne des raisons d’espérer ».

voir en ligne:  http://www.acrimed.org/article4299.html

22 mars 2014

Madrid 22 mars 2014


 -article évolutif ...-

reçoit aujourd'hui une grande Marche pour la Dignité, contre l’austérité imposée par la Troïka et la complicité du gouvernement Rajoy.


 

 Articles connexes :
http://fr.myeurop.info/2014/03/21/en-espagne-les-indignes-en-marche-pour-leur-dignite-13427
http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-marie-robin/210314/les-espagnols-marchent-sur-madrid

Vidéo en direct:
http://bambuser.com/v/4466585

Manifeste des marches de la dignité

 Une marée humaine

Les demandes d’hébergement dans des lieux publics (écoles...) ayant été refusées par le régime, les marcheurs se préparent à passer la nuit sous la tente.

Certains sur twitter font toutefois remarquer que lors de la venue du pape, tous les bâtiments publics disponibles avaient été mis à la disposition des pèlerins ..
 

En fin de journée, tirs au flash-ball contre la foule et autres agressions policières sont signalés ...


- 23 mars: Voir
http://www.lemonde.fr/europeennes-2014/article/2014/03/22/des-milliers-de-manifestants-a-madrid-pour-denoncer-l-urgence-sociale_4387810_4350146.html

http://www.mediapart.fr/journal/international/230314/en-espagne-le-mouvement-social-donne-des-raisons-desperer (abonnés)

http://berthoalain.com/2014/03/23/contre-lausterite-la-marche-de-la-dignite-se-termine-en-affrontements-22-mars-2014-avec-videos/

http://www.kaosenlared.net/component/k2/item/83741-m%C3%A1s-de-un-mill%C3%B3n-de-personas-tomaron-las-calles-de-madrid-ayer-y-el-miedo-de-los-grandes-diarios-hoy.html

17 mars 2014

Marche de la dignité Madrid 22 mars Le Manifeste


Marchas de la dignidad | Mars 2014

Manifeste des marches de la dignité 22M

MARCHE DE LA DIGNITE

MADRID 22M

 Nous lançons un appel pour la dignité et contre le mépris de l’Etat Espagnol, dans la capitale, Madrid, le 22 mars :

Non au paiement de la Dette

Plus de coupe budgétaire

Contre les gouvernements au service de la Troika

Un travail et un Toit, pour Toutes et Tous.

En 2014, nous sommes confrontés à une situation extremement difficile, une situation extrême, une urgence sociale qui nous appelle à donner une réponse collective pour la classe ouvrière, pour la citoyenneté et pour le peuple.

Des millions de travailleurs sont au chômage. Avoir les capacités manuelles et intellectuelles et ne pas trouver un emploi décent est humiliant. Il gaspille les talents collectifs de la société, hypothèque leur avenir indéfiniment. Les travailleurs ne méritent pas cet abus de notre dignité collective.

Des centaines de milliers de famille ont perdu leurs maisons. C’est inhumain d’expulser une famille de sa maison,, seulement pour nourrir la cupidité de certains banquiers sans scrupules. Banquiers au service de la Troika qui appauvrit davantage la classe ouvrière et le peuple sans défense.

Pendant ce temps, les employeurs prennent l’excuse du chômage de masse, pour baisser les salaires , augmenter les conditions de travail déplorables pour ceux qui ont encore un emploi.

Les travailleurs qui, compte tenu de la situation difficile, ne peuvent même pas remettre en question leur rôle en tant qu’exploités/ contre le capital. Le système essaie de nous forcer à montrer son appréciation pour les employeurs, convertis en bienfaiteurs de la société. Il est temps de répartir le travail et la richesse pour que les gens croient en un avenir positif.

Notre jeunesse ne peut absolument pas construire un projet de vie avec les politiques actuelles et n’a pas d’autres choix que de faire un séjour à l’étranger avant que ce ne soit le tour de nos parents et grands parents.

Nous disons NON à un système patriarcal qui nous attire vers le passé, qui décident à notre place, en niant la possibilité de décider de devenir mères ou pas, provocant une remise en question de la parentalité.

Nous souffrons des politiques mises en œuvre par le gouvernement du PP au service de la Troika ( FMI, BCE et Commission Européenne ), qui constitue un vol de la dignité humaine et à l’appauvrissement de la majorité sociale. Ces politiques sont fondés sur le paiement d’une dette illégitime, qui est le produit de la spéculation bancaire et des excès des différents gouvernements.

Il est inacceptable de privatiser la rentabilité, alors que nous réduisons le budget à la santé, l’éducation, la dépendance, les transports publics, l’eau, l’énergie, les communications, les services sociaux, etc. tout cela affecte négativement nos droits en tant que citoyens. Ils se moquent de nos aînés qui subissent une énorme perte de pouvoir d’achat et qui voient leurs économies de toute une vie volées par cette escroquerie financière.

Le gouvernement du PSOE, avec le soutien du PP, a modifié l’article 135 de la Constitution pour le paiement de la dette. Il justifie cela en disant que nous avons vécu au dessus de nos moyens et donc qu’il fallait réduire notre déficit, pourtant, les banques et les spéculateurs n’ont pas subi de coupes budgétaire quand il a fallu injecter des dizaines de milliards d’euros pour les « sauver ».

Ils profitent de la crise pour se trouver des excuses. Pourtant, ce sont bien ses politiques qui sont à l’origine de l’augmentation de la souffrance, de la pauvreté, de la faim et même de la mort, néanmoins, ils continuent de faire des énormes au détriment de nos vies.

Le capitalisme est un système qui bénéficient aux bénéfices de quelques uns et qui conduit inexorablement à une catastrophe environnementale et sociale d’une importance incalculable.

Pour une grande majorité, les crises sociales sont un drame humain. Mais pour une minorité, c est une grande entreprise. Quand nous protestons, leur seules réponses sont la répression et la criminalisation du syndicalisme et des mouvements sociaux. Pour combattre cette répression, nous devons continuer à nous défendre dans la rue.

Le régime issu de la Constitution de 78 n’a pas été fait pour le peuple, il n’est que corruption et n’a aucune légitimité. Les droits et les libertés nous ont été volés dans l’intérêt d’une minorité pour qu’ils en fassent des bénéfices, ce qui nous a amené à cet état d’urgence sociale, basé sur le démantèlement de l’éducation et de la santé publique, la réduction considérable des pensions de nos aînés, l’expropriation et la fermeture de nos entreprises qui ont entraîné des milliers de licenciements.

Les différents gouvernements sont hors-la-loi, les droits appartiennent aux entreprises, pour réduire les coûts et maintenir la corruption. Ce système injuste a été mis en place pour assurer une production et distribution de la richesse inégale.

Nous appelons le peuple à exercer sa souveraineté ,en élevant la voix d’en bas, démocratiquement, de construire un processus constitutionnel qui garantit les libertés démocratiques, le droit de décision et les droits fondamentaux des personnes.

Pour la marche pour la dignité du 22M, nous considérons qu’il est important de montrer une mobilisation de masse, unifiée et concluante contre les politiques qui violent les droits humains et la justice sociale ;

C’est une manifestation pour l’emploi décent, pour le revenu de base, pour les droits sociaux, pour les libertés démocratiques et contre le paiement de la dette, contre les coupures budgétaires, contre la répression et la corruption. Nous voulons une société d’hommes et de femmes libres, une mobilisation contre un système qui ne nous plaît pas et qui ne nous représente pas.

Que le PP et les gouvernements qui portent atteinte aux droits sociaux fondamentaux et qui collaborent avec la politique de la Troika, qu’ils partent, nous ne voulons plus d’eux !!!!

Nous lançons donc cet appel, le 22 mars, que nous nous rassemblions toutes et tous, des 4 coins de la Péninsule, que nous descendions dans les rues de Madrid, pour notre Dignité, pour la mobilisation sociale et contre l’Etat espagnol.
 
 

27 février 2013

Résister, un verbe qui se conjugue au présent



Attac France | 27 février 2013


Hommage à Stéphane Hessel, résistant d’hier et d’aujourd’hui

 

Résister, disait Lucie Aubrac, est un verbe qui se conjugue au présent. Résistant d’hier contre le nazisme, Stéphane Hessel était aussi un résistant d’aujourd’hui, engagé contre les méfaits du néolibéralisme, l’écart grandissant entre les plus riches et les plus pauvres, la dictature des marchés financiers, l’exploitation abusive des ressources de la terre, les traitements inhumains infligés aux personnes les plus défavorisées.

Stéphane Hessel était aussi un bâtisseur. Il avait participé à l’élaboration du programme du conseil national de la résistance, dont Attac a fêté avec lui le soixantième anniversaire en 20041. Il avait ensuite co-rédigé la déclaration universelle des droits de l’Homme.

Infatigable défenseur des droits humains, il a été également de tous les combats anti-coloniaux. Sa défense rigoureuse du peuple palestinien lui a valu d'essuyer à maintes reprises insultes et diffamation.

Jusqu’à la fin, il a été aux côtés de ceux qui menaient les luttes pour un monde plus juste. Son livre «Indignez-vous», qui a rencontré un écho planétaire, a été le drapeau de milliers de manifestants du monde entier qui se sont mobilisés contre un système injuste et de moins en moins démocratique.

Attac France rend hommage à la mémoire de Stéphane Hessel et s’associe à la peine de sa famille et de ses amis.
Attac France,
27 février 2013


Le 15 janvier 2012, Hessel avait conclu une manifestation internationale organisée par Attac sur "Leur dette, notre démocratie". Voici son intervention qui témoigne de la flamme qui l’animait – et qu’il parvenait à transmettre aux autres


Leur dette, notre démocratie: Stéphane Hessel par BTrenaissance


30 décembre 2012

Usines récupérées et autogestion dans la nouvelle réalité espagnole


Alter autogestion | lundi 24 décembre 2012

 Nous publions la traduction en français de cet article très intéressant et éclairant sur la situation dans l'Etat espagnol et le renouveau des perspectives autogestionnaires dans ce pays. La version originale en castillan a été publiée le 20 décembre sur le site d'ICEA sous le titre de "Fábricas recuperadas y autogestión en la nueva realidad de España". (Voir lien ci-dessous).


Par José Luis Carretero Miramar *
(Traduction du castillan par Richard Neuville)
 
Avec la situation de crise financière et économique, l’Etat espagnol a commencé à réduire très sérieusement sa voilure. Ainsi la fermeture d’entreprises et les licenciements se sont succédé –et continue à se succéder- laissant une traînée de chômeurs. Dans la fièvre de protestations et de résistance, la transformation sociale (avec l’autogestion comme élément central) s’exprime avec force dans l’horizon en Espagne.

Il y a à peine cinq ou six ans, parler d’entreprises récupérées ou de coopérativisme en Espagne aurait été manier des concepts non seulement marginaux sinon profondément éloignés des intérêts et expériences de la grande majorité de la population. Dans le cadre de la société de la bulle financière, la consommation débridée et la « fête » de la jeunesse, personne n’envisageait -ou seulement des groupes réduits ou très localisés géographiquement- la nécessité de travailler par soi-même dans une perspective horizontale ou éloignée du modèle capitaliste.

Marinaleda ou Mondragón étaient des expériences autogestionnaires de dimension globale, mais ce qui est sûr, c’est que l’immense majorité de la population hispanique restait profondément éloignée des valeurs qui les sous-tendaient.

Cependant, il n’en fut pas toujours ainsi. Sans devoir remonter aussi loin que les collectivisations, qui surgirent au cours de la guerre civile de 1936-39 (qui couvraient une grande partie de l’industrie, des services et l’agriculture de la zone républicaine), dans le scenario de la Transition espagnole du franquisme à la démocratie, dans les années 70, l’expérience de récupération d’entreprises par ses travailleurs à joué un rôle marquant.

C’était des temps de crise, de fractures et de grands mouvements populaires. C’est au cours de cette période qu’émergèrent des expériences comme celle de Númax, une usine de matériel électrodomestique autogérée par les ouvriers en réponse à la tentative de fermeture illégale de la part des patrons, dont l’expérience est restée incarnée dans deux films documentaires Joaquím Jordá : Númax vit et 20 ans ce n’est pas rien.

Certaines des expériences de ces années ont survécu malgré tout jusqu’à aujourd’hui, comme l’entreprise barcelonaise Mol Mactric, capable de réaliser aujourd’hui les châssis d’une ligne du Metro de Barcelone, le train et des centaines de machines industrielles pour des entreprises comme General Motors ; ou l’imprimerie Gramagraf, occupée il y a 25 ans, et qui aujourd’hui appartient au groupe éditorial coopératif Cultura 03.

Mais la transition s’est achevée. Et, elle a produit un grand fiasco. Les principes essentiels du régime franquiste ont été maintenus dans ce qui a consisté en une simple réforme politique qui a intégré le pays dans le cadre de l’Union européenne et de l’OTAN, et qui si elle a concédé certaines libertés publiques, n’a pas remis en cause les mécanismes essentiels de répartition du pouvoir économique et social. Les grands mouvements populaires ont périclité et le « désenchantement » et le cynisme se sont substitués à l’expérimentation et à la lutte. Les propositions autogestionnaires n’ont pourtant jamais disparu mais elles ont été reléguées dans un espace purement marginal.

Et, il en fut ainsi pendant que la société de la bulle financière et sa consommation débridée et irresponsable est restée de vigueur. Comment ? Fondée sur le crédit et la surexploitation du travail des immigrés et des jeunes, grâce à la précarisation des conditions de travail et la conformité d’une législation relative au statut d’étranger, l’activité dissimulée et sans droits s’est (de fait) développée.

A l’arrivée de la crise financière et économique actuelle, les structures se modifiaient et tout évoluait : l’explosion du taux de chômage atteignant des niveaux extrêmes jamais vus précédemment dans la société espagnole et la dégradation rapide du tissu productif et entrepreneurial -à l’éclatement de la bulle immobilière- ont généré une situation radicalement nouvelle qui a impliquée le début de grandes transformations économiques mais également socioculturelles.

Le chômage et une nouvelle pauvreté contraignaient de larges couches de la population vers l’économie dissimulée et l’encaissement des maigres subsides d’un Etat de Bien-être, qui n’est jamais parvenu à se développer en Espagne à un niveau équivalent à celui des pays centraux de l’Europe.

Les extrêmes (plus précisément, extrémistes) ajustements, mis en œuvre par les pouvoirs publics face au déclenchement de la crise de la dette externe générée par la socialisation des dettes privées des entités financières, ont provoqué l’effet qu’il fallait attendre : l’Etat espagnol est devenu un gigantesque champ de ruines économiques où les fermetures d’entreprises se sont succédé et où de larges secteurs de la population ont commencé à être exclus de l’activité productive.

C’est dans ce contexte que les succès du 15 mai de 2011 ont éclaté et que le « Mouvement des Indignés » a fait irruption avec force et que les premières tentatives massives de résistance se sont exprimées face au processus de décomposition sociale imposé par les dynamiques néolibérales de l’UE et les gouvernements espagnols.

Dès lors, l’architecture politique de la société est redevenue un élément débattu et discuté publiquement. La politique a récupéré une certaine centralité dans les conversations quotidiennes et dans l’esprit d’une majorité de la population. Parler maintenant de mobilisations, de résistance ou de transformation sociale (avec l’autogestion comme élément central) est redevenue possible.

Déjà, dans les mois précédents, en plein déploiement de la crise, les germes et les semences de cette nouvelle situation s’étaient développés. Et, le recours à la récupération d’entreprises par leurs travailleurs était redevenu crédible.

En ce sens, au tout début de la crise, près de 40 entreprises avaient été récupérées par les travailleurs et remises en fonctionnement sous statut coopératif, comme l’affirme la Confédération de Coopératives de Travail Associé (COCETA). Parmi celles-ci, nous pouvons relater des expériences comme celle de l’entreprise de robotisation Zero-Pro de Porriño (Pontevedra – NdT : Galice) ou celle de meubles d’agencement de cuisine Cuin Factory en Vilanova i la Geltrú (Barcelone), dans laquelle l’ancien chef a participé activement à la transformation en coopérative et, où tous les travailleurs se sont attribué un salaire égalitaire de 900 euros. L’entreprise métallurgique Talleres Socar à Sabadell (NdT : Banlieue de Barcelone) a également été mise en autogestion avec l’appui du propriétaire et reconvertie dans la coopérative Mec 2010.

Mais probablement, l’initiative la plus frappante et connue aura été la mise en marche par les ex-employé-e-s du journal à tirage national Público, qui a arrêté d’être édité en version papier le 23 février 2012, laissant 90 % de ses travailleurs à la rue. Ces derniers ont constitué la coopérative Más Público, qui tente d’obtenir un soutien social et financier pour continuer à publier le journal en version mensuelle.

Cependant, et malgré toutes ces expériences, on ne peut pas considérer que la voie de la récupération d’entreprises soit devenue quelque chose de naturel ou développée : les travailleurs, dans les situations de fermeture, continuent massivement à se satisfaire des prestations sociales que leur propose un Etat du Bien-être de plus en plus faible et contesté. Les difficultés liées au statut juridique des coopératives dans le droit espagnol, tout comme la quasi-absence de prévisions par rapport à la Loi d’adjudication, associée à une certaine passivité alimentée par des décennies d’univers spéculatif et conformiste, constituent probablement des freins à la stratégie de récupération.

Ce qui assurément paraît de plus en plus évident, c’est le recours croissant au coopérativisme de la part de beaucoup de chômeurs qui, devant la situation d’anomie productive et d’absence d’expectatives pour retrouver un emploi, recourent à la possibilité de capitaliser une prestation de licenciement pour créer des entreprises autogérées. Les exemples sont innombrables (comme celui de la coopérative d’électricité renouvelable Som Energía, créée en décembre 2010) et, dans certains cas, ils démontrent des liens évidents avec les mouvements sociaux (comme ceux relatifs à la mise en œuvre d’expériences créées à l’image ou ressemblante à la Coopérative Intégrale Catalane, ou bien celles du milieu libertaire, comme celle de l’imprimerie graphique Tinta Negra - Encre Noire). Effectivement, entre janvier et mars 2012, 223 nouvelles coopératives ont été créées dans l’Etat espagnol.

Il n’y a pas de doutes. De nouveaux chemins sont en train d’être parcourus (NdT : tracés) par la société espagnole. Et, parmi ceux-ci, le chemin de l’autogestion commence à être de plus en plus courant.

11 juin 2012

Un centre de santé coopératif et autogéré à Barcelone

Voir.ca | par Julien Simard | 5 juin 2012

 


Catalunya en lluita I – visite dans un centre de santé coopératif et autogéré à Barcelone

À Barcelona, les marées de touristes (12 millions en 2011) donnent une façade de centres d’achats à une ville qui est aussi une termitière de luttes sociales depuis au moins 150 ans. Oui, Mango et l’anarchie cohabitent ici. (...)

15 mai 2012

Le cauchemar du peuple portugais



Article 11 | mardi 15 mai 2012

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Le cauchemar éveillé du peuple portugais


« Nous avons fait une révolution mais, au lieu d’exploser, nous avons implosé. Et nous sommes, toujours, demeurés clandestins. »
Mário Cesariny (1923-2006)

*

Le 18 avril 2012, une troupe de mercenaires de l’État portugais armés jusqu’aux dents bouclait un vieux quartier populaire du centre de Porto. L’objectif était d’investir une école abandonnée, occupée depuis quelques mois par des jeunes et des habitants. Et de déloger ces derniers. Le lieu, laissé à l’abandon par les autorités, avait été transformé en centre social aux activités multiples, allant de l’enseignement à des activités culturelles et sportives. Une vie associative y avait remplacé le no future quotidien et chassé l’activité destructrice de l’économie de la drogue. Pour l’ordre capitaliste, c’est était trop, d’autant que cet enthousiasme se réclamait des principes de l’autogestion, mélangeant de jeunes activistes avec des jeunes et des moins jeunes habitants du quartier.

Le même jour, à quelques milliers de kilomètres de l’école do Alto da Fontinha, le très propre sur lui ministre des finances du gouvernement portugais, Monsieur Vitor Gaspar, se trouvait à Washington DC. Devant les chefs du FMI, cet individu jouait un numéro rampant de pénitence : « Dans mon pays, les gens sont totalement disposés à se sacrifier et à travailler plus afin que le programme d’ajustement soit un succès, du moment que l’effort est réparti de façon juste ».

Monsieur Gaspar est un technocrate ennuyeux, froid et gris issu du monde universitaire. Il a été choisi pour sa prétendue indépendance vis-à-vis des appareils politiques. Certains Portugais, qui compensent souvent leur résignation par un sens aigu de l’humour, l’ont nommé Gaspalazar, en souvenir d’un de ses sinistres prédécesseurs - un certain Salazar – qui après avoir mis les comptes de la boutique à jour s’est violemment accroché au pouvoir1. L’anecdote dit que ce Gaspalazar exige un reçu lorsqu’il donne une pièce à un mendiant !

Ces deux événements qui se sont télescopés par hasard dans le spectacle médiatique symbolisent parfaitement, chacun à leur manière, les deux tendances qui traversent la société portugaise en ces temps de crise. D’un côté, la radicalisation d’une minorité qui, pour la première fois depuis les années de la révolution portugaise de 1974-1975, prend en mains la nécessité de construire des alternatives à la morbidité du déterminisme économique. Dans ce camp, on trouve des jeunes précarisés, mais aussi des personnes des classes populaires, fatiguées des sacrifices mentionnés par Gaspalazar, chez qui l’épuisement de la patience lusitanienne fait place à une sourde haine envers les puissants. De l’autre côté, l’attitude servile de Gaspalazar traduit la bassesse de la bourgeoisie portugaise face aux seigneurs du monde financier. En toile de fond de ces deux histoires défile le paysage d’une société dévastée par les mesures de récession.

Il paraît de plus en plus évident que le mouvement de la démocratie de notre époque se réduit à l’alternance entre deux courants politiques siamois au sommet de l’État, soumis à une même logique économique. Au Portugal aussi, le fait électoral n’est plus un choix mais un rejet. Aux affaires pendant de longues années, le parti socialiste fut ainsi chassé au profit de son clone de droite, le parti social démocrate. Après avoir appliqué les premières mesures d’austérité dictées par la Troïka en échange du premier prêt de sauvetage2, les socialistes furent confrontés à une contestation inattendue. Le 12 mars 2011, des centaines de milliers de personnes descendaient dans les rues des grandes villes à l’appel d’un collectif informel de jeunes précaires. Paradoxalement, et alors que la passivité sociale est l’un des traits marquants de la société portugaise, le mouvement dit du 12M sera le premier d’une longue liste de mouvements, allant du 15M en Espagne, aux Indignés grecs et israéliens, et aux Américains de Occupy Wall Street. Se démarquant des messes traditionnelles de l’archaïque parti communiste portugais et de sa centrale syndicale, la CGTP, ces manifestations exprimaient une contestation moderne du système, un rejet de la corruption du monde politique, un questionnement sur les conséquences sociales de l’économie de profit et de la nature autoritaire du système représentatif. Contrairement aux autres mouvements de ce type, le 12M fut sans lendemain. Il était marqué par la frustration et la désillusion d’une jeunesse étudiante qui s’accrochait encore à l’idée de la « réussite », caractérisée par le statut social et un niveau de consommation conséquent.

Les mobilisations du 12M annonçaient néanmoins la suite des évènements. Affaibli par des affaires de spéculation et de corruption, abandonné par des centaines de milliers d’électeurs qui avaient rejoint le grand parti des abstentionnistes, le PS ne put éviter la débâcle aux élections. Puis, suivant à la lettre un processus bien rodé en Europe, les nouveaux escrocs arrivés au pouvoir entreprirent de poursuivre dans la même voie. Comme ce fut le cas peu après chez les voisins espagnols, ils mirent les bouchées doubles : un remède de cheval fut imposé à l’ensemble de la société portugaise.

Exception faite de la Grèce, c’est sans doute au Portugal que l’austérité est la plus violente en Europe. Dès le premier train de mesures le gouvernement annonçait la couleur. Dans la fonction publique, on supprimait deux salaires sur l’année3 et deux versements mensuels dans les pensions de retraite. Dans le secteur privé, le temps légal de travail était augmenté d’une demi heure par jour. La TVA était généralisée au taux maximum de 23%. Les transports, le téléphone, les péages d’autoroute, l’eau et l’électricité, subissaient eux des augmentations successives allant jusqu’à 30%. Les impôts sur le logement étaient revus à la hausse, le ticket modérateur dans la santé multiplié par deux. Cerise sur la déconfiture sociale, les nouvelles conditions d’attribution des allocations d’aide aux plus pauvres (RMI local et autres aides sociales) devenaient sélectives et leurs montants étaient réduits. 


21 mars 2012

La marche Toulouse en action


La Marche Toulouse a semé des assemblées sur son chemin. Elle a également mené une opération de seed-bombing sur un domaine militaire : les marcheurs ont jeté des boules de graines et de terre pour faire fleurir les terrains laissés vides. Tout est dans le clip !

 

nlles des marcheurs "indignés" en Quercy, suite

19 mars, de Concots Cahors



Le réveil à Concots ce Dimanche matin est laborieux, mais plusieurs habitants sont déjà là avec des sourires, des boissons chaudes et des gâteaux… Quel accueil !
L’étape du jour : Concots-Cahors. Au départ de l’étape, nous sommes amenés jusqu’au bout du village par les habitants. Merci !


Pour cette étape plusieurs marcheurs et marcheuses d’un jour nous accompagnent, et ça nous fait bien plaisir… Le ciel semble un peu menaçant, mais nous sommes équipés.

Pas de problème ni d’intempéries pour ce matin, ouf ! Nous nous arrêtons pour manger chez Thierry et Fréderique, qui nous accueillent à bras ouverts, et nous préparent une omelette succulente. A chaque étape, on rencontre des personnes formidables ! En voilà une bonne raison de marcher !

L’après midi s’annonce plus difficile, l’averse semble inévitable… Et après une bonne petite douche de quelques minutes, nous assistons à un spectacle grandiose : un arc-en-ciel juste pour nous ! On en profite pour prendre la pose. Inoubliable !



Nous longeons le lot en direction de Cahors, là encore, les paysages sont superbes.
Enfin nous arrivons, et encore une fois, un beau comité d’accueil d’une trentaine de personnes nous attend. Nous avons même le droit au tapis rouge pour faire l’assemblée populaire avec les habitants de Cahors. L’assemblée tourne autour du sujet des gaz de schiste, et des différentes formes de luttes possible. Les Caduciens, trouvent que l’idée de l’assemblée populaire est intéressante et vont s’organiser pour en faire régulièrement dorénavant. Affaire à suivre…



Quelques gouttes de pluie mettent fin à l’assemblée, et nous sommes accueillis au « bar ouf », bar alternatif de Cahors ou nous pouvons partager un bon repas et quelques verres. Quelques marcheurs quittent provisoirement la marche, d’autres la rejoignent, Kevin est maintenant parmi nous. Une bonne nuit de sommeil nous attend, en attendant la journée de demain. Patouf, militante rencontrée à l’assemblée populaire, propose de nous aider sur Catus, tout est donc prêt pour une belle journée de marche…

20 mars 2012

Construire l'univers



Une litho réalisée du côté de Caussade par les marcheurs indignés 


En 2012, soyons tous candidats !

Avons-nous encore envie de limiter notre expression politique au seul fait de voter ? Devant la violence et la détresse générées par notre modèle de société, n’avons-nous pas plus à apporter qu’un simple bulletin dans une urne, en soutien à une politique soumise aux diktats de la finance et qui n’est plus en phase avec la réalité du monde ? En 2002, je m’étais laissé convaincre de présenter ma candidature à la présidentielle. Sans jamais croire à mon élection, nous avions profité de cette échéance pour jeter les bases d’un programme non conventionnel, en appelant à "l’insurrection des consciences". Notre appel à incarner l’utopie avait été reçu bien au-delà de nos espérances. En deux mois et demi, nous avions collecté près de deux cents signatures d’élus, organisé quelque quatre-vingt-seize comités régionaux. Puis en 2007, lorsque l’on m’a de nouveau suggéré de me présenter, j’ai refusé. En effet, qu’aurais-je fait si j’avais collecté les cinq cents signatures requises, dans un contexte politique bien plus déterminé que déterminant ?

Je constate en revanche que la société civile est porteuse du changement auquel nous sommes de plus en plus nombreux à aspirer. Son génie créateur est inouï et plus puissant que nous l’imaginons, face à un sentiment d’impuissance qui http://www.marche-paris-2012.com/s’installe insidieusement. Nous ne voulons plus être les spectateurs déresponsabilisés d’une société en déliquescence. Nous voulons prendre notre avenir en main. Mais pour cela, nous devons nous exprimer par la force de notre créativité concrète, et pas seulement par une protestation dans les rues, dont nous ne récusons pas la légitimité. C’est le changement humain qui détermine le changement de la société, ce qui nous renvoie à notre propre changement. L’évolution du monde ne permet plus l’ajournement d’une convivialité planétaire respectueuse des fondements de notre survie collective.

Ce sont les raisons pour lesquelles nous avons imaginé, pour 2012, une campagne parallèle qui n’aurait pas pour but de se substituer à la campagne officielle, mais de ressusciter le débat en permettant que s’organisent, dans chaque région, des tribunes pour donner la parole à tous ceux qui aspirent à construire un avenir vivable et viable pour tous. Cette campagne ne vise pas à ajouter des vœux pieux à des vœux pieux, des analyses à des analyses sur le monde qui va mal. Elle se veut concrète, incarnée, positive. Chacun est invité à s’y exprimer, en affirmant sa candidature pour contribuer au changement, comme un colibri, en expérimentant des solutions pour le futur. Ne nous habituons pas à penser que le monde va mal, que nos options sont réduites. Nous voyons partout les bonnes volontés se relier, entrer en résistance pacifique, proposer des alternatives. Cette convergence nous permettra de donner une lisibilité à la force du changement.

En 2012, soyons tous candidats.

Pierre Rabhi






nlles des marcheurs "indignés" en Quercy

Compte rendu étape 7: Caylus Concots

Publié le: 20 mars 2012 by marchetoulouse2012

Réveil au bord du lac de Caylus aux alentours de 8h30, pour un départ prévu vers 9h30. En effet l’étape du jour est conséquente : 25km jusqu’à Concots.

Finalement les préparatifs sont plus longs que prévus ; rangement des affaires, longues discussions à propos de l’itinéraire, réveil difficile,…

Bref, nous quittons Caylus aux alentours de 11h en se disant qu’il faudra améliorer notre organisation. A noter que trois marcheurs présents depuis le début de la marche, se sont rendus à Cahors dans les locaux d’ Antenne d’ Oc , radio locale engagée, où nous étions invité. L’interview s’est bien déroulée grâce à l’accueil de William, qui après cette session et malgré une bonne heure de retard de notre part, nous a montré quelques coins sympathiques de cette si belle ville. Merci à lui !



La route entre Caylus et Concots est encore magnifique. Elle nous conduit au milieu du camp militaire, ce qui nous donne l’occasion de faire une action symbolique de « seed bombing » : des graines pour faire fleurir la paix. Nous reprenons la route pour rejoindre Jamblusse et pique-niquer au bord d’un lavoir.



Après une mini sieste, nous voilà repartit direction Concots. Pris dans les discussion, nous ratons le sentier pour nous y rendre. Nous nous retrouvons à Varaire, ce qui nous oblige à faire 8km de plus. Les signes d’encouragement des automobilistes nous donnent l’énergie de terminer cette étape et nous arrivons à Concots vers 19h30.


Le comité d ’accueil est au delà de nos espérances. Maya et Jean Louis, adjoint au maire, y ont largement contribué.

Un vrai banquet est installé devant le foyer rural. Nous partageons soupes, tartes, ragoûts, crêpes, gâteaux… Nous sommes profondément émus par cet accueil. Ensuite pas moins de 50 personnes participent à l’assemblée populaire. Après une brève présentation de la marche et de ses objectifs, et du mode de fonctionnement de l’assemblée populaire, les débats ont tournés autour de la question de nos modes d’alimentation, du vote, de l’état de notre société actuelle… Les discussions furent très riches, la pluie n’étant pas suffisante pour les arrêter. La plupart des personnes présentes, en effet, nous ont suivies à « l’ usine à kroquettes », un lieu de création artistique. Notre belle assemblée à pu continuer une petite heure. Cet endroit fort sympathique fût ensuite le théâtre de chants plus ou moins révolutionnaires de danses plus ou moins traditionnelles, de rires… Une scie en guise de violon, Fanny a ajouté aux accords de guitares, déjà déjantés, des sons tout à fait psychédéliques.



Nuit agitée donc à l’usine à kroquette donc, en attendant le café promis par les habitants pour le lendemain matin ! 

 

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